Oui, je poste un chapitre à 3 heures du matin. Oui, je suis folle. Oui, j'ai du boulot en retard. Et ouiii, je suis épuisée 8(
Réponses aux rewiews, assez rapide parce que vraiment, je veux juste rejoindre mon lit et m'effondrer dessus là :
caroline : Tu es merveilleuse. Voilà. C'est dit. Le chapitre est plus long parce que j'ai essayé de faire les gamins plus enfantins, comme tu me l'avais dit, et Malfoy encore plus bitchy, rien que pour tes beaux yeux. (Au fait, rejoins donc la guilde des fanficteuses folles à lier. Yeees, join uuuus ! We have cookies !)
Felinness : Haha, oui, il faut protéger la santé de ces petits bouts XD
Les enfants ne risquent pas (et ne comptent pas) de parler de Malfoy à quiconque. Le fait qu'ils n'aillent pas à l'école aide beaucoup. Mais je pense que Ginny et Harry feront quelque chose à ce sujet plus tard.
Bonne lecture et merci de suivre 83
Hasuu : J'aime penser qu'Harry est tout aussi nul en cuisine qu'en ménage. Mais Draco va mettre un peu d'ordre là dedans dans ce chapitre- j'ai un peu honte, la moitié du chapitre parle de ménage. Mais il est plutôt long, donc...Vous me pardonnez ?
Albus ne préparait rien, il était juste...Ben, plutôt dépressif.
J'espère que la suite te plaira !
ilovedramas : XD quelle rewiew enjouée ! Oui, il y aura bien un yaoi harry/draco. Merci de ta lecture !
desiderata-girl : raaaaah, mais attennnnnnd ! Tu me fais penser à quel point cette fic avance lentement et ça me stresse XD
LumiNuitey : Merci (encore une fois) pour ta rewiew :) Non, tu ne rêves pas, tout ça, c'était voulu (et est ce que tous les pères sont pareils ? Parce que je m'inspire largement du mien pour Harry XD). J'essaie de flirter un peu plus avec la légéreté à partir de ce chapitre. Les choses s'arrangent enfin, les tensions s'évaporent...Et la situation se stabilise pour tout le monde. Le tremblement de terre est passé, il est temps de reconstruire.
Je te souhaite une bonne lecture et j'espère que tu apprécieras toujours autant 8) Bisous !
Mireille : Bien vu pour la baguette. On voit ça dans ce chapitre, mais pour Malfoy qui reste caché...Hé bien, ils vont trouver une solution, mais quand ?
Merci pour ta rewiew et pour avoir lu !
nyo : merci beaucoup :) Je suis particulièrement sensible au "très bien construite" parce que la lenteur de cette histoire me plonge dans des méandres d'effroi et d'angoisse. j'espère que tu apprécieras autant la suite !
Encore une fois, je m'excuse pour être aussi lente et pour faire trainer autant l'action. Je suis une larve (qui va enfin pouvoir se pelotonner dans un bon lit, o joie) et je ne vous mérite pas.
Bonne lecture à vous tous ! N'oubliez pas le joli petit bouton vert en bas, il vous sourit avec entrain, regardez, regardez !
Draco se réfugie dans la cuisine. Il n'entend rien dans le salon, pas de discussions, pas de cris, rien. Juste le son de l'horrible boite noire qui parle dans des petites voix parfois enfantines, parfois graves, et toujours terriblement effrayantes.
Il ferme les yeux.
Ca ne sera pas facile. Peu importe les films que Potter se fait sur lui, sur les enfants, sur l'amitié qui surgit des fleurs ou du cul des licornes comme se l'imaginent les Gryffondors, il ne voit pas comment les choses pourraient s'arranger entre eux.
Potter le déteste. James le déteste. Lily Luna a plus l'air de le voir comme une bête monstrueuse qu'autre chose. Scorpius ne le considérera définitivement jamais comme son père, et Albus Sévérus est hors-concours.
Il soupire en levant les yeux au plafond. Je ne peux pas tenter d'approche pour l'instant. Il faudrait- et bien, faire quelque chose pour eux sans trop les envahir. Y aller mollo. Se faire apprécier en silence.
Une petite araignée coure sur le plafond, tissant une belle toile bien solide et bien blanche, juste ce qu'il faut pour faire tache sur le papier peint. Draco la suit des yeux, mais sa tête reste désespérement vide, et il retourne dans sa chambre sans tenter autre chose qu'un vague coup de pied dans l'armoire poussièreuse du grenier.
OoOoOo
Il est affalé sur son bureau, ses dossiers éparpillés un peu partout sous ses bras croisés tandis qu'il fixe le mur en face de lui, couvert de cartes et de photos de mages noirs, pour la plupart retrouvés. Il tapote frénétiquement sur le bois avec sa baguette, ne prêtant pas du tout attention à l'expression de l'apprenti Auror dont il est responsable, qui lui lance des regards plutôt inquiets depuis plus d'un quart d'heure.
« Euh…Tout va bien, monsieur Weasley ? »
Il grogne. « Oui, Jenkins. Va me chercher un café, s'il te plait. »
Le jeune homme s'empresse de quitter le bureau, plus qu'heureux d'avoir une excuse pour s'échapper. Ron se contente de grogner une seconde fois et de lancer un sort pour ranger ses dossiers, histoire de passer le temps. Mais il rate son coup et les papiers s'envolent, s'éparpillant dans toute la salle tandis qu'il jure, contre cette foutue baguette qui ne fait jamais ce qu'on lui dit, contre ces foutus mages noirs qui font la grève, contre ce putain d'abruti d'Harry qui leur colle de tels empotés comme apprentis, parce que Jenkins vient de revenir juste à temps pour lui rentrer dedans et renverser du café partout sur sa robe.
A la fin de la journée, il sort du ministère et transplane dans une ruelle, trop irrité pour prendre la peine de faire la file au réseau de cheminette. La vue de sa maison et la perspective d'une bonne bièraubeurre le détend instantanément, et il accélère le pas, sentant l'atmosphère s'humidifier sensiblement.
« C'est moi ! », annonce t-il dès qu'il a passé le seuil. Des sons de pas précipités dans l'escalier lui répondent, et Hugo se jette littéralement derrière lui, brandissant un machin rose fluo.
« Papa, Rose m'a mordu ! Regarde ça, jusqu'au sang ! » Il lui plante sa petite main devant les yeux, toujours entière, et aussi sale qu'à l'accoutumée. Sa grande sœur débarque au même moment, ses joues constellée de taches de rousseur ayant tournées au rouge vif : « Il m'a encore piqué mon journal ! »
« Oh, c'est de ce truc hideux dont tu veux parler ? » Fait Hugo, agitant l'objet rose derrière Ron. Il ouvre le petit carnet et se racle la gorge, prenant un air important qui rappelle celui de Percy : « 'Cher journal, aujourd'hui, j'ai encore appris des tas de choses à l'école'…Mais t'as que l'école dans ta vie ou quoi ? » Rosie a un petit cri furieux, et se jette sur son frère, cherchant à l'attraper. Ron l'encercle d'un bras avant qu'elle n'arrive à ses fins et Hugo s'échappe en riant, mais se fait vite coincer par Hermione, qui se tient dans l'entrée avec ses deux poings sur les hanches.
« Vous n'avez pas honte, d'embêter votre papa dès qu'il rentre à la maison ? Hugo, rend son journal à ta sœur ! »
Le brun marmonne dans sa barbe, vexé de s'être fait prendre aussi facilement, et lance le précieux carnet à sa frangine, qui l'attrape à bouts de bras : puis, tirant une dernière fois la langue, il disparait dans les escaliers, son rire tonitruant résonnant dans la maison. Rosie est encore toute rouge lorsqu'elle lui fait la bise, avant de s'échapper à son tour, son journal pressé contre son cœur de petite fille.
« Dure journée ? », lui demande Hermione en l'embrassant. Ron pose ses mains sur son ventre, instinctivement. Il a déjà commencé à s'arrondir-il reconnait la sensation bizarre, et les vergetures des précédentes grossesses sont réapparues il y a quelques temps. Il était fou de joie quand Hermione lui avait annoncé, il y a environ un mois. Mais la situation étant ce qu'elle est, ils n'en n'ont toujours pas parlé à la famille ou à Harr- à l'ex-mari de Ginny.
Il pousse un grognement en y repensant. « Non, ça va, que de la paperasse. » Il se dirige vers la cuisine et se sers une bièraubeurre, ainsi qu'un jus de citrouille à sa femme. Celle-ci le rejoint et s'assoit à côté de lui, caressant son ventre d'un air pensif.
« Tu sais, j'y ai réfléchi toute la journée et…je pense qu'il serait temps qu'on l'annonce à tout le monde. Pour le bébé, » ajoute t-elle devant son manque de réaction. « Surtout Ginny…Ca lui remonterait un peu le moral. »
Il boit le contenu de son verre pour éviter de répondre quelque chose de désagréable, mais son expression doit parler pour lui, car la bouche d'Hermione se tord. « Ron…Tu lui en veux toujours ? »
« Evidemment que je lui en veux toujours ! Tout le monde lui en veut ! » Il secoue la tête. « Je n'arrive pas à croire qu'il se soit comporté comme ça. Ils étaient mariés depuis 11 ans ! »
La brune soupire, le regard dans le vide. « Est-ce qu'il avait vraiment le choix ? »
« Tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi, » fait-il en plissant des yeux. « Cet abruti a fait l'erreur de sa vie. Abandonner Ginny pour cette sale petite fouine ! Si ce n'était pas le père de Scorpius, je l'aurai déjà renvoyé à Azkaban ! »
« Justement, c'est le père de Scorpius. Harry était coincé. Qu'est ce que tu aurais fait, à sa place ? »
Il fronce les sourcils. « Je ne t'aurai jamais quittée. Jamais. »
Hermione a un sourire tendre, et il lui prend la main, déposant un baiser dessus. Elle blottie sa tête contre son épaule et regarde les nuages noirs par la fenêtre, gorgés de pluie. Cela fait des jours que les averses s'enchainent sur la région, et l'humidité s'infiltre partout, au grand désespoir de Rosie et Hermione dont les cheveux gonflent et prennent des allures carrément effrayantes.
« Tu sais, je pense que c'est ce qui a fait la différence, » fait-elle en passant sa main dans sa chevelure qui commence déjà à boucler. « Harry aime Ginny, mais…Pas de la bonne façon. Pas comme elle l'espérait. »
« Alors il n'aurait jamais du l'épouser, » grogne t-il.
Les sourcils d'Hermione se froncent et elle acquiesce, murmurant, « C'est vrai », sa main posée contre le torse de Ron. Elle est serrée contre lui comme si elle avait froid, et il lance rapidement des sorts de chaleur dans la pièce. Ils restent l'un contre l'autre ainsi pendant quelques temps, jusqu'à ce que Hugo surgisse dans la cuisine, réclamant à cor et à cri un diner digne de ce nom : Ron le soulève par les pieds et va jouer avec lui dans le salon, pour l'empêcher de trainer dans les pattes d'Hermione pendant qu'elle réchauffe le repas.
Plus tard dans la soirée, après avoir couché les enfants, Ron est allongé au lit, attendant qu'Hermione vienne le rejoindre. Elle sort de la salle de bain attenante à la chambre, sa nuisette de satin arrivant à peine à ses cuisses à cause de son ventre. Il a un grand sourire et lui tend les bras, soupirant en la sentant tomber contre lui, la peau encore chaude et humide caressant la sienne, comme ses lèvres qui trouvent leur chemin jusqu'à celles de son épouse.
Ils font l'amour silencieusement, habitués aux murs trop fins de débuts de soirées, et pas d'humeur à lancer des silencio. La pluie qui bat les carreaux les bercent, le raptaptaptap assourdissant accompagnant ses coups de reins, et couvrant le gémissement lourd d'Hermione alors qu'il jouit et se laisse tomber dans les coussins.
Il sent les mains chaudes se délier de son cou pour se lover contre son torse, aussi petites et fines qu'il y a des années et des années. Ron regarde sa femme lui sourire paresseusement, ses doigts traçant des huit sur sa peau, comme la main du roux qui vient se glisser sur la taille arrondie.
Il aimerait s'endormir comme ça, bercé par les sons de la pluie au dehors et le silence de la maison assoupie, mais Hermione est d'humeur bavarde, et se met à chuchoter : « Je passerais un coup de téléphone à mes parents demain matin…J'aimerai que tu te charges de l'annoncer aux tiens. » Elle lui picore le cou du bout des lèvres, le faisant sourire, jusqu'à ce qu'elle ajoute, « Et je passerai voir Harry, aussi. »
Il grimace. « Pourquoi est-ce que tu parles toujours de lui ? »
« Parce que c'est notre meilleur ami. » Elle lève les yeux au ciel en voyant son expression. « Et avant que tu dises quoi que ce soit, ce n'est pas lui que j'ai épousé et qui m'a fait des enfants. Mais je sais que tu tiens à lui, Ron, autant que lui tient à toi. »
Il se tourne sur le dos, fixant le plafond et s'efforçant de ne pas y penser, mais il est trop révolté pour se taire. « Je ne peux pas lui pardonner aussi facilement. Ce n'est pas toi qui dois supporter de voir ta sœur pleurer comme si elle avait encore 12 ans, nuits et jours, juste parce que cet imbécile fait toujours les mauvais choix ! »
Hermione se redresse sur un coude, le regardant avec les sourcils froncés. « Je sais que ça te fais souffrir, mais Ginny est adulte, maintenant. C'est une affaire entre elle et Harry, et on ne doit pas s'en mêler. Même si ça m'énerve prodigieusement. »
Il secoue la tête, grimaçant, et se tourne de côté. Il sait qu'il n'est pas le seul à vouloir assommer Harry à coups de grimoire pour être un tel abruti, mais personne ne peut se sentir plus trahi qu'il l'est- par son propre meilleur ami, son beau frère et le parrain de sa petite Rosie. La brune se rallonge à son tour, et passe ses doigts dans son dos, comptant ses taches de rousseur comme à chaque fois qu'elle réfléchit au lit. Il ferme les yeux en la laissant faire.
« Tu le connais, Ron », marmonne t-elle au bout d'un moment ; « On peut être sûrs qu'à l'heure qu'il est, il est en train de se morfondre sur son sort, une bouteille de whisky pur feu à la main, se demandant inlassablement pourquoi il est aussi con et comment il peut mériter des amis aussi merveilleux que nous... »
Il a un long soupir et s'enfonce sous la couette, croisant les bras. « D'accord, d'accord, j'irai lui parler! », grogne t-il. « Mais il a intérêt à être très, très malheureux. »
Ron peut pratiquement sentir sa femme sourire dans son dos. « Vous êtes impossibles, tous les deux... »
OoOoOo
« Potter, ça ne peut plus continuer comme ça. »
Il tourne la tête pour voir Malfoy, les bras croisés sur son torse, affichant l'expression pincée de quelqu'un qui tient à ce qu'on l'écoute tout de suite. Harry se contente de le fixer paresseusement, allongé sur le tapis du salon avec un magazine de quidditch datant d'il y a plusieurs mois planant juste au dessus de sa tête.
« Et ne fait pas voler des trucs pendant que je te parle ! », ajoute t-il en lui arrachant le numéro.
« Hé, j'étais en train de lire ! », fait-il, offensé.
« On ne lis pas allongé par terre ! »
Il grogne et se redresse, parce qu'il n'aime pas particulièrement s'adresser aux pieds de Malfoy- surtout quand l'un des deux tape en cadence sur le tapis d'un air impérieux- si un pied peut avoir une expression.
« Je disais donc, » fait le blond lorsqu'Harry a fini de s'étirer et de bailler. « Que ça ne peut plus continuer comme ça. »
« Qu'est ce que tu racontes encore ? » Fait-il en se dirigeant vers la cuisine, curieux de savoir s'il reste quelques uns de ces délicieux bonbons qu'ils ont achetés il y a deux jours. Il ouvre les placards un à un et trouve enfin un paquet à moitié entamé, dont il s'empresse d'enlever l'élastique dont il est enroulé. Malfoy se place à côté de lui et continue de le fixer avec insistance. Harry lui tend le paquet par politesse, mais le blond se contente de pencher la tête au dessus de l'ouverture et de contempler les sucreries fluorescentes à l'intérieur avec une expression de mépris intense.
« Je parle, » continue t-il lorsque le brun replonge sa main avec enthousiasme dans le sachet, « de l'état catastrophique de la maison depuis bientôt 4 jours, Potter. »
Il hausse un sourcil, l'une de ses molaires s'attaquant à un morceau particulièrement collant. « Quel état catachtrophique ? »
Le blond roule des yeux et le prend par le bras sans cérémonie, le trainant jusqu'à la salle de bain à l'étage. « Cet état là, Potter. Et non-ne-jette-pas-ton-paquet-ici-bon-sang ! » Il lui enlève le sachet des mains et pointe le sol d'un index accusateur. « Qu'est ce que c'est que ça ? »
Il ajuste ses lunettes tout en se penchant. « A première vue, je dirai…un de mes slips. »
« Oh, bien », fait le blond, les poings sur les hanches. « Et est ce que je peux savoir ce que fait l'un de tes slips sales ici ? »
Il hausse les épaules. « J'ai oublié de le mettre au linge sale, c'est pas trop grave. »
Malfoy porte les mains à ses tempes, les yeux étroitement fermés. « Je vais faire comme si tu ne venais pas de dire ça, d'accord ? Et maintenant, tu vas m'appeler ton elfe de maison pour qu'il fasse un peu de ménage. »
Harry fronce les sourcils. « Mon elfe de maison ? Quel elfe de maison ? »
« Celui que tu as si subtilement volé à ma famille en deuxième année, Potter ! » siffle Malfoy d'un air agacé. « Ou alors le vieil affreux que tu as hérité de Black. »
Il s'apprête à demander, comment tu connais Kreattur ?, mais il se rappelle soudainement de la trahison de l'elfe en cinquième année, qui était allé se plaindre à Narcissa Malfoy-la dernière des Black ayant respecté son sang. Il serre les dents en se rappelant des conséquences- mais se réveille bien vite en voyant l'expression hautaine de Malfoy.
« Ils sont morts tous les deux. Et de toute façon, je ne suis pas du genre à avoir un esclave à la maison. »
« Hein ? Qu'est ce que tu racontes ? » S'exclame Malfoy. « Tu veux dire que tu fais le ménage toi-même ? Avec tout l'argent que tu as ? »
Il acquiesce. Malfoy le fixe d'un air éberlué, puis regarde autour de lui, les serviettes sales, les vêtements de toute la famille éparpillés au petit bonheur la chance dans la salle de bain. Il fait d'une toute petite voix : « Je ne vais pas devoir jouer la bonne moi aussi, pas vrai ? »
Harry hausse un sourcil, amusé. « Je suppose qu'on va tous devoir s'y mettre un peu. »
Le blond est silencieux pendant qu'il tripote le paquet de bonbons, qu'il tient toujours dans ses mains blanches. Puis sa bouche s'étire en un rictus railleur.
« Quoi ? », fait Harry. Ce genre de sourire l'inquiète toujours venant de Malfoy.
« Je crois que tu vas devoir te charger de faire ma lessive, Potter », dit-il d'une voix trainante. « Parce que personnellement, je ne vois pas comment je pourrai nettoyer quoi que ce soit sans baguette. »
Harry roule des yeux, levant les mains au ciel. « Encore ton histoire de baguette ! Je t'ai déjà répété cent fois… »
« …Que je ne récupèrerai pas ma baguette et que je n'en aurai pas de nouvelle avant nouvel ordre, je sais ! », fait le blond. « Mais ça veut dire que tu vas vraiment devoir laver mes fringues. », ajoute t-il avec un sourire rayonnant.
Harry grimace. « Arrête de faire le gamin, Malfoy. Qu'est ce que c'est qu'un peu de lessive ? »
Le sourire du blond s'élargit, découvrant ses dents. « Ca t'énerve, hein ? Mais ça sera comme ça jusqu'à ce que j'ai une baguette. » Il doit avoir une expression particulièrement mortifiée, parce que Malfoy ajoute d'une voix doucereuse, « Allez, Potter, qu'est ce que c'est qu'une petite baguette face à l'humiliation totale ? »
Il s'apprête à répondre lorsqu'une voix le stoppe : « Pardon, pardon, on a bien parlé d'humiliation totale ici ? Qu'est ce que j'ai raté ? »
La tête décoiffée d'Albus apparait dans l'encadrement de la porte, un large sourire étirant ses lèvres. Il est encore en pyjama, et vu l'état de son visage, Harry est quasiment sur qu'il ne s'est pas lavé la figure comme il le lui avait dit ce matin.
« Encore un point sur lequel j'aimerai m'entretenir avec toi, Potter. », continue Malfoy en pointant Al du doigt. « Je sais que les mots hygiène et décence ne doivent pas faire partis de ton vocabulaire, mais c'est du pur et simple sadisme d'infliger ça à tes enfants. »
« Du sadisme ? Ce n'est pas de ma faute s'ils ne m'écoutent pas quand je leur dit de se laver ! », fait-il en lançant un regard significatif à Al, qui hausse les épaules nonchalamment.
« Tu n'es pas très propre non plus, papa. Depuis quand tu n'as pas changé de robe ? »
« Voilà exactement ce dont je veux parler, Potter ! », fait Malfoy d'un air important, comme s'il venait de prouver devant une assemblée de scientifiques émérites l'existence des ronflacks cornus. « Si tu ne donnes pas le bon exemple à tes enfants, ne t'étonne pas qu'ils n'obéissent pas après. »
Il pousse un grand soupir. « Bon, ok, j'avoue qu'on s'est tous un peu laissé aller ces derniers temps. Mais on peut bien prendre quelques vacances, non ? Ils reprendront assez vite leurs bonnes vieilles habitudes. »
Albus a un sourire satisfait en entendant ça ; « Ouais ! Ca c'est bien parlé ! »
Draco lui lance un regard agacé. « Albus, tu veux vraiment manger des plats à emporter à tous les repas ? »
« Oh, oui », fait le garçon, son sourire augmentant sensiblement.
« Tu veux vraiment dormir dans une chambre remplie de saletés ? »
« Ca va, je survivrai », continue t-il d'un air assuré.
« Tu veux vraiment retrouver des toiles d'araignées dans tes vêtements et des nids de doxies au fond de tes chaussettes ? », fait Malfoy d'un ton léger. Le sourire du brun s'efface quelque peu. « Et je ne parle même pas des jolies petites larves toutes blanches qu'on trouve dans les serviettes de bain qu'on a pas lavé depuis un petit bout de temps…Et oh, tu as déjà entendu parler de ces grosses mouches qui peuvent te plonger dans un profond sommeil ? »
« Les mouches Tsé-tsé ? », demande Al d'un air mal assuré.
« Peut-être. Et bien, elles ne trouvent leur salut que sous les draps jamais changés…Et elles adorent les coussins bien aplatis et couverts de bave pour pondre… »
Le petit garçon déglutit. « Tu racontes n'importe quoi- »
« Peut-être. Libre à toi de vérifier. »
Harry observe l'échange comme un spectateur de match de tennis, mais il voit très bien qui est le gagnant quand Al fixe les vêtements gisant sur le sol avec un regard particulièrement méfiant.
Ils sortent finalement tous de la salle de bain, Albus rejoignant Scorpius dans leur chambre, probablement pour lui raconter ce que Malfoy lui a dit. Harry est plus que sceptique lorsqu'il descend les escaliers, le blond dans son dos. Il se retourne, une question lui brûlant les lèvres.
« Le truc des vers, c'était aussi un mensonge, hein ? »
Malfoy lui adresse un sourire triomphant. « On verra bien, Potter. »
OoOoOoOo
"Des mouches tsé-tsé ?"
Albus hoche la tête vigoureusement, fixant Scorpius et James d'un air inquisiteur.
"C'est débile", fait l'ainé en mettant sa partie de Street Fighter sur pause. "Les mouches tsé-tsé ne vivent que dans les endroits très chauds."
Scorpius fronce les sourcils. "Il a fait horriblement chaud l'été dernier."
"Chaud comme...Comme en France !...Ou en Italie.", essaie de se justifier le roux.
Scorpius hausse les épaules et enfonce ses pieds dans la moquette, laissant Lily lui faire des couettes. Celle-ci brosse ses cheveux d'un air absent, tandis qu'Al va se chercher une bd et que James recommence sa partie en jurant, parce que le boss final l'a encore mis au tapis.
"De toute façon, les Malfoy passent leur temps à mentir. C'est ce que maman m'a raconté. Pas toi, Score," ajoute t-il devant l'air vexé de son frère. "Il a surement dit ça à Al pour le forcer à ranger sa chambre, parce qu'il ne veut pas faire le ménage lui même."
"Dis donc, je suis toujours là", grogne Al derrière eux.
Lily arrête ses mouvements de peigne et regarde James d'un air décidé. "Il n'a pas l'air trop méchant, Jamie."
Les trois garçons tournent la tête vers elle, sauf Scorpius qui se prend les cheveux dans le peigne et étouffe un petit gémissement. "Tu ne vas pas t'y mettre aussi, Lil' !"
La petite rousse fronce les sourcils, ses yeux bleus pétillant comme ceux de leur mère lorsqu'ils disent des bétises. "Il n'a rien fait de mal."
James est désorienté un petit moment puis s'offusque : "Tu es la première à fuir dès qu'il approche."
Lily rougit, mais se tient sur ses positions. "Il est juste un peu... bizarre. Mais il a l'air...Ben...Gentil."
Al hausse un sourcil. "Qu'est ce qu'il a bien pu faire de si gentil, Lily ? Il passe son temps à lire ou à insulter papa."
Leur petite soeur marmonne quelque chose dans ses cheveux flamboyants, mais fini par relever la tête et dire d'un air digne, "Il m'a préparé un gouter hier. Avec des tartines au nutella et de la grenadine."
La machoire de James ne peux pas se baisser plus. "Tu accordes ta confiance à l'ennemi pour des tartines et une grenadine ?"
"Ce n'est pas un ennemi !", s'écrie Scorpius. "Lil' a raison. Il ne nous veut pas de mal. Il essaie juste de...Ben, de s'adapter."
"Il essaie de vous corrompre ! Ce sont des pots de vins !", répond le roux sur le même ton. Il se tourne vers Al, qui a ouvert sa bd et la feuillette avec un désintérêt assez visible. "Albus, aide moi !"
Le brun lève la tête, l'expression sérieuse. "Je propose la neutralité pour l'instant. Le continent parental est divisé sur les prochaines manoeuvres de défense, et la planête étrangère est certes calme, mais sa position n'est pas encore officielle. Nous devons nous attendre à une action vraiment amicale du dirigeant et pas des bassesses officieuses envers les pays en voie de développement (petit regard amusé envers Lily), avant de nous décider sur nos deux options : le lynchage, propre et traditionnel, ou une déposition de véto en attendant d'être convaincus par les arguments de l'envahisseur."
Tout le monde le fixe pendant un long moment, hésitant entre rire et assomer leur frère à coups de PS4. Finalement, James demande, prodigieusement agacé, "Et tout ce charabia, ça veut dire quoi ?"
Scorpius lui répond d'un air fatigué : "Ca veut dire qu'on attend."
OoOoOo
Il est allongé dans son lit, somnolant, lorsque les premiers rayons du soleil traversent le store et lui font ouvrir les yeux. Il baille et s'étire, fait son lit et enfile vite fait quelques fringues, que Potter lui a laissé : elles trainent pêle-mêle au sol, étant donné que Draco ne voit pas l'intérêt de ranger trois hauts et deux paires de chaussettes dans le chaos monstrueux qui constitue le grenier.
Le pull et le jeans qu'il a mis sont trop grands pour lui et lui irritent la peau. Potter ne lui donne pas de vrais vêtements, des robes bien sorcières, douces et propres, mais se débarrasse plutôt de ses horreurs moldues à la place. Il pense qu'au moins il ne fait pas tache dans le décor-toute la famille porte ces trucs informes en coton de mauvaise facture. Les garçons ont même chacun au moins un jeans déchiré au niveau des genoux, qu'ils portent avec une fierté complètement déplacée selon le blond.
Il descend les escaliers jusqu'à la salle de bain. La maison est encore silencieuse : les marches en bois craquent sous ses pieds nus, et le couloir est vide, les portes des chambres sont fermées. Il aime cette atmosphère un peu froide et morte du matin, se sentir seul et libre de faire ce qu'il veut, comme piquer une bouteille de bièraubeurre en toute discrétion.
Potter ne se lèvera pas avant deux bonnes heures, et les enfants sont capables de rester au lit jusqu'à midi. Draco ne sait pas comment ils font- il les envie, quelque part, de pouvoir être aussi amorphes quand ils veulent.
Mais en contrepartie, lui a droit à un bon verre d'alcool tous les matins.
Il ouvre la porte de la salle de bain, la tête pleine d'idées et les yeux plantés au sol. Il entre sans réfléchir et sans regarder-
« Malfoy ! »
Il est pétrifié.
Potter, comme dans l'Horrible, l'Affreux binoclard Potter, devant lui, remontant à peine son bas de pyjama. Il veut crier ou quelque chose, mais il est coupé par le brun qui s'est contenté de le fixer un moment avant d'éclater de rire.
« Malfoy- Si tu voyais ta tête ! »
Il déglutit, essayant de reprendre contenance et d'oublier la vision post-apocalyptique de Potter déballant ses parties intimes au dessus de la cuvette des toilettes. Il ferme les yeux une fois, deux fois, et finalement les rouvres pour trouver Potter devant le miroir de la salle de bain, fouillant dans les tiroirs.
« Qu'est ce que tu fiches debout à une heure pareille ? », arrive t-il à articuler.
Potter hausse les épaules, tout en s'aspergeant de déodorant moldu. Ses cheveux sont mouillés et de l'eau dégouline sur ses épaules et le long de son dos, mais, Draco le remarque, des mèches continuent de pointer dans tout les sens, comme si le brun venait de se prendre un pétard mouillé du docteur flibuste en pleine figure.
« J'ai réfléchi à ce que tu as dit hier », fait-il tout en sortant un rasoir d'un placard. Draco ne sait pas trop quoi faire, s'il doit s'assoir quelque part ou dire quelque chose, alors il reste là, les bras ballants, dans l'encadrement de la porte. « A propos du désordre dans la maison. Et Hermione m'a fait quelques remarques hier soir. »
« La sang de bourbe était ici ? », demande t-il, étonné.
« Pour toi, ce sera madame Weasley, Malfoy », répond Potter d'un ton dur. « On était d'accord pour que tu n'insultes plus mes amis, non ? »
« Désolé, j'ai oublié. », fait-il avec l'expression de quelqu'un qui n'est pas désolé du tout. « Qu'est ce qu'elle voulait ? »
Potter a un sourire derrière la mousse à raser qui lui mange la moitié du visage. « M'annoncer qu'elle est enceinte. C'est leur troisième- et j'ai l'impression que ça ne sera pas le dernier. »
Il a un grand sourire en entendant ça. Potter lui lance un regard interrogateur dans le miroir. « J'en étais sur », fait-il avec un air triomphant. « Ca crevait les yeux, je n'arrivais pas à comprendre comment toi et l'autre grande perche ne voyaient rien »
« Tu t'en es rendu compte la dernière fois qu'elle était là ? », demande Potter en fronçant les sourcils. « Je ne suis même pas sur qu'elle le savait déjà ! »
Draco rigole tout en s'adossant contre le mur. « Ca crevait les yeux, je te dis ! Ca doit faire 3 mois qu'elle l'est, non ? Je ne me trompe jamais sur ce genre de trucs. »
Il y a une pause pendant laquelle Potter reprend son rasage, semblant pensif. Draco en profite pour l'observer, son regard évitant de croiser celui de l'auror dans la glace. Il a le dos musclé, trop au gout de Draco et de son corps chétif. Il est toujours aussi laid, Merlin soit loué, mais le blond sait quelle position il occupe au ministère, et se demande avec quelle ecervelée il sort en ce moment, parce que vraiment, il faudrait être stupide ou Poufsouffle pour ne pas se jeter sur l'occasion.
« Comment ça se fait ? T'as connu beaucoup de femmes enceintes ? »
Il se réveille et fronce les sourcils, essayant de se rappeler de quoi ils parlaient. Ah, oui. Le polichinelle dans le tiroir de Granger.« Qu'est ce que tu veux dire ? »
« Il n'y pas d'autres Scorpius, pas vrai ? », murmure le brun d'un air plutôt en colère. « Tu ne t'es pas amusé à engrosser d'autres mystérieuses inconnues pour te faire des héritiers ici et là ? »
Il est bouche bée en entendant une horreur pareille. « Comment est ce que tu peux croire…Je n'ai jamais…Jamais… »
« Alors dis-moi ce qui s'est passé pendant ta fuite ! Dis-moi qui est la mère de Scorpius ! », fait le brun en se retournant, les restes de sa mousse à raser lui donnant un air vraiment ridicule. « C'est important pour lui ! »
Il se sent pâlir, et il essaie de calmer ses tremblements de rage. « Justement, ça l'est pour lui, pas pour toi, Potter ! Arrête de te mêler de ce qui ne te regarde pas ! »
L'auror plisse les yeux. « Je ne te ferais pas confiance avant de tout savoir, Malfoy. Je ne te rendrai pas ta baguette avant ça. »
Il sent son estomac se tordre en entendant ça. « Et bien, garde la, ta baguette à la con ! Je préfère me prendre un Avada Kedavra plutôt que de parler…Plutôt que de parler de ça ! »
Il doit avoir l'air vraiment, vraiment mal, parce que Potter semble se calmer, essuyant rapidement son menton avec une serviette et le regardant d'un air incertain, mais toujours méfiant. Il le fixe un petit moment et soupire, passant une main sur son front. « Je ne peux pas en parler, Potter. Peut-être-peut-être plus tard. Je sais que tu dois penser que je joue mon connard égocentrique ou quelque chose du même genre, mais laisse moi du temps. » Il ajoute doucement : « S'il te plait. »
L'expression du brun s'apaise pour de bon, et il a même un sourire pour Draco. « D'accord. Mais Malfoy- Scorpius n'attendra pas, lui. Tu ne peux pas le laisser comme ça. »
Il hoche la tête, regardant les pieds nus de Potter en évitant soigneusement de croiser son regard. Il a laissé tomber ses barrières. Ce n'est pas la première fois –bon sang, il a même pleuré devant le brun, et plus d'une fois-, mais ça le gêne toujours autant, ce regard compatissant sur lui et ce genre de sourires avenants.
Ce n'est pas non plus la première fois qu'ils s'énervent l'un contre l'autre. Draco s'arrange toujours pour éviter de lui parler devant les enfants parce que vraiment, ça ne ferait qu'empirer l'idée qu'ils se font de lui, mais il ne se gène pas lorsqu'ils sont dehors ou dans leurs chambres. Il n'y peut rien- les excuses de Potter pour garder sa baguette sont tellement ridicules que son sang ne fait qu'un tour à chaque fois qu'il lui adresse la parole, et ses soupçons mal placés commencent vraiment à lui taper sur les nerfs. S'il ne lui fait pas confiance, il n'avait qu'à pas le garder ici, non ?
« On devrait s'y mettre tout de suite, tu sais. », fait Potter en enfilant un t-shirt moldu. Il lève enfin les yeux pour regarder le brun, soulagé de ne pas risquer sa vue devant l'innommable spectacle de son torse nu.
« Se mettre à quoi ? », demande t-il mollement. Il prévoyait surtout d'aller boire pour se remettre de toutes ces émotions, en fait.
« Au ménage, Malfoy. Tu es le premier à te plaindre du bordel, ça devrait te faire plaisir, non ? »
Il fixe Potter en essayant de faire transpirer ses pensées injurieuses à travers ses pupilles, de toutes ses forces. Celui-ci se contente de lui sourire de la façon la plus faussement innocente qu'il ait jamais vu.
« Je trépigne de joie, Potter. »
OoOoOo
« Non, je suis au comble du bonheur, vraiment. »
« Arrête de te plaindre. »
Malfoy se contente de grogner en retour. Ses sourcils sont froncés et sa mâchoire crispée à ce qui semble être son maximum, mais il donne quand même un coup de chiffon rageur sur la table, faisant s'éparpiller les miettes n'importe où. Harry soupire et donne un coup de sa baguette, faisant tomber les restes par terre alors qu'ils étaient sensés disparaitre.
Malfoy le fixe avec une expression proche du désespoir le plus total. « Potter…Un simple evanesco ? Franchement ? »
Il rougit. « C'est marrant, j'ai plutôt négligé les sorts de ménage pendant que j'éliminais des mages noirs à l'autre bout de la planète. Comme je peux être tête en l'air, ça aurait pu me servir à tout moment ! »
Le blond roule des yeux. « Des mages noirs à l'autre bout de la planète, hein ? Ca va, les chevilles ? Tes chaussures tiennent le coup ? » Il finit sa phrase en lançant son chiffon sur la table. « Ca suffit comme ça. File moi ta baguette qu'on en finisse une bonne fois pour toute. »
« Au bout de la vingtième fois, j'aurai pensé que tu aurais compris que c'est non, Malfoy. »
« Au bout de la trentième écharde plantée dans tes gros doigts hideux, j'aurai pensé que tu aurais compris que ça ne mène à rien, Potter. Tu me prêtes ta baguette -pas celle du sureau- et on finit ça en deux minutes. »
Il serre sa baguette dans son poing, regardant Malfoy avec scepticisme. Celui-ci se contente de mettre les poings sur les hanches et de le dévisager en retour.
« Potter, deux pauvres petites minutes. Et tu sais pertinemment que même armé d'une quinzaine de baguettes, je ne ferai pas le poids contre- contre toi. »
Il écarquille les yeux pendant que le blond rougit et fixe un point situé sous son menton avec ressentiment. Il peut pratiquement entendre l'ancien Serpentard débiter un flot d'injures en pensée.
« Alors, Potter ? On continue ce cirque tout l'après midi ou on agit comme des adultes responsables ? », Fait-il en tendant une de ses mains vers lui, toujours en évitant de le regarder dans les yeux.
Il sait à quel point ça a dû couter à Malfoy de dire une chose pareille, et lui aussi trouve la situation un peu ridicule de toute façon, alors il dépose sa baguette entre les longs doigts pâles, tout en se tenant prêt à lancer un sortilège informulé si ça tournait mal.
Malfoy a un petit frémissement en serrant la baguette dans sa main. Harry se rappelle que c'est la première fois qu'il en utilise une depuis plus de neuf ans, et il se demande ce que ça doit faire, de pouvoir à nouveau toucher une baguette magique et savoir qu'on est libre de faire n'importe quoi avec. Les yeux du blond s'embuent un peu, mais il ne regarde toujours pas Harry.
« Bon », fait-il. « Autant commencer par la cuisine, tant qu'on y est. »
Il tend le bras et annonce d'une voix à peine tremblante, « Récurvite ! »
Aussitôt, une incroyable quantité de poussière qu'Harry n'avait jusque là jamais remarquée surgit de chaque coin de la salle, immédiatement aspirée par la baguette. Malfoy fait un petit mouvement du poignet, et les vieux bouts de pizzas, les sachets de bonbons, et le contenu entier de la poubelle disparaissent. Il reste bouche bée tandis que l'ancien Serpentard tapote le bout de bois contre son poignet, faisant s'en échapper quelques grains de poussière. Le blond lève les yeux pour le regarder et lui sourit, d'une façon plus gênée qu'autre chose. « Je suis plutôt bon en sorts de nettoyages. Mais je n'aime pas en faire. »
Il n'en revient pas. « Même Molly n'aurait pas réussi à faire ça ! Quand est-ce que tu as appris…Je veux dire, toi ? »
Le blond rougit un peu, mais il a l'air plutôt flatté. « Voilà pourquoi je n'aime pas ça. Tout le monde s'attend à ce que je sois un empoté dans tout ce qui ne concerne pas la magie noire ou les potions. »
Il se rappelle avec une certaine honte les commentaires désobligeants sur Malfoy, qui constituaient la majeure partie de ses discussions avec Ron au tout début de leur relation, et même plus tard, lorsqu'ils avaient besoin d'un bouc émissaire. « Hé bien, tu aurais pu montrer un peu plus tes talents, peut être ? Enfin, c'était…Vraiment impressionnant. »
Cette fois-ci, Malfoy n'a plus l'air humble du tout, et repousse ses cheveux derrière lui tout en donnant un autre coup de baguette pour nettoyer les carreaux de la fenêtre. « Il n'y a que les Aurors paresseux pour ne pas savoir lancer un evanesco, Potter. »
Harry lève les yeux au ciel mais reste souriant, et s'assoit sur la table tandis que Draco rend le carrelage parfaitement blanc d'un geste nonchalant.
OoOoOo
Ils ont fini en une heure.
Une heure.
Harry n'arrive toujours pas à y croire.
La maison est aussi propre qu'elle pourrait jamais l'être. Les vitres ont l'air d'avoir été récurées au sang de dragon, la poussière a complètement disparue, rendant leur couleur originelle aux murs et aux meubles, et il n'y a plus aucun vêtement qui traine dans la salle de bain ou la chambre d'Harry. Ils n'ont pas pu s'attaquer aux chambres des enfants, par contre, car ceux-ci dorment toujours.
Malfoy est extatique. Il n'a pas arrêté d'agiter la baguette d'Harry comme une petite fée du logis, et le brun doute vraiment qu'il déteste faire le ménage à ce point, surtout lorsque le blond a insisté pour qu'ils fassent le grenier. L'endroit ressemble enfin à une vraie chambre, les objets encombrants parfaitement entreposés dans l'armoire et la pensine posée dans un coin de murs, juste à coté du coffre contenant ce qu'il reste des horcruxes. L'ancien serpentard s'est montré plutôt curieux à ce sujet lorsqu'il a essayé de l'ouvrir et s'est prit un coup de jus.
« Qu'est ce que tu tiens tant à cacher, Potter ? Des lettres d'amour de tes ex ? », A-t-il demandé en souriant.
Mais Harry s'est contenté de répondre, « On devrait pousser l'armoire pour faire plus de place, tu ne penses pas ? », évitant soigneusement le sujet.
Ils sont descendus épuisés et souriants, et se sont installés dans le salon. C'est au moment où Malfoy lance un accio pour apporter des verres qu'il se réveille, et fixe sa baguette en se rendant compte, je ne lui ai même pas demandé de me la rendre. Le blond capte son regard et perd son sourire. Harry s'attend à devoir lancer un sort pour la lui arracher des mains, mais Malfoy se contente de soupirer et de lui tendre, la paume ouverte.
Il regarde le blond un petit moment, pesant le pour et le contre. Il reprend la baguette finalement, ses doigts s'attardant un peu contre la peau de l'ancien Serpentard tandis qu'il dit, « Je te la prêterai plus souvent si tu veux. Et pas que pour le ménage, ok ? ».
Malfoy prend un petit moment pour enregistrer les mots, mais son visage est tellement rayonnant qu'Harry ne peux s'empêcher de sourire aussi, se sentant soudain terriblement à l'aise face à ce type, qui lui rempli son verre en en renversant la moitié à côté.
Ils sont en train de trinquer à leur écrasante victoire sur la crasse lorsque la voix de James les arrête.
« Par le slip de Merlin, qu'est ce qu'il s'est passé ici ? »
Le roux fixe les murs comme si ceux-ci avaient changé de couleur pendant la nuit- et quelque part, c'est un peu le cas. Il regarde les vitres propres, le poste de télé à nouveau noir, débarrassé de toute sa poussière, et tombe finalement sur Malfoy, qui se raidit sur le canapé. Il a un reniflement de dégout et agite le menton vers lui d'une façon dédaigneuse.
« C'est lui qui a fait ça ? »
Harry repose son verre. « Oui. Pas mal, non ? On fera vos chambres après. »
La bouche de James s'étire en une grimace, mais il ne dit pas non, non plus. A la place de répondre, il s'assoit devant la télé et l'allume. Malfoy a un geste mais s'arrête dans sa lancée, alors qu'il pensait probablement à se lever. « Tu veux boire quelque chose, James ? »
Harry est tellement surpris par la voix douce qu'a empruntée Malfoy qu'il tourne vivement la tête vers lui, le dévisageant ouvertement. Le blond se contente de rouler des yeux.
Les épaules de son fils se tendent légèrement. Harry pense qu'il va juste ignorer la question, mais une petite voix se fait finalement entendre au dessus des sons de dessins-animés : « Un jus d'ananas. »
Malfoy a un sourire, quelque chose d'à la fois triomphant et agréable, et se lève pour aller dans la cuisine, James l'interpellant ; « Et n'en profite pas pour l'empoisonner, Malfoy ! »
Le blond se contente de rire.
