Nda: Ouais, vive Tôa Platiiiiiiinette... (-_-') Corriges vite ce chapitre ;)
Heey ! Je suis làààà !
Et oui, ce n'est pas un mirage, ni une halutination, je suis bien là, pour un joli chapitre de 24 pages Words, et 21,000 mots ! Yep' ! Je suis toujours aussi heureuse d'en être arrivée à 455 Review, et je vous remercie toujours autant !
Mais avant tout: Allez voir le chapitre précédent, j'ai rajouté un truc dans mes notes de la fin !
Sinon, je crois que j'avais plein de choses à vous dire... Ah ! Oui ! Premièrement, j'ai le plan de toute la fiction sur mon téléphone. Je sais où j'irais, et comment ! Et en plus, j'ai même des idées de passage ! Ensuite, franchement, je vous aime ! Parce que je vous signale au passage que ce chapitre est près depuis hier soir, et depuis hier soir je galère pour le mettre en ligne ! Mon Mozilla Firefox a décidé de beuguer, d'ailleurs, si quelqu'un pouvait m'aider, ça ne serait pas de refus ! En fait, toutes mes fenêtres du haut (celle où ils y a new story, avatar, download helper... Bref, celle où on passe la souris dessus, et elle change ou s'ouvrent) ne s'affichent pas ! Donc, impossible de mettre en ligne... Et bien sur, le seul que je peux utiliser c'est Internet Explorer. Mais il est long, et en plus j'aime pas ! Donc, je me retrouve à vous écrire ma note d'auteur sur Word, alors que j'ai horreur de ça... (-_-')
En tout cas, ce chapitre m'a fait galérer, autant pour l'écriture que pour la mise en ligne, sachez le !
Sur ce, je vous attend à la fin, pour continuer mon petit plaidoyer !(parce que vous allez avoir envie de me tuer...)
Bonne lecture !
Note: Je ne veux pas paraître grossière ou méchante, mais je viens de me rendre compte que c'est très énervant voir dévalorisant de s'entendre poser la question: « Tu abandone l'histoire ? », alors qu'on se démène pour vous offrir un chapitre long et qui vaille le coup d'être lu ! Parce que si vous voulez un chapitre tout les soirs, c'est facile, je vous écris une page vite fais sans trop me casser la tête, et au moins vous ne douterez pas ! C'est ma vitesse de Post, toutes les trois semaines en gros. Je sais que vous ne voulez pas être vexant en faisant ça, mais c'est très énervant de s'entendre dire ça. Je m'excuse du retard, mais je ne veux pas vous offrir des torchons. Et NON je n'abandonne pas la fiction. Okay ? Bon, maintenant vous pouvez lire :D
Chapitre 08: Sombrer comme le Titanic.
La cuvette des toilettes de mon père était blanche. Un blanc cassé affreux. « Faudra que je pense à le changer... »
-Bella ? Ça va ? Demanda la voix encore ensommeillée de mon père.
« Ouais, tout va très bien, elle vient vomir en plein milieu de la nuit pour passer le temps. » Ironisa Pessimiste.
-Oui... Croassais-je.
Il sembla se tester. Comme si il hésitait encore entre rester, ou retourner se coucher. C'était tout mon père ! Il voulait m'aider, faire attention à moi, mais avait toujours peur de trop en faire. Et puis, ce n'était que de petites nausées. Pas grand chose en somme. Je le voyais du coin de l'œil: un peu perdu il regardait dans tout les sens, comme si la solution allait être écrite sur les murs du couloir. La nausée me reprit, et je plaquais ma main sur mon front, histoire de ramener mes cheveux vers moi. Aie. J'étais brulante. « Demain, le lycée, c'est pas pour moi... » Je jetais un coup d'œil à mon père, et une fois sûre de ma voix, je l'interpelais.
-Va te coucher, tu commences tôt demain. Je vais retourner me coucher, moi aussi.
Il hocha la tête, et commença à partir, avant de revenir.
-Tu... tu ne veux pas un cachet ?
-J'irais me le chercher.
Avoir Charlie comme garde malade n'était pas la chose la plus gaie au monde... Et pour cause ! Si j'avais le malheur de vomir trop près de lui, il y avait de forte chance pour qu'il me suive... Ce qui expliquait la distance de sécurité de trois mètres entre nous à cet instant. Et puis, quand bien même il supporterait, cela serait autant une épreuve pour lui que pour moi. J'aimais Charlie. Mais en tant que garde malade, il méritait un zéro pointé.
-Bon... Et bien... Repose toi bien, Bella.
« Si on nous cherche, on est sur les toilettes. » Soupira Pessimiste.
« Waaw, très spirituel. » contrais-je à l'attention de pessimiste, avant de me rende compte de ma stupidité de parler à une voix dans ma tête, et de mettre ça sur le compte de la maladie. Sur l'instant, je n'avais qu'une envie: dormir.
Le voix bourrue et gênée de Charlie se manifesta dans ma chambre. Le grincement sourd de la porte tinta dans ma tête avec entrain, alors que je sentais mon estomac se contracter. J'avais faim, et mal au cœur en même temps. Curieux mélange, que je n'avais encore jamais expérimenté jusqu'ici. La voix de Charlie répéta sa phrase, et je mis encore quelques secondes, avant de comprendre qu'il me parler. Après tout, il était dans ma chambre, non ?
Sentant mes capacité de déduction mis à mal par cette saleté de virus qui agissait sur moi depuis le nuit même, je relevais ma tête des couvertures, et regardait attentivement mon père, tachant de ne pas bouger, sous peine d'atroces vertiges.
-Je disais que j'allais y aller... Il commença à partir, puis revint. Tu es sûre que tu ne veux pas que je reste ?
J'hochai doucement la tête, ce qui fut une mauvaise idée, bouleversant mes repères déjà incertains, et me montrant une copie quadruple de mon père. « Aie. Note pour moi même: ne pas hocher la tête. »
-Oui, tu peux y aller, ne t'en fais pas. Je vais dormir, et ça ira mieux.
Ce qui était un mensonge éhonté. Je n'avais aucune idée de mon état après ce soit disant sommeil, que je ne parvenais pas vraiment à avoir depuis ce qui me paraissait une éternité. Mais Charlie sembla s'en contenter, et dans un sourire d'encouragement, un vœux de bon rétablissement, et un ultime doute, il quitta la maison, le grondement de son moteur résonnant dans l'allée, et dans ma tête, par la même occasion.
Je tentai de me tourner sur le flan, et de refermer les yeux, mais mon mal au cœur s'était mué en mal au ventre, et je n'avais soudain plus aucune envie de dormir. Je soupirai, et tentai d'attraper un livre sur la table de chevet. Par la même occasion, mon téléphone dégringola par terre, et la batterie sauta pour aller se réfugier sous mon lit. « Je les collectionnes aujourd'hui... ». Je ré-entamais la lecture de mon livre, prise dans le suspense du futur d'Eragon, alors qu'il cachait Saphira dans la forêt, à l'insu de tous. (nda: Eragon, Tome 01 de la saga « L'héritage », autre livre que j'aime beaucoup, et dont le film au cinéma n'a pas rendu justice... *soupire*) Il était encore en train d'écouter une des légendes que contait si magnifiquement Brom, quand la sonnerie stridente de la maison sonna plusieurs fois de suite, sans même quelques secondes de répit.
Mes tympans menaçaient d'exploser, alors que je tentais de me stabiliser, histoire d'aller jeter mon regard le plus réfrigérant à mon visiteur importun. La sonnerie du retentir une bonne vingtaine de fois, alors que j'arrivais devant la porte, ou quelqu'un entreprenait désormais de taper dessus en rythme. Je retenais un grognement, certaine qu'il ne ferait que s'amplifier dans ma tête, alors que j'ouvrais la porte. Je me jurais mentalement, que si jamais ça avait le malheur d'être le facteur, il pourrait toujours se gratter pour les étrennes du nouvel an.
Mais ce n'était pas le facteur qui se tenait devant la porte. Bien, qu'après réflexion, cela paraissait logique que ce soit elles, et pas le facteur.
-Bella ! Non mais j'y crois pas ! T'essaye de me mettre vraiment en colère ou quoi ? Cria Alice, de sa voix aiguë.
Déjà, en temps normal, la voix d'Alice était bien plus aiguë que la moyenne. Là, elle l'était, mais elle me vrillait aussi les tympans avec une force inconnue. Debout, sur le seuil, vêtues de leurs uniformes impeccable, Rosalie et Alice me testaient du regard, attendant ma réponse. Ma tête tambourinait au son de mon cœur, et la brise de Forks me refroidit instantanément. Je frissonnais, et prenait appui contre la porte, histoire de ne pas tomber à la renverse. Je fermais les yeux un brefs instant, histoire de calmer la douleur à ma tête, quand j'entendis l'exclamation étouffée d'Alice, et sentis la main de Rosalie sur mon front.
-Oh mon dieu ! Bella tu es brulante ! Murmura Rosalie, et me poussant légèrement vers l'intérieur.
-Oh mon dieu ! Elle est malade ! Oh mon dieu ! Il faut que j'appelle Jasper ! Piailla la voix d'Alice, avant que Rosalie ne se racle la gorge.
Alice se précipita dans la cuisine pour téléphoner à Jasper, bien que je ne comprenne pas trop quel rapport ça avait. Rosalie me poussa à l'intérieur, et elle claqua la porte, juste le temps que je vois leurs deux voitures criardes garées en vrac devant chez moi, coupant la circulation de la rue. Rosalie me fit m'assoir sur le canapé, et se dirigea dans la cuisine, m'empêchant de dire ne serait-ce qu'un seul mot.
J'entendais la conversation d'Alice au téléphone, alors que la douleur de ma tête semblait se calmer, loin du froid du dehors.
-JASPER ! Bella est malade.
-Qu'es ce qu'elle à ? demanda la voix amplifiée par le haut-parleur de Jasper, parasitée par le son de plusieurs voitures qui roulaient à côté de lui, alors que, apparemment, il était arrêté.
-Je sais paaaaas... se plaignit Alice, et j'imaginais très bien le haussement de sourcil de Rosalie.
-Elle se sent bien ? Demanda Jasper, avec comme... de l'inquiétude. Ça me faisait tout de même bizarre de savoir un Jasper... inquiet pour moi.
-JASPER ! Ne poses pas de questions idiotes comme ça ! Elle est malade ! Fais quelque chose, là, tu sers à rien.
-Depuis quand je suis magicien ? S'offusqua le jeune homme, et j'entendis Alice grogner.
-Tu es inutile. Et elle lui raccrocha au nez, sans même un remord.
Rosalie lui dit d'arrêter de crier, et revint, une tasse de ce qui semblait être du thé à la main. Elle la déposa sur la table, et ordonna à une Alice angoissée, qui tournait autour de moi comme si j'étais mourante, de quitter la pièce, si elle ne voulait pas se recevoir la tasse de thé sur son uniforme. La menace fonctionna, et Alice quitta la pièce, prétextant qu'elle allait chercher mon téléphone.
-Tiens, Bella. Souffla Rosalie, en me tendant la tasse Mikey de ma mère qu'elle avait prit dans l'étagère.
-Merci. Murmurais-je, en saisissant l'objet, chaud, et fumant.
-Qu'es ce que tu as Bella ? Demanda Rosalie. Tu as mal où, exactement.
Je réfléchis quelques instants.
-Au ventre. Murmurais-je, en buvant une gorgée de son thé. Mais là ça va mieux. Et j'ai mal à la tête. Ça tambourine au rythme de mes pulsations cardiaques. Je bus une deuxième gorgée, me réchauffant doucement. Sinon... ça va. J'ai un peu froid, et j'ai des vertiges quand je bouge trop... brusquement, on va dire.
-Hum... ça n'a pas l'air très grave. T'en fais pas, on va jouer les gardes malade. Répondit Rosalie, dans un petit clin-d'œil.
-Oh ! C'est pas la peine. Je... Allez au lycée. Vous n'allez pas manquer une journée de cour à cause de moi, non ?
Rosalie soupira, et se releva, en prenant la tasse vide.
-C'est pas moi qu'il faut convaincre. Je suis pas la seule « on ».
J'avalais ma salive.
-Tu entends qui, par « on » ?
Comme pour me répondre, un crissement de pneu parvint dans l'allée, et une moto sembla se matérialiser, alors qu'un troisième dérapage se faisait entendre. Une portière, deux portières, des pas, des paroles incompréhensibles, et Emmett entra en fracassant presque la porte.
-BELLA ! Tu va biens ?! Me demanda-t-il, en se jetant sur moi.
Je sursautai face à son arrivée qui n'était pas des plus discrètes, alors qu'Edward passait la porte, et se rapprochait de moi, les sourcils froncés. La grande silhouette d'Emmett m'entoura de ses bras, et je vis Edward se rapprochait encore plus du canapé. Alice descendait les escaliers, quand Jasper se matérialisa sur le seuil, d'un calme olympien.
-Bee !! Pleurnicha Emmett, en m'enlaçant de toutes ses forces.
-Qu'es ce qu'elle a ? demanda Edward, apparemment inquiet.
-Alice ! Je peux savoir en quel honneur tu me raccroches au nez comme ça ?! S'irrita Jasper.
-Tu étais inutile, et je n'avais pas besoin de parler à quelqu'un d'inutile. Répondit Alice, sereine.
-Oh ! Et appeler Emmett et Edward, qui soit dit en passant se trouvaient à côté de moi, pour leur dire que Bella est malade et qu'ils arrivent en courant est bien plus serviable !
-Au moins eux ils ont réagis !
-Je...
-TAISEZ VOUS. Les coupa froidement Rosalie, d'une voix grave, et mesuré. Le premier qui l'ouvre, il sort, compris ?
Un silence de mort suivit, et Emmett me lâcha légèrement, alors que je sentais ma tête me faire encore plus mal. Alice arriva en sautillant, poussa Edward, et me donna un thermomètre -ou plutôt, me l'enfonça dans la bouche. Ce dernier la toisa, avant de s'assoir sur le fauteuil ou Rosalie venait d'envoyer Emmett. Jasper se dirigea vers la cuisine, et, à voix basse, entama une conversation avec son téléphone.
Je commençais à être légèrement perdue, et essayais de remettre de l'ordre dans mes idées:
a) J'étais malade.
b) Il y avait tout le club d'hôte chez moi.
c) Ils allaient jouer les gardes malade.
Il ne m'en fallut pas plus, pour saisir le problème, et j'émis un pitoyable gémissement, alors que le « BI-BIP » du thermomètre se faisait entendre, résonnant avec force dans ma tête. Alice me l'arracha de la bouche -Délicatesse, son deuxième prénom...- et observa les petits chiffres.
-38.2°. Bah ! Y'a mieux, mais y'a pire !
-Quel bon docteur tu ferrais... souffla Emmett, avant qu'Alice ne s'apprête à lui lancer le petit objet dessus, et que Rosalie ne le reprenne.
-Hum... ça devrait aller avec un peu de repos. Diagnostiqua-t-elle, en tapotant sa cuisse avec l'objet, souriante. Mais, Jasper à quand même appelé un médecin. Ça ne coute rien ! Enfin si, ça coute de l'argent, mais c'est pas bien grave, en attendant, repose toi, Bella.
« Impossible avec vous tous dans la même pièce... » pensais-je amèrement.
-D'accord... soupirais-je. Mais, vous devriez aller au lycée. Je suis pas des plus loquasse dans cet état, et puis, je vais dormir alors...
-Hey ! On est des gardes malade ! S'offusqua Alice. On va te garder, histoire de voir si tu vas bien !
-A moins qu'on te dérange. Murmura Edward. Tu veux qu'on s'en aille ? Tu te reposera sans doute mieux... souffla-t-il.
Que voulez vous répondre à ça ? Non, attendez, je corrige, que voulez vous répondre quand un gars dix fois plus beau que la moyenne, gentil et attentionné, et dont vous vous êtes entiché, vous dis ça ?
-Vous ne me dérangez pas... soufflais-je, en baissant les yeux.
Edward sourit, et Alice sautilla, alors que Rosalie remettait deux mèches de mes cheveux en place. Emmett lança alors à Rosalie un regard digne du meilleur Chat Potté de Shrek, et celle ci poussa un long soupir, avant de se lever du canapé. D'un bond, Emmett sauta à sa place, et me pris dans ses bras, me calant contre lui en position allongée. Alice prit mes pieds, et les plaças sur ses jambes, alors qu'Edward venait s'assoir par terre, devant moi.
-Bella, tu as des films ? Demanda Rosalie, et se tournant vers moi, pas du tout étonnée par la réaction d'Emmett.
-Oui... marmonnais-je. Dans la commode en verre, là-bas...
Rosalie se tourna vers la dite commode, et entreprit de lire les titres. Les choix étant bien trop mitigés -Alice voulait voir Poccahontas, Emmett Pinoccio, Jasper Bambi (j'avais d'ailleurs été étonnée qu'il participe au choix) Edward la Belle et le Clochard, et Rosalie Anastasia– bien que nous soyons restés dans les dessins animé, par choix tactique, je fus condamnée au choix. J'étais à ce moment là, encore à moitié dans les vapes, et Edward, qui me recouvrait d'une couverture au même moment ne facilitait pas mon choix, ce qui me destina à choisir Shrek. Je n'avais jamais été fascinée ou autre par ce dessin animé. Je l'aimais bien, point. Mais le regard d'Emmett tout à l'heure, et la facilitée avec laquelle, la forte, la tenace, la téméraire Rosalie avait flanchée... me laissait curieuse.
-Shrek ? Répéta Jasper. Je ne te savais fan de ce genre de dessin animé, Bella.
-Yeah ! Excellent choix ! Sautilla Alice, avant qu'Edward ne lui demande de se calmer.
-Es ce mon regard charmeur, qui t'a fais pensé à ça ? Demanda Emmett, en roulant des sourcils, de manière significative.
-Regard charmeur ! Ce qu'il faut pas entendre ! Pouffa Alice, en tirant la langue à Emmett.
-Tout le monde flanche avec ce regard ! Répondit Emmett.
-Non, que Rosalie. Répondit-elle, perfide.
-Le film commence. Coupa la blonde, en s'asseyant à côté d'Edward, les joues légèrement rougies.
Jasper rit sous cape, avant de se blottir contre Alice, en l'embrassant sur la joue. Je crois que je ne vis même pas l'invasion des bêtes imaginaires dans le marrai. J'avais dû m'endormir, au moment de la rencontre avec l'âne. C'est à peu près à ce moment là, qu'Edward avait saisit ma main pour la glisser dans la sienne, ça j'en était sure.
[...]
-Bee... Bee... Bee !
-Hum... fut tout ce que je pus répondre à Emmett, qui me secouait comme un prunier.
Une lumière aveuglante arriva droit dans mon œil, et je gémissais, alors qu'Alice riait. « Bella n'est pas du matin. » lança-t-elle, un sourire dans la voix. Une voix inconnue répondit qu'il était midi, et qu'il n'avait pas, je cite, toute la journée pour vérifier si une petite mal lunée est malade ou pas. Ce à quoi Edward répondit froidement qu'il était payé pour le faire, justement, et que Jasper confirma cela, d'une voix mielleuse.
Je ré-ouvrais les yeux, et vis un homme, la cinquantaine, brun, maigrelet et orgueilleux, à en juger par sa manière de me prendre de haut. Il commença par m'enfoncer avec la même délicatesse qu'Alice, un thermomètre dans la gorge, et soupira longuement, en m'annonçant que j'avais 38° de fièvre. Il m'ausculta rapidement, posa deux ou trois questions, toujours aussi peu aimable, et conclu finalement que j'avais un coup de froid, et de fatigue combinée. Il me prescrit rapidement un médicament et sortit, non sans accepter le chèque de 50$ de Jasper, que je me promis de lui rembourser.
Je me relevai doucement du canapé, encore un peu hagarde, et complètement perdue, alors que Rosalie partait me préparer le dit médicament. Je me sentais mieux, et les piaillements d'Alice me faisaient bien moins mal. Je n'étais plus fatigué, et le mal au cœur s'était mué en une faim colossale.
-Alors, Bella ? Ça va mieux ? Me demanda Jasper, souriant.
-Ouais. Marmonnais-je, la bouche pâteuse.
-Je suis sur que t'as la dalle ! Diagnostiqua Emmett, joyeux.
-Pourquoi tu dis ça ? Soupira Edward.
-Parce que moi, après avoir été malade, j'ai faim !
-T'as toujours faim Emmett... répondit Alice.
-Bella, ose dire que t'as pas faim ! S'offusqua Emmett.
-Je suis désolée de dire ça, mais Emmett à raison. Soufflais-je, dans un sourire.
-Tu te rend compte de ce que tu viens de dire ? T'aurais dû mentir, Bells. Il va être pire que d'habitude. Répondit Edward en souriant.
Je notais que c'était la première fois qu'il m'appelait comme ça. Un rougissement naquit alors sur mes joues, et je fis mine de replacer mes cheveux.
-Bon ! Et bien puisque Bella a faim, Bella va manger ! Annonça Alice, en souriant. Jasper, appelle le chinois !
-Okay, j'appelle le chinois... soupira Jasper, en retournant dans la cuisine pour téléphoner.
Jasper. C'était quelqu'un d'étrange. A la base, il semblait être quelqu'un de froid, avare et fervent défenseur des coutumes riches. Mais, en vérité, il se trouvait être quelqu'un de gentil, attentionné, et bien plus lassé de ces us et coutumes qu'on ne le croirait. Comme quand il faisait quelque chose pour Alice. C'était discret, silencieux, mais présent. Il était là pour elle. Mais pas que pour elle. Je n'arrivais pas tellement à le décrire. C'était vraiment quelqu'un d'étrange. Mais de bien.
-Avale ça, la malade. Soupira Rosalie, en me montrant un verre d'eau qui pétillait.
J'observais le cachet qui se diluait dans l'eau avec attention, comme à chaque fois. J'aimais bien quand il faisait ça. C'était étrange, voir bizarre, mais j'aimais bien. Le cachet pétillait en se diluant, et faisait un bruit de petites détonations minuscule dans le verre. On m'avait plus d'une fois fait remarquer ce penchant bizarre que j'avais à observer un médicament comme ça, mais, à vrai dire, je n'en avait rien à faire.
-J'essaye pas de t'empoisonner. Lança Rosalie, en fronçant les sourcils.
-Je sais. Répondis-je, en relevant la tête. Pourquoi tu dis ça ?
-Pourquoi tu regarde le médicament comme ça ? Contra Rosalie.
-Elle a fait tombée un cheveux dedans ? Demanda Emmett.
-Oh mon dieu ! Tu pers des cheveux Rosie ? S'exclama Alice.
-JE PERS PAS MES CHEVEUX ! Grogna Rosalie.
-Pourquoi tu regarde ce verre bizarrement ? Demanda à son tour Emmett.
-Elle regarde le médicament se diluer. Rit Jasper, revenant s'appuyer contre le canapé, amusé par la situation.
-Elle quoi ? Demandèrent en cœur les trois autres, complètement perdus.
-Quoi, vous l'avez jamais fait ? S'étonna Edward, en s'asseyant à côté de moi.
-Parce qu'en plus ça vous arrive souvent de vous mettre devant un médicament, et de le fixer ? Répondit Emmett.
-A chaque fois que j'en fais couler un. Répondit Jasper, en haussant les sourcils.
-C'est ennuyeux ! Rétorqua Alice.
-Non, ça détend. Répondit Edward. Les bulles bougent, se détachent, se collent...
-Vous avez de drôle de passe temps... Ajouta Rosalie, en secouant la tête.
Je poussai un long soupir, et avalai le cachet. Inutile de polémiquer plus longtemps sur mes étranges passe temps. Bien qu'Edward et Jasper ait apparemment les mêmes que moi. Rosalie récupéra le verre, et le rangea dans l'évier.
-Bon, et bien, en attendant le chinois... Il faut qu'on s'occupe ! S'exclama Alice.
-Il faut que Bella se repose. Contra Jasper.
-Elle va mieux ! Ajouta Emmett, souriant.
-Et puis, ce sera une activité intérieure !
-J'ai envie d'aller au ciné... soupira Emmett.
-On peut pas Emmett, Bella n'est pas encore tout à fait remise. Répondit Rosalie. Et puis, il faut qu'elle soit d'attaque pour le repas de ce soir !
Ah ! J'avais oublié qu'on mangeait chez la mère d'Edward. A peine Rosalie eut-elle prononcé ces paroles, qu'Edward se tendit.
-Si t'es malade, c'est pas la peine de venir... contra Edward, en se tournant légèrement vers moi.
-Je peux tomber malade ? Demanda Alice, en levant la main, comme pour poser une question.
-Non, toi tu viens. Répondit Emmett.
Alice prit une mine boudeuse, et croisa ses bras sur sa poitrine.
-De toute façon, je vais mieux. Répondis-je, en haussant les épaules.
Cette réponse ne parut pas enthousiasmer Edward, qui acquiesça faiblement. « Il te veut pas chez lui. Il te veut pas chez lui. » chantonna Pessimiste. Je me retins de lever les yeux au ciel, en pensant que ces deux voix complètement cinglées faisaient parties intégrante de mon esprit. Je commençais à vouloir me relever, histoire de tester la stabilité de mes jambes, quand le téléphone sonna. Me faisant sursauter, je perdis l'équilibre, et me tapa le mollet dans la table basse, avant de tomber sur Emmett, qui m'avait rattrapé au vol.
-Tu sais, ma belle, si tu veux un câlin, faut me le demander. Sourit ce dernier, en me remettant sur mes pieds.
Je lui jetai un regard noir, avant de demander à Alice de décrocher. Celle-ci s'exécuta, et chantonna d'une voix professionnelle:
-Oui, vous êtes bien à la maison Swan, que puis-je pour vous ?
Je levai les yeux au ciel, certaine que personne d'important n'appellerait chez mon père, et que le trois quart des personnes qui l'appelaient le chambrerait sur cette réponse digne d'un PDG.
-Attendez deux minutes, voulez vous. Répondit Alice, avant de cacher le combiner dans la main, histoire que l'interlocuteur n'entende pas. Bells, c'est un certain Jacob qui veut te parler. Je l'envoie balader ?
-Jake ?! M'exclamais-je. Passe le moi !
Elle me balança le téléphone dans les mains, et ce dernier fut reçu par Emmett, dans le ventre, faute de mes mauvais réflexes. J'attrapai rapidement le combiner, avant qu'Emmett ne le lui renvois, et changeait de pièce -ravie de ne pas avoir de vertiges !- histoire de ne pas entendre les chamailleries des deux énergumènes, et les rires de Rosalie.
-Jake ? Répétais-je dans le combiné.
-Hey ! Salut Bella ! T'as une secrétaire maintenant ?
-Jake ! Je te croyais partis au Mexique !
-Ouais, c'est ce que je devais faire, mais Rachel va se marier avec un gars de la réserve dans pas longtemps, alors je reporte ça à l'année prochaine.
-Rachel ? Ta sœur ! Elle est revenue ?
-Et comment qu'elle est revenue ! Tu devrais venir voir, la maison, elle est pire que propre. C'est pas masculin tout ça ! Ronchonna-t-il.
Ça me faisait plaisir d'entendre Jacob. Ça faisait un moment que je n'avais pas parlé avec lui. Ça me manquait assez. Je m'assis rapidement sur la chaise qui longeait le mur, près de l'escalier.
-Pourquoi appelles tu ? Demandais-je, en souriant.
-Bah, mon père a appelé le tien pour avoir la confirmation pour demain soir et... j'ai appris que t'étais malade ! Ça va ?
-Ouais, tout va bien. Merci d'avoir appelé.
-Y'a pas de quoi. Alors, qui était cette voix pincée et chantonante à la fois ?
-Oh, une amie.
-Une amie ? Ne devrait elle pas être au lycée ? Ah la la... Miss Swan, vous avez de drôles d'amis...
« Et tu les as pas encore vu ! » souris-je mentalement.
-Je pourrais te retourner le compliment. Qu'es ce que tu fais chez toi ?
-J'attends de pouvoir aller à mon lycée très Class, ma chère. Répondit-il, avec une voix faussement orgueilleuse.
-Oh. Et puis-je savoir quel est ce lycée ? Parce que celui de la réserve est pire que miteux...
-Naturellement. Forks High School, le privé. Alors ça t'en bouche un coin, hein ma belle ?
Dans la bouche de Jake, le surnom d'Emmett sonnait moins... simple. Comme si il avait une autre signification.
-Ah ah. Très drôle Jake. Allé, dis moi la vérité.
-Quoi ? Tu ne me crois pas assez intelligent pour aller là bas ? S'offusqua Jacob.
-Non. Répondis-je.
-Et bien t'as raison. Je voulais juste voir ta réaction. En fait je reprends demain, moi. Ah ! Et au passage, félicitation pour Forks High School pour les riches, la crème des crèmes en enseignement... Mais je suis déçu que t'ai pas fais des bonds en apprenant que je venais... Même si c'était faux.
-Tu es stupide Jake.
La sonnerie de la maison sonna, et Jasper alla ouvrir la porte, alors que je voyais Alice sautiller sur la canapé. Apparemment, il n'y avait pas qu'Emmett qui avait faim.
-Mais dis moi plutôt Bella, pourquoi ne pas venir au lycée de la Push, hein ?
-Jake... soupirais-je. On en a déjà parlé.
-Allé quoi ! Tu sais aussi bien que moi que tu seras jamais accepté auprès de tout ces...
-Je me suis fais des amis, Jake. Le coupais-je rapidement, à voix basse.
Un léger silence suivit ma déclaration.
-Ah. Fut tout ce qu'il répondit.
-Jake...
-Des mecs, j'imagine. Décapotable, fric à gogo and co. Lâcha-t-il, aigrement.
Pour le coup, j'en restais muette.
-Pardon ?
-Bella ! C'est gens c'est que des intéressés. Ne crois pas que c'est toi qui les attire. T'es une fille géniale, mais eux ils ne le voient pas.
-Comment peux-tu dire ça, Jacob ? Tu ne les connais pas. Répondis-je.
Ma voix était devenue distante. Peut-être même froide. Je m'étais relevée, et je fixais avec mépris l'escalier, comme si il reflétait mon ami.
-Bella, je voulais pas te mettre en...
-Tu ne les connais pas, tu ne les as jamais vu, et tu ne sais rien, okay ? Et puis, je crois que si ils étaient si intéressé que tu le dis, je l'aurais remarqué. Je suis peut être attardée, mais je suis pas naïve.
-Pardon, Bella ! Je te jure que je voulais pas ! C'est juste que...
-C'est bon Jake. Soupirais-je. Laisse tomber.
-Toi pardonner moi ? Demanda-t-il, avec un très mauvais accent mexicain, dans une phrase pourtant tout ce qu'il y avait de plus Anglais. Du moins, si on avait un lien parenté avec Tarzan.
Je poussais un autre soupir.
-Ouais, t'en fais pas.
-Bella ? M'interpela Edward, qui venait vers moi. Le repas chinois est là, ça va refroidir.
Ce fut comme une douche froide. Très froide. Comme une désillusion soudaine. La voix d'Edward, d'habitude gentille, attentionnée et rieuse, avait claquée. Froide, distante, presque... indifférente. Lasse. Son regard était fermé, presque coléreux. Je fis machinalement glisser le téléphone le long de mon oreille, comme si il était devenu trop lourd. Jacob était bien moins important, dans l'instant.
-Edward ? Qu'es ce qu'il y a ? murmurais-je, complètement hagarde, mon mal de tête menaçant de refaire surface.
-Rien. Répondit-il.
La voix de Jacob s'égosilla dans le téléphone, et je me souvins finalement de sa présence à l'autre bout de la ligne. J'avais du rester là à fixer Edward plus longtemps que je ne croyais. Je reportai rapidement le téléphone à mon oreille, le saluant sommairement, coupant ses protestations colorées de juron de toutes sortes, et de toutes langues.
-Je dois y aller Jake. Je te dis à demain.
-Mais Bella...
-Bye.
J'appuyai sur le petit bouton rouge, et Edward repartit en coup de vent. Je restais pantoise, debout, perdue. Complètement. Je ne lui avais rien fait. Vraiment rien. De quel droit se mettait il en colère comme ça ? Contre moi ? Pourquoi ?! Désormais énervée, j'écrasais l'appareil sur son socle en maugréant, et partis m'installer sur la canapé.
Emmett et Alice se partageaient un fauteuil, cette dernière étant apparemment en désaccord avec sa moitié initiale, qui se partageait le canapé avec Rosalie, et Edward, coincé à une extrémité. Je m'assis rapidement, et pris la première chose qui me vint à la main. Mon mal de tête avait méchamment refait surface, mais je soupçonnais plus la colère que la fatigue d'en être la cause.
Il se trouva que le plat que j'avais pris était un mélange au poisson. Or, je haïssais cet aliment depuis que Charlie m'avait fait passé trois semaines de vacances avec lui à aller à la pêche, et à manger du poisson. Or, j'avais dû développer une espèce d'allergie, car le manger me donner de grosses plaques de boutons dans le cou. Je jetai rapidement un coup d'œil aux plats des autres, histoire de voir qui les avaient entamés, et j'eus la désagréable surprise de voir que seul Edward n'avait pas encore touché à son poulet. Je testai ma barquette de poisson des yeux quelques instants, avant d'en conclure que deux ou trois plaques rouges ne causeraient pas ma mort. « Ah, parce que lui demander d'échanger avec toi son repas, si ? » soupira Optimiste. « C'est puéril. » Cru-t-elle bon de rajouter. Mais j'avais appris à ne porter aucune attention aux idées des deux voix. Et j'étais têtue.
-'ella, 'u 'e 'angues 'as ? Lança Emmett, la bouche pleine de... quelque chose dont je ne voulais pas savoir le nom.
-Répète sans oublier de lettre, et elle te répond. Rétorqua Alice, en faisant tapoter ses baguettes chinoises devant le nez d'Emmett.
Ce dernier avala longuement.
-Je disais, tu ne manges pas Bella ?
-Ah bon, tu disais ça. Répondit Alice, en haussant les épaules.
-Alors, Belly, pourquoi tu manges pas ! Répéta Emmett.
« Parce que je suis têtue, bête et puérile, et qu'Edward m'a vexé en venant vers moi énervé pour une raison inconnue. » Répondit Optimiste, en imitant ma voix.
« Non, j'ai mieux: Parce qu'Edward est un crétin mal luné, qui m'a coupé l'appétit ! » Répondit à son tour Pessimiste.
-Oh. Euh... Je n'aime pas le poisson. Répondis-je, en ignorant les deux laïus des voix.
-Oh ! Fut la seule réaction d'Alice, qui écarquilla les yeux.
Emmett jeta un coup d'œil à sa barquette, déjà à moitié finie, et grimaça. Alice tapota ses baguettes dans son poisson, et jeta un coup d'œil à celle de Jasper, qui était presque aussi vide que celle d'Emmett. Rosalie inspecta la sienne pleine de poisson, avant de soupirer, et de s'excuser de ne pas avoir commandé plus de viande. Edward, lui, jeta un regard à la dérobée à sa barquette encore inutilisée, et me la passa rapidement, sans croiser mon regard. La barquette tomba lourdement sur mes jambes, et je me retint tant bien que mal de na pas lui envoyer la mienne dans la figure.
Comment quelqu'un pouvait passer de gentil à aussi horripilant en... allez, disons cinq minutes ?
Je le remerciai rapidement, et il en fis de même. Rosalie nous jeta un regard perdu, sourcils froncé, alors qu'Emmett continuait de manger, en hochant la tête de gauche à droite, et qu'Alice recommençait à se disputer avec Jasper, sur le fait qu'il n'avait pas pris assez de viande. L'un dans l'autre, le repas était plus que tendu, et Jacob, bien rangé dans un coin obscur de ma tête. Pour le moment, que sa sœur se marie, qu'il revienne à Forks pour l'année, ou qu'il soit content de me téléphoner, je n'en avais strictement rien à faire. J'étais d'autant plus préoccupée par la présence d'un mec lunatique sur ma banquette. Ah ! Et aussi parce que ce mec, beh je l'aimais. Ouais, Jacob repasserait un autre jour, c'était indiscutable.
[...]
-Laisses, Bella, je vais débarrasser. Profites en plutôt pour te reposer. Lança Rosalie, en écrasant au passage Edward sur le fauteuil, en lui lançant un regard plus que noir.
Je retins difficilement un soupir, et cherchai désespérément une excuse pour me lever. Edward fusilla du regard Rosalie, qui ne semblait pas dérangée d'être menacée de mort imminente. Comme par une curieuse coïncidence, Alice était partie acheter avec Jasper les médicaments juste après le repas, et Emmett était de corvée de vaisselle. Et bien sur, Rosalie allait l'aider, histoire qu'il ne soit pas seul dans la cuisine.
Je jetai un regard rapide à Edward, avant de m'enfoncer sur le fauteuil. Il demeurais impassible, sa tête dans sa main, appuyé contre son genoux par le coude. Les sourcils froncés, il fixait la table basse avec hargne, et semblait contrarié. Oh ! Et ajoutez à ça qu'il ne m'avait pas adressé la parole depuis... Depuis le « On mange », froid, distant, et antipathique.
Or, je n'étais pas des plus patiente, une fois énervée. Et, qui plus est, il m'avait bien plus énervé que n'importe qui d'autre.
-Bon sang ! Mais c'est quoi ton problème, Edward ?! M'écriais-je, en me levant d'un bond.
Mauvaise idée.
C'était comme sur un bateau. Je me sentais tanguer, et commençais à basculer sur la gauche, tout se dédoublant autour de moi.
Zut ! J'allais tomber...
-Ohé ! Bella ! Bella ! Bella !! s'écria Edward, en tapotant ma joue.
-Woow... marmonnais-je, en ré-ouvrant les yeux.
-Elle est morte ? Elle est morte ? Oh non ! Je veux pas que Belly meure ! Hurlait Emmett, juste derrière Edward. Mais, je suis con, les morts ne marmonnent pas ! Bellaaaaaa, Steuplé parle moi, j'angoisse !!
-Qu'est ce qu'elle a ? Elle s'est cognée ?! Oh mon dieu Edward me dis pas que tu l'as poussée ! Rugit Rosalie, échevelée, d'une voix presque démente.
-Bien sûr que non ! Gronda Edward, en se tournant un tout petit peu. Et puis fermez là vous voyez pas qu'elle reprend ses esprits, MERDE !
« Wow... ça fait trop à enregistrer d'un coup là... » pensais-je, en tentant de me relever. Mais Edward me tint plaquer au sol, alors que Rosalie passait devant Emmett, et posa sa main sur mon front. J'analysai doucement la pièce, encore secouée, et la tête qui résonnait comme une grosse caisse. A genoux, face à moi, tenant de sa main droite mon cou, de l'autre mon épaule, Edward me maintenait au sol. A sa droite, Rosalie accroupie, alors qu'Emmett me regardait avec des yeux rond, un tablier de cuisine rose autour de la taille.
Ce fut d'ailleurs ce qui me perturba le plus, mais il aurait été mal aviser d'inquiéter encore plus les trois autres, qui semblaient attendre que je parle. Or, le tablier d'Emmett était apparemment le dernier de leurs soucis.
Du coin de l'œil, je pouvais voir que j'étais entre la table basse, et le meuble en verre où se trouvait les DVD. Comment je m'y étais retrouvée, c'était une tout autre chose...
-Qu'est ce que je fais par terre ? Marmonnais-je, en relevant ma main pour tenter de me relever.
Cette fois, Edward me laissa faire.
-Bonne question. Ajouta Rosalie, en fusillant ce dernier du regard.
-Tu es tombée. Répondit Edward.
Sa voix tremblait légèrement. Sa gorge était sèche, ses traits tirés, ses membres tendus, et il était blanc comme un linge.
« Il suffisait de dire inquiet... » soupira Optimiste.
-Tu t'es levée d'un coup... -Je me souvenais très bien de ce passage. Edward était de mauvaise humeur pour je ne sais quelle raison, et je m'étais énervée.- Et, tu es tombée... -Il mima un geste de la main assez étrange, et hocha la tête, comme pour dire qu'il n'arriverait pas à l'expliquer.- Tu m'as fait peur. Rajouta-t-il, en plantant ses pupilles vertes dans mon regard.
Et le pire, c'est qu'il semblait vraiment sincère.
Une fois totalement relevée, je m'assis sur le canapé, les trois autres me tournant autour avec inquiétude.
-Je vais bien. Leur dis-je.
-C'est connu, quand on va tout à fait bien, on tombe dans les pommes. Rétorqua Rosalie.
-J'ai eus un étourdissement.
-Donc tu vas pas du tout bien. Rajouta-t-elle.
Je décidai de changer de sujet. De toute façon, ça ne mènerait à rien de concluant.
-Qu'est ce que tu fais avec ce tablier, Emmett ?
Ce dernier se baissa pour regarder le dit tablier, et Rosalie pouffa de rire, alors qu'Edward hochait la tête de droite à gauche.
-Et toi, qu'est ce que tu fous avec ça chez toi ? Grogna Emmett, en balançant un doigt accusateur sur moi.
-Je fais tes placard moi ? Répondis-je, en plissant les yeux. Réponds à ma question.
Il plissa encore plus les yeux.
-C'çasinonç. Débita-t-il, en croisant les bras.
Là, Rosalie partit dans un fous rire incontrôlé.
-Je sais pas où, ni comment, mais ce que je sais, c'est qu'il s'est fait avoir. Sourit Edward, en s'asseyant à côté de moi. Qu'est ce que t'as fait Rose ?
Elle se mordit la lèvre pour arrêter de rire, et Emmett retourna dans la cuisine, de mauvaise humeur.
-Avec Jasper on a vu le tablier, et Emmett avait décidé de faire la vaisselle. Alors Jasper a fait un pari comme quoi je n'arriverais jamais à lui faire mettre un truc comme ça. J'ai relevé le défi et suis partie dans une histoire complètement ridicule sur la manière de faire la vaisselle... et il m'a cru ! J'allais partir chercher mon téléphone pour montrer ça à Jasper, mais il m'a demandé de lui faire le nœud dans le dos pour que ça tienne. Et j'ai pas pu résister...
-Tu lui as fais un nœud qu'il n'arrive pas à défaire ? Souris-je, en imaginant Emmett, si sur et protecteur de sa virilité dans... un tablier rose. En fait, en me remémorant son image. Oh, et en faisant la vaisselle. Évidemment !
-Exact. Répondit elle, tout sourire.
-Et qu'est ce que tu lui as raconté pour qu'il te croit ? Demanda Edward.
-Un truc comme quoi le liquide vaisselle ruiné les habits, que c'était Alice qui serait pas contente, et que c'était un affront à toutes les ménagère que de faire la vaisselle sans tablier... une vieille coutume Américaine.
-Tu fais ce que tu veux de lui... Répondit Edward, en levant les yeux au ciel, toujours aussi souriant.
-Yep ! Confirma Rosalie, dans un clin-d'œil.
-Et qu'avez vous pariés avec Jasper ? Demandais-je.
-Une journée entière de servitude. Répondit Rosalie. On doit décider le jour où l'autre nous servira, et voilà.
-Rosie, viens m'aider. Maugréa Emmett, depuis la cuisine.
-Oui, oui, j''arrive. Répondit elle, en récupérant un torchon de cuisine de sur le canapé. Et toi, lança-t-elle en se tournant vers Edward, un index accusateur pointé sur lui, veille à ce qu'elle ne tomba pas encore une fois. Sinon tu finis dans mon jardin. Mais pas côté soleil...
Après sa menace de mort, elle s'en alla, comme si de rien n'était, prenant bien soin de fixer Edward jusqu'à que cela soit impossible.
D'un seul coup, ce fut comme si la tension remontait en flèche. Nous étions encore une fois seul, tout les deux, sans rien à faire. Je jetai un rapide coup d'œil à Edward, qui semblait en pleine réflexion. Il ne semblait plus en colère comme tout à l'heure avant que... Avant que je tombe dans les pommes, apparemment. Il n'était pas plus calme, mais bien moins coléreux. Mais je n'en savais pas plus sur sa soudaine mauvaise humeur. Une partie de moi mettait ça sur le compte de son caractère: c'était quelqu'un de lunatique. Il changeait rapidement d'humeur, sans que je ne fasse rien. Mais d'un autre côté, je voulais savoir. Je voulais avoir la preuve que c'était bien ma faute s'il s'était mis dans un tel état de colère, ou si je n'y étais vraiment pour rien.
-Je suis, vraiment, vraiment désolé, Bella... murmura-t-il.
Je crus d'abord que j'avais rêver. Je tournai la tête vers lui, le visage dans ses mains, jurant à mis voix, Edward semblait en plein conflit. D'un seul coup, c'était comme si je ne lui en voulais plus. Et je ne lui en voulais plus.
-Que... Pourquoi tu dis ça ? Demandais-je, d'une petite voix.
-Pour... commença-t-il, en se relevant vers moi. Pour... Il plissa les yeux, et se leva, commençant à faire les cent pas dans le salon. Pour être un con, pour te prendre à rever comme ça à chaque fois que quelque chose m'énerve, pour toujours être maladroit, pour être aussi sec avec toi, ne pas savoir que faire, quoi dire, pour ne pas comprendre tes réactions, pour partir bille en tête à chaque fois que j'interprète quelque chose, pour...
-Tu ne veux pas aussi que je te reproche la mort de ma mère, non ?
Il se tourna vers moi, presque choqué. J'avais dis ça en souriant, dans un murmure. Je m'en étonnais moi même d'ailleurs. Il se rassit à côté de moi, et passa sa main dans ses cheveux cuivré, insolemment bien coiffé, alors que je devais ressembler à un épouvantail. Mais là, sur le moment, ce n'était pas très grave. Et puis, j'avais une excuse, j'étais malade !
-Tu te reproches pas mal de chose qui n'ont pas lieu d'être. Continuais-je.
-Désolé de...
-D'exister ? Parce qu'avec toutes les choses pour lesquelles tu t'es déjà excusé, je crois qu'il ne te reste que ça. Souris-je.
-Alors disons d'être aussi lunatique. Répondit-il, en plissant le nez.
-Là, je peux pas te donner tord.
Il sourit à son tour, et caressa ma joue du bout des doigts avant de l'embrasser, en me murmurant un merci.
-Rosalie, ils commencent un film X sur le canapé, tu devrais venir voir. Lança Emmett, qui venait d'arriver.
Edward s'écarta d'un bond, et je fusillai Emmett du regard, les joues surement plus rouges qu'elles ne l'avaient jamais été. Heureusement, Alice entra en trombe cet instant là, suivit de Jasper, et je priai pour que ça distrait Emmett.
Seul problème, c'était Alice qui était entrée. Avec Jasper, mais Alice quand même.
-Bah ! Bella, pourquoi t'es aussi rouge ? Demanda-t-elle, en déposant le médicament sur la table.
-Elle avait entrepris de commencer un films pour adulte avec Edward quand je suis rentré. Répondit Emmett.
Je commençais à regretter de ne pas m'être tuée en tombant dans les pommes quelques instants auparavant.
-Arrêtes de dire des conneries Emmett. Grogna Edward.
-Alors que faisais-tu collé à elle en l'embrassant ?
-Sur la joue ! Siffla Edward.
-Quand je suis arrivé... Mais que se serait il passé si je n'étais pas rentré.
-Le salon serait devenu une zone inutilisable. Gloussa Alice.
-Lili...souffla Jasper.
-Et quelles fantaisie vous a poussé à faire ça ? Demanda Emmett.
-Je ne vois pas en quoi ça te regarde, Emmett. Répondis-je sèchement, sentant Edward près à craquer à côté de moi.
-Qu'es ce que vous avez... commença Rosalie, qui venait d'entrée. Je peux savoir ce qui signifie cette réunion improvisée ? Et c'est quoi encore cette histoire de Film X, Emmett ?
Alice pouffa, et Jasper la fit taire, alors qu'Emmett souriait, tandis que Rosalie faisait la navette entre mon visage incendié, et Edward, qui se pinçait l'arrête du nez. Elle leva alors les yeux au ciel, et renvoya Emmett dans la cuisine, en le tapant à l'aide d'une grosse cuillère de bois, un peu comme une vieille ménagère qui envoyait balader son mari. Sauf que la silhouette de Rosalie faisait plus penser à celle d'un mannequin, qu'à celle d'une ménagère.
Apparemment, Rosalie avait compris ce qui se passait en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Alice pouffa encore une fois, et Jasper soupira, en s'asseyant sur la canapé.
-Bon ! On devait pas regarder un film ? Demanda-t-il, changeant habilement de sujet.
-Ah bon, on devait ? Demandais-je, en relevant un sourcil, amusée.
Ils étaient chez moi, et ils prévoyaient ce que l'on allait faire sans même m'en parler.
-Je vote pour une belle histoire d'amour ! S'écria Alice. Avec larme, suspense, douceur...
-Je te suis. Ajouta Rosalie.
-Na-na-na-na-na-na-nan ! Il est hors de question que je regarde un film comme ça ! Rétorqua Emmett, en croisant les bras.
-C'est bête, je me souviens pas t'avoir demandé ton avis. Répondit Rosalie, en s'asseyant à côté de moi.
-Mais... bougonna Emmett.
-Jasper, tu peux prendre un film qui répond à ces critères sur l'étagère ? Le coupa Alice, souriante.
-J'ai Roméo & Juliette, Titanic, Pearl Harbor...
-Sérieux vous allez nous faire regarder ça... Soupira Edward.
-T'as quelque chose à redire Mansen ? Grogna Rosalie.
Edward déglutit, et hocha la tête.
-J'aime mieux ça. Répondit Rosalie.
-Eh ! C'est de l'intimidation Rosie ! Se plaignit Emmett.
-J'ai envie de regarder Titanic. Lança Alice, souriante, en se laissant tomber sur le fauteuil.
-Et moi, le jour d'après. Persista Emmett.
-Dommage pour nous qu'on ne soit pas en démocratie. Répondit Jasper, en prenant le DVD de Titanic.
-C'est un joli film. Souris-je, face à la mine dépitée d'Emmett.
-Titanic ?! Un joli film ? Répéta Edward, en se tournant vers moi, alors qu'Emmett écarquillait les yeux, en me dévisageant d'un air outré.
-Ed, Emm', et Jazz sont contre ce film. Lança Rosalie. Ils trouvent ce film stupide, bête et ennuyeux.
-Pourquoi ? M'exclamais-je. C'est une des plus belle histoire d'amour jamais écrite !
-Ce truc ? La plus belle histoire d'amour ? Peuh.
-Tu n'as aucun goût cinématographique, Emmett. Siffla Rosalie.
-Arrêtez ! T'es sur un bateau, tu rencontre un mec avec qui tu t'envoies en l'air et avec qui tu t'amuses... commença Edward. Tu l'as jamais vu de ta vie, tu le connais depuis une journée, et tu vas me dire que tu abandonnerais un espoir de vivre pour ne pas le laisser seul ! Tu le connais même pas ce mec en vrai.
-C'est l'amour de sa vie ! Rétorquais-je, outrée.
Ce film avait été un des films romantiques que j'avais le plus aimé de tous ceux que j'avais vu, et l'insensibilité des trois autres était désolante. Alice et Rosalie semblaient partager mon avis, car elles poussèrent un long soupir.
-L'amour de sa vie ? Répéta Jasper. Il la connais depuis 24 heures ! Répliqua t-il, amusé.
-Et alors ? Sa vie ne lui convient pas, elle apprend à connaître cet homme qui est totalement l'opposé de ceux qu'elle rencontre d'habitude et elle apprend à l'aimer... répliquais-je.
-Vous n'avez aucune sensibilité. Condamna Alice, en claquant la langue. Oublis Bella, c'est pas la première fois qu'on essaye de leur faire entendre raison.
-Bande d'ignare. Grogna Rosalie.
Jasper sourit, et alla rejoindre Alice sur le fauteuil. Emmett bougonna, et entra dans un monologue rapidement coupé par la voix mécontente de Rosalie. Edward bougonna, alors que le générique de commencement retentissait, et laissait apparaître Leonardo Dicaprio, dans nos soupirs appréciateurs. Ce qui parus déplaire à Emmett, qui grogna un « Je vois pas ce que vous lui trouvez. », et que les deux autres admires, sous les cris d'Alice, apparemment vexée qu'ils critiquent Jack Dowson. Rosalie les fit encore une fois taire, et recommença à chaque interruption. Que ce soit les garçons qui partirent dans un fou rire inexpliqué en plein milieu du film, Emmett qui envisagea de se reconvertir en dessinateur quand Jack dessinait Rose sur le divan, ou qu'Alice insulta copieusement le fiancé de la dite Rose, ou tout autre désagrément.
Comme d'habitude, je me mis à pleurer vers la fin. Je savais ce qui allait se passer, mais à chaque fois, c'était plus fort que moi. Je me rassurais en voyant qu'Alice et Rosalie étaient dans le même cas, Jasper serrant sa petite amie dans ses bras, et Emmett essayant de rassurer Rosalie, qui l'envoyait balader.
-Je comprend pas que vous pleuriez à la fin de ce film. Me murmura Edward, en croisant ses bras derrière sa tête.
-Il est magnifique ce film. Répliquais-je. C'est vous qui n'avaient aucun goût.
Edward hocha la tête de droite à gauche, en baillant.
[...]
-OH YEAH ! S'écria Emmett, en se mettant debout, faisant basculer Rosalie, qui était appuyée contre son épaule.
Le générique de fin du film défilait doucement, sous la chanson de Céline Dion, alors qu'Emmett effectuait une sorte de danse de la joie devant la télé.
-Avouez, elle est con la vieille. Lança-t-il, au bout d'un moment.
-Reste poli, Emmett. Réprimanda Rosalie.
-Non, mais c'est vrai. Elle a le joyau de l'océan dans la main, et elle se fait la blague: Oh ! Je l'ai fais tomber... Peuh ! Pauvre cruche... Elle aurait dû le vendre sur Ebay.
-Emmett, Ebay n'existait pas à l'époque... soupirais-je.
-Espèce d'ignare. Grogna Alice.
-C'est une fiction, Alice ! Répondit Emmett. Et puis, elle a bientôt cent ans, c'était les débuts d'Internet !
-T'es franchement pas romantique... maugréa Rosalie.
-Il est quelle heure ? Demanda Alice, sans préambule.
Soudain, Jasper se leva, et dans un sourire, il sortit de la maison, discret, en demandant à Edward de le suivre pour qu'ils aillent pointer leur absence au lycée. Ce que je ne compris pas vraiment, étant donné qu'ils auraient pu le faire le matin suivant; mais quand je vis Emmett les rejoindre en courant, et Alice se lever avec ce regard si particulier...
Et ça ne manqua pas.
-Oh Mon dieu ! Il est déjà six heure ? S'horrifia Alice. Bon ! Allez, il faut qu'on s'habille ! S'écria-t-elle, en sautillant par dessus les fauteuils, tapant frénétiquement des mains.
-Pourquoi ? Gémis-je, en m'écrasant sur les coussins.
-On va manger chez la mère d'Edward, Bella. Me rappela Rosalie.
-Justement. C'est pas un restau chic ou je ne sais quelle idiotie, c'est chez Edward.
-Ouais, avec sa mère. Répondit Rosalie. Et sa mère, c'est pire que toutes les autres pimbêches en robe de soirée.
-A chaque repas annuel, on bouffe de nos erreur pendent trois mois. La famille Mansen est connue, appréciée et importante. Rajouta Alice.
-Vous exagérez... soufflais-je.
-Non, désolé. Alors, monte dans ta chambre, je vais chercher les affaires dans ma malle. Rose ?
-Oui ?
Alice me regarda fixement quelques secondes, et sourit à Rosalie.
-Installe Bella dans la salle de bain. Je sais ce qu'on va faire, mais j'ai besoin d'un peu de temps...
Et elle s'éloigna en sautillant. Rosalie rit à mon air déconfis, et m'entraina à l'étage. Sans même avoir le temps d'émettre une objection, je me retrouvais cloitrée dans ma propre salle de bain, en attendant qu'Alice ne revienne avec la robe que je devrais porter le soir même. « Et si je priais pour vomir là maintenant tout de suite ? » me proposais-je, en voyant le bout de tissus dans son emballage du pressing « Au Petit Français », de Port Angeles.
-La seule raison pour laquelle tu ne porterais pas cette robe, serait que tu meures, Swan. Même si tu tombais en état comateux, tu finirais par porter cette robe. Anticipa Alice, ce de l'autre côté de la porte.
Je grognais en réponse, et me haïssais pour me sentir aussi bien, alors que j'avais passé la nuit de la veille à agoniser.
[...]
-Aïe. Marmonnais-je. Ça fait mal.
-Merci de m'en informer, mais je n'en n'ai rien à faire. Répondit Alice, en tirant sur mes cheveux. Et arrête de faire la tête pour la robe... T'es magnifique, Bella !
-Sur l'avant dernier point, je suis d'accord avec Bella. Informa Rosalie, qui était occupée à me maquiller.
Alice roula des yeux, et ignora la pique de Rosalie.
-Où tu as acheté... Ces choses ? Demanda la blonde, en refermant le pot de fond de teint.
-A « I 'm always », si tu veux tout savoir. Répondit Alice.
Je ne connaissais pas ce magasin, et ne voulais de toute façon pas le connaître.
-Alice, on est pas au club, on va chez la mère d'Edward. Grogna Rosalie, qui perdait patience.
-Et ?
-Et ?! Répéta Rosalie. Et ma robe est orange. Orange ! Je ressemble plus à une citrouille comme ça !
-Une citrouille... soupira Alice. On croirait entendre Bella. Tu doutes toi aussi de ton charme ?
-Dans cette robe ? Répondit Rosalie, au tac-o-tac. Oui.
-Et bien tu as tord.
La blonde dévisagea le petit lutin maléfique qui était occupée à arracher mes cheveux avec défis, et émit un grognement de frustration, avant de commencer à m'appliquer du fard à paupière.
Une fois sa tache finie, Rosalie jeta un regard assassin à Alice, et cette dernière sourit, en me poussant de la chaise. Elle m'ordonna de descendre pour attendre avec les autres en bas, et je m'exécutais, en tachant d'ignorer mon reflet dans la glace. Ce qui ne fut pas chose facile, quand cette dernière se trouvait droit sur mon chemin.
Ma robe ne devait pas descendre plus haut que mes genoux. Elle prenait ma poitrine dans un bustier fait d'une jolie ganse, et retombait en voletant au dessus de mes jambes, sans trop prendre de forme spéciale. La robe en elle même était jolie. Beaucoup trop petite, bien trop sophistiqué pour moi, mais jolie. Le seul gros problème, c'était la couleur.
Alice aurait pu opter pour un joli gris, ou à la limite un rouge foncé. Mais non. Il avait fallut qu'elle la prenne verte. Et pas n'importe quel vert. Pas le vert foncé, discret et habituel. Non. Il avait fallut qu'elle choisisse un vert à la limite du fluo.
Et le fait que celle de Rosalie soit orange, ou celle d'Alice rose fuchsia ne me rassurait pas.
La seule chose où je trouvais qu'Alice avait excédée, c'était dans la coiffure. Elle avait ramené mes cheveux en un chignon tressé, agrémenté d'une pique chinoise noire, qui se raccordait avec mes yeux. Rosalie aussi avait fait du bon boulot.
Mais je n'aimais toujours pas ce que je voyais dans le miroir.
Je poussai un long soupir, et descendis. Face à moi, Jasper était appuyé contre le mur, alors qu'Edward et Emmett, le premier assis sur l'accoudoir, l'autre sur le canapé , étaient en train de parler de je ne sais quoi. Emmett fut le premier qui me vit.
Et bien sur, étant qui il est, il me siffla, et me fit un clin-d'œil.
Je rougis violemment, et baissai les yeux sur mes pieds nus. « Ah ! Alice ne m'a pas encore donné les chaussures... » songeais-je, avant que Jasper ne prenne la parole.
-T'es magnifique Bella. Mais ne m'en veux pas, Alice sera toujours la plus belle.
-Fayot. Rit Emmett. Alice n'est pas là, tu peux y aller.
-J'ai des tympans plus aiguisés qu'une chauve-souris... grogna Alice, à l'étage, à l'adresse d'Emmett.
Celui-ci répéta son insulte à Jasper avec la bouche, et se dernier lui sourit, vainqueur.
-Il a raison, tu es merveilleuse. Marmonna à son tour Edward, en me souriant.
-Merci. Murmurais-je, en m'asseyant à côté d'Emmett, qui s'amusait avec sa cravate. Vous êtes pas mal non plus en costard.
-Oh pitié... gémit Edward. Je supporte pas ces trucs... on se croirait au club !
-Rosalie a fait la même réflexion au sujet de la robe. Souris-je.
Tous les trois étaient aussi bien habillés que nous. Ils avaient tous un costume noir, et une chemise blanche, et seul Emmett portait une cravate, noire. Jasper portait sa chemise lâche, et avait dû renoncer à la veste de smoking au même moment qu'Edward avait renoncé à se coiffer. Celui-ci portait sa chemise en dehors de son pantalon aussi, mais se contentait du costume simple, sans cravate ni nœud papillon. Seul Emmett avait opté pour la panoplie complète du parfait héritier. Costume noir, chemise blanche impeccablement rentrée dans le pantalon, cravate noire -légèrement défaite, okay, mais c'était Emmett !- tout y était.
Je commençais à comprendre que le repas chez madame Mansen ne serait pas aussi simple que je ne le pensais. C'était comme si l'aura autour de nous avait changeait. Emmett essayait de se canaliser, Rosalie s'exaspérait pour la moindre chose, Jasper semblait totalement ennuyé, Edward anxieux, et il fallait encore moins contrarier Alice qu'à l'accoutumée.
-Que quelqu'un m'aide à tuer Alice. L'éliminer de la surface du globe ne pourra faire que du bien à la planète. Lança Rosalie en dévalant les escaliers, une paire d'escarpins verts pomme -couleur de ma robe- à la main.
-Pourquoi ? Demanda Jasper, en relevant un sourcil.
-Pourquoi... soupira Emmett. Comme si Alice était la parfaite fille douce et délicate avant une soirée de ce type...
-Tiens Bella, c'est tes chaussures. Souffla Rosalie, en me lançant les escarpins.
Je réfléchis rapidement à la réaction d'Alice si je décidais de rester à pied nu, et les enfilai, n'essayant même pas de contrarier la dite Alice, qui était en train de faire un boucan d'enfer dans ma salle de bain.
-On va être en retard. Souffla Edward, en regardant la petite horloge de mon père. Ma mère à dit pour sept heures trente.
-Je suis prête ! S'exclama Alice, en sautant les trois dernières marches, atterrissant dans les bras de Jasper.
Rosalie tourbillonna sur elle-même pour prendre ses clés de voitures. Sa robe Orange flashy ressortait et s'accordait avec ses cheveux blonds ramenés sur le côté par une jolie tulipe grise, qui rappelaient ses yeux. Sa robe était assez simple, deux bouts de tissus faisaient office de manches, la fin du décolleté prenant au milieu de sa poitrine, coupée par un cercle de bijou en or massif, et elle retombait jusqu'à ses pieds, une légère échancrure laissant voir la fin de ses jambes, à partir du genoux. Un mélange audacieux, qui faisait rayonnait Rosalie avec grâce.
-T'es superbe Rosie. Sourit Emmett, avant de l'embrasser sur la joue.
Rosalie rougie légèrement, ce qui fit sourire Jasper.
-Yep-pep-pep-pep-pep ! Pas touche à mon maquillage Mr Pingoo. Répondit Alice, en l'éloignant de Rosalie.
Alice aussi, s'était surpassée. Les manches de sa robe étaient sur le début de ses bras, du même rose fushia que celui de sa robe, et laissait apparaître un décolleté droit, simple, mais dur, qui terminait sa poitrine par un effet ballon, s'arrêtant au genoux. Ses yeux étaient pour l'occasion, du même rose que la robe, légèrement saupoudré de noir, alors qu'elle avait laissé ses cheveux dans une pagaille ordonné.
-J'avais raison, tu es magnifique Lili. Murmura Jasper, faisant glousser Alice.
-Il faut y aller... répéta anxieusement Edward.
-Okay, okay, on y va... marmonna Alice. Bella, tu montes avec Rosalie, Emmett et Edward ? Au moins tu n'auras pas à conduire ce soir...
-Je pourrais prendre ma voiture. Répondis-je. Ça vous fera faire un détour pour rien.
-T'en fais pas, Edward doit tous nous ramener. Sourit Rosalie.
-Il ne reste plus que la voiture d'Alice et d'Edward. Rajouta Emmett. On a fait exprès.
J'haussai les épaules, et nous sortîmes de la maison. La Volvo argentée d'Edward attendait patiemment à côté de la Porche d'Alice, en face de chez moi, sur le trottoir. La vieille voisine nous scruta derrière ses fenêtres, pensant être la plus discrète au monde, et nous nous séparâmes en deux groupes.
-Bon, beh on se retrouve chez Edward. Lâcha Jasper, avant de rentrer dans la voiture d'Alice, côté conducteur.
-Attend Jasp ! S'écria soudainement Emmett.
Jasper sortit de l'habitacle, et observa attentivement Emmett.
-Si jamais l'envie vous prend de faire un enfant, téléphonez. Qu'on vous trouve une excuse pour...
-LE FERME EMMETT ! S'écria Alice, en balançant je ne sais quoi sur Emmett.
L'objet en question tapa sur la voiture d'Edward, qui jura, et Jasper claqua la porte, alors qu'Emmett ramassait le CD qui avait frappé la voiture en riant. Rosalie hocha la tête de gauche à droite, désespérée, et Edward lui grogna de rentrer dans la voiture. Rosalie prit place à l'arrière, suivit par Emmett, qui voulut se mettre à l'avant, mais qui changea d'avis en voyant qu'Edward ruminait toujours sur sa carrosserie, et la grosse rayure qui couvrait sa voiture désormais.
Une fois installée, je commençai à angoisser. Mes mains devinrent moites, et je me mordis violemment la lèvre. Je ne savais pas exactement pourquoi, mais en quelque sorte, Mrs Mansen me faisait peur. Elle m'effrayait. Je ne la connaissais pas, et tout ce que je savais sur elle, c'était qu'elle énervait son fils, faisait partie de la bonne société, et ne supportait pas Alice et Emmett. Et aussi qu'elle ne me supporterait surement pas. Pas un tableau très idyllique, mais je ne devais pas avoir si peur ! Je tentai de respirer normalement.
Quand nous arrivâmes devant chez Edward, je fis trois constatation:
La première, la maison d'Edward était majestueuse. Grande, trois ou quatre fois ma maison en façade, dans un style très Anglais classique, elle semblait très ancienne, et rénovée. La façade était beige, et chaque fenêtre semblait donner sur la même pièce: le salon. Je voyais de l'extérieur, les lustres luisants en cristal, et les femmes de ménages qui préparaient la table avec hâte.
Deuxièmement, une fois émerveillée, j'avais tendance à poussais un soupir assez significatif, qui fit rire Emmett, et Rosalie.
Troisièmement, Mrs Mansen était à l'entrée, et nous détaillait du haut de l'escalier.
Je pris une profonde inspiration, et Edward m'entraina à la suite d'Emmett et Rosalie, alors que Jasper tirait discrètement Alice vers nous. Dans la lumière de l'entrée, Mrs Mansen nous fixait. C'était une belle femme, de taille moyenne, les cheveux châtains clairs, assez longs. Son visage était neutre. Il n'exprimait ni joie, ni colère, ni bienveillance, à l'instar d'Esmée, qui respirait la gentillesse. Elle ne semblait pas être mère. Elle semblait bien plus jeune. Et elle avait les yeux verts d'Edward. Elysabeth Mansen portait une robe noire, simple, qui se nouait autour de son corps avec grâce.
Elle sourit, d'un sourire factice, qui me semblait bien plus hypocrite qu'autre chose.
-Edward, je suis ravie que vous soyez à l'heure avec tes amis. Bonsoir, Rosalie, cette robe est ravissante, elle te va à ravir. C'est une collection pour la famille Hale, sur mesure pour toi ?
-Non, c'est Alice qui l'a acheté en faisant les boutiques.
Mrs Mansen acquiesça faiblement, et se tourna vers Jasper.
-Jasper, je suis ravie de te voir. Comment va ton père ? J'ai entendu dire qu'il avait des ennuis avec ses actions à New York.
-Je ne sais pas. Répondit Jasper, avec un sourire poli. Probablement, nous ne mélangeons pas travail et vie sociale, à table.
-Bien. Alice, Emmett, bonsoir.
Ses deux yeux me fixèrent, et je lui souris faiblement, en hochant la tête, avant de détailler mes pieds. Edward déposa sa main sur ma hanche, et lança, avec un grand sourire.
-Maman, voici Bella. Bella Swan. Elle est...
-Bella ? Le diminutif d'Isabella, je présume ? Tiqua sa mère, en le coupant.
-Oui, madame. Acquiesçais-je.
-Charmant. Répondit elle, avec son même sourire factice.
-Bella est la jeune boursière qui est venue à Forks High School Privé. Finit Edward.
-Hum. Il est bien que le lycée s'ouvre un peu plus au classe inférieure. Ça diversifie, vous connaîtrez ainsi, tous les types de personnes.
A sa dernière réflexion, Edward raffermit sans trop s'en rendre compte sa prise sur ma hanche, et Jasper serra le bras d'Alice, histoire qu'elle ne saute pas sur Madame Mansen.
-Bon, et bien rentrez. Je crois que les femmes de maison en ont fini de la présentation. Mais dites moi plutôt Rosalie, comment se passe le voyage en Asie de votre mère ?
-Je suppose qu'il doit bien se passer, elle n'est pas encore rentrée. Répondit-t-elle, en usant du sourire hypocrite de la mère d'Edward.
Celle-ci rentra alors dans un épilogue glorieux de la famille Hale, et de la famille Withlock, alors qu'Alice faisait semblant de vomir, faisant rire Emmett.
-Je t'en pris, ne m'en veux pas pour tout ce que ma mère peut dire. Murmura rapidement Edward à mon oreille, alors que nous passions à notre tour la porte.
Je me tournai vers lui, et relevai un sourcil, en souriant. Il se dérida quelque peu, et m'entraina jusqu'à son salon.
Si au premier abord, la maison semblait somptueuse, il était vrai que l'intérieur s'y accordait très bien. Mais sur les grands murs de tapisserie ancienne et couteuse, les dizaines de peintures connue qui se succédaient dans le Hall me rappelaient plutôt un château qu'une maison. Les commodes étaient propres, étincelantes, et toutes recouvertes d'une unique lampe dorée. On n'aurai jamais dit qu'Edward habitait ici. Tout était froid, simple, couteux, et impersonnel. Beau, certes. Mais ce n'était pas un univers où je voyais vivre Edward tout au long de sa vie.
La salle à manger ne dérogeait pas à la règle. Dans le même style que le Hall, seul les tons de couleur changeaient, une grande table de marbre se trouvait au centre de la pièce. Plusieurs femmes s'afféraient à rendre présentable le salon, et se figèrent en voyant entrer madame Mansen.
Celle-ci eut un soupir mécontent, et se tourna vers nous.
-Je suis désolée, mais la table n'est pas prête. Vous pouvez vous détendre quelques minutes, j'enverrais quelqu'un vous chercher, si vous le souhaitez.
-Ouais, on y va. Maugréa Edward.
Emmett se tourna d'un bond, suivant Edward qui m'entrainait à pas rapide hors de la pièce, faisant tourner Rosalie au passage, qui trébucha, et lui jeta un regard noir, alors qu'Alice sautillait à l'extérieur de la pièce. Je vis Elysabeth Mansen plisser les yeux, et prendre une autre porte, en marmonnant.
Rapidement, Edward nous entraina à l'étage, et Alice ouvrit une pièce, qui se trouvait être sa chambre.
Les murs étaient gris. Gris et blanc. Une unique horloge tronnait au dessus de son lit en fer forgé et un grand cadre noir se trouvait au dessus du piano à queue. Dans le cadre, une photo de nous trois, à New York, juste avant notre « Mission Jessica ». En face de son lit, une grande bibliothèque regroupait tout un tas de livre en tout genre, allant des classiques au œuvres du moment, des films, ainsi que des CD. Il y en avait de toutes sortes. Les Disques, des CD, des Cassettes... Il avait une collection impressionnante de Musique. A côté de cette même bibliothèque, une grosse chaine Hifi trônait fièrement, comprenant un tourne disque, et un lecteur de cassette et CD. Sur son bureau, des feuilles de partitions trônaient dans tous les sens, certaines écrasées en boules, d'autres parfaitement lisses, et d'autre encore gribouillées au crayon gris. Il y avait aussi quelques CD inscrit à la main, portant certains titres comme: Good Night My Angel, Let My sign, B-Lullaby, et d'autres.
Cette chambre ne collait pas avec le reste de la maison. Elle semblait plus vivante, plus usée. Il semblait qu'Edward passait plus de temps ici qu'ailleurs. Une grande baie vitrée se trouvait face à moi, montrant une terrasse dans la nuit, qui surplombait la forêt de Forks.
Alice se jeta sur le lit à Edward.
-Aaaaah ! Je suis fatiguée !
-C'est vrai qu'on a fait beaucoup de choses aujourd'hui... se moqua Rosalie, en s'asseyant sur une chaise.
-Tu vois que ta robe est belle ! S'exclama soudain la petite brune, alors que Rosalie levait les yeux au ciel.
-Je pourrais porter un costume de cosmonaute qu'elle me féliciterait... soupira Rosalie. Elle veut que je sorte avec Edward. Rajouta-t-elle à mon attention.
-Je te plains... Acquiesça Alice. Eddy, c'est pas un cadeau...
-Je suis encore là... Marmonna Edward.
-En tout cas, elle ne semble pas être trop méchante avec Bella, je m'attendais à pire. Lança soudain Jasper.
-Pire ? Pire comment ? Du genre: toi tu rentre pas, t'es trop pauvre pour ça ? Lâcha Emmett, dans un rire sans joie.
-Le repas n'est pas fini... leur rappela Edward. Il n'a même pas commencé.
-Eddy, tu nous montre ta dernière création ?!! S'exclama Alice, en se levant d'un bond.
Edward la fusilla du regard -pour le Eddy, je suppose-, et prit tout son temps pour répondre.
-Non. Je l'ai pas fini.
-Soit pas chiant Ed ! Allez, juste le début alors !
-Sa dernière création ? Demandais-je à Jasper, alors qu'Alice et Edward commençaient à se disputer.
-Oui. Sourit Jasper. Edward joue plusieurs instruments, mais ce qu'il préfère, c'est le piano, et il crée des musiques. Il fait une mélodie par personne du groupe. Chacun en a une, et il planche sur la tienne en ce moment.
Je rougis, bien qu'il n'y est pas trop de raison pour ça. Il en faisait une pour tout le monde, après tout.
-Je pourrais en entendre une ? Marmonnais-je à l'adresse d'Edward.
Ce dernier se tourna vers moi, et planta ses grands yeux verts dans les miens.
-Joue celle de Rosie. Lança Emmett, alors qu'Edward se levait.
Il se dirigea jusqu'à son piano, et enleva les feuilles qui l'encombrait. Alice sauta sur l'occasion, et sautilla sur place en lisant le titre « Bella », inscrit en italique. Elle tenta de lire la partition, mais abandonna vite la partie, en maugréant sur ces points noirs incompréhensibles. Edward fixa les touches quelques instants, et commença.
Les premières notes retentirent avec force dans la chambre silencieuse. Deux notes longues, fortes. Puis, une succession de notes aigües, rapides, comme de la pluie, de la joie, du bonheur. C'était comme si on entendait le rire de Rosalie se répercuter contre les murs, en même temps que les notes se jouaient. De sa main gauche, il fit répercuter des sons de différentes notes, -cinq, pour être précise, ce qu'Alice fit remarquer, en lui disant qu'il l'avait changée- et continua à jouer le rire. Puis, tout ralentit. Ce fut comme un supplice, de quelques instants, de l'angoisse, de la peur. Il termina pour un petit silence sur une note grave, puissante. Bien plus que celle du début de la musique. Et la mélodie repris. Plus douce, comme un réveil, calme, doux, pour se réveiller plus rapidement. Comme si la musique retrouvait le sourire.
Il termina sa création par six notes joliment emmêlées, se finissant sur une longue note grave, douce, calme.
Edward se tourna doucement vers moi, alors que les autres souriaient, et qu'Alice faisait des bonds sur le lit.
-C'est très joli. Souris-je, à l'adresse d'Edward. C'est même magnifique.
-Merci. Répondit-il.
-Alice, arrêtes de sauter sur le lit d'Edward. Soupira Jasper.
-Je suis joyeuse. Répondit celle-ci. Quand je suis joyeuse, je sautille.
-Estime toi heureux, Jazzie. Ajouta Emmett. Y'en a, quand ils sont heureux, ils vomissent.*
Quelqu'un tapa à la porte, et Rosalie l'invita à entrer. Une petite femme, la quarantaine, se trouvait sur le seuil. Elle nous observa tour à tour, et dit, d'une voix lasse, et ennuyée.
-Le dîner est près. Madame vous attend.
-On arrive, Melinda. Soupira Edward, en se levant du banc du piano.
La petite femme ne se le fit pas dire deux fois, et disparut en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Emmett sortit rapidement de la pièce, en grognant qu'il avait faim, et Jasper soupira longuement, recommençant à prendre son masque d'indifférence et de calme. Rosalie lui emboita le pas, mais tiqua au niveau du bureau d'Edward, s'arrêtant soudainement. Alice lui rentra dedans, et chouina, alors que Rosalie saisissait une partition qui se trouvait sur le-dit bureau.
-B-Lullaby ? C'est quoi ? Une berceuse ?
Edward lui sauta presque dessus, lui arrachant la feuille des mains.
-C'est un brouillon. Répondit-il rapidement, en fourrant le papier dans un classe-document.
Rosalie releva un sourcil, et saisit une autre feuille.
-De... Sept feuilles ? Un bon brouillon si tu veux mon avis...
Edward la fusilla du regard, et ramassa toutes les feuilles, les lançant avec la première.
-On doit aller manger, non ? Siffla-t-il.
Rosalie haussa les épaules, et quitta la pièce, un sourire sur les lèvres.
Dans le salon, Mrs Mansen nous attendait, assise sur un divan. Elle nous offrit son sourire, alors que nous nous asseyons chacun à notre tour. Je me retrouvai entre Jasper et Emmett, Edward, Alice et Rosalie face à moi, et Elysabeth Mansen à l'autre bout, dans le coin. Dans un Timing impeccable, plusieurs serveurs arrivèrent, et nous apportèrent les entrées. La salade était mise dans une décoration parfaite, sur une assiette de porcelaine d'époque.
-Très jolie vaisselle. Fit remarquer Alice.
-Tu crois qu'elle crie si je la casse ? Me demanda Emmett.
Je me mordis la lèvre avec force, chassant l'image d'Emmett qui faisait accidentellement tomber l'assiette qui devait valoir une petite fortune, et Madame Mansen, s'arrachant les cheveux. « Je croyais que tu avais décidé que c'était une gentille femme ? » se moqua Pessimiste. Je me renfrognai. Je commençais à décider des choses sur cette femme, alors que je ne la connaissais même pas. Elle faisait ça pour son fils. Pour Edward. J'étais en train de me répéter ça, quand elle m'adressa la parole.
-Pardon ? Demandais-je, en relevant brusquement la tête.
Elle refit son sourire, et Edward se tendit en face de moi.
-Je te demandais ce que faisait ton père dans la vie.
-Oh. Il est chef de la police de Forks.
-Il s'appelle ?
-Charlie Swan.
Elle acquiesça, et mena la fourchette à sa bouche. Alice mima un « Parle à mon cul ma tête est malade. », qui fit pouffer Emmett. Jasper et Rosalie échangèrent un regard, et coupèrent rapidement la parole à Mrs Mansen, qui c'était à nouveau tournée vers moi, l'entrainant sur un sujet rébarbatif, qui fit bailler Emmett.
Elle ne reprit ses asseaux, qu'à la fin du rôti à l'espagnole et aux noix -qui, soit dit en passant, était délicieux.
-Alors, Bella. N'est ce pas trop dur de rentrer à Forks High School Section Privée pour une, il faut dire le mot, personne de classe minime.
J'avalai le restant de viande de travers.
-Pardon ? Demandais-je, d'une petite voix.
Elle me vrilla de ses pupilles vertes, et je me sentis défaillir. Je commençais vraiment à me sentir mal.
-Il ne faut pas se voiler la face, pour une personne de ton genre, c'est assez compliqué de rentrer dans ce lycée. Ça doit être très couteux.
Edward siffla entre ses dents, mais sa mère l'ignora.
-C'est pour ça que j'ai une bourse. Répondis-je.
-Ah, oui. Ta bourse... souffla-t-elle, comme si ça la dérangeait. Je sais que vous êtes partis tous ensemble à New York pour un Week End. C'était ton idée?
Je n'aimais pas les sous entendus de cette phrase.
-Non, c'était la mienne. Coupa rapidement Alice, en faisant tomber ses couverts sur la table, dans un bruit sourd. J'avais envie. Et il était hors de question que Bella ne nous suive pas !
Elle eut un rire, et Edward respira durement.
-Hum. Acquiesça Mrs Mansen. Vous y avez acheté cette robe de haute couture, je présume ? N'est elle pas trop chère pour toi, Bella ?
J'avalais ma salive, et baissais les yeux. Elle marquait un point...
-C'est un cadeau. Lança Alice. J'ai aussi offert à Rosalie celle qu'elle porte en ce moment.
-Un cadeau que tu ne pourras jamais lui rendre. Tu dois te sentir assez redevable. Souffla Mrs Mansen, dans un sourire.
-Je crois que ça suffit. Siffla Edward, en fixant sa mère d'un regard plus que noir.
-Nous ne voulons absolument pas que Bella nous soit redevable de quelque chose. Rajouta Emmett, et Rosalie acquiesça.
« C'est pour ça que t'as une dette à leur rembourser, et c'est pour ça que tu fais partie du club... » se moqua Pessimiste. Je n'avais même plus la force de la faire taire, tellement je me sentais mal. Je n'étais qu'une profiteuse. Rien d'autre. Une immonde profiteuse, qui allait chercher après l'argent de ses amis, histoire d'avoir de nouvelles choses, belles et couteuses.
-Et puis, je ne me souviens pas que Bella nous ai demandé cette robe. Lança soudainement Jasper. Elle ne voulait pas la mettre, d'ailleurs.
Sa tentative de me rendre moins coupable ne servait à rien. Ça ne changeait rien. Que je le veuille ou non, j'en profitais. Le reste, ça n'avait pas d'importance.
Mrs Mansen avait raison de ne pas m'aimer. Je profitais de l'argent de son fils. Elle faisait tout ce qu'une mère ferait pour le protéger. Ce n'était que justice que de me prendre ses piques tout au long du repas. Parce que j'avais faux sur toute la ligne. Cette amitié ne donnerait rien de bon. Rien du tout. Autant pour moi, que pour eux.
Les femmes revinrent nous enlever nos assiettes, et j'entendis vaguement Emmett me chuchoter quelque chose. Je me mordis furieusement la lèvre. « Merde ! Je vais pas me mettre à pleurer ici ! » songeais-je, en tentant de retrouver un rythme de respiration normal.
-Mais, dis moi Bella. Lança soudainement la mère d'Edward.
Je me préparai à de nouvelles piques bien méritées, et expirai à fond.
-Que fais ta mère dans la vie ?
Rien. Pas de réponse. Le néant. Un grand blanc dans la conversation. Edward releva brusquement la tête, et une grosse tension naquit autour de la table. Mrs Mansen continua sur sa lancée.
-Et où est elle d'ailleurs ? Je crois que j'avais entendu un bruit qui courait comme quoi le chef de la police de Forks s'était fait abandonner par sa femme, alors que sa fille n'avait pas encore un an. Vous n'imaginez pas comme cette histoire a fait jaser et...
-MAMAN ! S'exclama Edward, en se levant. Ça suffit maintenant.
-Excusez moi, il faut que... Je me lève. Murmurais-je rapidement, en me levant de ma chaise.
Tout était devenu distant, en moins d'une seconde. J'entendais au loin la voix d'Emmett marmonner mon nom, et Alice se lever, alors que Jasper essayait de m'attraper par la manche, et que Rosalie marmonnait un « qu'es ce que... » perdu.
J'avançais le long du salon, à pas rapide, essayant de garder mes larmes pour moi, une boule dans la gorge. J'avais l'impression de tanguer, et je pris la première porte qui me vint à la main, déboulant sur le jardin extérieur. Je ne pris pas la peine de le regarder, distinguant simplement une fontaine. Je m'adossai à celle-ci, roulée en boule contre le marbre froid.
J'avais mérité toutes ses premières piques. Toutes, sans exceptions. Je les comprenais. Mais celle de ma mère, je ne pouvais pas le concevoir. Pas elle. De toutes les attaques que je recevais, qu'on m'insulte, me traine dans la boue, me traite de fille à papa, de n'importe quoi d'autre, je ne pouvais supporter que l'on s'en prenne à ma mère. Le simple fait que l'on me parle d'elle me rendait plus que mal à l'aise. On m'avait dit que je n'avais pas fais mon deuil. Je le comprenais, mais je ne voulais pas l'oublier. Pas elle. Et faire mon deuil, je l'interprétais comme ça. L'abandonner. Alors, je préférais ne pas parler d'elle. Que les autres l'oublient. Moi je ne le ferais pas, et c'était tout ce qui importait, en fin de compte. Le visage souriant de ma mère se matérialisa devant moi, souriante, comme à son habitude.
Et là, seulement, je me mis à pleurer.
*La citée de la peur... (J'aime ce film !)
Voilà ! Alors, moi, quand je lis, dans ces moments là, j'ai tellement les nerfs, que je me déchaine sur la Review ! Après, je dis ça, je dis rien ! :D
En fait, à la base, je ne voulais pas vous couper le chapitre là, mais il m'est venu soudainement une idée et... Sachez que le chapitre suivent arrivera plus vite que d'habitude, mais il y aura une bonne raison pour ça ! Je vous en dis pas plus !
En tout cas, j'aimerais bien avoir vos avis sur la suite !
Ce chapitre en un peu transitoire, j'y met les éléments de la suites, un peu caché, ou complètement montré, histoire de vous mettre un peu sur la voie !
En tout cas, je compte faire une vingtaine de chapitre, alors il y aura le temps de faire des choses.
Désolé pour vous avoir fais un chapitre aussi légé, et un peu... ennuyeux, je dois dire, mais l'action ne commencera vraiment que bientôt ! Ne partez pas encore, ça ne fait que commencer... hé hé :)
Sinon, autre chose d'important: NEW MOON sort en salle bientôt. Mes mouchoirs sont prêt d'avance, et mes deux amie vont me prendre toutes mes affaires pointues qui pourraient faire office de projectile. Il en va de la sécurité de la salle, et de la mienne ! Franchement... ça va être dur de regarder ce film en entier, sans pleurer. Il faut que je sois forte !
Allé, je vous laisse, à la prochaine ;p
Et... Si vous êtes énervés, contents, ou même euphorique ou fatigué... une tite Review ?
Aucun rapport, je sais mais comme vous insitter à Reviewer, de manière subtile, hein ?
