Juste à temps (2ème partie).

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- Je meurs de faim, tout ce nettoyage ça m'a creusé.

- Duo, que tu bosses ou non tu tu as toujours faim, ton ventre régi toute ta vie.

- Quatre t'exagères je ne suis pas non plus un morfale.

- Hum...

- Non mais c'est vrai, regardes je fais toujours le poids de mes 18 ans.

- J'en témoigne, tu as gardé ta ligne de jeune homme Koi.

- Je ne t'ai pas sonné Yuy.

- Je te rappelles que c'est toi qui a souhaité que je vous accompagne.

- Et moi je te rappelle que c'est TOI qui a bousillé mes fiançailles, normal donc que tu participes au nettoyage et au rangement de la salle, c'est le moins que tu puisses faire.

- Bon cessez vos chamailleries, le boulot est terminé on passe rendre les clefs puis on va manger, ca vous dis des pizzas?

- Ses trois compagnons hochant la tête, Trowa se dirige vers la sortie tout en sortant son portable pour commander.

Les trois hommes le rejoignent à l'extérieur, après avoir ranger balais et chiffons et pris soin de verrouiller les portes. Ils s'installent tous dans le véhicule de Duo et reprennent le chemin de la maison où les pizzas ne vont pas tarder.

En vue de sa demeure, Duo aperçoit la petite Ford de Hilde garée dans son allée, cette dernière les apercevant en descend pour les attendre.

- Bonjour Duo, le sourire aux lèvres elle lui dépose un baiser appuyé sur la bouche, se redresse et fronce les sourcils en croisant un regard cobalt.

- Hilde! C'est vrai qu'on doit déjeuner ensemble.

- Bonjour Quatre, Trowa, son ton est un peu sec, l'oubli de Duo de leur rendez-vous la blesse.

- Elle leur jette à peine un regard avant de se tourner vers celui qu'elle considère comme son rival.

- Heero, je te croyais déjà reparti.

- Il nous a aidé pour le nettoyage précise Quatre qui sent la tension montée entre les deux rivaux, rentrons les pizzas ne vont pas tarder.

- A peine a-t-il terminer sa phrase qu'ils aperçoivent le véhicule de Marco, le pizzaiolo tourné au coin de la rue. Après avoir réceptionné leur commande ils se dirigent tous vers la cuisine où ils s'installent pour déjeuner, Duo et Hilde sortent les assiettes et de quoi se rafraîchir.

Mais Hilde n'en n'a pas fini avec le brun.

- Ça ne t'as pas suffit de gâcher les fiançailles de Duo, il faut en plus que tu t'incrustes.

- Comme te l'a précisé Quatre j'ai aidé au nettoyage, je ne voulais surtout pas laissé à mon époux tout ce travail, Duo grince des dents à l'entente de ces mots, et je tiens à te dire que je suis sincèrement désolé d'avoir interrompu TES fiançailles, mais il fallait bien que j'intervienne.

Heero à bien insisté sur le « TES » comme si les fiançailles ne concernaient pas Duo, ce dernier étant déjà lui même marié. Et malgré toute la conviction mis dans ces excuses, tout le monde autour de la table à bien conscience qu'il n'en regrette rien.

- De plus Hilde je tiens a précisé que je ne m'incruste pas puisque je suis également chez moi ici.

D'un coup il sent sur lui: deux paires d'yeux étonnées et deux autres lançant des éclairs.

- Quoi?! Qu'est-ce que tu racontes? Cette maison est à moi.

- Honey, nous sommes mariés sous le régime de la communauté de bien, tout ce qui est à toi est à moi, je suis prêt à tout partager avec toi..., moi.

- Hors de question, tu n'as aucun droit sur cette demeure.

- Tu me mets à la porte du domicile conjugal, je suis vraiment blessé Koi.

- Arrêtes avec tes petits noms débiles, tu n'en penses rien et je ne te mets pas à la porte, cette maison n'a jamais et ne sera jamais la tienne, est-ce clair Honey?le surnom n'a rien d'affectueux, menaçant plutôt.

- Très clair, mais... il fait une petite moue qui agace Duo.

- Quoi « mais » il n'a y a pas de « mais » Duo sent que le nippon lui prépare un coup bas à sa façon.

- Je ne pense pas qu'un avocat serait d'accord avec toi, après tout tu as payé cette maison avec l'argent de notre appartement de Sank.

- Mais, mais...Duo en bafouille, tu m'avais laissé une procuration pour le vendre, je n'ai rien fait d'illégal. Et puis... j'ai voulu t'envoyer ta part mais personne ne connaissait ta foutue adresse, je ne t'ai pas volé! Termine-t-il un peu coupable mais surtout énervé par ce que sous-entend l'ex-pilote 01.

- Mais je ne te reproche rien, je suis très satisfait de notre nouvelle demeure, j'ai toujours voulu vivre en banlieue loin de l'agitation du centre ville.

- N'y pense même pas, je te rembourserais ta part, intérêt compris, alors n'essaies même pas de t'installer, t'es pas le bienvenu j'te rappelle, ajoute le natté sur un ton ferme le fixant droit dans les yeux.

- Tu me blesses encore Koi, faux regard triste à nouveau.

- Duo n'en revient pas de la duplicité du Japonais qui joue avec lui comme un chat avec une souris, il a bien changé en trois ans, plus détendu, plus d'humour, même s' il doit en faire les frais Duo le trouve beaucoup plus épanoui et ouvert, et plus à l'aise avec les autres.

Mais il se méfie, Heero semble ne pas en avoir fini avec lui, il veut encore jouer avec sa proie, il est quasiment sûr qu'il lui prépare encore d'autres « bonnes » surprises, la souris qu'il semble être se demande alors à quelle sauce elle va être dévorée.

- Je veux qu'on est une discussion sérieuse pour mettre tout cela au clair, il jette un regard à Hilde qui a le visage fermé, je veux rapidement régulariser notre situation afin de pouvoir me marier comme prévue avec celle que j'aime.

Il voit la jeune femme relever la tête et le remercier de ses paroles avec un doux sourire.

Pourtant il est mal à l'aise, ses mots d'amour lui semblent sonner faux, ou tout du moins manquer de sincérité, il ne peut s'empêcher de comparer ce qu'il ressent pour Hilde avec ce qu'il ressentait pour Heero. A l'époque il pensait que leur amour durerait toute leur vie tellement ses sentiments pour lui étaient forts, Heero était tout pour lui, il ne s'imaginait pas vivre sans lui.

Ça été une telle souffrance son départ sans presque aucune explication, il a cru en mourir tellement il avait mal, il lui a fallu énormément de temps et l'aide précieuse de Quatre pour se relever, faire face à la dépression et continuer à avancer.

Mais malgré cela il sent que ce qu'il ressentait à l'époque est toujours présent au fond de son cœur et que la réapparition de son premier amour le bouleverse plus qu'il ne veut bien l'admettre.

- Nous allons vous laisser discuter tranquillement.

Quatre a perçu les sentiments confus qui agite son meilleur a mis, il sent qu'il a besoin de faire le point sur ce qu'il ressent. Il se tourne vers son compagnon.

- Trowa allons-y, de toute façon on se revoit lundi au déjeuner qu'organise Rélèna pour la fête nationale en l'honneur du premier roi de Sank; je pense que tu es également invité Heero?

- Oui en effet, Rélèna m'a même invité à loger chez elle, je retournerais sur Sank après ma discussion avec Duo, il voit le petit sourire de soulagement et de satisfaction de Hilde, par contre j'aimerais qu'on discute seul à seul Duo.

Cette fois son ton et sérieux, et son regard ne laisse pas le choix à Duo s'il veut mettre au clair leur situation.

- Hilde, tu veux bien nous laisser? Je souhaite également parler en tête à tête avec Heero, je t'appelle ce soir ajoute-il pour adoucir sa demande.

La maison se vide rapidement, Duo et Heero s'installent dans le salon, une tasse de café à la main.

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- Vas-y Heero, explique toi depuis hier je me doute que tu veux quelque chose, tu ne te serais pas déplacé sinon, alors je t'écoute.

- Hn, tu as raison je ne t'ai pas tout dis sur les raisons de ma présence ici.

- Alors dis-moi tes vraies raisons.

Heero ancre son regard dans les deux améthystes qui lui font face.

- J'ai besoin de ton aide.

- Je ne pense pas être la personne qu'il te faut, j'ai tout sauf envie de t'apporter mon aide.

- J'ai bien conscience que tu m'en veux encore énormément pour mon départ d'il y a cinq ans... Mais le temps a passé depuis, n'attends pas que je m'excuse de mon comportement, je ne regrette rien...mais...

- Comment?!

Duo se relève d'un bond, sidéré des paroles de son vis à vis, il se sent blessé, il pensait qu'il avait changé mais non c'est toujours le même garçon égoïste complètement indifférent au ressentit des autres.

- Sors de chez moi immédiatement et n'y remet plus jamais les pieds, tous nos contacts se feront désormais par avocats interposés.

- Duo..., calmes-toi et laisse moi terminer ce que j'ai à te dire, rassis-toi s'il te plaît.

Duo fit face à nouveau au brun mais refusa de se rasseoir pour marquer que sa colère était toujours bien présente.

- Expliques-toi clairement!

- Je ne m'excuserais pas, Duo grince des dents le regard noir, car je pense avoir eu raison d'agir ainsi à l'époque, il se dépêche de poursuivre avant que la natté ne s'énerve à nouveau, si je n'étais pas partir on aurait fini par se haïr et ne plus se supporter. Avoue qu'on ne se parlait quasiment plus et que les rares fois où on le faisait ça finissait en bataille rangée chacun campant sur ses positions.

- Mmmh...

- Je sais que je me suis comporté comme un salaud à l'époque et que j'ai pris la fuite.

- Tu t'es comporté comme un lâche, complètement indifférent à ce que je pouvais ressentir. Je n'ai eu de tes nouvelles que par l'avocat quand il m'a apporté les papiers du divorce.

- J'avais peur Duo, il voit le natté le fixer avec des yeux ronds, oui peur de t'affronter, d'affronter ce qu'on ressentait, tout avait été tellement vite entre nous, notre mariage ce qu'on ressentait. Nous n'étions pas prêt pour une vie à deux avec tout ce que cela suppose, nous n'étions que des enfants qui n'avaient connu que la guerre. Avoue que notre cohabitation tournait au désastre.

- Si tu nous avait laissé le temps on y serait peut-être arrivé, on s'aimait en tout cas moi je t'aimais, Duo a parlé tout bas, à peine un murmure tellement ça le remue de repenser à cette époque.

- Peut-être mais sincèrement je ne le crois pas. Je crois qu'on avait besoin de se reconstruire l'un sans l'autre après la guerre et de savoir exactement ce qu'on souhaitait réellement avant de s'engager pour la vie et ceux malgré les sentiments qu'on ressentait l'un pour l'autre, on manquait de lucidité pour faire le point et savoir ce qu'on souhaitait réellement pour nous deux.

-Mais fallait-il pour autant disparaître complètement de ma vie? J'ai eu l'impression que notre histoire n'avait été qu'une amourette pour toi.

- Non c'est faux! Je t'aimais comme un fou, tu étais tout pour moi. Mais je ne savais plus du tout où j'en étais, ce que je voulais faire de ma vie, il fallait que je parte pour faire le point loin de toi, tu paraissais tellement sûr de ce tu voulais faire de ta vie, tu avais repris tes études pour être enseignant, moi je me sentais complètement inutile, ne méritant pas ton amour. Alors j'ai pris la fuite, faisant le choix de m'éloigner en espérant que je trouverais des réponses loin de toi.

Duo est très ému par ce tout ce que lui dit son « mari », il comprend un peu mieux les raisons de son comportement passé même s'il lui en veux encore énormément, il ne peut retenir la question qui le taraude.

- Et tu as trouvé ce que tu cherchais?

- Oui Duo, j'ai trouvé la paix et ce que je voulais faire de ma vie désormais, j'ai voyagé partout dans le monde en tant que reporter, je me suis construit une identité autre que celle du soldat 01 et je sais exactement ce que je souhaite pour l'avenir, et c'est pourquoi je suis là aujourd'hui.

- (…)? deux grands yeux interrogateurs le questionnent.

- Je veux une famille et vivre avec la personne que j 'aime.

- Tu as rencontré quelqu'un et tu veux t'installer avec cette personne? Pourquoi a-t-il si mal soudain au niveau de la poitrine, pourquoi se sent-il prêt de pleurer.

- Oui j'ai rencontré quelqu'un et je vis déjà avec elle. Heero à bien conscience de l'ambiguïté de ses propos, mais il veut faire réagir le natté.

- Elle ?

Malgré ses efforts pour le cacher, Heero voit bien que Duo est atteint par ce qu'il dit et qu'une pointe de jalousie perce dans sa question, il s'en veut un peu de le faire languir et souffrir mais il est tellement heureux que Duo ressente encore quelque chose pour lui, qu'il ait encore des sentiments à son égard. Cependant il décide de cesser son petit jeu, après tout, tout dépend désormais de l'ex-pilote 02.

- Oui elle, une petite fille nommée Nozomi¹.

- Une petite fille? Duo ne comprend plus rien.

- En fait pour être exact: NOTRE fille.

- Quoi?!

- Je l'ai adopté il y a quatre mois au Japon, toute sa famille est morte lors d'un tremblement terre sur l'île Amami où j'étais en reportage, et sa grand-tante, son dernier parent est morte il y a un mois.

- Et en quoi ça me concerne?

- Je l'ai adopté en notre nom à tous les deux, en tant que Mr Yuy-Maxwell, époux de Mr Duo Maxwell, elle porte nos deux noms.

- Mais...mais... comment est-ce possible, je n'ai rien signé?

- Tu oublies la procuration que tu m'avais retourné après la vente de l'appart', elle nous concernait tous les deux.

- Mais pourquoi avoir fais ça..., je..., je ne comprends pas? Duo est complètement déboussolé.

- L'adoption avait plus de chances d'aboutir et de se faire plus rapidement si c'est un couple qui demandait l'agrément et je dois dire qu'avoir un époux enseignant est un atout dans ces cas là, sans parler de notre maison dans une banlieue tranquille de Sank, je peux te dire que ça m'a bien aidé ajoute t-il avec un grand sourire.

- Duo ne sait plus s'il doit rire ou pleurer, tout cela semble tellement fou, il n'arrive pas à réaliser tout ce que vient de lui dire le japonais.

- C'est une blague hein? Tu te fou encore de moi, c'est juste pour me faire enrager?

- Non Duo, la voix de Heero est basse mais très sérieuse et il le regarde bien en face, nous avons bien une fille de trois ans nommée Nozomi et … je t'aime toujours, je n'ai jamais cessé de t'aimer.

- Quoi?! Duo n'en crois pas ses oreilles, les battements de son cœur résonnent à ses oreilles.

Heero lui fait un grand sourire, je disais qu'elle a trois ans et s'appelle Nozomi que toute sa famille est décédée.

Il sait très bien que ce n'est pas ce que lui demande le natté, mais il ne peut s'empêcher de le taquiner, il est tellement mignon quand il s'énerve.

- Non pas ça... tes derniers mots, ronchonne Duo.

- Ah ça, je disais que je n'ai jamais cessé de t'aimer et que je pense même t'aimer davantage qu'auparavant.

Il a prononcé ces mots d'un ton calme sûr de lui, sûr de ce qu'il ressent, Duo ne peut mettre en doute sa sincérité, il lit la vérité dans ses prunelles cobalt. Il est pétrifié incapable de réagir, il a attendu tellement longtemps son retour, puis il a voulu l'oublié, le détester, le faire disparaître à jamais de sa vie, ça tellement été dur sans lui.

- Et toi m'aimes-tu, ai-je encore une place dans ta vie, dans ton cœur?

La question sort Duo de ses pensées.

- Je ne sais pas Heero, je ne sais plus, tu reviens dans ma vie si soudainement, tu ne peux me demander de tout remettre en question du jour au lendemain. En quelques heures, j'ai appris que j'étais toujours marié, que cette maison ne m'appartenait pas complètement, que j'ai une fille et que... il baisse les yeux soudain timide, les pommettes en feu, tu m'aimais toujours. Tu dois bien admettre que ça demande un peu de temps pour être assimilé termine-t-il en se laissant tomber sur le fauteuil derrière lui..

- Je comprends parfaitement et je ne veux pas te précipiter, prends le temps de la réflexion jusqu'à lundi, on en reparlera à ce moment là.

- Ok, je te promets d'y réfléchir sérieusement mais tu as bien conscience du bouleversement que tu me demandes et que ça me fait peur après ce qu'on a vécu il y a cinq ans.

- J'en ai parfaitement conscience, je sais qu'il t'es difficile de me faire à nouveau confiance. Mais sache que quelque soit ta décision je la respecterais, je veux juste te demander d'attendre encore deux mois pou entériner notre divorce, afin que ce la ne remette pas en cause l'adoption de Nozomi qui sera pleinement validé à ce moment là, j'ai une période d'essai de six mois avant qu'elle ne soit réellement ma fille.

- Je ne ferais rien pour remettre en cause cette adoption, même si je n'en reviens pas que tu es une fille,tu as bien changé je n'aurais pensé que tu fonderais une famille.

- Merci Duo, et oui j'ai changé, je sais ce que je veux, et ça dépend juste de toi pour que cela devienne réalité, je te laisse, à lundi donc.

Et avant que Duo n'ait le temps de réagir, Heero lui dépose un baiser sur les lèvres, léger effleurement à peine appuyé, avant de passer la porte sans un mot, le laissant complètement bouleversé le cœur battant à cent à l'heure.

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Duo stoppe sa voiture devant le perron du palais, avant qu'il n'est touché la poignée, le portier vient lui ouvrir la porte

Il est tendu, tandis qu'il gravit la dizaine de marches qui mènent au perron, ses réflexions de la veille lui reviennent en tête ainsi que la discussion qu'il a eu il y a à peine une heure avec Hilde.

Depuis le départ de Heero, il n'a cessé jour et nuit de retourner inlassablement la conversation qu'ils ont eu, tout avait été si vite, il ne savait plus du tout où il en était, ce qu'il ressentait; pour Heero, pour Hilde, tout était si simple avant la réapparition du japonais dans sa vie.

Trop simple peut-être, il s'était laissé guidé par Hilde, par ses désirs, son amour lui avait permis de se relever, il avait sincèrement cru l'aimer en retour même si ce qu'il ressentait n'était en rien comparable avec ce qu'il éprouvait pour son premier amour, mais cela lui convenait, c'était simple.

Mais voilà Heero et tout ce qu'il représentait étaient revenus tout bouleverser, et il avait bien du admettre qu'il avait toujours des sentiments pour lui.

La question était de savoir s'il était à nouveau prêt à laisser s'exprimer ses sentiments qui l'avaient tellement fait souffrir par le passé.

Etait-il prêt à aimer à nouveau Heero?

A vivre avec lui, à construire une vie de famille avec lui et sa fille?

A prendre le risque de souffrir encore si leur relation échouait, il avait tellement morflé la première fois et c'est cela qui lui faisait peur, ça avait été tellement dur de vivre sans lui.

Cependant il devait bien admettre que l'ancien pilote du Wing avait bien changé, qu'il s'était enfin trouvé, qu'il semblait sûr de ce qu'il voulait maintenant, et sa déclaration d'amour l'avait profondément touché par sa sincérité.

Oui Heero n'était plus le jeune homme de 17 ans qu'il avait épousé sur un coup de tête, et un coup de whisky fallait bien le reconnaître, dans ce village de Gretna Green.

Ses réflexions avaient pris fin à la tombée de la nuit la veille, sa décision était prise ou plutôt elle s'était imposée d'elle même, comme une vérité qu'on ne peut plus nier; il lui avait suffit de trouver la réponse à la question que lui avait posé Heero la veille: Et toi m'aimes-tu?

Il se devait d'être honnête avec lui même: oui il l'aimait encore, oui Heero avait encore une place dans son cœur, en fait, avait-il seulement cessé de l'aimer?

Ses sentiments s'étaient imposés comme une évidence, il suffisait de se fier aux réactions de son corps et de son cœur quand il pensait au japonais, il devait bien admettre qu'il ne ressentait pas ça pour Hilde, pas ses frissons, pas cet emballement du cœur, pas cette impression que rien n'importait du moment que l'être aimé était auprès de soi.

Hilde, en le voyant le matin même devant sa porte avait compris qu'elle l'avait perdu, elle avait toujours su que le natté n'avait jamais réellement oublié le brun, ce n'ai pas pour rien qu'elle redoutait autant son rival, elle avait voulu y croire, mais contre le brun elle ne faisait pas le poids, elle l'avait su à la minute même où il était de retour.

Elle avait embrassé Duo une dernière fois avant de lui souhaiter bonne chance les larmes aux yeux en refermant sa porte.

Après avoir demandé son chemin au majordome, Duo se dirige vers l'aile ouest où la chambre de Heero se situe.

Il est largement en avance sur l'horaire prévu pour le déjeuner, mais il souhaite auparavant discuter en tête à tête avec le brun. Arrivé devant la porte de la suite qu'on lui a indiqué il frappe deux coups brefs et entre sans attendre la réponse.

Il aperçoit alors le nippon près de la baie vitrée, en un dixième de seconde il enregistre ce qu'il voit: pantalon sombre en lin tombant impeccablement sur ses pieds, torse nu, une chemise blanche à la main qu'il s'apprêtait de toute évidence à l'enfiler mais il a stoppé son geste à son entrée.

Ne surtout pas se laisser distraire par le semi nudité de son « époux ».

Kévin à l'aide! La vache ce qu'il est sexy!

Grande inspiration, claque mentale: « t'auras tout le temps de baver dessus plus tard! », Duo s'est juré en chemin que cette fois-ci il ne laissera pas le brun mener la discussion.

- J'espère que tu sais à que point je t'ai détesté pendant des années?

- Oui. Heero n'a pas bougé de devant la fenêtre, il s'est juste retourné pour lui faire face.

- Et à quel point je t'en ai voulu ?

- Oui.

- Et à quel point je t'en veux encore?

- Oui.

- Et qu'il me faudra encore du temps pour tout te pardonner?

- Oui.

- Ok..., je voulais être sûr qu'on était sur la même longueur d'ondes.

- Et? Heero s'approche d'un pas félin.

- Oui?

- Tu m'aimes toujours?

- Oui, petit "oui" à peine audible, le regard profond du brun l'hypnotise.

- On reste marié?

- Oui.

- Et on va vivre ensemble avec notre fille?

- Oui. Un doux sourire étire ses lèvres à cette idée.

- Donc on est bien sur la même longueur d'ondes.

- Mmmh... Duo ne peut s'empêcher de fixer ses lèvres maintenant à tout juste quelques centimètres des siennes.

- Parfait...Heero l'enlace, un bras autour de la taille l'autre autour de ses épaules la main saisissant doucement sa natte, juste une dernière chose.

- Oui...?.

- Ai shiteru Duo.

Ces mots..., il y a deux jours encore, il ne pensait plus les entendre.

Il plonge son regard dans les deux cobalts qui lui font face, « merde » il n'allait pas pleurer comme une midinette qui reçoit sa première déclaration, « il était un mec oui ou non !», et en même temps Heero n'était-il pas son premier amour? Il pouvait bien laisser une ou deux larmes... ou tout un flot s'écouler.

Un baiser passionné met fin à ces réflexion, le brun s'est emparé de se lèvres et réclame maintenant l'entrée de sa bouche.

Ils se séparent quelques instants plus tard haletant, Duo sent la main de Heero descendre jusqu'au bas de son dos et glisser sous sa chemise, un frisson lui remonte le long de la colonne vertébrale. C'est fou comme il lui fait encore de l'effet! Il à l'impression d'être à nouveau un ado et qu'au moindre effleurement il va se jeter sur lui. Il essaye de retrouver un peu la maîtrise de son corps, ce qui est tout sauf facile avec la bouche du japonais qui commence à mordiller son cou.

- Heero?

- Hn. Il laisse ses lèvres remonter jusque derrière l'oreille du natté, là où la peau est si douce sous ses lèvres.

- Duo a de plus en plus de mal à rassembler ses idées. Tu ne veux pas me présenter notre fille maintenant?

- Hn...plus tard, Heero s'attaque maintenant à la nuque tout en commençant à dénouer les cheveux de son mari.

- Mais, elle doit nous attendre, tu ne lui a pas dis que je venais.

- Si..., il relève la tête satisfait en étalant les cheveux du désormais dénatté sur ses épaules, elle est impatiente de rencontrer son Daddy.

- Il faudrait peut-être qu'on y aille alors?

- Tout à l'heure, Koi..., elle est avec Rélèna, sa marraine, elle sont parties se promener dans le parc.

- Quoi! Rélèna est sa marraine, ma fille est la filleule d'une reine, je vois que tu continues de me surprendre.

- Rélèna l'adore, je dois l'a freiner sinon elle l'a pourrirait, sans parler de la noyer sous les robes rose bonbon.

- Beurk! Jamais ma fille ne ressemblera à une barbe à papa. Mais... Heero, Nozomi va se demander pourquoi je ne suis pas venu l'a voire directement, je ne veux surtout pas qu'elle croie que je ne tiens pas à elle.

- Duo calme Koi! J'ai expliqué hier soir à notre fille que son otousan avait besoin de passer du temps avec son autre papa car il lui avait énormément manqué, et qu'il avait envie de lui faire plein de câlins pour lui dire à quel point il l'aime. Elle s'est montrée très compréhensive, on a une petite fille formidable tu sais.

- Heeroooh! Ça va pas! Tu n'as pas raconté ça à notre fille, qu'est-ce qu'elle va penser de moi.

- Que t'es un magnifique Daddy qui prend soin de son Otousan.

- Et sans davantage lui laisser le temps de ronchonner Heero s'empare à nouveau de ses lèvres et l'entraine vers le grand lit, aux dimensions impressionnantes, qui trône au centre de la chambre.

C'est comme s'ils ne s'étaient jamais quittés, leurs mains impatientent écartent rapidement les vêtements qui font barrage au contact de leurs peaux, leurs corps se reconnaissent, se provoquent, se répondent, puis se laissent emporter par un désir trop longtemps contenu.

Un long moment plus tard, ils somnolent, leurs corps repus et alanguis, entre les draps de soie défaits victimes de leurs ébats. Le corps de Duo repose en partie sur celui d'Heero, leurs jambes emmêlées, la respiration encore un peu rapide, ils laissent doucement les dernières vagues de plaisirs, les derniers frissons s'évanouir doucement.

Duo se redresse paresseusement et tourne la tête vers la table de chevet où il peut lire l'heure sur le réveil: 11h30.

- Heero?

- Hn?

- Il est temps qu'on y aille.

- Hnnnnh... sa main caresse le flanc du natté.

- Heeroooh..., on n'a pas beaucoup de temps avant la réception et je veux rencontrer Nozomi avant l'arrivée des autres invités, je veux passer un peu de temps avec elle, seul à seul, pour apprendre à la connaître.

- Le brun se décide enfin à le lâcher et se redresse, non sans avoir auparavant déposer un dernier baiser sur les lèvres encore rougis par les précédents.

- Ok Tenshi, allons voire notre fille, il est en effet temps.

Alors qu'il allait sortir du lit la main du natté le retient par le bras, il plante ses deux perles améthystes dans son regard.

- Oui il était temps Heero.

Le brun comprend immédiatement qu'il ne parle pas de leur fille.

- Je n'y croyait plus, j'avais renoncé, c'était vraiment limite... tu es vraiment revenu juste à temps Heero.

- Je sais Duo, et je te jure que tu n'auras plus jamais à m'attendre, mon temps t'appartient désormais à toi et à notre fille termine-t-il en le serrant tendrement dans ses bras, avant d'enfin sortir du lit.

Duo ne peut s'empêcher d'admirer son corps élancé et musclé, un grand sourire lui vient alors qu'il se fait la réflexion suivante: « je compte bien profiter de chaque secondes de ton temps Heero, au point que le temps sera le dernier de nos soucis, profitons simplement de notre vie ensemble, c'est tout ce que je souhaite maintenant ».

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FIN.

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Note de l'auteur:

1- Nozomi signifie en japonais « espoir », j'ai trouvé que ça sonnait bien et que vu le contexte de l'histoire c'était assez parlant, Heero a espoir de convaincre Duo de revenir avec lui.

- Sinon je dois dire que j'ai ramé pour la fin, et je dois bien admettre que ce n'est pas terrible, terrible... mais je ne savais pas comment terminer autrement.

Merci à tous ceux qui me liront, une petite review please, même quelques mots seulement, ça me permet de savoir ce que vous en avez pensé. Merci d'avance.