Les Ombres du Passé
Auteur : Naseis
Disclamer : Sivuplé m'dame Rowling, je peux avoir Fred et George ! Non ? Méeuh ! C'est pas du juste ! Bon… ben j'ai que l'histoire, Calleigh Mc Lagan et ses fouines, les Intouchables (tous ! na !) et… euh… et vous verrez !
Résumé : Le destin d'un enfant… l'esprit d'un homme… la légende d'une vie… Une vie de légende…
On dit merci qui ? Merci Knuuuuuuuuuut !
Reviews ! amène une boîte et en sort un papier
Mimi Luflin : bonjour (well, bonsoir pour moi) ! C'est pas que je veuille nier tous les compliments (Knut m'en voudrait encore) mais je sais pas si on pourrait qualifier Les Ombres comme étant 'la meilleur fic que tu ais jamais lue'. Enfin… ça dépend de quelles fics tu as lues jusqu'à présent. En fait, il n'y a qu'un chapitre pour le moment (au moment où j'écris ces lignes) qui est en ligne, le premier étant un prologue (ce qui n'est pas à proprement parler un chapitre, plutôt une… mise en bouche ?) La suite est devant tes yeux, damoiselle. A la prochaine !
Le deuxième de ces damoiseaux, damoiselles est une gente dame pseudéifiée Angel293 ! Ma ch'tite Paula ! Faut que tu me dises comment tu es tombée sur c'te fic ! Tu me suis à la trace ou c'est le hasard ? Pas que je m'en plaigne, fais moi pas dire ce que j'ai pas dit ! C'est juste que c'est marrant de te retrouver sur Petite Sœur et Les Ombres. En tout cas, je suis ravie que ça t'ait plu. Zoubis et !
Miss POH est demandée à l'accueil, sivuplé, miss POH ! Effectivement, c'est très original (ironique ? moi ? naaaaaaaaan ! Jamais j'oserai ! (grand sourire tout ce qu'il y a de plus faux). La suite est… à l'heure actuelle elle est sur la clé USB en train d'être bidouillée (dites le pas à Knut, elle va me faire une jaunisse sinon) mais je suis sûre que, si tu lis ces lignes, c'est que j'ai réussi à finir c'te chapitre. Valà miss, à la r'voyure ! Naseis, pour vous divertir courbette.
La voici, la voilà ! Applause pour KNUT ! Ca je l'ai toujours dit, c'est des fous, en S (koike, on est pas mieux, nous). Ben vi, je les change tout le temps… Ké tu veux, c'est mon côté méticuleux qui ressurgit. J'espère que les 'surprises' comme tu dis t'ont plues. Tu te souviens de la tête que tu as faite au lycée quand je t'ai dit que je l'avais encore changé ? C'était pas mal… Naméo ? Koi ça veut dire ? Na (nan) mé (mais) o (oh) Naméo Nan mais oh. OH LA FAUTE ! T'as beau être en S, celle-là elle pardonne pas ! VoiE pas voiX ! Mensch meier Knut ! Ca passe pour cette fois mais surveilles tes doigts à l'avenir. ZOUBIS !
2- Théorie de l'Evolution, par le professeur Hermione Granger, avec l'aimable participation de monsieur Charles Darwin.
S'il y avait bien une personne à laquelle je ne souhaitais pas me frotter pendant un match de Quidditch, c'était bien Erin Munroe, notre nouvelle batteuse. De l'avis de tous les Gryffondors, ce jeune prodige de deuxième année égalait presque le niveau de Fred et George Weasley. Ayant assisté aux sélections et ayant plusieurs fois vu les jumeaux en pleine action, j'étais de leur avis. Vince Lloyd, un septième année qui serait son partenaire et avait appartenu à l'équipe de réserve les années passées, l'avait également reconnu.
-Je suis sûr qu'avec un peu d'entraînement, elle sera au même niveau que les jumeaux Weasley, avait-il dit à Harry.
-Je n'en doute pas un instant, lui avait-il répondu avec une petite flamme dans les yeux, une flamme de fierté.
Je m'étais assise à côté de lui et de Ron dans les tribunes pour observer les performances des candidats. Les poursuiveurs évoluaient dans les airs et tentaient d'éviter les Cognards lancés par les nouveaux batteurs tout en essayant de marquer des buts. Katie Bell volait avec eux et leur lançait la balle à tour de rôle. Cela faisait un peu plus d'une semaine que nous avions discuté en haut de la Tour d'Astronomie et les progrès de Harry étaient fulgurants. Il était à nouveau attentif en cours – au plus grand plaisir des professeurs -, discutait de tout et de rien avec Ron, faisait ses devoirs en retard… Qui aurait pu se douter que la personne qui était assise à côté de moi avait été cet adolescent déprimé qui était arrivé à Poudlard ? Une chose cependant s'était exacerbée : la haine qu'il ressentait envers le professeur Rogue. Aucun ne parlait à l'autre pendant les cours mais je savais que sous ce calme apparent se cachait un ouragan de haine prêt à tout dévaster à la moindre boutade.
J'observai beaucoup Harry pendant les épreuves. Il y avait un feu dans ses yeux que je ne lui avais encore jamais vu. Il se donnait à fond dans le choix de ses joueurs, ne prenait que les meilleurs parmi les meilleurs. Il n'hésitait pas à faire repasser un candidat pour confirmer son premier choix. A chaque élimination, il expliquait au candidat malheureux pourquoi il ne l'avait pas choisi. C'était fastidieux comme travail mais la déception en était atténuée. Je l'admirais pour ça. Malgré tout ce qu'il avait vécu, il éprouvait encore de la compassion et de l'amour là où d'autres auraient été haineux et aigris. C'était peut-être ça, le fameux pouvoir que Voldemort n'avait pas… Le pouvoir de l'amour… de la compassion…
En attendant, amour ou non, il restait un capitaine qui demandait beaucoup à ses équipiers. Les sélections finies, Harry sortit des tribunes sur son balai et alla se poster au centre du terrain, la nouvelle équipe autour de lui.
-Bienvenue dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Je suis Harry Potter, votre capitaine.
Quelques murmures d'exaltation se firent entendre. Avoir Harry Potter pour capitaine… quelle chance, devaient-ils se dire. Quelle erreur, pensai-je. Je l'avais suffisamment observé pour en déduire que ce qui allait suivre allait faire passer les Enfers pour l'Antichambre du Paradis.
-Ne vous leurrez pas, je n'ai aucunement l'intention de vous laisser vous reposer sur vos lauriers. Vous êtes entrés dans l'équipe alors faites-y honneur ! On a une réputation à défendre ! On a gagné la Coupe pendant deux ans, on a perdu trois matchs depuis six ans et je compte bien faire en sorte que le compteur en reste là !
Il y eut des huées d'enthousiasme. Il savait parler à ses équipiers, c'était indéniable… Il leur disait ce qu'il attendait d'eux et les espoirs qui pesaient sur l'équipe.
-Maintenant que tout le monde est au courant des enjeux, nous allons pouvoir nous mettre au travail.
-Quoi !
-Je ne connais pas encore votre niveau et j'aimerais le savoir le plus tôt possible. Quelqu'un est contre ? Non ? Alors en piste et au pas de course !
Comme je le pensais, leur premier entraînement fut un enfer. A cet instant, j'étais ravie de ne pas savoir tenir sur un balai. Harry se conduisait envers ses joueurs comme un véritable tyran. Ils allaient le haïr !
Et effectivement, ce fut le cas…
J'attendais Harry et Ron à la sortie des vestiaires et j'en profitais pour recueillir les commentaires des joueurs.
-C'était horrible ! Si c'est comme ça à chaque fois, je serai mort avant la fin de la saison !
-Raconte pas de bêtises, Vince ! C'était pas si dur que ça !
-On n'a pas tous la chance d'être un petit géni de la batte ! Il est toujours comme ça, Ginny ?
-Les hommes sont tous des bébés…
-Je ne me suis jamais entraînée avec lui, il faudrait demander à Ron ou Katie.
Je décidai d'intervenir avant que mon ami ne passe pour un tortionnaire.
-Vous savez, il n'a fait ça que pour vous tester. Il ne vous connaît pas encore, il avait besoin de savoir ce que vous aviez dans les tripes, c'est tout.
-Et j'n'ai pas été déçu, intervint une voix derrière moi.
Harry et Ron venaient de sortir des vestiaires, les cheveux encore mouillés et les balais sur les épaules. Ils étaient plutôt craquants, comme ça…
-Je sais que j'ai été dur et vous devez sûrement être en train de me haïr. Mais maintenant que j'ai une idée de ce que vous valez, les entraînements vont être un peu plus cool.
-Y'a intérêt !
Nous rîmes puis retournâmes au château. J'appréciais ces moments de joie, c'était comme si rien ne s'était passé. Nous n'étions que trois amis qui riions de tout et de rien sans se soucier du monde extérieur. Harry retint Ron une bonne partie de l'après-midi dans un coin de la salle commune. Je ne savais pas ce qu'ils trafiquaient et ça m'inquiétait. Tout en vaquant à mes occupations, je les surveillais du coin de l'œil. Ils étaient assis en tailleur et Harry disait quelque chose à Ron. Celui-ci inspirait et expirait assez lentement, à ce que je pouvais voir. Je suppose qu'il lui apprenait à se relaxer. La majorité des joueurs de l'équipe étaient allée se coucher directement après les sélections. Peu d'entre eux apparurent au dîner.
…
Novembre arriva et avec lui l'ouverture de la saison de Quidditch. Harry avait tenu sa promesse, les entraînements étaient un peu moins infernaux mais ça n'empêchait pas les joueurs d'être morts de fatigue à la fin de chaque session. Ce qui m'étonna le plus, ce fut une habitude que Ron avait prise depuis ce fameux jour des sélections. Lorsque nous rentrions du dîner, il s'asseyait toujours dans un coin, fermait les yeux et restait sans bouger pendant une vingtaine de minutes. Lui aussi avait changé. Il avait cessé d'être impulsif – bien que ça lui arrivait encore de réagir au quart de tour – et prenait son statut de préfet un peu plus au sérieux… un tout petit peu plus au sérieux…
Harry, quant à lui, avait rarement le temps de s'ennuyer. Il partageait son temps entre les entraînements de Quidditch, le Groupe de Défense, les cours, les devoirs et les altercations avec Malefoy, bien que celles-ci se firent un peu plus rares. A bien y repenser, lui aussi avait changé. Il avait perdu beaucoup de sa superbe depuis l'emprisonnement de son père à la prison d'Azkaban. Ce qui me surprenait, c'est que Harry ne réagissait presque plus à ses provocations. Il fallait que le sujet le touche au plus profond de son être pour qu'il y prête attention. Dans ces moments-là, il était préférable d'être à quatre ou plus pour l'empêcher de l'égorger. C'était une chose qui n'avait pas changé depuis la rentrée.
Et puis ça a changé. Brusquement. Sans signe avant-coureur. Il y avait eu une modification dans l'état d'esprit d'Harry dont personne ne parvenait à déterminer la cause. Ses yeux s'étaient refroidis imperceptiblement de même que son ton. Il fallait l'avoir côtoyé très souvent pour l'avoir remarqué.
Je fus un jour le témoin d'une de leurs altercations. Nous marchions dans un couloir désert en direction de la Tour de Gryffondor quand nous vîmes arriver Drago Malefoy et ses chiens de garde. Malefoy commença par les traditionnelles insultes qu'Harry ne releva pas. Ce comportement irrita le Serpentard qui le prit si brusquement par le col de sa robe que j'en sursautai. Harry le regarda froidement et dégagea lentement ses mains de son col avant de s'éloigner.
-POTTER !
Harry se retourna en soupirant et toisa Malefoy d'un œil fatigué mais résolu. Presque froid.
-La vie est trop courte pour la passer à entretenir des ressentiments ou ressasser des griefs, Malefoy. On y va, Hermione.
Je risquai un coup d'œil vers Malefoy. Il n'en croyait pas ses oreilles ! Il était là, les bras le long du corps, ne sachant pas comment réagir. Cabbe et Goyle également. Ils ne comprenaient pas. Son ton me rappelait celui qu'employait parfois Dumbledore. Il ne donnait pas tout a fait un ordre, mais pas tout à fait un conseil non plus. Il avait quelque chose dans le ton qui évoquait la puissance, le respect. Harry devenait par moment un tel mystère, ça en était déconcertant ! J'avais l'impression de fréquenter plusieurs Harry Potter avec chacun une personnalité différente des autres.
-Hermione !
Je me dépêchai d'obéir. Je savais que, quand il était comme ça, il ne faisait pas bon le faire attendre ou le contrarier. Il avait la baguette facile, ces derniers temps. Nous nous dirigeâmes en silence vers la Salle Commune dans laquelle Harry m'abandonna pour son dortoir. Je ne le revis pas de la soirée.
…
L'habituelle nervosité qui précédait les matchs était présente en ce samedi matin. Le ciel était dégagé. Je passais près des vestiaires des Gryffondors et saisis une partie du discours de Harry.
-… une équipe à la hauteur de la réputation de Gryffondor !
Je me dépêchais de rejoindre Neville à la tribune de ma maison pour ne rien manquer du spectacle. J'avais assisté à quelques uns de leurs entraînements. Ils étaient tous plus acrobatiques les uns que les autres. Harry avait épluché Le Quidditch à travers les âges pour trouver des feintes et mettait un point d'honneur à les réaliser. Les joueurs étaient sur les rotules à chaque fin de session mais ils étaient heureux.
-Il nous fait bosser comme des dingues, m'avait un jour confié Ron, mais je crois qu'on a un bien meilleur niveau que l'an dernier, et Merlin sait si Angelina était dure.
-Je confirme ! avait continué Katie.
Madame Pomfresh voyait régulièrement arriver des Gryffondors en tenue de Quidditch et maculés de boue.
-Mais qu'est-ce que vous leur faites subir, Potter ? Le parcours du combattant !
Il y avait des jours où ça y ressemblait, en effet. Je me souviens d'un entraînement où Ron avait fini à l'infirmerie. Traumatisme crânien heureusement sans conséquences. Il s'était cogné contre les buts en effectuant un Double Huit. Erin avait proposée à Harry d'essayer le Revers de Cognard, chose qu'il avait acceptée et qu'elle avait brillamment réussie après quatre essais et un passage éclair à l'infirmerie.
Le stade était noir de monde. Les banderoles avaient été développées et l'on pouvait difficilement discerner un Allez Gryffondor d'un Allez Serpentard. Neville m'apprit alors que les commentaires seraient faits par Amory Maitland, un Gryffondor de quatrième année qui semblait avoir hérité de Lee Jordan ses talents de commentateur, au rand dam du professeur McGonagall. Le professeur Mc Lagan vint s'asseoir à côté de nous.
-J'avais envie de voir le match à partir d'ici, expliqua-t-elle face à notre air étonné.
-Bienvenue au premier match de Quidditch de la saison, annonça Amory dans le micro. Aujourd'hui Gryffondor affronte Serpentard ! Les Serpentards seront menés par Malefoy et c'est la seule chose qui mérite d'être dite.
Huées des Serpentards. Normal.
-Les Gryffondors seront menés à la victoire par Potter qui a été rétablit au poste d'attrapeur ! L'équipe a été reformée dans sa quasi-totalité. La nouvelle promotion se compose maintenant de Weasley au poste de gardien, Weasley, Bell et O'Conell marqueront les buts de la victoire, Lloyd et Munroe défendront leurs coéquipiers face aux redoutables Cognards. Les joueurs entrent en piste !
On voyait effectivement les deux équipes entrer en file indienne derrière leurs capitaines qui suivaient Mrs Bibine, l'arbitre de cette rencontre. Les joueurs se placèrent autour d'elle et partirent au coup de sifflet.
-Le Souafle est immédiatement prit en main par Bell qui s'élance vers les buts de Serpentard mais un Cognard la fait changer d'idée. Elle passe la balle à O'Conell qui … NON ! Le Souafle a été intercepté par Nichols qui passe à Lutyens qui file vers les buts de Gryffondor à toute vitesse ! Goyle dévie un Cognard envoyé par Munroe - joli coup de batte, Erin ! Il va mar… NON ! Weasley arrête la balle et la renvoie à Weasley qui se fait aussitôt encerclée par les poursuiveurs ennemis. Elle fait une chandelle et… Mais que fait-elle ? Elle lâche le Souafle ! Bell la récupère. Weasley vient de faire une magnifique Feinte de Porskoff ! GRYFFONDOR MARQUE ! BRAVO KATIE ! BRAVO GINNY ! BIEN FAIT POUR VOUS, LES SERPENTARDS !
-MAITLAND !
-Pardon professeur. Poulmone récupère le Souafle, le passe à Nichols qui fonce comme un aigle vers les buts de Gryffondor – AÏE ! Ca doit faire mal, un Cognard en pleine tête – CONTINU COMME CA ERIN ! Vous avez raison professeur… O'Conell, en possession du Souafle, vole vers les buts de Serpentard sans se soucier des Cognards que dévient habilement Lloyd et Munroe. Poulmone et Lutyens lui foncent droit dessus mais ils doivent se séparer à cause d'un Cognard lancé par Lloyd. O'Conell tire et… OH NON ! Mason bloque et renvoie le Souafle à Nichols, revenu de sa chute, qui passe Lutyens qui se rapproche dangereusement des buts… Vas-y, Weasley, bloque ! Argh ! Dommage… DIX POINTS PARTOUT ! Mais qu'est-ce que j'entends !
Je prêtai l'oreille et entendis une chanson que je ne connaissais que trop bien.
WEASLEY EST NE DANS UN TROU A RATS
IL LAISSE LE SOUAFLE ENTRER TOUT DROIT…
-Et c'est maintenant Weasley qui prend le Souafle, elle passe devant Nichols, houlà ! Elle est frappée dans le dos par un Cognard de Goyle et lâche le Souafle. Nichols le rattrape et s'avance vers les buts ! Ce sera un face-à-face avec Weasley. Il tire…
WEASLEY EST UN GRAND MALADROIT
-Weasley bloque et renvoie à O'Conell, qui passe à Bell qui remonte le terrain ! Elle évite Lutyens, contourne Poulmone et passe à Weasley qui file vers les buts et tire… Argh ! Mason arrête la balle et la renvoie à Lutyens qui… LES ATTRAPEURS PRENNENT LE VIF D'OR EN CHASSE ! Potter fonce à toute allure dans le sillage du Vif, Malefoy semble peiner à le rattraper. Crabbe envoie un Cognard droit sur Potter qui roule vers le bas pour l'éviter ! MERLIN CE TYPE EST COMPLETEMENT TIMBRE ! Gryffondor reprend le Souafle et c'est Shari O'Conell qui remonte le terrain en zigzaguant pour éviter les Cognards de Crabbe et Goyle. Elle passe à Bell qui tire ET MARQUE ! VINGT A DIX POUR GRYFFONDOR ! Mais que vois-je ! Potter ceinture son balai avec ses jambes et se balance dans le vide ! Il… IL A LE VIF D'OR ! CE TARE A ATTRAPE LE VIF ! GRYFFONDOR REMPORTE LE MATCH PAR CENT SOIXANTE-DIX A DIX !
La foule explosa de joie tandis que les joueurs se jetaient les uns sur les autres. Harry était en train de se faire étouffer par Ginny. Je me précipitai sur le terrain pour le féliciter. Les bras enchevêtrés dans leurs étreintes, les joueurs de Gryffondor se laissaient descendre vers le sol où ils étaient submergés par les supporters. Cela dura une bonne dizaine de minutes après lesquelles Harry sonna le retrait.
-Les matchs sont-ils toujours aussi acrobatiques ?
Je sursautai et me retournai pour faire face au professeur Mc Lagan.
-Non. Je crois que Harry a voulu marquer le coup, faire ses preuves.
-C'était réussi, intervint Neville qui avait encore les yeux écarquillés. Un coup de maître…
-Ca c'est sûr. Allez viens, on va préparer la fête.
-La fête ? La tradition perdure toujours ?
-Oui. Vous voulez y assister ?
-Avec joie !
Et c'est en discutant avec le professeur Mc Lagan que nous découvrîmes les fêtes de son temps, pas très différentes de celle de notre époque. Une demi-heure d'heure nous fut nécessaires pour réunir le buffet et décorer la salle. Le professeur Mc Lagan fut très utile pour nous dénicher des bouteilles de Bièraubeurre. Beaucoup de personnes furent surprises de me voir les aider à préparer la salle. Je répondrais en ces termes : souvent femme varie.
Les joueurs entrèrent dans la salle commune sous une haie d'honneur et une pluie d'étincelles rouges et or.
-Pour Gryffondor hip hip hip ?
-HOURRAH!
Je montai sur une table et demandai un silence qui mit du temps à s'installer.
-Mesdemoiselles et messieurs de première année. En tant que préfète, il est de mon devoir de vous informer de certaines choses concernant le fonctionnement de l'Ecole. Ceci – je fis un ample mouvement des bras pour désigner l'ensemble de la salle commune – est une Fête d'Après Match. Il est de coutume à Poudlard d'organiser ce genre de sauteries lorsqu'une équipe vient de remporter un match. Ces fêtes sont un des fondements de l'Ecole. Aussi, il vous est dévolu de faire en sorte que la tradition perdure de génération en génération. Que les Anciens montrent aux Jeunes comment on fait la fête chez les Gryffondors !
Applaudissements dans toute la salle, distribution des Bièraubeurres et début des festivités menées de main de maître par – qui l'eût crut ? – le professeur Mc Lagan qui recréait les jeux – pas tous très sages - organisés dans son temps et qui avaient disparus de la mémoire estudiantine. L'arrivée du professeur McGonagall ne marqua pas, contrairement à l'habitude, le glas de la soirée. A l'aide de beaucoup d'arguments et de sourires pas tout à fait innocents, le professeur Mc Lagan parvint à la convaincre de nous laisser encore deux heures.
Ce fut assurément la plus belle fête à laquelle j'avais assisté durant ces six ans d'étude et j'étais loin d'être la seule à penser ça.
…
Je m'étais posté à une entrée du terrain de Quidditch et observais les sélections des Gryffondors. Les aspirants Batteurs étaient en train de faire leurs preuves. Les premiers candidats furent très décevants. Une toute jeune fille arriva en dernier. Elle devait être en deuxième année. Je riais intérieurement. Comment une deuxième année pouvait-elle prétendre au poste ! C'est alors qu'elle commença et que je compris qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Etait-elle née avec une batte dans les mains ? Elle jouait avec les Cognards comme un elfe de maison avec un plumeau. Ce n'était plus qu'un jeu et non une sélection. Lorsque j'appris son nom, je me dis que c'était logique. Erin Munroe était la petite-fille de Karl Broadmoore, célèbre Batteur des Faucons de Falmouth connu pour sa brutalité. Heureusement pour nous autres joueurs amateurs, il semble qu'elle n'ait hérité que l'amour pour ce jeu et le talent. Potter aurait fait une belle connerie s'il ne l'avait pas engagée.
-Mais qu'est-ce que je raconte ! C'est ma mort que je veux ! Elle va nous rétamer à chaque match, cette fille !
J'ai beau avoir de l'antipathie pour Harry Potter, je dois admettre qu'il choisit bien ses joueurs. Son équipe ne sera pas facile à battre. Je reste jusqu'à la fin des sélections puis retourne dans ma Salle Commune ignorant les tortures infligées mais les devinant à la vue de quelques uns d'entre eux au dîner.
Je passais ma soirée avec un roman pour seule compagnie. Depuis l'emprisonnement de mon père, je suis devenu un peu gênant, pour les Serpentards. Je véhicule une mauvaise image de notre Maison. Non pas que ça me dérange d'être seul, j'en ai un peu l'habitude, mais c'est cette image qui me colle à la peau. Drago Malefoy, fils de Mangemort. Tout le monde ne peut pas avoir une image dorée comme Potter.
Longtemps, je m'étais demandé comment il arrivait à vivre avec cette étiquette de Survivant. La réponse m'était apparue dans toute sa splendeur à la rentrée. Il avait l'air d'être une coquille vide. On aurait dit qu'une brise pouvait le faire s'envoler. Beaucoup de monde l'avait remarqué mais personne n'osait lui demander ce qu'il se passait. C'est vrai qu'il a changé, depuis l'année dernière. Est-ce que ça a à voir avec l'attaque du Ministère ?
…
Je ne sais pas si Calleigh Mc Lagan mérite l'appellation de professeur. Ses tenues, ses cours, l'ambiance et ses méthodes diffèrent complètement des autres profs. Elle n'hésite pas à gifler un autre prof, à tutoyer un élève, à lancer des débats sur telle ou telle forme de duel, à nous emmener dehors quand le temps le permet. Elle nous fait travailler par groupes, comme au Groupe de Défense, d'après les commentaires de certains de mes camarades qui y étaient allés.
-Séparés vous n'êtes rien, unis vous êtes invincibles, nous avait-elle dit à l'un de ses cours en extérieur.
Nous sommes en plein dans les duels. Nous nous étions installés dans une petite clairière entourée de chênes.
-Apprenez à connaître votre adversaire d'un seul coup d'œil. Connaissez ses faiblesses, ses limites, tout point noir qui pourrait vous être favorable. Apprenez à juger de la valeur de votre ennemi le plus rapidement possible. Vous gagnerez un temps précieux lors d'un affrontement.
Nous avions été répartis par groupes de deux et je me retrouvais avec Potter. Il avait changé, depuis une semaine. Il n'était plus l'épave qu'il avait été à la rentrée. Maintenant, j'avais un duelliste face à moi. Je ne sais pas ce qui s'était passé, mais ça l'avait changé, ça lui avait rendu la vie, en quelque sorte. Je dois avouer en mon fort intérieur qu'il me fait presque peur. Il a cette assurance tranquille qu'ont les gens doués. Ses yeux brillent d'un feu vert émeraude qui, j'en suis sûr, brûlerait tout sur son passage si on le libérait. Une brise souffle.
-Peur, Potter ?
-Dansons, Malefoy.
Merlin ! Depuis quand a-il la voix aussi froide ? Et ce haussement de sourcil ? Je sens que cette séance ne va pas se dérouler comme je le pensais… Je suis tout d'un coup fatigué d'être un ennemi de Potter – c'est toujours moi qui en prends plein la figure quand il est de mauvais poil.
'Tu cherches pas un peu non plus ?'
Moi ? Chercher la bagarre ? Jamais ! Bon, je dois admettre qu'une petite dispute avec Potter remonte toujours le moral mais de là à m'accuser de le provoquer ! C'est dire une bien grande vérité…
-Une dernière chose, encore. Nous avons droit à dix pourcents de pertes mais je préférerais que vous ne vous entre-tuiez pas, je n'ai pas envie de passer ma soirée à remplir des montagnes de parchemins administratifs.
On va essayer, professeur, on va essayer. Mais pourquoi je me tape toujours Potter dans les duels ! On n'aurait pas pu me filer Granger ou cet abruti de Weasley pour une fois ?
Signal de départ. Les premiers sorts fusent autour de nous. Son assurance me fout les boules. Je le vois ouvrir la bouche. Je le devance d'un Stupéfix dans les dents. Il fait un écart et se replante sur ses pieds. C'est qu'il a l'air de s'amuser, l'enflure ! Je saute de côté pour éviter un Immobilus et lui renvoie un Rictusempra qu'il contre avec un Protego. Ce qui m'énerve, c'est qu'il a toujours été doué pour la Défense. Comment voulez-vous que je le batte ! C'est comme si on disait à Granger de bluffer Dumbledore. Vous pensez qu'elle y arriverait ? Eh ben moi c'est la même chose !
Aouch ! Je me retrouve à terre, un maléfice de Jambencoton autour de moi. Profiter d'un instant d'inattention d'un adversaire, c'est des manières de… de Serpentard !
-Tu veux abandonner, Malefoy ?
-Va en enfer, Potter !
-J'y suis déjà.
Hein ? Comment ça il est déjà en enfer ? C'est quoi cette histoire ? J'ai comme l'impression qu'on me cache quelque chose et je déteste être tenu à l'écart. Je ne peux même pas lui demander ce qu'il veut dire que déjà la prof sonne la fin du cours. Potter ne se le fait pas dire deux fois. Il récupère Granger et Weasley et file à son prochain cours. Je l'observe partir, la tête pleine de suppositions quant à son fameux 'j'y suis déjà'.
-Vous devriez vous dépêcher si vous ne voulez pas arriver en retard.
Je sursaute. Mc Lagan se tient à côté de moi et me sourit. Elle annule le sortilège et s'éloigne. Je me lève et ramasse mes affaires pour me diriger au pas de course vers la salle d'Enchantements. L'après-midi passe sans que je m'en rendre compte. J'en suis toujours à me demander ce que voulait dire Potter. Qu'est-ce qu'il m'aura fait chier, lui, aujourd'hui !
Retour du dîner avec mes chiens de garde. Oh mais qui vois-je là-bas ! Mon tourmenteur et la miss je-sais-tout ! Enfin une occasion de se défouler ! Je les salue à ma manière mais Potter ne répond pas. Je continue la conversation mais il ne veut toujours pas ouvrir la bouche. Qu'est-ce qu'il peut être têtu quand il s'y met ! Une vraie mule, ce type. Tu ne veux pas répondre ? Alors je vais t'y forcer ! Ne jamais énerver un Malefoy, Potter ! Je le prends par le col et le plaque violemment contre un mur. Je le regarde dans les yeux mais n'y rencontre que deux feux de glace. Il se dégage lentement et s'éloigne.
-POTTER !
Je veux comprendre. Il se retourne et me regarde.
-La vie est trop courte pour la passer à entretenir des ressentiments ou ressasser des griefs, Malefoy. On y va, Hermione.
Noir. Noir total. Ses dernières paroles résonnent encore dans ma tête. Il veut… enterrer la hache de guerre ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi si subitement ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Je les vois partir sans rien dire, sans rien faire d'autre que de me demander pourquoi.
C'est la bousculade d'un jeune première année qui me réveille. Je lui lance un regard noir et retourne dans ma Salle Commune.
…
Le match de Quidditch arrive enfin ! Je dois avouer que depuis ma 'conversation' avec le Balafré, je vois le monde avec d'autres yeux. Avant, je le voyais noir, triste, froid, sans attrait. Maintenant, il s'éclaire et se réchauffe. Je me rends compte que ma Maison fourmille de Mangemorts en herbe, ce dont je ne doutais pas jusqu'à présent, du reste. C'est simplement qu'aujourd'hui, je vois à travers leurs masques, leurs minauderies, leurs sourires enjôleurs. Je les perce à jours et ils ne le savent pas. Moi, par contre, je ne me laisse pas avoir. Trop l'habitude de jouer la comédie pour se faire avoir par des débutants. Merci Potter, mon petit monde vient de s'écrouler !
Un match comme les autres, nous nous faisons battre, Potter fait un coup d'éclat et c'est fini. Ca en devient lassant, à force. Mais bon, qu'est-ce que j'y peux si les membres de ma très estimée Maison ne savent pas tenir sur un balais ?
Je ne peux m'empêcher d'admirer sa façon de voler. On dirait qu'il ne vole pas mais qu'il joue et se joue du vent. C'est hallucinant comme il évolue sur un balai. J'avais déjà pensé ça pendant la première tache du Tournoi des Trois Sorciers lorsqu'il avait affronté le Magyar. C'est peut-être trahir ma Maison – pour ce que j'en ai à faire, de leur opinion – mais c'est vrai. J'admire Potter pour ses qualités de duelliste et de joueur de Quidditch.
Ambiance morose, ce soir. On dirait un enterrement. Je laisse mes comparses s'apitoyer sur leur sort et monte dans mon dortoir, déserté à cette heure.
Je suis plongé dans ma lecture depuis pas plus de dix minutes que quelqu'un toque à la porte du dortoir.
-Entrez, dis-je d'une voix glaciale.
La poignée tourne lentement et la porte est poussée timidement. De fins doigts blancs apparaissent puis une mèche de cheveux roux et enfin une tête que je connais bien. Ilana me sourit.
-Je ne te dérange pas ?
Ma mauvaise humeur retombe d'un coup. Je l'invite à prendre place sur mon lit. Elle obéit d'un pas hésitant. Aidan et Ilana Dolean, élèves en septième année, sont les héritiers d'une longue lignée de Sang-Purs ayant tous transités par Serpentard. Ce sont des cousins de ma famille. La silhouette élancée et les yeux couleur de ciel faisaient d'Ilana un des meilleurs partis de l'Ecole. Son visage d'habitude éclatant de vie et de joie est aujourd'hui en partie éteint. Il a du se passer quelque chose pour qu'elle soit bouleversée à ce point. Elle semble ne pas savoir par où commencer. Elle fuit mon regard et se tord les doigts en un geste nerveux.
-Je… Je voulais juste te dire que… j'allais partir pour la Russie à la fin de l'année.
-Pourquoi ?
Elle a le regard fuyant, comme si elle était gênée.
-Parce qu'on va me… parce que je vais me marier.
J'ai bien entendu le 'on' et ça signifie ses parents. Un mariage arrangé… Je soupire et pose mon livre sur ma table de nuit. Ilana me regarde, comme si elle attendait un jugement de ma part. Je la regarde à mon tour.
-Comment s'appelle-t-il ?
-Barek Flavdi.
L'héritier d'une grande famille, je suppose.
-Tu l'aimes ?
Elle sait bien que j'ai comprit que ce n'était pas son choix.
-Il est gentil.
-Mais tu ne l'aimes pas.
-Tu sais très bien que l'amour n'a pas sa place, dans ce genre de chose. C'est ce que mes parents ont décidé et je dois m'y plier.
Sa soumission m'énervait. Comment pouvait-elle laisser ses parents diriger sa vie sans dire un mot ?
-Qu'en pense Aidan ?
-Il ne dit rien mais je sais qu'il n'est pas d'accord avec ça.
Un long silence s'immisça entre nous. Je ne comprenais pas la logique des vieilles familles sorcières. Comment des personnes comme les Dolean pouvaient-elles vendre leur fille ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils en récoltaient ! Ne pensaient-ils pas au bonheur de leurs enfants ?
-Ne m'en veux pas, Drago.
-Je ne t'en veux pas à toi, Ilana. J'en veux à tes parents.
Elle a un sourire indulgent.
-Ils pensent que c'est ce qu'il y a de mieux pour moi. De toute façon, je ne peux plus revenir en arrière, nous serons fiancés à Noël.
J'ai un sourire sans joie. Sans prévenir, Ilana me serre dans ses bras et s'agrippe à moi comme à une bouée de sauvetage. Je fais de même et sens mes yeux picoter. Malgré mes efforts pour la retenir, une larme coule le long de ma joue et se perd dans la chevelure de mon amie. Nous restons longtemps comme ça, dans les bras l'un de l'autre. Quand elle se redresse, je sens sa chaleur se graver en moi. Elle se dirige vers la porte.
-Ilana ?
Elle se retourne.
-Tu m'écriras, d'accord ?
Elle me sourit. C'est comme un rayon de soleil perçant de lourds nuages gris.
-Toutes les semaines. Promit.
Je lui souris en retour et la regarde partir, sortir de mon univers immédiat. Un autre élément de mon monde vient de s'en aller. Je vois autour de moi toutes les choses qui en ont fait partie. Je les vois s'effriter et disparaître. Je commence à discerner une logique faite de pouvoir, d'alliances, de sacrifices. Une logique qui exclue tout sentiment humain.
Et ça me fait peur.
Terriblement peur.
…
Eh ben voilà… Drago a son monde qui s'écroule peu à peu et il ne sait pas comment réagir à tous ces changements.
Je sais pas pourquoi, mais j'ai honte de ce chapitre… Demandez-moi pas pourquoi…
Bon, eh ben j'vous fous la paix. Bye tout le monde !
Naseis
