Rating: T parce que Yuffie n'a aucun tabou.

Résumé: Qui aurait pu prédire qu'un jour Yuffie Kisaragi, qu'il souhaite assassiner plus que tout au monde, lui manquerait ? Entre mensonges et mauvais tours, il fallait bien sûr qu'elle ait raison en prime... Adorable peste.


Chapitre 1, ou comment Yuffie Kisaragi a raison.

Il n'alluma en effet pas son portable de la semaine. Lorsqu'il le fit le samedi soir suivant, il constata trente-six appels en absence. Il roula des yeux, secouant la tête avec exaspération. Yuffie avait appelé trente fois, Reeves deux fois, et un numéro inconnu qu'il devinait être celui de la fameuse Stevia avait tenté de le joindre quatre fois.

Il supprima les appels manqués, et ne lut pas même les messages textes de Yuffie, les supprimant sans vergogne. Il se donna la peine de rappeler Reeves pour savoir ce qu'il lui voulait. Le Chef des WRO lui indiqua qu'il aurait besoin de lui pour une mission la semaine suivante et il l'accepta après s'être assuré qu'en aucun cas Yuffie n'était associée à la mission. Il s'exposa au rire de Reeves, mais rien ne comptait plus à cet instant qu'éviter Yuffie. C'était ça ou un meurtre sanglant, un massacre pour tout avouer.

Il lança le téléphone sur son lit peu après avoir raccroché puis ouvrit son réfrigérateur désespérément vide. Il aurait dû se faire livrer des aliments, mais d'habitude, c'était Yuffie qui l'obligeait à le faire. Il soupira et se résigna à manger hors de son appartement confortable et silencieux. Il prit son portable avec lui machinalement et le regretta en arrivant au bas de son immeuble lorsqu'il sonna. Les passants l'observèrent de travers alors qu'il ne répondait pas. Il soupira et se résolut à arrêter l'infernale musique.

-Valentine, articula-t-il, agacé.

-Heya Vinnie !

Vincent leva les yeux au ciel, maudissant le destin. Yuffie ne le laisserait donc jamais en paix ?

-J'allais venir te voir lorsque j'ai croisé Stevia par hasard, vous allez pouvoir faire connaissance, c'est génial hein ?

Croisé par hasard hein ? ironisa-t-il mentalement.

-Je ne suis pas chez moi, je mange en ville, eut-il le plaisir d'annoncer.

-T'as encore oublié de commander, soupira Yuffie. Je m'occuperai de ça plus tard, tu vas manger où ?

-N'importe où, pourvu que tu n'y sois pas, répondit-il avec facilité et sans remord.

Il entendit Yuffie rire et se demanda si elle était seulement capable de se vexer.

La seule fois où il l'avait vu être vexée, ça avait été lorsque Cid l'avait traité de « gamine excitée mais pas excitante ». Vincent n'avait même pas eu le temps de tenter de protéger Cid, déjà Conformer, le fidèle Shuriken de Yuffie, était venu se ficher dans le mur à quelques millimètres de Cid, lui coupant au passage sa cigarette et une touffe de cheveux. Elle ne lui avait plus adressé la parole pendant une semaine entière.

Vincent jugea qu'il essaierait un jour de critiquer son physique, voir si elle cesserait de lui parler ne serait-ce que quelques jours.

-Vinnie, t'as décroché, le prévint Yuffie en le ramenant sur terre. Je te disais que de toute façon on n'a pas tant de resto à faire pour te trouver. Alors range ta timidité, et dis-moi où tu vas manger.

-Je ne sais pas.

Ce n'était pas faux.

-Si tu ne me dis pas où tu vas manger, j'oblige Reeves à m'affecter à toutes tes missions, et tu sais que j'en ai les moyens, menaça-t-elle en riant.

Vincent tenta de mesurer l'importance de la menace, puis maudit définitivement le destin.

-Je vais manger au Seventh Heaven, se décida-t-il dans un soupir.

-A tout de suite Vinnie, triompha Yuffie.

Elle raccrocha. Vincent se dirigea vers le Seventh Heaven sans vouloir croire qu'il s'était encore une fois laissé avoir par Yuffie.


Tifa lui servit une assiette avec un sourire compatissant, sûrement au courant des plans de Yuffie. Il la remercia d'un regard et attrapa sa fourchette. Il avait à peine porté la deuxième bouchée de pâtes à ses lèvres qu'il vit Yuffie entrer dans le bar. Elle était suivie par une jeune femme aussi jolie que Yuffie le lui avait promis. Il pesta intérieurement: non seulement elle lui pourrissait la vie, mais en plus elle se payait le luxe d'avoir raison. Petite peste.

-Heya Vinnie ! salua-t-elle en s'asseyant à côté de lui sur la banquette. Je te présente Stevia, elle est belle hein ?

Vincent s'abstint de répondre et leva les yeux vers la jeune femme qui lui adressa un sourire légèrement ennuyé. Il lui fit un signe de tête après avoir jugé qu'elle devait être une victime de Yuffie plus qu'un facteur déclenchant de toute cette mascarade.

-Vinnie, les gens polis disent bonjour à leur rendez-vous, déplora Yuffie.

Il fusilla Yuffie du regard puis retourna à la jeune femme toujours debout face à lui. Il constata que Yuffie avait raison aussi concernant les vêtements, même taille, mais moins flottants sur elle que sur Yuffie. Cette fois, il se gifla mentalement.

-Vous pouvez vous asseoir, dit-il finalement en indiquant le siège face à lui.

-Merci, sourit Stevia. Je suis flattée de vous rencontrer Monsieur Valentine, j'ai beaucoup entendu parler de vos exploits.

-Tout le monde connaît les exploits d'Avalanche, répliqua-t-il.

Yuffie lui mit un coup dans les côtes et il tourna un regard assassin vers elle.

-Tu peux l'appeler Vincent tu sais Stevia ? reprit Yuffie en souriant. Il est un peu bougon parce qu'il a dû sortir de son trou, mais c'est un mec charmant. Il ouvre les portes aux femmes, ajouta-t-elle sur le ton de la confidence.

Vincent se jura de ne plus ouvrir une seule porte pour Yuffie.

-Vous êtes un gentleman monsieur Valentine ? s'enquit Stevia en retentant un sourire.

Il leva les yeux et croisa le regard vert de la jeune femme. Elle avait un regard intelligent et doux, ce fut sûrement sous cette influence qu'il acquiesça avant de marmotter:

-Vincent.

-Pardon ?

-Je m'appelle Vincent, expliqua-t-il.

Il sentit qu'on lui piquait sa fourchette des mains et vit Yuffie se pencher sur son assiette pour attraper quelques pâtes et les manger à sa place.

-C'est mon assiette, lui reprocha-t-il.

-J'ai faim moi aussi, rétorqua-t-elle la bouche pleine. Et puis de toute façon je vais vous laisser faire connaissance, je dois aller jouer au poker avec Cid et Barret.

Elle prit une autre bouchée de pâtes alors qu'il cherchait un moyen de la retenir. Certes il avait envie de la tuer mille fois, mais il avait surtout à cet instant besoin qu'elle reste pour lui éviter de se retrouver seul avec cette Stevia.

Mais Yuffie se leva et lui rendit sa fourchette.

-Sois mignon Vinnie, et fais bien ton lit demain matin, je t'amène à manger avant midi.

Il manqua de laisser tomber sa mâchoire sous le choc. Venait-elle réellement d'insinuer ce qu'il pensait devant Stevia ? Il jeta un rapide coup d'œil à la jeune femme et remarqua qu'elle était pivoine. Ok, demain, midi, Yuffie Kisaragi ne serait plus qu'un souvenir.

Elle s'éloigna en trottinant gaiement et Vincent se tourna vers Stevia. Elle lui adressa un sourire gêné puis lui demanda si elle pouvait manger avec lui. Il accepta sans y penser, encore choqué de l'audace de Yuffie. Lorsqu'il réalisa tout ce qui venait de se passer, il commanda des bouteilles de rouge à Tifa.


Vincent se réveilla avec un grand mal de tête et constata qu'il y avait un parfum étranger dans son lit. Il se releva et fut soulagé de voir qu'il était seul – Yuffie était bien capable de le regarder dormir jusqu'à ce qu'il finisse par ouvrir les yeux, elle aurait alors sauté sur son lit en racontant trop de choses pour son cerveau endormi. Il détestait quand elle faisait ça.

Il se leva et enfila son pantalon, ce fut là qu'il remarqua qu'il y avait bien une présence féminine chez lui, mais au vue du sous-vêtement qu'il découvrit à ses pieds, ça n'était pas Yuffie.

Il se plaqua une main sur le front alors que les évènements de la veille revenait. Il avait pris sa première cuite depuis des années et des années et il avait passé une nuit mouvementée avec la fameuse Stevia. Non pas que la nuit l'ait dérangé – au contraire, s'avoua-t-il – mais le mal de crâne, il s'en serait bien passé, et surtout, Yuffie allait être invivable lorsqu'elle constaterait qu'elle avait eu raison.

Il soupira et se dirigea vers la cuisine où il se doutait qu'il trouverait son amante.

Elle était effectivement là, assise sur l'un des tabourets du bar qui servait de table, dans sa chemise noire à lui trop grande pour elle. Il se surprit à aimer cette vision d'une femme peu vêtue dans sa cuisine après une telle nuit. Elle leva la tête de sa tasse de café et lui adressa un sourire timide. Il lui répondit par un léger sourire, chose rare chez lui.

-Bien dormi ? s'enquit-il poliment.

-Peu mais bien, rit-elle légèrement.

Il évita son regard et se servit une tasse de café. Il s'assit à côté d'elle et ne but pas une goutte. Il revint sur terre lorsqu'il sentit la main de Stevia se poser sur son bras humain. Il leva les yeux vers elle et rencontra ses yeux verts hésitants.

-Tu regrettes ? s'enquit-elle presque tristement.

Il ne sut quoi répondre, alors il se pencha vers elle et déposa un baiser léger sur ses lèvres. Stevia sourit et le ramena contre elle. Il y prit plus goût qu'au café qui allait refroidir et la fit lever pour l'attirer contre son torse.

Il aurait pu continuer indéfiniment tellement il se sentait bien à cet instant, mais son regard dévia sur la pendule. Il était onze heures et demi. Il se détacha de son amante.

-Je ne veux pas paraître cavalier mais Yuffie va arriver, annonça-t-il. Et je préfèrerai qu'elle ignore ce qu'il s'est passé...

Stevia sourit.

-Et elle ignorera aussi ce qui va se passer après ?

Il la regarda sans comprendre, mais en sentant qu'elle lui donnait le baiser le plus indécent qui soit, il comprit totalement ce qu'elle voulait dire. Il en fut grisé et songea qu'être resté sans ce genre d'activité pendant autant de temps lui tournait la tête.

-Appelle-moi, glissa-t-elle en se séparant de lui.

-Je n'appelle jamais les gens, avoua-t-il.

-Alors je le ferai, sourit-elle avec douceur.

Il lui rendit son sourire et la regarda partir vers la chambre. Lorsqu'elle eut disparu, il soupira. A quel jeu stupide s'était-il laissé prendre ? Il fut rattrapé par l'heure et lava la tasse de Stevia pour la ranger. Il attendit que la jeune femme soit partie – non sans avoir cédé à l'embrasser – pour aller ranger sa chambre et effacer l'odeur féminine à l'aide d'encens.

Dans son empressement, il se retrouva devant sa tasse de café – froide – sans avoir pensé à enfiler au moins un t-shirt.

Il n'eut de toute façon pas le temps d'y songer car Yuffie crocheta sa serrure et entra – comme si elle allait attendre qu'il vienne ouvrir.

-Heya Vinnie ! le salua-t-elle en venant déposer des sacs sur son bar. T'as passé une bonne nuit ?

Il saisit le sous-entendu, mais jamais au grand jamais il ne cèderait cette victoire à Yuffie Kisaragi.

-Je ne vois pas pourquoi cette nuit aurait été meilleure qu'une autre.

-Arrête de mentir tu veux ? se moqua-t-elle.

Il ne répondit pas et la regarda tout ranger en silence. Il estima que c'était anormal, Yuffie n'était jamais silencieuse. Mais il ne se donna pas la peine de demander pourquoi, le silence était son bien le plus précieux.

-Wow Vince ! T'es au courant que t'as de la glace dans ton congélateur ? s'exclama-t-elle soudain.

Il déplora mentalement d'avoir oublié de cacher les pots de glace. Elle n'était pas sensée savoir qu'il en avait acheté, surtout qu'ils savaient autant l'un que l'autre que Vincent n'en mangeait pas.

-Je peux ? supplia-t-elle en lui montrant un pot de glace à la vanille.

Il n'eut pas le temps de détourner les yeux, c'était déjà trop tard, il avait vu son adorable bouille d'enfant le matin de Noël. Et il céda à regret avant d'enfiler son café d'un trait. Il frissonna de dégout, le café froid, c'était un crime.

Son mouvement attira le regard de Yuffie qui laissa sa cuillère de glace dans sa bouche, l'air surprise.

Il la dévisagea, se demandant pourquoi elle le regardait si étrangement.

-Wow Vince, en fait t'es vachement musclé, dit-elle en retirant la cuillère de sa bouche.

Il leva les yeux au plafond, il n'y avait que Yuffie pour faire ce genre de commentaire sans arrière pensée et avec un naturel déconcertant.

-Tu m'étonnes que Stevia était heureuse quand je l'ai amenée à toi hier. T'as du matos Vinnie.

Oui, vraiment, il n'y avait que Yuffie pour dire des choses pareilles sans en rougir. Lui en revanche, était autrement mal à l'aise.

-Et c'est comme ça partout ? s'enquit-elle avec cette fois de la malice dans tous les traits de son visage.

-Tu espères vraiment une réponse à ça ? ne put-il s'empêcher de rétorquer.

-T'aurais jamais dû dire ça Vinnie, sourit Yuffie. Faudra mettre une alarme sur la porte de ta salle de bain, ajouta-t-elle.

Il la regarda sans comprendre ce qui la rendait soudain si malicieuse.

-Quel meilleur moyen de vérifier par moi-même que de te surprendre sous la douche ?

Même sous la torture, il ne s'abaisserait pas à répondre à ce genre de questions. Même si à l'instant précis, imaginer Yuffie venir l'espionner sous la douche et donc nu, était la chose la plus étrange – et effrayante – dont elle ait jamais parlé.

-Quoi qu'il en soit, Tifa m'a dit que tu étais parti avec Stevia hier soir, déclara Yuffie l'air de rien, concentrée sur son pot de glace.

-Je l'ai raccompagnée, mentit-il.

Yuffie leva les yeux au ciel et s'assit sur le bar à côté de lui.

-Tu veux vraiment qu'on en arrive à ce petit jeu Vinnie ?

Il ne répondit pas, et s'il sentit la menace, il n'y réagit pas. Il cherchait déjà ce qui l'avait trahi.

Il sentit le doigt de Yuffie s'aventurer au coin de sa bouche et il la dévisagea, surpris du contact. Ensuite, elle fit glisser son index contre son pouce puis les lui montra.

-Elle portait un gloss rose, et oh regarde ! Tu avais du gloss rose sur toi, rétorqua-t-elle avec malice.

-J'avais bu plus que la quantité habituelle de vin, se justifia-t-il.

Il pesta contre lui-même, pourquoi diable se justifiait-il ? Yuffie n'avait pas besoin de savoir. Elle lui sourit, ravie, et posa son pied sur le tabouret à côté de Vincent avant de croiser les jambes. Il faillit lui faire une réflexion, lorsqu'il réalisa qu'il était à porté d'un coup de pied mal intentionné et préféra finalement se taire. Yuffie racla son pot de glace alors qu'il s'apprêtait à se lever pour nettoyer sa tasse.

-C'était comment ? demanda-t-elle soudain.

Il leva la tête vers elle, venait-elle vraiment d'oser demander ça ? Elle pouvait toujours courir pour qu'il réponde.

-Après plus de trente ans sans ce genre d'activité, ça a dû vachement te soulager, ajouta-t-elle en lui adressant un clin d'œil.

-Tu espères vraiment me faire parler de sexe ou tu testes juste mes nerfs ? s'informa-t-il.

-Il y a des deux, rit-elle en reposant le pot de glace, vide. Alors ?

Il roula des yeux et se leva pour nettoyer sa tasse, préférant ne pas répondre. Yuffie jeta sa cuillère dans l'évier et il fut éclaboussé. Il se tourna vers elle le temps de la fusiller du regard. Mais elle n'y prêta pas attention, appuyée en arrière sur ses mains, elle semblait songeuse mais gardait de sa malice.

-Tu es fatigué ? attaqua-t-elle à nouveau.

-Yuffie, grinça-t-il.

-Oh allez Vinnie, je veux des détails ! Tu me dois bien ça, j'ai amené une créature de rêve dans ton lit !

-Je ne te dois rien du tout, marmonna-t-il en posant sa tasse sur l'étendoir avant de passer un coup d'éponge sur la cuillère de Yuffie.

Il la posa elle aussi sur l'étendoir et fut coupé dans ses projets d'aller se doucher par le regard rieur de Yuffie.

-Fais un effort Vinnie, pense à Stevia, elle mérite bien que son exploit soit raconté...

Il faillit s'étouffer mais se reprit, s'il y avait quelqu'un qui devait mourir ici, c'était Yuffie Kisaragi. A bien y penser, il n'avait jamais bien compris pourquoi il ne l'avait pas tuée dès la première fois où elle avait dit ce genre de choses.

-Ça n'est pas de ton âge, marmonna-t-il finalement. Je vais me doucher, libre à toi de partir.

Il tourna les talons et commença à s'éloigner lorsqu'il l'entendit rire. Il soupira, qu'est-ce qu'elle allait encore faire ?

-Si tu te douches, je ne suis pas prête de partir, dit-elle enfin.

Il se souvint de leur conversation sur la douche et se crispa.

-Je prendrai une douche plus tard, décida-t-il soudain.

Il se dirigea vers sa chambre pour se changer et entendit Yuffie rire derrière lui. Elle allait le rendre fou, c'était la chose la plus certaine du monde.

Lorsqu'il ressortit de sa chambre habillé, il remarqua Yuffie étalée sur son canapé devant la télé. Il allait la forcer à se lever pour au moins avoir une place lorsqu'il remarqua qu'elle s'était endormie. Il s'en étonna, Yuffie n'était pas du genre à s'endormir en journée, encore moins loin de chez elle. Bien sûr elle s'était déjà endormie chez lui, il avait même eu la courtoisie de la laisser dormir toute la nuit. Mais ça n'était arrivé qu'aux alentours de une heure du matin, lorsqu'elle prenait d'assaut sa télé pour lui montrer un film.

Il haussa les épaules, elle avait dû mal dormir ou faire la fête une partie de la nuit, ça ne serait pas la première fois. Une fois elle avait essayé de l'emmener à l'une de ses fêtes, il avait réussi à y échapper en se barricadant dans sa chambre et en la menaçant de déménager de sorte à ce qu'elle ne le retrouve jamais. Finalement, elle y était allée seule, et le lendemain, elle était tout de même venue lui apporter une énorme peluche dont elle-même ne connaissait pas l'origine.

Pendant qu'elle lui fichait enfin la paix, il éteignit la télé et attrapa le livre qu'il avait laissé en plan la veille avant de s'installer dans son fauteuil à côté du canapé où Yuffie dormait à poings fermés.

Elle dormit environ une heure sans bouger, puis elle commença à le distraire lorsqu'elle gémit légèrement. Il leva les yeux de son livre et remarqua des frissons partout sur sa peau. Il tenta de l'ignorer, mais lorsqu'elle bougea légèrement pour se tasser sur elle-même, espérant sans doute trouver de la chaleur dans son sommeil, il posa son livre sur la table basse et partit chercher un plaid dans l'armoire de sa chambre. Il le déposa délicatement sur elle et resta accroupi à côté d'elle un instant.

Il soupira, il savait à cet instant pourquoi il n'avait jamais pu lever la main sur elle, Yuffie était la peste la plus adorable qu'il connaisse. Il allait se lever pour se décider à faire à manger, lorsqu'il la vit ouvrir les yeux. Il se maudit mentalement, elle n'allait jamais le laisser oublier qu'il avait été serviable.

Elle lui adressa un sourire endormi.

-J'ai dormi longtemps ? s'informa-t-elle.

-Environ une heure.

-Wow, j'aurai jamais dû aller dormir avec Reeves, commenta-t-elle.

-Qu'est-ce que tu faisais avec lui ?

Elle lui adressa un regard malicieux et se redressa alors qu'il se levait pour qu'elle ne soit pas plus haute que lui.

-C'est pas de ton âge, répondit-elle avec une lueur de défi au fond des yeux.

Il la détestait rien que pour ce regard, et aussi pour ne pas avoir répondu à sa curiosité. Mais ça, plutôt mourir que de l'avouer. Alors il partit dans la cuisine pendant que Yuffie rallumait la télé.

Lorsqu'il mit la table, il mit deux couverts, et lorsqu'il cuisina, il fit en sorte qu'il y ait assez de restes pour eux deux en soirée.

Il mangea en silence, écoutant à moitié ce que Yuffie racontait sur sa partie de poker. Il pensa à Stevia et se demanda si elle le rappellerait vraiment. Malgré lui, il en vint à penser à ce qu'il s'était passé et il se prit à sourire très légèrement. Yuffie le remarqua mais ne fit aucun commentaire, terminant son histoire avant de se taire. Il leva les yeux vers elle, surpris qu'elle ait arrêté son flot de paroles.

-Je sors avec Reeves ce soir, annonça-t-elle. On va se servir des prédictions de Cait Sith pour financer nos consommations de la soirée, ajouta-t-elle.

Il leva les yeux au ciel, il n'y avait que Reeves et Yuffie pour faire ce genre de choses.

-Tu veux te joindre à nous ? s'enquit-elle.

Il fit non de la tête et elle se leva de table. Il la dévisagea sans comprendre, elle paraissait presque agacée.

-On aurait pu penser qu'une nuit de folie t'aurait un peu déridé, mais en fait, non, commenta-t-elle.

Il n'aimait pas quand elle tentait de provoquer une dispute. Parce que tous deux savaient qu'il était incapable de lui crier dessus en l'insultant – malgré l'envie. Et elle en prenait avantage.

-Je dois retrouver Reeves, si tu changes d'avis appelle, soupira-t-elle finalement.

Elle tourna les talons et s'apprêta à sortir de la cuisine lorsqu'elle revint sur ses pas.

-Ah oui excuse-moi, tu n'appelles jamais. Je te reverrai quand ton frigo sera vide.

Il y avait une amertume dans sa voix qu'il ne lui connaissait pas. Et elle avait fermé la porte avant qu'il n'ait compris ce qui s'était passé pour qu'elle se vexe. Pour une fois qu'il n'avait même pas essayé.

Il laissa tomber sa fourchette et se leva pour aller à la fenêtre de sa chambre qui donnait sur la rue. Il vit Yuffie traverser la rue et se diriger vers la direction qu'il devinait être celle du Seventh Heaven.

Il soupira, il n'avait toujours pas compris, mais au moins il retrouvait son cher silence.

La sonnerie infernale de son portable retentit, il avait parlé trop vite. Il vit un numéro inconnu et se prit à sourire en décrochant.

-Vincent, s'annonça-t-il.

-C'est Stevia, répondit une voix douce. Je peux venir ce soir ?

Il accepta avec plaisir et raccrocha peu après. Lorsque son regard se porta sur l'assiette que Yuffie n'avait pas même fini, il ne comprit pas pourquoi il avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal.


To be continued :)

(Vous connaissez le refrain: reviews si possible ;) )