Merci pour vos rewiews ! :D Le chapitre précèdent vous a plu on dirait ?
Lilyana; Merci :p comment as tu trouvé l'autre fic ? Ne t'inquiète pas, j'irai en douceur pour le HPDM ! J'espère pouvoir te convertir XD
Tempète sanguine ; c'est vrai que ça serait cruel, mais je n'ai pas encore décidé...Merci :)
Mai26 : tu as ta réponse dans ce chapitre pour Draco ! Pour la relation Albus/Scorpius, je suis une fan, mais je n'ai encore rien décidé...Si les lecteurs y tiennent, pourquoi pas ? Ils sont si mignons après tout :D Merci de ta rewiew !
C'est parti pour le chapitre 4 :) Bonne lecture !
La lune est haute dans le ciel étoilé. Sa lumière éclaire le chemin de terre battue, à travers les champs de blés, d'une étrange couleur argenté et ondulants au vent frais du soir. Il avance, trainant son corps lourd et meurtri, se sachant en sécurité mais voulant avancer, toujours, ne jamais s'arrêter. Cette sensation de peur constante, il se rappelle l'avoir déjà éprouvée à mainte reprises- lorsqu'il était trop fragile pour être traqué, trop jeune pour être tué, il se souvient…
Il se souvient des courses effrénées, toujours transplaner, ne jamais rester plus de quelques heures au même endroit ; derrière ses yeux vitreux défilent des images de luttes, physiques et psychologiques, ne jamais tourner le dos, ne jamais aller voir sa mère, ne jamais faire confiance à quelqu'un. Il se souvient du rire de sa tante, tonitruant, cinglant son crâne à l'en faire hurler, et le rictus méprisant de Rogue lorsqu'il suppliait pour tout arrêter, pour stopper la douleur, l'infernale qui lacérait son bras.
Il se rappelle du sourire doucereux du maître, de son regard écarlate qui faisait baisser celui de son père ; il se rappelle avec précision l'odeur de sang qui l'imprégnait constamment, parfum puissant et repoussant, et qui ne manquait jamais de le faire vomir lorsqu'il s'enfermait dans sa chambre. Il se rappelle des réunions, des séances de torture, du sang qui éclaboussait le sol, des pleurs de sa mère, des rires du maître se répercutant sur les murs humides et froids, et des regards des victimes, désespérées et ne désirant que mourir…
Il se rappelle, mais tout ce qu'il désire est oublier, effacer ces images, les remplacer par des souvenirs de quidditch et de baisers volés, d'éclats de rire et de bals ; mais cette époque lui semble tellement lointaine, comme si c'était un rêve, le rêve d'une autre personne qui aurait su ce qu'aimer veut dire.
Pourtant, au fond de lui, il sait qu'il n'a pas oublié ça ; il y a quelque chose qui brule au creux de sa poitrine, qui scintillera toujours, même dans le plus noir des cachots ou après le Baiser ; une magie ancestrale à laquelle il ne croyait pas auparavant, mais qui est la seule garante de sa survie en ce bas monde. De l'amour si fort qu'il peut maintenir debout un cadavre comme lui.
Il continue d'avancer, poussé par cette seule et unique motivation, désirant atteindre son but par tous les moyens ; seul importe de pouvoir à nouveau toucher son enfant, embrasser la chair de sa chair, serrer dans ses bras tout ce qui fait encore de lui un être humain.
Il a tellement besoin de voir son fils, après tant d'années, de le savoir en vie et heureux, que lorsqu'il a vu sa photo dans ce journal oublié dans sa cellule, cette photo colorée où il riait aux éclats aux côtés de Potter, lorsqu'il l'a enfin revu, il avait libéré un patronus compulsif, qui avait semé la pagaille parmi les détraqueurs ; encore maintenant, il rit au souvenir de la porte ouverte, des couloirs vides, de la sensation de l'air frais sur son visage.
Il laisse ses pensées errer, jusqu'à ce que les lumières d'une agglomération lui fassent relever la tête. Devant lui, derrière quelques collines, cerné par des arbres dont les branchages sont balancés au grès du vent, se trouve le légendaire village de Godric's Hollow ; il sait qu'il y trouvera, tout au fond, à l'écart, dans un champ d'herbe et de fleurs, une petite maison aux allures simples mais idylliques, qui précède une rivière et un bosquet, et où il a caché il y a 9 ans de cela, durant une nuit d'été orageuse, sa raison de vivre.
Ooooooo
C'est la nuit, et Scorpius est dans la cabane qu'ils ont construite, son père, oncle ron, ses frères et lui ; il s'y est caché sans le dire à personne, et se sent particulièrement fier d'avoir réussi à avoir toute sa famille. C'est une cabane de bois qu'ils ont faite sans magie, dans le vieux chêne au milieu d'un champ abandonné ; la maison est loin, et Scorpius n'en discerne que les contours dans l'ombre.
C'est une nuit chaude, comme il les aime ; il espère qu'il y aura un orage, qu'il puisse regarder les éclairs déchirer le ciel, en zébrer la surface, l'aveuglant, le faisant bouillir d'excitation ; il aime cette sensation d'euphorie, comme s'il dansait avec eux, libre et sauvage dans un océan d'encre noire.
Parfois, quand il regarde le ciel orageux, il a l'impression de se souvenir de quelque chose, quelque chose il y a très longtemps ; la pluie qui mouille ses joues, glacée ; le vent qui fouette son corps pourtant chaud et à l'abri ; deux bras qui l'entourent, fermes et doux, qui le protègent de tout, et auxquels il est subitement arraché…
Il secoue la tête, comme à chaque fois qu'il y pense ; c'est trop vieux et flou, et étant à moitié Weasley, il n'aime pas particulièrement se creuser la tête. Il raffermit sa prise sur la couverture entourant ses épaules, et regarde à nouveau par la fenêtre. Ce qu'il y voit le fait crier.
Une paire d'yeux gris sombres le fixent, impassibles. Scorpius fait un bond en arrière, puis, après avoir mieux regardé, ne voit qu'une petite belette perchée sur le bord du cadre, étrangement redressée sur ses pattes arrières. Ou est-ce une fouine ?
Il s'approche, curieux. Son pelage est blanc comme la neige, alors que nous sommes en été, et il n'a jamais vu des yeux aussi étranges. A part peut être…
Il y a un éclair puissant qui le fait cligner des yeux, et l'instant d'après, l'animal a disparu.
Ooooooooo
Ce matin, ses parents ont l'air étrange. Ils se regardent, puis son père détourne les yeux subitement, ou va faire autre chose loin de sa mère. Albus le remarque, tout comme ses frères et Lily, et quand James demande ce qu'il se passe, sa mère se raidit d'un coup, serrant les dents en jetant un regard noir à leur père.
Ils sont réunis dans la cuisine, comme à chaque fois que quelque chose d'important va être annoncé, que ce soient de bonnes ou de mauvaises nouvelles. En l'occurrence, Al pense qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle. Son père jette des coups d'œil à Scorpius, tripotant ses doigts, et finalement, se redresse en sortant un journal. Il le déplie sur la table, montrant en première page la photo en noir et blanc d'un homme étrange, la peau sale et les cheveux horribles- d'énormes cernes sous ses yeux pâles.
« Je vous ai déjà expliqué ce qu'était Azkaban, n'est ce pas ? »
Ils hochent la tête, inquiets, Lily fixant la photo avec horreur.
« Et bien- il y a trois jours- un de leurs prisonniers s'est échappé, explique t-il difficilement. C'est moi qui l'ai arrêté, il y a neuf ans. »
Albus n'a jamais entendu cette histoire, et il est presque sur qu'il en est de même pour le reste de ses frères et sœurs. Ils fixent tous leur père, sauf Lily qui est toujours rivée à la photo, tenant la main de leur mère.
« On pense- peut être qu'il pourrait essayer de vous faire du mal, dit-il. Alors il faut qu'on installe certaines mesures pour vous protéger. Vous comprenez ? »
Ils hochent la tête à nouveau, et regardent la photo tandis qu'Harry rassure Lily. L'homme est comme un cadavre, les yeux vides et la peau blafarde, et Al est presque sur qu'il n'a jamais vu quiconque avec une tête pareille, mais en même temps, quelque part il a l'impression que si.
Oooooooo
Harry et Ginny prennent des dispositions pour la maison. Les sortilèges déjà installés sont renforcés, les boucliers mis à jour ; aucun sorcier ne peut pénétrer dans un rayon de 50 mètres, et seuls les habitants de la maison peuvent en sortir. Les enfants râlent un peu car ils ont interdiction d'aller à leur cabane, mais il n'y a pas plus de protestations. La cheminette est uniquement accessible du Terrier, de la maison de Ron et Hermione et de celle des Tonks ; Harry ne pense pas que Draco aurait dans l'idée d'aller voir les déshérités de sa famille, et de toute façon, il ne sait même pas où Andromeda vit.
Ginny est sur les nerfs et couve Scorpius en permanence. Le brun ne pense pas qu'il risque quoi que ce soit, car Malfoy ne ferait jamais de mal à son fils ; il en est intimement persuadé.
Il ne sait toujours pas comment Malfoy a pu s'échapper d'Azkaban. Sa cellule était l'une des plus gardée, dans les plus hauts étages ; aucune fenêtre, pas de lumière, un plafond trop bas pour se lever entièrement ; un lit de roches avec pour seule compagnie, des squelettes de rats. Harry sait, sa fonction d'auror lui a donné le privilège de visiter l'endroit à plusieurs reprises. Et jamais il n'en est ressorti indemne.
Il pense avant tout à Scorpius ; il a peur que Draco l'emmène avec lui. Scorpius ne sait rien, ne doit rien savoir-pour l'instant, ils ont réussi à lui cacher. Et cela n'a pu que lui faire du bien.
Le blond ne ressemble pas à son père ; c'est un vrai Potter, et Harry est fier de lui, fier comme Draco ne le sera jamais. Son fils vit dans le respect des moldus et des créatures magiques ; il est poli et agréable, sacrément plus intelligent que les autres Potters, peut être un peu calculateur. L'ancien gryffondor a dans l'espoir de le voir atterrir à Serdaigle, où Rosie l'accompagnera surement. Il ne sera pas seul, comme les autres Serpentards qui ne trouvent aucun véritable ami ; Scorpius aura toujours sa famille sur qui compter, et c'est quelque chose que Draco ne pourra jamais lui offrir.
Il pense à ça et cela le rassure, le fait que Malfoy ne pourra pas lui voler son fils.
Harry reste debout la nuit, montant la garde ; de temps en temps, un craquement, des bruissements derrière la porte le font sursauter et resserrer sa baguette dans son poing, mais il n'y a jamais rien.
Cela fait trois mois que Draco s'est échappé d'Azkaban, et l'automne commence. Les journaux s'interrogent toujours sur l'endroit où peut s'être dissimulé le sorcier, et Harry…
Harry découvre dans la cabane, sous des draps blancs provenant surement de la lessive de Ginny, des sachets de nourriture et des bols de lait à moitié vides, empilés dans un panier. Et il sait alors où se cache Draco Malfoy.
Voilà voilà :) rewiewez si vous aimez !
