Merci à vous pour vos commentaires ! J'ai réécris ce chapitre plusieurs fois, et j'hésitais entre deux versions. Finalement, j'ai réuni les deux pour n'en faire qu'une seule ; j'espère que ça ne se voit pas trop et que ce chapitre est aussi bon que les précédents. :)
Sarah ; Je comprends ce dont tu veux parler. Et la seule chose à dire pour ma défense, c'est que j'ai fait exprès :). Draco est égoïste, possessif, et un peu dérangé depuis Azkaban. Au fur et à mesure des jours, il a fini par regretter son acte (alors qu'il avait raison de le faire) et s'est mis à haïr Harry qui pouvait chérir et élever son fils à sa place ; et maintenant qu'il a retrouvé Scorpius, il ne peut pas lui dire la vérité et le reprendre avec lui, car son fils ne voudrait pas quitter son père adoptif, et que de toute façon draco ne peut pas s'occuper de lui. De plus, selon la logique de Draco, c'est Harry qui a tué ses parents, en détruisant Voldemort et les mangemorts, et en ne les défendant pas « assez » devant le monde sorcier (même si Harry a réussi à épargner Narcissa d'Azkaban jusqu'à ce qu'elle soit empoisonnée) ; il en veut à Harry pour lui avoir « volé » sa famille, alors qu'il a fait tout son possible pour sauver les Malfoy. Harry représente tout ce que Draco déteste, tous les échecs de sa vie, et c'est pour ça qu'il le traite de cette façon. C'est vraiment idiot, mais Draco reste un gosse capricieux qui n'a pas appris à grandir-on ne lui a même pas donné la possibilité de le faire. Mais je pense que les Potter ne vont pas se gêner pour le remettre à sa place. Je suis désolée que ça ne te donne plus envie de lire… ): mais mes personnages sont loin d'être parfaits, très, très loin. J'ai peur que tu ailles de déceptions en déceptions…Enfin…Merci beaucoup d'avoir lu jusqu'ici tout de même J
Millenium D'argent ; Même réponse que pour Sarah. Oui, c'est dans la logique Malfoy :) Et pour le slash, non, c'est pas encore. Merci du commentaire et courage pour le futur slash, j'essaierai d'y aller en douceur :p
Malfoy reste alité une semaine entière. Harry ne s'inquiète pas franchement parce qu'il a la peau dure, mais ses symptômes semblent étranges. Le brun est loin d'être médicomage, mais il est presque sur que ne pas danser la lambada à demi nu sur une table après avoir ingurgité 3 litres de pimentine est anormal. Lorsque le mardi matin Draco ne répond plus à ses insultes, trop occupé à gémir dans son sommeil, Harry prend sa décision ; Il attend que Ginny soit partie à un entrainement de quidditch et joint Hermione par cheminette.
Ooooo
Hermione fixe Malfoy longuement, ne sachant pas trop quoi dire.
Elle savait qu'Harry cachait quelque chose. Tout le monde le savait. Il était étrange ces derniers mois, les yeux dans le vague, condamnant le grenier…Ginny était inquiète, mais elle n'avait rien dit, ne voulant pas déranger son mari dans son travail. Mais Hermione étant une personne perspicace, elle avait compris que Malfoy était là-dessous.
« Est-ce que…Hm…Tu as une idée ? »
La brune hausse les épaules, s'asseyant au chevet de Malfoy qui ne semble pas la remarquer. Elle pose sa main sur son front, humide et chaud, et il la repousse mollement, les yeux vides et plissés de douleur.
« Je ne sais pas, marmonne t-elle. Mais j'ai une amie qui travaille à Saint Mangouste. Peut être qu'elle a une solution… »
« Personne ne doit être au courant !»
« C'est une personne fiable, sourit Hermione. Et nous pourrons dissimuler Malfoy avec un peu de polynectar…Par contre, j'aimerai que tu m'expliques ce qu'il s'est passé pour qu'il se réfugie dans ton grenier, Harry. »
Le brun déglutit, soupire et s'assoit finalement devant sa meilleure amie, préparant sa défense.
Oooo
Susan passe quelques jours plus tard, tandis que Draco a l'apparence d'Harry ; la potion a mis du temps à se préparer, et son état avait empiré, toussant, vomissant le peu qu'il mangeait, et Hermione s'est souvent demandé s'il allait mourir avant qu'ils n'aient eu le temps de chercher une solution.
« Il nous fait une dépression- et pas une petite, dit la médicomage en rangeant son matériel. J'ai déjà vu ça sur un jeune. Il doit opérer un changement en lui qu'il ne peut pas accepter. Et sa magie lutte à l'intérieur, ses flux se mélangent sans distinction, le rendant malade- comme lorsque les enfants commencent la magie, tu vois ? Ils ne peuvent pas contrôler leurs actes, et si la plupart sont ravis, les plus perturbés essaient d'arrêter ces manifestations qui les gênent. »
Hermione hoche la tête, tendant sa veste à Bones.
« Qu'est ce qu'on peut faire ? »
« Il lui faut du repos, lui sourit la jeune femme. Parlez lui, montrez lui que vous êtes présents…Ca ne m'étonnerais pas que ça ait un rapport avec la guerre, tu sais. »
Elle regarde Draco en soupirant, secouant la tête d'un air navré. Hermione ne lui dit pas à quel point elle a raison et la raccompagne en bas, tandis qu'Harry sort de sa cachette.
Lorsqu'elle revient, le brun est assis devant le lit de Malfoy dans la position du penseur de Rodin. Il se tourne vers elle, semblant en colère.
« Comment est ce qu'on pourrait être 'présents' pour lui ? Il nous méprise ! La dernière fois- il m'a littéralement frappé ! En m'accusant de lui avoir volé Scorpius ! Tu te rends compte ?! Après tout ce que j'ai fais pour lui… Alors que je ne lui dois rien ! »
« C'est Malfoy, Harry, ne l'oublie pas, grimace t-elle. Personnellement, ça m'aurait étonnée qu'Azkaban ait suffit à le faire changer. »
Ils soupirent en cœur, tandis que Malfoy se cache sous les couvertures, perdu dans son sommeil agité.
« Scorpius pourra y faire quelque chose, marmonne Hermione. Tu m'as dit qu'il l'aimait, non ? »
« Je n'ai pas envie qu'il s'approche de Malfoy quand il est dans cet état…Je n'ai pas envie qu'il s'approche de Malfoy tout court. Il pourrait lui dire…Des choses. »
La brune pose une main apaisante sur l'épaule de son ami.
« Il va falloir faire un effort, Harry…Encore une fois. »
Le gryffondor tourne la tête vers elle et la regarde, perplexe.
« Je croyais que tu détestais Malfoy.»
« Je croyais que tu le détestais aussi. Comme quoi ? »
Ils se sourient.
Ooooo
Draco reste alité pendant une semaine, mais ça aurait pu durer deux mois qu'il ne verrait pas la différence. Il a l'impression de flotter dans un brouillard constant, où il discerne parfois des formes ; la sang de bourbe débitant un flot de paroles discontinues (qu'est ce qu'elle fabrique ici, Draco l'ignore), parfois interrompue par Potter épongeant son front, lui tapotant la joue. Il ne se rappelle plus s'il a vraiment osé le mordre. Il espère que oui.
Un jour, Scorpius lui rend visite.
Il n'est pas complètement guéri et a la très nette impression que Potter a un peu trop forcé sur la pimentine, mais il tend quand même les bras, espérant que son regard n'est pas trop vitreux. Le petit blond s'y loge, le regardant d'un air inquiet. Potter les surveille à côté du lit.
« Qu'est ce qu'y t'arrives ? »
Draco sourit d'un air énigmatique.
« J'ai été contaminé par des héliopathes qui passaient par là. Tu sais ce que c'est, dit-il en le serrant contre lui. »
Son fils lui sourit d'un air perdu, et dès que Potter a le dos tourné, approche sa bouche de son oreille.
« J'ai un secret à te dire, chuchote t-il d'un air de conspirateur. »
« Raconte, répond Draco d'un air faussement sérieux. Comme il l'aime, son petit serpentard… »
« Je suis pas un vrai Potter. »
Draco perd immédiatement son sourire. Il sait. Il sait. Comment il peut le savoir ? Qui lui a dit ?
« Qu'est ce qui te fait dire ça ? demande t-il, la voix légèrement tremblante. »
C'est au tour de Scorpius d'afficher une expression mystérieuse, tout en relevant le menton.
« Je n'ai pas de tâches de rousseur, ni les cheveux roux ou bruns, chuchote t-il. Et mes yeux sont gris. Je ressemble à toi. Pas à mes parents. C'est de la génitique. »
Ils se fixent un moment. Draco sent son cœur s'emballer. Il va deviner. Il réfléchit déjà. Regarde son petit air concentré…
« Alors à ton avis, qu'est ce que tu peux bien être ? »
Scorpius le fixe intensément, l'air le plus sérieux du monde. Draco retient son souffle…
« Un vélane ! »
…Et s'étouffe de surprise, émettant un bruit ridicule à ses propres oreilles. Potter se retourne en fronçant les sourcils, tandis que son fils étale ses maigres connaissances sur la 'génitique' en inventant la moitié de son discours.
Il se sent désappointé. Juste un peu. Mais que pouvait-il espérer de plus d'un demi-Weasley ?
Oooooo
Il se réveille en entendant la pluie, qui bat les carreaux du grenier furieusement ; la masse de couvertures qui le recouvre ne suffit pas à calmer ses tremblements, et il se redresse, le dos parcouru de sueurs froides. C'est là qu'il sent le poids inconnu contre ses genoux.
Une tête brune décoiffée est enfouie dans la couette, deux bras la soutenant vaguement dans le sommeil de leur propriétaire ; Draco peut entendre un souffle lent s'en échapper, et il se demande depuis combien de temps Potter est là, à son chevet. Le blond regarde par la fenêtre où une Lune floue brille derrière les nuages, qui déversent une pluie torrentielle ; il trouve ça étrange, étant donné que la veille même, le sol était recouvert de neige. Et il fait vraiment, vraiment trop froid- il peut voir son souffle s'échapper de ses lèvres sous la forme d'un petit nuage blanc.
Potter se réveille à côté. Il l'observe regarder béatement autour de lui, se demandant ce qu'il fiche là (il faudra qu'il l'explique à Draco), regarder le blond réveillé en fronçant les sourcils, puis enfin se frotter vigoureusement les bras, et réaliser après cinq minutes que ce froid n'est pas naturel (le gryffondor est lent par nature).
« Qu'est ce qui se passe ? »
Draco hausse les épaules d'un air méprisant et sort des couvertures, s'approchant de la fenêtre. Dehors, le temps est épouvantable. Potter lui pose son pull sur les épaules, le blond le fixant avec horreur. Ce dernier n'y prête même pas attention.
« Je vais voir en bas, toi, ne bouge pas, d'accord ? »
Il veut dire à Potter de la fermer et d'arrêter de jouer les héros, mais celui-ci est déjà parti, fermant la trappe derrière lui. Il enfile le pull en maugréant sur les sauveurs mal coiffés affligés d'un égo surdimensionnés.
Ooooo
« Harry ! »
Ginny est dans le salon, vêtue uniquement d'une robe de chambre, tenant Lily d'une main et sa baguette de l'autre ; les jumeaux sont assis près de la cheminée, et James se lève du canapé en le voyant arriver.
« C'est une tempête, papa ? »
Le brun hoche vaguement la tête et va chercher la baguette du sureau sous les regards anxieux de sa famille. Si c'est bien ce qu'il s'imagine, ils risquent d'avoir un message de Shacklebolt. Et en effet, quelques minutes plus tard, le visage familier du ministre apparaît dans leur cheminée.
« Kingsley ! Qu'est ce qui se passe ? »
Il s'agenouille devant l'âtre en flammes. L'ancien membre de l'ordre du phénix semble énervé, ce qui ne présage rien de bon.
« Je suppose que tu l'as compris, Harry. Les détraqueurs sont partis à la recherche de Malfoy. On ne pouvait pas les tenir plus longtemps… Ils se sont dispersés dans toute l'Angleterre, la situation est catastrophique ! »
« Evidemment, marmonne t-il entre ses dents. Il a toujours hais ces créatures. Pourquoi est ce qu'ils pensent le trouver dans le coin ? »
« Les détraqueurs ne pensent pas, répond le ministre, mais par contre, ils savent où trouver un bon festin. Une équipe de sorciers vont arriver pour s'occuper des moldus. Arrange-toi pour protéger ta famille et tout ira bien.»
Il essaie de dire qu'en tant que chef des aurors, il a le droit légitime de vouloir s'en mêler, mais Shackelbot a déjà disparu, laissant un nuage de fumée derrière lui. Il grogne de dépit et se relève, faisant face à Ginny.
« On va mettre nos patronus en faction autour de la maison. »
« Harry, ils ont vraiment l'air nombreux, dit la rousse tandis qu'ils sortent, laissant leurs enfants dans le salon. Ca ne sera jamais suffisant ! »
« Je sais, alors concentre toi à fond, répond-il. »
Il ferme les yeux, pensant à ses enfants, à sa famille, heureuse et unie, et un cerf argenté jaillit de l'extrémité de sa baguette, en même temps qu'un cheval nacré de celle de Ginny ; Ils contournent tous les deux la maison, ramenant un peu de chaleur à l'endroit.
« Ils sont au dessus du village, s'écrie sa femme. »
Il lui ordonne de rentrer à l'intérieur, et monte la garde devant la porte d'entrée, sa baguette brandie. Il espère qu'ils ne trouveront pas Malfoy. Mais en les voyant s'approcher lentement, flottant de façon menaçante au milieu de l'orage, il se dit qu'il n'y aucune chance que ça arrive.
Ooooo
Draco est assis sur son lit, ses mains posées sur ses genoux. La tempête fait rage dehors, la vitre de sa fenêtre couverte de givre ; il entend les enfants et la Weasley s'agiter en bas, dans le salon. Il peut aussi entendre Potter du jardin, et apercevoir la clarté argentée projetée par son patronus, qui teinte le grenier d'une lueur claire irréelle.
Il est tellement calme, alors qu'il bouillonne à l'intérieur, terrifié, assailli par les horribles souvenirs, qu'il essaie de repousser de toutes ses forces. Il ferme les yeux, encerclant sa tête de ses bras, et sentant les larmes brûler ses paupières. Il ne veut pas retrouver les détraqueurs et leur haleine putride, leurs mains gangrenées ; il ne veut pas sentir à nouveau le souffle de la mort dans sa nuque, il ne veut pas retourner à Azkaban...Il pleure lentement, la panique serpentant à travers ses muscles pétrifiés, et…
…Et c'est là qu'il entend Scorpius crier.
Il rouvre les yeux, bondissant hors du lit ; son corps est tendu comme un arc, prêt à se battre, à défendre la chair de sa chair. Les larmes et la peur disparaissent rapidement tandis qu'il se jette sur la trappe et se précipite en bas des escaliers, avec ou sans baguette.
La voix de son fils est un appel, et son corps y répond.
Oooooo
Il enfoui son visage contre l'épaule d'Al, son corps tremblant et sa bouche hoquetant. Il se rappelle de la nuit, des éclairs ; il se souvient de la photo de famille, de la seule tête blonde parmi des dizaines de roux, il se souvient de la solitude et de l'angoisse, il se rappelle de Lily faisant de la magie pour la première fois, a à peine 4 ans, et du regard de ses parents sur lui. Mais il a beau s'accrocher à son frère, la peur ne disparait pas, dévorant ses entrailles à la façon d'un poison mortel ; Il se sent faible et inutile, et tellement, tellement malheureux qu'il pourrait en mourir…
« Restez derrière moi ! leur crie leur mère, qui se bat corps et âme pour éloigner les deux créatures qui flottent dans le salon. Expecto Patronum ! »
Il ferme les yeux étroitement, la lumière aveuglante éclairant la salle. La chaleur l'envahit brusquement au même instant, le faisant resserrer son emprise sur le cou d'Albus, sentant sa bouche contre son sourcil. Il se sent tellement bien, tellement mieux. En rouvrant les yeux, la tête sur la moquette du salon, il voit que les horribles choses ont fuit.
« Vous allez bien ? Scorpius, tu es tombé ? Tu t'es fait mal ? Mes chéris ! »
Leur mère les serre contre sa poitrine, tandis que le monde autour de Scorpius s'arrête de tourner, et que le salon reprend ses couleurs normales ; il est tombé dans les pommes. Dehors, les ombres noires sont toujours partout. Il gémit.
« Scorpius ? »
Ils tournent tous la tête vers la porte menant au couloir. Dans son encadrement se tient un homme blond au regard effrayé, haletant légèrement.
« MALFOY ! »
Scorpius sent Al resserrer son emprise sur lui tandis que sa mère bondit, pointant sa baguette sur le nouveau venu. Lily pleure dans les bras de James, qui se met devant ses frères dans une attitude protectrice.
« Tu ne toucheras pas un seul de ses cheveux ! NE T'APPROCHE PAS ! »
Draco arrête d'avancer, reculant son bras à la vue de la baguette de Ginny et lançant des regards frénétiques à Scorpius.
« Il va bi… »
« Pourquoi est ce que tu portes les vêtements de papa ? »
Tout le monde tourne la tête vers James, qui fixe le pull cousu main que porte le blond avec de grands yeux. Le temps semble s'arrêter, tandis que Draco et Ginny deviennent blancs, l'un d'horreur, l'une de rage.
C'est ce moment que choisissent des détraqueurs pour entrer, échappant à la vigilance d'Harry qui continue de lutter dehors. Scorpius hurle à nouveau, se cramponnant à Al qui se recule en le tenant. Ginny lance encore son patronus, de façon désespérée.
« Pourquoi tu ne les a pas fait partir chez les autres Weasley ? lui crie Draco.»
« Je suis occupée si tu n'avais pas remarqué, marmonne la rousse en plissant les yeux. Et ma famille doit être aussi surmenée que nous ! »
Le blond se tait, jetant un coup d'œil à la cheminée. Il s'en approche et attrape la bourse posée sur le rebord.
« Scorpius, tu sais te servir de la poudre de cheminette ? »
Le petit garçon hoche la tête lentement, tremblant encore.
« Bien. Vous allez partir un par un chez vos grands parents, le temps que ça se calme ici. »
Il y a un silence uniquement troublé par le patronus chevalin de Ginny, qui chasse le dernier détraqueur par la fenêtre. Scorpius hoche à nouveau la tête, plus sûr de lui, et prend la main de Lily, la plaçant entre les cendres et lui expliquant ce qu'elle doit faire. Leur mère s'approche, blanche de rage et brandissant sa baguette, faisant reculer Draco.
« Je t'interdis de leur donner des ordres… »
« Ils doivent s'en aller ! Les rouquins sont plus nombreux pour se défendre… »
« Ils ont des enfants eux aussi ! Siffle t-elle. Tout le monde est débordé ! Tu ne peux donc jamais arrêter de penser qu'à ta petite personne, Malfoy ?! »
« Je pense à mon fils ! Hurle t-il en réponse. »
« Et pas au reste des enfants, bien entendu! Ni à ceux des autres ! Bon sang, tu es toujours aussi…»
« Ton fils ? »
La question tombe, jetant un calme soudain sur l'assemblée. Ginny articule silencieusement, sur le point de continuer son argument, mais referme sa bouche à la place. Elle tourne lentement la tête vers Scorpius, qui fixe Malfoy d'un regard indescriptible, froid et vide. Malfoy qui ne dit rien, debout devant la cheminée. Malfoy qui a laissé tomber le petit sac de poudre à ses pieds, déversant son contenu sur la moquette.
Dehors, la pluie redouble d'intensité.
Ooooo
Harry lance un dernier patronus, voyant arriver ceux des aurors placés au village en renfort ; les détraqueurs sont rapidement chassés, disparaissant derrière les nuages dans un sifflement lugubre. Le brun dit à ses collègues de transplaner chez eux au plus vite pour s'occuper de leurs familles, ce qu'ils font illico. Il se précipite alors à l'intérieur de la maison, le cœur battant la chamade. Il a juré entendre un cri il y a quelques minutes…
Il s'arrête devant le salon, fixant la scène qui s'y déroule avec effroi.
Malfoy est debout dos au mur, Ginny pointant sa baguette sur lui d'un air menaçant. James et Lily sont assis dans le fauteuil, serrés l'un contre l'autre. Albus est juste devant lui, s'apprêtant à ouvrir la porte lorsqu'il est apparu, et le regardant avec crainte. Il n'ose pas imaginer à quoi il doit ressembler après avoir lutté contre une armée de détraqueurs.
Scorpius n'est nulle part où être vu.
Ginny se tourne lentement vers lui, les yeux remplis de colère froide et de larmes sèches. Elle range sa baguette et se détourne de Malfoy, prenant les enfants avec elle.
« Je ne te pardonnerai jamais ça, chuchote t-elle en passant à ses côtés. »
Harry se retrouve seul avec Malfoy, qui n'a pas bougé de sa place. Il fixe le sol, les yeux écarquillés, ses bras pendants misérablement le long de son corps, et Harry se sentirait presque compatissant s'il n'était pas tellement en colère, tellement écœuré.
« Tu dois être ravi, Malfoy, crache t-il. Pour une fois, ce n'est pas moi qui gâche tout.»
L'ancien serpentard redresse la tête, le visage livide et la bouche entrouverte. Il semble sur le point de pleurer. Harry s'approche, l'attrapant par le col et le soulevant littéralement du sol.
« Tu as enfin ta petite vengeance ! Tu détruis mon couple ! Tu détruis ma famille ! Ca doit être encore plus jouissif que torturer un moldu, hein ?! Détruire la vie d'Harry Potter ! Le rêve ! Le panard ! »
Le blond fait une grimace qui tord sa bouche d'une façon grotesque, et tente faiblement de repousser ses mains. Harry le secoue avec force, voulant le jeter contre le mur, crevant d'envie de le frapper à nouveau.
« Si ça ne tenais qu'à moi, tu serais déjà mort, siffle t-il. Je t'aurai jeté en pâture aux détraqueurs, je t'aurai fait renvoyer à Azkaban…Je t'aurai montré ce que c'est de détruire quelqu'un, Malfoy ! »
Il lâche le blond en même temps que celui-ci échappe son premier sanglot ; il ne tente même pas de tenir sur ses jambes et se laisse tomber sur le sol, ses mains s'accrochant aux poignets d'Harry d'une façon pathétique. Le brun se dégage de son emprise et recule, dégouté.
« Tu as de la chance d'avoir ton fils pour te sauver la mise, ricane t-il froidement. C'est tout ce que tu sais faire, n'est ce pas ? Vivre aux dépends de ta famille. Comme un parasite.»
Il savoure la vision de l'ancien mangemort au sol, pleurant la tête enfouie dans ses mains.
« Mais laisse moi te dire une chose, Malfoy…Scorpius n'a pas besoin de toi. Il n'aura jamais besoin de toi. »
Harry n'a pas à lui pardonner pour tout ce qu'il a fait. Il n'a aucune raison de le faire.
« Il n'a pas besoin d'un père comme toi. »
Il se détourne du blond, sortant du salon d'un pas lourd et claquant la porte derrière lui.
Et en montant les escaliers, tandis que lui parviennent les échos des sanglots de Malfoy, Harry se demande pourquoi il a tellement honte de lui.
Rewiews ? :))
