- LES REFORMATEURS -
Comme vous le savez tous, mon histoire exploite la série Harry Potter de J.K. Rowling, ainsi que tous les à-côtés officiels (notamment les interviews accordées après la sortie du tome 7).
A mes côtés, j'ai une super équipe de correcteurs qui font un travail formidable. J'ai nommé : Monsieur Alixe, Fenice, Steamboat Willie et Xenon.
VII : La parole des Aurors
Chronologie :
2 mai 1998 : Bataille de Poudlard
31 décembre 2001 : Mariage de Ron et Hermione
26 décembre 2003 : Mariage de Harry et Ginny
20 juin 2004 : Election de Ron à la tête de la guilde de l'Artisanat magique
17 juillet 2005 : Naissance de James Sirius Potter
04 janvier 2006 : Naissance de Rose Weasley
Période couverte par le chapitre : 1er février – 8 mars 2007
Durant la première quinzaine de février, Harry s'attela, comme le lui avait demandé Faucett, à l'évolution de leurs méthodes de travail. Il commença par analyser les procédures classiques des Aurors à la lumière des exigences de preuve de la nouvelle loi. Il ressentit alors clairement le manque de rigueur qui prévalait dans les enquêtes de certains de ses collègues. Il se demanda comment les Aurors avaient fait pour envoyer autant de personnes à Azkaban avec des dossiers aussi légers et osa à peine formuler pour lui la question qui en découlait logiquement : combien y avait-il de condamnés innocents dans le lot ?
Heureusement que la grande majorité prenait le soin d'étayer leurs convictions par le maximum d'éléments, comme le faisait Pritchard. Cependant, les façons d'enquêter et de soutenir l'accusation étaient tellement disparates d'un dossier à l'autre, qu'il n'arrivait pas à trouver de ligne directrice pour baser une nouvelle méthodologie.
Il se souvint que lorsqu'il avait parlé de l'affaire Grimstone avec Susan, elle avait indiqué que les policiers utilisaient des méthodes qui se rapprochaient de celles que Harry avait mises en œuvre dans ce procès. N'osant pas se rendre dans le bureau de la police magique pour leur demander de lui montrer comment ils travaillaient, il alla voir Susan et la pria de lui procurer un dossier de leur service, en lui en expliquant sommairement les raisons.
— Je vais t'en chercher au greffe, accepta-t-elle, mais tu les consultes dans mon bureau, d'accord ?
Elle lui ramena deux gros rouleaux de parchemin en indiquant :
— Tant qu'à faire, je t'ai pris des affaires où les juges ont condamné les accusés en se basant sur les preuves apportées par les enquêteurs, sans les aveux des prévenus.
Il la remercia et se plongea dans les manuscrits. Au bout de sa lecture, il reconnut qu'effectivement ces documents étaient beaucoup plus minutieux que ceux établis par les Aurors. Il s'interrogea tout haut sur cette différence.
— C'était bien là le problème, fut la réponse de Susan.
— Comment ça ? s'enquit Harry.
— Il était établi que la parole des Aurors avait davantage de poids que celle des simples policiers. Du coup, ils ont cherché d'autres moyens pour convaincre les juges. Et paradoxalement, il est plus difficile de démontrer la culpabilité d'un voleur qui ne risque qu'une amende que celle d'un mage noir qui peut être condamné à passer le reste de sa vie en prison.
Harry la fixa ébahi, partagé entre étonnement et consternation. Il comprenait pleinement pourquoi Bielinski avait préconisé que les Aurors soient réduits au statut de témoins. Cela rééquilibrait effectivement de manière drastique les rapports entre la défense et l'accusation.
— Et tout ça va changer, maintenant ? tenta-t-il de saisir.
— Il est certain que certaines habitudes vont perdurer et que le prestige des Aurors continuera à en imposer lors des procès. Cependant, les procureurs que nous allons choisir vont vous demander des dossiers plus complets et inciter les juges-mages ont désormais l'obligation de justifier les éléments sur lesquels ils fondent leur décision. Tu vas avoir du boulot pour accomplir la mission dont ton commandant t'a investi.
Partagé entre l'envie de relever le défi et l'angoisse que lui causait le poids de sa responsabilité, Harry remercia Susan et alla voir Faucett pour lui résumer ses découvertes.
— La première chose à faire, conclut Harry, est de comparer nos méthodes à celles de la police magique. Il faut qu'on arrive à faire au moins aussi bien qu'eux en matière de preuves et le mieux est que je travaille avec un policier dans ce sens. Ce serait bête de perdre du temps à éplucher leurs dossiers pour comprendre leurs procédés, alors que leurs aspirants en savent sans doute davantage que nous à cet égard.
— Eh bien, il ne te reste plus qu'à aller voir le commandant Watchover pour qu'il te détache un de ses hommes, suggéra Faucett.
— Et il va accepter comme ça ? douta Harry.
— Bien sûr que non. Il va négocier pour obtenir quelque chose en échange.
— Dans ce cas, il vaut mieux que ce soit vous qui le demandiez, observa Harry.
— Je t'ai donné carte blanche sur ce dossier, tu te débrouilles, lui rappela Faucett. Bon, je te laisse, j'ai une réunion qui commence dans cinq minutes.
Et il quitta effectivement son bureau, abandonnant Harry désemparé. Le jeune Auror repassa plusieurs fois la conversation dans sa tête avant de conclure qu'il avait bien entendu ce qu'il avait compris : son commandant l'avait encouragé à aller voir son homologue policier en lui donnant toute latitude pour négocier une aide en matière procédurale. Harry pensa un moment aller raconter la scène à Owen pour lui demander conseil, mais préféra s'abstenir. La mission lui avait été personnellement attribuée. C'était son problème, visiblement un test, et il n'avait pas l'habitude de tricher aux examens — si l'on excluait les devoirs qu'il avait fait corriger par Hermione durant sa scolarité.
Il inspira fortement et carra les épaules. Autant y aller tout de suite et savoir à quelle sauce il serait mangé. En entrant dans le bureau de la police magique, il attira les regards curieux, mais personne ne vint lui demander ce qu'il venait faire là. Un rapide examen lui apprit que le brigadier Thruston qu'il connaissait était absent. Il alla donc directement frapper à la porte du commandant.
Tiern Watchover se leva quand il reconnut Harry sur le pas de son bureau
— Entrez, je vous en prie, l'invita-t-il.
Il proposa un siège à Harry, puis s'assit à son tour :
— Vous vouliez me voir ? demanda-t-il.
— Suite à la nouvelle loi, commença Harry impressionné d'être à ce point pris au sérieux, j'ai été chargé par mon commandant de formaliser nos règles de preuves. J'ai remarqué la grande qualité de vos dossiers et j'aurais aimé travailler avec l'un de vos hommes.
Watchover le contempla sans répondre. Harry dut se contrôler pour ne pas se tortiller sur son siège.
— Je vois, dit finalement Watchover. En parlant de coopération, car c'est bien de cela qu'il s'agit, n'est-ce pas, j'aurais également une suggestion à faire.
— Oui ? demanda Harry avec méfiance.
— J'ai entendu dire que vous organisiez des sessions d'entraînement en défense. Acceptez- vous de nouveaux élèves ?
Harry se mordit la langue pour ne pas prononcer le non qui lui brûlait les lèvres. Nul doute que s'il le laissait échapper, il n'y aurait aucun policier de disponible pour l'aider avant le siècle suivant.
— La défense contre les forces du Mal est le domaine réservé des Aurors, répondit-il à la place. Cela nous demande trois ans pour former nos aspirants.
— Loin de moi l'idée de vouloir empiéter sur vos prérogatives, opposa Watchover. Mais, d'après ce que j'ai compris, vos exercices ne sont pas uniquement orientés sur les sorts maléfiques. Vous mettez en place des stratégies de groupe, apprenez à utiliser le terrain à votre avantage et à perfectionner vos Boucliers.
Harry se demanda comment il connaissait son programme de cours avec autant de précision. Étaient-ils espionnés ? À moins que, tout simplement, un Auror qui s'entraînait avec lui n'ait de bonnes relations avec un policier et lui en ait parlé. Après tout, ce n'était pas supposé être un secret.
— Vous n'ignorez pas, argumenta Watchover, que nos activités nous amènent à rencontrer des malfaiteurs extrêmement agressifs qui, s'ils évitent les sortilèges mortels, ne sont pas pour autant des tendres. J'ai un homme qui a été envoyé à Ste-Mangouste le mois dernier et qui n'est pas près de revenir… s'il en revient.
Harry ne put s'empêcher de penser à Pritchard et de compatir.
— Si vous permettiez à un ou deux de mes éléments de participer à vos séances, ils pourraient ensuite prendre en charge toute ma brigade, continua Watchover.
La proposition n'était pas abusive. Les policiers le formeraient à leurs règles de preuve et, en échange, il leur donnerait des conseils pour leurs entraînements.
— C'est envisageable, accepta Harry.
— Vous prenez deux policiers dans votre session pendant six mois et je vous détache quelqu'un jusqu'à ce que vous ayez terminé votre formalisation des méthodes de preuve, résuma Watchover.
— Trois mois suffiront, assura Harry. Cela fait douze séances, à peu près. Cela permet largement de comprendre l'esprit de nos exercices. Ensuite, c'est du rabâchage pour les réflexes et de l'improvisation pour les manœuvres de groupe. Vous n'aurez plus besoin de moi.
— Entendu pour les trois mois. Par ailleurs, j'aurais aimé aborder un autre sujet. Nous consacrons beaucoup de temps à faire des enquêtes de proximité pour votre service. Compte tenu du rapprochement de nos méthodes de travail, il me paraît normal de limiter ce genre de demandes.
Une fois de plus, Harry tourna sa langue sept fois dans sa bouche :
— Je ne suis pas certain d'avoir l'autorité nécessaire pour discuter de cela avec vous, finit-il par énoncer. Mais je transmettrai votre requête à mon commandant.
Watchover hocha la tête avec un petit sourire, et Harry comprit qu'il avait tenté le coup sans trop y croire, et que la réponse donnée était la bonne. Il décida de sortir de ce bureau avant qu'on lui tende un autre piège.
— Quand puis-je espérer travailler avec l'un des vôtres ? demanda Harry.
— Disons, à partir de demain matin ?
— C'est parfait.
— Désirez-vous que je vous envoie une personne en particulier ?
— Je pense que vous êtes plus à même que moi de savoir qui est le plus qualifié, répondit poliment l'Auror.
Il se leva et ajouta cependant :
— Au cas où cela rentrerait dans son domaine de compétence, j'ai eu plusieurs fois affaire au brigadier Thruston et je serais heureux de renouveler l'expérience.
— C'est noté, indiqua Watchover en se levant à son tour et en tendant la main vers Harry.
Harry la lui serra et lui dit au revoir.
— Ça a été un plaisir de discuter avec vous, Monsieur Potter, affirma Watchover.
Harry répondit par un sourire nerveux. Il sortit de là les muscles noués et en sueur, plus épuisé qu'après une séance d'entraînement.
Faucett était déjà de retour quand Harry revint au QG. Il caressa l'idée de se réinstaller à sa table sans rendre compte à son commandant de ses tractations avec le chef de la police magique. Il serait intéressant de voir le temps qu'il faudrait pour être convoqué au rapport. Mais il préféra ne pas jouer au plus malin et aller tout de suite vérifier qu'il n'avait pas dit trop de bêtises lors des négociations.
Faucett parut satisfait du résultat de la mission diplomatique de Harry.
— Essaie quand même de ne pas leur en apprendre trop, limita-t-il cependant à propos des nouveaux élèves de Harry. Se défendre sérieusement contre les sorts noirs développe des aptitudes que je ne voudrais pas retrouver chez trop de sorciers.
— D'accord, dit Harry qui se demanda ce qu'il devait faire de cette restriction. Ah, avant qu'on se sépare, Watchover a laissé entendre que nous requérons trop souvent leurs services et que cela lui prend beaucoup de temps. J'ai cru comprendre qu'il apprécierait qu'on lui renvoie un peu plus l'ascenseur.
— C'est ce que nous faisons quand il pense être tombé sur de la magie noire et que nous intervenons immédiatement pour protéger ses équipes, répliqua sèchement Faucett. Des services sont rendus de part et d'autre, il ne doit pas être trop gourmand.
Harry savait que la situation était moins simple que son commandant affectait de le penser. Certains Aurors considéraient les policiers plus ou moins comme des larbins susceptibles de leur éviter la corvée de récolter des informations basiques sur les personnes qu'ils croisaient dans leurs enquêtes. En abusant de leurs prérogatives, ils donnaient une réputation d'arrogance à leur brigade. Il semblait à Harry que Faucett devrait y mettre le holà avant que les relations entre les deux corps ne se radicalisent, mais il n'osa pas insister sur le sujet.
Le soir même — comme il le faisait une fois par semaine depuis plus de dix-huit mois — il alla voir Stanislas Pritchard, son ancien partenaire. Ces visites n'étaient pas à proprement parler une corvée, car il appréciait parler avec son mentor, mais ce n'était pas pour autant toujours facile. Le blessé était parfois irascible, notamment quand il avait tenté de reprendre une ancienne activité qui lui était désormais impossible.
Il avait fallu de longues semaines à Pritchard pour comprendre que malgré les exercices physiques qu'il s'imposait chaque jour, il ne reviendrait jamais à un état de santé lui permettant de redevenir Auror. Six mois auparavant, il avait fini par accepter une place de gratte-papier dans l'entreprise du frère de sa femme. Il ne s'était jamais plaint devant Harry, soulignant plutôt la gentillesse et les efforts de son beau-frère pour lui trouver des tâches adaptées à son handicap, mais Harry sentait bien qu'il devait se faire violence chaque matin pour prendre son poste.
De ce fait, le Survivant n'osait pas trop raconter ce qui se passait au QG, de peur de remuer maladroitement le couteau dans la plaie. Il parlait plutôt de sa famille et des facéties de son fils ou d'un des autres bambins Weasley. Il avait d'ailleurs été présenté aux enfants de Pritchard et avait discuté parfois avec ceux-ci, quand ils résidaient avec leurs parents pendant les vacances scolaires. Quant à Mrs Pritchard, il n'échangeait pas souvent avec elle, mais son sourire quand elle l'accueillait à son arrivée, témoignait de l'importance de ses visites hebdomadaire.
Il arrivait cependant que l'actualité judiciaire, suivie de près par le convalescent, fasse l'objet de leur conversation. Ils avaient donc commenté des enquêtes relayées par la presse et parlé des nouvelles lois. Dans l'ensemble, Pritchard était favorable à tout ce qui ouvrait le champ de la preuve et du débat contradictoire entre l'accusation et la défense, mais il avait trouvé que le texte final allait un peu loin. À lui non plus, Harry n'avait pas raconté sa conversation avec Bielinski ni son rôle dans la révolution que vivaient maintenant les Aurors. Mais il indiqua à son mentor la tâche dont l'avait chargé Faucett et relata sa rencontre avec Watchover.
— Tu t'en es bien tiré, lui assura Pritchard.
— Tu crois ? douta Harry. Faucett avait l'air de penser que j'en ai accepté trop.
— Il savait qu'il n'aurait rien sans rien. Dis-toi que tes concessions lui permettent de rester dans le rôle de celui qui ne cède pas.
— Tu veux dire qu'il nous fait jouer au flic méchant et au flic gentil ? comprit enfin le jeune Auror.
— Il y a des chances. D'ailleurs, le rôle qu'il t'a attribué te va comme un gant. Et puis c'est formateur. Continue comme ça, mon gars, t'es sur le bon chemin !
Le lendemain matin, il était arrivé au QG depuis quelques minutes quand le brigadier Thruston se présenta dans la grande pièce, toute une série de parchemins roulés sous le bras. Harry lui fit signe :
— Serait-ce moi que vous cherchez ?
— Effectivement. J'ai été détaché une semaine pour vous parler de nos procédures de preuve.
Harry fronça les sourcils. Il ne lui semblait pas qu'une limite de temps ait été évoquée la veille concernant l'aide que devait lui apporter le policier. Que se passerait-il si la durée impartie était trop courte pour la transmission des connaissances ? Il soupira : il avait manifestement des progrès à faire en matière de négociation. Enfin, il ne lui restait plus qu'à se mettre au travail et en faire le maximum au cours des cinq jours qui lui avaient été accordés.
Heureusement, le policier mit beaucoup de bonne volonté pour donner à Harry les renseignements dont il avait besoin. Il avait apporté des exemples de cas jugés pour illustrer les modes de preuve qui faisaient mouche auprès du Magenmagot ou au contraire n'étaient pas estimés convaincants.
Cependant, Harry remarqua que les policiers n'utilisaient pas tellement les photographies pour appuyer leurs témoignages :
— Le problème des photos sorcières, expliqua Thruston, c'est que toutes sortes d'ondes magiques entrent en interaction, et que le cliché ne correspond pas forcément à la réalité. Pour cette raison, c'est depuis longtemps rejeté par le Magenmagot, et nous ne nous en servons que comme aide-mémoire.
Harry hocha la tête. Il se souvint la première fois que Colin l'avait photographié : il avait été pris par surprise et était resté figé, tandis que l'image le montrait en train de tenter de fuir. Il comprenait bien les réticences des juges à se fier à cette sorte de support.
— Et pourquoi vous n'utilisez pas de photos moldues ? demanda-t-il. Elles sont plus fidèles à la réalité.
Thurston le regarda avec un petit sourire :
— Il semble que vous ayez été le premier à oser en mettre sous le nez d'un juge-mage. On en a fait autant depuis, mais nous n'avons pas encore assez de recul pour savoir si tous les magistrats vont l'accepter. Je… hum ! J'espère que vous ne nous en voulez pas de vous avoir copié.
— Je pense que nous avons tout intérêt à capitaliser nos méthodes de travail pour les améliorer et rendre nos dossiers plus solides, énonça lentement Harry, ignorant dans quelle mesure le policier pouvait parler au nom de ses collègues.
— C'est aussi mon avis, affirma le brigadier. Mais nous voulons être certains que cela n'ira pas que dans un seul sens, osa-t-il ajouter.
— Eh bien… commença Harry, il se trouve que j'ai été autorisé pour prendre toutes les initiatives nécessaires à l'évolution de nos méthodes. Tant que ces dispositions seront d'actualité, je serais ravi que nous nous rencontrions régulièrement pour faire le point sur les cas passés en jugement et le résultat qui en a découlé.
Le regard qu'ils échangèrent valait bien une poignée de main.
Thurston montra ensuite à Harry comment les policiers prenaient soin de recouper leurs observations par des témoignages ou renseignements divers propres à appuyer leurs dires et n'hésitaient pas à enquêter à décharge, ne serait-ce que pour être sûrs que la défense ne trouverait rien à leur opposer. Le brigadier lui expliqua également comment exploiter le Bulletin périodique du département de la justice magique pour se prévaloir de précédents consacrant le type de preuve qu'ils proposaient.
Harry apprécia beaucoup la semaine de travail avec Thruston. Au fur et à mesure que la confiance grandissait entre les deux hommes, le policier se permettait un humour discret et pince-sans-rire qui plaisait beaucoup à Harry. Quand ils se dirent au revoir le vendredi, l'Auror sentit que le brigadier regrettait autant que lui la fin de leur collaboration temporaire.
Quand il fit le bilan de ce qu'il avait appris, cependant, il fut un peu déçu. S'il avait fait de gros progrès en méthodologie, sa connaissance des procédures moldues lui laissait un goût d'inachevé. Leurs sorts de détections étaient excessivement sommaires, et ils limitaient leurs analyses à ce que pouvait apporter l'étude des potions.
Les sorciers pouvaient abandonner derrière eux des cheveux, du sang, des empreintes digitales sur une scène de crime, rien n'était fait pour les confronter à ceux des suspects que l'on arrêtait. Dans le cas où ils protestaient de leur innocence, ils étaient condamnés ou relaxés sur la base de témoignages ou par manque d'alibi de leur part. Les enquêteurs n'avaient aucun moyen de prouver de façon irréfutable qu'ils s'étaient ou non trouvés sur les lieux en cause à un moment ou à un autre. On ne pouvait pas écouter ou surveiller les personnes à distance sans dépenser beaucoup d'énergie magique (les oreilles à rallonge des Weasley n'avaient que quelques mètres de portée), et ce n'était que très récemment qu'ils s'étaient fait livrer un outil susceptible de leur permettre de retrouver un individu qui avait transplané.
Harry ne partagea cependant pas ses réflexions avec son chef. Établir des dossiers comme le faisaient les policiers demanderait déjà à ses collègues de chambouler leur façon de travailler et cela ne se ferait pas sans mal. Avant de proposer des techniques révolutionnaires, il devait attendre que ce premier pas soit franchi.
Il remit donc un rapport listant toutes les améliorations les plus urgentes à mettre en place. Faucett le lut avec attention et lui indiqua :
— Très bien. Maintenant je te charge de faire passer l'information dans la brigade pour expliquer à tout le monde les nouvelles procédures et donner un coup de main pour aligner les dossiers sur les nouvelles normes.
— Mais, on a plus de quarante affaires en cours ! s'inquiéta Harry. Je vais y passer des mois.
— Tu peux te faire assister si tu le juges bon, lui concéda Faucett. J'organiserai les emplois du temps en fonction de tes besoins. Par contre, pas question de demander à un policier de faire équipe avec toi, cette fois. Ce sont nos dossiers, d'accord ?
— Le brigadier Thruston m'a amené les siens, opposa Harry.
— Je parie qu'ils étaient tous clos depuis longtemps, riposta son commandant.
Harry dut admettre que c'était vrai.
— D'accord, je vais réfléchir avec qui je vais travailler, capitula-t-il.
— Très bien. Dis-moi qui tu as choisi, et on tentera de mettre tout ça en place sans désorganiser le service.
En sortant du bureau de son commandant, Harry laissa errer son regard dans le QG pour déterminer avec qui il allait faire équipe. Il pouvait prendre Owen, mais son coéquipier n'apporterait en l'espèce aucun talent particulier. Cela fit songer à Harry à quel point il aurait aimé que Pritchard soit déjà revenu. Il lui aurait été précieux pour arrondir les angles avec ses collègues traditionalistes.
Harry réalisa alors qu'il lui fallait choisir un Auror de l'ancienne génération, car il aurait besoin de la légitimité d'un senior ayant fait ses classes avec les vétérans de la brigade. Il les passa en revue pour évaluer lequel d'entre eux était susceptible d'accepter de jouer le jeu de la nouvelle loi et qui s'accommoderait de l'autorité fraîchement acquise d'Harry.
Il ne pouvait pas choisir Janice, jugea-t-il avec regret. Elle avait un jeune à former — Augustin Dolohov — et remplissait en outre les fonctions de commandant en second depuis que Pritchard n'était plus là, ce qui lui donnait déjà beaucoup de tâches supplémentaires. Il exclut aussi Cyprien Muldoon qui ne l'aimait guère et ne le cachait pas. Son coéquipier, Christopher Summers était lui aussi très dubitatif à propos de la nouvelle loi. Il envisagea un instant de travailler avec Hilliard Hobday avec qui il jouait au Quidditch. Mais il se souvint que le capitaine de l'équipe était très remonté contre les décrets. De fait, il le mit également de côté, ainsi que son partenaire, Clancy Pilgrim.
Ses yeux tombèrent sur Primrose Dagworth. Elle faisait partie de l'ancienne génération et n'avait posé que des questions neutres lors de la conférence de Faucett sur la nouvelle loi. Il ne se souvenait pas non plus l'avoir entendue se répandre en protestations indignées pendant des débats qui avaient eu lieu près de la cafetière.
Il songea qu'en outre son partenaire, Michael Corner, semblait assez au courant des procédures moldues donc ouvert à l'évolution qu'ils devaient gérer. Harry se promit de discuter avec lui quand il aurait le temps de réfléchir à de nouveaux procédés de preuve. En attendant, il les aiderait utilement à mettre en forme les dossiers en cours.
Il s'approcha d'eux.
— Je peux vous déranger un moment ? commença Harry.
— Bien sûr, que pouvons-nous faire pour toi ? l'accueillit Primrose.
Lorsque Harry était arrivé chez les Aurors, elle avait été assez neutre avec lui, coopérant quand il devait lui demander un renseignement, mais pas particulièrement chaleureuse. Cela avait considérablement changé depuis qu'il était allé la chercher au cœur d'un Feudeymon.
Harry résuma brièvement ce qu'il attendait d'eux. Il vit les sourcils de Primrose se soulever quand il indiqua ses nouvelles responsabilités, preuve qu'elle analysait elle aussi cette mission comme une promotion importante. Elle écouta attentivement l'exposé qu'il lui fit de son travail avec le brigadier Thruston et demanda à lire son rapport.
— On risque de ne pas être très populaires auprès de nos collègues, observa-t-elle.
— Certains combats en valent le coup, lui opposa-t-il.
— Je ne pense pas que tu saches de quoi je parle, rétorqua-t-elle.
— J'ai été le dingue qui prétendait que Voldemort était de retour, lui rappela-t-il. Ça doit bien valoir être une femme dans un bureau macho.
Elle hocha la tête pour admettre qu'il avait marqué un point. Elle le dévisagea un instant, comme si elle mettait à jour son appréciation sur lui. Sans doute n'avait-elle jamais soupçonné qu'il se préoccupe du combat que ses plus anciennes collègues féminines avaient dû mener en arrivant… et menait encore contre les plus rétrogrades d'entre eux.
À leurs côtés, Michael suivait l'échange en sautillant presque sur place. Manifestement, la proposition de Harry lui plaisait beaucoup.
— Entendu, finit par dire Dagworth. Partir en croisade avec le Survivant doit être une expérience intéressante.
Harry leur sourit et retourna dans le bureau de son commandant pour lui demander de lui adjoindre Primrose et Michael dans son équipe.
En parallèle, Harry suivait avec intérêt la poursuite des expériences menées par Drago Malefoy et le département des Mystères.
Il avait fallu cinq pleines lunes et autant de mois d'essais et d'ajustements pour que Funestar estime que la nouvelle potion Tue-Loups était au point. En janvier, il avait suggéré qu'on laisse passer une lune sans fournir de potion aux cobayes pour vérifier que le produit était toujours aussi efficace malgré l'interruption de huit semaines. Les sujets d'expérience se soumirent sans protester aux desiderata du chef du département des Mystères. Les résultats ayant été concluants, le protocole d'essai fut officiellement clos après la pleine lune du 3 mars.
Commencèrent alors les négociations entre le ministère, la guilde des Apothicaires et Malefoy. Elles se terminèrent tard dans la soirée du second jour. Hermione retrouva Ron chez Harry et Ginny, où il avait dîné. Rose était déjà couchée dans la chambre de James, et Albus venait d'être déposé dans son lit par sa mère, après une dernière tétée.
Hermione accepta d'un signe de tête revêche la proposition qu'on lui serve un repas dans le salon où se tenaient les autres adultes.
— Il y a eu un problème ? s'enquit Ron après qu'elle eut englouti son entrée en silence.
— Je n'arrive pas à y croire ! explosa-t-elle. Je comprends leurs raisons, mais quand même ! C'est lui qui l'a mise au point, par les caleçons de Merlin !
— Qu'est-ce qui s'est passé, ma douce ? demanda Ron inquiet de la voir aussi remontée.
— Le ministère a trouvé le moyen de récupérer l'entier bénéfice de l'invention de la potion Tue-Loup.
— Comment ça ? s'enquit Harry.
— Il a non seulement racheté les droits sur la potion à Drago mais il lui a fait signer un document par lequel il renonce à tout droit moral dessus. Cela signifie qu'il n'en est plus l'inventeur officiel !
— Et c'est grave ? tenta de comprendre Ron.
— Normalement, lorsque tu conçois quelque chose ou que tu crées une œuvre, tu peux, pendant un certain temps, toucher de l'argent quand ton invention est reproduite et vendue. Mais surtout, tu gagnes en notoriété. Par exemple, Damoclès Belby a eu l'Ordre de Merlin pour avoir mis au point la première version de cette potion.
— Attends, tu veux dire que le ministère a fait en sorte que Malefoy n'obtienne pas l'Ordre de Merlin ? comprit Ron. Où est le problème ? S'il l'avait eu, moi j'aurais rendu le mien. Non mais ! Il ne manquerait plus que ça, que cette raclure soit décorée !
Hermione se leva d'un bond et avança en direction de son mari. Harry estima qu'il ne l'avait pas vue à ce point en colère contre lui depuis le jour où Ron était revenu après les avoir momentanément abandonnés durant l'année des Ténèbres. Il se demanda s'il ne devait pas lancer un Bouclier entre eux comme il l'avait fait à cette occasion.
— Il y a vraiment des fois où tu es plus stupide qu'un scroutt à pétard, jeta Hermione les dents serrées. Toi tu préférerais que les loups-garous souffrent toute leur vie plutôt que de concevoir que quelqu'un qui ne fait pas partie de tes amis puisse les aider.
— Pas partie de mes amis ? répliqua Ron en se levant à son tour. Tu parles du type qui était prêt à vendre Harry à son maître quand on touchait enfin au but ! Et qui a failli nous faire griller, par la même occasion ! S'il est encore en vie, c'est parce que j'ai risqué la mienne pour le sauver ! Alors je ne vais pas en plus me prosterner devant le génie et l'altruisme de Monsieur le meilleur ami des créatures magiques ! En plus, je suis certain qu'il te considère toujours comme une sang-de-bourbe, même si pour toi il est devenu Drago par-ci et Drago par-là !
— Et toi, tu es toujours aussi imbécile quand tu es jaloux ! cria Hermione qui se tenait maintenant à moins d'un mètre de Ron.
Nul ne sut ce que l'imbécile jaloux avait eu l'intention de rétorquer car Ginny compléta d'un Silencio le sortilège de Bouclier que Harry avait lancé pour séparer les époux. D'un commun accord, les Potter laissèrent les fous furieux hurler en silence et s'acharner à coups de poing sur le mur de magie qui les séparait.
— On est comme ça, quand on se dispute ? demanda Ginny avec consternation.
— Ça aurait pu arriver si les papiers que tu as laissé James déchirer l'autre jour avaient été plus importants.
— Je ne lui ai pas laissé déchirer tes papiers ! Tu les avais laissé traîner, ce n'est pas la même chose.
— James n'a rien à faire dans mon bureau ! rappela Harry. C'est toi qui dois faire en sorte qu'il n'y entre pas !
— Je ne suis pas…
Ginny s'interrompit :
— Je rêve ou nous répétons exactement les mêmes arguments qu'il y a quatre jours ? demanda-t-elle d'une voix plus calme.
— Je ne t'ai pas encore suggéré de mettre un sort sur la porte, et toi tu ne m'as pas encore répondu de le faire moi-même, mais oui, on a à peu près fait le tour.
Ils reportèrent leur attention sur l'autre couple : Hermione était en train de donner des coups de pied dans le Bouclier. Cela dut la soulager car elle reprit assez d'empire sur elle-même pour penser à sortir sa baguette et annuler les sorts jetés sur elle et Ron.
— … et ça fait plus de six mois que ça dure ! s'époumonait son mari.
Réentendre le son de sa voix le calma à son tour. Il croisa les bras et regarda Hermione, le souffle court. Elle eut l'air épuisée tout à coup et se laissa tomber dans le fauteuil qui était derrière elle.
— Désolée, Ron, je suis en colère aujourd'hui, mais ce n'est pas contre toi, expliqua-t-elle avec contrition.
— Je sais que ce qui arrive pour le moment est très important pour les loups-garous et je suis fier que tu t'en occupes, affirma Ron en s'avançant et s'accroupissant devant elle pour lui prendre les mains. C'est juste que c'est pénible de ne pratiquement plus te voir, et que ton seul sujet de conversation soit cette fameuse potion.
— Tu m'as vraiment aidée ces derniers temps. Je suis consciente que cela a été long, concéda Hermione.
— Tu as été formidable quand je suis devenu maître de guilde et que je ne savais plus où donner de la tête, lui rappela Ron. C'est normal que je te soutienne à mon tour.
Harry et Ginny échangèrent un sourire quand les deux époux s'étreignirent.
— Alors, cette potion, elle va être distribuée ou non, finit par demander Harry en se réinstallant sur le canapé et en attirant Ginny près de lui pendant que Ron se dépliait pour se percher sur l'accoudoir du fauteuil d'Hermione.
— Pour résumer, le ministère veut s'assurer que cette potion sera mise à la disposition de tous les loups-garous. Il a donc imposé un prix de vente assez bas et a chargé la guilde des Apothicaires d'en organiser la production et la distribution en quantité suffisante. De fait, Drago perd l'exclusivité sur son produit, mais ce n'est pas choquant, puisque c'est pour des raisons de santé publique. Ce qui l'est davantage, c'est qu'il a été contraint de renoncer à la paternité de l'invention.
Ron examina la situation d'un point de vue professionnel :
— Je suppose que Fabien Touillet, le maître des Apothicaires, était présent.
— Oui, lui, il a tout gagné : il va distribuer les licences qui autorisent la commercialisation de la potion. Elles seront temporaires pour permettre à la guilde de contrôler régulièrement la bonne qualité de la production.
— Drago devra demander la permission de produire sa propre invention ? s'enquit Harry qui comprenait mieux l'indignation de son amie.
— Il a demandé à avoir le droit de distribuer sa potion sans dépendre de la guilde, répondit Hermione. Figurez-vous qu'il a fallu deux heures de discussion pour qu'on lui concède une licence définitive, mais qui ne sera pas transmissible à ses héritiers. Il s'est battu bec et ongles pour que son épouse bénéficie de ce droit s'il décède avant que cinquante ans ne se soient écoulés, mais ça lui a été refusé.
À son ton, il était évident qu'elle approuvait le maître de potion d'avoir ainsi défendu les intérêts de sa famille. Aucun des trois autres ne se risqua à faire de commentaire à ce sujet.
— Il a ensuite demandé d'avoir la permission de produire la potion immédiatement, pour que ses clients l'aient dès la prochaine pleine lune. Touillet était contre, parce qu'il savait que les autres apothicaires ne seraient pas prêts dans ce délai. On a encore perdu une heure et demie. Finalement, il a obtenu partiellement gain de cause. On lui impose un mois d'attente, puis il pourra en faire bénéficier sa clientèle. Mais il devra alors vendre la moitié de sa production à d'autres apothicaires pour ne pas être le seul distributeur. Là-dessus, Kingsley a été intraitable. Il ne veut pas qu'on puisse deviner qui est le véritable créateur.
— Donc les loups-garous auront accès à cette potion dans deux lunes, souligna Ginny.
— Pas tous, mais c'est déjà une avancée inespérée. Mais est-ce que je suis la seule à être choquée à l'idée que l'inventeur principal ne soit pas reconnu et honoré à hauteur de l'espoir qu'il apporte à des sorciers maltraités par la vie ? demanda Hermione d'une voix plaintive.
— Hermione, dit doucement Ginny, tu comprends quand même que tous les sorciers qui ont gagné leur Ordre il y a neuf ans ne peuvent supporter l'idée qu'un Malefoy reçoive cette même récompense. Cela m'étonnerait que Kingsley puisse se le permettre, d'un point de vue politique.
— Je le conçois. Mais j'ai le droit de penser que c'est inique, non ?
— Il y a eu plein d'injustices pendant la guerre et, en ce temps là, les Malefoy se trouvaient plutôt du bon côté, fit remarquer Ginny d'une voix plus froide.
— Selon tes dires, Kingsley lui a accordé une grosse somme d'argent, et il pourra se faire connaître en étant dans les premiers à distribuer ce produit révolutionnaire, souligna Harry. Cela lui donne de quoi vivre et élever correctement ses futurs héritiers. C'est pas mal si on considère qu'il était complètement sur la paille il y a moins de dix ans.
— Je suppose, soupira Hermione. Oh, à propos d'héritiers, il a un fils qui a l'âge de Rose. Il s'appelle Scorpius.
— Malefoy a baptisé son enfant Scorpius ? Le pauvre gosse, compatit Ginny.
— Il y en a bien qui nomment leur fils Severus, fit remarquer Ron.
— Hum ! fit Harry. Je vais demander aux elfes d'apporter la suite du repas d'Hermione.
ooOoo
Tiern Watchover : de "watch over": surveiller en anglais et "Tiern" qui signifie "chef" en gallois.
Fabien Touillet, Maitre de la guilde des Apothicaire est aussi un produit de mon invention.
Vous êtes un certain nombre à vous demander ce qui a amené Drago à faire des recherches sur la potion Tue-loup. Là encore, c'est du domaine de Melusine2, mais elle m'a donné des éléments d'explication que je vous glisserai dans le chapitre prochain (oui, on y reparlera de Malefoy…).
Et ça s'appellera 'Les honneurs de la presse'.
J'ai pris pas mal de retard dans les réponses à commentaires. Je devrais l'avoir rattrapé d'ici un ou deux jours.
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VII : La parole des Aurors
