Quand il y a du Mystère dans l'air, quand un crime affreux reste impunis !
Il vont surgir rapide comme l'éclair... Nos deux amis Sylvestre et Tweety ! ~
Et bien nous voila revenus aux bonnes vieilles habitudes d'attentes des chapitres... Ah, ah, ah, ah, ah... Non sérieusement, je n'ai pas grand chose à dire aujourd'hui dans le chapeau. Alors je vais faire ça de manière brève ! MERCI pour vos 1143 Reviews ! C'est juste... Waoh. Je touche plus terre, vous êtes géniaux ! Tous ! Nous approchons encore un peu plus de la fin avec ce chapitre, qui n'est plus dans l'esprit du précédent, et qui risque de vous décevoir pour le style d'écriture de la fin, mais je suis au bout du rouleau, Brevet la semaine prochaine oblige, je suis très prise... Et puis soyons clair, j'ai l'impression de servir du réchauffé ! Vivement le prochain chapitre où je vais m'amuser ! Kyaa ah ah ah ah !
Sur ce, Bonne Lecture, Merveilleux lecteurs !
Chapitre 14: Dérapage Incontrôlé avant de Happy End.
Le pompier semblait me sermonner froidement, mais je ne parvenais pas à comprendre un traitre mot de ce qu'il me disait. Le sang battait dans mes tempes à une vitesse faramineuse, et ma respiration devenait hachée. Pourtant, tout autour de moi restait silencieux, mort. « Jasper, Jasper, Jasper, Jasper... ».
Le 21 Décembre
J'avais pris la fâcheuse habitude d'arriver en retard tous les mercredi, c'était un fait. Entre les cours de sports infernaux, et les après midi d'Alice qu'elle semblait préparer avec chaque fois plus de motivation pour me dégouter de toute forme d'activité, j'avais vite décrété que ce jour était un jour maudis. Alors le matin, je prenais mon temps pour me lever de mon lit, et ne m'en faisait pas trop quand les appels téléphoniques d'Alice se faisaient de plus en plus pressent. Et d'une part, parce que quoi que je fasse, j'aurais droit à des tours de terrain supplémentaires, alors autant m'éviter la corvée de devoir tenir tête à Alice: et d'autre part, parce que Tanya prenait un malin plaisir à provoquer la dite Alice dans les vestiaires depuis leur petite... bagarre. Ajoutant à ça le fait que nous nous relayions Kate, Rose et moi pour retenir Alice, les Mercredi matin étaient explosifs. Non, il était normal que je sois en retard un mercredi matin.
Toutefois, ça l'était moins le Jeudi matin. Là, c'était une catastrophe, parce que je commençais par ma matinée quasi-quotidienne de Français, et que Aro Volturi n'était pas un tendre. C'était même tout le contraire: un perfide, sadique et sournois. Alors, quand j'ai vu que mon réveil semblait indiquer de manière moqueuse que si je n'étais pas au lycée dans dix minutes j'allais être en retard, je fus prise de haut le cœur, et je dévalais les escaliers en priant les saints pour ne pas tomber. Je saisis les clés au passage, rangeai mon téléphone qui ne semblait indiquer aucun appel manqué dans ma poche et trottinais jusqu'à la voiture, emmitouflées dans une écharpe et un gros mentaux sombre totalement en désaccord avec mes gros gants rayés de toutes sortes de couleurs. Alice allait me tuer, mais j'avais appris à plus craindre la famille Volturi qu'elle.
Mais, comme je n'étais pas de nature chanceuse, je m'étalais de tout mon long sur une grosse plaque de verglas, juste en bas du perron. Je gémit faiblement, et attendais presque de voir la main d'Edward se pointer devant moi pour me relever, comme à chaque fois que je tombais en général. Mais il n'était pas là, et je me mis debout tant bien que mal, avant de rentrer dans ma Chevrolet rutilante, et d'actionner le chauffage à fond. J'adorai cette voiture, mais elle n'était franchement pas pratique un 21 Décembre. Je ne pris même pas la peine de me découvrir, sortis de l'allée le plus vite possible.
Le fait de ne pas recevoir d'appel d'Alice me perturbait. En général, elle commençait déjà son petit manège vers la demie, et n'arrêtait pas tant qu'elle ne me voyait pas arriver. Ce matin là, rien. Je n'eus pas tellement le temps d'y réfléchir, les pensées encore toutes engourdies par le froid et le sommeil à la fois.
Je poussai un soupir de soulagement quand je me garais sur le parking sans trop d'encombre, et descendis doucement de la voiture, histoire de ne pas tomber une nouvelle fois. La neige naissante de la nuit donnait au lycée une vrai allure de Noël, et je commençai à angoisser sur Alice et sa passion pour les fêtes. Je me voyais mal en mère noël... « Emmett ferait surement un beau père Noël, cependant. » Songeai-je, en avançant doucement jusqu'à l'entrée, ou je distingué le groupe, dont Alice accrochée à son téléphone en train de hurler. Du moins, à ce que je voyais.
-Salut. Lançai-je en rentrant, avant d'éternuer. Je déteste l'hiver !
-Nous aussi on est content de te voir, Bee... Se moqua Emmett, en venant m'embrasser la joue bruyamment.
-Qu'es ce que fait Alice ? Demandai-je, alors que je saluais Rosalie.
-Elle se dispute avec Jasper. Répondit-elle en haussant les épaules.
Ça ne m'inquiéta pas plus que ça de voir Jasper absent à ce moment là. Ça n'inquiétait personne, d'ailleurs.
-Pourquoi ? Marmonnai-je, alors qu'Edward m'embrassai sur la joue à son tour, et que je rougissais.
Rose eut un sourire moqueur, comme à son habitude, et répondit.
-Il est malade. Un rhume, d'après ce que j'ai cru comprendre entre les cris indignés d'Alice. Et je crois aussi qu'il n'avait pas spécialement envie de venir... Parce que, soyons sérieux, ce n'est pas un vulgaire rhume qui arrête Jasper Withlock !
-Exactement ! Siffla Alice, en pointant son index sur Rosalie. C'est ce que je me tue à lui dire ! Elle reporta finalement son attention sur le téléphone, et se remit à hurler. Tu as intérêt à venir cet après midi, Jasper ! Le club d'hôte au Show-Bizz, c'est pour ce soir, et tu n'as pas intérêt à rater ça si tu ne veux pas souffrir d'une mort lente et douloureuse !
Au moins, on était pas déguiser en renne ou en lutin de noël, c'était déjà ça. La sonnerie retentit clairement, et je les saluais tout le monde avant de partir à pas rapide vers ma salle de cour. J'allais passer la porte, quand la seconde sonnerie retentit, et le professeur Volturi releva ses yeux de son livre, et scruta la salle avec froideur. Je tentai d'arriver le plus vite possible à ma place pour m'assoir, mais il me coupa dans mon élan, en levant la voix haut et fort, détachant toutes les syllabes de mon nom avec délectation. Jane s'assit rapidement, et me lança un regard moqueur. J'allais passer une longue matinée.
(…)
-Mais où est Edward ? Grognai-je entre mes dents, énervée.
Kate rit discrètement, et jeta un coup d'œil par dessus mon épaule.
-Il ne va pas tarder, Bella... M'apaisa-t-elle.
-Il commence sérieusement à m'agacer ! Répondis-je, avec mauvaise humeur. Non mais c'est vrai ! Il me dit qu'il me rejoins à la fin de mon cour, comme d'habitude, et c'est où il est en avance, ou il est en retard ! Et quand je ne l'attend pas il s'énerve !
Elle rit une nouvelle fois, et Garreth s'approcha en souriant. Il l'embrassa chastement, et elle rit contre ses lèvres.
-Désolé, Bella, mais je ne vais pas pouvoir attendre avec toi. Mon prince charmant à moi est déjà là, et ça ne se fait pas de le faire attendre.
Je rougis au sous-entendus de Kate -qui était quasi-quotidien, tout comme ceux d'Alice, Rose et parfois Jasper- et elle partie en balançant la main dignement, presque comme une Miss. J'aimais beaucoup Kate, c'était une fille bien. Mais elle ressemblait beaucoup trop à Alice pour ma santé mentale. Une, ça suffisait, merci ! J'étais en train de maudire Edward entre mes dents, quand une main se posa sur mon épaule. Je sentis ce regard si significatif dans mon dos, et un frisson parcouru ma colonne vertébrale avec force.
-Il ne te reste que quelques jours pour disparaître Swan. Murmura la voix douce de Jane à mon oreille. Et, petit conseil, tu devrais disparaître de la vie d'Edward dans ces délais.
Elle me testa du regard, se posant face à moi, et plissa les yeux.
-Tu ne sais pas de quoi Tanya est capable. C'est un conseil que je te donne, là Isa...
-Qu'es ce que tu fais ici, Jane ? Cracha la voix d'Edward dans mon dos.
Jane parut se tendre instantanément, et un masque de dégout se peints sur son visage. Elle se tourna vers lui, haussa un sourcil, et partit en lui lançant un regard presque... Déçus. Pas un qu'elle avait l'habitude de porter sous entendant qu'elle aurait bien aimé continuer à me harceler, non. Celui-ci était plus... Triste. Edward ne sembla pas remarquer ce changement, et m'offris un sourire d'excuse, et nous partîmes rejoindre les autres. Nous étions presque arrivés à la cafétéria, quand Tanya apparut soudainement, face à moi, les yeux rivés sur Edward. J'aurais du paraitre soulagée qu'elle ne me regarde pas, mais son comportement me donnait froid dans le dos.
-Bonjour Edward. Tu m'as manqué hier, je suis vraiment déçue de ne pas avoir pu venir... Elle poussa un profond soupir, et reprit. Ne t'ai-je pas manqué ?
Edward lui sourit, et passa sa main dans mon dos.
-Si. Excuse moi Tanya de te paraître si pressé, mais nous sommes attendus.
-Oh. Tiqua Tanya, en laissant son regard glisser sur moi. Vous êtes attendus... Dommage, j'aurai bien aimé discuter un peu plus avec toi, étant donné que je ne pourrais pas être au club ce soir. Elle soupira derechef. Ni demain... Nous nous reverrons Lundi je suppose...
« Yeah ! » Je tentai de cacher ma joie.
-Quel dommage en effet... Soupira Edward. Mais, tu connais Alice, si nous la faisons attendre... désolé. Et bien, à Lundi, alors. Pour la fête de Noël annuelle.
-Oui. Sourit elle. J'ai plutôt hâte d'y être.
Je ne sus pas pourquoi à ce moment là, mais son regard à cet instant et le ton de sa phrase le glacèrent sur place. Une boule d'appréhension se répandait dans mon ventre, et je me sentais presque défaillir. Face à moi, Jane se trouvait contre le mur. Elle hocha la tête de gauche à droite, me fixant de ses pupilles incandescentes, et soupira, se tournant vers l'opposé de là ou se trouvait Tanya. Comme si tout cela était... une fatalité. Edward ne remarqua rien, et nous entrâmes dans la cafétéria, comme tous les autres jours normaux.
Sauf que ce n'était en rien un jour normal, au grand damne de nous tous.
Et, je ne sais pas vraiment quand les jours normaux sont revenus...
-Donc, là on place la boule a facette, et on lance le projecteur dessus ! Sourit Alice, alors qu'Edward tirait ma chaise pour que je m'asseye.
-Tu es sure de ce que tu dis ? Ça me rappelle les années discos plus que les strass et paillettes d'Hollywood personnellement. Objecta Rose, et Edward prit la conversation en marche.
-Quel est le problème ?
-Je ne sais même pas. répondit Emmett, en reportant son attention sur son assiette.
Trouvant plus judicieux de me ranger du côté d'Emmett, je ne pris pas la peine d'écouter leur petites délibérations. Mais elles ne semblaient pas se soucier de ce détail.
-Bella ! Sifflèrent-elles en cœur.
-Dis à Rose que la boule à facette au milieu de la piste de danse serait parfaite, et que ça collerait au style de la soirée !
-Dis lui que ça fera un rappel nostalgique barbant et qu'il faut mettre le plein d'effets spéciaux du XXI siècle !
-Je te conseille de ne rien dire Bella, lança Emmett, car te mettre une des deux à dos est assez inquiétant en soit.
Mais tout ça me passait au dessus de la tête.
-Il va y avoir une piste de danse ?
-Ah ! Rit Edward. Je vous avez dis de ne pas lui en parler.
-Et tu le savais ? Crachai-je, en me tournant vers lui, accusatrice.
Pour le coup, il tenta de perdre son sourire, et leva les mains en l'air, d'une innocence feinte.
-Tu sais très bien que personne ne peut faire changer Alice d'avis, Bella.
-Question de principe. Grinçai-je. Je me serais fais porter malade.
-Oh, Bella... Ne commences pas s'il te plait, c'est pas une petite danse qui...
-Si, Alice, c'est une petite danse ! Je mets des talons, des robes, je passe des heures à suivre tes directives, je...
Elle ne prit pas la peine de continuer à écouter ma plainte, et se tourna vers Rosalie. Je dus paraître vexée, et Emmett ricana à la James, moqueur. Je levai les yeux au ciel, et m'attaquai à ma salade. Emmett engagea la discussion sur je ne sais quel sujet. Je ne mis pas longtemps avant de me rendre compte que quelque chose clochait dans tout ce décors. Emmett me semblait plus calme. Edward aussi. Moins revêche... Comme si l'absence de Jasper semblait les déranger. Je ne me sentais moi non plus tout à fait à mon aise mais... Tout allait bien, non ? « Non. » Fut ma seule conclusion, bien que je ne sache pas pourquoi.
Nous avions passé en revu cinq sujets, quand Alice et Rose furent parties, et nous en revînmes inévitablement à l'après midi qui s'annonçait.
-Je me méfie quand même des tenues d'Alice. Admit Edward.
-Qui ne se méfie pas... Philosopha Emmett.
-Mais on est censé faire quoi ? Parce que j'ai compris danse et je me suis braquée mais... je peux peut être y échapper.
-Non, tu ne peux pas non.
-En fait, elle a travaillé sur un croquis de reproduction de la salle comme elle la voudrait, expliqua Emmett, en croquant dans sa pomme, et c'est une véritable boite de nuit. C'est une journée spéciale: danse tous ensemble, rendez-vous à plusieurs...
-Bref, tu ne penses même pas y échapper.
-Il n'empêche que j'aurais voulu être mise dans la confidence ! Me bornai-je à répéter, en croisant les bras, boudeuse.
-Tu as vu comme tu nous saoule, là ? Et bien tu aurais été pire pendant plusieurs jours, alors non merci. Trancha Edward, en se levant.
-Mais va te faire voir Mansen ! M'outrai-je, et il eut ce petit sourire en coin exaspérant. Et lèves tout de suite se sourire de ta bouche, je viens de t'insulter, là.
-Je sais, et tu es très mignonne quand tu es énervée.
Et il partit, me laissant là avec Emmett, et mes joues bien trop rouges pour être camouflées. Celui ci ricana, et lâcha une blague plus que douteuse que j'ignorai le mieux possible, et il ne rajouta rien. Jouant avec ma cuillère dans mon yaourt, je lançai un regard circulaire dans la salle, détaillant partit par partie le grand sapin érigé au milieu de tous ces rubans et autres fanfreluches. Discret et reflétant la classe de tout ce lycée dans des centaines de petites boules argentées. « Noël. » songeai-je, avec un petit sourire. La fête préférée de ma mère !
« Écoute moi bien, Swan. Il y a quatre phases dans ce lycée. La première, ce qui n'approche pas Edward. Pour eux tout va bien. La deuxième, ce qui ont tenté de l'approcher, et il reparte tous comme toi... » Je me souvins de son regard si froid quand ses yeux se posèrent sur mon nez encore bandé à cause de la droite puissante de Jane. « Ensuite, il y a la phase trois. Les plus stupides continu à rester avec lui. Tu viens d'entrer dans la phase trois. Ta vie viens de devenir un enfer Swan. Je te persécuterais Swan. Tant que tu resteras avec lui, je ne te laisserais pas tranquille. Je ne te souhaites pas d'arriver à la phase quatre. Tu as jusqu'à Noël, pour t'effacer gentiment de la vie d'Edward. Passé ce délai... Tu seras peu être même obligée de changer de nom, si tu veux bien vivre. Je suis gentille, je te laisse un délai suffisant pour qu'Edward se lasse de l'attrait de la nouveauté qui t'entoure... Si tu disparaissait maintenant de sa vie, tout le monde saurait que c'est moi... »
Je frémis involontairement en croisant le regard sombre de Tanya assise à une table un peu plus loin, et lâchai ma cuillère qui s'écrasa sur la table dans un bruit sourd avant de me lever.
« Tic, Tac. »
Je ne pouvais, et ne voulais pas me séparer de lui. Il en était hors de question. Qu'importe le nombre d'argent que Tanya avait sur son compte, et qu'elle pouvait employer à me martyriser jusqu'à la fin de ma vie. Je n'allais pas l'écouter. Et même si je l'avais voulu, comment aurai-je pus ?
(…)
Je retins un bâillement, et Rosalie se plaignit une nouvelle fois, alors qu'Alice continuait de hurler dans le répondeur de Jasper. Elle raccrocha avec colère, et se laissa tomber sur le fauteuil, fulminante. Emmett jeta un coup d'œil à sa montre, et sourit à Alice.
-Lili, on ne devrait pas se préparer ?
-Si. Se borna à répondre Alice.
Elle se releva finalement, et sortit d'un tiroir un calepin corné. Elle fit défiler les pages avec rapidité, et ses yeux parcoururent une feuilles toute griffonnée au crayon avant qu'elle ne pousse un cri de démence, et qu'elle ne balance le calepin par terre et se remette à psalmodier. Sans Jasper, Alice était encore plus despotique qu'à son habitude. C'était très étrange à admettre, mais il avait un effet apaisant sur elle.
C'est cet instant là que choisirent James et Victoria pour passer la porte. Il allait lancer un banal « salut » quand son regard dériva sur Alice en train de tenter de se calmer toute seule, et il se tourna vers nous.
-Qu'es qu'elle a ?
-Jasper lui manque. Répondit Rosalie, en levant les yeux au ciel. Elle se sent pas bien depuis qu'il n'est pas là, et elle extériorise comme elle peut.
-Il ne me manque pas ! Siffla Alice.
-C'est pas ce qu'on appelle une femme libérée. Constata simplement Victoria, de secouer la tête. C'est à l'opposé du féminisme.
-C'est celle qui se balade toujours avec son copain accroché au bras qui dis ça ? Ricana Rosalie, et Emmett rit.
-Je le quitte quand tu veux ! Répondit froidement la rouquine, et James lança un regard plus qu'effrayant à Rosalie, ce qui la fit sourire.
Bien au delà des apparences, James tenait beaucoup à Victoria. C'était plus que physique. C'était... total. Ils devaient certainement s'aimer autant qu'Alice et Jasper. Peut-être un peu moins exclusif qu'eux, mais aussi fort.
-Bon, quel est ton problème Alice ? Soupira finalement Edward, en rejoignant Alice.
-Il me manque un Beatles parce que bien sur monsieur Withlock ne daigne pas se présenter aujourd'hui, malgré ce qu'il m'a dit à midi ! Se plaignit Alice.
Soudainement, elle se tourna vers James, souriante.
-Jamsie... Je t'ai dis à quel point tu étais charmant aujourd'hui ?
-Crève, la naine.
Victoria ricana, et Alice se laissa retomber sur le premier fauteuil vert juste à côté d'Emmett.
-Tu comptais qu'on se déguise en Beatles ? Tiqua Edward, alors qu'Emmett se tournait lui aussi vers Alice.
-Vous alliez vous déguiser en Beatles. Mais bien sur il a détruit mon plan en miette !
-Ils sont pas quatre les Beatles ? Demandai-je, et Alice balaya ma réflexion d'un revers de la main.
-John Lenon s'étant fait assassiné, je ne le compte pas.
-C'est stupide ! Il était vraiment un des meilleurs ! M'emportai-je. C'est comme si tu ne comptais pas Freddy Mercury dans le groupe Queen !
-Oooh ! Grogna Alice, de toute façon on peut pas le faire, alors ne me lance pas tes grandes pique de fane outrée !
Je ne répondis rien, et je levais les yeux au ciel. Ce n'était pas question d'être fane ou pas, mais d'avoir une once de bon sens !
-Rosie devait être Yoko Ono ? S'amusa Emmett, et Rosalie lui enfonça son point dans le ventre, ce qui le fit rire sottement.
-Non, Rosalie est Marylin Monroe. Répliqua Alice, avant de demander à Edward de ramasser le petit bloc note, et elle laissa son regard défiler sur ses notes illisibles. Emmett, tu seras donc Elvis Pressley. Bella pas de changement, Betty Boop...
-Quoi ? Mais elle n'a aucun rapport avec le thê...
Je me tus rapidement face au regard de Rosalie.
-Edward tu seras donc une banalité Hollywoodienne: Strass, paillette...
Emmett ricana, mais quand Edward lui rappela que lui faisait Elvis Pressley, il n'y avait plus que James qui riait.
-Et toi tu fais qui ? Se renseigna Rose, en s'étirant pour aller se changer.
-Lady Gaga. Ses look déganté et son côté totalement extravagant me plait. Elle n'a pas froid aux yeux !
-Cette femme est à la limite du vulgaire. Contra Edward.
-N'importe qu'elle catin qui vend son corps pour de l'argent est vulgaire. Cette femme se sert de son corps pour planer... Et elle s'assume. Moi ça me va.
-Ne rentre pas dans une théorie rocambolesque avec elle Edward, et allons nous préparer. Répliqua Rosalie, avant de rentrer dans la vestiaire.
(…)
Je remontais la petite tenue rouge pétante au dessus de mes fesses avec les plus grandes peines du monde, et passais entièrement la robe autour de moi, avant de chausser ces escarpins rouges unis, et de mettre les grosses créoles dorées de Betty Boop. Je tirais sur ma robe affreusement moulante histoire de la mettre bien en place, et m'inspectais brièvement. « Eurk ! » fut ma seule réaction. Le rouge ne m'allait pas du tout au teint. « Et voilà, je parle comme Alice maintenant ! » me plaignis-je, en sortant de la cabine, et Alice me fit tourner sur moi même.
-C'est affreux.
-Tu exagère. Répliqua Alice.
Rosalie me jaugea du regard, avant de reporter son attention sur sa robe qui lui arrivait légèrement au dessus du genoux, qu'elle réajusta, et recommença à boucler plus précieusement ses cheveux. Alice s'acharna sans plus attendre sur mes yeux avec un crayon noir, rougis mes lèvres avec le stick de Rosalie, puis entrepris de me coiffer les cheveux dans un chignon serré, puis sourit, visiblement fière de son résultat. Elle me passa alors la jarretière joliement décorée d'un cœur de la dite Betty Boop, et je la mis en maugréant. Je l'avais soigneusement ignoré pourtant la première fois !
-Alors ? Ne suis-je pas géniale, Isabella Marie Boop ?
Je devais avouer que mes yeux plus sombres et mes cheveux tirés rendaient bien mieux, mais plutôt que de me laisser le temps de répondre, Alice me vira sur le champ, et s'enchevêtra dans la cabine. Je levais les yeux au ciel sans vraiment réfléchir. Que Jasper soit là ou non, Alice était tout de même un tirant !
Je scannais la pièce, apercevant un Emmett tout de cuir vêtu, coiffé comme le Rockeur qu'il interprétait, en train de jouer à sa console, avachis sur un des grands canapés vers qu'Alice avait disposé en cercle autour de la piste. Face à moi, Edward me décocha son fameux sourire en coin. Et il était atrocement magnifique. Son pantalon blanc pur qui contrastait méchamment avec sa veste de smoking noire aux revers gris et qui jurait avec sa chemise rouge presque bordeaux le rendait juste... indescriptible. Ses cheveux étaient encore plus en bataille que d'habitude, mais dans une sorte de bataille organisée. Chaque mèche avait une place, et mon envie de passer ma main sa ses cheveux était contrée par la peur de retirer cette organisation parfaite qui le rendait... Et bien, parfait.
Ce fut finalement au tour de Rosalie de passer la porte, et elle nous souris, avant de prendre la pose à la Marylin Monroe.
-Pou pou pidou~ Chantonna-t-elle.
-T'es Rock'n'Roll ma Rosie ! Lança Emmett, le poing en l'air. So Perfect. Comme d'habitude tu me diras, mais bon...
Rosalie rit discrètement, souriante comme une petite fille heureuse, avant de croiser mon regard et de se renfrogner. Alice sortit dix bonnes minutes après, et tenta d'aller observer le parking à travers les vitres noircies pour l'occasion. Une petite robe plus blanche que jamais voletait autour d'elle, agrémentées de losanges scintillants qui traçait une ligne tordue jusqu'à son épaule. Elle avait agrémenté ses cheveux de rajouts pour l'occasion, les laissant tomber vers le haut de son dos, bien raide. Son regard se perdit dehors, et ce fut comme un légers vide pendant une fraction de seconde. Comme si la salle se refermait sur nous, nous compressant sans air, nous laissant dépérir. J'avais comme une boule d'apréantion dans le ventre. Il y avait un problème, je le sentais. Alice soupira profondément une nouvelle fois, et se tourna vers nous.
-Et c'est partis. Faisons regretter à Jasper d'avoir raté la boom du siècle. Lâcha-t-elle, un sourire tordu sur le visage.
(...)
Le sol qui luisait d'un vert fluorescent, rendant les canapés disposés en cercle autour de la piste presque psychique commençait à me donner mal à la tête. Ça et le fait que j'avais reçu plus de compliments que je ne pouvais en compter, et cette soirée commençait à sérieusement me prendre la tête. Apparemment, l'approche de Noël multipliait par deux le nombre de client. Alice appelait ça le blues des fêtes. Rose disait que c'était surtout l'absence de Tanya qui rendait les clientes d'Edward plus abondantes... J'allais pour m'assoir à côté de la dite Rosalie qui se moquait d'Emmett qui semblait en pleine tentative de... je ne sais quoi, quand Demetri m'attrapa par la hanche. Je me retournai instantanément, un faux sourire tordu sur le visage. Qu'Edward me tienne comme ça était une chose. Une merveille. Un plaisir. Une chance. Que Demetri le fasse en était une autre, qui ne remplissait aucune de ces caractéristiques. Je me dégageais furtivement le plus rapidement possible, et il me lança un de ses fameux sourires charmeurs.
-Bella, ils passent une série de slow. Tu m'offrirais cette danse ?
-Et bien, je me sens un peu fatigué, là. Tentai-je.
« Tu te lances dans les excuses bateau complètement clichées ? » Ricana Pessimiste.
-C'est une danse très lente, ne t'en fais pas. Objecta-il, insistant.
« Il commence à me prendre la tête le Don Juan... » Assénai-je, en souriant.
-Les chaussures d'Alice sont un vrai calvaire. Éludai-je, en tentant une grimace.
J'entendis Rose rire.
-Elle te vont très bien, en tout cas... Répliqua-t-il, en remontant le long de mes jambes.
Okay, là j'allais avoir du mal à refuser.
-Je crois qu'elle n'a pas envie de danser. Intervint Benjamin, dans un léger murmure.
« Je l'aime ce gars ! » Songeai-je, en souriant vraiment à Benjamin, avant de me retourner vers Demetri.
-Je vais remédier à ça, je suis un merveilleux cavalier.
-Permets moi d'en douter... Grognai-je, entre mes dents, assez bas pour que personne ne l'entende.
Sauf Rosalie, bien sur. Qui émit un rire caustique. Je trainai les pieds jusqu'à la piste de danse, ou Alice tirait ses clients en riant, et qu'Emmett faisait une tentative de Moon Walk, ce qui semblait plutôt étrange pour un Elvis Pressley. Demetri se rapprocha de moi, sa main posée sur ma hanche, et pris la mienne avec l'autre. Il m'offrit un sourire séducteur qui me fit frémir, et commença à tenter de me guider. Mais ce ne fut ps franchement quelque chose que je pouvais qualifier de réussite. Il devait certainement être un bon danseur... Mais seul. Je n'avais pas de rythme, je tenais ça de mon père, mais il ne semblait pas totalement en avoir lui non plus. Selon moi, il était un pitoyable danseur. Oui, il m'avait moi comme cavalière. Mais ça ne semblait pas être son seul problème. Concentré à ne pas écraser ses pieds, et à protéger les miens dans lesquels il s'emmêlait. Nous étions dans un tout autre rythme que celui de la chanson, quand celle-ci s'arrêta pour mon plus grand bonheur. Je profitais de ma cheville fraichement tordue pour m'esquiver, me laissant tomber à côté de Rosalie. Cette dernière acquiesça distraitement à un blond impérieux, qui se leva finalement avec un petit sourire contrit pour aller jusqu'à la piste. Il faudrait que Rose me dise comment elle avait fait pour ne pas danser depuis le début de la soirée.
Toute cette mascarade me laissait dans l'esprit d'une banale faite de lycéen. Un peu dans l'ambiance des bals de promo peut-être. Sauf que si ça avait été ça, j'aurais certainement déjà été chez moi, à ne rien faire, sinon trainer dans ma chambre que je délaissais dangereusement depuis cette fameuse rentrée où j'étais venue dans ce lycée. Comme si j'étais une sorte d'aimant, Alec, Benjamin, Demetri et trois autres nouveaux dont un que je ne connaissais pas se plantèrent devant moi en souriant. Rose me jeta un coup d'œil en se retenant de rire face à mon sourire plus faux que jamais, et Alec s'assit à ma droite. Benjamin se posa sur un pouf en face de moi, et deux autres l'imitèrent. Demetri revint à la charge, et Benjamin leva les yeux au ciel.
-Vous ressortez très bien, toutes les deux à côté ? Lança-t-il, en faisant tourner sa coupe de ponch.
Ponch avec très légèrement d'Alcool, que j'avais évité pour cette raison d'ailleurs. Mes dernières frasques alcoolisées ne me plaisaient pas plus que ça.
-Bella, j'ai beaucoup aprécié cette danse. Ne t'ai-je pas fais changer d'avis.
« Catégoriquement, non. Mais de partir, ça oui. »
-J'ai vraiment mal au pied. Éludai-je, en souriant.
Ce n'était pas un mensonge, j'avais réellement les pieds en feu ! Il hocha distraitement la tête, son sourire légèrement fané, et tourna les talons vers je ne sais ou. Je ne cherchais pas vraiment à le savoir non plus. Alice sautilla jusqu'à la stéréo, et changea le CD. Emmett poussa un « ROCK'N'ROLL » tonitruant qui désolé Rosalie, alors que j'observais Edward saluer une de ses clientes qui s'en alla en souriant niaisement. Cette fille, je ne l'aimais pas. « Ses cheveux noir ne sont pas naturel... » songeai-je, avant de me rendre compte que c'était le genre de réflexion que lançait Alice quand elle voyait les clientes de Jasper, ce qui renforça mon mal être: je devenait comme Rose et Alice ! Me sortant de mon monologue mental, Edward vint s'assoir avec nous, me souriant.
-Alice c'est surpassée aujourd'hui. Lança-t-il, à la cantonade.
Alec ne se dérida pas, ce qui amusa grandement Rosalie, alors que Benjamin s'amusa à meubler la conversation.
-Oui, elle c'est surpassée. Qui aurait cru que cette ancienne salle de musique si vieillotte pouvait devenir une discothèque aussi grandiose. L'année dernière, Demetri m'avait parlé de l'adaptation de la salle en aquarium géant. Il avait dit qu'il avait trouvé ça magnifique. J'aurais adoré voir votre mise en scène ce jour là... Je suis sur que j'aurais adoré.
Rosalie grinça, en faisant tourner sa coupe de jus entre ses doigts. Elle aussi évitait l'alcool en présence d'Emmett maintenant. Apparemment, elle lui avait balancé quelque chose e compromettant ce fameux jour.
-C'est sur, c'est pas lui qui était déguisé en sirène. Marmonna-t-elle, avant de descendre la totalité de son verre.
Personnellement, je m'était arrêté sur Benjamin, étonnée par la longueur de sa phrase. C'était la première fois que je l'entendais dire autant de chose. S'en était presque iréel.
-Je me demande d'où lui viens cette inspiration. Rajouta-t-il, en s'installant plus confortablement.
-Oh, Alice s'inspire de ce qui l'entoure et lui passe par la tête. Répondit Edward. Elle avait lu l'œuvre originale de la petite sirène un peu avant et... Elle a toujours été de nature un peu extravagante. Alors on du a joué les poissons.
Un petit brun se posa à côté de Rosalie qui lui décocha un sourire ravageur, le laissant pantois pendant quelques instants. Il se lança alors finalement dans je ne sais quelle théorie, et Rose fit mine de paraître impressionnée. Emmett et Alice étaient en train de danser un Rock endiablé dans lequel Alice virevoltait dans tous les sens en riant, quand Edward me tendit la main.
-Je ne danse pas. Soufflai-je, dans un rire nerveux. Et tu le sais...
-Il doit y avoir un début à tout, Répliqua-t-il en me relevant, Bella Boop.
Il me lança un clin-d'oeil, et j'hésitais. Je m'étais déjà ridiculisée une fois, et bien que j'eusse exagéré bien grandement ma douleur à la cheville, je ne me sentais vraiment pas à l'aise dans ses chaussure. Une autre chanson de torture dans les bras d'Edward... Mais la fin de la phrase aillant raison de tout mon semblant de volonté, je lui souris, et saisis sa main avec plus de force. Toutefois, il me sembla vaguement que mes pieds n'étaient pas autant charmés par cette perspective que moi, et je sentais mes terminaisons nerveuses se mettre à hurler de m'assoir, et vite. Je m'accrochai à son épaule histoire de ne pas m'écraser lamentablement par terre, et il ricana.
-Je crois que je vais lever mes chaussures. Me bornai-je à répondre, en joignant le geste à la parole, laissant ces maudis escarpins derrières moi, et mes pieds heureux !
-Perdu les gars. Rit Rose, assez bas, derrière moi. Vous ne le valait pas.
-C'était perdu d'avance. Rajouta Benjamin avec un sourire dans la voix, comme fataliste, et Edward me tira vers la piste avec entrain.
-Tu ne sais pas danser le Rock, j'imagine... Sourit-il.
-Je ne sais pas danser tout court, Edward. Répliquai-je.
Il rit, et m'attira contre lui.
-Laisses toi juste faire, alors. Je suis une merveilleux danseur, je vais te guider.
-Je te signale par avance que Demetri m'a dis ça et... Tu as vu le résultat.
-Ne me compare pas à Demetri. Rétorqua-t-il, d'un ton sans appel. J'ai vu ça, et je dois dire que tu dansais mieux que lui.
-Mon dieu, j'ai droit à un compliment aujourd'hui finalement ! M'amusai-je, les joues légèrement rouges. Je n'ai pas eus le droit à mon habituel petit compliment d'avant-club.
-Je te préfère en bleu. Répondit-il. Mais tu es très jolie.
-Merci.
-Je te signale toutefois que je t'ai dis que tu étais mignonne à midi. Contra-t-il.
Cette fois, je rougis un peu plus.
-Tu te foutais de moi.
-Certes. Admit-il. Mais tu l'es vraiment.
Cette fois, ce fut mon tour de répondre à son sourire, et il jeta finalement un coup d'œil vers les enceintes.
-Mais, Bella, n'espère pas qu'en me parlant nous allons rater cette chanson, parce que nous sommes venus sur cette piste dans un but bien précis, vois tu...
-Danser. Soupirai-je.
Et je devais avouer, qu'Edward danser merveilleusement bien. Comme tout ce qu'il faisait, c'était parfait. J'avais l'impression d'être dans le rythme, et je sentais à chaque fois Edward me soulever avec délicatesse, m'envoyant tournoyer d'un bout à l'autre, et je n'avais même pas vu la fin de la musique venir. Ce fut quand Emmett me souleva en poids pour me prendre la prochaine danse que je me rendis compte à quel point la présence d'Edward m'avait fait apprécier le moment. Parce qu'une fois loin de lui, je me rendais compte à quel point j'étais essoufflée, et à quel point mes pieds maudissaient Alice. Ce fut finalement à la quatrième chanson, après avoir dansé avec Alice, que je pus aller m'assoir, alors que je voyais Emmett tirer Rose sur la piste, sous le rire d'Edward, qui se ligua contre elle. Je perçu Alice jeter un coup d'œil par la fenêtre, puis se raviser.
« Jasper. »
(...)
Arrivée au premier feu rouge, je frottais mes mains ensemble. Je me gelais. Littéralement. Cette carcasse ne devait pas être équipée de chauffage, c'était impossible ! Pas avec tout ce froid autour de moi. Je montais le son de la radio, comme si les ondes allaient me réchauffer, et avançais. C'était usant. Toute cette mascarade devant des gens que je ne connaissais même pas... Je commençais à sentir mes nerfs lâché, et Rosalie aussi. Alice avait lancé un « Le Blues de Noël touche tout le monde ! », avant de rentrer dans sa voiture en riant. Le Blues de Noël. Depuis qu'Alice avait parlé de son existence, je le sentais presque arriver sous peu.
Je m'arrêtai au second feu rouge, et donnais un petit coup à mon chauffage en maugréant, quand ma vision fut attirée à ma gauche. Ce fut comme si mon cœur me lâchait.
Un accident de voiture.
Je pris une profonde inspiration, et passais ma main dans mes cheveux, comme pour me calmer. Je n'aimais pas les accidents de voiture. Je fermai les yeux, quand un je ne sais quoi me poussa à regarder un peu plus loin entre ses voitures de polices et autres ambulances en tout genre. La façade totalement détruite du magasin scintillait d'un éclat métallique.
Une moto.
Je sentis mon sang se glacer dans mes veine, et je me garais avec hâte sur le côté, grillant la feu rouge, et m'élançai jusqu'à l'accident, slaloment entre les curieux et les représentants de l'ordre. La boule d'apréantion qui tailladait mes nerfs depuis le matin semblait prendre de plus en plus d'assurance, et mon regard se perdit dans les gravas.
L'étrange sensation que je n'avais encore ressentis qu'une seule unique et atroce fois dans ma vie se répercuta dans tout mon corps, et je sentis mes jambes me lâcher. Jasper. Inerte. Face à moi, entouré d'une dizaine de secouristes pressés, coincé sous une grosse moto grise, la tête en bas sur le sol froid, au centre des décombres de la vitre qui avait tailladé son visage trop blanc. Un pompier me récupéra au vol, alors que je devais être en train de m'avancer à quatre pattes vers Jasper. Le pompier semblait me sermonner froidement, mais je ne parvenais pas à comprendre un traitre mot de ce qu'il me disait. Le sang battait dans mes tempes à une vitesse faramineuse, et ma respiration devenait hachée. Pourtant, tout autour de moi restait silencieux, mort. « Jasper, Jasper, Jasper, Jasper... ». Les doigts tremblants, je tentais d'extirper mon téléphone de ma poche, et mon père se matérialisa derrière moi.
-Bella, qu'es ce que tu fais ici ? Il jeta un coup d'œil à mon téléphone, et le ferma lascivement d'un revers de la main. Bella, les secours sont déjà ici, calmes toi, et rentre à la...
-J-Jasper. Murmurais-je rapidement, ma voix menaçant dangereusement de me lâcher traitreusement. Comment va Jasper ?
Il me testa du regard quelques instants, avant de me prendre maladroitement dans ses bras, et de me tapoter le dos.
-On va sauver ton ami, Bella. Reste derrière chérie. Tout va bien... se passer. Restes juste derrière.
Il hésita, puis m'enlaça une nouvelle fois, puis partit en me laissant là. Je reculais, les yeux fixés sur cette énorme montagne de grava, et m'assis contre un banc en fer glacé. Le vent se prenait dans mes cheveux, et je me roulais en boule par terre. Ma respiration se faisait de plus en plus hachuré. Je me sentais comme oppressée de l'intérieur. Ça se répétait. Tout se répétait... Encore, encore, encore... Jasper allait mourir lui aussi. Jasper...
Je sortis mon téléphone de ma poche une nouvelle fois, la vision légèrement vaseuse, et je cherchai avec angoisse le nom d'Edward dans mon répertoire. Mes doigts ripés sur les touches rendant la navigation encore plus difficile. Je n'avais pas la force de prévenir Alice. Je me sentais de plus en plus mal. Mon estomac était comme coincé, serrant de toute ses forces sur un hypothétique noeu, et mes poumons ne voulaient plus m'obéir. Edward ne répondit qu'à la seconde sonnerie.
-Oui, Bella ? Répondit-il, et je pouvais sentir son sourire dans sa voix.
-Edward... Soufflai-je, entre deux sanglots.
Tout le reste était totalement flou. Face à moi, le bâtiment à moitié détruit se fit bien moins net, et je ne distinguai plus qu'un contour faible. La voix paniqué d'Edward m'indiqua qu'il arrivait, une fois que je lui eus tout expliqué d'un voix enrouée entrecoupée de sanglots. Je me sentais mal. Mon téléphone glissa de ma main, et tomba par terre sans que je cherche à le ramasser. Ma tête me tournait, et l'image souriante de ma mère me disant au revoir me revint à l'esprit. Je serrai mes jointures avec une force inconnue autour de mes cheveux, de grosses larmes coulant sur mes joues alors que je me pelotonnais en sanglotant.
Je ne savais même pas quand Edward était arrivé. Peut-être dix minutes, ou bien une demie heure... Tout ce que je savais, c'est que j'avais sentis ses bras se serrer autour de moi, et son odeur se matérialiser près de moi. Je sentais son cœur se soulever dans sa poitrine, et je me serrais contre sa chemise. Sa voix c'est élevée avec douceur, pas plus haute qu'un murmure, tremblante. Le son grave de la voix d'Emmett résonna derrière lui, et Edward tenta de me relever alors que je m'accrochai à son cou.
-E-Edward... Bégayai-je, entre deux sanglots. J-Jas-per... il...
-Emmett est allé voir ce qu'il se passe. Répondit-il rapidement, tendus. Respire Bella...
Il me serra un peu plus contre lui.
-Alice... Sanglotai-je. Il faut prévenir Alice... Je... Je n'ai pas pu... J'ai...
-Rose est allée la chercher, Bella... Murmura-t-il. Tout va bien.
-NON ! Explosai-je finalement. Il essayait juste de se convaincre que tout allait bien. Mais ce n'était pas le cas ! Et ça ne l'avait jamais été... TOUT NE VA PAS BIEN, EDWARD ! J'hurlai désormais comme une démente. JASPER EST INCONSCIENT SOUS UN TAS DE DÉCOMBRES, EN TRAIN DE MOURIR A PETIT FEU, SI CE N'EST PAS DÉJÀ FAIS ! C'EST TOUJOURS PAREIL, EDWARD ! TOUJOURS !
Il ne répondit pas, étouffa un gémissement, et resserra encore un peu son emprise autour de moi avec douceur. La décapotable rouge de Rose se gara en dérapant sur le côté, et Alice bondit hors de la voiture sans même lui laisser le temps de couper le moteur. Elle se dirigea à pas pressé vers Emmett, toute petite, et toute frêle, avant de tomber lourdement dans ses bras. Rose lança un coup d'œil inquiet à Alice, puis se tourna vers moi le visage fermé. Elle me jaugea quelques instants, avant de m'assener une gifle magistrale. Edward fut le premier à réagir.
-Rose ! Siffla-t-il, en me décalant sur le côté. Qu'es qui te prend ?
Elle l'ignora sans le moindre effort, et se plaça face à moi.
-Je ne sais pas ce que tu as Bella, et je ne cherches même pas à le savoir. Je te demande juste de te reprendre, si Alice compte un tant soit peu pour toi.
-Mais tu es complètement malade ! Hurla Edward, à bout de nerfs.
Alice comptait pour moi.
-Pour Alice. Insista-t-elle, les yeux humides.
Je me sentais un peu comme si je flottais au dessus de tout ça, comme si rien de tout cela n'était vrai. Je connaissais cette sensation pour l'avoir déjà expérimentée, et je la haïssais. Je vis Alice collée à Emmett un peu plus loin. Son corps semblait animé par la maladie de Parkinson, mais je ne connaissais que trop bien ces réactions pour comprendre qu'elle se retenait de trembler. Emmett serrait son petit corps tout usé contre lui, perdu, et c'était comme si je sentais la détresse d'Alice d'ici. Le supérieur de mon père s'en alla vers Alice pour lui expliquer deux ou trois petites choses avant de repartir, et Alice se laissa tomber à genoux, totalement vidée. Alice, Alice, Alice... Alice sanglotait, Alice pleurait, Alice hurlait... Et je me revoyais moi, dans tout ces gestes. Emmett se pencha doucement et l'enveloppa de ses grands bras, la cachant presque du monde extérieur.
Je me tournais finalement vers Rosalie, qui me détaillais avec insistance, et pris une profonde inspiration, me construisant un masque de calme que j'étais loin d'arborer. Parce que j'étais terrorisée. Mais Alice ne devait pas la savoir. Il n'y avait rien de pire que de le voir dans le visage des autres.
-Je suis désolée, tu as raison Rose. Murmurai-je. Je dois me calmer... pour Alice.
-Bella... Souffla Edward.
-Non. Le coupai-je, sans même le laisser finir. Alice a besoin... de moi. De nous. Je dois me calmer, Edward. Pour Alice. Alice.
-Heureuse que tu sois de nouveau parmi nous Bella. Souris gauchement Rosalie.
Edward lança un regard mauvais à Rosalie, et m'aida tant bien que mal à me relever. Je pris une profonde inspiration les yeux clos, avant de relever la tête vers Edward, sentant Rosalie s'en aller retrouver Alice. Ses yeux verts me testèrent avec insistance, comme si il chamboulait tout dans ma tête pour trouver une réponse à une de ses questions. Mais pour le moment, je n'avais pas la moindre réponse. Pas même un début... Rien. Je savais juste que pour Alice, je devais passer outre tout ce qui se remuait dans ma tête... passer outre ma mère. Alors, la rangeant dans un coin de ma tête, je retenais les larmes qui arrivaient à mes yeux sans même réfléchir, et j'avançais à pas lent vers Alice, Edward à côté de moi. Mécaniquement, je m'agenouillais derrière elle, et commençais à lui caresser les cheveux, alors qu'Edward l'embrassait sur la joue et allait avec Rosalie chercher n'importe qu'elle information.
Pas un seul moment Alice ne cessa de sangloter. Et j'avais eus des réactions tellement identiques aux siennes quelques années auparavant... Qu'il ne faisait plus aucun doute en moi: la fin serait la même. Mais ça, Alice ne devait pas le savoir, si je voulais essayer de lui faire garder ne serait-ce qu'un faible espoir.
(…)
Je me laissais tomber contre le siège de la voiture d'Edward comme un poids mort, et ramenais mes pieds à l'intérieur pour fermer la porte. Pelotonnée sur moi même, légèrement tremblante, j'entendis la voiture d'Emmett partir en trombe derrière l'ambulance, suivie de près par Rosalie, et Edward s'installa à côté de moi. Je l'entendis soupirer, et mettre le contact sans pour autant avancer. Je me sentais oppressée. Comme coincée. La sirène de l'ambulance mourut dans le lointain, mais son souvenir se répétait en échos dans ma tête. Tout comme le souvenir du corps de Jasper soulevé par les brancards pour être emmenés dans l'ambulance le plus vite possible après qu'il se soit fait sortir des décombres. J'entendis ensuite la voix d'Edward s'élever dans le calme angoissant de la voiture, prononçant mon nom de manière presque déchirée, et ça main se posa dans mon dos qu'il entreprit de caresser. Le cuir du fauteuil grinça doucement, et il se releva pour me serrer un peu mieux contre lui. Ma gorge se serra, et tout ce silence me monta à la tête de manière presque maladive. Il fallait que je m'empêche de penser ! Parce je sentais presque le petit bouton de ma mémoire enfoncé sur « Replay », pour me répéter sans jamais s'arrêter des scènes que je mettais toute mon énergie à oublier. Jasper se faisant sortir des décombres... Ma mère se faisant sortir de cette voiture broyée... Tout était bien trop similaire pour avoir une fin différente !
-Bella... tu vas bien ? Murmura Edward.
Pour seule réponse, un sanglot se coinça dans ma gorge, me forçant à haleter, s'extirpant douloureusement. Il me serra un peu plus fort dans ses bras, et je m'accrochai à son cou, y cachant mon visage. « Replay » La vision de ma mère, sur ce brancard... Celle de Jasper, blanc comme la mort...
-Bella... Supplia-t-il.
Je me sentais chavirer, et je m'accrochai avec encore plus de force autour de lui. J'avais peur. Parce que si Jasper mourait, c'était la fin de tout. C'était la fin de l'homme le plus malicieux et moqueur que j'avais connus, à la fin de la femme la plus gentille et explosive de toutes... C'était la fin d'Emmett, de Rose, d'Edward... C'était ma fin. Parce que voir la mort de quelqu'un qu'on aimait, changeait tout. C'était comme nous tuer de l'intérieur, perdre une partie de ce qui nous constituait... Ma poigne se raffermit autour d'Edward, et je commençais à pleurer, sans aucun contrôle. Il ne fallait pas qu'il me laisse lui aussi. Il fallait qu'il reste avec moi. Ce jour là, et tous ceux d'après. J'avais besoin de le croire. Même si c'était faux.
-Hey, Bella... Souffla-t-il, la voix grave, tout va bien se passer, chérie.
-Ne mens pas ! Sifflai-je.
Je devenais de plus en plus lunatique. Deux secondes avant, j'avais voulu qu'il me mente. Mais pas sur ça. Parce que c'était forcément faux. Rien ne se passait jamais bien !
-Tout ne vas pas bien ! Grinçai-je, sentant ma voix me manquer. RIEN NE VA JAMAIS BIEN !
-Bella... murmura-t-il.
Et sa voix flancha sur la dernière syllabe.
Ce fut comme un électrochoc, et je pris conscience de mon égoïsme. « Merde, Merde, Merde ! » psalmodiai-je mentalement, en le serrant un peu plus dans mes bras. J'étais la pire des amies sur qui compter. Je ne pensais qu'à moi en priorité, oubliant les autres et leurs problèmes... Parce qu'Edward étant autant si ce n'était plus déchiré par ce qu'il se passait à ce moment là. J'étouffais un sanglot, et me décrochais légèrement de son torse, attrapant son visage en coupe. Il avait les yeux rougis, et les cheveux plus en bataille que d'habitude. Certaines de ses mèches plaquées et d'autres en l'air lui donnait un petit air au bout du rouleau qui me serra la gorge dans un étaux. J'étais une Garce, rien de plus, rien de moins. Je passais ma main sur quelques paillettes, vestiges de l'après midi, et collais son front au miens, le surplombant légèrement.
-Pardon ! Excuse moi Edward... Oui. Oui, tout va bien, et tout ira bien... déraillai-je. J-Jasper va s'en sortir comme toujours... Tout va s'arran...
Ma voix le lâcha à cet instant là, et je m'écrasai lamentablement, alors qu'il m'encerclait par les épaule, et que je respirai l'odeur de son torse de manière hachurée.
-Qu'es qu'il y a Bella ? Murmura-t-il, la voix enrouée. Tu n'agis pas comme d'habitude, Bella...
Pour toute réponse, ce fut comme une claque que les scénarios que je m'étais imaginés à la mort de ma mère me revinrent en mémoire. Je devais recommençai à pleurer, car ma gorge émettait des sanglots étouffés, et Edward recueilli quelques larmes sur ma joue. Comme presque à chaque fois, je revoyais ma mère, dans sa voiture, son CD des années 80 à fond. Quand le gros Van noir qui l'avait percuté se présentait face à elle, roulant à 90 km/h sur une petite route de campagne, et nous la faucher. Le plus souvent, l'homme était ivre. D'autres, quand mon esprit imaginatif reprenait le dessus, il revenait chez lui en toute hâte après avoir trompé sa femme... Et de rares fois je le voyais juste... normal. Et comme ma mère... malchanceux.
-Bella... Insista-il. Parles moi, s'il te plais... Tu ne veux quand même pas que je te rejoue la scène de pour ton anniversaire ? Rit-il gentiment, de sa même voix toujours un peu enrouée.
Ma gorge qui avait rapidement perdue l'habitude de rire, émit une sorte de grognement proche du gloussement, grave, et je me raclai la gorge, essayant de rassembler tout mon courage pour me lancer. Je me dégageai légèrement de l'emprise d'Edward, qui essuya ma joue d'un revers du pouce, avant de posait sa seconde main sur les deux miennes qui semblait en train de se battre dans une lutte sans merci. Je triturai alors la sienne, et pris une profonde inspiration. Je pouvais le faire...
-Ma mère est morte dans un accident de voiture. Assénai-je, et il encaissa sans un mot. Elle... Avait un cancer depuis déjà 6 mois. Elle n'allait pas y survivre, et préparait la dernière année de sa vie toute seule, sans rien nous dire. J'inspirai, puis continuai. Nous n'étions pas au courant de sa maladie. Personne ne l'était. Mais elle avait décidée dans sa philosophie habituelle de vivre cette dernière année à fond. Sans rien rater. Alors en six mois, elle avait remplis la moitié de sa liste. Fait la moitié de toutes les choses qu'elle voulait faire avant de mourir. Partant d'une banale visite de musée à prendre l'avion, ou retourner à sa fac pour une journée... Edward caressait mes mains avec douceur. Et un jour normal, elle est allé faire les courses... Mais elle n'en n'est jamais... La fin de ma phrase ne voulut pas franchir mes lèvres, et je m'étais remis à pleurer. Elle a eut un accident sur une petite nationale qu'elle empruntait tout les jours. Collision due à une mauvaise visibilité... Je tremblai, et Edward me serra contre lui. Elle est morte de ses blessure à l'hôpital. Et je me souviens que la dernière chose qu'elle m'a dit, c'était avant de partir: on ne mélangeait pas les vêtements bleu marine et noirs... J'étais détruite, en colère, vidée... Tout se mélangeait dans ma tête, et je ne savais plus ce que je devais faire. Ni ce que je voulais faire. Phil, lui, le savait. Il a attendu devant la chambre du chauffard, prêt à lui foutre son poing dans la gueule quand il sortirait avec le sourire, sans se soucier de ce qu'il avait fait. Je percevais la main d'Edward frottant mon dos, alors que son souffle se faisait un peu plus précipité ou absent selon les moments. Je devais certainement serrer son bras si fort que le sang ne pouvait plus circuler, mais n'eus pas la présence d'esprit de m'en soucier. Mais... Quand le mec est sortit, il n'était pas seul. Et pas souriant. Il y avait une petite fille qui dansait autour de lui, sermonnée sommairement par celle qui devait être sa mère, et l'homme: le visage blême, les traits tiré, l'air triste. Un autre sanglot se coinça dans ma gorge, et je m'étouffais quelques secondes, où je croisais de la même manière le regard d'Edward, puis continuai, la voix sèche. C'est sans doute le pire: voir que l'homme qui nous avait pris ma mère six mois trop tôt regrettait ! Il nous l'avait volé, avant que son compte à rebours ne se finisse, et il s'en voulait ! Et bien sur, nous n'avons appris qu'après pour son cancer, en rangeant ses papiers ! Mais qu'es ce que ma mère avait fait sur terre pour mériter tout ça dans une vie ? Pourquoi je ne suis pas restée plus longtemps près d'elle ? Pourquoi je ne me suis pas rendue compte qu'elle se shootait à longueur de journée ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi pourquoi ? Hurlai-je, me sentant dérailler. Et pourquoi je l'ai pas empêché d'aller faire ces stupides courses ? Pou...
-Respires Bella. Me coupa Edward.
Et je me tus. Autant parce qu'il me l'avait dit que parce que mon souffle devenait héradique et que je ne pouvais plus avancer un mot sans m'étouffer. Je n'aimais pas en parler, et je n'en parlais à personne. Nous en avions discutés, avec Phil, et il avait légèrement passé le cap. Il allait mieux maintenant, et c'était reconstruit une petite vie. Mais je ne pouvais pas me reconstruire. J'avais perdu ma mère ! La femme qui devait compter le plus au monde pour moi... Et que j'avais lâchement abandonné, sans même prendre le temps de l'aider. J'étais une traitre, une égoïste. Alors parce que ma mère m'avait toujours demandé d'aller à fond dans tout ce que j'entreprenais, et que je lui avais dis que je rêvais pour plus tard de devenir une grande littéraire, je devais tout tenter !
-Ce n'est en rien ta faute Be...
-Arrêtes ! Ne me rejoues pas ces scènes stupides que l'ont voit dans tout ces films stupides ! Réfléchis Edward, j'aurais pu faire quelques chose ! Sifflai-je. J'aurais du.
Il ne répondit d'abord rien, puis embrassa le sommet de mon crâne, avant de partir vers l'hôpital, me ramenant à grand cris vers l'angoisse du moment: Jasper. L'heure n'était plus au jérémiades, je devais être forte, pour Alice. Et rien d'autre.
(…)
2 longs jours. 48 longues heures. 2880 longues minutes. 172800 interminables secondes. Peut-être même plus... Non, pas peut être, c'était plus. Assise sur une chaise en fer, un masque de calme tenant douloureusement sur le visage, je serrais ma prise sur la main d'Edward, alors qu'une nouvelle demie hure s'ajoutait au décompte. Jasper Withlock était dans son foutu de coma, loin de nous, loin de tout... Et je ne me revoyais que trop bien attendant des nouvelles pour ma mère, dans cette même situation. Et la sentence avait été plus que terrible. Jasper allait...
-Respires, Bella... Murmura Edward, d'une voix tendue. Jasper va s'en sortir...
Je me contentai d'acquiesçais. Je savais qu'Edward cherchait à se convaincre lui même, plus encore que moi. Alors je ne disais rien, et me contentais d'essayer de lui donner un peu d'espoir, mais il ne semblait pas se berner par mon masque de calme, et j'avais trop peur moi même pour en faire plus. À coté de Rose, Alice, roulée en boule contre Emmett, sanglotait a ne plus pourvoir respirer. Ma gorge se serra alors que j'entendis la voix de la mère de Jasper s'élever dans la salle d'attente avec hargne.
Appuyée contre le comptoir dans un tailleur chic mais froissé d'avoir été utilisé depuis deux jours sans aucun répit, elle se rependait en insulte sur l'infirmière bougonne pour la énième fois depuis qu'elle était ici. Ses cheveux remontés en une queue de cheval droite et impeccable n'étaient plus qu'un lointain souvenir, et ses yeux de feu se posèrent une nouvelle fois sur Alice, avant qu'elle ne se laisse retomber sur une chaise. Mrs Withlock était la seule représentation parentale présente à l'hôpital. Elle était arrivée avec ses grands airs de mère poule, et c'était fait reprendre de volet par Alice, qui en avait autant après le père de Jasper, absent pour affaire. N'y avait-il pas une seule famille normale dans notre groupe ?
Je laissais finalement mon regard dérivé vers cette chambre trop vide et trop calme qu'était celle de Jasper, et mon estomac se contracta. A côté de moi, Rosalie se leva de son siège, les cheveux en bataille et la mine blafarde, lançant à la cantonade qu'elle allait chercher à boire. Edward lui emboita le pas, et je me roulais en boule contre le siège.
Et là, contrairement à tout ce que j'avais vécus jusqu'ici, où le temps semblait passer à une vitesse folle, ce fut comme si tout avait ralentit d'un seul coup. Je vis le médecin de Jasper sortir de la chambre, s'essuyant le front, puis lancer un regard qu'il voulait éloquent -et qui devait certainement l'être pour elle- à l'infirmière, qui partit dans une petite salle. Puis, son regard scanna la pièce pour s'arrêter sur la mère de Jasper, qu'il détailla une fraction de seconde du regard, avant d'aller vers elle. C'était comme si chacun de ses pas était fait au ralentis. Tout redevint presque silencieux autour de moi et je me sentais au dessus de tout ça. Comme si je n'étais pas dans la scène. Un coup d'œil à Alice m'appris qu'elle suivait elle aussi la scène avec autant si ce n'est plus de fébrilité que moi. Priant alors pour la première fois depuis longtemps, j'avalais ma salive et le médecin de ma mère se présenta face à moi, en juxtaposition avec celui de Jasper. Je savais ce qu'il allait dire. Il allait commencer par l'appeler par son nom, puis annoncer l'irrémédiable, et ponctuant sa phrase d'un « je suis désolé » qui vous arrache les tripes.
-Mrs Withlock ? Marmonna-t-il, et je vis Emmett se redresser. Rosalie et Edward arrivèrent derrière moi sans rien dans les mains, et mon cœur battait à tout rompre.
Ils ne pouvaient pas faire plus vite ?
-Oui. Murmura sa mère, d'une petite voix apeurée.
Et là, il sourit.
-Votre fils est sortit d'affaire, il c'est réveillé à l'instant.
J'eus comme une absence de quelques secondes, où Alice passa d'à côté de moi à la porte de la chambre de Jasper en un rien de temps, et ou Emmett me prit dans ses bras en riant. « Jasper est vivant. » Constatai-je. Et ça faisait un bien fou. Je me mis à pleurer, sentant tout ce que j'emmagasinais depuis je ne savais trop combien de temps sortir, et Edward me récupéra, alors qu'Emmett défonçait à moitié la porte de Jasper, et que Rosalie rentait en lui sautant dessus.
-Il est vivant. Répétai-je, et Edward me serra dans ses bras en riant.
-Oui ! S'écria-t-il, en embrassant mes cheveux.
-Il va survivre ! Persistai-je.
Sans plus attendre, le visage soudain plus heureux, Edward me tira jusqu'à la petite pièce, et je vis avec un immense sourire Alice pendu au cou de Jasper, et sa mère qui lui caressait la joue en parlant à son père au téléphone.
Et le mieux dans tout ça, c'est que j'y croyais. Je voyais Jasper en face de moi, bandé dans tout les sens, mais un léger sourire sur les lèvres. Et ça suffisait. Rien que le fait qu'il soit là suffisait. Parce que rien ne se répétait. Parce qu'il resterait. Parce qu'il vivrait... Parce qu'Alice continuait à sourire avec autant de hargne pendant encore longtemps.
La mère de Jasper l'embrassa sur le front, et sortit sous les ordres sévères des infirmières, les yeux rouges.
-Pardon Jasper... Pleurnicha Alice, pendue à son cou, en embrassant chaque partie libre de son visage.
-Pour ? Murmura-t-il d'une voix pâteuse.
-Si je ne t'avais pas dis de venir tu n'aurais pas...
Elle en resta là, incapable d'aller plus loin, et Jasper rit doucement.
-N'importe quoi... Marmonna-t-il. Quand bien même tu ne me l'aurais pas dis, je serais venus... Crois le où non, mais seul chez moi c'est... vide.
-Mais bien sur... Couina Alice. On te croit tous, Jazzi mon chéris...
-Alice... Soupira Jasper, en levant légèrement les yeux au ciel.
-De toute façon, ce qui est fait est fait Alice. Lançai-je, un fin sourire sur les lèvres. Il a survécu, alors à quoi bon se prendre la tête ? Et puis même si ce n'avait pas été le cas... Tout le monde moi y compris frémis à cette pensée. Tu penses vraiment que de gâcher ta vie dans des regrets aurait tout arrangé ? Alors ne parles plus de tout ça, c'est fini, et c'est tant mieux.
Alice renifla, et acquiesça, alors qu'Emmett se lançait dans une blague vaseuse, qui dérida Rosalie. A côté de moi, Edward me lança un regard pénétrant, et je me sentis défaillir, prenant conscience de mes propres paroles. Je me proposais pour aller chercher à boire, Edward et Rosalie n'ayant pas eus le temps de le faire, et sortis de cette pièce qui commençait à devenir trop petite pour moi. Je sortis après avoir sommairement pris leurs commande, et me précipitais presque jusqu'à la terrasse extérieure de l'étage. Comment pouvais-je penser ne serait qu'une seconde ce que je venais de débiter sans faille à Alice ? Non. Parce qu'Alice n'y était pour rien dans tout ça. Alors que moi j'aurais pu...
-Tu aurais pu dire à ta mère de n'aller faire les courses que plus tard. Lâcha une voix dans mon dos que j'identifiais comme Edward.
Je me laissais tomber sur un banc.
-Alice aurait pu dire à Jasper de rester chez lui.
Il s'assit à côté de moi.
-J'ai réfléchis, Bella. Comme tu m'as dis de le faire: et j'en suis parvenus à la même conclusion: tu te détruits pour quelques chose que tu n'as jamais fais.
Curieusement, je ne tremblais pas, et ne bougeais pas non plus.
-Alors pourquoi tes grands principes ne s'appliqueraient pas à toi aussi, Bella ?
Tout était embué autour de moi, et mes yeux, bien qu'ils aient ruisselé durant ces deux derniers jours sans prendre le temps de faire une pose, perdirent quelques larmes sur mes joues.
-Ton passé est derrière toi, avances, tu te retourneras plus tard. Ta vie t'appartient encore, Bee. Et elle t'appartiendra toujours, quoi que tu veuilles en faire. Laisse tes remords et regrets derrières toi, il te reviendront dans la face bien assez vite pour que tu ne les ressortes pas à la moindre occasion.
Je ne me sentais pas oppressée. Je ne me sentais pas vidée. Je me sentais...
Libérée.
Et c'est les joues pleines de larmes, que ma bouche se fendit en un sourire tordu, et Edward replaça une de mes mèches derrière mon oreille, répondant à mon sourire.
(…)
Emmett fit un clin d'œil à l'infirmière qui s'empourpra, et partit en lui lançant un regard audacieux, qui se fana à la vue de celui de Rosalie, les traits crispés. Quand la petite blonde sortie, Emmett leva les mains en l'air en signe de victoire, et Alice bougonna.
-Aussi Emmett, c'était perdu d'avance pour moi ! Comment voulais tu que ce médecin certainement marié réponde à mes avances quand il m'a vu embrasser Jasper toutes les six secondes...
-Ne maronnes pas Lilice, je suis tin maitre, faudra t'y faire ! J'ai gagné le paris !
-Jasper est peut-être trop dans les vaps pour protester, mais ce n'est pas le cas de Rose... Glissai-je à Edward, qui se mit à rire quand Rosalie interpela froidement Emmett.
Ce dernier se glaça sur place, prenant sur lui pour ne rien répondre. Jasper fit tournoyer une frite au dessus de son sachet de McDonalds, et Alice lui en vola une. Une vieille infirmière venant récupérer le plateau de nourriture que Jasper n'avait pas touché lança un regard de reproche au dit-McDonald, qui fit partir Emmett dans un fou rire dangereusement tonitruant si on ne voulait pas se faire virer d'ici. Ce fut finalement moi qui me chargea de finir le Milk-Chake, bien qu'aidée à tour de rôle par Rose et Edward, et Alice et Emmett s'attaquèrent aux frites.
Le visage toujours un peu blême, Jasper regardait Alice d'une manière proche de l'adoration. Par moment ils commençaient à se bécoter sans aucune pudeur, mais le cadre idyllique était bien entaché par les fréquentes mises au poing entre Emmett et Rosalie. Apparemment, Rose était -selon Edward- toujours un peu à cran dans les hôpitaux. Elle gardait un mauvais souvenir de toutes les visites qu'elle y avait faite, que ce soit lors de son agression, de la chute d'Emmett quand il c'était fracturé la Jambe, quand Alice c'était foulé le poignet, Emmett fêlé une côte...
Nous étions en pleine partie de Uno, quand Mrs Withlock revint de son rapide passage chez eux avec quelques vêtements pour Jasper. Rosalie gagna la partie, ce qui déplut à Emmett et Alice, mauvais joueur, qui décidèrent de jouer la revanche. Sauf qu'on nous jeta dehors, sans prendre de gant.
-Je ne pense pas que se soit une très bonne idée. Objecta Mrs Withlock, en retapant le coussin de son fils. Jasper a besoin de repos.
-C'est bon ma-aaa... il fut coupé par son propre bâillement et Alice l'embrassa sur la joue.
-On repassera demain, Jasper, ne t'en fais pas.
Nous le saluâmes à tour de rôle, et il marmonna un « au revoir » assez dur à décrypté. Arrivé sur le parking, Edward se proposa pour nous ramener Alice et moi, et cette dernière n'attendit pas la suite, se plaçant déjà dans la voiture en baillant. Elle sortit son téléphone, et commença à taper sur son clavier à toute vitesse, citant à voix haute son texto pour Jasper.
Bonne nuit !
Ton Alice qui t'aime encore plus fort que
-Bella ! Se plaignit-elle. Trouve moi un point de comparaison...
Elle était toute fatiguée, et se lova contre la portière.
-Je sais pas Alice
-Que tout ? Murmura Edward, sans dévier son regard de la route.
-Il se contentera de ça. Répondit-elle. Mais c'est d'un romantisme à pleurer.
-Qui n'aime pas le romantisme ! Objectai-je.
Peu désireuse d'entrer dans une polémique avec moi, Alice balaya mon intervention d'un revers de la main, et continua.
Bonne nuit !
Ton Alice qui t'aime encore plus fort que tout !
Elle le lut et relu plusieurs fois, avant de rajouter.
P.S. J'ai plutôt intérêt à te manquer !
Et voila !
M'oui, c'est déjà finis. Je ne vais pas m'étaler sur ce sujet, j'ai un de ces mal de tête ce soir... Pfiou...
Merci de m'avoir lu, et si vous pouviez surgir rapide comme l'éclair et laisser un Review,
je suis sure que j'aurais plus de motivation pour mon brevet & pour écrire !
Vous feriez tellement plaisir à ma mère en m'encourageant à réviser... ;P
Kyaaaaa!
Je viens de me rendre compte que c'est ma première utilisation de Smiley de TOUT mon texte !
Je suis vraiment HS ! Bye, il vaut mieux...
Bou hou...
