Devinez qui est là ! Mais oui, c'est votre fanficteuse-toujours-en-retard-faignante-comme-pas-deux préférée !
...Désolée pour la grosse attente. Et surtout, merci pour les nombreux messages que certains lecteurs et lectrices m'ont envoyé malgré tout ce temps sans nouveau chapitre. La raison de ce silence est principalement du au fait que j'ai vécu beaucoup de choses ces derniers temps, et que j'ai un peu laché tous mes projets. C'est de cette façon que j'ai perdu la moitié des chapitres que j'avais déjà écris pour l'enfant de l'orage, dont celui-ci. Je suis vraiment désolée, c'est entièrement de ma faute : mais j'ai réécris ce qui avait été perdu et récupéré quelques notes de l'intrigue que j'avais oubliée, j'espère donc que vous me pardonnerez et que ce que j'ai écris vous plaira autant qu'avant :)
Bonne lecture à tous ! N'hésitez pas à me dire votre façon de penser dans vos rewiews !
Crac...
fait le crâne en se heurtant à la pierre. La sorcière a un frémissement et bascule en arrière, son chapeau tâché de sang tombant à côté d'elle. Il tend la main pour récupérer la baguette de sa victime, et en profite pour lancer quelques sorts sur l'arme du crime, histoire que la police moldue ne tombe pas sur des empreintes digitales qui, assurément, feraient beaucoup jaser. Parce que des moldus allaient tomber sur le corps de cette-comment c'était déjà ? Ah, oui...Samira. Il s'est arrangé pour que cette pauvre fille meure au bon endroit, au bon moment, et de la bonne façon.
Mort accidentelle égale mort idéale.
Le sorcier ramène ses cheveux en arrière et se lance un deuxième sort de désillusion. Il enfile ses gants en pur cuir de dragon- un cadeau de sa femme- et transplane au chaudron baveur, histoire de boire un petit quelque chose de bien anglais avant de repartir pour sa dernière mission- un officiel français qui ne sait pas tenir sa langue. Avant d'entrer dans le bar, il jette un coup d'oeil à son reflet dans la vitrine- il est impeccable, comme d'habitude. Ses cheveux bruns sont parfaitement coiffés, et ses yeux pétillent autant qu'à ses 20 ans, avec quelques petites rides en plus. Peut-être devrait-il penser à se trouver une nouvelle femme...? Daphné lui parait bien fade à côté de lui, et s'il veut briller dans la société, il lui faut une compagne parfaite... Il sourit au barman- le vieux Tom, qui tient définitivement beaucoup à sa bicoque pour rester en vie aussi longtemps- et commande un hydromel aux épices. S'installant à la table la plus éloignée, il jette un vague coup d'oeil autour de lui tout en savourant sa boisson.
Le chaudron baveur n'est jamais bien rempli à cette heure de la journée- seuls les résidents des chambres y prennent leurs petit déjeuners, comme son voisin, qui en profite pour lire son journal, tout en l'aspergeant de gras de lard. Il laisse son regard errer du côté des dernières nouvelles- depuis quand il ne suit plus les journaux déjà ? Il sait juste que Shacklebolt a été réélu au titre de premier ministre, il n'y a pas si longtemps...
Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il reconnait un visage familier dans les photos d'illustration- un visage qu'il ne s'attendait pas à revoir de si tôt.
"Monsieur ? Excusez-moi." Son voisin de table tourne la tête vivement, le dévisageant d'un air éperdu, comme s'il ne l'avait pas entendu arriver. "Pourrais-je emprunter votre journal un instant ?"
Son interlocuteur lui tend le quotidien sans se faire prier, et en le fixant de façon très désagréable. "Merci", fait-il avec un faux sourire, tout en ouvrant à la page où se trouvait la photo.
Selon le ministère, blablabla...Ah. Bientôt 8 mois...Evasion spectaculaire d'Azkaban...Draco Malfoy, recherché par tout le ministère...Disparu...Mort ?
Il fixe les lignes sans enregistrer les informations. Draco s'est échappé par il ne sait quel miracle il y a 8 mois. Comment a t-il fait pour l'ignorer ? Pourquoi le ministère ne lui a rien dit...? Ils n'ont quand même pas confié ça à ces empotés d'aurors...
Il repose le journal en marmonnant un remerciement à son voisin. 8 mois. 8 mois sans savoir. Il déteste être le dernier informé. Tout le monde fait toujours n'importe quoi quand il ne s'en mêle pas.
Parce que si ces imbéciles ont fait confiance à Potter et qu'ils n'ont toujours pas retrouvé Draco, c'est qu'il y a une bonne raison.
Ce crétin le cache en même temps que son fils.
Scorpius se réveille dans un cri horrifié.
OoOoOo
Il déteste, déteste, déteste faire la cuisine.
« Potter, je déteste faire la cuisine. »
« Oui. Je sais. »
Draco racle un peu plus son fond de casserole avec sa cuillère en bois, se demandant avec curiosité si la croute noire qui s'y est incrustée s'enlèvera aussi facilement. Ah. Apparemment non.
« Non, je veux dire, je déteste vraiment ça. Peut-être que tu t'es imaginé que, puisque je suis un dieu du ménage (il sent bien Potter rouler des yeux à côté de lui mais l'ignore), je dois être doué devant les fourneaux, mais…Oh, c'est normal ce truc blanc qui coule de la théière ? » Potter agite sa main au dessus du pot bouillonnant et son contenu semble s'évaporer en un instant, ne laissant qu'un récipient tremblotant. « …Mais vraiment, je pense que tu devrais t'en charger tout seul. Tu cuisines bien. »
Le brun hausse un sourcil tout en lui jetant un regard en biais. « Tu me complimentes uniquement pour te débarrasser de la corvée cuisine, hein ? »
« Bravo ! Tu commences à comprendre comment je fonctionne. Dans peu de temps, peut-être même que tu renonceras à me faire faire des choses par lesquelles je suis totalement désintéressé. Je continue d'espérer. »
« Tu parles beaucoup trop, Draco. »
« Et toi, tu es beaucoup trop taciturne. » Le soupir de Potter le fait grimacer. « Quoi ? J'ai pas parlé pendant 9 ans ! Evidemment que je ne peux plus m'arrêter maintenant ! Dommage que mon seul interlocuteur soit plus silencieux que ma chère porte de cellule. Je vais finir par la regretter, tu sais. » Nouveau haussement de sourcils de Potter. « Allez, fait un effort ! Les relations humaines, c'est bien ! »
Potter finit par reposer sa baguette, laissant leur vain espoir de five o'clock agoniser tout seul du fond de sa marmite moldue. « Bon, j'avoue, je devrais parler plus. »
« Mais ? », lance t-il d'un ton encourageant.
« Mais…Mais…Qu'est ce que tu veux que je te dise ? »
Draco a un sourire tout en s'asseyant sur le plan de travail, comme il en a prit l'habitude. Oooh, on touche au cœur du problème, mon vieux Dray. « Je ne sais pas, moi…Il doit y avoir des tonnes de choses à dire. Des choses sur toi, évidemment. »
« Oh, et pourquoi pas des choses sur toi ? C'est facile de me demander de parler ! »
Il feint une surprise effarée. « Mais je passe mon temps à parler, Potter ! » Puis, histoire d'en rajouter- « Si tu m'écoutais un peu, tu saurais déjà tout sur moi, j'en suis persuadé. »
Potter a déjà l'air moins assuré. Il regarde ailleurs, tout en ébouriffant ses cheveux d'une main- sale manie. Déjà à Poudlard, il faisait ça. Pourquoi rendre sa tignasse encore plus décoiffée ? C'est d'un ridicule achevé, vraiment.
« Ok, je te propose un deal », finit-il par dire puisque le brun n'en finit pas d'éviter ses yeux. « Chaque jour, on devra se dire un truc sur nous. Au moins un. Après, pas de restriction, si tu veux partir dans une longue diatribe sur tes secrets les plus intimes, je serais plus qu'heureux de… »
« Un par jour, ça me semble très bien », s'empresse de répondre Potter. « …Tu as réfléchis à ça pendant un sacré bout de temps, hein ? Tu attendais juste le bon moment pour en parler. »
« Tu es d'une médisance ! …C'est la discussion de dimanche soir qui m'a donné l'idée. Ca fait seulement 4 jours. C'est rien, 4 jours. »
L'auror soupire à nouveau, et tire une chaise à lui, s'asseyant à l'envers et reposant ses bras sur le dossier. « Ok. A toi l'honneur. »
Ah. Ca, j'avais pas prévu. « …Qu'est ce que tu veux savoir ? »
Potter a un grand sourire. « Ton secret le plus intime ! »
« Ok, nouvelle règle : on dit ce qu'on veut. » Expression dépité de Potter. Aha. « Je…J'adore le quidditch. »
« Wow, c'est la révélation de l'année, Malfoy », fait le brun en roulant des yeux. « Toi qui es si bavard, je suis déçu ! Allez, sérieusement, mets y du tien. »
Il plisse les yeux. « Je n'ai pas d'idée. Donne-moi au moins une piste ! »
Potter semble réfléchir un instant. « On a qu'à retourner aux sources pour commencer. Où est-ce que tu es né ? »
Aucune subtilité. Pourquoi je ne suis pas étonné. « Au Manoir Malfoy. Dans le Wiltshire. Juste à côté de Stonehenge. », énonce t-il d'une traite.
A sa surprise, Potter hausse les sourcils en entendant ça. « Tu es né dans ton manoir ? Je veux dire…Ta mère n'aurait pas du accoucher à l'hôpital ? »
Il fronce les siens. « Bien sur que non. Je suis né dans la même maison que tous mes ancêtres. » Peut pas en dire autant, hein ?
« Scorpius aussi y est né ? », demande le brun avec curiosité. Il lève la main immédiatement. « Hep hep hep, une seule question ! »
« Je croyais qu'il n'y avait pas de restrictions ! », réplique t-il.
« Sur les réponses, oui. Deuxième règle : tu n'as droit qu'à une question. A toi, maintenant. Je sais déjà où tu es né (qui ne le sait pas ?), alors… » Il prend son air le plus inspiré et lance, d'un ton faussement détaché, « Pourquoi tu ne m'as pas serré la main, le premier jour d'école, avant la répartition ? »
L'expression de Potter lui fait regretter de ne pas avoir un appareil photo sous la main. « Je…Quoi ? »
« Tu sais bien de quoi je parle. Pourquoi tu ne l'as pas fait ? »
« Ne me dis pas que tu penses encore à ça après toutes ces… »
« Potter ! »
Le brun semble se creuser la tête- mais il doit le faire poireauter, parce que vraiment, quel genre d'abruti oublie sa répartition ? « Tu avais insulté Ron. Et probablement Hermione. Et, en fait, tu as sûrement dû être désagréable avec toutes les personnes que je connaissais. Comme toujours. »
« Et alors ? Je n'avais pas été désagréable avec toi. J'ai même été aimable. Je t'offrais mon aide, alors que Weasley s'accrochait simplement à ta réputation. »
Le regard de Potter est particulièrement étrange. « Oh mon dieu. Tu es jaloux ? »
« Quoi ? Non ! Bien sûr que non ! Je trouve ça débile, c'est tout ! Pourquoi préférer Weasley à moi ? »
« Je te l'ai dit, tu étais désagréable. Très désagréable. »
Il plisse les yeux en sentant le tu l'es toujours qui plane dans les yeux de Potter. « N'en rajoute pas, j'ai compris. » Il repose ses pieds au sol de l'air le plus digne qu'il peut et fait mine de jeter un coup d'œil à la théière –depuis longtemps abandonnée- pour se donner contenance. Jaloux ! Lui ! Pas de sa faute si ce binoclard est incapable de juger les gens lui-même !
"Pas la peine de t'occuper de la théière. On jette l'éponge." Potter laisse tomber sa cuillère en bois sur le plan de travail, apparemment pour illustrer ses paroles. "Je vais plutôt prendre un repas à emporter-"
"Quoi ? Non !" Le brun tourne la tête vers lui, l'air agacé. "Je déteste ces trucs ! Comment tu peux avaler ça ?" Potter s'apprète à répliquer mais il enchaine, "Pourquoi est-ce que tu ne prendrais pas un elfe de maison ? Je sais qu'on peut les payer et leur filer des vêtements maintenant. Fais donc ça, tu risques juste de passer pour un excentrique."
Potter plisse les yeux. "Je refuse d'avoir des esclaves à la maison."
"Mais pourquoi ? L'hygiène ? On dirait pas comme ça, mais c'est très propre, ces bestioles, tu sais. Et ça meure vite."
Il sait qu'il a dépassé les bornes au moment même où il finit sa phrase. Potter lui lance un regard qui le cloue au sol- et il se sent rougir sans pouvoir se contrôler, même s'il n'a fait que dire la vérité.
"Ca sera plats à emporter. Et pas de discussion, Malfoy."
Il sent pratiquemment le vent souffler sur son visage lorsque Potter lui claque la porte de la cuisine au nez.
OoOoOo
Molly agite sa baguette, et la sauce au lait se déverse à la perfection sur sa dinde aux marrons, laissant échapper un délicieux fumet. C'est une recette de son invention dont elle est très fière, d'autant plus que c'est aussi le plat préféré de ses petits enfants.
D'ailleurs, elle se demande où ils sont. Il est bientôt midi, et elle les garde pour aujourd'hui, en même temps que le petit Teddy. Ginny est à l'entrainement, ce qui la soulage bien. Elle a tellement besoin de se changer les idées, de reprendre un nouveau rythme de vie, sa pauvre chérie...
"Les enfants ! Le repas est bientôt prêt. Vous descendez ?" Il ne s'écoule que quelques minutes avant que James et Teddy ne descendent, discutant allégrement de leur dernière partie de jeux-vidéo, suivis de près par Lily, qui rêvasse en tripotant ses nattes. "Où sont Albus et Scorpius ? Ils n'ont pas entendu ?" Teddy hausse les épaules. "'Sont dans la chambre d'Al. On les a pas vus de toute la matinée, Mamie."
Elle fronce les sourcils d'un air réprobateur. "Installez vous, je vais voir ça. Si ces deux là sont encore en train de dormir..."
Molly grimpe les marches quatre à quatre, voulant prendre ces deux chenapans par surprise. La dernière fois, elle les avait pris en flagrant délit avec du matériel de potions- et elle sait que Scorpius ne ferait jamais de bêtises, mais lorsqu'il est avec Al, il a toujours tendance à se laisser embarquer dans n'importe quoi- comme lorsqu'ils avaient joué à "Tarban" ou elle ne sait pas quoi dans le garage du Terrier- elle en a encore des sueurs froides rien qu'en se souvenant.
Elle arrive devant la porte de la chambre d'Albus- et elle aurait ouvert celle-ci d'une façon dramatique si elle n'avait pas entendu les voix chuchotant derrière.
Molly Weasley n'est pas stupide. Elle connait les enfants, et spécialement les garçons- elle en a eu, des petits hommes qui se la jouaient grands mystérieux, qui se cachaient dans leurs chambres pour fomenter de petits larcins à l'encontre de la communauté adulte. Et elle sait que dans ce genre de situation, le mieux- et le plus amusant- est de prendre ces machiavéliques machinateurs à leur propre piège, en surgissant au moment où ils s'y attendent le moins. Molly sourit tout en collant son oreille contre le bois de la porte. Ce n'est pas de la curiosité mal placée…C'est purement éducatif.
Elle ne discerne rien aux premiers abords- jusqu'à ce que la voix de Scorpius résonne, un peu assourdie par les murs. « …j'en ai rêvé. Un type habillé de noir. »
« C'était peut-être un rêve normal- pourquoi il en aurait après Draco ? »
Elle fronce les sourcils. Qu'est ce qu'ils ont encore inventé ?
"C'était trop réel, Albus. Je me rappelle encore de la sensation des gants...Du son qu'a fait la pierre en tombant sur le crâne de cette pauvre fille..." Molly écarquille les yeux en entendant ça. "C'est un assassin !"
"Calme toi. Tu penses qu'il travaille pour le ministère, non ? Elle avait sûrement commis un crime ou quelque chose comme ça."
"...Je ne sais pas. Tu crois que je devrais prévenir Draco ou papa ?"
Il y a un silence. "Non. Ce type, qu'est ce qu'il pourrait faire ? Il sait pour toi, c'est ça le seul problème. Et s'il n'a rien dit pendant tout ce temps, je ne pense pas qu'il va tout raconter maintenant. S'il arrive...Tu sais que je peux toujours nous en débara-Quoi ? Qu'est ce que tu...?"
"Derrière la porte."
Molly recule brusquement. Comment a t-il...
La porte s'ouvre à la volée, découvrant le petit Albus. Celui ci la fixe les yeux écarquillés. "Mamie ?"
Elle se force à sourire- elle ne sait pas pourquoi, mais maintenant, en cet instant, elle a peur. Elle a peur de son propre petit fils, le minuscule, adorable Albus Sévérus, qui se tient devant elle en fronçant les sourcils. "Je...Le déjeuner..." Albus plisse les yeux et la fixe d'une telle façon qu'elle se sent obligée de se justifier. "Je vous ai appelés et vous n'êtes pas descendus, alors j'ai pensé..."
Le petit garçon lève soudainement une main, et, pendant une affreuse, terrifiante seconde, elle a l'impression qu'il va lui lancer un sort- jusqu'à ce que Scorpius apparaisse auprès d'eux. « Non ! On arrive, mamie Molly. Ne t'en fais pas. On arrive." Il tend la main et abaisse discrétement celle d'Albus- mais c'est trop tard. Elle a vu.
"Qu'est ce que vous faites ?", demande t-elle en réunissant tout son courage et en mettant les mains sur les hanches. "C'est quoi, cette histoire de femme morte ? Vous avez encore regardé des films moldus, hein ?" Albus la dévisage avec insistance- il a apparemment décidé de la défier du regard. Ah, il tient de sa mère, celui-la...
"On arrive, mamie." Le ton de Scorpius est pressant, urgent. Pourquoi ? Ce ne sont que deux enfants. Ses petits enfants. Elle n'a rien à craindre d'eux. "Al." Il ne lâchera pas, n'est ce pas ? Fixer sa grand mère comme ça...Sa propre grand...grand...Quoi...? "AL !"
"Elle a tout entendu." Elle entend la voix mais elle ne voit plus et elle ne comprend pas et ces yeux verts verts verts verts qui la noient, qui s'accrochent qui qui qui oublie tout oublie tout oublie tout- "Je te protégerai. Je nous protégerai."
NON !
Elle a un brusque sursaut.
Scorpius est devant elle, la soutenant avec toute la maigre force de ses petits bras d'enfant. Il ne la regarde pas, mais fixe le sol, ne lui offrant à voir qu'une tignasse blonde.
Ses yeux...Pendant un instant, sa vision est devenue...floue...Qu'est ce...Qu'est ce qu'elle fait là ? Elle était dans la cuisine, et...
"Ca va, mamie ?", murmure son petit fils, levant la tête pour la fixer avec une expression inquiète.
"Oui- ne t'inquiète pas...Ca va, ça va très bien", fait-elle pour le rassurer, avec un léger sourire. "J'ai du m'assoupir...Oui, sûrement..."
Albus aussi est là. Il est adossé au mur et son visage est blanc. Il a porté la main à sa tête et la fixe avec horreur. "Oh, mon chéri- je suis désolée, je suis tombée, c'est ça ? Tu as eu peur ?"
Il prend une ou deux secondes avant d'hocher la tête. "Ne t'excuse pas. Mamie...Ne t'excuse surtout pas..."
Elle lui offre un sourire conciliant. Albus a toujours été un peu fragile. "Ah, voilà ! Je me souviens pourquoi j'étais montée, maintenant ! C'est l'heure de manger, vous deux. Aller, on descend, et plus vite que ça !"
Même si Albus et Scorpius sont un peu solitaires, ils ne sont pas différents de ses autres petits-enfants ou que ses garçons. Toujours à jouer les malins, à faire semblant d'être des costauds, mais dès qu'on voit une vieille femme prise d'un petit vertige, on s'effondre ! Ah ! Elle n'est pas stupide. Elle sait les prendre à leurs propres pièges. Elle les connait mieux que personne, ces garçons. Heureusement qu'on lui confie à elle lorsque Ginny n'est pas là. Ginny, sa pauvre chérie...Elle a besoin de se changer les idées...De reprendre un rythme de vie...
Mais Molly chasse ces idées noires de ses pensées, et regarde avec ravissement ces deux chères petites têtes blondes s'éloigner dans le couloir et dévaler les escaliers pour sa fameuse dinde aux marrons. C'est une de ses meilleure recette et leur plat préféré attitré, après tout.
OoOoOo
Il est en colère. Oooh, oui, il est en colère. Ca fait à peine deux semaines et la situation est catastrophique. Mais ce n'est pas lui qui est en tort ! Surement pas ! Il avait tout à fait raison à propos des elfes. Et des plats à emporter. Et des affreuses lunettes de Potter- il lui a conseillé d'en changer trois fois et celui-ci ne prend même pas la peine de l'écouter. C'est malpoli et il avait raison quand il s'est vengé en l'aspergeant de café le lendemain matin.
La situation est peut être catastrophique, mais...aussi étrange et illogique que ça puisse paraitre, leur deal tient toujours.
Il ne sait pas s'il doit en être heureux, s'il doit vraiment accepter et chérir cette pitoyable excuse pour une amitié- mais dans le doute, il se laisse tenter. Potter peut l'invectiver, ils peuvent se faire des coups bas toute une soirée, et le lendemain matin, se parler tranquillement comme si rien n'était jamais arrivé, même si sa peau est devenue violette à certains endroits, et que la lèvre de Potter est toujours aussi rouge. Leurs discussions peuvent commencer sur un sujet tout ce qu'il y a de plus banal- le temps qu'il fait dehors, la situation au ministère- et enchainer sur des choses qu'il n'aurait jamais, jamais pensé aborder avec Harry Potter.
Il apprend des choses sur le brun, et se rappelle d'autres, qu'il avait vécu à Poudlard en même temps que le gryffondor. Lorsque Potter lui parle, entre deux bouchées de Mac-d'eau (il a du céder devant les fast-food, sinon c'était la famine), de sa première année, de la pierre philosophale, des premiers matchs de Quidditch- il est vraiment pendu à ses lèvres. Il ne résiste pas non plus à poser des questions- est-ce que c'est vrai, que Potter était enfermé chez ses moldus ? Qu'ils le battaient ? Qu'ils ne le nourrissaient pas ? Est-ce qu'il a vraiment trouvé la pierre dans sa poche ? Est-ce qu'il a vraiment tenu tête au Maitre, à 11 ans, alors qu'il ne savait même pas lancer un sort de jambencoton ?
Potter évince ces dernières questions avec un haussement d'épaules nonchalant. "J'ai eu beaucoup d'aide. Hermione ou Ron en auraient fait autant- peut-être même qu'ils auraient fait mieux, s'ils avaient été à ma place. Mais j'ai pas eu de chance."
Il reste coï devant l'abnégation de Potter a dire qu'il est malchanceux ou banal. Parce que Draco voit bien que c'est faux. Il a une belle maison, un poste magnifique au ministère, des amis fidèles (bien que stupides) et il est vénéré de tous-bon sang, s'il le voulait, il pourrait devenir ministre de la magie d'un simple claquement de doigt. Sa magie naturelle est si puissante que le blond peut la sentir à travers le corps du brun, il peut quasiment la toucher en agitant sa main à travers la pièce. C'est un peu gênant, parfois- lorsqu'il touche sa peau par accident, il a l'impression d'être submergé par cette force, comme si de la magie entrait en lui par ce simple contact. Mais ce n'est pas une sensation envahissante- c'est comme...Comme une vague de chaleur, venant de Potter.
Draco s'efforce de ne pas dire tout ça lorsque c'est son tour de parler- ça lui parait déjà louche de penser que Potter lui donne chaud d'une manière ou d'une autre, alors il n'ose pas imaginer ce que le brun penserait s'il l'avouait. "A coté de tout ça, ma première année est carrément inintéressante", fait-il en étirant son dos, allongé dans le canapé. Potter hausse un sourcil. "C'est vrai. Je suis plus intéressé par ta sixième."
Il ne répond pas. Il pense avoir été assez clair sur ce sujet- il ne veut pas parler des mangemorts, de Dumbledore, de l'armoire, de la bataille finale, ou même d'Azkaban. Il se sent mal à l'aise rien que d'y penser- Potter sait qu'il a été lâche jusqu'au bout, il sait déjà tout ce que Draco a fait...
...Ou plutôt, il s'imagine le savoir.
Mais c'est suffisant.
Il pense qu'il n'y a rien à ajouter, qu'il doit tout faire, à présent, pour ne plus penser à ça, à son passé. Qu'à présent, seul compte de bien s'entendre avec Potter, pour rester le plus longtemps possible aux côtés de son fils.
Il ne reparle plus jamais de prendre un elfe de maison.
Et il se promet intérieurement de ne plus jamais parler de son passé avec Potter.
OoOoOo
Les jours passent, devenant des semaines, qui se transforment trop vite en mois.
Malfoy est toujours là, à la maison, et sa présence semble devenir normale pour tout le monde. Il est là pour accueillir les enfants lorsqu'ils rentrent au bercail pour une semaine, et il est aussi là pour accueillir plus ou moins gentiment Harry lorsqu'il rentre à la maison, épuisé par une journée de travail.
Malfoy est là pour l'anniversaire de James- il sourit et sert du gâteau à Lily, qui insiste pour qu'il s'assoie entre elle et Scorpius. Harry ne sait pas d'où vient cette soudaine affection qu'a sa fille pour le blond, mais Malfoy n'essaie jamais de lui faire quoi que ce soit, même pas de la toucher, alors il ne s'inquiète pas trop- même si les coiffures de plus en plus extravagantes de Lily et leurs regards conspirateurs lui font vite comprendre comment ils ont fait pour se lier d'amitié, et pourquoi ils disparaissent parfois au beau milieu de l'après midi, Lily revenant toujours avec une, deux, trois nattes parfaitement nouées, agrémentées de barrettes et de rubans, et Malfoy avec des marques colorées sur les doigts, qu'il soupçonne fortement d'être du feutre.
Le blond est toujours là lorsque la famille Weasley leur rend visite, Arthur fou de joie de voir les nouveaux jouets moldus de ses petits enfants, et Molly semblant un peu à l'ouest, parfois. Harry s'en inquiète et lui demande si tout va bien, et elle lui répond en souriant qu'elle a du mal à dormir, en ce moment. Albus ne dit pas grand chose, mais aide sa grand-mère à s'installer à la table de la cuisine, à enlever son manteau, son chapeau, même si elle est encore parfaitement capable de faire ça elle-même. Draco plisse les yeux en voyant Arthur, et le vieil homme le salue d'un Malfoy qui sonne comme une injure aux oreilles d'Harry. Le blond ne prend même pas la peine de répondre et se contente de rejoindre Scorpius, la tête haute.
Il n'y a pas d'accidents, de moins en moins de disputes, et plus aucun mensonge ne pèse sur les épaules de personne. Ginny, avec qui il parle de temps en temps, va de mieux en mieux. Hermione approche de son dernier mois de grossesse-elle est détendue, mais Ron passe quand même la moitié de ses journée à la joindre par cheminette.
Tout va bien.
OoOoOo
Ils reçoivent la lettre un matin de Juillet lourd de chaleur et respirant la paresse, alors que Draco est encore à la table de la cuisine à siroter son café, à moitié endormi et les yeux gonflés, comme il en a prit l'habitude. C'est rassurant d'avoir un autre adulte à se lever tôt à la maison, et Harry lui dit bonjour en lui ébouriffant les cheveux, mais il n'a droit qu'à un grognement inarticulé en réponse.
Il est en train de se préparer un café quand il remarque le point grandissant qui s'approche d'eux par la fenêtre. Il ouvre celle-ci in extremis pour laisser entrer en trombes un petit hibou brun- l'un de ceux qui habitent la volerie de Poudlard. L'oiseau atterrit sur la table, faisant sursauter Draco qui fait tomber son bol sur ses genoux.
La mâchoire du blond se crispe avec force. « Je vais tuer ton pote Weasley et ses hiboux d'auror pourris- »
« C'est pas du ministère, » répond t-il en détachant la lettre cachetée de la patte en équilibre. Il reconnait immédiatement le sceau bien connu, et une vague de fierté l'emplit irrésistiblement. « C'est de Poudlard ! La lettre de James vient d'arriver ! »
Draco réagit au quart de tour : il se lève de sa chaise en un bond, semble à court de mots un instant, puis se précipite hors de la cuisine, gravissant les marches de l'escalier quatre à quatre, malgré son pyjama couvert de café et son air fatigué d'il y a un instant. « Réveille les tous, pas juste James ! », crie t-il dans son sillage.
Il entend les portes s'ouvrir à la volée à l'étage et les gémissements agacés des enfants, et quelques instants plus tard, un James aux cheveux plus ébouriffés qu'à l'ordinaire et aux yeux écarquillés le rejoint dans la cuisine, suivi de ses frères et de Lily, blottie dans les bras de Draco, note Harry pour lui-même. Il lui fait un grand sourire et lui tend sa lettre d'un air de représentant officiel. James la prend d'un air incertain et fixe le cachet un long moment. « C'est ça ? »
Il roule des yeux. « Tu t'attendais à quoi ? Une calèche et un cortège de trompettistes ? » Draco souri en entendant ça.
« Ouvre-la ! », fait Albus en fixant la lettre d'un air avide. Scorpius regarde le cachet en fronçant les sourcils, essayant apparemment de reconnaitre les animaux des différentes maisons dans la cire chaude. « C'est bon, je le fais ! Ne me presse pas », répond James. Harry lui tend un couteau de cuisine pour décacheter, mais le brun préfère le faire à la main, arrachant la moitié de l'enveloppe dans le processus. Il en tire le parchemin un peu usé, typique de Poudlard, et se plonge dans une lecture fascinée, tandis que tout le monde le fixe d'un air impatient. Lorsqu'il a enfin fini, Harry lui demande pour le taquiner, « Alors, ils t'acceptent ? »
James lève les yeux sur lui, la bouche entrouverte dans une expression béate qui ne dure pas, tandis qu'un énorme sourire éclot sur ses lèvres. « JE VAIS A POUDLARD ! », s'écrie t-il, forçant Draco à se boucher une oreille de sa main libre avec une grimace. Le brun se jette dans ses bras un court moment, puis se précipite sur Albus en lui collant pratiquement la lettre au visage. « Jaloux, petit frère ? »
Al plisse les yeux d'un air méprisant, mais tout le monde peut voir son visage rougir. Scorpius en profite pour attraper le parchemin et le lire à voix haute à tout le monde. Puis, il ouvre la liste des fournitures scolaires, que son frère a bien évidemment occultées. « Il te faudra tout ces livres ? Dis, tu me prêteras celui de potions ? », demande t-il avec espoir.
« Evidemment, c'est pas comme si les potions étaient importantes », fait James, faisant tiquer Draco derrière lui. « Quoi ? Pourquoi s'embêter à faire des potions quand il suffit d'un sort ? » Le blond se contente de lever le nez au ciel.
« Tu auras besoin de tout tes livres à Poudlard. Et tu n'as pas intérêt à te la couler douce ! Ca ne sera pas comme les cours à la maison que tu as eu jusqu'à présent ! », fait-il d'un ton sévère qui fait rouler les yeux à tout le monde.
« Bien sur, papa. De toute façon, si toi tu as réussi à être auror, je ne risque rien. » Draco a un petit rire tandis que James reprend sa lettre, laissant la liste des livres à Harry sans une once de remord, et retourne dans le salon d'un pas princier, relisant inlassablement les lignes tracées à l'encre verte à voix haute. Albus et Scorpius se regardent un instant d'un air irrité, et le brun se doute bien que James risque de se retrouver avec des mauvaises surprises au fond de sa malle lorsqu'il sera à l'école. Il se promet de vérifier avant de fermer sa valise.
OoOoOo
Il s'avance dans Godric's Hollow d'un pas assuré, sa veste moldue nonchalamment posée sur son épaule : les mères de famille du coin lui lancent des regards appréciateurs, et une jeune fille bombe la poitrine lorsqu'il passe devant elle, mais il n'y prête pas la moindre attention. Il est là pour affaires, pas pour faire la cour.
Ses pas le mènent rapidement à une maison à l'écart du village, plantée là comme par enchantement, au milieu d'un champ de fleurs : une petite fille rousse joue devant, ses cheveux flamboyant au soleil comme si sa tête était en feu. Il reconnait sans peine la fille de Ginny Weasley.
« Excuse moi, mademoiselle ? » , fait-il à une distance qu'il estime respectable. Lily Luna lève la tête et le dévisage de loin, sa poupée abandonnée à côté d'elle. « Est-ce que ton papa est là ? Je suis un collègue du ministère, il m'a demandé de passer. »
La petite n'a pas l'air convaincue. Une Potter méfiante, on aura tout vu, songe t-il. « Vous êtes-qui ? »
« Un ami, ne t'inquiètes pas. Tu peux aller le chercher pour moi, s'il te plait ? » Il finit sa demande sur un sourire resplendissant, qui fait rougir la petite et la décide enfin à se diriger vers la porte, tout en lui lançant des regards suspicieux derrière son épaule. On sent que Malfoy est passé par là.
Potter sort bientôt de la maison, le fixant avec des yeux écarquillés. « Toi, ici ? », demande t-il en lui serrant la main. « Tu n'es pas sensé être au département des mystères ? Il s'est passé quelque chose ? »
Il a un sourire faux, que le brun ne remarque pas le moins du monde. « Pas du tout. Je suis là de mon propre chef. Dis moi, tu ne te serais pas impliqué un peu trop personnellement dans une affaire de famille, récemment ? »
