étrange proposition.

Lorsque les deux frères revinrent de leur entrevue chez le banquier, tout deux affichaient une mine sombre. Décidément, tout était contre eux. Leur salaire combiné ne leur permettait pas d'être suffisamment solvable pour bénéficier d'un prêt. Le banquier en fut désolé, d'autant qu'il connaissait leur situation. Il avait même eu la gentillesse d'aller appuyer leur dossier devant la commission en vantant leur mérite mais rien n'y avait fait. Après l'avoir remercié, ils étaient rentré chez eux à pas lent pour se laisser choir dans leur vieux canapé, épaule contre épaule.

— J'en ai vraiment assez, dit Naruto.

Il tourna la tête vers Gaara dont le visage pâle exprimait une grande colère. S'il n'avait été question que de lui, cette fichue commission serait déjà six pied sous terre. Mais ce n'était pas pour eux qu'ils faisaient tout ça. Le blond passa une main dans ses cheveux, soupira et se leva pour faire la cuisine lorsqu'il vit une enveloppe par terre, près de la porte. Il la ramasser pour y lire son nom dessus. L'écriture était gracieuse et il fronça les sourcils, se demandant qui pouvait bien lui écrire.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda Gaara.

— Je n'en sais rien.

— Ouvre-là !

Naruto s'exécuta d'une main tremblante. Au fur et à mesure de sa lecture, son visage exprima toute une palette d'émotion sous les yeux de Gaara qui se demandait ce qui pouvait bien le mettre dans cet état. Finalement, son frère lui tendit la lettre sans mot dire.

Monsieur Naruto Uzumaki,

Votre présence est souhaité pour huit heure. Une voiture vous attendra devant chez vous à sept heure et demi pour vous conduire au manoir Uchiwa, 1 impasse du mont Hokage. Il est primordial de ne pas refuser cette invitation. De plus amples détails vous seront donnés sur place. Votre frère peut vous accompagner.

Cordialement.

— Mais qu'est-ce que ça veut dire ? dit finalement Gaara. Il te veut quoi, ce type ?

— Je n'en sais rien. Je ne me rappelle pas l'avoir déjà rencontré.

— Tout de même ! Le gars le plus riche du pays demande à te voir, ce n'est pas banal.

— Je m'en fiche. Naruto haussa les épaules. C'est pas ce genre de mec arrogant qui vit dans sa bulle qui pourra nous aider.

— Ce qui veut dire que tu n'as pas l'intention de t'y rendre ?

— C'est tout à fait ça !

Gaara passa le reste de la journée à convaincre son frère qu'il devait laisser une chance à l'Uchiwa de s'expliquer et fit tant et si bien que le blond finit par accepter. Naruto ne pouvait rien refuser à son frère d'adoption, qu'il aimait plus que tout. Et à l'heure dite, ils montèrent tout les deux dans l'imposante limousine garé devant leur modeste appartement.

Le trajet dura une demi-heure durant lequel ils furent muet comme une tombe. La voiture monta la colline Hokage pour se diriger vers l'imposant domaine occupant tout le lieu et passa les grilles de fer forgé qui s'ouvrirent sur un immense parc. Au centre de cet écrin de verdure trônait un imposant manoir en briques rouges. Toute la partie nord croulait sous le lierre, un parterre de rose s'étendait sur la droite. Deux colonnes soutenait le porche abritant une porte d'entrée à double battant.

S'attendant à ce que l'endroit les écrase sous le luxe et l'opulence, les deux frères furent surpris ; ils s'y sentirent bien. Le jardin était apaisant et la maison ne détonait même pas. Tout deux s'extirpèrent de la limousine. Un homme entre deux âge apparut sur le seuil, s'inclina et les invita à le suivre.

L'intérieur était luxueux et les parquet cirés au point qu'on pouvait se voir à l'intérieur s'accordait aux murs ton abricot. Plusieurs toiles de maîtres, éclairés par de petites lampes individuelle ajoutait à l'atmosphère chaleureuse qui se dégageait de l'ensemble. Un immense escalier devait certainement conduire à l'étage.

— Mon maître vous attend dans le salon, dit l'homme.

Il les introduit dans une petite pièce. Deux imposant fauteuil se faisait face, une table basse en verre entre les deux. Un bar trônait dans un coin, près des fenêtres. Et debout devant, leur faisant dos, un jeune homme aux cheveux brun regardait l'extérieur. En voyant sa silhouette, Naruto eut un soupçon : il lui disait quelque chose.

— Bienvenu, dit l'homme. Je suis content que vous ayez accepté de me rencontrer.

Il se tourna vers eux et dit avec un demi-sourire :

— Encore merci pour ce matin.

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— Je ne peux pas accepter, dit Naruto.

Assis face à son hôte, il le fixait droit dans les yeux, furieux. Comment osait-il croire un seul instant qu'il pourrait accepter de céder à un pareil chantage ? C'était déshonorant de croire que parce qu'il avait besoin d'argent, il serait prêt à devenir la pute d'un homme qui n'avait rien trouvé de mieux pour passer le temps. Sasuke lut dans son regard que s'il ne trouvait pas vite une parade à son raisonnement, il n'aurait plus aucune chance.

— Je suis tout ce qu'il y a de plus sérieux. Envisagez cette solution sous tout ses angles avant d'y opposer un refus catégorique. Vous avez besoin d'argent et je me propose de payer tout les frais ; en échange, vous faites ce que je vous ai demandé jusqu'à ce que tout se calme. Ensuite, vous pourrez reprendre votre vie et moi la mienne.

— Je ne suis pas à vendre, cracha Naruto.

Sasuke fronça les sourcils. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui parle de la sorte et commençait à s'énerver. Le blond ploierait, de gré ou de force.

— Je crois que c'est le moment d'intervenir, dit subitement Gaara. Vous allez m'écouter tout les deux.

« Toi Naruto, tu sais quelle est notre situation. Ce matin même, tu disais être prêt à tout pour que notre sœur puisse être opéré et comme moi, tu sais que si nous ne payons pas dans une semaine, elle devra quitter les soins intensif. Ce qui signifie une mort certaine. Je ne veux pas que ça arrive alors accepte ce marché. Ce n'est l'affaire que de quelques temps et puis, elle sera soigné. Je sais, tu as des principes, le coupa-t-il alors qu'il ouvrait la bouche pour protester. Mais on ne peut pas se permettre de penser à nous.

Quant à vous, monsieur Uchiwa, ajouta-t-il en dardant ses yeux froid dans ceux de Sasuke. Je ne sais pas trop ce qui motive votre choix, bien que j'en ai une vague idée. Quoi qu'il en soit, je comprend ; de plus, je pense que d'autre solution était à votre portée mais une fois encore, je ne vous juge pas. Si vous êtes d'accord, nous acceptons votre proposition. Bien évidemment, contre l'assurance que rien de répréhensible ne sera fait à mon frère auquel cas, le contrat serait caduque. »

— Quoi ? s'écria Naruto avant qu'un regard de son frère ne le cloue sur place. Gaara avait toujours su faire marcher sa cervelle et si Naruto était venu seul, nul doute qu'il aurait refusé. Le blond plongea les yeux dans ceux de Sasuke avant d'accepter du bout des lèvres.

— Bien ! Sasuke se détendit. Ce fut rude mais finalement, l'intelligence du roux avait bien servit.

« Maintenant que nous sommes d'accord, mettons les détails au point. Tout d'abord, vous vivrez ici afin que ce soit plus réaliste. Pour ne pas attirer l'attention de mes domestiques, nous devrons également partager notre chambre. Et autre chose : je suis régulièrement invité à des soirées. Dans ces moment-là, il faudra jouer la comédie et vous montrer affectueux envers moi. Bien évidemment, si vous avez un petit ami, elle ne devra pas être mise au courant de notre transaction.

— Pas de risque de ce côté-là, dit sombrement Naruto.

Un indicible soulagement se peignit sur les traits de Sasuke avant que son visage ne reprenne cette expression de froideur qu'il arborait tout les jours. Attitude qui n'avait pas échappé au regard vigilant de Gaara.

— A moins que mon inclinaison ne vous dérange, persifla Naruto.

— Pas le moins du monde, renchérit tranquillement Sasuke. Autrement, nous ne serions pas ici, je vous le rappelle. Nous nous verrons donc demain pour mettre au point les moindres détails.

Et sur cette phrase, ils s'affrontèrent du regard avant que le blond n'acquiesce. Puis l'Uchiwa quitta la pièce sans se retourner, ratant l'expression fulminante de Naruto qui n'apprécia guère de se faire mettre à la porte de la sorte. Sitôt dans la limousine, il s'enferma dans un mutisme boudeur.

— Quoi ? finit par dire Gaara.

— Tu te rend compte de ce que je vais être obligé de faire ?

— Allez, ne me dit pas qu'il est si désagréable. Feindre d'être amoureux, et surtout de lui !

— Ce n'est pas ça, s'offusqua Naruto. C'est juste que...

Son frère termina la phrase à sa place.

— Ce sera dur de ne pas succomber réellement à son charme parce qu'il te plaît ?

— Pfff...! le blond gonfla les joues, boudeur. Comment tu fais pour tout deviner ?

— Ce n'est guère difficile de lire sur ton visage si expressif, le taquina son frère.

— Sais-tu à quel point ce sera dur... de l'oublier pour revenir à ma vie d'avant ? Ce matin...

Il n'acheva pas sa phrase et s'enferma dans la salle de bain sitôt qu'il posa un pied dans leur trois pièce. Gaara soupira puis s'activa à rassembler leurs vêtements dans deux sacs. Demain, une nouvelle vie commencerait, il avait bien l'intention d'aider son frère à conquérir l'Uchiwa. Si, après ce qu'il avait vu, ce ne serait pas vraiment difficile.

— En arriver là pour l'avoir, songea-t-il. Très rusé, cet Uchiwa. Décidément, il me plaît bien.