Voilà le chapitre 9 ! Où Malfoy va enfin commencer à régler les choses...Et où on en apprend plus sur Albus et la mère de Scorpius ! Merci à vous pour vos rewiews !

Miione ; Merci de ta fidélité, ça me fait vraiment plaisir :)) ! J'espère que la suite te plaira !

Raikov9 ; voilà la suite et les réponses à tes questions ! Merci ! (ps ; tu dessines vraiment très bien, je serais ravie de recevoir un fanart de toi !)


Il est allongé dans l'eau, son corps lourd et cotonneux…Il se laisse emporter, jetant un coup d'œil de temps à autre sur la rive, où ses parents le regardent, un sourire aux lèvres. Contre son ventre, son bébé dort paisiblement, collant ses petits poings contre ses côtes, doux et fragile à la fois…Il sent l'odeur sucrée du jardin de sa mère, le parfum capiteux de son père, et un mélange de talc et de lait, qui lui fait tourner la tête.

Soudainement, quelque chose s'accroche à sa cheville, le tirant dans les profondeurs ; il entend ses parents hurler, et soulève son fils au dessus de sa tête, toujours endormi, refusant qu'il se noie, voulant tellement qu'il vive-et il reconnait Potter, qui l'entraine au fond de l'eau, attrapant son fils tandis que Draco étouffe, et coule, coule dans les abysses…

Il se réveille en nages, se cramponnant aux draps moisis ; au dessus de lui, les doxys volent au grès de l'air froid circulant dans le grenier des Potter.

L'ancien Serpentard referme les yeux, tentant de calmer les battements effrénés de son cœur, essayant de se concentrer sur le silence de la maison endormie. Il doit arrêter d'y penser. Il doit dormir, même juste un peu. Au moins quelques heures. Il trouvera une solution demain. Il échafaudera un plan avec l'esprit reposé.

Car des plans, c'est ce qu'il sait faire de mieux. Il ne sait pas faire de beaux discours venant du cœur comme les Gryffondors. Il n'a jamais appris à exposer la vérité au grand jour avec sincérité comme les Serdaigles. Il ignore totalement comment avouer ses sentiments les plus profonds avec douceur, comme les Poufsouffles. Non, il sait seulement éviter l'affrontement, contourner les obstacles pour continuer d'avancer sur un autre chemin ; il connait tout de la traitrise et des feintes, et il peut mentir aux gens qu'il aime sans aucun remord, comme un vrai Serpentard, comme un vrai Malfoy. C'est comme ça qu'il a toujours vécu.

C'est tout ce que tu sais faire, n'est ce pas ?

Oui, c'est tout ce qu'il sait faire. Potter ne peut pas comprendre ça. Il ne peut pas comprendre à quel point les plans et les mensonges sont vitaux. Pour lui. Pour survivre.

Comme un parasite.

Il essuie les larmes qui s'échappent de ses yeux d'un vague revers de la main, remontant la couverture sur lui. Potter ne peut pas comprendre ça. Scorpius ne comprend pas encore, mais Draco lui apprendra, pour qu'il puisse survivre et se protéger à son tour. Si son fils lui adresse à nouveau la parole un jour, bien sûr. Mais c'est évident. Les Malfoys ne se font pas avoir. Ils n'abandonnent pas leurs parents pour rejoindre des traitres de sangs impurs. Du moins, Draco l'espère.

Il gémit et se cache sous la couette, sentant la fièvre revenir au galop.

Oooooo

Il ne reçoit plus la visite de Scorpius. Ca fait des semaines, maintenant. Des jours et des jours qu'il passe en scrutant la fenêtre du grenier, espérant, suppliant pour voir passer une tête blonde jouant dans la neige. Mais Scorpius ne sort jamais. C'est Granger qui l'a remplacé, au grand désespoir de Draco. Mais au moins, elle lui rapporte de la nourriture et des livres intéressants. Même si elle s'évertue à vouloir lui parler.

Potter ne lui adresse plus la parole, lui aussi. Il ne vient que pour déposer un repas médiocre de temps en temps, sortant à peine le bras de la trappe et la refermant aussitôt. Draco peut l'entendre se disputer avec sa femme le soir, le grenier se trouvant à proximité de leur chambre ; Le plus souvent, Potter claque la porte et va dormir sur le canapé du salon, marmonnant des jurons. Draco se sait responsable, et il a honte à chaque fois que les sanglots de Weasley lui parviennent. Pas qu'il l'apprécie, mais il n'aime pas du tout l'idée de détruire un couple- le couple qui a élevé Scorpius à sa place. Les parents de Scorpius, qui l'aiment et qu'il aime en retour.

Il comprend ça, enfin. Que la Weasley et l'abruti de Potter sont devenus les parents de Scorpius, après toutes ces années. Que la rousse l'a nourri au sein et lui a appris à marcher, que Potter a été son modèle de petit garçon pendant 9 ans. Qu'il a joué avec la famille Weasley comme si c'était la sienne, et que les parents de la belette ont du lui offrir des cadeaux à Noel. Qu'il a vécu dans une famille soudée et qu'il était heureux.

Jusqu'à ce que Draco arrive.

Il scrute la neige, assis contre le rebord de la fenêtre, et se jure qu'il corrigera ses erreurs, aussi douloureux cela soit-il. Pour Scorpius. Pour son bonheur, avant celui de Draco. Il sourit.

Lorsque la Granger passe le voir ce midi, elle s'étonne de constater qu'il n'a plus aucune trace de fièvre.

Ooooo

Sa mère assure à qui veut l'entendre que Malfoy est un monstre. James est d'accord avec elle mais n'est pas très objectif, rejoignant l'avis de tous les Weasley à l'encontre des mangemorts. Son père lance toujours des regards noirs au grenier, et Lily y pose un regard embué, contournant l'escalier largement lorsqu'elle doit descendre à la cuisine. Scorpius ne dit rien, se contentant de s'en aller lorsque leurs parents ou ses frères et sœur abordent le sujet de 'l'intrus'.

Albus, lui, reste interdit.

Bien entendu, il en veut à cet homme d'avoir légué ses parents l'un contre l'autre. Ils ne dorment même plus ensemble le soir, leur mère lui criant de dénoncer Malfoy pour protéger leurs enfants, et leur père lui répondant sur le même ton qu'il ne peut pas faire une chose pareille sans penser à Scorpius. Al pense qu'ils font fausse route tous les deux, et que si leur mariage ne peut pas tenir cette épreuve, alors peut être qu'il n'en valait pas la peine.

Ils ne peuvent pas garder le fugitif dans leur grenier, premièrement car on finirait par le découvrir un jour ou l'autre, et deuxièmement car on ne peut pas lui faire confiance ; mais le dénoncer n'apporterait que des problèmes. Il a suffit d'un coup d'œil à Al pour comprendre que Malfoy n'était pas le type d'homme à abandonner.

Pour ce qui est de la question de Scorpius, il serait d'avis que son jumeau se décide, et très vite, sur ce qu'il va faire avec ce géniteur surprise. La vision du blond replié sur lui-même et muet ne l'attriste pas comme pour le reste de la famille. Il est énervé. Fou de rage serait le terme approprié. Ca l'énerve de savoir son frère si faible, de le découvrir si indécis. Il s'attendait à tellement mieux de sa part…Mais il ne dit rien de tout ça, car le blond pourrait mal le prendre. Et il l'aime trop pour le traiter comme les autres.

Un matin, alors que ses parents ne sont pas encore réveillés, Al se glisse silencieusement hors de la chambre ; il trottine dans le couloir et après avoir vérifié que sa mère est bien endormie, monte l'escalier qui mène au grenier. Ouvrant la trappe, il se faufile à l'intérieur et la referme sans un bruit.

Draco Malfoy est endormi lui aussi, un grimoire lui recouvrant le visage ; Albus se penche dessus et peut lire en caractères dorés ; « Vie domestique et habitudes sociales des Moldus britannique, par Wigworthy Wilhel ». Il sourit et s'assoit sur le lit, retirant le manuel et secouant l'épaule du sorcier avec force. Celui-ci grommelle un peu, se retourne et finit par se redresser en papillonnant des yeux.

Ils se fixent un long moment, pendant lequel Albus peut entendre le cerveau du blond se mettre en marche, puis fonctionner à toute allure.

« …Albus Sévérus, c'est ça ? »

Il a un grand sourire et hoche la tête vigoureusement.

« Que puis-je pour toi ? »

Cet adulte semble plus intelligent que ceux avec qui il doit travailler habituellement. N'importe quel autre aurait demandé, « Qu'est ce que tu fais ici » ou encore, « Tu n'as pas le droit d'être là ! », mais celui-ci en vient directement aux faits. Il sent son sourire s'agrandir.

« J'étais curieux de savoir comment vous alliez arranger tout ça. »

Le blond plisse les yeux et s'assoit plus confortablement sur son coussin.

« Je ne sais pas encore. Et je ne suis pas sur que ce soient tes affaires, ajoute t-il d'un air nonchalant. »

« Vous allez peut être séparer mes parents, alors oui, ce sont mes affaires. »

Il a dit ça sans méchanceté, mais le fugitif lui lance un long regard surpris, peut être un peu effrayé, et en tout les cas, très, très méfiant.

« Ca n'a pas l'air de te déranger plus que ça… »

« Ce sont leurs affaires, sourit-il. »

L'homme plisse les yeux encore plus, jusqu'à ce qu'Al n'aperçoive plus que deux feintes brillantes de sournoiserie. Il pense qu'il adore ce type.

« Et qu'est ce que tu me proposes comme solution, Albus ? demande t-il aimablement. »

« Vous pourriez commencer par déménager, le temps que ça se calme par ici, répond t-il en regardant la charpente poussiéreuse au dessus d'eux. Et je suppose qu'un homme de votre rang n'aime pas trop vivre dans ce genre d'endroit. »

« Qu'est ce que tu sais de mon rang ? Siffle t-il. »

« Beaucoup de choses. Voldemort était vraiment intéressant, dites ? »

Son vis-à-vis tressaille, sa peau perdant le peu de couleurs qu'elle arborait. Il fixe à présent Albus avec une expression proche de l'horreur.

« Ne prononce pas ce nom ! »

« Vous êtes différent des autres adultes, susurre Al. Eux ont appris à ne plus avoir peur de lui. Vous vivez dans le passé. »

Le silence s'abat sur eux, tandis qu'ils se toisent, l'un de curiosité et l'autre d'effroi. Le blond finit par se reprendre, arborant à présent un masque de dureté. Mais sa voix est toujours tremblante lorsqu'il demande ;

« Tu es vraiment le fils de Potter, toi ? »

Albus ramène ses jambes contre son torse, un sourire aux lèvres que quelques années plus tard, en se souvenant, Draco qualifiera de malsain.

« Et si nous préparions un plan ensemble, monsieur le mangemort ? »

Ooooo

Harry est fou de rage, tout le temps.

Dès qu'il pense à Malfoy, cloitré dans le grenier, dès qu'il est près de Ginny, et même lorsqu'il croise le regard des enfants, il a des envies de meurtre. Il se rappelle s'être senti de la même façon il y a longtemps, en cinquième année, lorsque même la présence de ses amis n'apaisait pas sa colère. Il veut toujours frapper quelqu'un, lancer des sorts, expulser la puissance qui l'étouffe, mais il ne peut pas, parce que sa famille est toujours là, le fixant, attendant qu'il fasse quelque chose de sensé pour régler cette affaire. Il est le chef de la famille, mais il ne sait pas quoi faire- il ne sait pas comment faire.

Il souhaite intensément n'avoir jamais gardé Malfoy chez lui, il désire ardemment remonter le temps pour se débarrasser de cet abruti de blond, pour que toute cette horrible erreur n'ait jamais eue lieu. Mais il se calme un peu plus, à chaque fois qu'il croise le regard vide de Scorpius dans les couloirs, à table. Il se sent tellement honteux et irresponsable, et il voudrait prendre son fils dans les bras et tout lui dire, à quel point il l'aime et qu'il ne laissera jamais Malfoy lui faire du mal, mais il ne peut pas, parce que Scorpius fuit dès que quiconque l'approche, s'enfermant dans sa chambre et pleurant. Ce qui fait enrager le brun à nouveau.

Ginny est insupportable, elle aussi. Rien que penser à sa voix stridente donne la migraine à Harry, qui fait de son mieux pour se trouver au ministère le plus souvent possible. Il se sait lâche, mais il a besoin d'un soutien que sa femme refuse de lui apporter, puisqu'elle se ligue contre lui avant tout.

Il s'absente souvent de la maison, et Ginny refuse catégoriquement de servir quoi que ce soit à manger à Malfoy, donc Harry compte sur Hermione, qui passe régulièrement avec quelques sachets. Harry ne sait définitivement pas comment la remercier, et lorsqu'il lui demande ce qu'il peut faire pour elle, la brune lui sourit simplement, lui répondant qu'elle s'ennuie chez elle de toute façon. 

Harry se demande vaguement pourquoi elle ne va plus au travail, mais il a trop de soucis en tête pour vraiment s'y intéresser, en même temps.

Rien ne va plus dans sa vie, dans leur vie. Il ne peut pas s'empêcher d'y penser la nuit, lorsqu'il dort contorsionné sur le canapé du salon. Il ne peut pas s'empêcher de regarder le plafond, imaginant Malfoy et Scorpius pleurer dans leur sommeil, au dessus de lui. Dans ces moments là, la colère s'évapore et il sent son cœur se serrer, pensant que c'est à cause de Malfoy et lui que tout est ruiné. Qu'ils auraient pu arranger les choses, s'ils avaient su s'entendre, s'ils avaient su se parler.

Trois semaines de ce régime et un matin, Ginny a quitté la maison avec Lily et James. Elle laisse un mot sur la table de la cuisine, expliquant à Harry qu'elle retourne chez ses parents le temps qu'il trouve une solution pour Malfoy, qu'elle l'aime et qu'elle espère qu'il fera le bon choix. Elle rajoute qu'Albus a voulu rester, et que Scorpius a refusé de partir sans lui.

Lorsqu'Harry se retourne, le papier toujours à la main, Malfoy est en face de lui.

Il ne semble pas avoir dormi ou même mangé depuis la nuit des détraqueurs. Sa peau est à nouveau blafarde, mais on dirait qu'il s'est lavé. Harry se demande si Hermione l'a accompagné à la salle de bain lorsqu'il n'était pas là.

« Ils sont partis ? »

« Oui, répond t-il faiblement. »

Il a l'esprit dans le brouillard et n'arrive même pas à se mettre en colère contre Malfoy lorsque celui-ci retire le papier des mains d'Harry sans gêne aucune. Il le repose après l'avoir lu et reste silencieux quelques instants, semblant chercher ses mots.

« Je suis désolé... »

Harry hausse les épaules et se laisse tomber sur la chaise en face de la table. Une table dont il a peur qu'elle reste incomplète à tout jamais.

« Je…J'ai quelque chose à te proposer. »

Il lève à peine les yeux lorsque Malfoy s'assoit en face de lui, le visage un peu plus pâle.

« J'ai pensé…J'ai pensé que j'aurai pu me cacher autre part. Chez un ami, ajoute t-il après avoir croisé le regard d'Harry. Chez… Pansy, en fait. »

Harry fronce les sourcils.

« Pansy ? Pansy Parkinson ? »

Il voit les joues de Malfoy devenir légèrement roses. Il savait que le blond avait une relation avec elle à Poudlard, mais ne s'était pas imaginé que c'était aussi sérieux. Tout à coup, une idée lui traverse l'esprit.

« Oh- C'est- ne me dis pas que c'est sa mère. »

« Non ! S'exclame l'ancien serpentard. C'est une amie. C'est seulement une amie, Potter ! Ne t'imagine rien ! »

« Alors, qui est-ce ? Avec qui tu as eu Scorpius ? »

Il y a un silence durant lequel la bouche de Malfoy grimace.

« Je ne peux pas le dire, marmonne t-il. Je suis désolé. J'ai promis. »

Harry fronce les sourcils, l'envie de frapper Malfoy revenant au galop. Il essaie de se calmer et se masse les tempes, voulant juste retourner dormir.

« Je ne sais même pas si Parkinson est mariée ou non, mais j'ai entendu dire qu'elle vit dans un manoir, aux Cornouailles, parce que les aurors l'ont fouillé plusieurs fois. C'est tout ce que je sais. »

« C'est suffisant. »

« Ce n'est pas le meilleur des endroits pour te cacher, Malfoy. Elle a droit à des fouilles régulières. »

« Tu ne peux pas imaginer le nombre de cachettes qu'on peut trouver dans un manoir, Potter, ricane le blond. Et ce n'est pas comme si j'avais beaucoup de choix, non ? »

Le brun acquiesce, se fichant légèrement de savoir les habitudes des aristocrates adeptes de la magie noire concernant leurs lieux de villégiature. Il entend des bruits à l'étage. Les jumeaux se sont réveillés.

A côté de lui, Malfoy se lève et se dirige vers la porte.

« Où est-ce que tu vas ? »

Le blond se retourne et le regarde d'un air gêné. Harry comprend qu'il ne veuille pas que Scorpius le voit.

« Reste au moins pour manger quelque chose, dit-il. Il réfléchit un instant et ajoute ; Scorpius ne t'en veux pas. Sinon, il serait parti lui aussi. »

Malfoy reste interdit un instant, debout devant la porte ; Harry peut entendre un des enfants descendre l'escalier. L'ancien serpentard soupire et finit par rejoindre Potter à table, l'air particulièrement timide et mal à l'aise. Le brun réprime un sourire et va ouvrir le frigo, tandis que la porte s'ouvre derrière eux.

« Oh, dit Albus en voyant le blond de dos. »

Harry se retourne et dispose le petit déjeuner sur la table ; Al reste un instant dans l'encadrement de la porte et, à la grande surprise de son père, finit par sourire et s'assoir à côté de Malfoy. Celui-ci écarquille les yeux, se décalant légèrement sur sa chaise.

« Bonjour, Draco ! »

Le blond reste pétrifié un instant puis fixe l'enfant d'un air étrange, plissant légèrement les yeux. Harry ne reconnait pas vraiment de la haine, mais quelque chose qui s'approche plus de la méfiance. 

Albus, lui, semble ne pas vraiment s'en inquiéter, lui souriant comme à un camarade de classe qu'il verrait tous les jours.

« Bonjour, Albus Sévérus, répond t-il froidement. »

Le sourire d'Al s'élargit encore plus, découvrant ses dents, tandis qu'Harry lui sert un verre de jus d'ananas.

« Je ne sais pas si Scorpius va venir ce matin, dit-il en se saisissant de son verre. Il n'a pas très bien dormi. »

Les yeux de Malfoy se plissent encore plus et dardent des éclairs sur ceux d'Albus. Mais son regard vert n'est effrayé d'aucune sorte et pétille plutôt d'amusement. Harry décide d'intervenir avant que ça ne tourne à la dispute. Ils n'ont pas besoin de ça maintenant.

« Tais toi un peu, Albus, marmonne t-il. Tu as déjà fait tes devoirs de vacances, d'ailleurs ? »

Il obtient l'effet escompté et le petit brun plonge son nez dans son verre, regardant ailleurs. Il voit le visage de Malfoy s'adoucir et ses traits se relâcher, regardant Albus avec une expression étrange. Harry sourit et attrape la cafetière.

« Café ? »

Le blond semble se réveiller et hoche la tête légèrement, tendant sa tasse d'un air absent. Il ne doit pas se sentir très à l'aise ici, entre son rival et son fils qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

Ils déjeunent paisiblement, Albus parti dans un récit de son rêve de cette nuit. Harry est surpris que l'enfant ne se plaigne pas de l'absence du reste de la famille, mais sait pertinemment que le petit garçon a toujours été plus mature que ses frères et sœurs. Draco, lui, sirote son café et sursaute de temps en temps lorsqu'une machine moldue fait un bruit, comme le grille pain qu'il fixe maintenant avec une curiosité mêlée de terreur.

Harry se demande ce que ça ferait, de vivre ce genre de scène tous les matins, et si l'ancien Serpentard pourrait vraiment s'adapter à leur famille- mais il chasse vite ces pensées, sachant différencier le rêve de la réalité. Et il ne veut pas que Malfoy vive avec eux. Surement pas.

Ils tournent tous la tête en entendant la porte s'ouvrir, la voix d'Albus s'éteignant lentement.

Scorpius fixe Malfoy les yeux grands ouverts, son haut de pyjama glissant légèrement, dévoilant son épaule. Sa main est toujours posée sur la poignée de porte et Harry croit qu'il va la refermer et courir s'enfermer dans sa chambre comme d'habitude, mais il finit par la lâcher et rougit furieusement en s'asseyant à côté d'Harry, se dissimulant au regard de son père.

Le silence est retombé sur la table, les enfants mangeant sans un mot et Harry tartinant des biscottes pour tout le monde. Malfoy ne dit rien, faisant tourner son café au fond de sa tasse. Harry peut voir le regard d'Al passer d'un blond à l'autre, et peut presque l'entendre réfléchir.

« Vous savez, finit il par dire en reposant sa tartine au nutella, vous arriverez jamais à rien si vous ne parlez pas. »

Son regard vert fixe le père et le fils l'un après l'autre d'un air impérieux, comme un roi qui attend de ses bouffons un joli tour. Draco plisse les yeux et lance un regard noir à son reste de café, et Scorpius toise son frère, bouche bée. Harry ne pense pas que c'est la meilleure des techniques pour arranger la situation, mais au moins, quelqu'un fait quelque chose. Il a un peu honte que ce soit son fils à sa place, mais se console en se disant que ce n'est pas lui qui a du endurer les colères de Ginny.

A la grande surprise d'Harry et Albus, c'est Scorpius qui repose son verre en premier, croisant les mains sur la table et les fixant avec intérêt.

« Je…J'aurai voulu que vous me le disiez plus tôt, dit-il dans un souffle. Que vous n'étiez pas mes vrais parents. »

Harry déglutit et pose sa main dans le dos de son fils, le caressant d'une façon apaisante car il sait qu'il pourrait se mettre à pleurer. Albus se lève d'un air nonchalant, sa biscotte toujours à la main et sort de la cuisine avec un petit air satisfait. Malfoy le suit du regard avec une colère à peine dissimulée.

« Scorpius, quoi qu'il arrive, nous t'avons toujours aimé comme si tu étais notre propre fils, Ginny et moi. N'en doute jamais. »

Scorpius hoche la tête. Draco se décale sur sa chaise et se mord la lèvre, ses yeux rivés sur la table. Son fils tourne la tête vers lui, mais ne le regarde pas encore, toujours gêné.

« J'aimerai savoir comment ça s'est passé, dit-il doucement. Pourquoi tu as du faire ça.»

Malfoy hoche la tête et Harry se lève, comprenant qu'il doit les laisser seuls. Avant de fermer la porte, il peut voir Malfoy s'assoir à côté de son fils.


Voilà pour ce chapitre ! A présent, la suite est déjà toute prête dans mon esprit, il ne reste plus qu'à coucher ça tranquillement sur le papier...N'hésitez pas à rewiewer ! :p