Merci à tous pour vos commentaires :D Et désolé de mon retard, j'ai été sacrément occupée ces derniers temps (ma maison en vacances, c'est une colo gratis pour toute la famille).

Miione : Merci pour cette longue rewiew :) Je suis contente que tu te poses autant de questions pour la suite. Pour la mère de Scorpius, je vous laisse dans le brouillard pour un long moment, mais vous risquez d'être très surpris si je fais ce que j'ai prévu ! Oh, et Astoria est la soeur de Daphné je crois, pas sa cousine :D

LN ; il n'en a pas que l'air :p merci pour ta rewiew !

C'est parti pour le chapitre 10 ! Bonne lecture !


Draco vient de fermer la porte de la chambre des jumeaux lorsque Potter rentre du travail. Il ignore sa présence mais lorsqu'il entre dans le salon et qu'à la place de croiser un regard vert exaspéré, il tombe sur une paire d'yeux noirs profonds, sa respiration s'arrête.

Pansy n'a pas trop changée, si ce ne sont ses formes plus féminines et sa chevelure plus longue qu'à Poudlard. Elle porte une élégante robe de sorcière pourpre, et sur ses épaules repose une cape noire de jais, retenue par une broche d'argent à l'effigie des armoiries des Parkinson. Il s'écoule quelques secondes d'un lourd silence, et la jeune femme se jette dans ses bras, sanglotant, riant et faisant s'étirer les lèvres gercées de Draco en un mince sourire surpris. Derrière eux Potter dépose son sac à même le sol, lançant un sort de silence sur l'escalier.

« Draco…Dray…Oh, si tu savais comme tu nous a manqué, comme tu m'as manqué ! »

Il répond à son étreinte timidement, pourtant ravi de la revoir. Il voudrait lui dire mais les mots restent coincés dans sa gorge, car cela fait tellement longtemps, et il n'est même plus sur de reconnaitre cette femme, grande et intimidante comme sa mère.

Elle s'éloigne de lui un instant pour le regarder, passant ses mains sur ses joues creusées, et il a envie de les repousser en sentant son regard de compassion, mais la brune les retire avant qu'il ait pu esquisser un geste.

« Tu as tellement changé, souffle t-elle. Tu sembles… »

Elle ne finit pas sa phrase, et il en est reconnaissant. Il semble pathétique. Il est pathétique. Il le sait bien, mais il ne veut pas l'entendre d'une si jolie bouche.

« ...Je suis tellement heureuse que tu te sois échappé, chuchote t-elle pendant que ses yeux se remplissent de larmes. Je pensais-Je croyais que tu allais mourir à Azkaban, comme les autres marqués, mais… »

« Allons, Pans', parvient-il a articuler, tu as si peu confiance en mes talents ? C'est pas quelques monstruosités flottantes qui allaient me retenir là-bas.»

Elle a un petit rire, mais Draco arrive à discerner des soubresauts nerveux au coin de sa lèvre.

« Ca, au moins, ça n'a pas changé, dit-elle. Ton sarcasme à toute épreuve, ajoute t-elle en voyant son air d'incompréhension. »

Elle reste dans la maison de Potter jusqu'à tard le soir, au grand désespoir de celui-ci, Draco peut le sentir. Le brun veut surement qu'ils s'en aillent le plus vite possible, mais il ne s'en sent pas l'envie ni le courage, et de toute façon, Pansy n'a pas abordé ce sujet de toute la soirée. Ils parlent sans s'arrêter, riant de temps en temps à des souvenirs de leur adolescence, tandis que le gryffondor mange quelque chose dans la cuisine. La brune glisse parfois sa main dans ses cheveux, sur sa nuque, souriant comme une mère inquiète ; Draco se demande vaguement si elle éprouve toujours quelque chose pour lui, mais à chaque fois l'image du cadavre ambulant qu'il est devenu lui revient, et il ricane de sa propre présomptuosité.

Vers 3 heures du matin, Potter les rejoint et dit d'un air agacé, « Il est tard ». Le blond s'apprête à lui sortir une remarque cinglante mais Pansy le coupe d'un geste de la main.

« Saint Potty a raison, je ne vais pas vous déranger plus longtemps, fait-elle d'un ton tout sauf aimable. Nous risquons de réveiller Scorpius. »

Potter grimace au surnom mais croise les bras d'un air sévère, signifiant qu'il ne se laissera pas insulter dans sa propre maison impunément. Draco ri un peu sous sa barbe car il sait pertinemment que l'auror n'oserait pas faire grand-chose, et raccompagne la brune devant la porte d'entrée, tenant sa main dans la sienne.

Elle l'embrasse sur les deux joues avant de partir, se serrant contre lui. Il s'étonne de ne rien ressentir de plus que de la tendresse en sentant sa poitrine ferme, mais se dit qu'il est trop fatigué pour penser à ça maintenant.

« Ma maison te sera toujours ouverte, Dray, lui dit-elle avec un grand sourire. Je ne peux pas t'accueillir ce soir, parce que, hé bien…Tu sais ce que c'est, une femme qui vit seule…Ca a ses petits secrets, murmure t-elle d'un ton aguicheur. »

Il sourit d'un air entendu, mais non, il ne sait pas vraiment.

Lorsqu'elle finit par transplaner dans le jardin et qu'il se tourne dos à la fenêtre, Potter est devant lui, les bras toujours croisés. Ils se regardent un instant sans un mot, jusqu'à ce que le brun ouvre la bouche, un léger sourire à peine dissimulé au coin de la lèvre.

« Quelques monstruosités flottantes ? Tu faisais moins le malin la dernière fois que tu as eu affaire à eux, hein ? »

C'est le signal. Comme d'un accord tacite, ils se jettent l'un sur l'autre, poings serrés et rictus agressif aux lèvres.

Même si les amis de Draco ont changé, Potter, lui, reste le même.

Ooooooo

Ils vivent tous les quatre pendant quelques jours, juste le temps de tout organiser pour le départ du blond. Harry ne l'a dit à personne, pas même à Hermione et Ron, que Malfoy dormait à présent dans la chambre de James et mangeait avec eux aux repas. Parce que c'est étrange. Parce que quelque part, c'est un peu une trahison par rapport à sa femme. Mais il en a assez de mentir à Scorpius. Cela fait trop longtemps, et maintenant qu'il sait, autant vider l'abcès et le laisser connaître son géniteur.

Pourtant, Scorpius n'a pas cherché à lui parler ou même à sympathiser avec lui. Il existe comme un pacte silencieux entre eux, dont la règle principale serait « tu me laisses tranquille, je te laisse tranquille » ; ils s'échangent à peine quelques mots, un bonjour murmuré le matin entre deux jus d'orange, et ça s'arrête là. C'est décevant, Harry se rappelant de tout ce qu'il a du endurer pour que Scorpius connaisse cet homme, mais il les laisse jouer leur petit jeu car ce ne sont plus vraiment ses affaires. Ils doivent apprendre à gérer ça entre eux à présent.

Malfoy ne s'approche pas plus que ça de leur famille, préférant se plonger dans un bon grimoire jusqu'au repas. Harry a cru plusieurs fois qu'il allait tenter une approche, mais il se reprenait toujours au dernier moment, se cachant derrière la dernière parution de la Gazette du Sorcier, qu'il tient la plupart du temps à l'envers dans sa précipitation.

Il pense que le blond a peur d'eux, et de la façon dont ils vivent. Il évite de toucher les objets moldus et fait toujours un grand détour pour éviter le salon, dans lequel il y a la télévision. Elle est toujours allumée en ce moment, Al et Score végétant devant, une tasse de chocolat chaud entre les mains, et Harry sait que Malfoy ne peut pas dormir lorsqu'elle est allumée le soir, car il reste alors dans la cuisine jusqu'à ce que quelqu'un l'éteigne.

Un jour, Parkinson le contacte par cheminette. Il a à peine le temps d'accepter sa proposition d'héberger Draco que celui-ci est déjà derrière lui, et lorsque Pansy disparait dans les flammes, il croise les bras et bloque le passage menant à la cuisine.

« Quoi encore ? » Grogne t-il.

« Rend moi ma baguette. J'en aurai besoin. »

Les yeux gris de Malfoy le fixent avec hargne, lui faisant penser à un petit roquet particulièrement agressif.

« Je t'ai déjà dis qu'il en était hors de question, dit-il. La baguette de Sureau est à moi à présent. »

« Tu me l'as volée ! »

« Tu t'en serais servi contre nous ! »

Le blond plisse les yeux, une grimace déformant sa bouche.

« Je n'avais pas le choix. »

« Bien sur que non tu n'avais pas le choix. Tu n'es qu'une pauvre victime sans défense, pas vrai, Malfoy ? »

« Tu ne peux pas comprendre ! »

« Je peux comprendre ! J'ai participé à cette guerre moi aussi ! Arrête de penser que tu es le seul à avoir souffert ! »

La bouche de Malfoy s'ouvre et se ferme lentement, comme celle d'un poisson rouge en phase terminale. Il finit par jeter un dernier regard noir à Harry et va s'enfermer dans sa chambre pour le reste de la soirée.

Ooooo

Il continue d'avoir des cauchemars la nuit.

La plupart du temps, il se réveille en sueurs, les membres tremblants et les yeux grands ouverts dans le noir. Il ne se souvient pas toujours de ces rêves, mais a des visions brèves d'éclats verts, de fantômes de hurlements, parfois une paire d'yeux rouges sangs dans un océan de corps sombres et glacés. Ce sont des réminiscences de ses peurs les plus profondes, il le sait, mais il ne peut pas lutter contre elles. Elles sont trop fortes et présentes, elles font parties de lui, qu'importe à quel point Draco les hait et veut s'en débarrasser.

Il se demande si Potter pense à la guerre, parfois. Même s'il a souffert lui aussi, même s'il était au centre de ce cauchemar, il ne sait pas tout. Il ne connait pas l'envers du décor. Draco, lui, sait.

Il a grandi avec la guerre et mourra avec.

Ses parents ont fait un enfant pour assurer leur place au sein des mangemorts. Il a baigné dans cet univers de magie noire toute son enfance, toute sa vie-même ses études à poudlard, ses amis, ses ennemis, ses idées, tout était calculé, conditionné pour penser à la façon d'un mangemort, à la façon de ses parents. Pas qu'il s'en plaigne réellement. Il aimait ses parents et il sait qu'eux aussi l'aimaient, et il pense sincèrement qu'ils avaient raison. Il se demande s'il pourra apprendre ça à Scorpius, ou si Potter l'en empêchera.

Scorpius qui ne lui parle pas.

C'est son principal problème, mais il ne peut lutter contre. Ses plans ne lui seront d'aucune utilité avec son fils, car celui-ci réfléchit comme lui. Il n'est pas comme un gryffondor qu'on peut gruger facilement, et Draco a peur qu'il se rende compte à quel point il est mal à l'aise. A quel point il a envie d'être avec lui et le serrer dans ses bras, embrasser ses joues et caresser ses cheveux, alors que Potter le peut et ne le fait jamais ; il est prit d'une jalousie dévorante, presque maladive parce que lui n'a pas le droit.

Il n'a droit qu'à quelques mots durant la journée, et un bonne nuit le soir, et si ces paroles le comblaient au début il se sent à présent incomplet et délaissé. Seul Albus lui parle dans cette maison et la discussion d'un gamin de 9 ans n'est pas des plus intéressantes. Et cet enfant…Cet enfant n'est pas vraiment un enfant. Il a envie de prévenir Potter, mais la plupart du temps il évite de parler au brun, alors il laisse tomber.

Le jour de son départ arrive, et Potter l'accompagne chez Pansy, profitant de ses congés. Il n'a pas d'affaires à emporter, si ce ne sont les vêtements qu'il porte, et Granger est venue pour garder les enfants tandis que le brun et lui seront absents. Il jette un coup d'œil à la jeune femme et sourit sarcastiquement, parce que personne ne s'est rendu compte de rien. Elle rougit.

« Bon, et bien, voilà. » fait Potter d'une façon ridicule.

« Au revoir, Albus, » dit Draco gentiment, mais pas trop.

Le petit brun lui sourit de toutes ses dents et lui fait signe de se baisser, ce que fait Draco avec réticence. Il reçoit un bisou baveux sur la joue et hésite entre rire ou se dégager en criant ; à la place, il y répond du bout des lèvres. Il se redresse tandis qu'Al se recule vers la sang-de-bourbe et se tourne vers son fils, qui a les sourcils froncés.

« Au revoir, Scorpius… »

Il peut voir Granger emmener Al dans la cuisine et Harry feindre d'être occupé derrière eux. Les gryffondors, pense t-il.

Scorpius fixe ses pieds un petit moment, puis lève les yeux sur lui, l'air de réfléchir.

« Au revoir Dra…Pa… »

« Tu n'es pas obligé, » fait-il, comprenant rapidement.

Le petit garçon pousse un léger soupir de soulagement. Draco peut presque sentir son cœur se feindre en deux, mais il fait des efforts pour n'en laisser rien paraitre.

« Au revoir, » fait son fils, arborant un sourire que Draco reconnait comme le sien.

Il se met sur la pointe des pieds et le Serpentard se penche, le laissant embrasser sa joue avec plaisir. Il est surprit lorsque le garçon passe ses bras autour de son cou et s'accroupit pour le serrer contre lui un petit moment, profitant encore un peu, encore un peu.

« Je t'aime, » annone t-il du bout des lèvres.

Il ne croit pas que Scorpius l'a entendu et n'a pas le courage de se répéter.

Ils se séparent, et il ne s'offusque même pas lorsque Potter lui prend le poignet et le place dans la cheminée. Scorpius ne rejoint pas son frère et les regarde, souriant et agitant sa main à Draco.

Je t'aime, repense t-il au moment où Potter annonce leur destination.

Ooooo

« Et voilà ta chambre- tu t'en rappelles, c'est ici que tu dormais lorsqu'on était petits ! »

Il hoche vaguement la tête, entrant dans la salle et se laissant tomber sur le drap de soie verte recouvrant l'énorme matelas. Pansy a un sourire gêné et s'assoit à côté de son ami d'enfance, posant une main rassurante sur son épaule.

« Ca va s'arranger, Draco, ne t'en fais pas… »

« J'aimerai être seul. »

Elle retire sa main, désappointée. Ce sont les premiers mots du blond depuis son entrée dans le manoir, et ils sont loin d'être encourageants.

« D'accord. D'accord, je comprends…Appelle l'elfe de maison si tu as le moindre problème, ok ? »

Il ne répond pas et la brune préfère prendre ce silence pour un oui. Elle embrasse son ami une dernière fois et sort de la chambre, fermant doucement la porte après son passage.

Merlin, Draco, pense t-elle en écoutant le sorcier fondre en larme derrière les murs centenaires. Qu'ont-ils fait de toi ?