Les Ombres du Passé
Auteur : Naseis
Disclamer Par le plus grand des hasards hasardeux, il se trouve que je ne possède rien d'autre que cette histoire, les personnages inventés, les neurones brûlés et les cheveux arrachés pour mener à bien cette bilogie.
Résumé : Le destin d'un enfant… l'esprit d'un homme… la légende d'une vie… Une vie de légende…
Les excuses de la production : Comme dit précédemment : GOMEN NASAI !
Au vu des fautes d'orthographe jalonnant R1 mes précédents chapitres (chose inadmissible selon moi), j'ai demandé le secours de miss Kazy qui a gentiment accepté de jouer les correctrices. Elle ne devrait pas avoir trop de travail, je pense. En tout état de cause : bienvenue à bord. Grâce à elle, j'ai apprit un truc (en dehors du fait que je suis nulle pour les terminaisons du passé composé). Marfi mamazelle !
Petit résumé histoire 'qu'on zappe pas tout' (dixit : la miss) : La direction politique britannique sorcière a changée de mains ; notre cher petit Drago Malefoy fabrique Merlin sait quoi dans une pièce qui se trouve dans le couloir des appartements des professeurs ; Mc Lagan révèle – bien involontairement – faire partie des Dalahiths – révélation qui fâche notre professeur de Potions ; Malefoy junior a intérêt à faire gaffe à ses fesses ; Voldichéri a envoyé un petit paquet à quelqu'un de Poudlard. Je crois que c'est tout ce dont vous avez besoin de vous rappeler…
5- Le poison de la peur
Mars eut un curieux commencement. Tout le monde semblait nerveux. Pas nerveux comme une veille de match, non. La tension était différente, plus malsaine… plus dangereuse… J'avais l'impression qu'un poison s'était peu à peu propagé dans l'Ecole. Cela me rappelait les quelques jours qui avaient précédés la finale de Quidditch, il y a trois ans.
Trois personnes étaient déjà à l'Infirmerie. L'affaire ne s'était pas ébruitée mais on racontait que des cris avaient été entendus peu avant chaque admission. Des cris de terreur à vous glacer le sang. Bien sûr, les professeurs ne parlaient pas de ça mais on les voyait anxieux. Ils parlaient plus souvent de prudence et de couvre-feu. Lorsque je faisais mes rondes le soir, je les voyais souvent rôder dans les couloirs à la recherche de je ne sais quelle chimère.
…
Au premier atelier de Défense du mois d'Avril, Harry arriva, un sac en bandoulière. Un son clair retentissait à chaque fois que la besace heurtait sa cuisse. Cela me faisait penser au son des gouttes d'eau des cascades qui tombaient comme une fine pluie sur les rochers.
-Tout le monde est au courant, je suppose, que notre amie Elinas Pickford est actuellement à l'Infirmerie et qu'elle fait partie des six Internés déjà recensés.
Les Serdaigle baissèrent la tête. Elinas faisait partie de leur Maison et toucher à un de leur membre revenait à les toucher personnellement. On l'oubliait souvent mais les Serdaigle étaient extrêmement solidaires entre eux. Si l'un des leurs était en difficulté, ses camarades l'aidaient jusqu'à ce qu'il remonte la pente, dussent-ils y passer des mois.
Nous sursautâmes lorsque retentit un bruit sourd. Harry venait de taper du poing sur le bureau et nous regardait, le visage grave, les sourcils légèrement froncés.
-Je refuse que la situation empire. Aussi, nous allons mettre en place un moyen de communication interne au Groupe au moyen de ceci.
Il ouvrit le sac de toile et en sortit un petit morceau de métal réfléchissant. Un morceau de miroir. Il vida le contenu de la besace sur la table. Il y avait là une bonne vingtaine de morceaux de plus ou moins grande taille. Comment avait-il fait ça ? D'où les tenait-il ? Comment des morceaux de miroir pouvaient-ils servir de système de communication ?
-Ces fragments faisaient partie d'un Miroir à Double-Sens. Quelqu'un sait-il comment ça fonctionne ?
Aussi étonnant que cela puisse paraître, tous les regards convergèrent vers moi à cet instant précis. A quoi s'attendaient-ils ? A ce que je leur donne la définition ? Mais qu'ils ouvrent un livre, bon sang ! Nul n'avait besoin d'être à Serdaigle pour savoir ça, quand même ! Non mais vraiment ! Je m'apprêtais à répondre lorsque quelqu'un me devança.
-C'est comme un téléphone Moldu sauf qu'on voit la personne à qui l'on parle. Il suffit simplement de prononcer son nom et le tour est joué.
Je me tournai vers l'entrée de la Salle. Malefoy se tenait sous le chambranle de la porte. Pas tout à fait dedans, mais pas tout à fait dehors. Cela correspondait bien à ce que je pensais de lui. La pièce grise du Jeu d'Echec.
A bien y réfléchir, il y avait de nombreux éléments chez lui qui évoquaient cette neutralité. Ses yeux, d'abord. Pas vraiment bleus, pas vraiment gris. Ses cheveux, ensuite, qui n'étaient ni blonds, ni blancs. Même si sa peau avait une consistance normale, sa couleur laissait à penser qu'il n'était pas comme nous, qu'il n'était pas humain.
Je ne manquai pas le léger froncement de sourcils qui accompagna l'acquiescement d'Harry à la réponse de Malefoy. Que pensait-il se sa venue ? Comment allait-il réagir ?
Comme il y a un peu plus de deux mois, Drago Malefoy fut admis parmi nous. Harry donna des explications sur le fonctionnement des Miroirs à Double-Sens, Malefoy le complétant avec quelques détails ou précisions. Mine de rien, lorsque ces deux-là mettaient de côté leurs dissensions, ils formaient un duo efficace, l'un complétant l'autre. Même s'ils s'en rendaient compte, ils ne l'avoueraient jamais. Les hommes et leur orgueil…
Il advint qu'à la fin de la journée, chaque membre du Groupe de Défense fut équipé d'un morceau de Miroir et savait s'en servir en cas de problème. Nous avions également pour ordre de n'en parler à personne.
-A présent que vous êtes tous équipés, je vous laisse entre les mains de Malefoy.
Il y eu quelques murmures d'incompréhension. Pourquoi Harry lui laissait-il sa place ? Pour quoi faire ? Ron, que nous savions tout être fin diplomate, maître dans l'usage des mots, donna son opinion sur la situation :
-Mais t'es malade ? Tu vas pas lui laisser les rennes sans l'avoir emmené chez un véto assermenté !
Et Harry de répondre :
-Il est en bonne santé, Ron. Il a le poil brillant et les yeux clairs. R2
Nous nous retenions à grand peine d'éclater de rire. Malefoy, pour sa part, affectait un petit sourire au coin de la bouche lorsqu'il rétorqua :
-J'ai mon certificat de vaccination, la belette. Tu as le tien ?
Un immense éclat de rire ébranla la salle. Ron fit une moue qui renforça notre rire. J'essuyai les larmes qui roulaient sur mes joues. Je crois que c'est à cet instant que Malefoy entra vraiment dans notre petite communauté. Il n'était pas perçu comme un professeur à part entière, non. Plutôt comme une sorte d'intervenant. Un intervenant un peu particulier puisqu'il nous enseignait certains sortilèges aisément classables dans la catégorie approchant la Magie Noire. Au départ, peu nombreux furent ceux qui le soutinrent. Puis, avec le temps, il pu leur faire comprendre et admettre son point de vue. Car, disait-il :
-La Magie n'est Noire que si le sorcier l'utilise à de mauvais escient. De même avec la Magie Blanche. La Magie en elle-même est neutre. C'est le sorcier qui détermine l'inclination de la Magie.
…
La journée avaitR3 été au diapason des événements. Le vent qui soufflait depuis plusieurs jours avait forci depuis l'aube, la pluie n'en finissait pas de tomber – au plus grand malheur de Rusard – et le château se refroidissait allègrement. Autant dire que patrouiller la nuit dans ces conditions n'était pas pour apaiser mes craintes.
Je déambulais dans le couloir du premier sous-sol. Je repensais aux événements de ces dernières semaines. Selon leurs camarades, les élèves admis à l'Infirmerie n'avaient pas reparus. Madam R4 Pomfresh se refusait à tout commentaire, prétextant le secret médical. Les seules visites autorisées étaient celles des proches, ce qui n'était pas pour nous rassurer car ils avaient ordre de se taire. Et bien sûr, silence radio du côté des enseignants. Leur stratégie, si elle était de ne pas nous inquiéter, était tombée à l'eau. C'était tout le contraire. Comment voulaient-ils que nous n'ayons pas peur face à quelque chose que nous ne comprenions pas ?
-C'est dangereux de se promener de nuit dans les sous-sols, miss Granger. Seule, qui plus est.
Je sursautai et me retrouvai face-à-face à Calleigh Mc Lagan, surgie droit des ténèbres. Tout comme moi, elle s'éclairait à l'aide de sa baguette. J'étais pourtant sûre de ne pas avoir vu de lumière… Son visage était impassible malgré la lueur dans ses yeux. Elle se méfiait. De quoi ? De qui ? De moi ? Avait-elle peur que je sois la chose dont parlaient les rumeurs ?
-Que faites-vous ici ?
-Je fais ma ronde, professeur.
-Vous permettez que je vous accompagne ? Je n'aime pas vous savoir seule ici. Surtout en ce moment.
Je fronçai les sourcils et lui demandait ce qu'elle voulait dire par là.
-Vous n'êtes pas sans savoir qu'il se passe des choses étranges à Poudlard ces temps-ci.
-Vous voulez parler des Internés ?
Un accord tacite entre les élèves avait abouti à nommer 'Internées' les personnes admises à l'Infirmerie après un Hurlement. Les professeurs n'avaient pas aimé cette appellation mais n'en avaient pas trouvé d'autre.
-Que sait-on de cette affaire parmi vous ?
-Pas grand-chose, surtout des bruits de couloir. Peu de faits avérés, à vrai dire. Et le mutisme des profs n'aide en rien.
Le professeur Mc Lagan soupira.
-Je n'aime pas cette situation. On a une créature qui se ballade dans les sous-sols, qui terrorise nos élèves et on ne peut rien faire contre. Je déteste cette immobilité.
J'étouffais un éclat rire. Elle me rappelait Harry. En un éclair, je fus de retour l'an passé lorsqu'il trépignait pour aller sauver Sirius au Département des Mystères. S'il avait pu, je crois bien qu'il m'aurait étranglée sur place.
Je passais la demi heure suivante à me demander si je devais poser mes questions à propos des Dalahiths tandis que nous marchions à travers les couloirs vides. Je pris le taureau par les cornes et me lançais timidement.
-Professeur… Je voulais savoir… Je… Enfin…
-Quelque chose vous tracasse, miss Granger ?
-Je voulais savoir ce qu'étaient les Dalahiths.
Elle ralentit le pas et me jeta un regard amusé. Je crus voir dans ses yeux une sorte de jubilation. A quoi ? A avoir posé LA question ou à être à l'endroit où elle souhaitait me voir pour pouvoir me découper en charpie ? Une boîte de conserve me passa devant les yeux. Sur l'étiquette figurait ma tête au-dessous de laquelle était écrit le titre peu ragoûtant de Crème d'Hermione Granger sauce Mc LaganR5 . En vente dans tous les supermarchés.
Avec tout ça, rares étaient ceux qui ne devenaient pas paranoïaques.
-Comment êtes-vous au courant ?
Sa voix était étrangement calme. J'y décelais même un brin de curiosité. Savait-elle que j'avais entendu sa conversation avec Firenze, le mois dernier ?
-Je…
-Oh et puis non, peu importe, dit-elle en faisant un geste de la main. Tout le monde a droit à ses petits secrets. Je serais la première Serpentard à vous demander de révéler tous vos secrets alors que je ne vous en dévoilerais aucun. R6
Nous nous dévisageâmes un long moment. Essayait-elle de percer mes pensées ? Essayait-elle de découvrir ce que je savais ? Non. Elle avait trop de principes pour ça. Elle ne s'abaisserait jamais à ce genre de méthodes.
-Je suppose que vous n'avez rien trouvé à la Bibliothèque, dit-elle comme si elle parlait d'un sujet quelconque.
-Non, avouai-je.
Comment savait-elle que j'irais chercher des réponses à la Bibliothèque ? Peut-être savait-elle que j'y allais chaque fois que quelque chose me tracassait. Ce n'était un secret pour personne, à vrai dire.
-Donc, qu'est-ce…
-Silence.
Elle avait les sourcils froncés et regardait un point au fond du couloir. Ses yeux s'étaient transformés en de véritables lames de glace. Je ne savais pas si elle avait vu ou entendu quelqu'un mais il semblait qu'elle ne voulait pas qu'on surprenne notre petite conversation.
Puis sans prévenir, elle me tira par le bras et me coinça dans une alcôve sombre en plaçant son corps en bouclier. Contre qui ? Contre quoi ? Elle gardait les yeux fixés sur le couloir et les sourcils froncés.
L'obscurité avait reprit ses droits. Alors que je me demandais pourquoi elle agissait comme ça, j'entendis des bruits de pas ainsi qu'un sifflement que je reconnus sans peine. Le sifflement d'un serpent. C'était comme quand Harry avait parlé Fourchelang devant toute l'Ecole, en deuxième année. Les battements de mon cœur s'accéléraient à mesure que les pas approchaient.
Ils me faisaient l'effet du compte à rebours qui accompagnait la Mort et que l'on entendait lors de nos derniers instants. Et toujours les pas avançaient. Toujours le sifflement les accompagnait. Je sentais le souffle de Mc Lagan sur mon visage. Il s'était accéléré, lui aussi.
Les pas s'arrêtèrent juste devant l'entrée de l'alcôve. D'abord un sifflement. Comme une question. Et la réponse qui nous parvint sous la forme d'un long sifflement amusé. Je perçus une lueur dans la nuit. Ou plutôt deux. Comme… deux… yeux ? Quelqu'un nous regardait. Quelqu'un ou… Quelque chose ? Je ne le savais pas, alors. Je ne voyais que deux lueurs vertesR7 . Vertes comme… Non… Je devais me tromper… Et pourtant…
Nous retînmes notre respiration. Un filet de sueur froide coula le long de mon dos. Le temps paru s'être suspendu un court instant. Puis les lueurs de détournèrent et les pas invisibles reprirent leur route. Je relâchai ma respiration en un profond soupir.
-C'était quoi, ça ?
-Je n'en sais rien, Hermione. Je n'en sais rien du tout.
Elle regarda le couloir à nouveau illuminé avec un regard soucieux. Dieu seul savait ce à quoi elle pensait. Personnellement, je me demandais ce qu'il s'était passé, si j'avais bien entendu ce que j'avais entendu et vu ce que j'avais vu. Quelqu'un était-il passé sous couvert d'un sort ou d'une cape d'invisibilité ? Etait-ce la chose qui rôdait, à la recherche d'une nouvelle proie ?
-Venez, il se fait tard.
Et sans un mot de plus, sans même vérifier si je la suivais, elle s'engagea dans la direction par laquelle étaient venus les bruits de pas. Je m'empressai de la rejoindre.
-Vous n'avez rien vu, Hermione. Rien vu, rien entendu, vous ne savez rien. Me suis-je bien faite comprendre ?
-Parfaitement, professeur.
-Je mettrai le professeur Dumbledore au courant dès que je vous aurai raccompagnée à vos quartiers.
Mc Lagan avait sorti sa baguette et je fis de même – je pensais cependant que nous n'en aurions plus besoin. Lorsque je clignais des paupières, je revoyais ces sphères vertes et réentendais les horribles sifflements qui avaient déchirés la nuit, quelques minutes auparavant. J'en tremblais encore.
-Vous en ferez des cauchemars pendant encore quelques jours. Demandez un Philtre de Paix chez Madam R8 Pomfresh si vous en éprouvez le besoin.
J'acquiesçai, l'esprit encore dans l'alcôve. Mc Lagan pila net et je me cognai contre elle. Je levai les yeux vers elle. Puis suivit son regard. Vers…
-Harry ?
Il se tenait devant nous, une main dans laquelle se tenait un morceau de parchemin usé et l'autre levée au dessus de sa tête éclairait sa route grâce à sa baguette. Je remarquai alors le pan de mur ouvert derrière lui et me demandai d'où il venait. Un frisson me parcourut le dos. Se pourrait-il que… Non… Il fallait que je me ressaisisse.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je… Je reviens de… Et vous ? Qu'est-ce que vous fabriquez ici ?
-Je faisais ma ronde, comme tous les jeudis.
-Il s'est passé quelque chose ? Tu n'as pas l'air bien…
Je risquai un regard vers Mc Lagan et répondis par la négative. Il était inutile de l'inquiéter avant d'avoir fait la lumière sur cette affaire. Il avait assez à penser pour l'ennuyer avec des détails inutiles.
-Je suis juste fatiguée.
Il haussa légèrement un sourcil mais ne dit rien. Je sentais bien qu'il ne me croyait pas. Il m'avait déjà vu exténuée ou effrayée au long des années passées et savait à quoi je ressemblais dans les deux cas. Avoir partagé certaines choses avec quelqu'un est parfois bien désagréable, particulièrement lorsqu'on veut mentir à cette personne. Et l'on ne ment pas à Harry Potter.
-En route.
Nous suivîmes le professeur Mc Lagan sans dire un mot. Je ne savais pas si Harry comprenait mon choix de lui taire ce qu'il s'était passé. Je ne pense pas. Mais comment pouvais-je lui dire que j'avais vu des yeux semblables aux siens ? Que j'avais entendu les sifflements du Fourchelang et qu'il était le seul dans l'Ecole à le parler ? Comment avouer tout cela à mon meilleur ami ? Comment admettre qu'il ait pu avoir un quelconque lien avec toute cette affaire ?
-Mot de passe ?
-Credendo Vides.
La Dame en rose inclina la tête et le portrait dévoila l'entrée de notre Salle Commune. Mc Lagan nous souhaita une bonne nuit et s'éloigna. Les braises éclairaient une petite partie de la pièce. Cela me semblait plus conviviale, presque plus… intime…
-Hermione…
Je me tournai vers Harry. Il me regardait en face.
-Il s'est passé quelque chose, avant.
Affirmation plus qu'autre chose. Nous nous regardions droit dans les yeux.
-Je n'ai pas envie d'en parler, m'entendis-je répondre d'une voix sourde.
Je me dirigeai déjà vers l'escalier qui menait vers les dortoirs.
-Hermione !
-Bonne nuit, Harry.
Je continuai ascension sans lui jeter un regard. Je savais qu'il ne comprenait pas, qu'il voulait savoir, qu'il avait besoin de savoir ce qui s'était passé. Mais je ne lui raconterai rien. Ni ce soir, ni jamais.
…
-Merci et à la prochaine !
Fin du cours de Défense Contre les Forces du Mal. Mc Lagan n'a pas reparlé des événements de la semaine passée. Du mois dernier, devrais-je dire car nous étions alors en Avril.
-Miss Granger, restez un instant, je vous prie.
Je dis à Ron et Harry de m'attendre à la Salle Commune. Je me tournai vers le professeur Mc Lagan et attendis qu'elle dispose de mon sort. Elle était assise à son bureau et me regardait. Elle n'avait pas un regard farouche, non. Elle me faisait plutôt penser à une bête aux aguets.
-Peut-être serait-il préférable de discuter dans mon bureau.
Je hochai R9 la tête et la suivis. Je n'étais encore jamais montée dans son bureau. Je me l'imaginais désordonné, des parchemins traînant au milieu de cages abritant des créatures de toutes sortes. Je fus agréablement surprise de constater qu'il n'en était rien. Le bureau était rangé, les parchemins soigneusement empilés les uns sur les autres et aucun aquarium n'était visible. Même les armes accrochées aux murs ne semblaient pas déplacées. Après tout, beaucoup de bureaux Moldus étaient ornés de fusils anciens et d'autres épées.
-Du thé ?
-Vous ne m'avez pas demandé de rester pour me proposer du thé, n'est-ce pas ?
-Non mais une discussion est meilleure autour d'une boisson chaude.
Elle versa le contenu d'une théière dans deux tasses et vint les poser sur une table basse avant de s'asseoir sur le fauteuil face au mien. Nous restâmes silencieuses un instant, savourant la boisson revigorante, avant de commencer les choses sérieuses.
-Qu'aviez-vous entendu ?
Je savais qu'elle parlait de la fois où j'avais perçu sa conversation d'avec Firenze. Je ne me demandai même pas comment elle avait su que je les avais entendus. Je posai ma tasse sur la table et croisai les mains sur mes genoux avant de répondre calmement.
-Qu'est-ce qu'un Dalahith ?
Après avoir surprit leur conversation, je m'étais rendue à la Bibliothèque dans le but de savoir ce qu'était un Dalahith mais je n'avais rien trouvé. Je n'avais pas plus obtenu de renseignements lors de la ronde que nous avions effectuée de concert. Le professeur Mc Lagan ne répondit pas tout de suite, se contentant de faire tourner sa tasse entre ses doigts et de regarder dans le vague. Enfin, elle revint à la réalité et me regarda. Elle avait une petite lueur dans les yeux que je ne lui connaissais pas.
-Me tromperais-je en affirmant que vous n'avez aucun renseignement sur eux ?
Elle n'exigeait pas de réponse, elle la connaissait déjà. Elle posa sa tasse sur la table et se cala dans son fauteuil. Elle se mit à caresser la boule de poils bruns qui s'était réfugiée sur ses jambes, la deuxième – blanche - étant sur les miennesR10 .
-Il vous faut savoir, Hermione, que les Dalahiths ne sont connus que par une poignée de personnes en qui nous avons toute confiance. Pour le reste, ils ne sont qu'un mythe, une vague légende parmi tant d'autres. Ce que vous allez apprendre ce soir ne devra jamais être révélé, vous ne devrez jamais y faire ne serait-ce qu'une allusion.
-Un peu comme le sortilège de Fidelitas.
-C'est le même principe, oui.
-Alors je ne dirai rien. Vous pourrez me lancer un sortilège d'Oubli si vous l'estimez préférable à ma parole.
-Je vous sais capable de tenir votre langue quand la situation l'exige. Bien. Pour savoir ce qu'est un Dalahith, il est utile de connaître une notion un peu particulière. Saviez-vous qu'il existait des milliers d'univers habités ?
Elle avait annoncé ça comme si elle me demandait l'heure. Je restai muette sur mon siège. Comment était-ce possible ? Comment se faisait-il que je ne sois pas au courant ? Que la population ne soit pas au courant ?
-Nous avons découvert le premier il y a cinq siècles. Ilarmès. Un merveilleux hasard. Ce fut notre première collaboration interplanétaire et le début d'une longue lignée. Nous n'avons pas encore percé le pourquoi du comment de cette découverte mais nos chercheurs ont leur idée sur la question. Quoiqu'il en soit, après la découverte d'Ilarmès, il nous est paru évident qu'une divulgation précoce de cette découverte mettrait en péril nos sociétés respectives. Il fut ainsi décidé que la population de nos deux mondes ne serait mise au courant de l'existence de nos voisins qu'en temps voulus. C'est pourquoi furent créés les premiers clans Dalahiths.
-En quoi consistent-ils ?
-Ils devaient à la base s'assurer que le secret ne serait connu que du personnel autorisé, que ce soit sur Terre ou sur Ilarmès. Des sortes de vigiles, si vous préférez. C'était avant que nous ne fassions état de l'existence d'autres Portes et d'autres mondes. Nos chercheurs avaient établis qu'un certain type de perturbation magnétique pouvait entraîner la formation d'une Porte, d'un point de passage entre deux univers. En plus du maintient de la sécurité, les Dalahiths furent chargés par la suite de vérifier si un couloir était en activité et si tel était le cas, d'assurer la sûreté des environs immédiats des deux côtés. C'est comme ça que la Gilde des Navigateurs seconda celle des Gardiens. Au fur et à mesure de nos découvertes et des années, nous renforcions nos liens avec nos voisins et accumulions quantités d'informations sur eux mais aussi sur nous-même.
Elle fit une pause dans son récit, le temps de finir sa tasse de thé. La fouine recroquevillée sur ses genoux entamait à présent l'ascension du Mont Mc Lagan avec la ferme intention de s'enrouler autour de son cou.
-En 1876, lors de la Conférence d'Assilia, la capitale d'un royaume sur Ilarmès, il fut décidé que des Clans de Navigateurs mixtes sillonneraient nos univers pour à la fois assurer la sécurité intérieure à la Confédération mais aussi pour mieux nous connaître les uns les autres.
-Qu'entendez-vous par des Navigateurs mixtes ?
-Un petit mélange des races de la Confédération. Les Dalahiths avaient été découpés en différentes Gildes chargées d'une zone bien précise et c'est des races composant la zone en question que provenaient les membres des Clans chargés de sa sécurité ou de son exploration. Chacun profitait ainsi des contacts des uns et des autres avec les autochtones et l'insertion était plus facile.
-Donc ils ont un peu le même rôle que l'Ordre du Phénix, résumai-je. Les Gardiens.
-Un peu, oui. Sauf que l'Ordre assure la sécurité de la seule Angleterre et ce, uniquement en temps de guerre et depuis une petite vingtaine d'années. Les Gardiens veillent sur le monde entier et à chaque minute de chaque jour. Nous empêchons les guerres inter mondiales de se déclencher à grand renfort de diplomatie ou d'exécutions discrètes.
-Soit. Donc si je suis bien votre développement, les Dalahiths sont en quelque sorte une armée, avec les hauts gradés, les sentinelles-soldats et les espions.
-On peut dire ça, oui, répondit-elle en souriant.
-Mais si vous faites partie d'une telle… armée, comment se fait-il que vous soyez ici en tant que professeur ?
-Albus m'a demandé un petit coup de main et j'ai accepté. Et puis j'avais besoin de vacances.
-Vous êtes en vacances ?
Cette idée me paraissait aberrante. Comment était-il possible qu'une personne ait un congé d'une année ? Aussi extraordinaire que soit sa vie, ce n'était pas possible !
-Etonnant, n'est-ce pas ? Je suis Navigatrice et comme nous voyageons par monts et par vaux toute l'année, nous avons un Code du Travail spécifique. Beaucoup d'entre-nous ont une famille quelque part et ils profitent d'une année sabbatique pour rester avec eux. Il y a toujours quelqu'un pour les remplacer, de toute façon. Nous sommes assez nombreux.
Je hochai la tête pour marquer ma compréhension. A bien y réfléchir, j'avais entendu un jour quelqu'un parler des Dalahiths. C'était une mère qui disait à son enfant que s'il n'arrêtait pas de se plaindre, elle demanderait aux Dalahiths de l'emmener je ne sais plus où. Ainsi, dans l'imaginaire populaire, ils étaient maléfiques. Je dus parler à haute voix car le professeur Mc Lagan soupira.
-Et le pire c'est qu'on ne peut rien faire pour redorer notre blason puisque personne ne doit savoir que nous existons…
Je demandai encore des explications sur les différents univers ainsi que sur l'organisation interne des Dalahiths. Elle me livra volontiers ces renseignements, sachant parfaitement que je n'irai pas les répéter. Qui m'aurait cru, de toute façon ? Je passai ainsi mon après-midi à l'écouter raconter comment elle avait été embauchée, comment elle avait fait ses premières armes, dans quel conflit, pourquoi… J'en appris plus en l'écoutant qu'en lisant un livre extrêmement détaillé. Lorsque je la quittai, j'avais la tête pleine d'images de batailles, de romances inter mondiales impossibles, de complots…
Malgré tout, la dernière phrase de mon professeur m'intriguait. Elle m'avait demandé de transmettre à Harry qu'il y était presque. Presque à quoi ? Je l'ignorais. Quoi qu'il en soit, je transmis le message qui fut accueilli avec scepticisme mais je voyais dans ses yeux une sorte de soulagement. Que partageait-il avec Mc Lagan ? Quelle relation avaient-ils qui fut si… étrange ? C'était là un des secrets de Poudlard qui ne serait probablement jamais percé.
…
Je faisais ma ronde, ce soir-là. Une nuit supplémentaire à traquer les contrevenants. Je me disais souvent que c'était la partie la plus ingrate du travail de préfet. En y pensant, être préfet n'est pas vraiment être différent des autres élèves. Prenez Ron, par exemple. Si nous n'avions pas été amis et si je n'avais pas connu son statut, il m'aurait paru être un élève comme les autres, je n'aurais jamais pensé « Tiens ! Un préfet ! ». J'en conviens, c'est un mauvais exemple.
Au détour d'un couloir, je rencontrai le professeur Mc Lagan. J'avais tenu ma promesse. Personne n'avait jamais su un traître mot de ce qu'elle m'avait raconté. C'est curieux mais je ne la voyais pas différemment d'avant. Elle était toujours mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal, toujours anti-conventionnelle… Toujours Calleigh Mc Lagan, en somme.
-Et je le serai encore quelques temps, dit-elle comme en réponse à mes observations.
-Comment savez-vous ce que…
Un hurlement interrompit ma question. La chaleur de mon sang fit place à un torrent glacé qui me souleva le cœur. Je regardai le professeur Mc Lagan. Elle avait les yeux écarquillés et était blanche comme un linceul.
-Non… pas encore…
Et elle se mit à courir à travers les couloirs en direction des hurlements. Je la suivis sans réfléchir. Nous franchîmes deux escaliers et passâmes devant six portes closes avant de trouver la source du bruit. Trois professeurs étaient déjà sur les lieux, regroupés en cercle autour de quelque chose. Nous nous approchâmes et distinguâmes leurs chuchotements.
-… un préfet…
-… pas normales…
-… prévenir les parents…
Je perçai l'attroupement et découvrit enfin ce qui alimentait les bavardages. Ou plutôt qui. Mes genoux flanchèrent et je m'accrochai sans honte à la robe du professeur Dumbledore lorsque je reconnus qui était la personne au sol.
-Ron…
Il était couché sur le ventre, les bras au-dessus de sa tête comme s'il voulait se protéger de quelque chose. Des pas précipités brisèrent les chuchotements. Madam Pomfresh s'accroupit à côté de Ron et le tourna sur le dos avant d'écarter un de ses bras. Sa tête roula sur le côté comme celle d'un pantin désarticulé. Nous pouvions voir qu'il avait les yeux solidement clos et un rictus d'horreur sur les lèvres.
-Ron… Mais que t'a-t-on fait…
C'est à cet instant, je pense, qu'on daigna remarquer ma présence. Dumbledore me soutint plus fermement et McGonagall posa une main compatissante sur mon épaule.
-Quand est-ce arrivé ?
-Il y a une dizaine de minutes, tout au plus.
Je lâchai la robe du directeur et m'agenouillai aux côtés de Madam Pomfresh. Je ne percevais plus que le bruissement des conversations des professeurs.
-Il… Il est…
Je ne pouvais prononcer le mot 'mort'. Cela aurait conféré une réalité à ce que je voyais, une réalité dont je ne voulais pas. Ron ne pouvait pas être mort, pas encore ! Il était beaucoup trop jeune, il avait encore des tas de choses à faire !
-Dans un état proche du coma. Je ne sais pas qui a fait ça mais à chaque fois c'est la même chose. Ils ont tous la même terreur sur le visage, comme s'ils étaient face à leur plus grande peur et qu'ils ne pouvaient la vaincre tellement elle est puissante. De toute ma vie, je n'ai encore jamais vu pareil phénomène.
-Miss Granger ?
Je sursautai lorsque la main de mon professeur de Métamorphose se posa sur mon bras. Je levai les yeux vers elle.
-Où avez-vous laissé Mr Weasley ?
-Près du tableau d'Artemisia Lufkin, il y a environ deux heures. Il avait dit que si on se séparait, on en aurait fini rapidement et qu'on pourrait aller se coucher parce qu'il était…
Je m'interrompis en me rendant compte que je déblatérais des âneries qui ne faisaient aucunement avancer la situation. Je me tus donc et suivit les professeurs jusqu'à l'Infirmerie où Ron fut déposé parmi les autres Internés. Car je supposais que ce n'était pas des malades comme les autres qui étaient étendus derrière ces tentures. Je m'approchai d'un des lits. Quelqu'un était étendu là. Ses bras reposaient sur les draps. Des bras bandés. De même que ce qui était visible de sa poitrine. J'étais en présence d'une momie. Par momie, j'y entends le sens de personne totalement bandée.
-Melysa Murdoch, me dit Madam R11 Pomfresh qui m'avait suivie. Serdaigle. La première. Elle a douze ans, souffla-t-elle. Il faut que je change ses bandages.
-Pourquoi en a-t-elle autant ?
-Quand elle est arrivée, ses bras étaient couverts de plaques rouges. Ca a dégénéré il y a une deux semaines. Ca ne peut pas être une allergie, à moins qu'ils ne soient tous allergiques à la même chose.
-Comment ça ?
Madam Pomfresh écarta une tenture qui séparait Melysa d'un garçon. Il semblait être de septième année. Cheveux R12 noirs plaqués sur un front mate par de la sueur. Le drap ne le recouvrait que jusqu'à la taille. Les bandages qui entouraient son torse et ses bras formaient une sorte de chemise qui laissait libres les épaules. Des épaules rougeoyantes.
-Miceál O'Sé. Serpentard. Vous pouvez vous occuper de lui ?
Ainsi, même les Serpentard étaient touchés. C'était rassurant, en quelque sorte.
-Qu'est-ce que je dois faire ?
-Lui changer ses bandages et passer cette pommade, me répondit-elle en me tendant un pot.
Je défis les bandages sur le torse du jeune homme. Il était couvert de tâches rouges plus ou moins étendues. Des cloques étaient visibles à certains endroits.
-Il est là depuis combien de temps ?
-Il est arrivé un peu après Melysa.
Je ne savais pas comment apposer la pommade. Devais-je la saupoudrer ? L'étaler ? Je pris le parti de la saupoudrer pour les parties à cloques et de l'étaler pour les autres. Je me mis donc au travail. J'éprouvais un curieux frémissement à passer mes doigts sur le corps d'un garçon.
La chair sur laquelle je passais les mains s'agita. Les poings de Miceál se serrèrent tandis qu'il émettait un soupir en ouvrant les yeux. Il les avait couleur ciel d'été. Voilés. Lointains. Ils se fixèrent sur moi. Un léger sourire incurva ses lèvres.
-Bonjour…
Sa voix n'était qu'un murmure difficilement audible. Je lui souris en retour et continuai ma tâche. Son regard valsait de mes mains à mon visage pour ne plus le quitter. Au bout de trois minutes d'intense examen, je lui en demandai la raison.
-C'est agréable… de voir un ange… s'occuper de… de moi…
Je souris au compliment. La souffrance devait lui avoir fait perdre la raison.
-Je ne t'avais… jamais vue… avant…
-Un de mes amis vient de… enfin… il est ici.
Les yeux de Miceál s'assombrirent.
-Désolé…
Je commençai à lui bander les mains. Je ne voulais pas penser à ce qui s'était passé ce soir. C'était encore trop récent.
-Il… il a de la chance de… de t'avoir… à ses côtés…
Je finissais de bander ses bras lorsque Melysa eu des convulsions. Madam Pomfresh demanda aux professeurs présents de maintenir fermement la jeune fille tandis qu'elle lui enfonçait un tissu dans la bouche pour qu'elle ne s'étrangle pas avec sa langue. Elle disparut dans son bureau et en ressortit quelques secondes après, une seringue à la main. Je suppose qu'il s'agissait d'un sédatif car Melysa se calma rapidement après que le liquide lui ait été injecté.
-Je sens que… que je serai bientôt comme… comme elle…
-Pourquoi ?
-Je suis le… troisième arrivé… Melysa est dans le… dans le coma depuis… depuis une semaine, John… John depuis cinq jours… Et ils sont tous… tous les deux transformés en… en momies…
Je souris à la comparaison. Ne l'avais-je pas faite moi-même peu avant ? C'était véridique, pourtant. Et Miceál était bien partit pour leur ressembler sous peu. Ron également. Mon sourire se fanât à cette pensée.
-Voilà, dis-je en finissant le pansement. Comme un sou neuf.
-Merci…
J'hésitais. Pouvais-je lui demander des détails sur ce qui s'était passé lors de son agression ? Ce n'aurait pas été correct. Je préférais éviter. La tenture séparant les lits s'écarta et la tête du professeur Flitwick apparut.
-Miss Granger, Madam Pomfresh vous demande.
Je me levai mais la main de Miceál se posa sur la mienne. Il avait le regard suppliant.
-Tu reviendras ?
Il me faisait penser à un enfant malade qui avait besoin de sa mère. Je serrai la main bandée. Je laissai le professeur veiller sur le jeune homme et allai voir ce que me voulait l'Infirmière. Je la retrouvai en train de s'affairer autour de Ron. Celui-ci avait encore les yeux fermés et semblait dormir. Ses traits étaient détendus. Plus aucune trace de terreur ou quoi que ce soit du même acabit.
-Madam Pomfresh ?
-Hey Hermione.
La voix était rauque et faible mais je la reconnaissais. Ron me regardait. Je me jetai à son cou en poussant un cri de joie – puis en me faisant rabrouer par la maîtresse des lieux.
-Comment tu vas ?
-J'ai l'impression que ma tête a été broyée par un hippogriffe.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Je me rappelle pas vraiment. J'étais en train de marcher et j'ai entendu du bruit derrière moi. Je me suis retourné pour réprimander les contrevenants – comme tu me l'as si bien appris – et … et le noir complet.
-Tu ne te souviens de rien d'autre ?
-Non, juste une sensation de froid. Comme si j'étais cerné par une armée de Détraqueurs.
Mon expérience au cours de notre troisième année me permit sans mal d'imaginer ce qu'il avait ressenti.
-Je peux sortir dans combien de temps, Madam Pomfresh ?
L'Infirmière et moi échangeâmes un regard. Je savais ce qu'elle pensait. Ron avait subit la même chose que Melysa. Je doutais qu'il puisse sortir de l'Infirmerie avant un bon moment. Après tout, les autres y étaient depuis trois semaines.
-Vous resterez quelques jours en observation, Mr Weasley.
Ron soupira. Il avait beau être un flemmard patenté, il n'aimait pas l'inaction. Je lui serrai la main pour compatir.
-Ne t'inquiètes pas, je viendrai tous les jours. R13
Madam Pomfresh me regarda, un léger voile de tristesse sur les yeux. Nous en étions arrivées au même raisonnement. Elle savait que, plus je viendrais, plus je serai témoin de sa déchéance. Elle acquiesça néanmoins à mon idée. Je suis d'avis qu'elle pensait que ma visite serait bénéfique à ses patients, que je les aiderais à partir. Car je savais aussi bien qu'elle qu'ils ne s'en sortiraient pas. Je n'ai pas su l'expliquer, à l'époque, pas plus qu'aujourd'hui. C'était juste une impression diffuse, une sorte d'odeur qui planait… D'aucuns diraient l'odeur de la Mort. R14
Je quittai l'Infirmerie peu après. Les professeurs avaient déjà déserté les lieux. Ne restaient que les patients et ce silence obsédant, inquiétant. Perdue dans mes pensées des événements de cette nuit, je ne remarquai pas le professeur McGonagall et la heurtai de plein fouet.
-Excusez-moi, dis-je précipitamment en me relevant. Je ne vous avais pas…
-Miss Granger ! Justement, nous vous cherchions.
Elle avait l'air préoccupée par quelque chose. Sa voix la trahissait. Que pouvais-je bien pour elle ? Je remarquai soudain le professeur Rogue adossé contre un mur, un mouchoir plaqué contre l'arrière de sa tête. Un mouchoir blanc tâché de rouge. Je voyais les traits de son visage contractés par la douleur. Que lui était-il donc arrivé ?
-Avez-vous vu Mr Malefoy aujourd'hui ?
Malefoy ? Pourquoi le cherchait-elle ? Qu'avait-il encore fait, celui-là ? Avait-ce un rapport avec la blessure du professeur Rogue ? L'aurait-il frappé ? Non… Ca ne collait pas au personnage…
-Pas depuis le déjeuner. Je crois que les Serpentard de sixième année ont libre à partir de trois heures, aujourd'hui. Il est peut-être allé travailler à la Bibliothèque ou dans sa chambre. Il s'y est peut-être endormi.
-Mrs Pince ne l'a pas vu et le professeur Rogue a fouillé les Cachots de Serpentard sans résultat.
Malefoy était introuvable ? Mais comment ? Qui ? Où ? Peut-être était-il dans la salle… Je ne savais pas si le professeur McGonagall était au courant aussi me tus-je. Je décidai d'aller mener ma propre enquête. Je bafouillai un mensonge et m'éclipsai. Je trouvai sans mal un passage secret et débouchai au cinquième étage. Quatre volées d'escalier et me voilà dans l'aile des professeurs.
Il y avait face à moi une vingtaine de portes. A mesure que je défilais entre ces rangées de soldats, je remarquai qu'aucune ne ressemblait à la suivante. Certaines étaient finement gravées, d'autres peintes en partie ou en totalité, certaines associaient les deux arts, d'autres encore étaient nues, simplement vernies. Je trouvai celle qui m'intéressait. Gravée de motifs floraux peints de couleurs réalistes. Quelle étrange représentation pour un garçon qui ne semblait pas sensible aux charmes de la Nature.
De crainte de me faire repérer par un professeur ayant décidé d'aller se coucher, je poussai la porte et entrai dans le bureau. Je m'étonnai de le trouver ouvert aux quatre vents. Connaissant Malefoy, jamais il n'aurait laissé son bureau – ou qu'importe ce que c'était – ouvert sans une bonne raison et sans être à proximité. Je ne pense pas qu'il était parti faire un tour. Le feu aurait été allumé et le professeur McGonagall l'aurait trouvé. La façon dont était rangé le bureau – ou plutôt comment il était dérangé – faisait plutôt penser à une interruption… à une fuite…
Les papiers étaient étalés pêle-mêle sur le bureau, une veste était jetée négligemment sur le dossier du fauteuil. Je ramassai quelques feuilles tombées sur le sol devant le bureau et me coupai avec un fragment de verre. J'entourai la coupure d'un mouchoir et observai plus attentivement les fragments. Un verre était tombé à cet endroit et le contenu s'était répandu sur les papiers. Pas par accident, Malefoy l'aurait ramassé. C'était comme s'il était tombé lorsque quelqu'un avait heurté le bureau violemment.
Un scénario me passa devant les yeux. Il me semblait toutefois improbable. Qui aurait pu en vouloir à Malefoy au point de l'enlever ? Non… Ce devait être autre chose. Et pourtant…
…
…
…
…
Beaucoup de partisans de notre Maître ont été arrêtés, ces temps-ci, par les troupes du Ministre Mc Bright. Car oui, il a été réélu. Pour notre plus grand malheur. Comment veulent-ils que l'on monte une armée suffisamment puissante s'ils fauchent autant nos effectifs ? Surtout qu'il n'y a pas d'espoir de libération, pour les détenus. Il ne faut pas imaginer les Aurors comme de gentils agneaux en robes orange. Ils sont certes différents des Détraqueurs mais tout aussi redoutables.
…
Ashton et moi nous sommes retrouvés dans une salle du troisième, cette après-midi. Nous n'utilisons jamais la même. Question de sécurité. Ordre du jour : le présent que nous fait notre Maître. Il s'agit d'une petite boîte circulaire en bois ouvragé. Nous pouvons voir le fabuleux travail effectué sur les runes gravées sur le pourtour. Il y a une lettre qui accompagne l'objet. Il y est spécifié une liste de personnes sur qui l'employer – notamment pour nos essais. Cela ne me choque pas de n'y voir que des adolescents. Le Maître a ses raisons que nous ne sommes pas sensés connaître, nous autres exécutants. Je suis pourtant surprise de trouver une mention spéciale concernant l'un d'entre eux.
-Je serais curieux de savoir ce qu'il a fait pour déplaire au Maître, me dit Ashton en pointant le nom du doigt.
-Ce n'est pas à nous de le savoir. Nous exécutons, point à la ligne.
-Mais quand même…
-Voudrais-tu être le premier cobaye ?
Il déglutit. Bien sûr que non. Il n'est que curieux.
-Bride ta curiosité ou il t'arrivera la même chose qu'à Père.
Le fait que je fasse mention de notre père, décédé quelques semaines auparavant, lui déplait. Je vois ses yeux devenir brillants. Pour un peu, il en verserait une larme. Affligeant ! Comment cet héritier Sang Pur peut-il se laisser aller à un tel sentimentalisme ? Aurait-il changé de camp ? J'espère que non. Pour lui. S'il tient à la vie, il serait souhaitable qu'il se ressaisisse. Et vite. Je n'aimerais pas devoir finir le travail toute seule. Non pas que je ne m'en sentes pas capable mais il risquerait de passer un très, très mauvais quart d'heure à son retour au Manoir.
Merlin… Je fais preuve d'une telle compassion que ça m'en dégoûte ! On croirait entendre un de ces stupides Gryffondor ! Enfin… le fait que Ashton soit à Poufsouffle ne l'aide en rien à regagner l'estime de ses pairs. Je suppose qu'en lui faisant exécuter cette mission, Mère pense qu'il lavera son honneur, démontrer qu'il n'est pas un bon à rien. C'est un projet ambitieux mais qui a de grandes chances de ne pas réussir.
Ashton n'a jamais été quelqu'un qu'on pourrait qualifier de méchant. C'est plutôt quelqu'un d'assez effacé, qui ne se mêle pas vraiment aux autres, toujours un livre sous le bras. S'il y a une chose que nous avons pourtant en commun, c'est bien l'amour des livres et des mots. C'est peut-être pour ça que je suis à Serdaigle… Mais je ne comprends pas comment une Héritière issue d'une famille de Serpentard peut être envoyée à Serdaigle et son frère jumeau à Poufsouffle. Les voix du Choixpeau sont impénétrables.
-Qu'est-ce que tu proposes ?
-Vas chercher la signification des runes. Je vais voir comment fonctionne ce truc.
L'enseignement de Mère devrait payer. Ashton a toujours été doué en runes. Pas comme moi…
-Sois prudente.
-Je le suis toujours.
-On ne sait pas à quoi ça peut servir, cette fois.
Il marque un point. Je lui affirme que je ferai attention et l'envoie à la Bibliothèque. Il m'énerve à jouer les mères poules. Il m'énerve mais il me fait sourire. Est-ce la particularité des jumeaux ? A la fois aimer et détester son double ? Ressembler à cet autre et vouloir sa propre image ? Nous sommes des antithèses vivantes… Déconcertant, quand on y pense.
Comme dit, je me mis à l'ouvrage immédiatement après le départ d'Ashton. Connaître la signification des runes m'aurait grandement aidée. Toujours est-il qu'en furetant un peu partout, j'enclenche le mécanisme. Il me semble avoir passé la main sur une pièce amovible et l'avoir sentie se rétracter sous mon doigt. Le couvercle se lève et une espèce de brouillard noir commence à envahir la pièce. Je frissonne. La température vient de baisser assez violemment.
Malheureusement, c'est à cet instant que la porte s'ouvre sur Melysa Murdoch, ma meilleure amie. Enfin… si je peux l'appeler ainsi. Je crois n'avoir jamais eu de vrais amis. Je n'en vois pas l'utilité.
-Enerhin ? Qu'est-ce que…
Pourquoi ne continue-t-elle pas sa phrase ? Le brouillard noir se transforme peu à peu en une silhouette humaine aux traits indéfinissables. A première vue, on dirait un homme… A première vue, seulement. Car ce qui se dégage de cet être, de cette chose ne ressemble pas à ce que peut dégager un être humain. Séduction. Malveillance. Un cocktail dangereux. Difficile de ne pas se laisser entraîner.
L'homme tourne autour de Melysa comme un rapace cherchant une proie. Je le vois la regarder des pieds à la tête avec un regard… terrifiant. La séduction qu'il dégage se décuple et entoure sa victime. Il se rapproche. Un pas puis l'autre. Il la frôle. Il me fait penser à un vampire. Il est derrière elle. Il sent son odeur. Il commence par l'épaule. Je le vois remonter petit à petit vers son cou puis sa bouche. Il pose sa bouche sur la sienne. Il l'embrasse ? Non… J'entends comme un… une sorte de coup de vent… Comme dans les films Moldus où le vent fait un bruit caractéristique en éteignant la bougie que tient l'acteur qui va se faire tuer. Il lui insuffle quelque chose. Ou plutôt… il entre en elle. C'est comme s'il s'était changé à nouveau en brouillard.
Pourquoi devient-elle aussi blanche, tout d'un coup ? Pourquoi ces yeux grand ouverts ? On dirait qu'elle est en tête-à-tête avec un Epouvantard ou je ne sais quelle créature de cauchemar.
La voilà qui s'effondre. Je m'approche. Elle ne me quitte pas des yeux, la terreur les hantant. Je ne peux détourner le regard. Je suis comme… fascinée… fascinée et épouvantée. Elle est là, prisonnière de quelque chose, en proie à je ne sais quoi. Elle s'agite dans tous les sens, comme pour se libérer de chaînes invisibles. Je n'ose pas faire un pas de plus. Je suis là, debout, le coffret entre mes mains, incapable d'agir. Elle se tord dans tous les sens, les bras le long du corps. Elle me fait l'impression d'un moucheron prit au piège d'une toile d'araignée.
Et puis le cri. Un cri de pure Peur. Un cri à vous glacer les sangs.
Je sursaute. Dans un réflexe, je passe la main sur une face de la Boîte. Mes doigts frôlent une pièce de bois amovible. Je le pousse et remarque qu'elle s'enfonce.
Tout s'arrête. D'un coup. Comme si une tempête venait de s'arrêter brusquement. L'homme est soudain devant moi. Il incline la tête et reprend sa consistance vaporeuse avant de réintégrer la Boîte dont le couvercle se referme. La température remonte doucement et Melysa respire difficilement.
Je m'enfuis comme une lâche. Je cours en prenant soin de dissimuler ma charge. Je dévale les escaliers, en escalade d'autres et me retrouve devant la porte de la Bibliothèque. Il faut qu'Ashton soit au courant. Absolument.
Le Maître ne sera pas content. Pas du tout. Je peux déjà sentir ses Doloris sur mon dos. Un peu comme les fouets de mon enfance. Merlin, ayez pitiéR15 …
…
-Qu'est-ce qu'on va faire ? Si le Maître apprend ça… Et si Mère…
-On se calme ! Avec un peu de malchance, le Maître est déjà au courant. S'il ne s'est encore rien passé de fâcheux pour nous, ça doit vouloir dire qu'il nous laisse une chance de nous racheter.
-Espérons…
-Qui vivra verra. Quoi qu'il en soit, on s'en tient strictement à la liste à partir de maintenant. On a trouvé comment ça fonctionne – frissons du frangin –, il ne reste plus qu'à trouver nos cibles et les exécuter.
…
-Quoi qu'il arrive, accroche-toi à ta santé mentale.
-On dirait que c'est horrible à voir.
-Pas horrible. Incompréhensible.
Bruits de pas. J'intime le silence à Ashton d'un regard. Avec le temps, il a appris à obéir sans discuter. Le fond du couloir s'est éclairé. Nous avons choisi d'exécuter nos victimes de nuit lorsque c'était possible. Pratique. Moins dangereux. Si on se fait prendre, nous risquons au pire une retenue et quelques points enlevés, facilement rattrapables en Enchantements. Flitwick ne favorise pas sa Maison. Il sait que nous n'en avons pas besoin. Nous sommes les meilleurs, après tout. Pas besoin de favoritisme, à Serdaigle.
Voilà que je pense comme Cho… Merlin… Reprends-toi, Enerhin. Ne vas pas tomber dans un égocentrisme profond. Les Serdaigle sont intelligents en général – ce qui exclut Cho d'office – mais pas forcément les meilleurs. Relativisons les choses et revenons-en à notre mission – sinon Serdaigle pourrait bien perdre ma brillante intelligence. Egocentrisme, quand tu nous tiens…
Aujourd'hui, nous sommes en début de soirée, dans les cachots. Un garçon avance dans le sillage du rai de sa baguette. Il faut dire qu'il fait sacrément sombre. Grand, il semble avoir une peau assez foncée, ou bien est-ce dû aux ombres qui dansent sur lui ? Peu importe. C'est lui notre cible. Je me demande ce qu'il a fait pour être dans le collimateur du Maître. Cela n'a pas d'importance. Exécutants nous sommes, exécutés ils seront. Qu'importent les crimes commis. Allez demander aux bourreaux pourquoi ils exécutent telle ou telle personne. Que vous répondaient-ils ? Qu'ils font leur travail. Point à la ligne. C'est la même chose pour nous.
Hmm… C'est qu'elle est mignonne, cette victime. En plus d'être grand, il a l'air bien bâti. On voit juste les muscles ressortir ça et là sous sa robe. Je ne l'ai jamais vu sur le terrain de Quidditch donc je suppose que c'est, petit a naturel, petit b dû à un quelconque autre sport, petit c il fait quand même partie d'une équipe mais en réserve. J'aimerais voir cet Apollon sur balai… Un spectacle digne des… comment disent les Moldus ? Chi… ? Pi… ? Le nom m'échappe. Ce sont ces hommes qui se dénudent sur scène devant des femmes aux hormones en surchauffe.
Nous sommes cachés par un virage, la Boîte entre mes mains. Il passe devant nous. Nous le suivons à pas feutrés. Il a les cheveux bruns assez longs et une démarche… Merlin ! Méduse se figerai d'elle-même rien que pour pouvoir l'approcher… A cent pour cent, John Marlens, Gryffondor de cinquième année – renseignements tirés de la liste –, est désigné comme l'homme le plus canon de Poudlard. Cependant, il n'est pas préfet donc que fait-il ici ?
Ashton me frôle la main. Il n'est plus l'heure de rêver mais d'agir. Raclement de gorge du petit frère – trois minutes d'avance font de lui mon puîné – et sursaut du beau mâle. Il se retourne et nous transperce du regard. Des yeux… Soupir.
-Qu'est-ce que vous faites ici ?
Ashton bredouille je ne sais quoi d'un air pitoyable. Bien. A mon tour d'entrer en scène. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la Grande Enerin Croft va faire son entrée en scène dans son rôle préféré : la petite fille innocente et perdue.
-On s'est perdus en revenant de la volière. Ca fait deux heures qu'on tourne dans les couloirs et je… on… enfin on retrouve pas nos Salles Communes.
Yeux de chien battu accompagnés d'une brillance annonciatrice de larmes et le tour est joué. Beau mâle perd son air belliqueux et devient tout sucre tout miel. Aussi doux qu'un Poufsouffle. Ecœurant. Mon chéri, tu baisses sérieusement dans mon estime. Je n'ai plus de regrets.
-Poufsouffle et Serdaigle, c'est ça ?
Hochement de tête. T'as deviné ça tout seul ? Je me retiens de lever les yeux au ciel. Ces Gryffondor, je vous jure… Courageux mais pas fute-fute.
-Venez, je vais vous reconduire.
Il passe devant nous et reprend le chemin par lequel il est venu. Parfait. L'occasion qu'on attendait. Mes yeux retrouvent leur inexpressivité coutumière. J'ai un sourire mauvais quand je passe mon doigt sur l'une des runes amovibles. Ashton s'agite, à mes côtés. Il ne sera pas touché. J'ai l'impression que la chose qui est à l'intérieur ne se dirige que vers les personnes à qui je pense. Pratique.
Le couvercle s'entrouvre. Le brouillard noir en sort. La température baisse. Notre guide n'a pas l'air de remarquer ce qui se passe – hormis la baisse de la température. Comme pour Melysa, le brouillard prend forme humaine. Une femme, cette fois. Logique. La séduction passe par l'attirance envers le sexe opposé. Le scénario reste le même, est-ce besoin de le rappeler ?
Ce n'est que lorsque la femme le touche qu'il se rend compte qu'il se passe quelque chose de pas net. Il se tourne vers nous.
-Qu'est-ce que…
Melysa avait posé la même question. Qu'est-ce que c'est ? Une simple compilation de tes peurs les plus profondes, de tes cauchemars et de visions inventées sur place injectées dans ton esprit via le brouillard ou qu'importe ce qu'est ce truc. En parlant de Melysa, j'ai appris qu'elle était à l'Infirmerie pour cause de violents maux de ventre. Un quelconque rapport entre ma bêtise et son intervention ? Possible. Toujours est-il que, sous la panique, la lumière s'éteint – ces sorciers qui ne savent pas maîtriser leurs émotions… - et nous nous retrouvons plongés dans le noir. Je ne sais pas si le mode opératoire est le même pour John que pour Melysa. J'entends juste des sortes de grouillements tout autour de moi, comme un débarquement massif d'insectes. Des sons plaintifs se font entendre de même que quelques petits cris.
La peur arrive à son paroxysme avec le Cri. Toujours le même. De la Terreur, de la Peur pure. Celle qu'on ne rencontre que dans des occasions très spéciales.
Je passe mon doigt sur la rune de fermeture et tout se calme. Le Cri se tait de même que les grouillements. J'entends une respiration précipitée. Celle de John ? Celle d'Ashton ? C'est vrai que pour lui il s'agit d'un baptême. Je le prends par la main et nous éloigne de là d'un pas tranquille. Je range la Boîte dans mon sac. Ce serait suicidaire – pour moi – de faire voir cet objet à quelqu'un. Je laisse mon bras effleurer le mur pour ne pas nous perdre. Passé un embranchement, j'allume ma baguette et regarde Ashton. Le pauvre est blanc comme un suaire. Des gouttelettes de sueur coulent le long de ses joues. Il a les mêmes yeux vides que moi.
-Ashton ?
Pas de réponse. Le pauvre petit est en état de choc. Je le comprends, faut dire. Je n'étais pas mieux la première fois.
-Eh Ash', tu vas pas me tomber dans les pommes ?
Il semble réagir à la mention des pommes et son teint vire au verdâtre.
-C'était… Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Nous avons exécuté quelqu'un, petit frère.
-Il est… mort ?
Je garde le silence. A lui d'imaginer ce qu'il veut. Nous débouchons sur un couloir et remontons au rez-de-chaussée. En chemin, nous croisons Firenze et le professeur Rogue. Ca n'a pas l'air d'aller, professeur. Pas un regard, pas une parole. Ashton n'a vraiment pas l'air bien. Il me ressemble beaucoup plus, avec ces yeux vides. Il s'en remettra.
…
Les exécutions se poursuivent dans la joie et la bonne humeur. Ashton n'est plus aussi sensible que lors de sa première fois. Je lui ai appris le maniement de la Boîte. Il en est enchanté. Je ne lui connaissais pas un tel… sadisme, aurais-je envie de dire. Il laisse ses victimes hurler tout leur saoule. Le pire c'est qu'il a l'air d'aimer ça. Malgré tout, il n'a pas changé en dehors de nos activités. Toujours le même Poufsouffle. Enfin bon… Personne n'est parfait.
Melysa n'est pas revenue en cours, d'après Yzann. Je commence à me demander ce qui arrive aux exécutés, à long terme. Je sais que John est également à l'Infirmerie, de même qu'une ou deux autres de nos victimes. Mais aucun n'en est encore ressorti. Je serais vraiment curieuse de savoir pourquoi. Est-ce de notre faute ? Ont-ils eu tellement peur qu'ils n'arrivent plus à dormir et travailler ? Mystère complet. Silence total des autorités. R16
…
Nous arrivons au cas le plus intriguant de notre liste. Drago Malefoy, Serpentard, sixième année. L'Affaire M., comme nous l'appelons, est des plus intéressante. En effet, personne ne connaît la cause du revirement de Malefoy en ce qui concerne les Serpentard. Il ne les fréquente plus que rarement, passe tout son temps libre Merlin sait où, a presque abandonné le Capitanat de l'équipe de Quidditch. Et pourquoi ? Là est le Mystère Malefoy.
L'Inspecteur Croft ayant mené l'enquête, nous avons découvert qu'il s'enferme dans la même pièce à chaque fois qu'il disparaît. Et cette pièce est située dans un endroit interdit aux élèves : l'aile des professeurs. Que fait-il dans cette salle qui ait besoin d'être à ce point isolé ?
Toujours est-il que nous essayons de le suivre pour découvrir sa retraite exacte. Pour tout dire, ce n'est pas évident. Il change de trajet constamment. Ce type est presque aussi prudent que l'Auror Maugrey… Je ne dirais pas parano. Juste soucieux de préserver son secret. Attitude qui l'honore, soit dit en passant. Typiquement Serpentard.
Le Maître nous a certifié que, lorsque nous jugerons bon de passer à l'action, il enverrait quelqu'un rapatrier Malefoy jusqu'à son quartier général. Je préfère ne pas imaginer ce qui peut lui arriver une fois sur place. Ce qui m'intrigue le plus c'est comment il compte introduire un de ses hommes dans l'Ecole sans le faire repérer. Peut-être a-t-il déjà quelqu'un dans la place. Dans ce cas, qui est-ce ? Un professeur ? Non… Un élève, alors. Un Serpentard ? Non. Trop évident… C'était forcément un élève d'une autre Maison. A supposer que ce soit vraiment un élève…
…
Je raye un nom de plus sur notre liste. Ronald Weasley. Il ne s'est pas laissé faire comme je le voulais. On a dû jouer sur une corde raide. Enfin, ça s'est bien passé et c'est tout ce qui compte. L'ennui, c'est qu'on a failli se faire avoir. C'est vrai, c'est quoi cette manie qu'ont les profs à toujours traîner là où ils ne sont pas désirés ? On aurait pu organiser un beau concerto en Hurlement Mineur s'ils n'étaient pas arrivés avant la fin de la représentation. Et croyez-moi, se cacher dans les Cachots à environ onze heures le soir, c'est pas évident !
Bref, la première partie de soirée est terminée, passons à la deuxième. Drago Malefoy. Ashton et moi nous dépêchons de monter jusqu'à l'aile des professeurs – les passages secrets, c'est d'un pratique ! Nous trouvons sans mal la porte que nous avons repérée comme étant celle de l'antre du sieur Malefoy. Je ne suis pas fâchée de voir arriver la fin de cette mission. Plus que trois personnes et je pourrai dormir plus longtemps. Le rêve… Allons Enerhin. L'heure n'est plus à la rêverie. On envoie ce paquet au Maître et on peut aller se coucher.
Nous nous approchons de la porte en faisant le moins de bruit possible. Un rai de lumière filtre sur le sol. A la bonne heure, il est encore là. On n'aura pas perdu notre soirée, au moins. C'est déjà ça. Je frappe à la porte. Quelques secondes passent. Au moment où je crains qu'il se soit endormi, la poignée s'abaisse et notre client apparaît sur le pas de la porte.
-Qui êtes-vous ? nous demande-t-il. Qu'est-ce que vous faites là ?
Je prends un sourire commercial et lui répond sur un ton enjoué qui ne m'est pas du tout naturel. R17
-Drago Malefoy, je présume ?
-Je répète : qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
Qu'il peut être têtu !
-Enerhin Croft, et voici mon frère Ashton. Vous êtes bien le Drago Malefoy qui est en sixième année à Serpentard ?
-Vous en connaissez un autre ?
Ton condescendant. Il n'a pas une petite estime de lui-même, celui-là.
-Nous sommes ravis de vous annoncer que vous avez gagné un séjour chez le Seigneur des Ténèbres, tous frais payés. R18
J'ouvre la Boîte et laisse sortir le brouillard. Comme s'il avait compris mes intentions, il n'agit pas comme d'habitude. La température ne baisse pas mais pourtant il est bien là. Le voilà qui prend la forme de liens. Malefoy recule et heurte son bureau. Un verre chute et se brise sur le sol. Il se retourne et veut attraper sa baguette, posée sur son bureau mais je ne lui en laisse pas le temps. Je dirige le brouillard vers ses mains et les lui rabat dans le dos. Des papiers s'échappent de leurs piles et s'éparpillent un peu partout. Notre prisonnier se redresse mais un coup d'Ashton dans ses genoux et le voilà à terre. J'envoie les liens lui attacher les chevilles.
-Qu'est-ce qui se passe ici ? Qui…
Je me retourne vivement pour apercevoir le professeur Rogue tomber sous le coup d'un homme masqué. Je comprends que c'est là l'homme que nous a envoyé le Maître. Notre professeur de Potions gît sur le sol, inconscient. Il doit l'avoir cogné fortement. Il va avoir mal à la tête, en se réveillant… Je me retourne vers Malefoy qui regarde la forme de son ex-sauveur puis l'homme arrivé providentiellement.
-Voici votre guide qui vous accompagnera jusqu'à votre résidence. Nous espérons que vous passerez un agréable séjour.
L'homme émet un reniflement dédaigneux de la même manière que Rogue. Une recette de famille ?
-Allez-vous en. Vite.
Je comprends qu'il y a urgence. L'attaque de Weasley d'abord puis l'enlèvement de Malefoy. Ca commence à faire beaucoup. Sans compter l'absence du professeur Rogue qui pourrait paraître suspecte. Ashton me précède dans le couloir. J'entends un bruit mat et m'éloigne en courant, mon frère à mes côtés. Finalement, tout s'est bien passé. Je suis fière de moi.
J'abandonne Ashton à un croisement en lui conseillant de passer par des chemins détournés pour rejoindre le Grenier des Poufsouffle. Lui doit monter qu sixième étage, si ma mémoire est bonne. Quant à moi, il me faut rejoindre l'aile Est et mon chez-moi.
Dans la nuit noire, je laisse une phrase. Un avertissement.
-Dormez tant que vous le pouvez…
…
…
…
…
Fiou ! Fini ! Il est 1h55 du matin, je suis fatiguée et je viens de finir ce chapitre après… 4 mois d'attente (je crois que c'est 4 mois… enfin, pas d'importance).
Si vous permettez, je ferai les réponses aux reviews demain… Bonne nuit tout le monde !
Nous voici de retour, pas de bonne heure mais de bonne humeur pour les RAR ! (faut juste que je les retrouve…)
C'est une chose qui arrive couramment, Cemeil. Ca s'appelle l'engouement lecturien. C'est pas une maladie, c'est juste une sorte de pulsion. Remarque, t'as de la chance que l'histoire face que 6 chapitres et pas 40 sinon t'aurais passé un temps dingue dessus. Sinon marfi pour les encouragements (ça va aller mieux, je pense). Pour le 'bonnes fêtes', je suis désolée de ne pouvoir dire la même chose (sauf si y'a des fêtes à venir, dans ce cas…) Chalut !
Quelqu'un que j'aime tout plein beaucoup ! Mimi ! Le Seigneur des Anneaux, tout le monde l'a trouvée (facile !). Comment j'ai su que c'était toi qui m'avait piqué le Champ' ? J'ai des zeuils partout (ton mystérieux + musique d'ambiance). Ah bah voilà ! C'est le dieu des bouteilles de Champ' qui t'a punie ! Bien fait ! Et ils disent encore de consommer avec modération, à la télé… M'enfin… J'ai plein de choses mais pas de carambars, d'zolée (planque le paquet). Eh ben ué, Rogue réfléchit. On dirait pas, hein ? Sympa ? T'as vu ça où, toi ? Ah ué… Viens de voir où il peut passer pour sympa… Ben comme quoi, la robe ne fait pas le sorcier ! Ce que fabrique Riry dans les tréfonds de Poudlard à une heure où les loups-garous dansent la polka avec les centaures sur un fond de musique rock joué par les elfes de maison… Excellente question, j'ai qu'une vague idée (pensée de Mimi : ah ben bravo, c'est quoi ces auteurs qui savent même pas où ils vont…). Non, ils ne font pas de cochonstées ! Je proteste ! Nah mais c'est quoi cet esprit tordu pire que le mien ! Réussir pépère, réussir pépère… On verra ! Très belle phrase, en effet (tu met tout ça avec une petite musique style révélation de quelque chose vachtiment important et c'est parfait). Ja, VIVE LES MOUTONS JAMAICAINS ! Beeeeeeuuuuuuuuuuuhhhhhh ! (c'est pas comme ça qu'ils font ?). RAR C6 : Nah, ça r'ssemble pô du tout à un reproche, pas du tout ! (justifié, comême…). Valà ! Avant de faire la Mère La Critique, on balaye devant son clavier ! Naméo ! La Muse a répondu (en fait, c'est tetre UN Muse…). Des fics que je sais pas comment écrire… je dois en avoir… 3 ou 4, au pif. Doit même y avoir un projet de bouquin… Pourquoi ? Besoin d'une idée de fic ? Tve on en discute autour d'un verre de Champ' ?
Notre troisième candidate… eh ben en fait c'est déjà répondu via mail (c'est d'un pratique, ce truc… quand ça merde pas, bien sûr). Donc Kazy, eh ben t'as pas droit de réponse aujourd'hui…
Ben… v'là la suite, Kemet…
Ah ué, tant que j'y pense (marfi Kemet de m'y faire penser), le chap 6 risque de prendre aussi un tit peu de temps pour cause de TPE à finir (c'est pas gagné…), bacs blancs à réviser (youppie (notez l'enthousiasme !)) et révisions du bac (mama je veux pas !). Donc on se revoit dans... je sais pas… On va essayer fin Mai ou mi-Juin, ça vous va ? Ch'promet rien mais on va essayer de tenir le délais.
Voili voilou voilà, sich fini pour aujourd'hui. Ceux qui ont envie, y'a le buffet qui vient d'ouvrir.
Chalu
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'" R1 Peuplant, peuplant, tu vas peut-être un peu loin là, non ?
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'" R2
MDR ! Très bonne celle-là !
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'" R3
Il ne manque pas un mot là ? ça ne veut rien
dire, une journée qui a au diapason. Qui est, à la
limite.
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'" R4
Elle s'appelle Madam en Anglais. Madam Pomfrey, à l'instar
de Madam Bibine. Ce n'est pas Mrs. Sais pô pourquoi.
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LOOOOOOOOOOOL ! Quelle idée divine !
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C'est pratique ça ! Pourquoi tous mes profs et mes
parents ne sont-ils pas comme ça ? Buhuhuuuuu…
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'" R7
Harry ? Bah ! Harry !
Roooooh on t'as pourtant dit d'arrêter les chips à
la sauce Mc Lagan, ça te rend somnambule bordel !
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Même commentaire que plus haut.
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H aspiré alors pas question de faire des simplifications.
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… Quelle boule de poils ? Elle a des animaux Mc Lahan ?
C'est possible, mais je m'en souviens plus… shame
on me
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A moins qu'elle ne se soit transformée… 8-) Ce qui
pourrait être marrant, dans un autre contexte. (HS :
Putain j'ai mal à la colonne… Ostéopathe,
pitiéééééééééé)
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'" R12
Je pense que tu voulais dire « cheveux » parce
que sinon je plains le pauvre gamin. Ça doit être dure
de vivre avec des chevaux plaqués sur le visage…
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J'y pense, Harry il fait quoi ? Il part lécher les
abricots blancs aux Bahamas avec Benoît XVI ?
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Ron va mourir ? Merde. Pfffffffffffffffff… C'est dommage.
J'aurais bien aimé qu'il vive. Je l'aime bien Ron, moi.
Il est boulet, ça rassure. Les gens comme moi se sentent
moins seuls sur Terre.
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Putain 12 ans, et déjà aussi dangereux ? Moi à
12 ans, je me contentais de bouder quand on m'énervait et
de m'embrouiller avec tout le monde en leur hurlant dessus !
J'allais pas jeter des Ombres bizarres ! Voldemort, t'es
qu'un pervertisseur !
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J'aime bien le fait qu'elle ne se rende pas vraiment compte de
ce qu'elle fait, et qu'elle se pose des questions sur sa
meilleure amie alors qu'elle a fait un geste presque inhumain.
Elle ne percute pas que ce qu'elle fait peut peut-être tuer.
C'est vraiment génial !
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mdr ! J'adore !
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'" R18
MDR ! Pauvre gosse. Faut quand même qu'ils percutent,
les pitchounets, hein ! Le Seigneur des Ténèbres,
c'est pas Ibisa, et les jeux c'est pas ceux qu'on fait dans
les Bronzés hein !
