- LES REFORMATEURS -
Comme vous le savez tous, mon histoire exploite la série Harry Potter de J.K. Rowling, ainsi que tous les à-côtés officiels (notamment les interviews accordées après la sortie du tome 7).
A mes côtés, j'ai une super équipe de correcteurs qui font un travail formidable. J'ai nommé : Monsieur Alixe, Fenice, Steamboat Willie et Xenon.
IV : Assumer ses responsabilités
Chronologie :
2 mai 1998 : Bataille de Poudlard
Septembre 1999 : Harry entre chez les Aurors
31 décembre 2001 : Mariage de Ron et Hermione
26 décembre 2003 : Mariage de Harry et Ginny
20 juin 2004 : Election de Ron à la tête de la guilde de l'Artisanat magique
17 juillet 2005 : Naissance de James Sirius Potter
04 janvier 2006 : Naissance de Rose
Période couverte par le chapitre : 19 avril au 30 mai 2006
À la mi-avril, alors qu'Owen faisait des courses durant l'heure de déjeuner, Harry se trouvait seul dans un café du Chemin de Traverse où il avait commandé un sandwich. Il était en train de terminer quand quelqu'un s'installa sur la chaise libre qui lui faisait face. Il regarda l'intrus avec surprise : il était rare qu'on ose ainsi le déranger, c'est pourquoi il ne prenait pas toujours la peine de se métamorphoser. Il ne put retenir une petite grimace en reconnaissant l'importun. C'était St-John Bielinski, l'avocat avec qui il avait croisé le fer plus d'un an auparavant.
— Je vois que vous m'en voulez encore, Monsieur Potter, le salua l'homme en réponse à son expression.
— Ça vous étonne ? lui retourna l'Auror sans prendre la peine d'être poli.
— Disons que je trouve votre rancune mal placée. Contrairement à ce que vous avez l'air de croire, je suis tout aussi attaché à la justice que vous.
— En aidant les utilisateurs de magie noire à rester en liberté ? railla Harry.
Bielinski se renversa sur sa chaise et répondit :
— Je suppose que vous voulez parler de Mrs Grimstone et de cette histoire de Sectumsempra. Quels sont les éléments qui vous donnent la certitude que c'est bien elle qui a lancé ces sorts sur son fils ?
— Vous pensez vraiment que l'enfant s'est blessé tout seul ?
— Non, plus maintenant. Mais figurez-vous que c'était la version qu'ils m'avaient donnée avant le premier procès, et ils n'en ont pas démordu. Savez-vous que c'est sur l'avocat que les délinquants testent leurs mensonges ?
— Est-ce une raison pour les défendre ?
— Nous n'avons pas toujours les éléments nous permettant de mettre leur parole en cause. Et la police n'est pas infaillible non plus. Par contre, il arrive régulièrement que les protestations d'innocence soient parfaitement fondées. Devons-nous vous accepter d'avoir des innocents en prison sous prétexte que les coupables mentent ?
Harry ne se laissa pas entraîner dans ce débat. Il revint sur le cas qui le préoccupait.
— Donc, pour vous, Mrs Grimstone, que tout désigne comme coupable dans cette affaire, devait être laissée en liberté parce que je n'avais pas de preuves recevables contre elle ?
— Mrs Grimstone devait être laissée en liberté parce que vous n'aviez d'autres éléments que votre intime conviction pour la désigner comme coupable.
— Il y a bien quelqu'un qui a blessé cet enfant ! s'indigna Harry.
— Si ce n'est pas elle et que vous la punissez, le coupable sera toujours en liberté, et la justice n'en sortira pas grandie. Les coupables ne sont pas interchangeables, vous le savez fort bien.
— Mais les parents sont, au mieux, complices. Est-ce normal qu'ils s'en tirent sans dommage ?
— Est-ce ma faute si vous n'aviez pas la moindre preuve les désignant comme coupables ? riposta Bielinski. Vous ne semblez pas vous en rendre compte à quel point les juges sont enclins à s'appuyer sur les accusations des Aurors, pour peu qu'ils aient le moindre commencement de preuve. Vous n'aviez ni détection de magie noire pour étayer l'existence d'un maléfice, ni le quart d'un témoignage pour rattacher ce sort à une personne.
Harry pris de court par cette attaque laissa échapper sa chance de répondre, et l'avocat continua :
— Mon opposition vous a obligé à sortir le grand jeu pour prouver que l'enfant avait effectivement reçu un Sectumsempra et que les parents avaient failli dans leur rôle protecteur. Le retrait définitif de leurs droits parentaux a été prononcé. C'est une décision très rare que vous n'auriez jamais obtenue sans la démonstration que je vous ai amené à développer.
— Vous essayez de me dire que c'est grâce à vous si Benjamin a été mis en sûreté ? demanda Harry, soufflé par tant d'impudence.
— C'est grâce au système de la défense, oui. Cela vous a obligé à avoir un meilleur dossier et la décision qui en a découlé a été davantage adaptée à la situation. Pour le premier juge, le sort reçu par l'enfant était sévère mais pas forcément noir. À la seconde audience, plus personne ne pouvait contester votre analyse.
Harry n'avait pas vu les évènements sous cet angle. Il n'était cependant pas entièrement satisfait du résultat qu'il avait obtenu :
— Votre opposition systématique à toutes les enquêtes présentées par la police et les Aurors peut aussi permettre aux coupables de s'en tirer à bon compte, rappela Harry.
— Dans les faits, il y a moins de coupables relaxés que d'innocents en prison, malheureusement, regretta le défenseur. Ce que j'essaie de vous faire comprendre, c'est que nous tentons tous les deux, à notre façon, de faire baisser ces deux chiffres.
— Vous pensez vraiment que la mère puisse ne pas avoir envoyé le sort ? demanda Harry après un moment de réflexion.
— C'est une possibilité que nous ne pouvons pas écarter sous prétexte que nous avons envie de venger ce pauvre gosse, affirma Bielinski. D'accord, il y a une forte probabilité que ce soit elle, mais cela peut aussi être une autre personne, qu'elle se sent obligée de protéger pour des raisons qui nous échappent.
— Donc vous admettez qu'il y a une très forte probabilité qu'elle soit directement ou indirectement coupable, pointa Harry.
— Pensez-vous vraiment qu'on a le droit de se baser sur la statistique pour envoyer quelqu'un à Azkaban ? l'interrogea Bielinski. À partir de quel pourcentage de certitude peut-on condamner quelqu'un, selon vous ? Et surtout, quel critère utilisez-vous pour chiffrer ce taux ?
Harry songea soudain à Sirius. Quelle avait été la probabilité de sa culpabilité quand on l'avait arrêté au milieu de cadavres de Moldus, la baguette à la main ? Quelle avait été celle qu'il ait bien été le Gardien des Potter ? Remus lui-même n'aurait-il pas témoigné contre lui, s'il y avait eu un procès ?
Son visage dut montrer le cours que suivaient ses pensées car c'est sur un ton plus conciliant que Bielinski poursuivit :
— Mon boulot est de vous obliger à monter des dossiers qui tendent vers les cent pour cent de certitude. J'ai trouvé votre argumentation passionnante parce que, pour une fois, on ne s'en tenait pas à la répétition d'un rapport plus ou moins bien ficelé. Vous avez réellement démontré ce qui était arrivé au petit, sans vous contenter d'asséner vos certitudes. Vos témoins ont exposé des faits, pas des interprétations de ce qu'ils ont cru voir ou entendre. C'était un vrai dossier.
Harry le considéra un moment avant de demander :
— Vous n'auriez pas été élevé du côté moldu ?
— Ma mère est une Moldue, reconnut son interlocuteur un peu sur la défensive.
— Vous aimeriez qu'on s'aligne sur leur procédure et leurs procédés de preuve, c'est ça ? continua Harry.
— Je me disais bien que vous ne pouviez pas avoir tout sorti de votre chapeau, sourit l'avocat. Nous parlons bien de la même chose, oui. Du point de vue des libertés publiques, nous avons beaucoup de retard chez les sorciers.
Ce n'est pas Harry qui pouvait dire le contraire. Il se souvint des manœuvres d'Ombrage pour lui faire rater son audience lorsqu'il avait quinze ans et les difficultés de Dumbledore pour faire entendre son témoin. Il avait bien entendu été indigné par le procédé à l'époque et, bien qu'il soit maintenant passé du côté de l'accusation, il n'avait pas changé d'avis. Ce qui s'était passé était choquant d'un point de vue procédural.
Soudain, il sut ce qu'il devait dire à cet homme. Il se pencha vers lui et lui conseilla :
— Écrivez un mémoire qui compare les deux procédures et indiquez ce qui, à votre avis, devrait évoluer pour nous. N'hésitez pas à utiliser des exemples moldus où les preuves de l'innocence d'une personne ont pu être apportées par la défense grâce aux mécanismes de protection des droits des accusés. Envoyez ça directement au bureau du ministre de la Magie. Sa secrétaire s'appelle Mandy Brocklehurst.
Bielinski, visiblement stupéfait, le contempla longuement avant de s'enquérir :
— Avez-vous l'intention d'appuyer ma demande ?
Harry secoua négativement la tête :
— Je serais sans doute en désaccord avec vous sur un certain nombre de points. Et puis ce n'est pas ma spécialité, et je n'ai donc aucune légitimité à faire valoir mon point de vue. C'est votre combat, pas le mien.
— Vous auriez été un allié de poids, insista Bielinski qui semblait se demander à quel jeu jouait Harry.
— Justement, ça m'oblige à faire attention où je mets les pieds, répondit Harry qui n'avait pas oublié le fiasco qui avait failli découler de son intervention dans les élections de la guilde de l'Artisanat magique. D'ailleurs, vous n'avez pas besoin de moi, assura-t-il. Kingsley Shacklebolt est du genre à s'attacher au mérite des gens, sans égard pour leurs origines ou leurs relations. Nous avons un bon ministre, profitez-en.
Harry n'était pas porté sur l'orgueil, mais il éprouva une grande satisfaction en découvrant une toute nouvelle lueur de respect dans le regard que l'avocat posait sur lui. Bielinski se leva et lui tendit la main :
— J'ai été très heureux de parler avec vous, Monsieur Potter. J'espère que nous aurons de nouveau l'occasion de nous rencontrer.
— Vous ne m'en voudrez pas de ne pas souhaiter vous avoir en face de moi lors d'une audience, fit Harry en souriant pour atténuer la remarque.
— Je le prends comme un compliment. Bonne après-midi, Monsieur Potter.
En regardant l'homme s'éloigner, Harry songea qu'il allait sans doute regretter la suggestion qu'il lui avait faite. Mais il savait qu'il avait assumé ses responsabilités envers sa communauté.
Un mois plus tard environ, en rentrant chez lui, Harry trouva Ginny affalée sur un des fauteuils du salon
— C'est le bébé qui t'épuise ainsi ? demanda-t-il en posant la main sur son ventre bien arrondi par ses six mois de grossesse.
— C'est James ! Cet enfant me rendra folle, affirma-t-elle. Devine où je l'ai retrouvé après l'avoir laissé seul dans cette pièce pour aller parler deux minutes avec Trotty ?
— Derrière le canapé ? tenta Harry.
Le samedi précédent, il avait eu un moment de panique en ne voyant plus son fils alors qu'il lisait tranquillement tout en le surveillant du coin de l'œil. Bien que l'enfant ne marche pas encore, il était allé le chercher jusqu'au vestibule et s'apprêtait à lancer un Hominum Revelio pour le localiser, quand le lampadaire à côté du canapé avait basculé brusquement, indiquant où se trouvait le petit chenapan. Harry avait retenu le luminaire de justesse, et l'amusement innocent que cela avait provoqué chez son fils l'avait dissuadé de faire le moindre reproche à l'impénitent.
— Même pas, répondit Ginny. J'avais mal fermé la porte et cette fripouille en a profité pour sortir. Il avait grimpé les six premières marches de l'escalier, quand je suis remontée de la cuisine. Tu te rends compte, s'il était tombé en arrière, il aurait pu se faire très mal !
— Comment a-t-il fait ? Il marche, maintenant ? s'étonna Harry.
— Il se traîne toujours, mais il va effroyablement vite, répondit Ginny l'air écœuré. Je ne veux pas penser à ce que cela va donner quand il marchera pour de bon.
— Mais comment a-t-il fait pour monter, alors ? interrogea Harry perplexe.
— Je ne sais pas, je n'ai pas attendu qu'il grimpe une nouvelle marche pour le récupérer. Je suppose qu'il s'est hissé, degré par degré. Il est doué quand même ! ajouta-t-elle d'un ton où perçait la fierté.
— Où est-il ? Déjà au lit ?
— Oui, il n'en pouvait plus. Il a failli s'endormir sur sa soupe. Faut croire que les bêtises, ça fatigue !
Le surlendemain, Hermione les appela par cheminée alors qu'ils se mettaient à table. Elle leur demanda s'ils pouvaient passer chez elle une fois qu'ils auraient terminé leur repas.
— Bien sûr, à tout à l'heure, répondit Harry qui avait pris la communication.
— J'espère que ce n'est rien de grave, s'inquiéta Ginny.
— Hermione ne paraissait pas particulièrement catastrophée, la rassura Harry. Juste excitée.
— Oh, tu crois qu'ils ont une annonce familiale à nous faire ? Leur numéro deux qui viendrait plus tôt que prévu chez eux aussi ?
Hermione avait repris le travail à peine trois mois après la naissance de sa fille. Elle avait embauché une sorcière pour s'occuper du bébé, s'arrangeant avec sa chef de département pour pouvoir rentrer chez elle le midi et allaiter son enfant. Harry était certain qu'elle ne désirait pas s'arrêter si vite pour une seconde grossesse.
— J'imagine mal Hermione faire ce genre d'erreur, douta Harry.
— Il est certain que cela ne peut arriver qu'à moi, rétorqua Ginny d'un ton pincé.
— Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! protesta Harry. C'est juste que Hermione…
Un coup d'œil sur Ginny lui fit comprendre qu'il s'enfonçait. Il changea sa stratégie de défense :
— Tu es une mère tellement formidable que notre second bébé n'a pas voulu attendre davantage pour venir nous rejoindre. Comment lui en vouloir ?
— Bien rattrapé, convint Ginny en l'embrassant.
Après avoir terminé leur dessert, ils laissèrent James, qui était déjà couché sous la garde de Miffy et Trotty, puis Harry et Ginny cheminèrent jusqu'au centre commercial où se trouvait la voiture branchée sur le réseau qui desservait le quartier de leurs amis. Dix minutes plus tard, ils étaient accueillis par une Hermione tout excitée qui ne semblait pas tenir en place et un Ron maussade. Cela ne cadrait pas vraiment avec l'annonce que Ginny avait imaginée.
Ils s'installèrent sur le canapé et portèrent leur attention sur Hermione qui entra aussitôt dans le vif du sujet :
— J'ai reçu un hibou de Drago Malefoy, annonça-t-elle.
— Tiens ! Que devient-il ? s'intéressa Ginny.
— Il ne te fait pas d'ennuis, j'espère, s'inquiéta immédiatement Harry.
— D'après ce que j'ai compris, il a créé une entreprise de fabrication de potions qu'il vend par correspondance. Il fabrique, entre autres, de la potion Tue-loup et fait des recherches pour l'améliorer.
— Malefoy œuvrant pour le bien des loups-garous ? Excuse-moi, mais j'ai un peu de mal à le croire, s'exclama Harry.
— Ce n'est pas si étonnant que ça, réfuta Hermione. Il a besoin de travailler, car la plupart des biens qui appartenaient à son père ont été saisis par le ministère. Avec son passé, trouver un emploi n'était sans doute pas facile et se mettre à son compte était donc une alternative logique. Il n'était pas mauvais en potions et il a décidé de se lancer sur ce marché. Rien d'extraordinaire.
— Mais faire des recherches sur la potion Tue-loup ! s'étonna l'Auror. Pour quelqu'un qui méprise les créatures magiques comme lui…
— Toutes les apothicaireries n'en vendent pas, expliqua Hermione. D'un point de vue économique, c'est donc un excellent choix. Et comme sa potion est vraiment efficace, beaucoup de loups-garous se fournissent chez lui maintenant. En outre, ils apprécient énormément son service de livraison par hibou car c'est très difficile pour eux d'entrer dans un magasin et de demander un produit qui révèle leur condition.
— Depuis combien de temps sais-tu que Malefoy fait ça ? questionna Harry.
— Je viens de l'apprendre. Je connaissais le nom de sa société car des loups-garous m'en avaient parlé et je la conseillais à ceux qui répugnaient à aller l'acheter en boutique. Par contre, j'ignorais que c'était lui le préparateur.
— Et pourquoi t'a-t-il écrit ? demanda Ginny.
— C'est de ça que je voulais vous parler. Avant de mettre sur le marché une nouvelle version du produit, il voudrait faire des essais. Il affirme pouvoir trouver des volontaires parmi ses clients, mais comme la formule est complètement différente de celle actuellement utilisée, il ne peut garantir que ce soit sans danger. Il ne le dit pas clairement, mais je pense qu'il veut s'assurer que, si ça tourne mal, on ne lui reproche pas de les avoir tués par malveillance ou négligence.
Cela réduisit les Potter au silence. Harry se tourna vers Ron qui n'avait pas prononcé un mot durant tout l'entretien. Son ami était resté debout, regardant par la fenêtre, comme s'il s'interdisait d'intervenir dans la discussion. Harry en déduisit que l'idée qu'Hermione collabore avec Drago lui déplaisait souverainement mais qu'il n'avait pas d'arguments valables à lui opposer, au vu des enjeux que cela impliquait.
— Hermione, qu'est-ce que tu attends de nous ? Ce genre de question, c'est plutôt ton rayon, remarqua Harry.
— Je veux savoir ce que vous en pensez, tout simplement.
— Comme toi, on a envie d'aider des loups-garous. Qu'est-ce que cela apporterait, cette nouvelle formule ?
— D'après Malefoy, ça bloquerait complètement la transformation et permettrait aux loups-garous de passer les nuits de pleine lune normalement.
— Ce serait formidable ! s'écria Ginny.
— Je me demande si ce n'est pas trop beau pour être vrai, avoua Hermione. Sans compter qu'en testant ce produit miracle, nous risquons de tuer des gens.
— On ne peut pas s'assurer autrement que ce n'est pas dangereux ? hasarda Ginny.
— Il a déjà vérifié sur des rats et des loups que le mélange n'empoisonnait pas l'organisme du sujet, développa Hermione. Mais il demeure toujours un risque quand on passe à l'être humain. Essayer les nouvelles médications sur un petit nombre de personnes avant de les généraliser est une étape indispensable.
— Quoiqu'il en soit, c'est une bonne nouvelle, jugea Harry. Même si la potion ne marche pas, c'est déjà une avancée en termes de recherche. Qu'en pense ton département ?
— Je ne leur en ai pas encore parlé. Je voulais y réfléchir avant d'en discuter avec eux. Et il y a autre chose : Malefoy m'invite à visiter son atelier.
Ron émit un grognement désapprobateur. Hermione leva les yeux au ciel et expliqua :
— Ron croit que c'est un piège.
— Pardon de ne pas être convaincu par le nouveau Drago, sauveur de l'humanité, fit son mari sans se retourner.
— Je ne vois pas ce que je risque à y aller, argumenta Hermione.
— Tu veux t'y rendre toute seule ? s'inquiéta Harry.
— Je pense me faire accompagner par un collègue. Nous sommes formés à faire face à de nombreuses créatures, alors je ne vois pas ce que Drago pourrait nous faire, assura-t-elle.
Harry se demanda si ce discours leur était adressé ou si c'était une façon de se convaincre elle-même qu'elle ne risquait rien.
— Tu ne veux pas que je t'accompagne ? proposa Harry après réflexion.
— Vu vos relations, ce serait de la provocation, refusa Hermione.
Ron grogna de nouveau, et Harry devina qu'il avait fait la même proposition et s'était fait éconduire avec les mêmes arguments.
— Étant donné que c'est une invitation officielle, que pensez-vous que Drago ait derrière la tête ? raisonna Ginny. Faire disparaître discrètement Hermione pour se venger de Harry ?
— Il peut la prendre en otage, répondit Ron en pivotant pour leur faire face.
— Pourquoi ferait-il une chose aussi stupide ? opposa Hermione. Il a refait sa vie, il est marié, pourquoi veux-tu qu'il fiche tout ça en l'air ?
Harry ouvrit la bouche pour demander qui était l'épouse de son ancien ennemi, mais Ron ne lui en laissa pas le temps. D'un ton furieux, il martela :
— On parle de celui qui a tenté de tuer Dumbledore et qui a essayé jusqu'au bout de livrer Harry à son maître. Harry, tu aurais dû le laisser rôtir dans la Salle sur Demande, on aurait la paix au moins !
— S'il est vraiment en train d'inventer une potion qui guérit les loups-garous, ça aurait été dommage de le laisser mourir, opposa Harry.
— C'est un Serpentard ! Pourquoi il aiderait les garous ?
— Il gagne de l'argent en le faisant, avança Hermione. La potion ne guérit pas les loups-garous. Ils devront la prendre chaque pleine lune, toute leur vie.
— Si tous les garous du monde entier en achètent, ça représente un joli paquet de gallions, remarqua Ginny.
— En plus, il acquerra une renommée qui lui permettra d'en gagner plus, ajouta Hermione. Le maître de guilde des Apothicaires pourra l'aider à développer son affaire.
— Et les Malefoy redoreront leur blason à peu de frais, fit Ron d'une voix dégoûtée. Fantastique !
— On ne va pas condamner tous les loups-garous à subir cette malédiction, juste pour se venger des Malefoy, s'énerva Hermione. Tu ne comprends pas que cette potion permettrait d'éradiquer définitivement cette maladie ? Plus de transformation, plus de contamination !
— Tu veux dire que les loups-garous n'existeraient plus au bout d'une génération ? se réjouit Harry.
— Pas tout à fait, tempéra Hermione. D'abord, la mettre à disposition dans tous les pays prendra du temps. D'autre part, certains garous n'en voudront pas, car ils sont fiers de ce qu'ils sont.
— Comment peut-on être fier d'être contaminé ? s'étonna Ginny.
— C'est une façon de supporter cette malédiction, expliqua Hermione. Voldemort a joué là-dessus pour les convaincre de s'allier à lui. Il leur a décrit un monde où ils n'auraient plus à se cacher ni à avoir honte de leur nature.
Harry observa pensivement Hermione. Il était certain qu'elle avait pris la décision de se rendre chez Drago et de soutenir sa demande. Alors pourquoi les avait-elle fait venir ? Un regard sur Ron lui apporta la réponse. Elle avait besoin d'eux pour convaincre son mari.
— Ron, commença-t-il, tu crois qu'on vivrait mieux en sachant que Drago en bave ?
— Ça te ferait plaisir de le voir se pavaner au ministère ? lui retourna Ron.
— Tant qu'il ne s'en prend pas à moi ou qu'il ne tente pas de s'attaquer à la politique que nous défendons, cela m'indiffère, assura Harry avec franchise.
— En règle général, plus nous humilions nos ennemis, plus nous les poussons à se dresser ensuite contre nous pour se venger, appuya Hermione. Si nous lui donnons une chance, il s'en souviendra peut-être.
— Vous êtes bien naïfs. Il est capable de vous nuire, juste pour le plaisir, assura Ron.
— Je ne pense pas, affirma Harry. Je l'ai vu avec Voldemort. S'il y a une leçon qu'il a apprise en ce temps-là, c'est qu'il ne tire aucun plaisir de la souffrance des autres. Et nous non plus, Ron. S'il doit devenir le bienfaiteur des loups-garous, tant mieux pour les loups-garous. Si cela doit le rendre riche et respecté, cela ne nous retire rien à nous.
— Très bien, abandonna Ron. Faites comme vous voulez. Mais ne venez pas vous plaindre si ce saligaud se retourne contre vous.
Dix jours plus tard, Harry et Ginny rendirent chez leurs amis pour savoir comment la visite d'Hermione à Malefoy s'était passée.
— J'appréhendais d'y aller, avoua-t-elle, mais, heureusement, il n'habite plus le manoir où nous avons été retenus. C'est plus petit, mais pas mal quand même. Drago nous a accueillis à la grille et nous a menés directement à l'atelier de potions qu'il a fait construire dans le parc.
— Tu étais avec qui ? s'enquit Ginny.
— Amos Diggory. Comme vous pouvez l'imaginer, il n'était pas plus favorable à un Malefoy que vous. Mais même lui n'a rien trouvé à redire.
Harry se demanda ce que le père de Cédric pensait des loups-garous. Il avait le souvenir d'un homme assez dur envers les créatures magiques. Hermione continua :
— Figurez-vous que Drago emploie une dizaine d'elfes.
— Il les paye ? se fit préciser Harry.
— Oui, à ce qu'il semble.
— Tu ne le savais pas ? s'étonna Ginny.
— Moi, je ne vois que les elfes qui viennent s'inscrire pour que je les aide à trouver des employeurs. Malefoy et ses employés s'étaient rencontrés sans intermédiaire, nous n'avions donc aucune raison d'être au courant. De plus, il les loge, ce qui fait qu'ils n'ont pas fait de demande pour habiter à la résidence de Pré-au-Lard. Je ne vais pas m'en plaindre : à long terme, nous espérons que les elfes n'aient plus besoin de notre aide.
— Ils sont bien traités ? s'inquiéta Ginny.
— Un certain Chiki, qui a le poste de contremaître, m'a fait visiter les locaux de fabrication. Tout m'a l'air bien tenu. Les elfes semblent très sûrs d'eux, et on leur laisse une certaine marge d'autonomie dans leur travail. J'ai aussi bien observé leur attitude quand Drago leur a donné des directives : ils le regardaient dans les yeux, ils ne se trémoussaient pas comme beaucoup le font et ils lui répondaient et obéissaient normalement, sans se précipiter par crainte d'être punis. Pas de courbettes obséquieuses non plus et une façon de parler aux humains très directe. J'en ai profité pour demander à visiter leurs quartiers d'habitation. Je les ai trouvés spacieux et bien aérés. De vraies chambres, pas de placards ou de niches, comme je l'ai vu dans d'autres demeures.
— Il faut le voir pour le croire, commenta Ron.
— Ron pense que j'ai été abusée, confia Hermione.
— Ce n'est pas ce que j'ai dit ! protesta-t-il.
— Et la potion ? demanda Harry coupant court à la polémique sur le langage non articulé de Ron.
— C'est là que cela devient intéressant. Drago affirme que ses produits sont plus efficaces si ce sont les elfes qui les élaborent. Il pense que le contact de leur peau agit sur la qualité de la préparation.
Cette information laissa Harry et Ginny sans voix.
— Ce serait inespéré pour eux, finit par murmurer Ginny. Ils pourraient se spécialiser dans cette branche.
— C'est aussi ce que j'ai pensé, admit Hermione d'un ton ravi.
Ron grimaça et Harry compatit : voir Hermione rayonner grâce à Malefoy était un coup dur.
— Et la potion des loups-garous ? réitéra-t-il.
— Il nous en a confié une dose que j'ai transmise pour analyse au département des Mystères. S'ils estiment que les risques d'empoisonnement sont faibles, mon service donnera sans doute l'accord.
Hermione se rembrunit en prononçant ces mots, et ses amis la regardèrent, attendant qu'elle termine de dévoiler sa pensée.
— Par contre, continua-t-elle d'un ton plus chagrin, Drago m'a un peu parlé des effets indésirables qu'il craint en cas d'échec. Il dit qu'il n'est pas impossible que cela agisse de façon contraire au but recherché et que cela rende ceux qui l'ont pris encore plus soumis à la lycanthropie.
— C'est-à-dire ? s'enquit Ginny.
— Ils pourraient de rester sous la forme de loup-garou même une fois la lune en décroissance, expliqua Hermione d'une voix mal assurée. Et être encore plus agressif que la normale.
— Les volontaires sont au courant des risques ? demanda Harry.
— Il est évident que je ne permettrais pas que des personnes mal informées s'exposent à ce genre de conséquences, promit Hermione. Enfin, pour le moment, je ne sais pas encore qui nous allons contacter.
Ils méditèrent sur ces écueils.
— L'autre jour, reprit Ginny en changeant de sujet, tu as dit que Malefoy était marié. Tu as rencontré son épouse ? Tu la connais ?
— Non, je ne l'ai pas vue. J'ai juste fait une petite enquête sur Drago, après avoir reçu sa lettre, et j'ai ainsi appris qu'il avait épousé Astoria Greengrass.
— Je croyais qu'elle s'appelait Daphné ! s'étonna Harry.
— Daphnée était de notre année, mais c'est de sa petite sœur dont il s'agit, expliqua Hermione. C'est une Poufsouffle.
— Quelle idée d'épouser les petites sœurs de ses camarades de classe, ironisa Ginny.
— Il paraît que ça arrive même aux meilleurs, commenta Harry dans l'espoir de dérider Ron.
Le maître de guilde ne daigna pas sourire :
— Encore une alliance Serpento-sang-pur, grommela-t-il. Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'ils ne vont pas se reproduire !
Hermione les tint au courant des suites de la demande de Drago Malefoy concernant sa potion tue-loup améliorée. Dans un premier temps, la composition de la préparation avait été donnée à analyser aux Langues-de-plomb. Une réunion avait ensuite été organisée entre Hermione qui représentait son département, Tristan Funestar, le chef des Mystères — auquel Harry avait déjà eu affaire — et Drago Malefoy.
— Ça a été assez surréaliste, raconta Hermione à ses amis. Pour commencer, Mr Funestar a accusé Malefoy de ne pas avoir transmis l'intégralité de la recette et de nous berner. Sans se démonter, Malefoy lui a demandé de justifier son assertion. Funestar a expliqué avoir tenté de reproduire la potion sans arriver au résultat attendu. Malefoy a alors rappelé qu'il fallait que la préparation soit réalisée par un elfe pour qu'elle corresponde, et Funestar l'a traité de menteur. La réunion a failli en rester là.
— Funestar n'est pas quelqu'un de facile, se souvint Harry.
— Pas vraiment. Et Malefoy, s'il est beaucoup moins hautain que dans mes souvenirs, ne se laisse pas marcher sur les pieds. Enfin bref, j'ai demandé au chef des Mystères d'admettre momentanément les allégations de Malefoy et de nous donner son avis sur l'efficacité potentielle du produit et son risque éventuel sur la santé des humains. Funestar a fini par avouer qu'il ne pouvait pas se prononcer car l'alliance des composants était peu usitée, et qu'il fallait faire des expériences pour en savoir davantage. Malefoy a fait remarquer qu'il avait transmis son protocole d'essais sur les rats, les chiens et les loups, mais l'autre a prétendu que la démarche n'était pas rigoureuse et ils ont commencé à se disputer sur les méthodes à suivre pour effectuer des tests incontestables. J'avoue que mes connaissances en potions étaient insuffisantes pour réellement comprendre leur débat.
Harry et ses amis étouffèrent un sourire. Imaginer Hermione dépassée par le savoir de ses interlocuteurs les vengeait d'un certain nombre de discussions qu'ils avaient dû lui concéder, faute de maîtriser le sujet aussi bien qu'elle.
— Au bout de trois quarts d'heure de débats, ils ont fini par convenir que des essais devaient être menés sur des loups-garous en commençant par des doses légères, qui seraient augmentées progressivement pour atteindre la quantité susceptible d'être efficace sur la lycanthropie. La suite de la réunion a été utilisée pour qu'ils signent tous les deux un protocole d'essai. Il ne nous reste plus qu'à avoir des volontaires.
— La dernière fois qu'on en avait parlé, tu te demandais où les trouver, se souvint Ginny.
— J'ai étudié la façon dont procèdent les Moldus, indiqua Hermione. Pour faire simple, soit ils traitent des personnes malades qui acceptent de servir de cobaye en espérant être mieux soignées qu'auparavant, soit ils font prendre les produits à des personnes saines qui le font pour de l'argent. Enfin, ils utilisent des prisonniers qui gagnent, en échange, des réductions de peine.
— Que signifie personnes saines ? Qui ne sont pas malades ? demanda Ginny.
— Oui, c'est exactement ça. C'est pour tester non pas l'efficacité d'un produit, mais son innocuité. Cela ne peut servir pour nous car les loups-garous, même hors des périodes de pleine lune, vont nécessairement réagir différemment que les individus qui n'ont pas été mordus. La question que je me pose c'est : est-ce que j'accepte n'importe quel loup-garou volontaire, ou dois-je limiter les essais à des prisonniers ?
— Quelle différence ? demanda Harry.
— Déjà, nous pouvons contrôler plus efficacement les autres produits que les prisonniers ingéreront. Il est possible que certains aliments interagissent avec les ingrédients de la potion. Par ailleurs, si l'expérience rate complètement et aggrave leur cas au lieu de le traiter, ils ne sont pas un danger pour les autres puisqu'ils sont enfermés.
— Le choix de prisonniers me paraît évident, décréta Ginny.
— Ce n'est pas si simple, la contredit Hermione. Ils sont enfermés aujourd'hui, certes, mais tous n'ont pas été condamnés à la perpétuité. Donc que se passera-t-il le jour où ils auront purgé leur peine, si on les a rendus plus dangereux encore ?
— Fais ton expérience sur les perpétuités, proposa Harry.
— Contre quoi ? Il n'y a que les remises de peine qui les intéressent. On ne va pas faire sortir Greyback pour services rendus à la science.
À cette mention, Harry et Ginny frissonnèrent.
— De toute manière, vu ce qu'il a dit lors de son procès, il ne voudra jamais contribuer à guérir ses semblables, remarqua Harry. Tu sais pour quelle raison les autres loups-garous qui sont à Azkaban ont été emprisonnés ?
— Alors déjà, il y a des personnes qui ont été condamnées pour vol, assez lourdement je dois dire, surtout si on considère qu'ils y ont été contraints par les lois qui les empêchaient de trouver du travail et gagner de quoi se nourrir. J'avoue que risquer leur vie ou les rendre davantage dépendants de la lune ne m'enchante guère. Je peux aussi choisir ceux qui ont été condamnés pour avoir été complices des Mangemorts pendant la guerre, ou encore pour avoir tué ou contaminé des personnes sous l'emprise de la lune.
— Pas des individus qu'on envisage de gaité de cœur de relâcher avant leur terme, convint Harry.
— Ceux qui ont contaminé d'autres personnes correspondent à deux sortes de situations, précisa Hermione. Il y en a qui ont refusé de s'enfermer durant la nuit ou même se sont volontairement placés à proximité de leurs victimes potentielles. Ceux-là sont vraiment des gens dangereux. Mais il y a aussi ceux qui ne voulaient blesser personne et qui l'ont prouvé en se barricadant, mais dont les protections n'ont pas résisté à leur folie meurtrière. Tout comme les voleurs, ils ont été condamnés très lourdement, alors qu'ils avaient démontré leur absence de volonté de nuire. On voit bien que les juges en ont profité pour les mettre hors circuit, par peur et ignorance !
Hermione avait froncé les sourcils, n'arrivant visiblement pas à s'habituer à l'injustice dont les loups-garous étaient régulièrement les victimes.
— Proposer à ceux qui appartiennent à la troisième catégorie de faire partie des cobayes pourrait à la fois leur permettre de sortir plus tôt et t'éviter de rendre leur liberté à des personnes dangereuses, pointa Harry.
— Mais si cela se passe mal, ils ne l'auront pas mérité, soupira Hermione.
— Ce sera leur choix, soutint Ginny. Tu leur expliqueras les enjeux, je suppose.
— Oui, mais des personnes emprisonnées depuis des années à qui on fait miroiter la liberté ont-elles vraiment leur libre arbitre ?
— En les considérant incapables de faire ce choix, c'est toi qui les exclus de la communauté humaine, jugea Harry.
Hermione accusa le coup. Elle rougit violemment et convint d'une voix contrite :
— Tu as raison. Eux aussi ont le droit de devenir des héros.
ooOoo
Podcast TLC avec J.K. Rowling, 23 décembre 2007
o [Drago] a épousé Astoria Greengrass, la petite sœur de Daphné. Elle était deux années en dessous de lui à Poudlard. Voilà. C'est elle qu'il épouse.
La carrière professionnelle de Drago est celle prévue par Melusine2 pour sa fic Esprit de famille, malheureusement non terminée.
Les réflexions sur les loups-garous, leurs sentiments, ce que Voldemort a bien pu leur promettre durant la guerre sont très fortement inspirées de la superbe fanfiction Vingt-cinq jours d'humanité de Fénice.
23/01/2010 : On se retrouve samedi prochain pour un chapitre intitulé Des empêcheurs de tourner en rond.
Les réponses à commentaires 'anonymes' seront postées sur le forum : forum. fanfiction topic/55667/21407167/1/ (retirer les blancs)
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BIBLIOTHEQUE FRANCOPHONE :
J'aimerais vous parler d'un projet que je viens de lancer, qui consiste à présenter des histoires publiées sur ce site, qui me sont proposées par des lecteurs qui les ont appréciées.
Vous pouvez aller les consulter et proposer vos coups de coeur à votre tour, à cet endroit : fanfiction. net /forum/Bibliotheque_francophone_vos_coups_de_coeur/70262/
MERCI de proposer vos coups de cœur dans la discussion PROPOSER VOS FIC, c'est ici
(A partir d'ici, aller sur mon profil, cliquer sur le lien My Forum en haut sous mon nom et entrer dans le forum Bibliothèque francophone : vos coups de coeur)
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