Les Ombres du Passé

Auteur : Naseis

Disclamer : Sivuplé m'dame Rowling, je peux avoir Fred et George ! Non ? Méeuh ! C'est pas du juste ! Bon… ben j'ai que l'histoire, Calleigh Mc Lagan et ses fouines, les Intouchables (tous ! na !) et… euh… et vous verrez !

Résumé : Le destin d'un enfant… l'esprit d'un homme… la légende d'une vie… Une vie de légende…

Special thanks to : ma conseillère (ou co-écriteuse, ça dépend des passages), Knut (dite Marine °c'est pas l'inverse ?° s'en fout, le principal c'est de dire marci Knut ! °voui°), pour m'avoir supportée pendant les périodes sèches durant lesquelles je pétais allègrement les plombs. °pas que pendant les périodes sèches, si tu veux mon avis° je m'en passerai, merci. Donc Knut, si tu passes dans le coin, je te dédie ce chapitre ! °t'es radine° occupes toi de tes fesses.

Petite note de l'auteur (de moi, donc) : J'ai beaucoup hésité à garder le chapeau (le truc en italique) mais Knut m'a dit de le garder, donc à vous de voir si elle a eu raison de me dire de le garder ou si elle a raconté une connerie. Si vous me demandez pourquoi j'ai mit les rushs en bas de chapitre (les trucs séparés par –—), je serais incapable de vous répondre. Sans doute par simple acquis de conscience, pour me dire 'c'est con si il leur explique que maintenant alors qu'il pouvait le faire pendant l'été'. C'est ainsi qu'est arrivée la scène du duel Harry/McLagan. Il avait besoin d'être comprit une première fois pour pouvoir le confier sans crainte à ses amis. Enfin, c'est que mon avis…

Assez de blablatage, place à l'histoire !rapataaaaaaaaataratatataaaaaaaaaaaaaaa rapatatataaaaaaaaaaaaa tatatataaaaaaaaaaaaaaaa bref, musique de je ne sais plus quelle société de production

1- Harry Potter, qui es-tu ? (la deuxième partie est intitulée : A la recherche du temps perdu)

" Qui je suis ? Vous êtes sûr que vous voulez le savoir ? L'histoire de ma vie n'est pas faite pour les âmes sensibles. Si quelqu'un a prétendu que ce n'était qu'un gentil petit conte de fée, si quelqu'un a prétendu que je n'étais qu'un type moyen, ordinaire, ce quelqu'un a menti. Peu de gens à ce jour savent ce que j'étais réellement. "

Tout commence, comme je vous l'ai dit, à la fin de notre cinquième année et plus précisément après notre retour du Département des Mystères. Ron et moi remarquâmes bien qu'il se passait quelque chose. Il y avait quelque chose de différent dans les yeux de Harry, une sorte de… de désespoir… un gouffre de désespoir dont nous ne connaissions pas la cause. Il s'était passé quelque chose. Mais quoi ? Personne ne le savait… Aucun du groupe qui était allé au Ministère, en tout cas. Etait-ce en rapport avec la mort de Sirius ou bien était-ce quelque chose de plus profond, de plus important qu'il ne souhaitait pas nous dire ?

Ron et moi tînmes notre promesse de lui écrire le plus souvent possible. Par chance, aucun de nos courriers ne fut intercepté. Nous pûmes ainsi nous tenir au courant de la santé physique et morale de notre ami. Il disait qu'il allait bien, que les Dursley le laissaient relativement tranquille. Nos lettres ne se faisaient pas trop personnelles car les membres de l'Ordre exigeaient de les voir avant qu'elles ne partent et lorsqu'elles revenaient, condition indispensable pour écrire à Harry.

La vie au QG de l'Ordre du Phénix était à peu près la même qu'un an auparavant. Bien sûr, il manquait quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. La perte de Sirius se faisait cruellement ressentir. Il n'était plus là pour égayer nos journées, il n'était plus là pour admonester le portrait de sa mère, il n'était plus là pour me sermonner à propos de Kreachur… Toutes ces petites choses qui rendaient le quotidien acceptable, tout ce qu'il faisait pour nous faire oublier que la Deuxième Guerre avait commencé, tout cela nous manquait terriblement.

Heureusement, Fred et George mettaient un point d'honneur à ajouter un peu de gaieté à notre quotidien. Nous entendîmes ainsi de nombreuses explosions venant de leur chambre, témoins des futures farces qui tireraient la maison de son écrin de deuil. Les jumeaux nous confièrent qu'ils se servaient de nous pour tester certaines de leurs inventions. L'arrivée de Harry provoqua une succession de tours en tout genre qui achevèrent d'irriter Mrs Weasley. Nous eûmes droit à beaucoup de ses colères, durant cet été. La plus mémorable eut lieu le trente et un août en début d'après-midi. Nous faisions nos valises quand un hurlement retentit. C'était Ginny qui se faisait attaquer par ses manuels scolaires. Les mêmes hurlements se firent entendre dans la chambre des garçons et les miens s'y joignirent peu après. Les adultes déboulèrent en trombe, baguettes à la main. Seuls deux personnes riaient. Les instigateurs de la farce. D'une voix d'un calme qui n'augurait rien de bon, Mrs Weasley se tourna vers ses fils et leur demanda calmement s'ils étaient responsables de ce qu'il se passait. Les jumeaux prétendirent que non – ce qui ne convainquit nullement leur mère. Avec un sourire malsain, elle les prit chacun par une oreille et les emmena dans une chambre vide. Je tairai les évènements qui eurent lieu par la suite et les conséquences qui en résultèrent par respect pour mes amis. Quelles que fussent les suites de cet incident, les jumeaux eurent le mérite d'avoir fait rire Harry jusqu'aux larmes. Cet évènement qui pourrait paraître insignifiant, fut pour nous un signe qu'il remontait la pente. Du moins, nous l'espérions.

Son 'retour à la normale' débuta avec la discussion que nous eûmes un samedi soir, plusieurs semaines après la rentrée. Au cours d'une ronde avec Ron, nous échangeâmes nos impressions à propos de Harry. Nous avions espéré qu'il s'ouvrirait plus aux autres après la blague des jumeaux mais ce ne fut pas le cas. Ca n'avait été qu'un sursaut. Il ne s'ouvrait pas plus aux autres qu'il ne souriait. Depuis quelques temps, il était plus distant, renfermé sur lui-même. Ses yeux avaient gardés cette impression de désespoir qui leur était coutumière depuis deux mois. Son visage était grave, bien trop pour quelqu'un de son âge. Il ne parlait plus que rarement et était très souvent perdu dans ses pensées.

Un point positif, cependant : le professeur Dumbledore l'avait rétabli dans ses fonctions d'Attrapeur et lui avait proposé le poste de Capitaine, proposition qu'il accepta. C'était étrange… Nous n'aurions jamais pensé qu'il aurait eu le cœur à accepter une telle responsabilité… Imprévisible. Voilà ce qu'il était devenu.

Une bonne chose : il avait demandé de lui-même à reformer la DA sous un autre nom. Les leçons étaient faites par Harry et le professeur Calleigh Mc Lagan, professeur de Défense Contre les Forces du Mal, l'aidaient de temps en temps. Il n'était plus rare d'entendre quelqu'un appeler Harry 'professeur Potter'. Nous pensions qu'intérieurement, il en tirait une certaine fierté. Il suffisait de voir ses yeux qui brillaient tandis qu'il observait ses 'élèves' progresser. Alors que nous nous promenions tous les trois sur le Chemin de Traverse en quête de nos affaires scolaires, il avait dit qu'il aimerait faire quelque chose d'utile, aider les autres à se défendre. Je lui avais rétorqué qu'il pourrait reprendre la DA ce à quoi il m'avait répondu d'un simple hochement de tête. Je ne lui en avais plus jamais reparlé par la suite mais je crois que mon idée a fait du chemin dans son cerveau. Je me rappelle l'avoir vu assez souvent le nez plongé dans un épais livre. A chaque fois, il prenait des notes, murmurait des paroles incompréhensibles du commun des mortels. Nous nous demandions à cette époque ce qu'il mijotait. A présent, nous savions qu'il préparait ses cours. Il devait sûrement avoir déjà parlé de son idée à Dumbledore car au banquet de la rentrée, il annonça que le Groupe de Défense reprenait ses fonctions sous l'égide de Harry et du professeur Mc Lagan. Je me rappellerai toujours la tête qu'avait faite Malefoy en l'entendant et le fou rire qui nous avait saisit Ron et moi.

Je fis part à Ron de mes observations. Plus j'étudiais Harry et plus il me semblait déceler quelque chose dans ses yeux. Il n'y avait pas que du désespoir. Il y avait autre chose qui s'était greffé dessus depuis peu, une détermination que je ne voyais que dans les situations critiques. Il avait cette même énergie en cinquième année quand nous étions allés au Département des Mystères. Je ne l'avais pas remarqué à cette époque mais maintenant, avec le recul, je la voyais nettement. Cette petite lueur apparaissait de temps en temps et dans ces moments-là, son visage était un peu plus dur qu'il ne l'était d'habitude.

-Tu es trop intelligente pour ton propre bien, Hermione, me dit-il en riant.

-Peut-être mais avoues que ça nous a tiré d'affaire assez souvent.

-Oui… On va voir si y'a quelqu'un en haut ? me demanda-t-il en me désignant une porte.

C'était la porte de la Tour Nord. Nous gravîmes les escaliers et nous retrouvâmes sur le toit. Il y avait effectivement quelqu'un. Je l'aurais sévèrement réprimender si je n'avais pas reconnu la tignasse en bataille de Harry. Il était assit contre le mur, les genoux entourés de ses bras et regardait le coucher de soleil. Nous nous approchâmes aussi silencieusement que possible et nous tînmes debout à quelques pas de lui. Il semblait un peu plus serein que d'habitude, comme perdu dans un autre monde, un monde dont personne d'autre que lui n'avait la clé. Il semblait presque accessible. J'eus à cet instant l'impression d'être retournée quelques mois en arrière. Plusieurs minutes de silence s'écoulèrent avant qu'il ne prenne la parole.

-C'est une des seules choses qui réussissent à ma faire oublier la réalité. Pendant ces quelques instants, j'arrive à croire que je ne suis pas moi, que je suis un adolescent normal, que je n'ai pas cette destiné…

-De quelle destinée parles-tu ? demanda Ron en fronçant les sourcils.

-Tu le sauras bientôt, Ron… Bientôt…

Oh que non ! Harry Potter, tu ne te débarrasseras pas de nous aussi facilement, foi d'Hermione Granger !

-Non, Harry. Nous voulons savoir maintenant. Nous voulons savoir pourquoi tu as changé, nous voulons savoir où est le Harry que nous connaissons depuis six ans, nous voulons savoir pourquoi tes yeux sont morts… Pourquoi tu es mort…

Je crus discerner un soupir mais je n'en étais pas sûre. Nous nous assîmes et restâmes là à observer le soleil décliner. Je me retrouvais à une place que j'affectionnais : entre mes deux meilleurs amis. Je me sentais bien. En sécurité.

-Il était une fois deux personnes, un jeune garçon et une jeune fille qui ne voulaient pas perdre leur meilleur ami, murmurai-je.

Il continua de regarder le ciel puis poursuivit, les yeux dans le vague et la voix lointaine.

-Leur ami non plus ne voulait pas les perdre mais il n'avait pas le choix.

-Le jeune garçon et la jeune fille se demandaient s'il ne pouvait pas faire quelque chose pour avoir le choix.

-Allaient-ils perdre leur meilleur ami, celui qu'ils considéraient comme leur frère ?

-Leur ami leur répondait qu'il aimerait mais qu'il ne pouvait pas.

-Mais ses amis étaient curieux et cherchaient à savoir ce qui se passait.

Il ne dit rien. Je pris la relève.

-Ils cherchaient, cherchaient encore et encore. Ils voyaient bien que leur ami souffrait, qu'il n'était plus comme avant. Il était beaucoup plus sombre, tout le temps perdu dans ses pensées. Mais jamais leur ami ne se confiait. Au fond d'eux, ils en étaient blessés. N'avait-il plus confiance en eux ? Qu'avait-il bien pu se passer pour qu'il perde l'étincelle qui animait ses yeux ?

Je sentis son regard sur moi mais fixai obstinément le crépuscule et le laissai faire. S'il ne voulait rien dire alors tant pis. Ron dû penser la même chose car il ne dit rien.

-Un soir, le jeune homme et ses amis étaient assis au sommet d'une tour, côte à côte. Il réfléchissait à ce qu'il convenait de faire. Il décida finalement que dire la vérité serait un bon début.

-Quelle est cette vérité ? demanda Ron en le regardant.

Il nous dévisagea alors avec un regard tellement sérieux que je me demandai 'Qui ais-je face à moi ? Harry ne peut pas être aussi sérieux, c'est impossible !'

-Je veux que vous me juriez sur votre magie que jamais vous ne répèterez ce que je vais vous confier. A personne.

Que pouvait-il bien se passer pour qu'il nous fasse jurer sur notre magie ? Ce n'était pas son genre…

-Je le jure, dis-je d'une voix anxieuse.

-Je le jure, dit Ron à son tour.

Il sembla légèrement soulagé. Qu'allions-nous découvrir ? Si lui ne supportait pas d'avoir ce fardeau, comment nous allions-nous le supporter ?

-Il y a de cela un peu plus de seize ans, Sibylle Trelawney fit une prédiction.

-Cette vieille chouette ! Faire une prédiction !

Il eu un petit sourire indulgent à la remarque de Ron et continua, les yeux perdus dans l'immensité de l'espace.

-Cette prédiction disait que celui qui a le pouvoir de détruire Voldemort est né à la fin du mois de juillet de parents l'ayant trois fois défié.

-Tu veux dire…

-Ce qui est étrange, continua-t-il a mi-voix, c'est qu'il ne s'agissait pas forcément de moi. Une deuxième personne aurait pu être désigné par cette prophétie.

-Alors comment…

-La suite de la prophétie. Le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal.

J'étouffai une exclamation, Ron ouvrit de grands yeux comprenant ce que ça signifiait.

-Toi… C'est de toi dont il s'agit… Tu dois… Tu dois tuer Voldemort ?

-Une autre partie dit que l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit.

L'horreur de la situation nous apparut alors dans toute sa splendeur. Nous restâmes sans voix face à cette déclaration.

-J'ai le choix entre tuer et être tué. Bourreau ou victime…

Il pencha la tête et se passa les mains dans les cheveux, comme s'il voulait arracher son visage comme un vulgaire masque de caoutchouc.

-J'ai peur…

Sa voix était sourde… désespérée… Je ne lui avais jamais connu une telle voix. C'était celle qui venait du plus profond de son être, celle qu'il taisait depuis des années. La voix du petit garçon qui avait grandi trop vite et qui se terrait dans les profondeurs de son âme blessée. Je le pris dans mes bras. Il ne pleurait pas. Il était las. Las d'être lui. Il se laissait faire. Si je n'avais pas senti son cœur battre, je me serais demandée ce qui était dans mes bras. Etait-ce mon meilleur ami ou n'était-ce qu'une coquille vide ayant prit son apparence ?

-Raconte nous.

Et il le fit. Les rêves, le Département, Sirius, Bellatrix Lestrange, Voldemort, Dumbledore, la Prophétie… Je pense qu'il saisissait enfin l'occasion de vider son sac. Il avait besoin de se confier à quelqu'un. A présent nous comprenions mieux son comportement. Harry venait tout juste de perdre son parrain – son deuxième père – et on lui mettait la destinée de tout un peuple sur le dos… Connaissant Harry depuis déjà quelques années, nous savions ce qu'il ressentait à la perspective de devoir tuer quelqu'un, que ce soit Voldemort ou un autre. Il nous avait déjà montré cette partie de lui-même en troisième année, lorsqu'il avait empêché Sirius et Remus de tuer Peter Pettigrow.

En entendant ces révélations, je fus en colère contre le professeur Dumbledore. Comment avait-il pu lui cacher ça aussi longtemps ! Il l'avait regardé se battre contre Voldemort sans lui expliquer pourquoi ! Pendant cinq ans il lui avait menti sciemment !

"Mais il l'a aussi protégé"

C'était vrai, je devais l'admettre comme Harry l'avait admit. En ne lui disant pas la vérité, il lui avait permit de vivre de beaux moments, de se faire des amis, d'avoir une vie à peu près normale, en clair. Mais quand on voit le résultat, je me demande s'il ne valait pas mieux le laisser dans l'ignorance… J'aimerais tant retrouver le Harry d'avant mais je savais que c'était désormais impossible… Cet Harry-là est mort dans le bureau du directeur un jour de juin de l'année 1995. Il y avait à présent une barrière entre lui et nous. Une barrière infranchissable.

-Je t'aiderai, Harry.

-Moi aussi. J'ignore encore comment mais je t'aiderai.

Il se redressa et nous regarda droit dans les yeux. Avec la même voix, celle du petit garçon qui pleurait au fond de lui, il nous dit simplement :

-Soyez là.

-On sera là.

Par ces trois mots, nous scellions une promesse dont nous ne mesurions pas encore l'ampleur. Je lui souris. Etonnement, il fit de même. Oh tout petit mais un sourire quand même. Le soleil était totalement couché, à présent. Nous restâmes encore quelques minutes à contempler les étoiles. Ron n'était présent que de corps, les yeux égarés dans l'immensité du ciel; son esprit s'étant perdu dans les méandres de ses pensées. Je voyais Harry regarder attentivement les astres alors je lui demandai :

-Tu cherches ton étoile ?

-Non, je…

-C'est celle-là, lui dis-je en lui en désignant une, la plus brillante.

-Comment tu le sais ?

-C'est la mienne. Je t'invite. Je vous invite tous les deux.

Ron parut revenir sur terre et se leva. Harry fit de même et tous deux me tendirent la main. Je les saisis puis nous rentrâmes. Aucun mot ne fut échangé pendant le trajet mais je ne lâchai pas leurs mains. Les paumes étroitement serrées, nous pouvions sentir le sang qui battait dans nos veines comme quatre tambours qui rythmaient en écho nos inquiétudes et nos espoirs communs. En passant la fenêtre de la salle commune, je vis passer une étoile filante. Je fis un vœu en gardant serrées les mains de mes deux amis dans les miennes. Harry semblait plus calme, comme libéré d'une pression énorme. Ca me faisait plaisir de le voir comme ça. Je retrouvais un peu du jeune homme avec qui j'avais lié amitié il y avait de cela six ans. On aurait presque pu penser que tout ce qu'il nous avait raconté avait fait partie d'un rêve, que rien n'était arrivé et qu'il n'y avait aucune prophétie. Mais mon cœur me disait le contraire. Il me disait de profiter de ces moments d'allégresse car ils pourraient être les derniers avant très longtemps…

–—

Je vais te raconter comment j'ai été convaincu de tout vous dire, à Ron et à toi.

–—

Un seul détail de l'été quatre-vingt-seize mérite d'être raconté. Je revois encore la scène, aujourd'hui. La tante Pétunia est entrée dans ma chambre et s'est assise sur mon lit. Elle est restée quelques instants sans rien dire et puis elle m'a dit qu'il ne fallait pas me laisser aller. Qu'elle ne m'avait pas recueillie quinze ans auparavant pour faiblir maintenant. Selon elle, je pouvais mourir où ça me chantait tant que ce n'était pas sous son toit.

Tout a vraiment commencé avec la nomination de Calleigh Mc Lagan au poste de professeur de Défense Contre les Force du Mal. Tu t'en souviens ?

–—

Bien sûr que je m'en souviens ! Comment oublier !

–—

-Comme tous les ans, la Forêt Interdite est interdite à tous les étudiants qui ne souhaiteraient pas mourir dans d'atroces souffrances. La liste des objets…

L'ouverture subite des portes le fit taire et tous les regards convergèrent sur la personne qui se tenait entre les battants. C'était une femme de taille moyenne, les cheveux noirs ramenés en une lourde tresse qui pendait dans son dos. Elle était vêtue d'une longue tunique blanche à col mao, fendue sur le côté jusqu'aux hanches et passée sur un pantalon bouffant blanc. Son bras gauche pendait le long de son corps et une tâche rouge s'étendait sur le haut. Une entaille au front libérait un fin filet de sang qui coulait sur sa joue sans que cela ne sembla la déranger.

-Ah ! Professeur Mc Lagan, je commençais à désespérer ! Vous avez eu un problème ?

Un murmure parcourut la salle. Cette femme était professeur !

-Excusez-moi, monsieur le Directeur. J'ai eu… un petit contretemps. Rien de grave, assura-t-elle en souriant.

Le professeur Mc Lagan avança au milieu des tables et s'arrêta juste devant la table des professeurs. Elle regardait Rogue d'une drôle de façon, un mélange de surprise et de colère. Lorsqu'elle parla au directeur, elle garda les yeux fixés sur le Maître des Potions.

-Me permettez-vous quelque chose, professeur ?

Intrigué, Dumbledore acquiesça. Dans un silence de mort, elle contourna la table et vint se poster devant un Severus Rogue aussi pâle qu'un mort.

-Severus.

-Calleigh. Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu deviens ?

La voix d'abord froide se fit menaçante. Et alors elle fit ce dont tout le monde rêvait mais n'osait faire : elle le gifla. Puis elle se pencha à son oreille et murmura quelque chose que personne hormis le concerné n'entendit :

-Je n'aurais jamais pensé que tu puisses tomber si bas, Severus Rogue.

Et elle alla s'asseoir comme si de rien n'était entre les professeurs McGonagall et Vector qui la regardaient tous deux avec des yeux grands ouverts. Dumbledore s'éclaircit la gorge et annonça d'une voix claire, presque amusée :

-Mesdemoiselles, messieurs, je vous présente le professeur Mc Lagan qui enseignera la Défense Contre les Forces du Mal.

Les applaudissements qui suivirent acclamèrent davantage son geste que sa nomination.

–—

Jour historique, n'est-ce pas ? Toujours est-il que le professeur Mc Lagan m'a beaucoup aidé au cours des semaines qui ont suivies la rentrée. En fait, nous nous retrouvions certains soirs pour mettre au point le programme du Groupe de Défense, réviser les sortilèges – j'aurais eu l'air de quoi si je n'avais pas su reproduire les sortilèges que j'enseignais ? Au début, elle faisait semblant de ne pas remarquer mon inattention. Quand elle me demandait si quelque chose n'allait pas, je répondais que ce n'était rien, une simple fatigue due aux entraînements de Quidditch ou aux devoirs. Ca a marché un temps – trois semaines, en fait – et puis elle m'a convaincu de tout lui dire.

-Tu sais, Harry – nous avions prit le parti de nous tutoyer lorsque nous n'étions que tous les deux -, l'amitié se nourrit d'une chose essentielle : la confiance.

Je ne lui avais rien dit ce jour-là mais cette phrase trotta dans ma tête pendant trois jours. Je cognais à la porte de son bureau durant l'après-midi du quatrième jour, décidé à lui dire pourquoi je n'étais pas attentif. Elle m'ouvrit et me regarda d'un œil étrange.

-Toi, t'as pas l'air en forme.

C'était le moins qu'on pouvait dire.

-Tu sais ce qu'il te faut ? Un duel. Rien de mieux pour se défouler et remettre ses idées en place.

Un duel ? Bonne idée… Je la suivis donc à travers les couloirs de Poudlard jusqu'au deuxième sous-sol.

-On y est !

-Ca n'aurait pas été plus simple d'aller à la Salle sur Demande ? Et puis y'a rien ici !

-Il suffit d'enclencher la bonne porte.

Elle appuya sur une pierre et immédiatement après, un pan du mur se modifia pour former une arche. Nous passâmes l'entrée nouvellement créée pour entrer dans ce qui ressemblait à une cathédrale mais une longue estrade occupait ce qui aurait dû être la nef.

-Je venais souvent ici, quand j'étais élève.

La pièce était baignée d'une douce lumière bien que nous soyons sous terre. Il y avait quelque chose de différent dans l'atmosphère de cette salle, comme un… une présence bienfaisante… Je su à cet instant que ce lieu allait devenir mon refuge, ma soupape de sécurité. Je pris le temps de longer les murs, de capter les ondes positives qui se dégageaient de chaque objet.

-Les vestiaires sont au fond à droite. Je te conseille de te mettre à l'aise.

J'obéis et me dirigeai à l'endroit indiqué. Me mettre à l'aise ? Bon… J'ôtai ma robe de sorcier et ma chemise pour me retrouver en pantalon et torse nu. Chaussures, pas chaussures ? Soyons fous ! Torse et pieds nus ! C'est sur ces bonnes résolutions que je rejoignis Calleigh et montai sur l'aire de duel. Elle arborait un pantalon ample et un débardeur qui lui arrivait en dessous de la poitrine. J'avoue que c'était le professeur le plus… étrange que j'avais jamais connu. Même ses cours étaient différents des autres – sauf peut-être ceux du professeur Lupin.

-Puissante Sorcière appelle Petit Nabot Binoclard, répondez !

-Tu sais ce qu'il te dit le Petit Nabot Binoclard !

-Enfin une réaction ! C'est pas trop tôt, je commençais à désespérer. Tu sais que t'es pas mal, comme ça ?

-Détournement de mineur, fais gaffe.

Elle éclata de rire et m'ébouriffa les cheveux.

-T'as pas à t'en faire pour ça, va ! J'ai quelqu'un d'autre en ligne de mire.

-Ah bon ? Et qui ?

-Dis donc, on est là pour parler de nos histoires de cœur ou pour faire un duel ?

-Dans la famille Je Change De Sujet Dès Que Ca Devient Intéressant, je demande la fille.

-Attention Mr Potter, vous parlez à un professeur, ne l'oubliez pas !

-Oui, un professeur qui autorise un élève à le tutoyer, qui se promène en combinaison de cuir au lieu des traditionnelles robes de sorcier, qui emmène un élève dans une salle où il ne devrait normalement pas se trouver…

-D'accord, d'accord ! Tu as gagné… On peut s'y mettre maintenant ?

-Je suis à vos ordres, ô Puissante Sorcière. Dites et j'obéirai.

J'effectuais une révérence à laquelle elle répondit en riant puis nous nous mîmes en position de combat. Je te passerai le duel et te dirai simplement que nous nous retrouvâmes à rouler sur le sol en nous tenant les côtes tellement nous riions. Et puis je me suis arrêté au beau milieu d'un éclat de rire. Je venais de me rendre compte que c'était la première fois que je riais autant depuis la blague des jumeaux.

-Calleigh…

Elle s'arrêta immédiatement, s'étonnant de mon sérieux.

-Je… Il faut que je te dise quelque chose mais…

-Mais tu ne sais pas comment le faire… Pourquoi ne me le montrerais-tu pas ?

-Te le montrer ? Comment ?

-Avec tes souvenirs ! Je suis ce qu'on appelle une Intouchable, c'est-à-dire que je peux entrer dans l'esprit de la personne que je touche.

-C'est de la Légilimencie, en clair.

-Pas tout a fait. Je ne peux en aucun cas te posséder. Je ne peux que visiter ton esprit. Mon don est passif, je ne peux pas faire de mal.

-Sauf faire remonter les souvenirs désagréables.

-Et les agréables. Je te montrerai quelques uns de tes bons souvenirs, après, si tu veux.

J'avoue que sa proposition était tentante. Ne pas avoir à expliquer quelque chose comme ça était une bénédiction. Je la laissai faire. Je savais qu'elle ne me ferait aucun mal mais je ne pouvais m'empêcher d'appréhender son acte. Je ne me souvenais que trop bien des séances d'Occlumencie avec Rogue. J'appréhendais aussi de devoir revoir mes plus mauvais souvenirs, même avec la certitude de voir les plus beaux après.

–—

J'arrive dans une pièce plongée dans l'obscurité. Il y a des sortes de portes qui s'ouvrent et se referment comme autant d'invitations à entrer, à voir ce qu'elles renferment. J'entends des sons, je vois des visages, inconnus pour la plupart. Je regarde autour de moi, me demandant quelle porte emprunter.

"Où dois-je aller, Harry ? Que veux-tu me montrer ?"

La Chambre aux Souvenirs, comme je l'appelle habituellement, disparaît. Je me retrouve dans un couloir sombre. Il y a une porte face à moi. Elle s'ouvre. La pièce se métamorphose une nouvelle fois. Un amphithéâtre avec une arche en pierre au centre. Des combats m'entourent. Je vois des gens qui me sont totalement inconnus, des Mangemorts pour la plupart, se battre contre… des élèves ! Dumbledore arrive… Quelqu'un passe l'arche… Un cri… La pièce change une nouvelle fois… Un éclair rouge, des flammes vertes…

Me voilà dans le bureau du directeur. Il y a une Pensine posée sur la table. Des bribes de phrases me parviennent.

"Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres…"

"…sera né quand mourra le septième mois…"

"… le marquera comme son égal…"

"… L'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que j'autre survit…"

"… que ce soit effectivement toi"

Les sons et les images me parviennent comme déformés et atténués, comme s'ils étaient passés à travers une vitre qui aurait déformée leur essence.

"… Il ne reviendra pas…"

J'en ai assez vu…

Je suis de retour dans la Chambre aux Souvenirs. Elle a changé. C'est maintenant une plaine parsemée d'arbres en fleur. Je retrouve la même atmosphère que dans la Salle de Duel. Douce. Bienfaisante. Sécuritaire. A ma droite se trouve un grand chêne. Un petit garçon se balance à l'une de ses branches. Il a les cheveux noirs comme le plumage d'un corbeau. Il me regarde. Il a les yeux verts. Verts comme ceux d'Harry. Non… pas comme les siens… Ceux-là sont plus clairs… plus innocents… Comme s'ils n'appartenaient pas à la même personne… Je m'approche de lui. Il ne me quitte pas des yeux. Une autre balancelle apparaît à côté de la sienne. Je m'y assois. Il regarde dans le vide, à présent.

-Je suis désolée, Harry.

Il ne me regarde toujours pas. Je sais qu'il a entendu. Une brise fait danser le feuillage du chêne. Une femme apparaît devant nous. Elle est rousse et a les yeux verts. Elle sourit. Je la connais. Harry aussi. Il la regarde avec de grands yeux. Je vois toutes ses pensées se focaliser sur cette femme. Sur sa mère. Elle tient quelque chose dans ses bras. Une couverture. La couverture s'agite. Lily Potter regarde son fils tendrement.

-Que… Comment…

-Je t'avais promit tes plus beaux souvenirs, non ? En voilà un. Quelques jours après ta naissance.

Une larme coule le long de sa joue. Larme de joie ou de tristesse ? Je connais ses pensées mais non ses sentiments. Il regarde attentivement sa mère, il veut enregistrer chaque millimètre carré de son visage, son sourire, l'éclat de ses yeux.

Une autre personne arrive. Un homme. Cheveux noirs et lunettes rondes. James Potter regarde amoureusement sa femme et son fils.

-Papa…

Oui, Harry. Tes parents. Les meilleurs souvenirs que je puisse t'offrir sont les moments que tu as passé avec eux. Je plonge dans ses pensées et fais apparaître devant lui des souvenirs dont il n'avait même pas conscience. Il se voit encore bébé, découvre ses parents dans l'intimité d'une famille. Intimité bouleversée par leur continuelle fuite.

-Pourquoi tu fais ça ?

Je le regarde. Ce n'est plus le petit garçon qui est face à moi. C'est un jeune homme d'environ seize ans qui ressemble à Harry. A ceci près : il n'a pas de cicatrice, est plus grand et a plus de muscles. Non… Il ne ressemble pas à Harry. C'est Harry. Tel qu'il devrait être s'il n'y avait pas eu cette maudite Prophétie et la mort de ses parents.

-Je veux payer ma dette.

-Quelle dette ?

-La dette qu'a contractée tout un peuple à l'égard d'un petit garçon de un an qui lui offrit quinze ans de paix.

-Quatorze.

-Pardon ?

-Ca fait deux ans que Voldemort est revenu donc ça fait quatorze ans de paix.

-Exact.

Je sens mon énergie diminuer. J'ai un peu de mal à contrôler l'environnement qui nous entoure.

-Tu es fatiguée ?

Comment le sait-il ? Il me regarde. Ce n'est plus le jeune homme d'il y a quelques minutes. Le petit garçon pensif a reprit sa place.

-Je dois sortir… Je suis désolée, Harry.

Un dernier sourire mutin et le monde autour de moi se brouille et devient noir.

–—

Nous sortîmes dans le parc sans dire un mot, trop choqués par ce que nous venions de voir. Pour elle, la découverte de mon avenir. Pour moi, la découverte de mon passé.

C'est ainsi que Calleigh Mc Lagan entra dans mon avenir. C'est elle qui m'aida à y voir plus clair. C'est elle qui guida mes premiers pas vers le meurtre de Voldemort.

Je lui demandais souvent :

-Comment reprendre le cours de son ancienne vie ? Comment continuer quand, dans son cœur, on commence à comprendre qu'on ne peut plus retourner en arrière ?

Et elle me répondait invariablement :

-Il y a des choses que le temps ne peut cicatriser, des blessures si profondes qu'elles se sont emparées de nous.

Oui… La mort de Sirius et la Prophétie… Deux blessures qui s'étaient emparées de moi… L'une me motivait, la deuxième dirigeait mon destin…

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Euh… Ben… Voilà, quoi…

En espérant que ça vous ait plu ! Libre à vous de poster une review ou non.

En parlant de reviews, faut p't'ete que j'y réponde… après, on va me taxer d'impolitesse

Dooooooonc

Mary Larry : Ma toute première revieweuse ! Rien que pour ça, je te n'aime ! pète son plomb 'Une 4e de couverture d'un roman de Marc Levy' ? Je mérite peut-être pas le qualificatif mais c'est gentil quand même Au fait, pourquoi Marc Levy ? à peine pas curieuse, moi. C'est sympa de savoir qu'on va avoir au moins un lecteur qui suivra cette histoire Knut, je te comptes pas, toi je sais que tu la lis à chaque chapitre Fic à succès, fic à succès… C'est un peu tôt pour le dire, je trouve ! Merci pour l'encouragement °nen a besoin --'° !

Pim's : Tu me donnes faim avec ton pseudo… J'va essayer de continuer assez rapidement on va essayer, c'est pas garantit avec le lycée. Marci damoiselle et à la prochaine !

Ma Knut ! T'as failli être la première mais le destin en a décidé autrement °amen --'°. JE NE NIS PAS ! Je dis juste que je me débrouille pour faire des histoires correctes, c'est tout ! Tudiou ! La suite, la suite… Tu regardes dans tes documents MSN et tu l'as, la suite °quoique… avec elle, faut jamais se fier à la version de l'histoire qu'on a, ça change tout le temps° le pire c'est que c'est vrai… EH COMMENT QUE TU RESTES MA CONSEILLERE ! TU CROIS QUE J'VAIS TE VIRER ! te prends entre quat'zieux Alors écoute-moi bien, Knut : tu-ne-quitteras-mon-conseillorat-que-quand-je-l'aurai-décidé-et-pas-avant, capish ? naméo ! Qué tu croyais ? Que tu allais prendre ta valise et disparaître sans même un mot ? TU REVES ! °on se calme, tout va bien. Inspire. Expire. Parfait° Combien je te paye ? Euh… trois bisous et l'exclusivité dans toutes les fics ? Allez, la prochaine ma Knut na moi unique et adorée !

Alà, mission accomplie.

Bizous et à la prochaine !

Naseis.