Merci pour les rewiews !! Là, je suis relativement pressée et je crois pas avoir vu des questions, alors je passe pour cette fois :) Bonne lecture !
« Comment ça, interdiction de monter au grenier ? »
Draco écoute attentivement la discussion qui se déroule en bas, son oreille collée à la trappe de bois qui le sépare du couloir.
« Ecoute, Ginny, c'est pour le travail… »
« Tu m'as toujours dis ce qu'il se passait au bureau ! Pourquoi tu ne t'expliques pas cette fois ? »
Il y a un silence contrit, et le blond se retient de ricaner. Les colères de Ginny Weasley ont toujours été mémorables, à Poudlard. Même Millicent prenait ses distances lorsque les accents de la rousse allaient decrescendo.
« Harry James Potter, ne te préviens, ne me fait pas monter ces escaliers… »
« Chérie, je te promets que ce n'est rien d'important…Fais moi confiance, d'accord ? Ca ne durera pas longtemps…»
Il y a un nouveau silence, et Draco peut presque voir le binoclard serrer sa rouquine dans ses bras pour faire passer son mensonge. Il grimace.
« Ca a un rapport avec le quartier des mystères ? »
Des chuchotements. Qu'est ce qu'il peut bien lui raconter ? Il sent ses jambes s'engourdir.
« D'accord…D'accord. Je dirai aux enfants de ne pas monter. »
Son d'un baiser. L'ancien serpentard plisse les yeux.
« Merci. Je t'aime, Ginny… »
« Je t'aime aussi, murmure la rousse, un sourire surement gravé au coin des lèvres. Maintenant, il est temps de réveiller nos petits monstres. »
Draco s'allonge sur le dos à même le sol, fixant la charpente poussiéreuse. La journée peut commencer.
Ooooooo
Les Potter, aussi étonnant que cela semble, forment une famille tout à fait banale, à l'exception de leur appartenance au monde magique. Mais selon la logique sang pur de Draco, ce sont les moldus qui sont anormaux, pas les sorciers.
Il a appris à les connaître, jour après jour, écoutant attentivement les sons qui lui arrivent d'en bas. C'est étonnant, tout ce qu'on peut entendre à la perfection du haut d'un grenier. Il a ainsi appris les noms et les âges des enfants de Potter, et leurs caractères- bien trempés pour la pluparts.
Par exemple, il sait avec précision, le matin, les habitudes de lever de chaque habitant. Lily, la plus jeune de la fratrie, est aussi celle qui se lève la première, et le plus bruyamment possible ; La plupart du temps, Draco se réveille en sursaut à l'entente de ses cris hystériques, le faisant pester contre l'insupportable gamine, qu'il sait rousse aux yeux bleus, ce qui est encore plus insupportable.
Après Lily, c'est au tour des « jumeaux », Albus et Scorpius ; le premier est trainé par le second, un peu comme son père est trainé par sa femme lorsqu'il doit aller travailler. La comparaison fait ricaner Draco, d'un rire singulièrement dépourvu d'humour.
Le dernier à se lever est surement celui qui tient le plus des Weasleys ; pestant et trainant des pieds, James Sirius Potter le bien nommé (Draco n'a jamais connu James Potter et Sirius Black, mais selon son père, ils étaient à vomir, et le blond veut bien le croire) rampe tous les matins jusqu'à la cuisine, d'une humeur de dragon mal ramoné.
Après l'épisode matinal journalier, il a droit à un aperçu de ce qu'est un petit déjeuner de sangs mêlés ; des cris impatients, des raclements de chaises, des sons vulgaires qu'on n'essaie même pas de dissimuler derrière une serviette en soie ; il a même eu droit un jour à un gaz extrêmement distingué échappé par Potter, qui a bien fait rire ses enfants.
A. Vomir.
S'ensuit l'instant redouté par n'importe quel sang impur, alias le bain ; l'idée même de l'hygiène la plus basique semble effrayer les enfants de Potter à un tel point qu'il faut poursuivre la cadette toute nue à travers la maison pendant environ 10 minutes. Impressionnant que Potter n'ait pas encore mis ses enfants sous imperium.
Scorpius et Albus se montrent plus raisonnables, même si le dernier essaie souvent d'y échapper en se mouillant les cheveux, prétendant avoir procédé aux ablutions sans fautes. Mais Scorpius le dénonce la plupart du temps, et ils finissent toujours par prendre un bain ensemble, se disputant un petit moment avant de se pardonner silencieusement.
Ensemble. Par Merlin. Draco essaie de ne pas imaginer son fils aux prises avec un savon, lavant le dos surement pestiféré d'un horrible sang mêlé comme le petit Potter. Mais il entend quand même les rires, et ça lui donne la migraine.
Après le bain (James fini toujours par y entrer, soumis à la vision peu engageante de la baguette maternelle), les enfants vont en général jouer dans leurs chambres, et parfois au parc du village, accompagnés par Potter ses jours de congé et Weasley autrement. Un jour, ils y sont allés tous ensemble, et Draco, poussé par une envie soudaine, est parti explorer la maison.
Les seules fois ou il avait eu l'occasion de la visiter, il faisait nuit, et Potter n'était pas vraiment enjoué à l'idée de jouer les guides touristiques, trop occupé à le menacer de sa baguette ; c'est donc une première pour lui, et si les chambres de James et Lily, la cuisine et le salon ne l'intéressent pas, celle de Potter, des jumeaux et la salle de bain, si.
Il commence par la chambre des jumeaux ; les murs sont d'un bleu doux et agréable à l'œil, et il y a une fenêtre ouverte sur la rivière en face de la porte. Les lits sont superposés, envahis par divers livres et jouets, et chacun dispose d'un doudou attitré. Draco essaie de deviner lequel, de l'ourson aux yeux noirs et du dragon roux aux longues moustaches, est celui de son fils, et parie sur le dragon, qui est bien plus classe qu'un vulgaire ourson typiquement moldu. Même s'il est roux.
Il fouille un peu l'habitat, peut être à la recherche d'un journal intime, mais ne trouve rien ; il caresse alors le coussin du lit du haut où était déposé le dragon, et enfoui son nez dedans, poussant un léger soupir. Il y dépose un baiser et sors, refermant la porte délicatement, comme s'il venait de souhaiter une bonne nuit à son fils.
Il se dirige ensuite vers la chambre de Potter et sa femme, qui se trouve au fond du couloir ; il ouvre la porte, qui grince doucement.
La salle est spacieuse, mais pas trop ; les murs sont couleur pêche, et la moquette est douce sous les pieds froids de Draco. Les rayons de soleil qui filtrent par la fenêtre ouverte, faisant voler les rideaux blancs, donnent une ambiance chaude et confortable à l'endroit. Le lit est en bois et les draps blancs, venant à peine d'être changés. Draco a l'impression étrange de se retrouver dans la chambre de ses propres parents, il y a très longtemps ; elle était radicalement différente, plus grande et sombre, mais l'odeur, la chaleur et l'atmosphère rassurante le transporte, lui rappelant les histoires au coin du feu, allongé dans un océan de coussins de velours, serré entre son père et sa mère, qui l'embrassaient et caressaient ses cheveux comme s'il était la chose la plus précieuse au monde…
Il se demande, en s'asseyant sur le matelas, si les enfants de Potter ont eu droit à cela eux aussi, et il est intimement persuadé que oui. Il tourne la tête, regardant la table de nuit à droite du lit ; des cadres y sont disposés, les enfants, des gens de la famille (Draco croit reconnaitre un instant le fameux Teddy avec ses cheveux bleus clairs), et une vieille photo de l'armée de Dumbledore ; Draco la prend et la fixe longuement, reconnaissant Potter et ses affreuses lunettes, Granger pathétiquement collée à Weasley pour l'occasion, et Londubat, fixant l'objectif d'un air ahuri, Loufoca à son bras…
Les souvenirs affluent, et Draco se surprend à se souvenir de chacun des protagonistes comme l'une de ses victimes de Poudlard ; il ri en se souvenant des chaudrons explosés de Londubat, du teint rouge de Weasley, des dents démesurées de la sang-de-bourbe, et des vêtements brûlés de Lovegood ; cette dernière répondais toujours à ses railleries avec un sourire déroutant, ce qui le mettait le plus souvent dans une rage folle, et il ne la lâchait plus jusqu'à la fin de la journée.
Il repose le cadre, se demandant vaguement si ces braves petits guerriers ont tous été décorés de l'ordre de Merlin, et se lève du matelas ; il se dirige vers la porte et l'ouvre, lançant un dernier regard au lit parental, sentant son cœur se serrer inexplicablement.
La prochaine et dernière escale est la salle de bain ; elle se trouve en face de la chambre de Lily et James. Draco y entre rapidement, ne prêtant pas attention aux objets qui s'y trouvent, et fouille les placards à la recherche d'un rasoir et de ciseaux ; il finit par trouver ce qu'il cherche, et se met au travail sur le champ, ne supportant plus la vision des mèches sales qui lui tombent devant les yeux.
Oooooo
C'est le soir, et Harry monte au grenier, un sachet rempli des restes du repas. Il pousse la trappe, se hissant à l'intérieur de la cachette, et la referme derrière lui. Il manque de crier lorsqu'il repère son captif.
Draco est allongé sur son lit de fortune, une pile de manuels de poudlard à ses côtés ; ses cheveux sont aussi blonds et propres qu'à ses 17 ans, sa peau est à nouveau claire sans être d'un pâle maladif ; il n'a plus de barbe mal rasée, et Harry manque de s'étouffer en reconnaissant son pull vert
favori, et un jeans qu'il ne met plus depuis longtemps, son tour de taille ayant littéralement doublé depuis la naissance de son premier enfant.
« Mais…Malfoy…Qu'est ce que …Pourquoi tu... »
L'ancien serpentard lève les yeux au ciel, ne lâchant pas son manuel de défense contre les forces du mal pour autant.
« Tu as autant de conversation qu'un langue de plomb tenu sous silence, Potter, on te l'a déjà dit ? »
Il déglutit, laissant sa colère de côté pour le moment.
« Qui t'a permis de sortir du grenier ?! Et de…De me voler mes vêtements ! »
Le serpentard tourne une page.
« Je préfère être présentable. Au cas ou. Et avoue que c'est mieux si Scorpius me regarde propre et élégant plutôt qu'essayant de battre un détraqueur question sinistre… »
« Scorpius te regarde ? »
Il y a un silence, durant lequel Draco se gifle une bonne dizaine de fois mentalement et où Harry se laisse tomber sur un coffre qui traine là.
Le blond finit enfin par poser son livre et se tourne face à l'ancien gryffondor, le fixant avec tout le calme dont il est capable.
« Ce n'est pas de ma faute, marmonne t-il. Il est venu…deux fois. Il m'a juste regardé. Et ensuite il est parti… »
« Pourquoi est ce qu'on ne m'obéi jamais dans cette maison ? Souffle le brun en se prenant la tête entre les mains. »
Draco hausse les épaules, relativement amusé par la situation. Jusqu'à ce que la trappe s'ouvre.
Potter et lui tournent la tête si vite qu'il est presque sur d'avoir entendu un craquement provenant du cou de son hôte.
Scorpius les fixe un instant, la bouche ouverte dans une attitude béate tout à fait gryffondorienne, puis entreprend de fermer la trappe aussi vite qu'il la ouverte. Mais c'est sans compter les réflexes d'auror de Potter, qui se jette sur lui et le tire à l'intérieur du grenier par son col de pyjama.
Le garçon se relève immédiatement, reculant devant Draco qui hausse les sourcils, vérifiant à la va vite qu'il n'est pas trop débraillé. Potter prend son fils par les épaules et le tire vers lui.
« C'est la deuxième fois que tu me désobéi, Scorpius Hypérion ! »
Scorpius ne répond pas, jetant de temps à autres des coups d'œil gênés à Draco, faisant une grimace qui s'apparente vaguement à un sourire timide. Draco rougi légèrement et y répond du mieux qu'il peut. Potter le remarque et lâche son fils qui vient se réfugier derrière ses jambes. Il tente de s'éclaircir la gorge, jetant un coup d'œil à Draco qui est occupé à se recoiffer…
« Scorpius, je…euh…je te présente…ton…hm… »
« Draco Malfoy, s'exclame le blond automatiquement. Un cousin éloigné. »
Il y a un silence particulièrement lourd, durant lequel un doxy s'envole se cacher dans un nid au dessus d'une charpente particulièrement abimée. Harry fixe Draco avec horreur, et Draco attend la réaction de Scorpius, les yeux brillants. Celui-ci a un grand sourire qui menace de faire le tour de sa tête.
« Je le savais ! Je savais qu'on était de la même famille ! Tu as vu, papa ? On se ressemble, hein ? »
Le petit garçon se place à côté de son prétendu cousin, lui expliquant avec plaisir comment il a compris qu'ils étaient surement liés, qu'il ne ressemblait à personne dans la famille, que c'est bizarre, mais en même temps il est tellement content, et est ce que tu vas rester longtemps, Draco ?
Harry reste pétrifié, tout comme Malfoy, et ils finissent par s'assoir tous les trois sur le lit, écoutant le monologue précipité de Scorpius. Le tableau est étrange, mais leur situation l'est tout autant, et lorsqu'Harry dit qu'il est l'heure d'aller se coucher, Scorpius souhaite une bonne nuit à Draco en lui déposant un baiser sur la joue. Ce dernier le prend dans ses bras, sans un mot, et ne le relâche que lorsqu'Harry lui secoue l'épaule, une expression contrite et gênée inscrite sur son visage. L'ancien serpentard lâche son fils à regret en lui souhaitant une bonne nuit, et père et fils descendent rejoindre leur famille dont Draco, aux yeux de Scorpius, fait désormais parti.
Un chapitre étrange aujourd'hui...Ou l'on découvre la maison des Potters, et ou Scorpius en apprend plus sur Draco (mais un tout petit peu). Et Ô joie, c'est bientôt les vacances ! Miracle ! Ca veut dire plus de chapitres pour vous sous peu 8D
Rewiews ? :)
