Chapitre 12.

Croyez-vous qu'il soit possible d'aimer une personne plus que sa propre vie ?

Il ne cessait de dire combien il le trouvait beau. Qu'il ne convenait qu'à ses bras. Sa vie ne se résumait qu'à l'entourer d'amour, qu'il était vivant pour le regarder. Ses doigts frôlait ses lèvres, caressait son visage. Il sentait son parfum omniprésent, la chaleur de son souffle lui brûlait la peau. Ses jambes s'enroulaient autour des siennes, comme s'il ne voulait plus le laisser s'échapper. En osmose.

Comment avait-il pu vivre sans lui durant tout ce temps ? Il n'en avait pas la moindre idée et ne concevait pas d'en être éloigné. Sa simple vue illuminait sa journée, un sourire aveuglant ne décrochait plus de ses lèvres, qu'il aimait tant explorer avec sa langue. Il l'enlaça presque à lui briser le dos, le serra si fort contre lui qu'il était incapable de savoir où l'un commençait et l'autre finissait. Ils n'étaient qu'un.

Je suis jaloux du sol qui supporte tes pas, du soleil qui caresse ta peau, du vent qui joue avec tes cheveux. Je suis jaloux quand l'eau caresse ton corps, quand tu mordille un crayon, l'air ailleurs. Je suis jaloux de l'oxygène qui gonfle tes poumons, des livres que tu tient entre tes mains.

Sasuke glissa contre le corps de son amant, ses lèvres se posant sur la moindre surface de sa peau. Naruto écoutait, les yeux fermés, ses paroles soufflées comme un secret.

— Je suis jaloux de tous ceux à qui tu souris, de la moindre attention qui n'est pas pour moi. Sasuke descendit plus bas, toujours plus bas. Je te veux pour moi seul, au point que je ne supporte pas que quiconque t'approche.

Sa langue traça un sillon humide le long de son estomac et redessina les abdos qui se contractèrent sous la caresse. Il sourit.

— Je voudrais t'enfermer dans une tour d'ivoire et d'argent pour être le seul à pouvoir y entrer afin de contempler le spectacle de ta beauté. J'en garderais précieusement la clé pour rien ne puisse t'atteindre.

Naruto poussa un cri : la langue taquinait son sexe, léchant avec ardeur son intimité dressé. Le regard concupiscent de Sasuke s'illumina : il aimait le voir perdre la tête !

— Je voudrais ne plus jamais voir de larmes dans tes yeux, te donner tout ce qui t'émeut. Je voudrais un monde peuplé de toi pour avoir l'exclusivité de ta personne. Je veux que tu ne vois que moi.

Le va et viens sensuel accéléra, ses oreilles emplit des gémissant de son amour. Dieu qu'il aimait son goût.

— Je serais ton monde, ton univers, ton souffle. Je fais partie de tes baisers, de tes caresses, de toi tout entier. Tu es mien pour l'éternité. Epouse-moi, Naruto. Ici et maintenant, devant l'éternité, je veux que tu sois à moi à tout jamais.

Naruto rendit les armes dans une pluie d'étoiles.

— Je t'aime...

Jamais encore on ne lui avait fait pareille déclaration, se dit Naruto. Il était paralysé, ne sachant quoi dire. Les mots restait coincé dans sa gorge et refusait de s'envoler. C'était la plus belle chose qu'on lui ait dite, lui qu'on avait toujours rejeté. Sasuke avait envahi son monde gris emplit de ténèbres dans lequel il était enfermé, surgissant de la lumière pour l'envelopper de son amour, lui disant ce que son coeur avait toujours désiré entendre. Il était enfin aimé…

Deux semaines après son réveil et lorsqu'il fut certain que son amour ne garderait aucune séquelle, Sasuke lui fit l'amour sur ce minuscule lit d'hôpital comme jamais, lui donnant la sensation d'être unique. Il l'entoura comme Naruto avait voulu l'être depuis sa plus tendre enfance. Naruto venait de trouver le rivage où il comptait bien être amarré jusqu'à la fin de sa vie. Repu, il sombra dans un sommeil paisible, entre ses bras fort et protecteur. Il avait enfin trouvé sa voie.

— Ils sont trop mignons...

— Pourquoi n'ai-je pas d'appareil photo, moi ? dit une femme.

— Tu parles trop fort, répliqua une autre, morne.

— Gna, gna, gna.

— Ça suffit, tout les deux. On a une chose plus importante à faire. Ne les dérangeons pas

— Faudrait peut-être leur dire, non ?

Naruto reconnu la voix de Gaara mais encore en plein sommeil, il songea que ce n'était d'un rêve. Et puis, il était si bien dans les bras de Sasuke !

— Itachi, siffla Gaara, lâche cette couverture !

— Quoi ? Je ne fait rien de mal !

— Sale pervers ! dit la voix féminine. Reluquer ton propre frère. Réfrène donc tes pulsions de bête !

— J'ai bien le droit de contempler, non ?

— Je ne veux pas que tu reluque mon frère.

Itachi soupira. Dieu qu'ils étaient coincés !

— Bah, tant d'histoire pour si peu...

— Je vais m'énerver...

La menace n'eut pas l'air de terroriser Itachi, les yeux brillant d'une lueur coquine.

— Oh oui, j'adore quand t'es comme ça.

— Crétin ! Gaara détourna la tête pour dissimuler son sourire.

— Je t'aime aussi, grand fou !

— C'est bon là, on arrête ! dit Temari. Vous êtes chiant quand vous vous y mettez. On laisse la lettre et on y va, on doit attraper ce fumier aujourd'hui sans quoi, il risque de s'enfuir.

— C'est bon, dit Gaara. Je suis d'attaque.

Le bruit de la porte qui se ferme tira Sasuke de sa torpeur. C'est avec un regard fatigué qu'il fit le tour de la pièce. Ne voyant personne, il replongea aussi sec dans le sommeil, resserrant sa prise sur le corps du blond qui soupira d'aise.

— C'est ici ! dit Temari.

Le trio leva les yeux vers l'imposante demeure. La maison de Neji respirait le luxe. Le tout était de savoir comment franchir la sécurité renforcé pour mettre la main sur le bourreau de Naruto. Le Hyuuga était loin d'être idiot ; à défaut de manquer de jugeote, il pouvait se servir de son incommensurable fortune pour dresser une barrière imprenable entre lui et le commun des mortels. Quoi qu'il en soit, l'endroit n'était guère approprié pour ce qu'ils avaient à faire.

Temari décida d'attendre dans la camionnette que Sakura leur avait gracieusement prêté. La rosée s'était déclarée heureuse de la vengeance mise en oeuvre, ajoutant des descriptions de tortures diverses et variés pour châtier celui qui avait osé s'en prendre à son ami. Temari avait grandement apprécié.

— Tu as des velléités de riposte un tantinet suicidaire, non ?

— Il ne sera pas dit qu'un salopard s'en prenne à mon meilleur ami sans qu'il ne paye le prix fort !

Les yeux de Sakura brillaient de perversité, amenant un sourire à Temari. Décidément, cette fille lui plaisait de plus en plus. L'attente débuta. Neji semblait barricadé dans sa tour d'ivoire et n'en sortait jamais. Deux des trois larrons commençaient à désespérés lorsqu'une aide inattendue survint en la personne d'une timide jeune fille ramené par Kiba, un autre ami de Naruto et Sakura.

Celle-ci avait entendu ce qui était arrivé au blond et s'était proposé pour les aider à entrer et capturer Neji. Gaara faillit l'étriper en apprenant leur lien familial mais la ravissante brunette s'empressa de démentir : bien qu'ils soient cousin, elle haïssait Neji qui s'employait à lui voler son héritage. La demoiselle avait également sa part à gagner en se débarrassant de ce pesant cousin, même si l'état de Naruto la préoccupait encore plus.

Gaara décidé de prendre l'affaire en main. Car après tout, le Hyuuga était une personne connu du monde social, mieux valait faire en sorte que rien ne puisses relier les Uchiwa à sa disparition. Il contacta ce numéro spécial, celui qu'il employait uniquement pour les cas critiques. C'est ainsi qu'une nuit, une escouade de cinq hommes pénétra silencieusement dans le domaine Hyuuga, les alarmes neutralisé par Hinata. Silencieux et professionnel, ils s'acquittèrent de leur mission en dix minutes.

Le lendemain, les journaux annoncèrent la disparition de Neji Hyuuga. On attendit une demande de rançon… qui ne vint jamais. Naruto ne devait jamais savoir et ce secret, les six amis comptaient bien l'emporter dans la tombe !

Naruto sortait dans deux jours. Sasuke ne tenait plus en place et sautait dans toute la maison, amusant ses domestiques, ravis du retour du blond. La maison avait été si terne sans lui. Leur patron changeait les meubles de place, passait dans la cuisine pour vérifier si tout les plats préféré de son compagnon était au menu, faisant peu de cas des grondement menaçant de sa cuisinière.

Itachi trouva Gaara assis au bord de la piscine. Depuis quelques temps, il le trouvait lointain, perdu ailleurs. L'Uchiwa n'aimait pas ça sans savoir pourquoi ça le dérangeait autant.

— Il te manque ?

Gaara acquiesça.

— Tu l'aimes ?

— D'une certaine façon, oui.

Itachi se renfrogna. Il n'aimait pas ce que ça sous-entendait.

— Alors, va le voir !

— Non. Ce n'est pas comme ça que cela doit se passer. Je ne doit pas me détourner de mon plan.

— Attend, je ne comprends pas... Le rouquin esquissa un sourire.

— Tu as toujours cru que nous voulions lui faire le plus de mal, dit Temari en s'asseyant près d'eux. Mais ce n'était pas le plan original. J'ai dit à Gaara les goût assez "spéciaux" de notre coupable et il a fait le reste.

— Hein ?

— Si tout se déroule comme prévu, c'est ce soir que nous verrons si j'ai réussi.

— A quoi ? Itachi était perdu.

Gaara esquissa un sourire, le rendant incroyablement beau aux yeux du brun.

— A le rendre dépendant de moi.

Il était plus de dix heures du soir lorsque la sonnette retentit. Genus alla ouvrir pour trouver une forme sur le pas de la porte. Il voulut la lui claquer au nez mais Gaara guettait.

— C'est pour moi, Genus.

Le majordome se retira non sans avoir gratifié le nouvel arrivant d'un regard noir.

— Alors, tu as enfin accepté ?

Kiba s'avança pour venir s'agenouiller devant celui qu'il considérait comme son maître. Celui que désormais, il aimait plus que sa propre vie !

— Oui. Je veux être à tes côtés.

Gaara s'agenouilla, lui prit le menton entre les doigts et l'embrassa tendrement, emplit d'un sentiment écrasant de supériorité. Il l'avait bien dressé ! Faisant fi du regard horrifié de Genus posté un peu plus loin et qui n'avait pu se résoudre a quitter les lieux, il entraîna son nouveau jouet dans sa chambre, aveugle à la silhouette d'Itachi, dissimulé derrière une porte, dévasté par une jalousie dévorante. Et qui pensait qu'il était temps pour lui de reprendre ses voyages. Plus rien ne le retenait ici, désormais !