*sort discrétement de sa cachette* ...hm...désolée d'avoir été aussi longue ? Pardon d'avoir déserté ? J'ai oublié mon mot d'excuse et j'étais à l'enterrement de ma grand-mère ? Rien ne saurait excuser une si longue absence (pas même le coup de la grand-mère), donc je me contente de demander pardon en tendant humblement le prochain chapitre.
Merci à tous pour vos rewiews et bonne lecture ^^
« C'est parce que tu ne les surveilles jamais assez ! »
« Comment voulais-tu que je les surveilles en pleine nuit ?! »
Sa femme serre les dents, sa mâchoire crispée au maximum ; ses yeux bruns lancent des éclairs meurtriers, mais Harry est loin d'être intimidé.
« Tu aurais pu bloquer l'accès à la cheminette. »
Il a un ricanement. « Tu aurais très bien pu le faire toi-même. Avoue que tu n'as même pas songé qu'un des deux puisse l'utiliser tout seul. »
La rousse a un grognement, s'affalant dans le canapé ; ils viennent à peine de se lever pour trouver la chambre des jumeaux vide, et la seule chose qu'ils aient trouvée à faire a été de se crier dessus pendant un quart d'heure. Il soupire et fixe la cheminée avec insistance, se doutant bien de la destination des enfants. Il se saisit d'une poignée de poudre de cheminette et s'engouffre dans l'antre, ne prêtant pas attention aux objections de sa femme.
« Le manoir Parkinson, » annonce t-il froidement, plus qu'heureux d'avoir une excuse pour se séparer de Ginny.
Quelques instants plus tard, il découvre une grande salle aux murs rouges sang, couverts de tableaux et avec quelques fauteuils ici et là. Des murmures de réprobation s'élèvent des murs lorsqu'il sort de la cheminée baguette parée.
L'un des tableaux, une vieille femme à l'air teigneux dont le nez retroussé lui rappelle celui de Parkinson, le regarde avec dégoût. « Vous ressemblez comme deux gouttes d'eau à cet affreux gamin… »
Il hoche la tête, habitué à entendre des reproches concernant ses fils. « Je suis désolé. Vous savez où il est ? » La vieille grogne et a un vague geste de la main en direction du fond du couloir. Il la remercie et continue son chemin, tombant bientôt nez à nez avec une porte sous laquelle filtre une douce lumière. Il la pousse lentement.
Draco est assis dans un fauteuil en cuir, un livre à la main ; allongé dans un lit à baldaquin gigantesque, il reconnait la tête blonde de Scorpius, dont le reste du corps est dissimulé sous une grosse couette. Il soupire de soulagement, et Malfoy tourne la tête vers lui.
« Tu en as mis du temps, » fait-il tranquillement. Harry hausse les épaules.
La chambre est plus chaude que le couloir, et au lieu de la lumière grise du matin qui embaume le reste du manoir, elle est teintée d'une atmosphère propre aux chambres d'enfant. Il y a des coffres à jouets dans les coins, et des lampes en forme de gargouilles souriantes accrochées aux murs, enveloppant tout d'une douce lueur jaunie. Il se demande si Parkinson a un enfant, et espère sincèrement que non.
« C'était ma chambre, murmure Malfoy. C'est la mère de Pansy qui a tenu à la décorer. »
Il a un petit sourire, se rappelant l'affreuse robe surchargée de dentelles de Pansy au bal des 3 sorciers. Puis il se rappelle de quelque chose d'autre.
« Où est passé Al ? Je croyais qu'ils étaient venus ensemble ! »
Le blond hausse les épaules. « Il voulait explorer le manoir. Je ne vois pas pourquoi je l'en aurai empêché. »
« Tout seul ?! »
« Il n'y a pas d'artefacts de magie noire, » soupire Malfoy. Puis rajoute avec un sourire mélancolique ; « Ni de fantômes, d'ailleurs. » Harry hausse un sourcil à cette précision, et vu que Malfoy semble ne pas vouloir en rajouter, se contente de regarder la forme endormie de Scorpius.
« Ils t-ont dit pourquoi ils sont venus ? »
« Scorpius voulait juste me voir. Et je suppose qu'Albus Sévérus adore l'aventure ? »
Harry hoche la tête vivement et s'assoit au bord du lit, tandis que le blond repose son livre sur la table de nuit.
« Ton fils m'a dit que vous vous disputiez, Weasley et toi ? » Il grogne en réponse.
Le silence s'éternise. Il sent le regard de Malfoy sur lui, et finit par craquer.
« Je pense…Peut-être…On va divorcer, » marmonne t-il. C'est la première fois qu'il exprime cette pensée ouvertement, et il la dit à la dernière personne qu'il faudrait.
Un « Quoi ? » éberlué lui répond. Malfoy le fixe avec les yeux écarquillés. « C'est de ma faute, » fait-il avec ce qui ressemble à de l'effroi.
« En partie, je suppose. » Il n'en veut pas franchement au blond. Après tout, c'est lui qui a adopté Scorpius, lui qui a menti à sa femme, et encore lui qui n'arrive même pas à trouver l'envie de sauver son couple du naufrage.
Et il n'arrive pas à s'en vouloir non plus, parce que quelque part, il a la vague impression d'avoir attendu ce moment dès son mariage. Il a aimé Ginny, et il aime profondément ses enfants, mais…ça n'aurait pas marché éternellement. Ca n'aurait pas pu marcher.
Parce qu'il ne le désirait pas.
« Je suis désolé, » avoue Draco. « Je le pense sincèrement. Je n'ai jamais voulu ça. »
Il tourne la tête vers le blond, et a un sourire en décelant du vrai remord dans ses yeux. « Je sais. Je ne te tiens pas responsable de ce qui arrive. »
Le regard que lui lance Malfoy est étrange, mais il ne dure pas longtemps, car Scorpius se réveille à côté d'eux, frottant ses yeux d'un air endormi.
Après avoir récupérer Albus, qui était occupé à réveiller tous les tableaux du manoir à coups de bâton trouvé on ne sait où, Malfoy les raccompagne à la cheminée. Les enfants l'embrassent vivement sur la joue, comme ils l'auraient fait pour Ron ou Hermione, et s'engouffrent dans l'antre. Harry a un moment d'hésitation, et finalement tend la main au blond. Celui-ci la prend sans un mot désagréable, affichant un simple sourire.
Ils rentrent chez eux.
OoOoO
Ils signent les papiers de divorce en Janvier. Ginny part vivre chez ses parents le temps de trouver un appartement.
Elle a obtenu la garde des enfants.
« Je ne voulais pas que ça finisse comme ça, Harry, » lui dit-elle au moment de partir. « Je-Je t'aime en… »
Il la prend dans ses bras, incapable d'en entendre plus. « C'est de ma faute, » marmonne t-il. « J'ai été un mari pitoyable, je suis désolé. »
A sa grande surprise, la rousse a un petit rire. « J'ai été heureuse avec toi, Harry, et tu as été un père merveilleux. J'espère seulement que c'était réciproque… »
Il hoche vivement la tête, puis, sentant que ça ne suffit pas ; « Je t'ai vraiment aimé. S'il te plait, ne doute pas de ça. »
Elle lui sourit, ce genre de sourire tordu mais sincère qu'elle lui donnait les jours où les bébés avaient trop pleuré, les soirs où il rentrait trop tard. « Tout ça à cause de… »
Il secoue la tête. « Ca n'aurait pas pu continuer comme ça. » Les larmes recommencent à couler sur les joues pâles, et il serre son ex-femme plus fort, comme lorsqu'ils s'aimaient encore, comme lorsque c'était encore possible, et quelque part, tout au fond de lui, il sait qu'il n'aurait jamais souhaité plus.
« S'il te plait, pardonne-moi. »
OoOoO
Il a appris la nouvelle dans la gazette, comme le reste de la communauté sorcière ; Potter et son ex-femme font les gros titres du monde entier pendant des semaines, et même leurs enfants ont trouvé leur place dans les colonnes noires de lignes.
« Tout ça pour un putain de divorce, » marmonne Pansy en jetant un regard hargneux au numéro de ce matin. « Je suis presque sure qu'ils n'ont pas fait tout ce foin quand le Maitre est revenu. »
Draco se contente d'hausser les épaules. Lui, il est presque sur que Pansy est juste horriblement jalouse.
Les jours s'écoulent et les journaux s'empilent. Draco s'adoucit en même temps que le temps, commençant lentement à s'habituer à cette nouvelle liberté, à pouvoir passer d'une salle à une autre sans risquer sa vie, à boire et manger à sa faim. Faute de mieux, il discute avec les elfes de maison au lieu de passer ses journées à la bibliothèque ; les créatures sont loin d'être intéressantes, mais les activités auxquelles se livre sa meilleure amie, elle, le sont assurément.
Sa préférée est une jeune elfe, qui porte des chaussures et lave ses vêtements avec un soin tout particulier ; elle a vraiment dans l'idée qu'elle est égale aux sorciers, et même si ça insupporte Draco, elle s'exprime mieux que les autres, et est surtout beaucoup plus bavarde.
« La maitresse rentre toujours au milieu de la nuit, habillée tout en noir, et avec ce sac toujours terriblement lourd…Oh, elle m'a dit de ne rien dire aux aurors, mais pas à vous, monsieur Malfoy, et… »
« Où il est, ce sac ? »
L'elfe hausse les épaules, époussetant rapidement une poussière sur sa manche. « Elle me dit de le poser dans la salle remplie d'objets, au fond du couloir est. Je n'ai jamais compris pourquoi elle avait installé une cheminée là, d'ailleurs. »
Il ne prend pas la peine de la remercier et va inspecter cette salle de plus près ; Il y a effectivement une cheminée, et ce n'est pas par celle-ci qu'il est arrivé.
Il y a tellement d'objets qu'il risque plusieurs fois de trébucher dessus. Il se rappelle d'Albus parlant frénétiquement d'artefacts de magie noire, et de s'être demandé comment les enfants avaient passé les sortilèges de protection par cheminette.
« Albus et Scorpius n'étaient pas armés, marmonne t-il pour lui-même. Mais Potter, si… »
Au bout d'un moment, il tombe sur un sac à main d'un banal affligeant. Il hausse un sourcil et essaie de l'ouvrir ; il n'a droit qu'à une petite étincelle d'avertissement de la part de la boucle.
Pansy passe ses nuits dehors, habillée en noir, avec un sac extrêmement lourd et impossible à ouvrir sans baguette, réfléchit-il. Il y a deux réseaux de cheminette, un accessible pour des gens armés, et un autre pour ceux qui auraient été prévenus…
Il se rappelle de Pansy se plaignant de raids d'aurors, et du ministère lui soutirant autant d'argent qu'il pouvait en profitant de la haine ambiante à l'encontre des sangs-purs. Une idée lui vient soudain.
« Un commerce d'objets magiques ? » marmonne t-il. Mais aucun des débris de cette salle ne se vendraient, même pas chez Barjow et Beurk.
A moins que…
Il fronce les sourcils et retourne à l'entrée ; puis, pas après pas, traverse la salle le plus lentement possible, écoutant le moindre grincement.
Au bout d'un moment, un craquement sourd lui répond ; il se baisse, soulevant un vieux tapis posé là intelligemment, et découvre une poignée dissimulée magiquement pour n'être vue que par ceux qui s'y attendaient.
« Gagné. »
Il s'apprête à la soulever, trépignant quasiment d'impatience à ce qu'il va découvrir, mais un glapissement derrière lui l'arrête. Il n'est pas surpris de voir Pansy dans l'encadrement de la porte, habillée de ce fameux ensemble noir.
« C'est les elfes, » fait-elle avec plus de colère que de surprise.
« Hm, » acquiesce t-il. Puis, un peu gêné ; « Désolé d'avoir fouiné ? »
Elle soupire et hausse les épaules. « J'ai accueilli un serpentard chez moi, j'aurai du me méfier un peu plus. » Il sourit tandis qu'elle le rejoint au milieu de la salle, rabattant sa capuche derrière elle. « Vas-y, tu t'apprêtais à l'ouvrir, non ? »
Il ne se gêne pas pour le faire ; il tombe nez à nez avec un trou béant, mais Pansy l'éclaire avec sa baguette, découvrant…
« …Wow, souffle t-il. Tout ça ? »
« De longues années de dur labeur, » fait-elle avec une certaine fierté en descendant les escaliers. La cave est remplie à ras bord d'objets étranges, pour la plupart indubitablement noirs et surement pas dans la liste d'artefacts légaux du ministère, selon Draco. « J'ai organisé un véritable commerce du côté des sorciers. Et ces imbéciles d'aurors qui ne savent rien…Crois moi, ça fait des années que Potter s'arrache les cheveux sur ce dossier, et tout ce qu'il a réussi à trouver, c'est que le commanditaire est peut-être une femme. »
Il ricane. Le brun sera toujours une source intarissable d'amusement pour lui. « Mais où est-ce que tu as trouvé tout ça ? Je croyais que tu étais sans le sou ? »
« Qui t'as dit que j'ai acheté ? » fait-elle avec une sorte de joie extatique qui déborde de ses mots. Lui perd son sourire.
« Tu voles ? Toi ? Une sang-pure, réduite à… »
« Oh, Draco, fait-elle nonchalamment en déplaçant un sac, ça fait longtemps que le sang n'a plus d'intérêt au sein des affaires. Tu sais qui dirige pratiquement le département des lois magiques ? Cette sale petite sang de bourbe de Granger ! »
Ses yeux ne peuvent pas s'écarquiller plus. « Mais l'honneur ? La tradition ? Voler, pour une grande famille comme la tienne, c'est…C'est indécent ! »
Les yeux de Pansy reprennent cet aspect vitreux qu'il avait rencontré il y a quelques mois. « Quel honneur ? Quelle tradition ? Nos parents sont morts, nos amis en prison, notre réputation trainée dans la boue…Et tu crois qu'on se soucie encore de ça ? Toi, Draco, qui a passé 9 ans à Azkaban, tu te soucies encore de ça ? »
« Comment est-ce que tu peux dire ça ?! » s'écrie t-il. Il sait au fond que Pansy n'a surement pas eu d'autre alternative, mais il ne peut pas accepter ça. « Mon fils-Mon fils a le sang le plus pur d'Angleterre, je pensais-Il devrait être respecté par toute la haute société… »
« Tu crois que ça les intéresse ? Ricane-t-elle. Ouvre les yeux, Draco ! Tout ce qu'ils verront, c'est le rejeton d'un mangemort fanatique! Et puis franchement, ton fils… »
Il serre les poings, se sentant bouillonner. « Quoi ? Qu'est ce qu'il a, mon fils ? »
La brune se tait soudainement, comme si elle venait de se rendre compte de quelque chose, et le fixe avec désarroi. « Rien. Je…Oublie. »
Il cligne des yeux. « Qu'est ce qu'il y a ? » Sa meilleure amie se mord la lèvre.
« Tu…Devrais poser la question à Potter. Oh, il a passé un coup de cheminette ce matin… Il voulait que tu le contactes… »
Il a à peine le temps d'ouvrir la bouche que la brune a déjà disparu par les escaliers. Draco fronce les sourcils et esquisse un geste pour la rejoindre, mais la jeune femme réapparait un instant.
« Oh, et Draco…Tu ne diras rien, n'est ce pas ? »
Le ton est plus mordant qu'aimable. Il a un sourire froid.
« Non…Bien sur que non, Pans', pour qui tu me prends ? »
OoOoO
Il est réveillé en sursaut par les cris qui s'élèvent de la cheminée du salon ; à moitié habillé, il se traine jusqu'à l'âtre, et se rend compte un peu tard qu'il a oublié de mettre ses lunettes.
« Oh merlin, Potter, tu es dans un état pitoyable, » fait la voix.
« La ferme, » marmonne t-il mollement en se frottant les yeux. « C'qui ? »
Il y a un reniflement de dégoût. « Malfoy. Pansy m'a dit que tu voulais que je te contacte. Tu as bu, non ? »
« Ah, ouais, ça, » fait-il après un bâillement. « Je suis dans le coaltar, Malfoy, t'as vu l'heure qu'il est ? »
« Oui, trois heures moins le quart. »
Il y a une petite pause gênée. « Ecoute, je suis en plein congé… »
« Et tu en profites pour te mettre minable ?, » rigole Malfoy. Le brun roule des yeux. « Bref. Pourquoi tu m'as appelé, Potter ? »
Nouvelle pause. « Hm. Euh, je…Hm, suppose que tu as lu les journaux ? »
« Je me suis contenté d'écouter Pansy se plaindre à longueur de journée de voir ta tronche partout… »
« Hm. Quelle femme charmante. »
« Arrête de tourner autour du pot, Potter, et dis moi ce que tu veux, j'ai pas tout mon temps. »
Il inspire un bon coup. « Est-ce que tu veux venir vivre ici ? »
Troisième pause, beaucoup plus longue. Tellement qu'il a le temps de chercher à tâtons ses lunettes parmi les verres de pur feu à moitié vides. « Pardon ? »
« J'ai dis, est ce que tu veux… »
« J'ai très bien entendu la première fois, abruti ! Pourquoi est-ce que je voudrai venir ici avec toi ? »
Le brun se gratte l'arrière du crâne avec attention. « Hm, Scorpius sera là une fois par semaine… »
« La rouquine te tuera si elle apprend que tu m'as laissé l'approcher. »
« Ho. C'était, heu, comme qui dirai, dans le contrat. »
Un « Quoi ? » éberlué lui répond. « Quel contrat ? Le contrat de divorce ? Comment tu as pu mettre ça dans le contrat ? Pourquoi tu as mis ça dans le contrat d'ailleurs ? Pourquoi Weasley a accepté ? Qu'est ce que… »
« Doucement, doucement, » fait-il le sourire aux lèvres. « J'en ai longuement discuté avec Ginny, et on en est arrivés à la conclusion que c'était le mieux pour Scorpius. Elle accepte à la condition que je sois toujours présent, et que tu sois soumis au serment inviolable. »
Il peut pratiquement entendre Malfoy réfléchir. Son visage est tendu, mais un air ravi y plane quand même.
« Ok, » fait-il à la surprise d'Harry. « Pas de problème. »
« Tu ne sais même pas en quoi consiste le serment ? »
« On s'en fiche de ça, » répond t-il avec ferveur. « J'emménage quand ? »
