Hey tout le monde ! Encore une bonne pause avant le nouveau chapitre...
Réponses aux rewiews !
Hasuu : Hé oui, enfin :) Merci de ta rewiew !
Hlo : Merci beaucoup pour ce beau commentaire 83 J'espère que la suite te plaira tout autant !
Felinness : Waouh, la longue rewiew ! Je vais essayer de répondre correctement. Oui, Ginny emporte les enfants avec elle- Mais la plupart des divorces se passent ainsi, c'est triste à dire, mais c'est vrai...Il y en a un qui gagne (la mère, le plus souvent), et un autre qui perd...Je pense que personne n'était en état d'expliquer tout clairement aux enfants. Ginny était effondrée, Harry devait gérer tellement de choses- et je pense que Molly était tellement surprise par la nouvelle qu'elle n'a pas su quoi dire ou quoi penser. Mais elle s'occupe quand même de ses petits enfants en attendant que Ginny aille mieux.
Je pense que ton avis sur Ginny est quand même un peu dur...Tu pardonnerais, toi, si ton mari t'avait caché tant de choses, avait mis votre famille en danger pour un assassin ? Personnellement, je lui aurait enlevé mes enfants vite fait et je me serai réfugiée dans un endroit sur avec eux XD
Merci pour ta rewiew, il n'y a rien que j'aime plus que les critiques :)
Desiderata-girl : JAMAIS ! PLUTOT MOURIR ! Mais tu vas surement deviner pour Albus là...Fais moi part de tes réflexions (mais ne spoile pas dans les rewiews quand même !) !
Na0k0-chan : Merci beaucoup :) surtout pour le très bien pensé, parce que j'ai la vague impression qu'elle part en live, cette fic. J'espère que tu aimeras la suite ! (ps : magnifique avatar XD)
LumiNuitey : Merci beaucoup pour tout ces compliments :) ! Je n'étais pas sure de moi pour décrire le divorce-tout simplement parce que je ne sais pas ce que ça fait. J'ai du trifouiller dans les méandres de mon imagination...Et j'ai la vague impression que tu comprends mieux que moi ce que j'ai écris.
Désolée pour la période critique (j'espère que ça va mieux)...
Par contre, pour la fratrie qui se soude, je n'ai eu aucun mal à imaginer. J'ai un frère et une soeur, et dans les périodes de crises, nous avons déjà eu ce réflexe de se réunir dans une des chambres pour construire une cabane de draps et y apporter des vivres, comme des exilés en terre hostile...Je crois que nous ne sommes pas les seuls à avoir fait ça.
Pareil pour la nouvelle maison. Je sais que c'est idiot, mais je n'ai jamais supporté de quitter ma maison, celle que mes parents avaient construit en s'endettant pour des années pour nous voir grandir à la campagne. C'est comme quitter un cocon auquel on appartient, rempli de souvenirs d'enfance, de grandes scènes familiales...C'est ce même sentiment dont tu parles, cette sensation que tout bascule, que tout change. On est persuadés qu'on en trouvera plus jamais, des endroits, une famille comme ça, mais les choses finissent toujours pas s'arranger avec le temps.
Aimer avoir mal avec les personnages ? Oui, peut-être...(enfin, il y a intérêt, vu que mes personnages sont quasiment la définition de la douleur : ils passent leur temps à souffrir).
Et hm...Désolée de t'avoir mis les larmes aux yeux, aussi (non, je suis pas contente, voyons !).
C'est vrai que c'était la fin la plus plausible-j'ai du mal à imaginer comment ça aurait pu se passer autrement-mais je trouvai ça "expédié". Si Rowling avait développé la relation de Ginny et Harry, je n'aurai pas réagi de cette façon je pense...Mais je ne crois pas qu'elle soit faite pour écrire des histoires d'amour, en fait. C'est pas son truc, tu ne trouves pas ?
Merci encore une fois pour tes rewiews ^^ J'espère que la suite te plaira tout autant et que tu ne me lançera pas des pierres vu tout le temps que je met à poster !
Bisous !
(oh, et ps : j'ai fait quelques fanarts, mais vu que j'ai stoppé mon blog, il va falloir que je les héberge autre part...je te préviendrai quand ça sera fait !)
Caroline : Aw, you're such a cute one ! Merci pour toutes ces rewiews, tu es un ange...Je te spoilerai pendant des heures en narguant Julie, tu vas voir, ça va être génial.
Voilà ! Bonne lecture ! N'hésitez pas à me faire part de toutes critiques/cris indignés/vomissements dans vos rewiews !
Il a l'impression de vivre comme dans un rêve.
Les scènes s'enchainent, sans fil conducteur ; les paroles sont floues et il n'arrive pas à suivre tout ce qu'on lui dit, et pourtant, il se lève, marche, boit son café au bureau, tous les matins, le même depuis 10 ans. Il continue de travailler, beaucoup plus qu'auparavant, lui dit Anthony du département des transports magiques, mais Harry n'arrive pas à faire la différence.
Il capte les regards condescendants ou compatissants sur lui, et les pupilles de son meilleur ami dans son dos, qui lui trouent la peau ; ses paroles dédaigneuses à peine murmurées pèsent sur sa conscience, et il pense qu'il est soulagé que Ron ait déménagé de leur bureau commun il y a 3 ans.
Il se voit rentrer chez lui le soir, il voit des cheveux blonds dans un flash, il mange, dort un peu- et il sent le vent frais du printemps s'engouffrer sous son manteau lorsqu'il va récupérer les enfants pour la semaine, la récompense salvatrice pour toutes ces semaines de voyage en solitaire.
Ginny l'emmène à l'étage, lui montrant la maison neuve, et il hoche la tête mollement, approuvant, oui, vous serez bien ici. Il voit la chambre de James, une grande salle aux murs jaunes, squattée par ses frères et sœur dans un bordel monstre. Il n'a pas l'impression de parler, mais sa gorge vibre douloureusement et Ginny lui répond des choses ineptes, avant de refermer la porte et de redescendre l'escalier.
Ils se sont installés dans le salon, juste en face de la baie vitrée : il est à peine neuf heures et le soleil a refait son apparition, jouant à cache-cache avec la brume grisâtre du matin.
Cette fois, il est sur qu'ils ne parlent pas. Ginny a fait le thé, juste comme Harry l'apprécie, et ils savourent en silence ce souvenir amer, ces flashes de matinées passées dans leur lit, dans le salon, à boire exactement le même liquide, dans ces mêmes tasses, offertes par Molly le jour de leur mariage.
Sauf qu'autour d'eux, tout a changé.
La maison, les fauteuils sur lesquels ils sont assis, leurs doigts crispés, les cernes de Ginny et ses propres rides, tirant perfidement au coin de ses yeux- tout lui rappelle qu'ils sont vieux, qu'ils sont fatigués de tout cela, que tout ce qu'ils ont construit a été détruit par leur faute, par sa faute : il n'a plus ses enfants à ses côtés pour lui montrer qu'ils ont réussi à créer quelque chose, quelque chose de beau et d'unique, quelque chose de vivant et qui grandit, grâce à eux. Il n'a plus le regard reconnaissant de Malfoy posé sur lui, ni la main rassurante d'Hermione sur son épaule.
En cet instant, il n'a que les yeux fatigués de son ex-femme, qui a déposé les armes. Cela l'attriste plus qu'il ne le voudrait, parce qu'il n'a pas connu Ginny faible. Ginny ne s'est jamais montrée faible.
Un petit son de vaisselle qu'on repose sur sa coupelle le tire de ses pensées. Ginny lui demande d'une voix atone s'il a finit, si elle peut débarrasser, et il lui tend sa tasse à moitié vide avec un pauvre sourire. Elle s'en va dans la cuisine sans un mot, sa longue robe de sorcière trainant derrière elle.
A peine a-t-elle disparu derrière un pan de mur qu'un bruit de pas le fait se tourner.
Un des enfants se tient dans l'escalier, les pieds nus et le pyjama débraillé. Harry sent son cœur gonfler dans sa poitrine et ses lèvres s'entrouvrir pour dire le nom, mais sa voix se bloque dans sa gorge et ses yeux s'écarquillent, vifs, concentrés et conscients pour le plus bref des instants.
Ce n'est pas un petit corps chétif qui se tient sur la marche de bois, et le visage caché par les ombres, Harry le connait, il connait cette expression, et ces doigts fins et pâles, d'un blanc maladif, qui se tendent vers lui comme il brandit sa baguette…
Avada Kedavra !
Il ferme les yeux, fuyant la vision, fuyant cette sensation qui l'assaille de toutes parts, qui lui hurle, oh, tu crois pouvoir t'échapper, mais il sait bien que ça ne finira jamais, Potter !
« Papa ? »
C'est le premier mot qu'il entend distinctement depuis ce qui lui semble une éternité. Il rouvre les yeux. Ses enfants sont devant lui, dans l'escalier, le fixant comme s'il était un fantôme, comme s'ils n'y croyaient pas. Leur peau est pâle, c'est vrai, mais pas comme la sienne, la leur est pure et laiteuse, et leurs yeux brillants…
Ils ne lui ressemblent pas.
C'était juste une hallucination. C'était juste la fatigue. Il est mort, il ne reviendra plus, et tu dois arrêter d'y penser, une bonne fois pour toute.
Il se jette hors du canapé, les bras tendus et les yeux humides : il serre ses enfants contre lui, embrassant leurs paupières, caressant leurs cheveux et essayant de tous les prendre dans ses bras, de tous les garder contre lui en même temps, de ne plus laisser partir personne, jamais.
OoOoOoOo
Lorsqu'ils rentrent à la maison-la vraie, pas l'usurpatrice où leur mère les a enfermés-, Lily pousse un cri de joie, détache enfin sa main de celle de son père et se jette dans les escaliers, abandonnant la petite troupe pour sa chambre tout en criant, papa, vient m'aider à décharger mon sac !
Leur père souri et fait voler leurs bagages le long du couloir, se débrouillant pour rejoindre l'étage sans rien laisser tomber, tout en gardant un œil sur eux, mais Scorpius pense que ce n'est pas vraiment la peine. Personne n'a envie de s'éloigner de lui de plus de quelques mètres en ce moment. Les doigts d'Al sont cramponnés à son t-shirt, et James a laissé son amertume de côté et lui jette des regards en coin constamment.
Ils retrouvent leurs chambres avec joie : elles sont propres et les lits sont parfaitement faits, mais leur père n'a jamais été très doué avec les sorts de ménage. Il jette un coup d'œil au couloir et se demande où se trouve Draco.
Lorsque leurs affaires sont enfin sorties de leurs sacs, ils s'assoient tous sur le lit de Lily, qui est un peu petit pour tout le monde-mais c'est toujours une bonne excuse pour se coller à leur père. Ce dernier les entoure de ses bras, les serrant contre lui, un sourire triste sur les lèvres. Il jette un coup d'œil à Al qui a fermé les yeux, bercé par les bras chauds.
Il y a un instant de silence où ils restent blottis les uns contre les autres. Puis leur père se met à parler, d'une voix grave que Scorpius ne lui reconnait pas :
« Je sais que c'est difficile pour vous. Et ça risque de durer comme ça un petit moment encore… »
Quelque part, il entend un reniflement.
« Mais maman et moi, on fera tout pour que ça se passe bien. Nous vous aimons plus que n'importe quoi au monde, et la dernière chose qu'on veut, c'est que vous soyez malheureux. Vous le savez, n'est ce pas ? »
Ils hochent la tête. James a l'air plus désemparé que jamais.
« Je suis désolé que ça se passe comme ça. Mais ça va aller mieux. Je vous le promets. »
Leur père embrasse leurs fronts un par un, et les serre plus fort.
« Je ferai tout pour que ça aille mieux… »
Pour le diner, il commande exceptionnellement des Magic's pizzas, quelque chose qu'ils ne faisaient jamais lorsqu'ils vivaient tous ensemble, parce que leur mère tient à leur santé. Celle aux 4 fromages surprises de Scorpius est grasse et délicieuse, dégoulinante sur ses doigts : le rire clair de Lily résonne dans le salon lorsque sa part commence à onduler comme une vague, éclaboussant ses joues de sauce tomate, et pour la première fois, il pense que, quelque part, il pourrait avoir quelques avantages, ce divorce.
OoOoOo
Il est déjà 11 heures lorsque Draco se décide à descendre de sa chambre ; il a entendu les enfants se coucher, et il est affamé. A peine arrive t-il au rez-de-chaussée qu'il sent les effluves de nourriture atteindre ses narines : il se lèche les babines, se glissant dans la cuisine et ouvrant la grande boite froide (fri-beau ou quelque chose du même genre) comme un malpropre.
Potter le rejoint au moment même où il porte la part de pizza froide à sa bouche : c'est la première fois qu'il a l'air aussi heureux depuis des semaines, et son sourire est contagieux. Draco s'assoit à même le meuble, juste à côté de l'évier, comme s'il avait encore 16 ans et qu'il avait une conversation de minuit avec Blaise.
« Ca s'est bien passé ? »
Le sourire de Potter est si large qu'il découvre ses dents. « Beaucoup mieux que je ne l'espérai…C'est pas encore la joie, bien sur, mais je suis sur que ça va s'améliorer. »
D'un geste de la main, il fait sortir deux verres des placards, les fait se remplir de bièraubeurre et les fait voleter jusqu'à eux. Draco attrape le sien et fixe son contenu, dubitatif.
« Tu n'as pas autre chose que ça ? Du whisky pur malt, par exemple ? »
Potter roule des yeux, de façon assez désagréable. « Pas quand les enfants sont là, Malfoy. J'en rachèterai en fin de semaine. »
Il hausse les épaules, en évitant soigneusement de répondre quelque chose de vulgaire. Potter et lui se sont mis d'accord pour se comporter le plus civilement possible, pour que leur cohabitation ne devienne pas un enfer, mais parfois, c'est vraiment difficile. Il fait encore exploser des objets en verre tellement le brun l'énerve, mais cela arrive beaucoup moins souvent qu'à Poudlard, où on avait fini par envoyer une facture à son père pour tous les objets qu'il avait détruit durant sa scolarité.
Potter s'assoit en face de lui, sur la table familiale en bois encore couverte de saletés. Draco l'observe du coin de l'œil un petit moment.
« Et Scorpius ? Il n'a rien dit ? »
« Pas devant les autres, non. »
Il hoche la tête et retourne à sa pizza. Potter le regarde à son tour.
« Tu devrais descendre demain. Il faudra bien que tu te décides à les affronter un jour ou l'autre. »
Il grimace. « Je ne vois pas de quoi tu parles. »
Potter a un sourire que Draco qualifierait de coquin, s'il ne le connaissait pas. « Timide, Malfoy ? »
Il esquive en finissant son verre. Le sourire de Potter diminue mais ne disparait pas.
« Tu descendras, demain. Même si je dois te faire sortir à coup d'expulso. Compris ? »
Il grogne vaguement quelque chose, sachant que le brun ne lâchera pas. Celui-ci reste à ses côtés jusqu'à ce qu'il ait finit de manger, et ils vont se coucher ensemble, se souhaitant à chacun une bonne nuit alors qu'ils se séparent au pied de l'escalier menant au grenier.
Il est à peine surpris lorsqu'il voit Scorpius assis sur son lit, dans un pyjama qui semble bien trop léger aux yeux de Draco pour un printemps aussi froid. Il enlève son pull et lui met sur les épaules.
« Bonjour à toi aussi », lui fait son fils avec un grand sourire.
Il souri à son tour et ébouriffe les cheveux blonds. « Bonjour. Tu vas bien ? »
Les yeux gris se voilent un court instant, avant que Scorpius ne réponde, « Oui, je crois. »
Il soupire en s'adossant contre l'un des murs, et laisse son fils se coller légèrement à lui, bras contre bras. Il fronce les sourcils en songeant qu'il semble un peu plus âgé que la dernière fois où il l'a vu, alors que ça ne fait que quelques semaines, finalement.
Ils discutent longuement, à voix basse. Scorpius lui raconte la vie dans la nouvelle maison- une grande demeure, avec des chambres colorés, des murs de brique rouge et un escalier de bois, qu'il n'a pas l'air d'apprécier du tout, bizarrement. Il explique les crises de larmes de Lily et leur grand-mère qui joue les garde-fous pour la Weaslette, qui a arrêté toute activité-même la cuisine. Il explique, d'une voix plus basse encore, le comportement bizarre d'Albus, qui erre dans la maison comme un fantôme et n'ouvre presque plus la bouche, alors qu'il est toujours le premier à parler habituellement-et la colère de James, qui a un compte à régler avec lui, lui murmure Scorpius avec un regard désolé.
« Je me doute bien qu'il a une dent contre moi, » fait-il en secouant la tête. « Il ne faut pas se voiler la face en se disant que ce n'est pas ma faute, hein ? »
« Ce n'est pas exactement ta faute, » répond Scorpius en baissant les yeux.
Il réfléchit à ça. « Personne n'a voulu que ça se passe comme ça, pas vrai ? Mais c'est arrivé quand même. » Il pose sa main dans le dos de son fils, essayant d'être rassurant. « La vie se passe souvent comme ça. Certaines choses ne fonctionnent pas pour toujours. »
« Mais ça semblait se passer si bien, » fait son fils tristement.
« Je sais. » Il aimerait rajouter quelque chose, peut être parler de sa sixième année et comment tout a basculé, l'enfermement de son père, le ministère, sa mère, le maitre-toute sa vie changeant du jour au lendemain, ses repères fuyant les uns après les autres, les idées les plus basiques lui échappant complètement, alors que la veille même tout semblait si simple, alors que tout semblait se passer si bien.
Mais il ne peut que répéter, « Je sais bien », sa main traçant des cercles dans le dos courbé de son bébé, qui pleure doucement contre lui.
OoOoOo
Le lendemain se passe en famille, dans le salon : tout est silencieux, calme et tranquille, alors qu'ils sont assis dans des fauteuils, à regarder la télé, ou jouer à des jeux de société. Ils ne mangent pas vraiment à heures fixes, mais grignotent ici et là ce qui leur tombe sous la main, toujours en pyjama, allongés par terre autour d'un bol de pop corn instantanés (Molly en aurait hurlé d'horreur).
Il commence à pleuvoir vers 1 heure, et la musique apaisante des gouttes d'eau berce la maison toute entière. Harry est allongé sur le fauteuil en face de la télé, portant sa vieille robe froissée du ministère, un sachet de crackers au fromage posée sur le torse : les enfants sont assis devant lui sur la moquette, construisant un château de cartes explosives et regardant d'un œil le film du dimanche après midi.
C'est une scène très familiale, très douce, du genre qu'on se repasse en boucle à la retraite, quand les enfants ont quitté la maison : Harry savoure ce petit moment de bonheur, écoutant Lily chantonner tout en coiffant sa Barbie et lui demandant une énième fois s'il pourrait lui changer ses cheveux en quelque chose d'un peu plus clair, oui, voilà, ça sera parfait comme ça, merci.
C'est cet instant parfait que Malfoy choisit pour faire son apparition.
Il n'est pas le premier à le voir, à son grand regret : il comprend lorsque Lily reste bouche bée, ses yeux grands ouverts et ses petits doigts serrant sa poupée si fort qu'Harry est presque sur de voir les joues de silicone gonfler sous la pression. Il se redresse, laissant tomber ses crackers par terre et regardant par-dessus le canapé Malfoy, figé dans l'entrée, ayant l'air de se demander ce qu'il fabrique ici.
Puis c'est James, se levant d'un bond et pointant un doigt vengeur sur le nouveau venu, un cri de rage au bord des lèvres tandis que ses oreilles prennent la même teinte que ses cheveux.
« Comment est-ce que tu oses te montrer ! »
« Doucement, James ! » Dit-il en attrapant son fils avant qu'il ne se jette sur Malfoy. « Ce n'est pas de sa faute… »
« Pas de sa faute ? Pas de sa faute ? C'est depuis qu'il est arrivé qu'on a tout ces problèmes ! »
Il peut pratiquement sentir le blond pâlir dans le fond et faire demi-tour. « Tu restes ici, Malfoy ! »
C'est au tour de Scorpius de se lever, l'air mal à l'aise. « Draco, tu… »
« Tu l'appelles par son prénom ? », l'invectives James, qui est déjà rouge jusqu'au bout du nez. « C'est à cause de lui que papa et maman se sont séparés ! C'est lui qui t'a abandonné ! »
« Il a fait ça pour me protéger, James ! »
« Ah ouais ? Et ben si tu l'aimes tellement, si- si il est tellement mieux que nous, pourquoi tu ne retournes pas avec lui en prison ? »
La gifle fuse sans qu'il ait eu le temps d'y penser. Il entend Lily et-bizarrement- Malfoy étouffer un cri de surprise. Il tient toujours James par le bras, et son fils touche sa joue avec une expression de stupeur.
« Ne. Parle. Plus. Jamais comme ça à ton frère. »
Il sent à nouveau la colère monter en lui, comme s'il entrait en éruption. Dans le fond, Malfoy fait quelque pas, et murmure, « Potter, c'est bon, calme toi… ».
« Non, » fait-il fermement. « Ecoutez bien parce que c'est la dernière fois que je le dirai. Scorpius est membre à part entière de notre famille, au même titre que n'importe lequel d'entre vous, et ça ne sera jamais de sa faute ou celle de Malfoy que j'ai quitté Ginny. »
James grimace, comme si le fait de parler ouvertement du divorce lui infligeait une autre gifle. « Mais depuis qu'il… »
« Il était peut-être l'élément déclencheur, mais ce n'est pas de sa faute. » Il ferme les yeux un instant, se forçant à respirer calmement. « J'aurai quitté votre mère malgré tout. Ne le jugez pas pour ça. »
James baisse les yeux, cachant son expression à Harry : il finit par lui lâcher le bras, mais le roux ne bouge pas pour autant.
« Excuse-toi auprès de ton frère. »
Il se tourne vers Scorpius, les poings enfoncés dans les poches et la tête baissée, et marmonne d'une petite voix : « Désolé, je le pensais pas-promis… »
Scorpius rougi, et sans un mot, tapote l'épaule de son frère. « C'est pas grave, James. »
Il pense que ça suffira pour l'instant, et le sourire que ses deux garçons s'échangent lui fait pousser un soupir de soulagement. Il se tourne vers Malfoy, qui n'a pas bougé, les bras croisés comme s'il avait froid, l'expression incertaine. Il lui fait signe d'approcher, ce que fait le blond timidement.
« Vous connaissez déjà Draco, » fait-il en le tirant à côté de lui, une main sur son épaule. « Vous n'avez pas à avoir peur de lui ou quoi que ce soit. Ginny et moi avons fait en sorte qu'il ne puisse pas vous faire le moindre mal, et de toute façon, il n'a aucune mauvaise intention. »
Scorpius et Al hochent la tête à l'encontre de Malfoy, mais James garde une attitude renfrognée, jetant de temps à autres des regards agacés vers le blond, comme ci celui-ci lui volait jusqu'à son oxygène. Lily le fixe avec de grands yeux, cachée derrière Albus, mais au moins, elle ne pleure pas. Malfoy lui adresse un sourire contrit- qu'Harry trouve plutôt avenant de sa part- et elle se cache entièrement derrière son grand frère.
« Il va vivre ici à partir de maintenant. Je sais que ça ne vous plait pas, » ajoute t-il vivement suite au cri de James, « mais il n'est pas aussi imbuvable qu'il en a l'air. Et s'il arrivait qu'il fasse quoi que ce soit, je m'arrangerai personnellement pour être celui qui le virera à coups de pieds au derrière. » Cette fois-ci, c'est Malfoy qui lui jette un regard offensé, mais Harry sait mieux que quiconque qu'il vaut mieux ne rien ajouter.
James a un petit rictus impérieux et retourne à sa partie de cartes, comme si le fait que Malfoy restait ici était une gracieuseté incommensurable de sa part. Scorpius hésite à le rejoindre, et finalement s'assoit à côté de son grand frère en souriant à son père, et articulant les mots, on se voit plus tard. Lily se blottie entre eux, jetant des regards furtifs au blond, comme si elle avait peur qu'il se mette à faire quelque chose de très dangereux d'une minute à l'autre.
Al ne dit rien et s'assoit dans le canapé, à la place qu'Harry occupait, comme si rien ne s'était passé.
Harry regarde Malfoy. Celui-ci a l'air assez soulagé, mais il n'a pas de sourire pour lui lorsqu'il sort du salon.
