Déjà le chapitre 5 ! Je l'ai écris très vite, parce que tout était déjà prévu dans mon esprit :D mais je le trouve tout de même moins bon que les précédents...Enfin, c'est à vous de juger !
Mai26 : L'histoire de Peter...Je t'avoue que j'y avais même pas pensé, mais c'est vrai que c'est le même schéma ! Pour la façon dont Draco a survécu, tu l'apprends dans ce chapitre, en effet. Et pour Albus et Scorpius, qui vivra verra ! Merci de ta rewiew !
Tempête sanguine ; espérons que non...Même si je doute qu'il soit resté l'ado provoquant et rigolard auquel on était habitués ! Merci :)
Caella ; tu le sauras dans ce chapitre ! Merci de ton commentaire :)
Harry n'arrive pas à croire que son fils lui ait menti.
Enfin, d'un autre côté, ce serait se voiler la face de dire que Scorpius cachait bien son jeu. Maintenant, le brun se rappelle de petits détails suspects, auxquels il ne prêtait pas attention…Comme quand Scorpius regardait ailleurs lorsque Ginny demandait qui avait fini le lait, où quand elle ne retrouvait plus la moitié de sa lessive…
Oui, le blond sait mentir. Mais comme Malfoy, il laisse passer des expressions qui en disent trop.
Ooooo
Scorpius, serrant contre lui la cape d'invisibilité volée à son père, ouvre la porte d'entrée de la maison Potter le plus silencieusement possible. Se glissant dans l'entrebâillement et la refermant délicatement derrière lui, il enfile rapidement la lourde parure légendaire, et se met à filer comme le vent vers le champ en face de la maison, tâtant ses poches pour vérifier que les morceaux de viande volés au repas s'y trouvent toujours.
Il arrive devant le vieux chêne, frissonnant légèrement dans la nuit ; rajustant la cape autour de son cou, il grimpe le long de l'échelle de cordes et se hisse sur le ponton de la cabane. Se débarrassant enfin de l'imposante cape, il se précipite à l'intérieur, laissant la porte de rondins ouverte derrière lui.
Blotti en boule dans les couvertures, la petite fouine dont il a pris la responsabilité lève la tête, reconnaissant sa présence. Elle se jette en dehors de son drap sali et frotte sa tête immaculée contre les mollets de Scorpius, poussant des petits cris ravis. Ce dernier s'accroupi et la prend entre ses mains, lui donnant un bisou sur le museau comme d'habitude, et elle s'enroule autour de son cou comme une fourrure, le fixant d'une paire d'yeux gris scintillants, et Scorpius est quasiment certain que l'animal lui souri affectueusement.
« J'ai une surprise pour toi, aujourd'hui ; j'ai réussi à te prendre de la viande ! Tu aimes ça, la viande, pas vrai ? »
La fouine glapie d'impatience, comme si elle comprenait les paroles de Scorpius, et se frotte à nouveau contre lui. Le petit garçon ri et sort de sa poche le petit sachet à moitié rempli de boulettes de bœuf, encore tièdes et légèrement écrasées. Il rempli la gamelle de son animal de compagnie, qui se jette dessus comme un affamé ; pourtant Scorpius vient tous les soirs, et la fouine doit forcément chasser…
« Tu sais, marmonne t-il, je me demande combien de temps je pourrai continuer à venir te voir. Mes parents vont forcément se rendre compte qu'il se passe quelque chose. Et Lily commence à se plaindre qu'il y ait si peu de lait… »
La fouine relève la tête de son bol et sautille jusqu'au garçon, se lovant contre son ventre. Scorpius sourit et s'allonge, caressant l'animal du bout des doigts, le faisant frissonner et s'étirer.
« Je t'aime bien, la fouine…Je peux parler d'un tas de choses avec toi, confie t-il. J'ai l'impression…Parfois, j'ai vraiment l'impression que tu me comprends. C'est idiot, non ? »
« Pas si idiot que ça, Scorpius. »
Le blond sursaute de surprise, faisant bondir la fouine de son estomac. Cette dernière fixe la porte en montrant des dents, sifflant de façon menaçante ; dans l'encadrure se tient Harry, la baguette pointée sur l'animal. Scorpius se lève brusquement, prenant le mustélidé entre ses mains.
« Ne lui fait pas de mal ! »
L'ancien gryffondor plisse les yeux, lançant nonchalamment un sort sur le petit mammifère qui se met à flotter dans les airs, se débattant et poussant de petits cris offensés. Scorpius regarde l'animal avec effroi, des larmes commençant à poindre au coin de ses yeux.
« Arrête, tu lui fais peur ! Papa ! »
« Ne t'inquiète pas, mon chéri, il est très loin d'avoir peur, grogne le brun avec colère. »
L'enfant se jette contre son père, essayant de lui faire lâcher prise, en vain. Ce dernier le repousse doucement derrière lui, peiné.
« Scorpius, je t'avais dis de rester à la maison… Qu'est ce qui t'as pris, bon sang ? Et en pleine nuit ! Ce n'est pas dans tes habitudes de prendre des risques ! »
« Je ne prenais aucun risque ! Je m'occupais juste d'une fouine ! Elle était blessée et- pourquoi tu fais ça ?! »
Le survivant soupire, reposant la fouine au sol, mais l'empêchant de se déplacer pour le moment. Celle-ci gratte le sol avec hargne, crachant de colère, les poils de son échine dressés en attitude défensive.
« Rentre à la maison, Scorpius… »
« Non ! Je ne veux pas que tu lui fasses de mal ! C'est- c'est mon ami ! »
Harry fixe son fils avec une expression indéchiffrable, qui fait baisser les yeux à ce dernier. L'animal s'est tu.
« Je voulais éviter d'en arriver là, dis Harry à voix basse, mais peut être quand le voyant de tes propres yeux, tu comprendras ton erreur et que tu ne me désobéiras plus… »
Avant que Scorpius ne puisse dire quoi que ce soit, son père jette un sort sur la fouine blanche, qui pousse un glapissement de désespoir au même instant que le blond hurle « NON ! ». Un éclat de lumière visible depuis le village éclaire la petite cabane et disparait en un instant, semblable à un éclair. Lorsque Scorpius rouvre les yeux, aveuglés et papillonnants, sa fouine a disparue. A la place, recroquevillé au sol et se débattant, se trouve un homme aux cheveux d'un blond presque blanc, la peau livide et une barbe de plusieurs jours sur sa peau rêche. Il porte un uniforme de prisonnier, déchiré et gris de saleté, quelques taches rouges colorant les manches.
Scorpius hurle à nouveau, tandis que l'homme tente de se redresser ; il lui jette alors un tel regard, embué et tellement, tellement aimant, tellement désespéré, et…
…Et le blond reconnait en un éclair le gris sombre si particulier, un regard orageux qu'on ne voit qu'une fois dans sa vie…
Son père se dresse entre lui et Draco Malfoy, lui lançant un sort de saucissonnage qui le cloue au sol. Scorpius n'entend pas le brun lui supplier de rentrer à la maison, mais il écoute l'ancien mangemort murmurer son nom comme une prière, les yeux fermés, de lourdes larmes s'en échappant par torrent. Il reste là, pétrifié, fixant l'homme qu'il a soigné sans le savoir, et finit tout de même par reculer, et s'échapper de la cabane le plus vite possible, voulant fuir tout ça, tout ce qu'il redoute d'apprendre, tout ce qu'il a peur de découvrir, et surtout, voulant échapper à la vision de ce tueur qu'il a serré dans ses bras, à qui il a confié ses secrets, et qui a répondu à sa tendresse avec ferveur.
Oooooo
Harry reste dans la cabane, sa baguette toujours pointée sur Malfoy, regardant son fils rentrer en courant à la maison, trébuchant à plusieurs reprises. Il peut deviner qu'il soit bouleversé, mais que pouvait-il faire d'autre pour qu'il s'en aille le plus vite possible ? Dans un coin de la salle, Malfoy gémit.
Le brun s'approche de lui, sa baguette brandie de façon menaçante, et s'accroupi devant l'ancien serpentard ; celui-ci a perdu toute sa fringance, ses cheveux gras et désordonnés sur son crane, parfois parsemés de mèches blanches, même si elles sont à peine visibles ; ses cernes grises, sa peau livide et sale ; il est identique à la photo publiée par la gazette du sorcier, à part ses joues plus roses et son corps moins squelettique qu'auparavant, mais toujours très maigre.
« Qu'est ce que tu attendais en venant ici, Malfoy ? Bon sang, tu es-, Harry ne sait pas comment continuer. Tu es complètement dingue. Scorpius est traumatisé maintenant… »
Le blond gémit à nouveau en entendant le nom de son fils, et Harry regrette ses paroles, même s'il sait qu'il a raison. Il se rappelle que Draco n'a pas de baguette, et est de toute façon trop faible pour faire quoi que ce soit, et défait le sort. L'ancien serpentard met quelques temps avant de se redresser, repliant ses jambes contre son torse et pleurant à chaudes larmes dans de petits sursauts misérables. Harry s'assit en face de lui, réfléchissant en gardant sa baguette pointée sur son ancien rival.
« Qu'est ce qu'on peut faire, Malfoy ? Marmonne t-il. Je ne peux pas te garder ici comme si…Et je- si je te renvoie à Azkaban, tu reviendras, n'est ce pas ? Je te connais. »
Le blond redresse la tête, lançant un regard haineux à son ennemi, enserrant ses genoux de ses longs doigts décharnés.
« Tu ne me connais pas ! siffle t-il. J'ai le droit ! Je veux-, il hoquète, -mon fils ! Tu n'as plus à le garder ! »
Il se balance, enfouissant à nouveau son visage dans ses genoux, comme un enfant puni. Harry pousse un soupir. Ca ne va pas être de la tarte de discuter avec un Malfoy toujours aussi gamin.
« Il faut que tu comprennes que Scorpius est aussi mon fils, maintenant. Et où irais-tu ? Tout le monde te cherche. »
Malfoy gémit à nouveau, en se balançant de plus belle. Harry le fixe, pris de compassion, mais ne sait toujours pas quoi faire. Il s'écoule quelques minutes dans le silence le plus total, durant lequel Malfoy se calme lentement, finissant par essuyer ses yeux trempés. Il lève le regard sur Harry qui redresse sa baguette.
« Cache moi, annonce t-il d'un ton impérieux. Je suis le père de Scorpius. Tu me dois bien ça. »
Potter est bouche bée, ce qui fait sourire Draco d'une façon incontrôlable. Que de souvenirs…
« T'en as du culot ! C'est toi qui fous le bordel dans ma famille, et tu demandes qu'on se mette en plus en danger pour toi ?! »
« Quel danger ? Ricane le blond d'un air méprisant. Tu es le sauveur de la veuve et du moldu moyen, n'est ce pas, Potter ? Aucun auror n'aurait l'idée de venir fouiller chez toi ! C'est le plan parfait ! »
Harry reste silencieux, fixant Malfoy d'un air ébahi, et trouvant l'idée très étrangement logique.
Ooooooo
Harry monte les escaliers menant à l'étage, sa baguette pressée contre le dos invisible de Malfoy. Il n'arrive toujours pas à croire à ce qu'il est en train de faire, mais vraiment, sur le coup, ce n'est pas la plus mauvaise décision à prendre. Il dirige le blond dans le couloir, faisant le moins de bruit possible, et le fait monter encore ; poussant la trappe du plafond d'un mouvement de la main, il fait entrer le criminel dans le grenier, lance un sort de silence et ferme la trappe derrière eux.
L'endroit est plutôt vaste, mais encombré d'objets ; des coffres ouvragés, des jouets éparpillés pêle-mêle, deux vieux balais datant de l'école ; parfois, quelques livres de Poudlard, et un lit pour la chambre d'ami, oublié là ; des dessins d'enfants accrochés aux murs, une armoire vide et poussiéreuse, qui sers de piédestal à une pensine offerte il y a longtemps par un ancien ennemi ; dissimulé dans un coffre scellé à double tour, des objets centenaires, ayant servi de réceptacle à une âme corrompue.
Harry se demande un instant si c'est une bonne idée de laisser Malfoy ici, dans cet endroit chargé de souvenirs et d'objets précieux, mais ce dernier a déjà enlevé la cape d'invisibilité et s'assoit sur le lit, testant ses ressorts. Il ne jette aucun regard aux coffres ou à l'armoire, mais fixe avec mélancolie les jouets au sol. L'ancien gryffondor gémit pour l'énième fois.
« Écoute, Malfoy, pour commencer, tu as interdiction totale de sortir de ce grenier, annonce t-il. »
Draco hoche la tête, les yeux maintenant rivés à un dessin enfantin encadré au mur. Harry reconnait les éclairs jaunes fluo de Scorpius, et se retient de soustraire le tableau aux yeux de Malfoy.
« Ensuite…Arrange-toi pour être sous ta forme animale le plus souvent possible, et surtout, dès que tu entends quelqu'un monter. Je lancerai un sort de silence permanent sur le grenier, et je dirai aux enfants que je teste quelques sorts là bas pour qu'ils montent le moins souvent possible, mais je ne peux rien promettre pour Ginny, marmonne t-il. »
Ca l'écœure, de devoir mentir à sa femme pour cacher un homme dangereux au sein de leur propre maison, mais il ne sait pas quoi faire d'autre, et franchement, Malfoy n'a peut être pas mérité tout ce qui lui arrive…
« Après…Je t'interdit d'essayer de contacter Scorpius, dit-il plus fort. Je te l'interdit formellement. »
Draco lève les yeux, ses sourcils froncés. Il semble sur le point de dire quelque chose, mais se rattrape et hoche la tête docilement.
Harry ne sait pas quoi faire, à présent. Il ne peut pas rester toute la nuit pour surveiller le serpentard. Il doit lui faire confiance. Et ça le ronge, parce qu'il pourrait arriver n'importe quoi, Draco pourrait enlever un de ses enfants pour l'échanger contre Scorpius, et…
Il sursaute en sentant une main froide sur son bras.
« Potter, annone Malfoy. Je ne ferai pas de mal à ta famille. Tu…Tu t'es occupé de Scorpius. Et maintenant, de moi… »
Il fixe le regard de Draco, et décèle son expression reconnaissante, presque amicale. Il retire son bras, troublé.
« Ca ne durera pas, Malfoy, marmonne t-il. Je fais ça parce que je n'ai pas d'autres choix. Je vais devoir te garder. »
« Je sais. »
C'est une parodie de leurs retrouvailles d'il y a neuf ans, et ils ne peuvent s'empêcher de songer tout les deux à l'ironie cruelle de leur situation.
Oooooo
Draco est allongé dans le lit miteux que Potter a mis à sa disposition, dans son grenier infesté de doxies ; il y fait toujours froid et humide, mais ça ne le dérange pas trop, après tout, après ces années passées à Azkaban, même un lit de ronces lui semble confortable et accueillant.
Il évite de penser à la prison maintenant, et à la place fixe avec tendresse le tableau accroché sur le mur en face de son lit. Il représente, dans des couleurs criardes et irréalistes, six petits bonhommes bâtons, dont deux plus grands que les autres et cernant les quatre plus petits, un sourire gigantesque gravé sur leurs visages. Les yeux de chaque personnage sont coloriés, ici deux bruns profonds, là un bleu foncé, et au milieu de deux verts que Draco devine brillants de bienveillance, un regard gris délavé, étrangement bâclé par l'artiste. Au dessus de cette joyeuse famille, là où auraient du s'étaler un ciel bleu et un soleil brillant, se trouvent de gros nuages noirs et gris, parsemés d'éclairs fluo qui agressent les yeux, et une lune blanche toute ronde, un peu grise à certains endroits.
On dirait que seule cette partie du dessin a été particulièrement soignée, dessinée avec soin ; comme si l'auteur avait voulu reproduire un souvenir marquant, un évènement qui le hantait, qu'il ne voulait surtout pas oublier. Draco sent son cœur se serrer, mais il ignore si c'est de joie ou de peine.
Il ferme les yeux, essayant de réfléchir à ce qu'il va faire à présent, quand il entend un grincement du côté de la trappe. Il tourne vivement la tête, se préparant à tout moment à se transformer…
Dans l'encadrure séparant le sol de la trappe, deux petits yeux gris le fixent, brillants de curiosité. Draco répond à ce regard, sentant son cœur s'emballer à l'idée que son fils désobéisse à Potter pour venir le voir.
Scorpius le fixe longuement, sans un mot, clignant à peine des yeux. Il ne bouge pas, inquiet à l'idée de lui faire peur, et savoure ce lien si intense qu'il y a entre eux, cette intimité qu'ils se partagent en secret, à l'abri des Potter. C'est quelque chose qu'Harry n'a pas en commun avec Scorpius, ces yeux gris qui ont jadis fait la fierté d'une armée de Malfoys, dont le nombre se réduit aujourd'hui à deux. C'est comme une promesse entre eux, une affirmation ; « tu n'es pas seul, moi aussi, je suis comme toi. ».
Le petit blond finit par cligner des yeux deux fois, et ferme la trappe, lançant un dernier regard à Draco, qui hoche imperceptiblement la tête, sachant que son fils l'a compri.
Rewiews ? :D
