On ne va pas s'éparpiller, on est archi désolées pour l'attente et un gros merci à tous nos lecteurs, et merci encore à nos revieweurs (dont les anonymes : Death, Lanullenenom, Rita, Fishina, Amaisto, Xio, et le/la Guest du 16 juillet 2015). On se retrouve en bas et place au récapitulatif.
Dans l'épisode précédent...
Du drame.
"ARRETEZ-VOUS OU J'EMBROCHE LE CHIMPANZÉ !"
De l'incompréhension.
"Hein ?"
Des injonctions.
"Baissez votre arc, ou vous le regretterez."
Toujours des menaces.
"Tututu ! On ne s'approche pas à moins de vouloir un roux en moins dans le château !"
Et une petite excursion pédestre pour faciliter le transit.
"Tu te mets debout et tu marches jusqu'à la grande salle ! Je ne veux pas t'entendre parler jusqu'à ce qu'on ait quitté ce château !"
Où tout cela va-t'il mener Ruth et son ennemi le ouistiti ? Charlie va t-il continuer à ouvrir sa gueule ?
Dumbledore réussira t-il à démêler les nœuds dans sa barbe ?
C'est tout de suite, dans Ephismatologie.
Et pour ceux qui ne se souviennent vraiment pas, le vieux barbu a décidé d'envoyer Ruth à l'asile, mais la miss n'est pas d'accord et ne compte pas se laisser faire. Elle décide donc de prendre en otage notre très adoré Charlie Weasley.
- Tu ne vas quand même pas me tirer dessus ? s'inquiète le bonobo.
Je ne lui réponds pas, me souvenant que je lui ai demandé de se taire de toute façon. Faudrait pas que je commence à oublier mes ordres maintenant sinon j'irais pas bien loin. Et tout le monde sait qu'un preneur d'otages doit savoir être pris au sérieux. Comment ? Par la crainte.
Je devrais peut-être réfléchir à une stratégie.
Menacer de couper un orteil à l'autre ouistiti toutes les demi-heures me permettrait peut-être d'obtenir gain de cause.
- Pour un coup que je ne t'ai rien fait. Enfin, pas que je te fasse quoi que ce soit d'habitude non plus. Quand j'y pense je ne te fais jamais rien...
Je jette des coups d'œils méfiants derrière moi, de peur que les psychomages m'aient suivie. Je suis certaine qu'ils attendent, tapis dans l'ombre. La moindre erreur de ma part et je termine en cellule blanche avec une camisole pour seule compagnie. Si je ne reste pas attentive, je risquerai gros et je ne verrai probablement plus mon Severus.
Concentre-toi Ruth, concentre-toi.
C'est de ta vie sentimentale qu'il s'agit là, pas d'un stupide devoir. Avec un peu d'effort tu ne te laisseras pas distraire par le bruit et tu ne lanceras pas un regard perdu à la fenêtre.
En plus à quoi ça sert de regarder par la fenêtre ?
A rien. Perte de temps.
Il faut profiter de chaque seconde pour admirer Sev. Un jour il ne sera peut-être plus de ce monde. Je dois graver son délicat visage et ses yeux de braise dans ma tête.
La fenêtre sera toujours là, elle.
Mais ce n'est pas à une fenêtre que je ferais l'amour c'est moi qui vous le dis. Je ne serais même pas étonnée que le professeur Sinistra s'enfile des poignées de fenêtre en pensant à mon cher Severus cela-dit.
...
Bon, reprends-toi Ruth, tu t'égares !
Tout ça à cause de l'ami ouistiti et de ses stupides questions.
- ... Mais faut toujours que je me fasse agresser quand même ! C'est fou.
- Ferme ta gueule et avance, je siffle au macaque.
Ne tenant pas à finir en brochette, il accélère un peu.
- Est-ce que je peux savoir ce qu'il se passe au juste ici ? me demande-t-il de nouveau quelques secondes plus tard.
- Ça ne te concerne pas.
Je m'arrête. J'ai cru voir une ombre bouger.
...
Fausse alerte, c'était la mienne.
Mais on est jamais trop méfiant. Peut-être qu'elle va me trahir, elle aussi ? Je marche en l'observant du coin de l'œil tout en écoutant d'une oreille distraite le babouin babiller.
- Ah ? Ça ne me concerne pas ? Excuse-moi, il y a quand même une cinglée qui me vise avec son arc. Mais bon, puisque ça ne me concerne pas. Je devrais peut-être m'asseoir dans un coin et siroter un verre de jus de pomme en attendant ma mort.
- C'est ça. Sirote ton jus de pommes ou gratte-toi les fesses, je m'en fous. Ferme ta gueule, c'est tout.
Je le vois qui rapproche imperceptiblement sa main vers sa poche et avant qu'il ne puisse faire un geste de plus, j'enfonce la flèche de mon arc sur son épaule et attrape sa baguette. Il se tasse sur lui-même, l'air abattu.
- Tourne à droite.
- Euh, pour aller à la Grande Salle, c'est à gauche.
- Fais ce que je te dis.
- Bien.
- Tu deviens raisonnable, je le félicite d'une tape sur l'épaule avec ma flèche encochée.
Il sursaute.
- Tu peux éviter de faire des mouvements brusques avec ton arc ? Quelque chose me dit que tu n'as pas l'habitude de le manier et je ne tiens pas à être ta première victime.
- Pourtant je suis sûre que la peau de chimpanzé est très demandée sur le marché, je ricane.
On peut faire de tout avec un macaque.
Des rideaux, des babouches, de la moquette, des tapis de bain. Même des slips.
Mais moi vivante, jamais je ne porterai un slip taillé dans un Weasley. Je suis sûre qu'ils ont la peau qui grattent. Et puis celui-là m'a l'air d'avoir des morpions. Un slip taillé dans Severus serait une valeur sûre mais je m'en voudrais d'écorcher sa peau si douce.
Je regarde encore derrière moi, une légère sensation de tournis à force de tourner la tête de tous les côtés.
Manquerait plus que je choppe un torticolis à force de cavaler à droite et à gauche.
- Encore à droite.
- Et ton sens de l'orientation on en parle ou non ?
- Non.
- Donc euh... D'où t'es venue cette nouvelle passion pour le tir à l'arc ?
- Pourquoi tu me parles ? je l'interromps sèchement. Je t'avais demandé de la fermer.
Il m'ignore.
- Tu sais qu'il y a possibilité de créer un club dans lequel les élèves pourraient s'y entraîner en toute sécurité ? Avec des cibles plus conciliantes. Comme des troncs d'arbre.
- Mais on ne peut pas tailler de slip dans de l'écorce. Réfléchis avant de parler, je commente tout en levant les yeux au ciel.
Il ouvre la bouche. La referme. La rouvre.
On ne peut pas trop en demander à un chimpanzé, voyez. Mais c'est normal. Il ne partage que quatre-vingt quinze pourcent de mes gènes. Suffisant pour que je sois moins poilue et plus intelligente que lui.
- Descends, je lui ordonne avant qu'il n'ait eu le temps de répliquer quoi que ce soit.
- Nous allons vers les cachots là. Tu avais dit la Grande Salle.
- Changement de plan.
C'est pas l'otage qui va décider de notre itinéraire nom d'une pipe à bulle !
- Bon écoute, je ne sais pas ce que tu as fais, mais je ne suis pas responsable, tu n'as pas à t'en prendre à moi.
Je roule des yeux et appuie ma flèche contre son dos. Il se tend et avance.
- Adams. On se connait depuis assez longtemps pour pouvoir se parler librement, n'est-ce-pas ?
- Il me semble que tu ne me demandes pas mon avis depuis tout à l'heure, le macaque décérébré.
Il hoche de la tête.
- Voilà. Donc tu es d'accord pour me dire que tu es cinglée ?
Je ne vois pas comment il est arrivé à cette conclusion mais parlons-en.
- Cinglée ? Aimer une personne de tout son être c'est être taré maintenant ?
Ma voix part dans les aiguës et Weasley recule. Ou avance plutôt. Faut suivre. S'il reculait vraiment il finirait embroché.
- ... Disons alors que tu es une personne à part. Eh bien n'empire pas ton statut en commettant quelque chose d'irréparable.
- Je ne vois pas pourquoi. Je suis déjà virée de Poudlard. Et on va m'interdire de voir Severus pour le restant de ma vie. Autant faire les choses correctement. Je vais te dépecer dans un coin sombre et puis uriner sur ton corps. Ou alors te pendre par les pieds et te jeter des poules à la figure. Elles prendront tes tâches de rousseur pour des tâches de sauce tomate et elles te picoteront partout. Tu finiras dans leurs estomacs. Elles seront bien engraissées et j'aurais assez de volailles pour tenir l'année. Je mangerai du poulet à midi et le soir je me ferai une omelette avec les œufs qu'elles auront pondus. Dans tous les cas, tu finiras indirectement dans mon assiette et je te mastiquerai avec vigueur et détermination.
Il blêmit, et me traite de psychopathe.
Je ricane et lui ordonne de s'arrêter. J'ouvre la porte d'une pièce au hasard et l'enjoint à s'enfermer dedans avec moi.
- Qu'est-ce que tu fais ? Panique t-il une fois la porte fermée à triple sorts. Tu ne vas pas me violer hein ?
- Mais non voyons.
Je lève les yeux au ciel.
Comme si j'allais violer un animal.
.
.
- Par Merlin qu'est-ce qu'on s'emmerde. Ils pourraient au moins faire semblant de nous chercher ! se plaint face de poulpe.
Je l'ignore et avise mollement le strangulot d'au moins un mètre vingt nager tranquillement devant la fenêtre.
- Et Dumbledore. Il pourrait faire quelque chose. C'est quand même le plus grand sorcier de tous les temps. Mais non on me laisse ici avec une tordue.
Est-ce que c'est normal un strangulot aussi grand ? Je ne sais pas. Mais ça ne m'étonnerait pas qu'on vive à côté d'un lac radioactif.
... En plus regardez sa tête. Une vraie tronche de cake.
Oui, je nous ai enfermés dans une pièce avec vue sur les profondeurs du lac et je regarde l'animal nous narguer depuis tout à l'heure. Je lui montre mon plus joli doigt et il répond en remuant frénétiquement son derrière sous mon nez.
Je tape sur la vitre. Il tournicote avec énergie et secoue la tête. Enfin autant se faire que peu sous l'eau.
Je fronce les sourcils. C'est qu'il me cherche le voyou !
Je tourne le dos à la vitre, relève ma jupe et montre mon derrière à mon tour sous le regard éberlué de l'autre bonobo.
- Euh... Je peux savoir ce qu'il te prend ?
J'observe l'air outré de mon strangulot et me redresse avec fierté.
Hé hé.
- C'est quand même pas une licorne raté qui va faire la loi, je dis d'une voix mielleuse.
Comme s'il m'avait entendue, il fonce tête la première contre la fenêtre.
Je ricane en le regardant faire des vagues d'un air sonné.
- Bon ! s'enthousiasme Weasley. Je suis pris en otage dans des cachots qui puent l'humidité par une psychopathe qui montre son cul à un strangulot tout aussi taré. Tout va bien. Une journée normale en soi. Tiens je crois qu'il essaie de faire pipi contre la fenêtre, m'apprend-il.
Je me redresse, scandalisée sous l'insulte.
- C'est qu'il cherche la merde le bougre !
- Tu vas quand même pas chier sur la vitre ? s'inquiète l'autre.
Je me fige deux secondes, intéressée par l'idée, mais décide que ce n'est pas forcément judicieux. Nous resterions probablement des heures avec les odeurs et déjà que ça sent le macaque. Si en plus après je dois tuer le dit macaque pour me nourrir, ça va sentir le cadavre et la viande avariée.
Pas pratique.
Quand je dis que Weasley a autant d'idées ingénieuses qu'une poule, voyez que je ne mens pas.
Je retrousse mes manches.
Le macaque ambulant garde les yeux fixés sur moi, attendant la suite.
Avec tout mon talent, j'imite le comportement d'un strangulot débile. Et je sais que j'ai réussi quand j'entends clairement l'autre animal se cogner encore une fois contre la vitre.
Weasley soupire.
- Combien de temps on va rester là, déjà ?
- Pourquoi ? T'es pressé ?
- Pas spécialement. Mais je vois bien que tu n'as pas l'air de savoir ce que tu fais. Donc juste au cas où, je te précise : on a pas de toilette, pas d'eau et pas de nourriture. Donc t'as intérêt à bien négocier ta sortie parce que sinon tu vas avoir du mal à tenir le siège.
.
.
- Miss Adams, m'appelle le professeur McGonagall à travers la porte. Ouvrez.
- N'entrez pas ou je tue l'autre macaque !
Weasley roule des yeux tandis que j'attrape mon arc et le bande en direction du roux.
- Fais gaffe avec ça ! siffle-t-il. C'est. Dan. Ge. Reux.
- Adams, j'entends une voix sombre et rauque.
Et rien que de l'identifier me procure des frissons agréables des pieds à la tête. Surtout à un endroit précis de mon anatomie.
- Professeur Rogue ? je réponds, hésitante, la lèvre tremblante.
- Oui.
- C'est bien vous ?
- Qui voulez-vous que ce soit.
- La vieille. Elle est capable de tout pour embobiner de jeunes adolescents. Regardez Elias. Prêt à tout pour avoir de bonnes notes. Et elle l'encourage ! Bientôt ce ne sera plus qu'une victime de plus.
J'entends à travers la porte McGo qui grince des dents tandis que mon Roguiguou fait claquer sa langue contre son palais.
C'est bien lui. Je reconnaîtrais les bruits qui sortent de cette bouche même sourde et alcoolisée. Une véritable mélopée. Un délice pour mes oreilles.
- Ils veulent m'éloigner de vous ! Je crie en sanglotant.
Je suis sûre qu'il saura faire quelque chose, lui. C'est un homme de morale. Il ne peut pas laisser son élève préférée se faire éjecter de la sorte.
- Bien que l'idée de savoir un Weasley en moins sur cette planète me réjouisse...
Il y a un bruit de chuchotements pendant lequel je comprends que McGo et lui se disputent.
- Oui ? Je fais, pleine d'espoir.
C'est la voix de la vieille chouette qui me répond.
- Vous devriez sortir d'ici, Miss Adams.
- Je ne veux pas vous parler !
Vieille bique.
- C'est pour votre bien.
Je sens mes yeux me piquer.
- Allez-vous en !
- Adams, me chuchote Weasley.
- Ta gueule, je grince en agitant la main.
Ah ce qu'il peut m'agacer ! Il ne voit pas que nous sommes en situation de crise ?
- Miss Adams, amorce de nouveau Severus d'une voix dure.
Et j'imagine assez bien le regard d'avertissement qu'il lance à l'autre vieille chouette. Eh paf !
- Oui ?
- Adams, insiste Weasley, le regard fixé sur la fenêtre d'un air inquiet. Il y a plus important.
Je grogne et lève les yeux au plafond. Plus important, plus important ? Qu'est-ce qu'il me chante celui-là ? Il n'y aura jamais plus important que Severus dans ma vie. Combien de fois faudra t-il le dire ?
Est-ce qu'on va un jour me laisser discuter tranquille avec l'homme que j'aime ?
Un couple a besoin d'intimité !
- Silence là-dedans. Tu ne vois pas que Severus s'apprête à me déclarer sa flamme ?
Il pouffe de rire. Je plisse les yeux.
- Tu es sûr de vouloir continuer à te marrer ?
- Miss Adams, ne restez pas enfermée dans cette pièce, allons discuter.
Oui ! Allons discuter en tête à tête ! J'en frétille d'impatience !
Et pas qu'en tête à tête d'ailleurs. Je veux bien mettre ma tête face à ce qu'il veut en ce qui le concerne. Et l'inverse aussi.
- Je suis prêt à parier qu'il y a des psychomages derrière lui, ricane le bonobo.
- Weasley. Taisez-vous ! Tonne McGo.
- A moins que vous ne teniez à rester ici avec votre camarade, rajoute Severus d'une voix glaciale.
Et le doute s'insinue en moi.
- C'est vrai ? je demande, peu certaine de supporter une possible trahison. Il y a des psychomages derrière vous ?
- Personne n'a dit ça.
- Weasley l'a dit, lui.
- Mais depuis quand écoutez-vous un Weasley ?
C'est vrai. Bon point. Je me tourne vers Weasley, prête à lui faire connaître ma façon de penser, mais quelle n'est pas ma surprise de voir une dizaine de strangulots en furie derrière la baie vitrée.
- Quand je te disais qu'il y avait plus important, me fait Weasley. Qu'est-ce que tu préfères ? Psychomages ou strangulots ?
Je plisse les yeux.
Les strangulots ne me mettront pas de camisole, eux.
Weasley lui n'a pas l'air de mon avis et il profite de ma distraction pour se dégager de ma flèche. Il me pousse sur le côté, tentant d'ouvrir la porte. Sans succès puisque je l'ai fermée.
Je hausse les sourcils.
- Qu'est-ce que tu pensais faire ?
- Ils vont nous attaquer abrutie. Il faut évacuer.
- Ce n'est pas à l'otage de décider de ce qu'il faut faire.
- Qui vous attaque ? demande au même moment McGo de l'autre côté.
- Les strangulots ! répond l'autre babouin en m'ignorant.
Il commence à tambouriner contre la porte.
Je bande la corde de mon arc et l'avertis d'une voix forte :
- Pour la dernière fois, éloigne-toi ou je tire !
Il ne m'écoute pas et continue son cirque. Son regard noir se tourne vers moi.
- Rends-moi ma baguette, m'ordonne t-il.
Je ricane, il soupire et recommence à s'acharner sur la poignée.
- Je t'aurais prévenu, je sifflote l'air de rien.
Et la réaction du singe se fait vite entendre tandis qu'au même moment les strangulots se décident à se jeter sur les vitres.
- MON CUL ! beugle le roux. ELLE A TIRE DANS MON CUL !
- Hé hé.
Tandis qu'il cherche à arracher la flèche en se baissant en avant, les fesses en arrière, McGo fait exploser la porte. Et quelques secondes plus tard, ce sont les vitres qui éclatent.
Mon rire se tait dans ma gorge. Des trombes d'eau viennent s'écraser sur nous. McGo pousse un cri, Severus jure, et Weasley me passe devant en hurlant et en glougloutant à moitié, emporté par la puissance du courant. L'eau montre rapidement dans la pièce et je ne tarde pas à être emportée à mon tour.
Par réflexe, je m'agrippe à la première chose qui me tombe sous la main. A savoir mon strangulot. Qui n'a pas l'air content.
Après quelques secondes à revisiter les couloirs poussée par les flots, c'est plutôt lui qui s'agrippe à moi comme pour tenter de me noyer. J'essaye de remonter ma tête à la surface pour ne prendre ne serait-ce qu'une goulée d'air mais il s'évertue à me tirer vers le fond. Et il est coriace le bougre. Mes coups de pieds sont sans effet. Et le fait de ne pas pouvoir respirer ni lancer des sorts sous l'eau n'est pas pour m'aider. Sans parler du mur que je viens de me prendre.
Ma cage thoracique devient très douloureuse. J'ai l'impression qu'on est en train d'y creuser un trou béant avec une pelle. Mes poumons ne vont pas tarder à lâcher. Mes yeux piquent. Mes paupières se baissent et j'aperçois un mince halo de lumière blanc.
Sûrement la mort qui vient m'accueillir.
Car aujourd'hui je vais mourir, oui.
Mourir.
Tout ça pour avoir montré mes fesses à un strangulot frustré.
Et sans jamais avoir pu caresser tendrement la croupe musclée de mon beau Severus.
Mourir.
...
J'espère que Severus prendra soin de mon corps. Je veux être enterrée dans le parc. Pour qu'il vienne me rendre visite tous les jours. Ou mieux, dans son lit. Je l'aime tellement que je suis prête à le laisser faire tout ce qu'il veut avec ce qu'il restera de moi.
Severus hein. Pas son lit. Réfléchissez avant de penser.
.
.
J'aurais préféré mourir, oui.
Pour hanter les cachots et suivre mon Severus à la trace.
Car Ruth Adams n'abandonne jamais, les amis. Jamais ! Et si elle ne peut pas avoir son homme vivante, alors elle l'aura décédée, point à la ligne, merci de m'avoir écoutée, au revoir.
- Sociabilisez-vous un peu, je suis sûre que vous pourriez vous faire des amis ici, me sourit l'infirmière en lissant consciencieusement les draps de mon lit.
Je jette un œil sceptique en direction de ma camarade de chambre.
Elle passe ses journées à me fixer comme si j'étais le Saint Graal arrivé sur un plateau d'argent. Ce n'est pas le genre de réactions qui me met à l'aise si vous voyez ce que je veux dire. Je dirais même que ça me donne envie de lui crever les yeux pour jouer aux billes avec.
- Allez, continue la chieuse en posant une main qui se veut réconfortante sur mon bras, inutile de retenter la tragique expérience de la semaine dernière, d'accord ? Sinon vous devrez retourner en chambre d'apaisement.
Sur ce elle sort de la pièce le pas sautillant.
Je reste plantée sur place, me remémorant mon échec. Je soupire, un sanglot au bord des lèvres. Severus me manque. Elias me manque. Même mon otage me manque.
Il savait encaisser une bonne flèche dans le derrière. Un bon moyen de se défouler comme on en trouve nulle part.
- Tu es ici pour quoi toi ? je demande au bout d'un long moment à attendre que ma fan cesse de me dévisager.
- Comportements obsessionnels compulsifs chroniques, me répond-elle heureuse de voir que je m'intéresse à sa vie. Et toi ?
- L'amour.
Elle opine du chef, comprenant parfaitement ma situation. Ses yeux scrutent lentement chaque partie de mon corps. Je décide d'aller me planquer sous ma couette.
Severus. Mon professeur et ses petites fesses qui se contractaient au gré de ses pas. Severus et sa cape virevoltante. Severus et son regard glacial, à vous donner des frissons jusqu'au bas ventre. Severus. Ce prénom qui glisse dans mes pensées, impossible à attraper, impossible à toucher.
A l'heure qu'il est il doit être en train de donner cours aux deuxièmes années de Serdaigle et Poufsouffle. Il doit être en train de penser à moi, le cœur au bord des lèvres, la mine triste. Je pousse un long, long soupir à fendre l'âme.
Ma vie n'a plus aucun sens, sans lui.
Je devrais me suicider. Mais il va falloir organiser ça évidemment. Trouver le moyen de revenir au château et y établir mes quartiers comme Mimi. Me faire une petite place dans la salle de bain de Severus là où je pourrais observer son corps dégoulinant de mousse.
...
Je laisse échapper malgré moi un sanglot. La minute qui suit, je sens le corps chaud de ma camarade de chambre dans mon dos, sous ma couette, dans mon lit, ses pieds froids entortillés avec les miens. Je me tends tandis qu'elle me souffle des paroles réconfortantes.
Et je ne suis pas certaine mais il me semble bien l'avoir entendu renifler mes cheveux. Et puis sa main est en train de se faufiler sous ma robe d'hôpital.
Une alarme beugle dans le couloir.
ALERTE ALERTE ! CONTACT PHYSIQUE ENTRE DEUX PENSIONNAIRES ! CHAMBRE NUMÉRO 6 !
Je sors ma tête de sous la couverture pour observer les infirmiers et infirmières débouler dans notre piaule, baguette en main.
.
.
- Comment a été votre semaine, Ruth ? me questionne la psychomage en charge de s'occuper de mon cas.
Je me gratte la tête, adopte un air décontracté.
- Comme une semaine en asile ma foi.
Elle hoche la tête, sa plume autonome prend des notes sur son carnet.
- Avez-vous pensé à votre professeur ?
- Non.
- Êtes-vous sûre ?
- Vous savez je ne suis plus sûre de rien. Pourquoi je vis ? Pourquoi je meurs ? Pourquoi je ris ? Pourquoi je pleure ?
Elle me lance un regard intrigué, m'intimant à poursuivre.
- J'ai jamais eu les pieds sur terre. J'aimerais mieux être un oiseau. Je suis mal dans ma peau.
Je garde le silence.
- C'est très intéressant ce que vous me dites-là, me dit alors ma psy d'une voix douce.
- Ah oui vous trouvez ?
- Oui. Vous ne m'aviez pas encore parlé de votre mal-être jusqu'à maintenant. Je suis contente que vous vous confiez enfin un petit-peu.
- De rien. C'était du Daniel Balavoine.
- ...
- Et vous votre semaine ? Ça a été ?
- C'est moi qui pose les questions ici, Ruth.
Ah ça je l'avais bien remarqué. Mais qui est en situation de force ici ? C'est moi. Je détiens les réponses. Et si je me tais elle ne les aura pas et elle pourra se toucher pendant que je la regarderai fixement sans rien dire.
Enfin j'espère tout de même qu'elle ne va pas se faire une petite séance de masturbation sous mes yeux. Il y a des limites à ce que je peux supporter.
Je me redresse sur ma chaise, croise les bras et la fixe sans rien dire.
Elle fait de même et les minutes passent.
Si elle croit que ça va me déstabiliser. Elle se met le doigt dans l'œil. Je n'ai pas besoin de parler pour m'occuper, moi. J'ai Sev pour m'occuper l'esprit. Toutes mes journées pour réfléchir à la façon dont je vais pouvoir retrouver mon âme-sœur. Et quand on aime, on trouve toujours.
Mes yeux dérivent vers la pluie qui s'abat sur les fenêtres. Sur les petites gouttelettes qui se dispersent sur la vitre avec rapidité.
On dirait de petits spermatozoïdes qui cherchent leur chemin. Perdus. Comme doivent l'être ceux de Severus sans mes petits ovules qui ne demandent qu'à enfanter un mini-lui.
Ahhh. Severus.
Comme j'aurais aimé pouvoir porter le fruit de sa semence. Nous aurions eu de beaux enfants. Je les aurais mariés entre eux.
Car on ne mélange pas ses enfants avec n'importe qui, évidemment.
- Vous savez, vous ne le reverrez plus, me souffle-t-elle. C'est terminé maintenant. Vous devez faire votre deuil.
- ...
- C'est terminé.
- Allez crever.
- Terminé Ruth. Il faut que vous l'admettiez.
Voili voilou...
Au cas où vous n'auriez vraiment pas compris, comme Ruth, c'est terminé hein, TERMINÉ, il faut que vous l'admettiez vous aussi. Libre à vous de vous imaginer ce qu'elle deviendra.
Merci à tout ceux et toutes celles qui ont suivie les aventures de Ruth, on espère que ce dernier chapitre vous a plu. D'un côté il faut rire avec ce qu'on a dans la vie, vous ne croyez pas ? Si les gens passaient plus de temps à regarder leurs lémuriens se faire des tresses au lieu de faire chier le monde il y aurait moins d'attentats, c'est moi qui vous le dis ! Et plus de lémuriens à tresses. Si vous n'avez pas de lémuriens c'est pas grave, on peut faire des tresses avec tout et n'importe quoi de nos jours et il y a aussi plein d'autres manières de s'occuper dans la vraie vie. Je vous dis ça comme ça en passant car on ne sait jamais. Peut-être que vous vous ennuyez souvent.
Bref.
Pour finir, on espère que dans la vraie vie vous savez mieux choisir vos fréquentations et que vous ne serez jamais confrontées à une tarée pot-de-colle qui pratique mal le tir-à-l'arc. Dans le cas où vous êtes comme Ruth, là on peut plus rien faire pour vous. Faites attention à vos arrières.
Merci encore de nous avoir lues, merci pour vos reviews, et une longue et heureuse vie à vous et tous vos amis ouistitis !
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#faitesdestresses
