Heyyy, hé oui, vous ne révez pas, me voici, me voilà, avec un chapitre encore tout neuf sous le bras. Et je tiens ma tradition de poster mes chapitres aux alentours de trois heures du matin en période scolaire, acclamez moi.
Réponse aux rewiews !
Hasuu : ...Je dois juste dire que tu as vraiment raison d'avoir peur, que le ménage général aurait en effet été particulièrement bénéfique pour les relations intra-familiales et qu'Harry ne se sent pas encore la force morale nécessaire pour aller faire du shopping pour Malfoy. Merci pour tes rewiews :)
felinness : Les pères sont tous des grands irresponsables devant l'éternel, pardonnons donc à Harry de risquer à ses enfants l'asphixie sous la poussière. Et soit heureuse, Ron fait son glorieux comeback dans ce chapitre. Merci pour ta rewiew !
Tigrou19 : Draco est un homme plein de mystère. Merci et bonne lecture :)
zaika : la voici.
Mireille : Faire le ménage d'un coup de baguette...A qui le dis tu...(soupir désespéré) La pauvre Ginny reprend du poil de la bête dans ce chapitre (désolée aux ginny-haters, je sais, c'est dur, mais faut faire quelque chose quand même). Et oui, Draco cache des choses, et oui, il faudra lire la suite :) Merci !
Bobo-Lelois : La voilà, pas bientôt du tout. Pardon. Merci. Encore pardon.
Desiderata-Girl : SOUS CE PSEUDONYME MYSTERIEUX, JE T'AI RECONNUE, JULIE ! Oui, l'histoire du cul des licornes. Oui. Cette phrase résume tout le chapitre 16, n'est ce pas ? Et vive Albus !
Amachanx3 : Merci ! :D j'ai mis un peu de yaoi dans celui-ci. Have fun !
Caro : Parfait. Mon plan fonctionne à merveille.
nyo : vous aimez bien cette expression, fée du logis, hein? Merci pour ta rewiew !
Bill Tenshi-Koi : Voilà-heu !
tite-odey : Après de longues et très houleuses déblatérations avec moi-même, j'ai décidé que oui, Fred is still alive. ALIIIIIIIIIVE ! Fans de fred, soulevez vous pour un hola général !!!
Sinon, histoire de parler de moi, moi et encore moi, j'ai passé trois semaines merveilleuses au royaume-unis. J'ai appris et vu et senti et gouté et visité des tonnes et des tonnes de choses merveilleuses et passionantes, et ma connaissance de la culture anglo-saxonne n'a jaamis été autant au top. Donc, attendez vous à des tonnes de références incompréhensibles dans les prochains chapitres, celui ci ayant été épargné de ma passion furieuse et enflammée.
Merci à tous pour votre fidélité, malgré tout ces mois que je passe à dormir sur mon clavier. Si j'étais vous, j'aurai déjà arrêté de me lire, si si.
Spéchieule dédicace à Caroline qui a été d'une gentillesse et d'une tendresse (mi amor !) quasiment surhumaines, comme à son habitude. Et à Julie qui supporte mes piques, pardon, je suis juste jalouse de ton talent, en fait.
Bonne lecture !
La cohabitation se passe extrêmement bien- beaucoup mieux que ce que se l'était imaginé Harry, en tout cas. L'humeur de Malfoy s'est considérablement améliorée depuis que les enfants se sont arrangés avec lui.
C'était une après midi assez étrange, d'ailleurs- on se serait cru dans une parodie du Parrain, avec la fratrie Potter en bande mafieuse et Draco en jeune apprenti, cherchant à intégrer la famiglia. La table du salon avait été déplacée, de sorte que les enfants puissent tous être assis devant, comme un jury, avec Malfoy debout en face d'eux, se retenant de rire (ou de les frapper, Harry ne sait pas encore. Les gens hésitent souvent entre ces deux choix quand ils sont confrontés à ses enfants).
« Est-ce que tu promets de ne jamais lever la main sur nous ? »
« Et de ne pas entrer dans nos chambres sans permission ? »
« Et de faire nos tours de vaisselle quand on aura…euh, pas le temps ? »
« C'est-à-dire, très souvent ? »
« Et les repas ? C'est important, ça, papa est vraiment nul en cuisine. »
Le blond s'était contenté de rouler des yeux discrètement et de faire le signe que les enfants lui avaient montré- croix de bois, croix de fer…
« Je pense que ça suffira, alors », avait déclaré James d'un ton impérieux, en se caressant une moustache inexistante. « Tu es en test. Un seul faux pas, et… ! »
« Et ? », avait demandé Malfoy tout en haussant un sourcil curieux.
« …Et...Ca sera pas beau à voir », avait achevé maladroitement le roux, tout en rangeant un bloc de papier couvert de coloriages emprunté à Lily- en tapotant bien le tas sur la table, comme un homme d'affaire pressé.
Draco était venu le trouver un peu plus tard, l'air un peu perplexe. « Tes enfants… »
« Bizarres ? Oui, je sais. »
Le blond avait froncé les sourcils. « J'allais dire qu'ils récupéraient vite, mais oui, maintenant que tu le dis, ça aussi. »
Il avait eu un sourit ravi. « Ils sont plus costauds qu'ils en ont l'air. »
Malfoy était resté silencieux un petit moment- assez longtemps du moins pour qu'Harry lui demande, "Qu'est ce qu'il y a ?"
"C'est..." Il y avait de l'hésitation dans sa voix- comme une inquiétude qu'il essayait de cacher. "Est ce que tu as déjà eu des problèmes avec Albus ?"
Il avait été étonné. "Al ? Non. Enfin, il est un peu colérique et on a du mal à le suivre des fois, mais ne t'en fais pas, il t'aime bien." Puis, avec un peu de réticence (ça aurait été tellement marrant de voir Malfoy tomber dans ce vieux truc), il avait ajouté : "Fais quand même attention où tu mets les pieds, Fred et George lui offrent tout le temps des tas de choses du magasin, et il attend toujours le pire moment pour les utiliser..."
Le blond n'avait même pas souri. "Je ferai attention."
Il avait dit ça avec un ton beaucoup plus sérieux que nécessaire, mais Harry ne s'en était, à ce moment là, pas inquiété.
OoOoOo
Elle s'avance dans le couloir à pas de loup, tout en passant ses doigts dans ses cheveux : ils sont plein de nœuds et elle ne sait pas se coiffer toute seule, pas comme sa mère qui s'amusait à composer de savantes créations, avec des fleurs, des barrettes, des rubans, profitant que sa petite fille soit si jolie, que ses cheveux soient si beaux. Elle ne sait même pas où sont tout ces objets à présent, si sa mère les a laissés à la maison, ou si on les a posé au fond d'un carton, emporté avec les autres loin, très loin, dans la prison où on les a enfermés, ses frères et elle.
Le déménagement est arrivé sans prévenir, à tel point qu'elle en a perdu sa brosse à cheveux.
Lily est petite, c'est vrai- 7 ans à peine, mais elle est bien assez grande pour savoir ce qu'elle veut, et ce qu'elle veut en ce moment, c'est que sa mère transplane à la maison pour la coiffer, tandis qu'elles seraient assises toutes les deux sur son lit. Elle pourrait lui raconter des histoires, caresser sa peau, et Lily pourrait faire semblant de la masser, ou de la maquiller, ou à jouer la marchande, mais madame, ces boucles d'oreilles vous vont à ravir !, répétant des phrases apprises par cœur au fil des jeux, dont sa mère ne se lasse jamais.
Mais c'était quand sa mère était encore avec son père, quand elle ne pleurait pas, quand elle ne prenait pas de médicaments. C'était quand elles étaient toutes les deux encore à la maison et que ses affaires de coiffure n'étaient pas encore perdus au fond d'un carton.
Elle marche dans le couloir à pas de loup, malgré qu'il fasse si noir et qu'elle devrait déjà être au lit. Ses cheveux restent emmêlés, et ni son père, ni ses frères ne savent la coiffer comme il faut, en lui parlant de princesses et de chevaliers, et de sorciers qui sauvent des royaumes entiers, et en jouant avec elle, alors qu'elle devrait déjà être couchée…
Et elle n'a toujours pas retrouvé sa brosse à cheveux...
« Heu…Lily ? »
Elle lève les yeux et s'accroche à sa tignasse en reconnaissant Draco Malfoy, debout devant elle dans le couloir sombre, ses sourcils froncés dans une attitude réprobatrice.
« Qu'est ce que tu fais encore debout ? »
Lily secoue la tête, réfrénant son envie de pleurer à la vue de cet homme. Il n'est pas méchant. Son père et Scorpius le lui ont dit. Mais il lui fait quand même peur- il est trop grand, trop maigre, trop pâle, et il ne sourit pas assez…
Elle tend sa natte défaite comme une excuse, la tête baissée et les larmes aux yeux. « Mes cheveux, je peux pas...J'arrive pas à les coiffer… »
Le visage du blond s'adoucit, et il s'accroupit devant elle, pas assez près pour l'effrayer, l'effaroucher et la faire s'enfuir, comme un petit animal craintif. Elle se prend à penser que, d'aussi près, il n'est pas aussi inquiétant- il a les mêmes yeux que Score, avec la même petite ride de côté quand il sourit- et elle est presque sure que quand il éternue, son nez se plisse aussi bizarrement, une manie de son grand frère qui l'a toujours beaucoup faite rire.
« Et bien, il faut remédier à ça, pas vrai ? », fait-il d'une voix douce, juste à peine plus haute qu'un chuchotement.
Dans sa main droite, il tient une brosse à cheveux.
OoOoOo
Les barrières magiques posées autour de la maison ont été démantelées depuis longtemps, tout comme les sorts lancés sur la cheminette, mais c'est la première fois depuis très longtemps que Scorpius et Albus vont se balader dans le voisinage, sans James ou leur père pour les accompagner, ou même une Lily suppliant pour qu'on joue avec elle trainant dans leur sillage.
Al retire son écharpe, devenue inutile sous le soleil du mois de mai, et la roule en boule pour la faire tenir tant bien que mal dans sa poche. Autour d'eux, les arbres ont repris des couleurs, et le village grouille d'enfants moldus se précipitant pour rentrer chez eux pour le gouter. Il est tenté de faire un croche pied à une petite fille courant juste à sa hauteur, mais la présence de Scorpius, qui a un sifflement à côté de lui, l'arrête à temps.
Ils marchent sans échanger un mot, sous le regard vaguement interessé de deux ou trois villageois en train de bavarder devant leurs maisons- ce sont les petits Potter, ceux qui ne vont pas à l'école, il parait que leurs parents ont divorcés cet hiver, et ils ne se ressemblent pas du tout, la mère aurait eu une aventure pour le blond ? Albus ne se formalise pas de ces rumeurs typique de petite communauté. A la place, il ramasse un bout de bois qui traine, et fait mine de lancer un mauvais sort aux moldus, qui froncent les sourcils, celui-ci va mal finir, vous vous rappelez quand il a frappé le petit John en bas de la rue, il finira mal, moi je vous le dis. Scorpius se contente de lui arracher le baton de la main et de maintenir celle ci dans la sienne, ses doigts fermement enlacés aux siens tandis qu'il écrase la baguette imaginaire du pied. Al ne se plaint pas.
Ils marchent pendant longtemps, jusqu'à sortir de Godric's Hollow par un petit chemin de terre, et jusqu'à atteindre les champs du village voisin. Ils s'assoient dans l'herbe et écoutent la cloche de la vieille église sonner 18 coups, tandis que le soleil qui se couche les baignent de ses rayons, faisant briller les cheveux de Scorpius et teintant sa peau d'ordinaire si pâle d'un bel orangé.
Il voudrait dire beaucoup, beaucoup de choses, profiter de ce moment pour expliquer que tout ça ne change rien, qu'ils n'ont jamais été frères et qu'il l'a toujours su, qu'ils l'ont toujours su, qu'ils se souviennent et qu'ils savent, eux, ce qui est vraiment important. Il voudrait dire qu'aucun père légitime ou non ne pourra jamais les séparer l'un de l'autre. Il voudrait dire des mots et promettre des choses qui ne sont pas de son âge, et embrasser Scorpius, et avoir la terre entière pour eux deux seuls, et tellement d'autres choses qui feraient rougir le blond et lui dire de se taire de peur qu'on l'entende.
Albus essaie de dire ces choses, au moins une seule, mais le regard que lui lance son frère lui cloue la langue sur place.
"Je ne sais pas ce qu'il va se passer. Je n'ai pas eu de visions miraculeuses ou un truc comme ça. Mais ça ne pourra pas bien se finir s'il s'en mêle."
Il ne dit rien, attendant que le blond continue de parler. Celui-ci glisse sa main dans la sienne, le geste instinctif et si simple.
"S'il te plait, Albus, reste toi même. Tu ne dois pas le laisser gagner. Reste pour moi. D'accord ?"
N'importe qui d'autre aurait pensé à un code secret inventé par deux gosses un peu bizarres, ah, ces Potter, toujours à préparer un sale coup, mais Albus hoche la tête et serre les doigts entre les siens, fermant les yeux pendant que Scorpius rapproche son visage du sien, et qu'au fond de lui, tout au fond de lui, une porte ne se ferme, enfermant quelque chose pour longtemps, assez longtemps pour leur laisser le temps de vivre.
Ce qu'ils échangent alors que le soleil se couche et que le vent se lève sur la plaine représente plus pour lui qu'un premier baiser.
C'est une promesse.
OoOoOo
Il est dans la cuisine en train d'essayer de décrypter une recette de cuisine moldue. On est dimanche, et demain matin, les enfants retourneront chez la Weasley, en lui laissant un long mois de tête à tête avec Potter à subir. Evidemment, pour fêter ça, ledit Potter a embrassé son idée de faire un vrai repas, garanti 100% sans chips, bonbons ou nourriture frite baignant tellement dans l'huile qu'on doit en pêcher les aliments avec sa fourchette. Ou une perche.
Evidemment, c'est à lui de s'en charger. Lui qui déteste cuisiner, lui qui n'est même pas du bon sexe pour cuisiner, et surtout lui qui ne sait même pas à quoi servent la moitié des objets dans la cuisine de Potter (ce crétin mal-coiffé).
Laisser vingt minutes à chauffer sur les plaques à induction. Une plaque à quoi ? « Quel genre de professeurs enseigne l'anglais aux moldus ? », marmonne t-il dans sa barbe, sa main libre massant son front plissé de concentration.
Foutu bouquin inutile. Autant faire quelque chose à ma façon. Et avec cette résolution en tête, il ferme le livre dans un claquement sec particulièrement satisfaisant.
Il en est encore à décider de quel recette il se souvient le mieux- ou imagine se souvenir, plutôt- entre les crêpes et le lardy cake, quand il entend quelqu'un s'éclaircir la gorge derrière lui. Il se retourne, mais la cuisine est vide. « Hein ? »
« Harry ? », demande la voix à nouveau- elle est amplifiée et déformée, mais Draco reconnait sans peine Weasley fils- correction, l'un des fils (ces saloperies sont des dizaines), probablement utilisant la cheminette du salon.
Il va jeter un coup d'œil, juste comme ça, histoire d'agacer le roux. La plupart des membres de la belle-famille de Potter savent à propos de lui maintenant, alors autant en profiter.
« Harry ? » Le visage ovale brûlant dans l'âtre respire la bêtise, ce qui n'a pas changé depuis la dernière fois où Draco l'a vu- ça fait quoi, 9 ans ? 10 ans ? Il aurait aimé que ça soit plus.
« Bonjour, la belette. Potter est à l'étage. Tu veux que je l'appelle ? », Demande t-il d'une voix faussement polie.
L'expression du roux se fige dans un masque de froideur. « Je repasserai. »
« Mais non, enfin ! Il suffit de se comporter comme les gens civilisés et dire s'il te plait- je suis sur que même toi tu pourrais faire ça- et je- »
Il est coupé dans son élan par Potter, qui vient de descendre les escaliers. « C'est qui ? », demande t-il en rehaussant ses lunettes.
Ton ex-beau-frère, aurait-il voulu répondre avec son plus beau sourire, mais il tient à garder toutes ses dents. « Weasley. Ton pote, » ajoute t-il devant l'air perplexe du brun.
Potter serre la mâchoire. « Ah. »
« Hm », fait le toujours aussi éloquent rouquemoute à leurs pieds.
« N'écoute pas aux portes, » marmonne Potter en passant devant lui. « Pour qui tu me prends ? », répond t-il d'un ton offusqué, mais l'auror ne prend même pas la peine de répondre alors qu'il s'agenouille devant la cheminé, l'air visiblement mal à l'aise.
C'est vraiment la dispute du siècle et ça le tue de ne pas pouvoir assister à ça, mais il retourne tout de même dans sa cuisine, en priant pour que les garçons aient oublié un de leur jouet dans le coin, histoire d'au moins entendre les cris probablement suraigus de la belette lorsqu'elle pétera un plomb.
OoOoOo
Harry ne regarde pas Ron dans les yeux. Il préfère fixer les flammes vertes courant sur le menton chevalin (un spectacle très divertissant) en attendant lâchement que le roux ne fasse le premier pas, histoire qu'on ne lui dise pas qu'il a commencé.
« Ca va, chez toi ? », marmonne à contrecœur (et à son grand soulagement) son vis à vis.
Il s'apprête à répondre, mais le roux le coupe aussitôt, « Bien sur, je veux parler des enfants. Mes neveux. Enfin, des enfants et de ton nouveau...pote." Il croit entendre Malfoy pouffer derrière la porte de la cuisine et lance un silencio d'un mouvement de la main impatient. "...Si il les a pas déjà écartelés."
Il soupire. "Ecoute, Ron, je...Je ne veux pas qu'on se dispute pour ça." Il n'a jamais été doué pour parler avec son meilleur ami, mais c'est bien la première fois qu'il se sent aussi mal à l'aise. "Et puis, Draco se comporte très bien, tiens, il est en train de faire la cuisine, là..." Ou alors, il nous regarde par le trou de la serrure en essayant de lire sur nos lèvres.
"Quoi, il sert de remplaçant pour Ginny ? C'est ça ?"
"Mais non !", s'offusque t-il. "Personne n'essaie de remplacer Ginny, et surtout pas Malfoy !"
Ron ne répond pas pendant un long moment, et Harry pense qu'il va s'en aller là dessus, mais à la place, le roux le surprend en continuant, "Hermione m'a demandé de dire ce que j'ai sur le coeur, alors je le fais. Je pense que Malfoy est un sale type qui va vous apporter des emmerdes, et je refuse de rester les bras croisés pendant que toi et les enfants tombez dans son piège. Et je pense que tu te pourries la vie pour rien, alors qu'il n'aurait jamais levé son cul pour t'aider, toi ou n'importe qui d'autre."
Il reste coï un moment. "Je pensais que tu étais en colère parce que j'ai quitté ta soeur..."
"Bien sur que oui, je suis en colère, mais c'est pas aussi important. Et puis, quelque part...Quelque part, ça devait arriver un jour," répond Ron en regardant ailleurs, les dents serrés. "Ginny récupérera, la famille fera tout pour ça. Mais ils pourront pas t'aider avec Malfoy. Moi non plus je pourrais pas t'aider. Et je pourrais pas vous lancer un sort à toi et à lui sans me faire sermonner par Hermione et Rosie, et tu sais à quel point je déteste me faire sermonner."
Il sourit largement. "Oui, je sais..."
"Et ne t'imagine pas que c'est un trève ou quoi que ce soit ! Je t'en veux toujours ! Et je ferais jamais confiance à Malfoy ! C'est clair ?"
"Clair comme de l'eau de roche," répond t-il avec un sourire menaçant de faire le contour de sa tête. "Ecoute, tu voudrais pas venir à la maison ? On pourrait parler en tête à tête...Parce que j'ai vraiment mal au dos, là."
Ron roule des yeux, mais s'il a l'air ennuyé de se trouver dans le même entourage que Malfoy, il dit tout de même qu'il arrive avant que son visage ne disparaisse entre les charbons de l'âtre. Et quelques instants plus tard, son meilleur ami est là, époussetant sa robe couverte de cendres alors qu'il surgit de la cheminée à moitié courbé, gêné par sa taille.
"Et maintenant, parlons de choses vraiment très sérieuses," continue t-il lorsqu'il peut enfin se redresser, ses sourcils se fronçant d'un air faussement calculateur. "Est ce que la fouine fait vraiment le ménage ou est ce qu'Hermione a juste dit ça pour me faire marcher ?"
Il éclate de rire, au même moment où la porte de la cuisine s'ouvre avec fracas, et que Malfoy en surgit avec une expression horrifié, une oreille à rallonge encore entre les mains.
OoOoOo
Draco apprend peu à peu à vivre en harmonie avec les enfants, c'est vrai, mais c'est surtout Potter qu'il apprend à mieux connaitre au fil de leur cohabitation.
Il sait des choses que le Prophète rêverait d'acheter- des choses inintéressantes, comme le fait que le brun s'est réconcilié avec son abruti de meilleur ami, et d'autres informations bien plus alléchantes. Par exemple, il sait par Scorpius que Potter et Weasley avaient essayé, par le passé, d'acheter une maison secondaire, à l'étranger, pour être tranquilles pendant les vacances, loin des projecteurs- il ne sait pas exactement pourquoi ça avait capoté, mais il s'agit apparemment d'une sale histoire, parce que Potter était tellement en colère qu'il s'était désabonné de tous les journaux sorciers, de sorcière hebdo au Chicaneur, et ne reçoit depuis de nouvelles que par ses collègues de bureau. Il sait aussi que l'auror continue d'avoir des insomnies terribles et qu'il lui arrive de faire des nuits blanches à la moindre petite difficulté pour s'endormir.
Il a été témoin d'une de ces nuits une fois depuis son installation ici. Il avait eu soif et était descendu dans la cuisine, très tôt dans la matinée, peut être 3h, 4h du matin. Il y avait trouvé Potter, affalé sur sa chaise, complètement habillé, ses pieds croisés sur la table et tenant un livre d'une main, l'autre posée sur son ventre.
Il avait cru à une hallucination sur le coup, mais quand le brun lui avait demandé ce qu'il fichait ici, il n'avait pu que répondre, « C'est à moi que tu demandes ça ? »
« J'ai pas réussi à m'endormir, alors je me suis dit que je pouvais autant attendre ici. »
Depuis cette nuit, il ne se demande plus si le brun continue de penser à la guerre. Un homme à l'esprit tranquille ne se comporterait pas comme ça. Un homme à l'esprit tranquille serait resté au lit en attendant le sommeil, ou au moins le jour.
Mais Potter a peur d'attendre. Il est toujours à suivre un objectif, à poursuivre quelque chose- un mage noir, un sorcier disparu, ou, dans des proportions moins dramatiques, Lily qui refuse de prendre son bain. Il est effrayé à l'idée de se reposer, même dans les pires moments. Draco était là après son divorce, lorsque le brun était plus bas que terre, mais il continuait à courir partout, pour signer des dossiers, pour aller au travail, pour s'occuper de lui, pour toujours avoir quelque chose à faire.
Il trouve ça inquiétant, cette façon de vivre, lui qui a toujours adoré se prélasser, qui voulait toujours qu'on fasse tout à sa place- ranger sa chambre, faire ses devoirs, organiser des sorties. La guerre a un peu changé cette façon de penser, mais il apprécie toujours quand il peut se décharger sur quelqu'un de plus enclin à travailler que lui.
En l'occurrence, Potter apprécie toujours d'avoir du travail, alors Draco se dévoue pour lui léguer un peu du sien. C'est un échange de procédé plutôt égoïste, mais il a l'impression de créer un équilibre entre le brun et lui, un équilibre où il n'y a pas de place pour les disputes.
« Potter, tu es occupé ? Parce qu'il faudrait que quelqu'un fasse le repas, et… »
« Laisse moi deux minutes, je finis ça et j'arrive. »
« Potter, comment est ce que je "lance" une lessive ? Je dois balancer les vêtements quelque part ? »
« Wow, ok, ok, ne touche à rien, j'arrive de suite ! »
…Et ainsi de suite, jusqu'à la fin de la semaine. Et lorsque la Weasley vient récupérer les enfants le dimanche, tenant fermement la main de Lily dans la sienne, tandis que la petite lui lance des regards conspirateurs en affichant un sourire joyeux, il a même le réflexe intelligent de laisser Potter chercher les affaires que James a oublié dans sa chambre, pour lui épargner le face à face douloureux avec son ex-femme, qui sort les enfants un par un de la maison, les comptant presque, comme si elle avait peur que Draco en ait dévoré un pendant leur séjour.
"Bon...Ils ont l'air de bien aller", fait elle en refermant son manteau.
Il hausse les épaules. "C'est grâce à moi. J'ai empêché Potter de les empoisonner avec de la nourriture à emporter moldue."
La rousse le regarde avec curiosité. "Macdonalds ? KFC ? Il ne mangeait que ça avant que...Avant qu'on ne se marie," finit-elle d'une voix faussement assurée, le fixant droit dans les yeux en le défiant apparemment de faire la moindre remarque.
"Le grand M jaune et le vieux type barbu habillé en rouge à l'air flippant. C'est ça ?"
Il est surprit en voyant la Weasley sourire, et encore plus quand il sent ses propres lèvres s'étirer en réponse. "C'est ça", fait-elle. "Tu t'adaptes mieux que je ne le pensais, Malfoy. Et surtout, tu n'as encore tué personne, pas même Harry."
"C'est un défi de tous les jours," répond t-il d'un air digne. Il voit James regarder sa montre d'un air impatient dans le jardin, et le signale à la rousse d'un mouvement du menton. "Tes enfants te réclament."
"En effet," murmure t-elle en jetant un coup d'oeil à Scorpius qui, assit sur sa valise, est apparemment en train de compter les tâches de rousseur d'Albus, qui lit un magazine sans prêter la moindre attention au doigt courant sur ses joues. La Weasley baisse la tête, ses froncils se fronçant un instant. Et si Draco n'a pas la moindre petite once de pitié pour elle, il a quand même de la compassion. "Ils te ressemblent tous beaucoup, Weasley. Même Scorpius. Il est autant ton fils que le mien," murmure t-il quasiment dans l'oreille de la rousse, qui le regarde d'un air éperdu. Il pense qu'elle va le gifler pour se permettre de telles familiarités avec elle, mais elle se contente de prendre un air sérieux et le fixer en levant le menton, repoussant ses cheveux derrière elle avec fierté. "Bien sur que oui, c'est mon fils ! Personne n'en a jamais douté !"
Il sourit, et la laisse partir sur ces bonnes paroles, comme s'ils venaient de se disputer, la voyant serrer ses enfants contre elle avec l'expression d'une mère offusquée alors qu'elle transplane.
Potter descend à ce même moment, une casquette dans une main et une console de jeux dans l'autre. "Hein ? Ils sont déjà partis ?! Sans me dire au revoir !"
"Désolé, Weasley s'est énervée sans aucune raison, et elle a transplané illico." Le brun lui lance un regard accusateur, mais Draco se contente de sourire, sachant qu'il leur a épargné à tout les deux un instant de gêne intense, que tout le monde voulait de toute façon éviter.
Potter part travailler ce jour là, et Draco ne le revoit que le soir, où il rentre armé d'un sac de JFK ou il ne sait pas comment la Weasley a appelé ça. Ils mangent sur la terrasse qui donne sur le jardin- une espèce de petit ponton en bois qui ne ressemble et ne sert absolument à rien, si ce n'est à contempler les kilomètres de champs aux alentours, comme à présent, alors que ses cheveux sont balayés par le vent comme l'herbe se balançant dans la nuit, et qu'il a déjà fini ses nuggets à la sauce pomme frites, le laissant repu et avec une haleine de chacal en cadeau.
Le brun est resté très silencieux- la séparation d'avec les enfants ne le réussit pas, et si Draco arrivait à lui parler pendant que les gosses étaient là, ça devient plus difficile à présent.
"Ca s'est bien passé, au ministère ?" Oh, bravo, Dray. C'était la question la plus ridicule que tu pouvais lui poser. Quoique, tu aurais pu parler du temps qu'il fait.
Potter hausse les épaules, s'ouvrant la dernière bièraubeurre du pack qu'il a rapporté. "Ca va. Même si Jenkins a réussi à créer un nuage juste au dessus de mon bureau qui a arrosé tout mes dossiers et doit encore être en train de pleuvoir dessus en ce moment même." Potter, tu me bats à plat de couture. Parler du travail et du temps dans la même phrase sans même y penser. Je m'incline.
"Jenkins, comme Carl Jenkins de la société des Potionnistes ? Mon père signait des contrats avec lui."
Son vis à vis hausse un sourcil. "Oui, je l'ai rencontré quand on a prit son fils en apprentissage, mais franchement, Sidney ne sait même pas passer le balai sans casser quelque chose, alors je crois que je vais le revoir dans pas longtemps. Tu connais vraiment toute la haute société sorcière, hein ?"
Il a un sourire. "Ca arrive fréquemment quand tu en fais partie, Potter." Il fronce les sourcils. "Enfin, faisait partie."
Le front du brun se plisse. "Ca...Ben, ça a du te faire bizarre...Après la guerre, tout ça. Enfin, je veux dire, je sais que c'était un peu de ma faute..."
Il perd son sourire. "C'était surtout de la faute du Maitre." Je me répète ça chaque putain de jour pour éviter de t'étrangler, ne me rapelle pas que c'est toi qui m'a foutu en taule, s'il te plait. "Mais je ne pouvais que le suivre. C'était ça ou abandonner mes parents."
"En gros, tu as choisi la survie", fait Potter d'une voix étrangement monocorde.
"Ce n'était pas de la survie", répond t-il avec agressivité. "Je n'aurai jamais laissé ma famille. Je préférai mourir avec eux. Et oui, je sais que de la part de Draco Malfoy ça doit être bizarre d'entendre ça, mais avoue que j'ai été plutôt courageux, dans un certain sens. Et avant que tu ne partes dans une diatribe enflammée contre les mangemorts", ajoute t-il en voyant l'auror ouvrir la bouche d'un air offensé, "je tiens à préciser que si j'avais pu choisir, j'aurai largement préféré ne pas en être un et rejoindre votre joyeuse petite bande de héros. Mais votre victoire tenait carrément du miracle, et je n'ai pas voulu prendre le risque de nous faire mourir, mes parents et moi, aussi bêtement."
"Dumbledore aurait pu vous prôtéger, il te l'avais proposé," lance Potter.
Il ne sait pas comment le brun est au courant de ce passage- honteux, pathétique et abominable de son existence-, mais il est trop énervé pour y réfléchir plus que ça. "Comment il aurait fait ? Il était déjà mort à ce moment-là. Son destin était scellé. Je n'avais aucune alternative. Qu'est ce que tu aurais fait, à ma place ? Je suis sur que tu aurais préféré survivre, pas vrai ?"
Potter ne répond pas à sa question. A la place, il joue avec sa bouteille de bierraubeurre- arrachant la capsule avec son pouce et la replaçant à nouveau d'un air frustré, à l'aide de sa magie naturelle qu'il arrive si bien à contrôler.
« Pendant la guerre… »
Draco le fixe, écoutant en silence.
« Pendant la guerre, quelqu'un m'a dit un jour… » Le brun ouvre les yeux pour fixer d'un regard vide les escaliers en bois, se rappelant. « Survivre, c'est pour les lâches. C'est vivre qui est important. »
Il fronce les sourcils, laissant à Potter une petite accalmie avant de demander, « Qui est le connard qui t'a dit un truc pareil ? »
L'auror reste pensif. « Je ne me souviens plus. Surement Neville. »
Il remue, irrité. « Les lâches, hein ? On reconnait le gentil gryffondor qui n'est jamais sorti de sa gentille école. » Il a un sifflement de colère. « S'il avait été mangemort, il aurait compris ce que c'est, de survivre. »
Ils restent un long moment silencieux, jusqu'à ce que Draco entende murmurer, « Je suis d'accord. »
"Pardon ?", demande t-il plus que surpris.
"J'ai dit que j'étais d'accord", fait Potter d'un ton égal. "Enfin, pas avec les mots que tu emploies ou la façon dont tu le dis, mais dans le fond, tu es dans le vrai. Tu aurais vraiment du rejoindre notre camp, mais je sais qu'être mangemort n'était pas une partie de plaisir. Neville dit vraiment des conneries des fois."
Cette fois-ci, Draco ne résiste pas, et a un petit rire qui n'échappe pas à Potter. Il hausse les épaules. "C'est pas contre toi. Tu me rappelles... quelqu'un, c'est tout."
Le brun fronce les sourcils. "Quelqu'un que je connais ?"
"Ca m'étonnerait vraiment. Elle ne t'a jamais rencontré, en tout cas."
Il y a un nouveau silence, mais chargé de questions en suspens, cette fois-ci- et Draco s'y attend lorsque Potter lui demande d'une voix atone, "Ce quelqu'un, c'est...?"
Pourquoi essayer de mentir ? Il ne risque rien. "La mère de Scorpius, oui."
Potter a l'air dubitatif. "Elle était vulgaire ?"
"Merlin, tu ne peux même pas imaginer à quel point," répond t-il en riant. Potter a un sourire en le regardant, et alors qu'il retourne à sa bière, Draco se dit qu'il est content, quelque part ,d'avoir pu lui changer les idées, même s'il a du parler d'elle. Ils dormiront tout les deux mieux ce soir.
Il se lève pour retourner à l'intérieur et rejoindre son lit, mais le brun l'arrête avant qu'il n'ait pu atteindre la baie vitrée. "Cette femme- est-ce que tu...". Il hésite, cherchant peut être une autre façon de poser sa question. "Est ce que vous vous aimiez ?"
Draco ne sait pas pourquoi Potter a posé cette question, et celui-ci semble s'en rendre compte et se ravise sur le champ, retournant à sa contemplation du jardin. "Pardon. Je sais pas pourquoi j'ai demandé ça."
Il fronce les sourcils. Il ne veut pas en parler, vraiment- mais il répond quand même, d'une voix faible, "Je voulais l'épouser."
Le brun lui jette un coup d'oeil interrogateur. "Ca n'a pas marché ?"
"Non," répond t-il séchement pour couper court à la discussion. "Bonne nuit, Potter."
Il ferme la baie le plus vite possible, mais a tout de même le temps d'entendre un "Bonne nuit, Draco" murmuré de l'extérieur, qui apaise un peu les battements précipités de son coeur, qui cogne cogne cogne dans sa poitrine à lui en donner le vertige.
OoOoOo
Ginny tend la main et attrape la plume que lui tend le coach des Harpies de Holyhead, prenant un soin tout particulier pour ne pas toucher les doigts grassouillets de l'homme, dont le sourire lui donne plus envie de lui cracher à la figure qu'autre chose.
"Je suis vraiment heureux que tu nous reviennes, Ginny," lui dit-il d'un ton doucereux, son visage rose aux traits grossiers brillant de sueur. "Tu verras, l'équipe a un peu changé, on a du sang neuf, de vraies tigresses..."
La rousse ne répond pas. Elle sait ce que ce vieux porc de Wibbledee entend par sang-neuf- des jeunes filles plantureuses qui savent à peine tenir sur un balai et qui servent la plupart du temps à faire joli sur le banc des remplaçantes, pendant que les vraies joueuses, des femmes expérimentées comme elle, se démènent pour emporter la victoire.
De vieilles femmes.
Maintenant, alors qu'elle signe le beau parchemin cerné de rouge à coups rageurs d'encre dorée, elle ne sait même plus si Wibbledee la reprend pour son talent ou pour l'attrait médiatique qu'elle apportera à son équipe.
Quelque part, elle est contente de ne plus faire partie de la catégorie sang-neuf, mais d'un autre côté, elle lui manque, cette jeunesse, où il lui suffisait d'un battement de cils pour empocher un contrat...
"Parfait, absolument parfait", susurre Wibbledee en la raccompagnant vers la porte, la chose visqueuse lui servant de main se baladant sur son épaule malheureusement nue. "On pourrait se faire un petit diner un de ces jours, avec toute l'équipe, avant la nouvelle saison..."
Elle sourit et répond que oui, ça serait une bonne idée, et qu'elle est impatiente de revoir tout le monde et parler du bon vieux temps, mais vraiment, la seule raison pour laquelle elle ferait ça serait pour jauger ses futures rivales sur le terrain, celles qui murmureront dans son dos, les jalouses qui lui en voudront pour avoir eu Harry Potter et ses enfants, et ne même pas avoir su le garder en laisse. Elles sont des milliers comme ça.
Ginny aussi avait fait parti de ces milliers de filles. Mais elle n'est plus du sang-neuf, à présent, et les vieilles ont le droit légitime de se moquer des filles plus jeunes, plus jolies et plus heureuses qu'elles.
Elle sort enfin de la loge, échappant aux griffes acérés et au sourire adipeux de son coach, et se dirige vers le terrain en train d'être démonté- la saison est terminée, et les sorts anti-moldus seront bientôt désactivés, rendant à ce coin perdu de la campagne écossaise son calme d'antan...
Elle s'assoit sur l'un des derniers gradins encore debout, contemplant les sorciers travaillant en bas. Bientôt, elle pourra rejouer en ligue, bientôt, elle ressortira son meilleur balai- un éclair de feu 4, un cadeau d'anniversaire de mariage d'Harry. C'était une idée de sa mère- profiter de cette occasion pour redevenir professionelle et gagner sa vie, et peut être, oui, peut être, rencontrer un beau joueur qui lui redonnerait goût à la vie. Elle avait balayé cette dernière idée d'un revers de la main dédaigneux- elle est trop vieille maintenant, et les beaux joueurs s'intéressent aux têtes de linottes prenant racine sur le banc d'essai. Cette vie-là est derrière elle. Le reste de son existence sera celui d'une femme divorcée- une fin de carrière sans miracles, des enfants qui lui en voudront jusqu'à sa mort à élever, un ex-mari qui ne veut plus entendre parler de vous.
Elle pense à ça, se demandant s'il faut qu'elle achète des bigoudis roses et des potions anti-rides dès demain, lorsque le banc sur lequel elle a posé ses fesses bientôt pleines de cellulite grince à côté d'elle.
Ses cheveux la gênent lorsqu'elle tourne la tête pour invectiver l'imbécile, mais elle peut quand même voir les beaux yeux bruns la dévisageant, et les joues rosies par le vent, et la minuscule ride au coin de l'oeil, une petite preuve que l'homme en face d'elle n'est pas aussi jeune qu'il veut le faire croire.
"Bonjour", fait l'homme avec un sourire. "Les gars d'en bas m'envoient pour vous demander de descendre. Ils voudraient éviter de vous écrabouiller en démontant les gradins."
Le sourire timide qui essayait de s'assortir avec son vis à vis se transforme en grimace. "Oh...Oh. Vous êtes un ouvrier ?"
L'homme sourit de plus belle, à peine déconcerté par la question. "Moi ? Non. Je suis joueur, je bosse pour les Pies de Montrose. Ethan MacAulay, pour vous servir, mademoiselle...?"
Il tend une main qu'elle ne refuse pas, mais pas avant d'avoir repoussé ses cheveux derrière elle, et d'avoir préparé un sourire qui aurait fait palir de jalousie n'importe quelle sang-neuf des Royaume-Uni, et qui la surprend autant qu'elle la ravi.
"Ginny...Ginny Weasley."
LA ROMANCE, C'EST COOL. (Tout comme les rewiews.)
