Voilà le 11ème chapitre, posté et écrit rapidement pour me faire pardonner du retard du 10 ;p ! Merci de vos rewiews et bonne lecture !
« Tu as fait le bon choix, Harry. »
Ce sont deux bras autour de son cou et un corps pressé contre le sien, des lèvres sur sa joue et des mèches d'un roux flamboyant caressant son nez. C'est familier et il est sensé trouver ça agréable, mais rien ne lui vient tandis qu'il serre sa femme contre lui.
Par contre, il est plus qu'heureux de retrouver ses enfants. La dernière semaine chez leur grand-mère semble les avoir fatigués mais Lily saute quand même dans ses bras lorsqu'elle le voit ; James se contente de lui demander avec un grand sourire narquois comment ils ont réussi à survivre sans maman pour cuisiner. Al répond d'une remarque désobligeante et ils recommencent une de leur énième altercation, signe qu'ils sont tous les deux contents de se revoir.
Scorpius se contente de sourire gentiment à tout le monde, puis retourne à sa contemplation du jardin, toujours aussi blanc. Sous ses doigts et sur le rebord de la fenêtre sont éparpillés des feuilles couvertes de gris et de jaune, et de temps en temps, un grand sourire éclatant...
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…Un grand sourire éclatant, c'est ce qui lui manque. Une petite main posée sur la sienne et des histoires parlant de chevaliers et de dragons cracheurs de flammes incandescentes, c'est ce qui lui manque.
Pansy n'est jamais au manoir. Elle passe aussi bien ses jours que ses nuits dehors, Merlin sais où. Parce qu'un Parkinson ne travaille pas. Ils négocient, grugent, séduisent, mais ne travaillent pas.
Il n'a pas passé ses journées à explorer le manoir, car il le connait déjà par cœur ; combien de fois a-t-il passé ses vacances chez les Parkison étant enfant ? Combien de fois Pansy et lui étaient partis en pleine nuit à la recherche de fantômes dans les ailes les plus éloignées ?
Alors il s'assoit dans le salon rouge et lit les grimoires qui remplissent les armoires jusqu'à tard la nuit. Il n'y prend aucun plaisir, et a la vague impression de plus en plus ressembler à ces Serdaigles qui passaient leurs journées dans la bibliothèque par peur de contacts extérieurs. Il essaie de se convaincre qu'il ressemble plus à l'adolescent rigolard qu'il était et qui leur renversait des pots d'encre sur la tête, mais ça ne marche pas.
Il ne veut pas rester ici plus longtemps. Il pensait que tout irait pour le mieux dans un univers plus familier, plus sorcier que chez Potter, mais c'est le contraire. Il se sent oppressé et seul.
Il fixe la cheminée par laquelle il est arrivé il y a trois semaines. Il n'a reçu la visite de personne. Et pourtant…
Il a vérifié sur le calendrier. Son horloge interne n'est pas détraquée et il y a une explication à l'euphorie qui règne parmi les elfes de maison.
Noël est bel et bien dans deux jours.
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Le sapin est haut, assez haut pour toucher le plafond du salon ; il est bourré de décorations rouges et dorées et son étoile penche un peu, mais il reste beau aux yeux de Lily, car c'est sa famille toute
entière qui l'a fait. Hagrid a coupé l'arbre lui-même et leur a apporté avec grand père Arthur, bravant tempêtes et marées uniquement pour eux- du moins, c'est ce que lui a raconté Oncle Ron. Mais selon Hermione, le transplanage était juste un peu cahoteux.
La table de la cuisine aussi est belle ; elle déborde de mets tous aussi appétissants les uns que les autres, et le plat préféré de Lily, un énorme gâteau aux fraises débordant de crème ; elle le fixe avidement depuis le début de la soirée, et ils ne devraient plus tarder à le manger car grand mère Molly a bientôt fini de se disputer avec Fleur.
Elle trottine dans le salon bondé, sautant au dessus d'Hugo et Dominique en pleine partie d'échec, et évitant soigneusement le coin ou Victoire et Teddy se regardent dans le blanc des yeux sans un mot, pour atterrir entre le cercle qu'ont formé Al, Rose et James.
« Je t'échange mes crèmes canaris contre les chocogrenouilles… »
« Tu rigoles ?! Ca ne vaut même pas un bonbon à hoquet ! »
« Et des pralines longues langues, il vous en reste ? »
« Où il est, Score ? »
Albus se tourne vers elle, tandis que la monnaie sucrée passe de mains en mains.
« En haut, il se sentait pas bien. Tu lui veux quoi ? »
Elle a un grand sourire qui découvre toutes ses dents manquantes, et son grand frère roule exagérément des yeux.
« On va bientôt manger le gâteau ! Celui avec les fraises, tu sais ? »
« Merveilleux, merveilleux. Tiens, va jouer. »
Le brun lui fourre ses crèmes canaris invendables dans les mains et retourne à ses affaires, mais Lily peut bien voir qu'il fouille dans la poche du manteau de Rose discrètement. Elle soupire et trottine jusqu'à l'étage, jetant au passage les bonbons dans la poubelle.
« Score ? », appelle t'elle en poussant la porte de la chambre.
Son frère est assis devant la fenêtre, son doigt traçant des dessins dans la buée qui recouvre la vitre. Elle le rejoint et dessine un soleil joyeux, entourant ses nuages et ses éclairs.
« Pourquoi tu dessines toujours des choses tristes ? », demande t'elle.
Il a un sourire et tend les bras, la soulevant du mieux qu'il peut sur ses genoux.
« Les éclairs ne sont pas tristes. Papa en a un sur le front, tu sais. »
« Mais Papa est souvent triste. »
Il y a un silence troublé par les sons de fête en bas, et des rires bruyants d'oncles Fred et George. Lily enfoui son visage dans le pull tricoté main de son grand frère et ferme les yeux, se laissant bercer.
« J'aurai voulu qu'il soit là. »
Ce sont des paroles vides de sens pour elle, mais elle peut sentir le regret. Elle ouvre les yeux et passe ses bras autour du cou de Scorpius, déposant un baiser sur sa joue.
« Score, c'est Noël. Faut pas être triste, d'accord ? Vient manger le gâteau ! »
Il rigole et repose la petite rousse par terre, la suivant tandis qu'elle trottine dans le couloir et descend l'escalier d'une manière lente et méthodique, une marche après l'autre, pour ne pas tomber.
Il ne verra jamais le hibou grand duc déposer un paquet sur le rebord de la fenêtre, ni le soleil s'effacer pour laisser place au givre. Et jamais il ne saura qu'à des centaines de kilomètres de là, un homme s'est mis en danger pour lui offrir un cadeau de Noël.
Non, jamais il ne le saura.
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« Maitresse Parkinson vous attend dans le salon rouge, Maitre Malfoy ! »
« Hmm. »
Il écarte une mèche pâle de devant ses yeux, essayant de la caler derrière une oreille. Peine perdue.
« Maitresse Parkinson a dit que vous deviez vous presser, Maitre Malfoy. »
« C'est ça. »
Il sort la baguette glamour du tiroir de la coiffeuse et vise ses joues creusées. Peut être qu'un ou deux sortilèges…
« Et aussi qu'il était inutile de se couvrir de sorts car vous n'alliez être que tous les deux, Maitre Malfoy. »
Il soupire, jette la baguette inefficace sur le meuble et sort de la chambre, ignorant le miroir qui s'offusque de son comportement d'enfant gâté. Pansy le connait définitivement mieux que lui-même.
« Ah, notre princesse consent enfin à nous rejoindre ! Qu'est ce qui t'as pris autant de temps ? »
Sa meilleure amie est sublime dans sa robe de velours rouge, assise bien droite dans son fauteuil en cuir de dragon véritable ; ses doigts parfaitement soignés tiennent nonchalamment un verre de whisky pur feu, faisant rouler le liquide à la lumière de la cheminée. Il essaie de ne pas penser à son apparence et se redresse.
« Entre ton miroir parfaitement inutile en conseils et ton insupportable elfe, je ne sais pas. »
Elle sourit et lui montre le fauteuil en face d'elle, où il s'installe avec délectation. Presque aussitôt, un verre apparait à côté de sa tête, et il s'en saisit.
« Tu n'avais rien prévu pour ce soir ? »
« Habituellement, je vais à des bals, mais je préfère passer Noël en tête à tête avec un bel homme intelligent plutôt qu'entourée d'abrutis intéressés. »
Il ri et boit une gorgée, se détendant presque immédiatement dans son fauteuil. Il est assuré de passer une bonne soirée avec une femme pareille.
La main sur sa cuisse n'est pas là pour le démentir.
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« Un matériel de potions ? »
Le sourire énorme de son fils arrive presque à le convaincre que c'est une bonne idée.
« Regarde ! Il y a toute une collection de livres pour les débutants, des ingrédients…Et même un chaudron pliable de première qualité ! »
Scorpius lui met dans les mains le chaudron de cuivre neuf, luisant de propreté. Il lance un discret sort de dépistage de magie noire tandis que le blond retourne à son paquet. Rien de suspect.
« Je ne peux pas attendre de m'y mettre ! Tu crois que je peux l'installer dans la cuisine ? Ca dérangerait maman ? »
« Euh, je ne pense pas que ce soit… »
Le regard suppliant de Scorpius achève de détruire les remparts de sa méfiance. Et le fait qu'Al refuse obstinément de lâcher le Manuel avancé de potions en lui lançant un regard noir, aussi.
« …Pourquoi pas le grenier ? Je ne suis pas sur que maman apprécierait que tu envahisses sa cuisine… »
Surtout avec un cadeau de Malfoy.
« Oh, merci, merci, merci ! »
Il est déjà en train de mettre ses livres dans son chaudron flambant neuf lorsque Lily intervient.
« Mais tu arriveras à en faire ? Je veux dire…Sans magie ? »
Le blond se tourne vers elle, une expression qu'il veut hautaine perturbée par son énorme sourire.
« Ca ne demande pas de baguette ou de savoir voler, les potions ! Pas vrai, papa ? »
Harry acquiesce mollement, se rappelant ses chaudrons explosés et ses éternels zéros en classe de potion. Peut être pas une si bonne idée que ça, après tout.
« Mais à une condition. »
Ses trois enfants se tournent vers lui dans leurs robes de chambre, le regard brillant d'excitation. Al est déjà en train d'ouvrir les sacs d'ingrédients.
« Pas un mot à maman. Pas un seul, compris ? Sinon, vous pouvez dire adieu à votre chaudron. »
Ils acquiescent gravement, leur enthousiasme calmé pour le moment. Si Ginny venait à apprendre ça, ce n'est pas qu'au chaudron qu'ils devront dire adieu. Ils ont un soupir collectif, et le silence s'abat sur la cuisine…
…pour deux secondes.
« …Vous croyez qu'on pourra faire un philtre d'amour ? »
« C'est pour les filles ! Moi je veux faire une potion d'amnésie ! »
« Je vous interdit de faire ça ! »
Même à l'autre bout de l'Angleterre, Malfoy arrive à semer la zizanie parmi eux. Ca promet.
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C'est partout sur lui, fouillant son corps et touchant sa peau, et il ne sait pas quoi en faire, donc il repousse ces mains moites, ne prenant même pas la peine de marmonner une excuse car ce n'est pas lui qui a commencé.
« Qu'est ce qui te prend ? »
Son amie est en face de lui sur le fauteuil, ses longs cheveux bruns décoiffés et ses joues rougies ; ses yeux brillent d'une façon bizarre qui donne à Draco l'envie de partir en courant. Il ne sait pas pourquoi il réagit comme ça mais il sait que ce n'est pas bon, qu'il ne veut pas faire ça avec elle, jamais.
« Draco, ça va ? »
« Ne fait pas ça. »
Elle fronce les sourcils, redressant son décolleté qui envahissait la vue de Draco il y a à peine quelques secondes. Il ferme les yeux pour oublier cette vision.
« Pourquoi ? Je pensai… »
« Ne le fait pas, c'est tout. »
Il ouvre les yeux à temps pour voir le joli visage de Pansy rouge de honte et ses yeux noirs pleins de larmes. Il veut dire quelque chose, n'importe quoi, mais rien ne sort.
« Je dois y aller. »
Le temps qu'il se lève du fauteuil, Pansy a déjà transplané, laissant derrière elle un verre de whisky pur feu à moitié vide. Il s'en saisit et le boit d'une traite, essayant de reprendre ses esprits, en vain.
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Une pierre de lune pour l'équilibre…
La fine poudre d'un blanc laiteux glisse dans le liquide bouillant, qui tourne lentement dans son chaudron. Les bulles s'arrêtent d'éclater à la surface et tout devient calme…
De l'essence d'ellébore pour l'anxiété…
Ce ne sont que trois gouttes, mais distillées au bon moment et à la température adéquate, leur effet est magique…
Une racine d'armoise…
La potion prend une douce couleur nacrée et s'arrête de tourner, ses effluves réchauffant le visage de Scorpius dans cet hiver trop froid.
Il n'est qu'à deux pas de la réussite…
Fleur de sisymbre…
Il se saisit de la cuillère en bois, tournant lentement sa préparation comme indiqué dans le manuel avancé de potions.
Trois tours à gauche. Un tour à droite. Deux fois.
Il arrête le feu, repose la cuillère et se saisit d'un gobelet en plastique.
Attendez quelques minutes et buvez chaud ou froid.
Il lui suffit d'une seule gorgée pour savoir que sa première potion est un succès. Mais il ne saute pas au plafond comme il l'aurait voulu, car il doit être 4 heures du matin et la dernière chose qu'il souhaite est réveiller sa mère.
Il remplit une gourde du précieux liquide, qu'il fera gouter à sa famille demain matin, et s'avance vers Bella, la chouette familiale. Celle-ci ouvre un œil alerte et s'accroche à son bras, tendant le bec pour une gâterie ; Scorpius lui donne de bon cœur.
Quelques minutes plus tard, il la regarde s'envoler par la lucarne du grenier, planant aisément au clair de lune.
Le petit flacon de verre qu'il a glissé dans son enveloppe avec la lettre devrait suffire pour quelques heures.
« Joyeux Noël, Draco, » murmure t-il le sourire aux lèvres.
En fait, c'est vraiment n'importe quoi hein, on est en plein été caniculaire et je fais une fic qui se passe en hiver 3.3
Rewiews ? :)
