LES REFORMATEURS -


Comme vous le savez tous, mon histoire exploite la série Harry Potter de J.K. Rowling, ainsi que tous les à-côtés officiels (notamment les interviews accordées après la sortie du tome 7).

A mes côtés, j'ai une super équipe de correcteurs qui font un travail formidable. J'ai nommé : Monsieur Alixe, Fenice, Steamboat Willie et Xenon.


XI : Le secret du bonheur


Chronologie :
2 mai 1998 : Bataille de Poudlard
26 décembre 2003 : Mariage de Harry et Ginny
20 juin 2004 : Election de Ron à la tête de la guilde de l'Artisanat magique
17 juillet 2005 : Naissance de James Sirius Potter
04 janvier 2006 : Naissance de Rose Weasley
14 juin 2006 : Naissance d'Albus Severus Potter
Période couverte par le chapitre
: 22 septembre au 8 octobre 2007


Le lundi suivant, Audrey se débrouilla pour arriver sans aide au QG des Aurors, quoiqu'avec un quart d'heure de retard. Harry s'attendit toute la journée à voir Percy venir leur rendre visite sous un prétexte quelconque mais il en fut pour ses frais. Le chef du département de la Coopération magique ne montra pas le bout de son nez. Harry en vint à se demander s'il ne s'était pas fait d'illusions la fois précédente.

L'Auror et la technicienne travaillèrent sur ce qu'ils allaient demander comme nouvelles fonctionnalités au Centre de Recherches de l'Artisanat Magique. Avec les livres scientifiques que la jeune femme avait amenés, croisés avec les connaissances magiques de Harry, ils établirent des descriptions techniques de ce qui pourrait les aider à mieux identifier les personnes et les sorts impliqués dans les crimes qu'ils combattaient.

Vers dix-sept heures trente, ils avaient terminé.

— Bien, il ne me reste plus qu'à envoyer ce document, se félicita Harry. J'en ai parlé avec le maître de guilde de l'Artisanat magique, il m'a dit que les artisans-chercheurs voudraient sans doute nous voir pour discuter des détails, après avoir analysé nos demandes.

— Aurez-vous besoin de moi ? demanda Audrey.

— Oui, ce serait trop bête qu'on soit bloqué parce que je ne peux pas répondre à une question technique. Je vous tiendrai au courant. Oh, donnez-moi votre numéro de téléphone. Mon beau-frère Ron en a un chez lui, et ce sera plus simple que d'envoyer un hibou à votre sœur.

Cet utilitaire existait depuis peu chez Ron et Hermione. Dans un premier temps, aucune des techniques moldues n'avait été installée dans les maisons sorcières, car tout le monde restait persuadé que magie et électricité ne faisaient pas bon ménage. C'est Eddie Carmichael qui avait découvert, lors d'un repas de famille, que le téléphone mobile de sa mère arrivait à passer dans son salon.

Diverses expériences avaient ensuite démontré que la magie utilisée dans les maisons moldues aménagées était suffisamment faible pour réussir à coexister avec la technologie moldue. Hermione et Ron en avaient profité pour faire installer le téléphone pour leur permettre de communiquer avec les Granger. Ron avait envie d'acheter un poste de télévision, mais Hermione renâclait, militant quant à elle pour l'achat d'un ordinateur.

Audrey lui inscrivit le renseignement demandé sur un papier et il la raccompagna jusqu'à l'arrivée dans l'atrium de la cabine téléphonique qui assurait le passage vers la rue moldue. Alors qu'elle prenait congé, Audrey s'enquit brusquement :

— Peut-on se rendre sans baguette sur le Chemin de Traverse ?

— Oui, en utilisant les cheminées, répondit-il. Vous pensez y faire des courses ?

— Non… enfin oui, enfin, ce n'est pas le problème, s'empêtra-t-elle d'un air ennuyé.

— Si vous voulez vous promener un jour sur le Chemin de Traverse, dites-moi quand, et je vous ferai passer, proposa Harry.

— C'est que… J'y ai un rendez-vous ce soir, avoua-t-elle d'une voix gênée.

— Mais avec qui ? s'étonna Harry avant de comprendre tout seul. Mais quand diable vous a-t-il invitée ? ne put-il s'empêcher de demander.

Sa surprise devait être comique à en juger par la lueur amusée dans les yeux d'Audrey.

— Je l'ai rencontré ce matin en sortant de l'ascenseur, avoua-t-elle. Il venait du service de la Justice magique, je crois.

Harry essaya de se représenter Percy faisant le pied de grue au niveau deux dans l'espoir de croiser la jeune femme, mais il n'y arriva pas. Il s'étonna ensuite que son beau-frère, toujours aussi prévoyant et méticuleux, lui ait proposé un point de rendez-vous qu'elle ne pouvait atteindre sans aide. Il eut soudain une illumination : Percy ne savait pas qu'elle était moldue. Quand il avait fait les présentations le premier jour, il avait indiqué qu'elle travaillait avec lui sur son projet de modernisation des méthodes d'enquête, sans autre précision.

Il en resta un moment figé avant de répondre à la question qu'elle lui avait posée :

— Il faudrait que quelqu'un vous fasse traverser le mur ou repasser par ici… Oubliez ! Vous allez y aller par chez moi, c'est le plus simple. À quelle heure est votre rendez-vous ?

— Dix-neuf heures.

— D'accord, venez chez moi à partir de dix-huit heures trente. L'adresse est le 12 square Grimmaurd, au métro Mornington Crescent. Répétez : 12 square Grimmaurd.

Elle s'exécuta docilement avant d'opposer, visiblement très embarrassée :

— Mais je ne veux pas vous déranger ! Je peux me débrouiller autrement.

— Vous ne me dérangez pas du tout, et mon épouse sera ravie de vous rendre service. À tout à l'heure.

Il la planta là avant qu'elle ne puisse protester.

S'étant immiscé dans les affaires de Percy et d'Audrey davantage qu'il ne l'aurait désiré — mais intimement persuadé que Ginny ne lui aurait pas pardonné s'il ne l'avait pas fait — il hésita sur la marche à suivre. Devait-il laisser Percy se dépatouiller et découvrir par lui-même la véritable nature de la jeune femme ? Il était tenté de le faire, mais, finalement, il craignit que ce quiproquo ne provoque une situation embarrassante pour la pauvre Audrey.

Il se rendit donc au département de la Coopération internationale. Comme d'habitude, sa notoriété lui permit d'être introduit sans délai dans le bureau de celui qu'il venait voir. Percy lui offrit un siège tout en s'interrogeant visiblement sur ce qui justifiait pareille visite.

— Tu voulais me parler ? commença-t-il.

— Oui, c'est à propos d'Audrey Giordano, se lança Harry tout en se demandant — un peu tard — comment il allait présenter les choses.

— Un problème ? réagit Percy une lueur inquiète dans le regard.

— Aucun, assura Harry. C'est juste que je pense que… hum, je voulais être certain que tu savais qu'elle était Moldue.

— Elle est quoi ? cria presque Percy.

Harry ne répéta pas, persuadé que son beau-frère n'avait aucun problème d'audition.

— Mais… bredouilla Percy. Tu m'as dit qu'elle faisait de la recherche à l'Artisanat magique ?

— Non, je t'ai dit qu'elle m'assistait pour imaginer de nouvelles techniques. Pour cela, j'ai fait appel à quelqu'un de spécialisé en méthodes policières moldues.

— Mais enfin, elle était habillée en sorcière ! s'obstina Percy.

— Sa sœur, qui l'est, a été assez prévoyante pour lui prêter une robe et un chapeau, expliqua Harry. Quoi qu'il en soit, je lui ai trouvé un moyen de te rejoindre ce soir, ne t'en fais pas à ce sujet.

Percy ne réagit pas à cette précision. Il resta silencieux, le visage bouleversé.

— C'est si grave ? feignit de s'étonner Harry.

— C'est surtout que… je ne m'y attendais pas. C'est…, peina à expliquer Percy d'un ton troublé.

Sous le regard de plus en plus sévère de Harry, il précisa :

— Je n'ai rien contre les Moldus, mais j'ai rarement eu l'occasion d'en fréquenter.

— Tu connais les parents d'Hermione, lui rappela Harry. Et mon cousin Dudley qui était à mon mariage.

— Je ne leur ai pas beaucoup parlé… je ne me suis jamais retrouvé seul avec eux.

— Ce n'est pas si compliqué, Percy. Il faut juste leur expliquer de quoi tu parles quand tu vois à leur expression qu'ils ont du mal à te suivre.

En prononçant ces paroles, Harry se dit que cela ne changerait pas grand-chose pour son beau-frère. Il avait parfois une conversation tellement technique que même les sorciers confirmés peinaient à le comprendre.

— Dis, Percy, demanda-t-il soudain, t'est-il arrivé de faire autre chose que de travailler et de voir ta famille, ces dernières années ?

— Il y a beaucoup à faire, répondit Percy en évitant son regard.

— Pas au point d'occulter toute vie privée, refusa de le croire Harry.

— Je dois honorer la confiance de Kingsley, expliqua le chef de département.

— Je suis certain qu'il ne t'en demande pas autant, opposa l'Auror.

— Mais, moi, je pense que je le lui dois, répondit Percy avec force.

Cela réduisit Harry au silence. Il n'avait pas follement envie de discuter de la dette de Percy envers la communauté magique suite à ses erreurs de jeunesse. Mais à chaque fois qu'il avait eu besoin d'aide, un membre de la famille Weasley était venu à la rescousse, alors il décida de faire ce qu'il pouvait :

— Percy, fit-il d'un ton doux, il est temps que tu comprennes que c'est en regardant vers l'avenir, et non en regrettant sans fin le passé que l'on paye ses dettes. Après tout, tu n'as tué personne ni lancé d'Impardonnable. Je ne peux pas en dire autant.

— Tu avais de bonnes raisons de le faire, opposa Percy.

— Pas à chaque fois, Percy, affirma Harry en détournant le regard. Sirius est mort à cause de ma stupidité. J'ai lancé un Doloris par vengeance. Mais ce n'est pas en refusant de vivre ma vie que je vais effacer ça. (Il releva les yeux avant de continuer.) Je m'y consacre neuf heures par jour, en faisant mon devoir, et c'est amplement suffisant. Allez, je te laisse, j'ai ma femme et mes enfants qui m'attendent. Passe une bonne soirée.

De retour chez lui, il trouva Ginny en train de donner le bain à ses fils. Entre deux gerbes d'eau et les cris d'excitation des enfants, il lui raconta ce qu'il avait fait juste avant de rentrer.

— Je te trouve plein d'inspiration, aujourd'hui, mon chéri, le félicita Ginny en sortant Albus de la baignoire et en l'enveloppant dans un drap de bain. Par contre, comment veux-tu que je puisse habiller cette demoiselle en une demi-heure seulement ?

— Elle a une robe sorcière, lui indiqua Harry en s'occupant de James. Eh, arrête un peu de gigoter, toi !

— Sûrement pas adaptée à une sortie le soir, lui opposa Ginny. Je vais lui proposer de se changer, mais en si peu de temps, cela va être juste, et Percy est très à cheval sur l'exactitude.

— Je pense que ce genre d'exploit est à ta portée, mon amour, assura-t-il. Je vais m'occuper de faire manger les enfants.

— Je vais lui préparer tout de suite une ou deux tenues, pour gagner du temps. Quelle taille fait-elle ?

— Un peu plus d'un mètre soixante-cinq, corpulence moyenne, type méditerranéen, cheveux noirs, yeux marron-vert, répondit Harry.

— Quelle taille de robe, à ton avis ?

— Ginny, on m'a appris à décrire un suspect, pas à lui acheter des vêtements !

— Bon, je verrai, décida-t-elle. Oui, Albus, c'est l'heure de manger, papa va t'emmener.

Ils terminèrent de mettre les deux enfants en pyjama et Harry les fit descendre à la cuisine. Miffy leur servit leur dîner et Harry s'occupa de nourrir son cadet qui en mettait partout si on ne le canalisait pas étroitement.

Alors que le repas se terminait, Harry crut entendre un bruit émanant du hall d'entrée. Occupé à laver les mains des garçons dans l'évier, il n'y prêta pas attention. Au bout de trente secondes, le bruit se répéta et il eut un doute. Il prit Albus dans les bras, demanda à James de le suivre et monta vers le vestibule. Il ouvrit la porte qui donnait sur la rue et découvrit Audrey Giordano qui se tenait sur le perron, l'air incertain.

— Entrez, lui fit chaleureusement Harry.

— Oh, je suis désolée de vous déranger, commença-t-elle en le découvrant avec ses enfants et la robe émaillée de traînées de nourriture.

— Non, non, ce n'est rien. Mais il fallait utiliser le heurtoir, je vous aurais tout de suite entendue.

— Je déteste les serpents, lui confia-t-elle.

— Certains sont sympas, sourit-il en songeant au premier avec lequel il avait conversé. Mais d'autres sont moins fréquentables, reconnut-il.

— Ma sœur m'a dit que certains sorciers pouvaient parler aux serpents, évoqua-t-elle. C'est vrai ?

— C'est un don assez rare, louvoya Harry en se frottant machinalement le front. Ah, je vous présente Albus et James, changea-t-il de sujet en voyant qu'elle souriait aux enfants. Les garçons, c'est Audrey, elle travaille avec papa. Ginny ! cria-t-il vers l'escalier, notre invitée est arrivée !

On entendit des pas et Ginny dévala les marches. Elle salua la relation de travail de son mari avec un grand sourire et lui dit :

— Je suis ravie de vous rencontrer. Harry m'a dit que vous dîniez dehors, ce soir, alors j'ai pensé qu'il vous fallait une robe adaptée. Je peux vous en prêter une si vous le désirez.

— Je ne veux pas abuser, assura Audrey manifestement gênée.

— Mais pas du tout. Venez, j'ai tout préparé.

Sans la laisser protester davantage, Ginny l'entraîna à l'étage, pendant que Harry amenait les enfants à la salle de bains et enjoignait James de se tenir tranquille alors qu'il lui laverait les dents s'il voulait une histoire avant de dormir.

Il commençait juste à lire de Babbitany Lapina et la souche qui gloussait quand Audrey vint lui dire au revoir de la porte de la chambre d'Albus. Elle était vraiment mignonne à croquer dans la robe qu'elle venait de passer et Harry se dit que, malgré son manque d'expérience, Percy s'était plutôt bien débrouillé. Le souaffle était dans son camp, restait à savoir s'il parviendrait à marquer des points.

Le lendemain, muni du courrier qu'il avait préparé avec Audrey pour le CRAM, le Centre de Recherche de l'Artisanat Magique, il se rendit dans le nouveau bureau d'Hermione, au département de la Justice. Il résuma ses démarches et lui tendit le parchemin, pour qu'elle le lise.

— Ce que j'ai besoin de savoir, spécifia-t-il quand elle eut terminé, c'est dans quelle mesure nos éléments d'enquête seront reçus comme des preuves par le Magenmagot. Cela ne sert à rien de confondre les criminels si les indices qui nous ont menés à eux n'établissent pas leur culpabilité.

— Il est courant que les indices qui amènent les enquêteurs à identifier le coupable ne soient pas assez probants, le mit-elle en garde. Les techniques moldues sont loin d'être infaillibles. Elles peuvent même brouiller les pistes. Ce n'est pas parce qu'une personne s'est trouvée sur une scène de crime qu'elle en est l'auteur. Il y a eu pas mal d'erreurs judiciaires basées sur ce genre de preuves, parce qu'on a tendance à les considérer comme incontestables et que ce n'est pas vrai.

— Est-ce une raison pour s'en priver ? protesta Harry. C'est à nous et aux juges de savoir prendre du recul et de mettre ce genre d'indication au même niveau que les autres éléments du dossier. C'est aussi un moyen d'innocenter quelqu'un en prouvant qu'il n'a jamais été là. Tu penses qu'on doit continuer comme maintenant en nous fondant sur notre simple conviction et notre capacité à en convaincre le juge ?

— Je n'ai pas dit ça. Je te mets simplement en garde contre les fausses pistes que cela peut générer. Je trouve tes idées passionnantes à la base, mais, avant de les utiliser, il faudra bien expliquer à tes collègues les effets indésirables que cela peut engendrer.

— Je pense que le plus dur sera de les convaincre de les utiliser, pour commencer, soupira Harry. Certains n'arrivent pas à faire le deuil de la suprématie que leur parole avait lors des procès.

— Tâche de ne pas la remplacer par la toute-puissance de la preuve matérielle, le mit en garde Hermione.

— Je garderai cela à l'esprit, lui promit Harry.

— Et ne fonde pas trop d'espoirs sur la technique de comparaison magique des écritures, lui conseilla Hermione encore en lui rendant son parchemin.

— Pourquoi ?

— Parce que Ron et George vendent déjà la plume de Contrefaçon, qui permet d'écrire avec une écriture différente. Tu peux comme ça brouiller les pistes, quand tu envoies un Colis Pèteur par hibou, lui apprit-elle.

Harry eut une pensée pour la Poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou vendue par les jumeaux qui avait aidé Malefoy à ouvrir Poudlard aux Mangemorts. Mais ils avaient également mis leurs trouvailles au service des opposants de Voldemort.

— Cela restera quand même utile pour identifier les contrats et les testaments, remarqua-t-il. Par contre, je vais charger Owen de faire l'inventaire de ce que les Sorciers Facétieux mettent en vente pour nous donner une idée de ce dont nous devons nous méfier.

— Ça va être gai, vos notes de frais, sourit Hermione.

Ainsi qu'ils l'apprirent en famille deux dimanches plus tard, Ginny avait vu juste et Hermione ne s'était pas limitée, durant les semaines écoulées, à s'occuper des loups-garous et à se faire une place dans son nouveau service.

— Nous aurons un autre enfant au mois de mai prochain, annonça Ron avec fierté.

— C'est fantastique, il aura le même âge que le nôtre, se réjouit Ginny qui avait annoncé sa nouvelle grossesse la semaine précédente.

— Oui, dépêchez-vous pour que le mien ne reste pas tout seul, plaisanta Angelina en caressant son ventre tout rond de ses cinq mois de gestation.

— Mes enfants, vous avez compris le secret du bonheur ! leur affirma Molly.

La seconde semaine d'octobre, Harry reçut un message du CRAM qui lui indiquait qu'ils avaient fait de grandes avancées sur les techniques qui leur avaient été demandées. Harry se rendit chez Ron et Hermione, pour utiliser leur téléphone et contacta Audrey. Il lui demanda qu'elle l'accompagne pour en prendre livraison.

Il avait revu la jeune femme moldue quelques jours après sa sortie avec Percy, quand elle était passée chez lui pour rendre la robe que Ginny lui avait prêtée. Elle avait apporté une grande boîte de chocolat à titre de remerciement, mais avait décliné leur invitation à prendre le thé, prétextant ne pas avoir le temps. Harry s'était interrogé sur ce que cela signifiait à propos de sa soirée avec son beau-frère. Ginny, qui était carrément allée demander comment ça s'était passé au principal intéressé, s'était fait poliment éconduire. Ils ne savaient donc pas si les tourtereaux avaient décidé d'être discrets ou si leur rencontre avait mal tourné. Harry, qui estimait que cela ne les regardait pas, avait fini par suggérer à Ginny de laisser son frère en paix à ce sujet.

Le jour dit, Harry et Audrey se rendirent dans les locaux des chercheurs en utilisant le réseau de Cheminette. Ils furent introduits dans une salle de réunion lumineuse qui semblait beaucoup servir, au vu des chopes à thé personnalisées et boîtes à gâteaux qui se trouvaient sur un meuble. L'homme aux cheveux aile de corbeau et large d'épaules qui les reçut n'était pas complètement inconnu à Harry. Il s'appelait Wallace Kiely et avait deux ans de plus que lui. À Poudlard, il avait défendu l'honneur des Serdaigle sur le terrain de Quidditch en tant que gardien. Les deux anciens joueurs se jaugèrent du regard, amusé par la situation, avant d'entrer dans le vif du sujet.

— Ainsi que vous l'avez demandé, débuta le chercheur, j'ai tenté de développer des formules et techniques magiques pour identifier les personnes qui se sont trouvées dans un lieu ou qui sont à l'origine d'un sortilège.

Harry et Audrey hochèrent la tête pour montrer qu'ils confirmaient l'interprétation de leurs directives.

— J'ai commencé par le plus facile, continua Kiely, c'est-à-dire ce que vous appelez les empreintes digitales. Les sorts qui permettent de déterminer si une substance particulière est présente sur une surface sont assez classiques. Pour faire apparaître spécifiquement la pellicule de sueur et de graisse déposée par les doigts, j'ai créé la formule Digito.

À titre de démonstration, il pressa son doigt sur la table qui se trouvait entre eux puis lança la formule en traçant des huit avec sa baguette. La marque de son empreinte devint rapidement luminescente sur le bois poli, entouré d'autres traces, moins visible cependant.

— Comme vous pouvez le constater, de simples effleurements ne constitueront pas des dessins fiables et utilisables.

— Nous avons le même problème, convint Audrey.

— Bien, maintenant que vous avez trouvé l'empreinte, vous avez la possibilité de la transférer sur un morceau de papier.

Il prit une feuille d'un bloc qu'il avait amené avec lui et la posa à côté de la trace qui luisait toujours doucement.

Transfero, énonça simplement le chercheur.

Harry et Audrey fixèrent la feuille de papier avec intérêt. L'empreinte s'y détachait désormais très clairement, en noir.

— Monsieur Potter, auriez-vous l'obligeance de poser votre main ici ?

Harry s'exécuta sur la feuille qu'on lui tendait et regarda Kiely la rendre visible avec la formule qu'il avait inventée.

— Ensuite, un simple Comparo vous permet de compléter vos investigations, conclut le chercheur en poussant les deux feuillets vers l'Auror.

Harry exécuta le sort qu'il connaissait bien et les deux pages se superposèrent. Le tracé du dessous apparut sur la feuille du dessus, mais en rouge. La différence entre les empreintes se distinguait ainsi clairement. Kiely posa ensuite la main sur le bras arrondi de son fauteuil et récupéra une empreinte partielle qu'il transféra sur son bloc-notes. Puis il réalisa la comparaison avec le premier relevé. La moitié de la dernière empreinte correspondait parfaitement avec la première. Les parties manquantes apparaissaient en vert.

— Bien entendu, ce n'est pas aussi probant que si les deux avaient pu être prélevées entièrement, nota Kiely, mais cela vous indique quand même qu'il y a une grande chance que les deux empreintes proviennent de la même personne.

— C'est formidable, apprécia Harry.

— Aussi efficace que notre balayage au laser, appuya Audrey.

— Oh, je n'ai fait pratiquement que recycler des sortilèges basiques, fit modestement le chercheur. Pour récupérer l'empreinte magique d'un lanceur de sort, enchaîna-t-il, ça a été un peu plus compliqué. Non que cela n'existe pas, mais parce que c'est assez peu connu et que j'ai eu du mal à le retrouver. Pour le moment, il n'y a que le ministère qui l'utilise.

— Au département des Mystères, comprit soudain Harry. Pour en limiter l'accès, ils analysent l'empreinte magique des sorciers, se souvint-il.

— Exactement, confirma Kiely.

— Nous ne sommes pas les seuls à utiliser ce genre de sortilèges, continua Harry. Les gobelins en font autant à Gringotts.

— Je l'ignorais, mais c'est assez logique, effectivement, reconnut le chercheur. Cela dit, cela ne nous est pas d'une grande utilité car notre magie diffère sensiblement de celle des autres créatures magiques. Quoi qu'il en soit, j'ai réussi à joindre une de mes anciennes camarades de classe qui travaille aux Mystères, et elle m'a dit dans quels ouvrages je pouvais trouver des indications utiles dans ce domaine.

Harry, qui lors d'une enquête antérieure, avait été présenté à tous les chercheurs du département des Mystères, n'eut aucun mal à identifier la personne qui s'était trouvée à Poudlard avec Kiely.

— Vous parlez de Pénélope Deauclair, je présume.

— Effectivement, sauf qu'elle se nomme maintenant Mrs Meadowes.

— Ce sont des choses qui arrivent, sourit Harry.

— Comme on dit. Bref, j'ai fini par rassembler une bonne documentation sur le sujet et je sais maintenant comment lire l'empreinte magique d'un sort. Un Wingardium sur ce carnet devrait suffire, indiqua-t-il à Harry après avoir retiré les feuillets déjà utilisés.

Docilement, l'Auror s'exécuta et fit brièvement léviter le bloc-notes de son interlocuteur. Harry leva sa baguette :

Indico Magiam, psalmodia-t-il.

Une lueur éclatante et multicolore s'éleva de l'objet.

— Cette émanation ne vous aide pas tellement, du moins si vous ne pouvez ni la conserver ni de comparer d'autres identifications, commenta le chercheur.

— C'est dommage, fit Harry déçu.

— Je ne me suis pas arrêté là, le rassura Kiely, j'ai travaillé sur la façon de fixer l'aura révélée. Je me suis dit que ce n'était pas impossible, puisqu'on parvient sans problème à rattacher des sortilèges à des objets pour les enchanter. J'ai donc un peu tâtonné dans ce domaine et je suis arrivé à ça…

Prehendo Magiam, fit-il en direction de son carnet.

Cette fois-ci, ce ne fut pas une lueur diffuse qui émana de l'objet mais comme un boule lumineuse qui s'éleva. D'un mouvement de baguette, Kiely attira la sphère dans une fiole qu'il avait sortie de sa poche, avant de sceller magiquement le contenant. Désormais, une sorte de fluide coloré se mouvait paresseusement dans sa prison de verre.

— Voici ce qui représente, d'une manière relativement fidèle, votre empreinte magique. Elle est étonnante, beaucoup plus colorée que la mienne ou celle de mes collègues, ajouta-t-il en la regardant avec intérêt. Et plus intense aussi, ce qui ne constitue pas une surprise, évidemment.

Harry contempla la matérialisation de son aura, avec une fascination mêlée d'un certain malaise. Ce qu'il ressentait lui rappela ce qu'il avait éprouvé quand ses amis, transformés en lui-même grâce au Polynectar, s'étaient déshabillés sans pudeur pour se changer.

— C'est assez, euh… indiscret, finit-il par juger.

— Oh ! fit le chercheur comme si cette idée ne l'avait pas effleurée. Eh bien ici, on voit qu'on a affaire à un sorcier puissant qui pratique toutes sortes de sortilèges. On s'en doutait un peu, pour tout vous dire.

— Mouais. Voit-on si le sorcier en question a lancé des sorts noirs dans sa vie ? demanda Harry, frappé soudainement par cette idée.

Il y eut quelques secondes de silence pendant lesquelles le chercheur envisageait cette possibilité.

— Je ne sais pas. Vous le déterminerez quand vous récupérerez ce genre d'empreinte, je suppose.

Sans répondre, Harry observa les nuances de la matérialisation de sa magie mais ne repéra rien évoquant les sorts interdits dont il s'était rendu coupable quelques années auparavant.

— Si j'ai bien compris, la couleur de l'empreinte dépend de la puissance du sorcier et des sorts qu'il a l'habitude de jeter, résuma Audrey d'une voix interrogative.

— Plus ou moins, confirma le chercheur. Nous avons remarqué empiriquement que, plus le sorcier est éclectique dans les sorts qu'il lance, plus le spectre de couleurs est étendu.

— Cela signifie-t-il que l'empreinte peut se modifier pour une même personne au cours du temps ? déduisit Audrey.

— Je n'ai rien trouvé de tel dans les ouvrages que j'ai consultés, mais c'est assez probable, convint le chercheur. Cela doit demander un certain temps ou le choc d'une expérience violente.

— Comment relève-t-on l'empreinte magique d'une personne ? se renseigna Audrey.

— En utilisant le même sort, mais dirigé vers le sorcier. Il faut cependant qu'il n'ait pas reçu trop de sortilèges différents.

— Vous passez votre temps à vous lancer mutuellement des sorts ? s'étonna la Moldue.

— Sorts de guérison, de coiffure, de nettoyage, énuméra le chercheur.

— Peut-on récupérer la signature d'un sort envoyé sur une personne ? continua Harry.

— Seulement s'il est très fort, répondit Kiely. Les plus importants ont tendance à absorber la couleur des sortilèges plus faibles dont ils partagent le support. Par contre, quand on a des forces équivalentes, elles coexistent sans se mélanger. En clair, les sortilèges légers qui subsistent sur vous auront tendance à se mélanger à votre empreinte. Mais ceux qui sont très violents apparaîtront à côté de vos couleurs propres.

— Et sur un cadavre ? s'enquit Harry.

— Je n'ai pas essayé. Cela doit être comme sur un objet. Il est neutre dans la mesure où il n'a pas été auparavant trop chargé de magies diverses. Un sortilège ayant causé la mort d'une personne devrait être facilement identifiable.

— La trace d'un sortilège sur un Moldu doit être très pure, alors ? avança Audrey.

— Bonne question. Puis-je relever votre signature magique ?

— Vous pensez que j'en ai une ? s'étonna-t-elle.

— Les animaux en ont une, quoique très ténue. A priori, la vôtre devrait être relativement consistante.

Il joignit le geste à la parole et une boule pâle, mais d'un joli vert, émergea de la jeune femme.

— Elle est beaucoup moins brillante que l'autre, fit remarquer l'intéressée d'un ton dépité.

— Celle de Monsieur Potter est un peu hors norme, la consola Kiely. La mienne est à mi-chemin entre les deux. Quoi qu'il en soit, elle est suffisamment colorée pour brouiller une empreinte. Faites attention à vous ! conclut-il d'un ton d'excuse.

— Et les plantes ? continua Harry.

— Non, elles n'en ont pas. Il faut quand même avoir un minimum de système nerveux pour posséder ce genre de signature.

— Et les objets préensorcelés ? s'enquit Harry.

— Préensorcelés ? releva Audrey.

— Il y a plusieurs sortes d'enchantements, expliqua Harry. Quand je lance un Accio sur un objet, c'est un sort léger qui va rapidement disparaître. Si je modifie mes traits pour ne pas être reconnu dans la rue, le sort est un peu plus puissant mais s'annule de lui-même au bout de deux heures. Pour expliquer cela simplement, les choses ont toujours tendance à revenir à leur nature première. C'est pourquoi il faut lancer toute une série de sortilèges qui se maintiennent les uns les autres pour enchanter un objet sur une longue période, ce qui est un des talents principaux de l'artisanat magique. Ma bourse, par exemple, qui contient des sorts de réduction, est fortement imprégnée.

— Je vois, comprit Audrey.

— On ne se donne pas la peine de les appliquer pour un usage limité, continua Harry. Quand je transforme mes habits pour aller dans le monde moldu, je préfère refaire le sort régulièrement ou mettre de vrais vêtements moldus plutôt que me casser la tête à les transformer durablement. Cela dit, même avec nos sorts de conservation, tous nos objets perdent leur magie au bout de quelques années.

— Quelle est la période maximum d'un enchantement ? s'enquit Audrey.

— Il existe des objets magiques qui ont traversé les siècles, lui apprit Harry, comme les bottes de Sept lieux ou l'épée du roi Arthur. Ceux qui les ont créés étaient des sorciers particulièrement puissants ou ils ont mis en œuvre des pratiques compliquées pour les imprégner.

— Pour répondre à votre question, compléta le chercheur, il y aura effectivement un mélange entre la magie d'un objet préensorcelé et celle du sort que vous tenterez d'identifier. C'est une limite que je n'ai pas encore réussi à contourner.

— Bon, si j'ai bien compris, résuma Harry, on ne devrait pas avoir de mal à récupérer l'empreinte des sortilèges puissants, même s'ils ont pris pour cible un sorcier ou qu'ils partagent un même support, ou qu'ils s'appliquent sur un objet qui contient lui-même de la magie.

— C'est exactement ça, confirma le chercheur.

— Par contre, les sortilèges légers, ou ceux qui coexistent avec des sorts moins puissants qu'eux, risquent d'être plus difficiles à comparer et identifier.

— Tout à fait. Que voulez-vous, ici on fait de la magie, pas des miracles !

ooOoo


Concernant Percy et Audrey :

Une année dans la vie de J.K. Rowling, 30 décembre 2007 : Percy a épousé Audrey. C'est un nom qui colle bien, pour la femme de Percy, vous ne trouvez pas ? Ils ont eu deux enfants, Molly et Lucy.

C'est tout ce qu'on sait à ce sujet. La nature moldue d'Audrey, est donc un ajout de ma part.

On sait également que Percy est sur le quai 9 3/4 lors de l'épilogue, ce qui indique que ses enfants a l'âge de ceux de Potter. Pour ce dernier point, j'ai pris du retard, et je me suis donc éloignée du strict canon. Tant pis pour moi, il faudra que je trouve une autre raison pour justifier sa présence.

Certains d'entre vous s'inquiètent pour Ginny, confiné dans son rôle de mère au foyer. Là encore, je me conforme aux directives de Jo qui a indiqué : Après quelques années comme joueuse célèbre dans l'équipe des Harpies de Holyhead, Ginny a pris sa retraite pour élever ses enfants et pour devenir responsable éditoriale de la rubrique Quidditch à la Gazette du Sorcier !

J'ai décidé de ne pas la faire travailler tout de suite à la Gazette car cela ne colle pas avec mon intrigue. J'ai donc des projets pour elle avant, mais j'attends que ses trois enfants soient nés pour mettre ça en route.

.

Dans une semaine, vous pourrez lire le prochain chapitre qui s'appellera Connaître ses dossiers.

.

Grand merci à :

alanachantelune, analaura, aylala, calou, chrys63, Clelal, clodina, Crookshank, cyane, Dragonfly in Amber, Eldar-Melda, Eleonath, Endless77, Erylis, FanFantastique, fjudy, Frank Evans, Fredjs, haruhi-shan, Helmione, hypnos404, James E. Malloy, JBen, Kimmy Kiwi, La'ienth, LaLouisaBlack, , Lily G, Lily-x-Lily, Littlefraise, Lizou, Loony3107, Lunenoire83, Mademoiselle Mime, Maelys, Mahis, Marie la petite, mebahiah, Melusine2, Merlin Potter, mimi72, miou1, Morgannwg, mushu1, Ora, ponponnette, Raphale, Rémi, Shinakun, SiaAhn Sacham, Sky-Madoshi, snakeBZH, Tallia, Tinalisa, Tinn-Tamm, tophe59, Voltéa, Zod'a

pour vos fidèles commentaires.

Pour toutes les questions générales qui ne concernent pas cette histoire, merci d'utiliser les liens contact sur mon site (dont le lien est sur mon profil)


BIBLIOTHEQUE FRANCOPHONE :

Mon projet consistant à présenter des histoires publiées sur ce site, est toujours d'actualité, car nous sommes toute une équipe pour le faire vivre (à ce jour 180 fics proposée dans 19 fandom).

Vous pouvez aller les chercher votre bonheur ou proposer vos coups de coeur à votre tour, à cet endroit : fanfiction. net /forum/Bibliotheque_francophone_vos_coups_de_coeur/70262/

MERCI de proposer vos coups de cœur dans la discussion PROPOSER VOS FIC, c'est ici

(A partir d'ici, aller sur mon profil, cliquer sur le lien My Forum en haut sous mon nom et entrer dans le forum Bibliothèque francophone : vos coups de coeur)

N'hésitez pas à participer et... à mettre des commentaires aux auteurs que vous découvrirez à cette occasion.