Me revoila. Désolée d'avoir été si longue à vous poster la suite de cette fic, mais j'ai eu quelques petits soucis avec internet. Mais voici le nouveau chapitre. Bonne lecture.
Explications et découvertes.
-Qui êtes-vous ?
Le Docteur sortit de ses pensées. Rose lui faisait face timidement.
-Le Docteur.
-Docteur Qui ?
-Juste le Docteur.
-Vous êtes humain ?
-Non. Je l'ai été une fois. C'était assez bizarre.
Rose semblait perplexe. Les réactions du Docteur la prenaient au dépourvu.
-Et on est dans quoi ?
Le Gallyfréen se leva et répondit à la jeune fille en désignant tout le vaisseau d'un large geste.
-Voici le Tardis. Ça signifie Temps À Relativité Dimensionnelle Inter-Spatiale. Elle voyage dans le temps et l'espace.
-Elle ?
-Le Tardis a sa conscience propre. Et elle est une très bonne amie. Un peu têtue parfois, mais très agréable.
Rose n'en revenait pas. Pourtant elle devait avoir des réponses.
-Comment connaissez-vous mon grand-père ?
-Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois par le passé. Un homme très agréable. Il a été d'une aide précieuse.
-Alors pourquoi ma mère ne doit pas se savoir que vous êtes là ?
-Je ne sais pas. Comment s'appelle votre mère ?
-Donna. Donna Noble.
Le Docteur se figeât et fixa Rose. Celle-ci se sentit rapidement mal à l'aise.
-Vous êtes la fille de Donna Noble ?
-Oui ! Si vous connaissez mon grand-père, de qui croyiez-vous qu'il parlait ?
L'extraterrestre se passa les mains sur le visage. Il resta silencieux quelques instants, le regard dans le vide.
-Oï, homme de l'espace ! Je suis là !
La réflexion de Rose lui arracha un sourire, et il lui répondit.
-J'ai voyagé avec votre mère. C'était il y a longtemps. Oh oui, il y a très longtemps.
-Vous avez voyagé avec elle ? Alors pourquoi ne doit-elle pas savoir que vous êtes ici ?
-J'ai dû lui effacer la mémoire.
-Pardon ?
Le Docteur s'appuya sur la console du vaisseau, emporté dans ses souvenirs.
-Il y a eu une guerre. La survie de la Terre en était l'enjeu. Des Daleks, un peuple malfaisant, a voulu asseoir un empire dans la galaxie. Ils ont voulu détruire mon Tardis, et votre mère était à l'intérieur. Elle a survécut grâce à une régénération de ma main.
Rose ne dit rien, mais elle jeta discrètement un coup d'œil aux mains du Gallyfréen.
-Elle avait donné naissance au Docteur Donna. Un être à moitié humain, à moitié Seigneur du Temps.
-Seigneur du Temps ?
-Je suis un Seigneur du Temps. Le dernier.
Gênée, Rose se tue et laissa le Docteur continuer son histoire.
-Donna a hérité d'une partie de la mémoire des Seigneurs du Temps. Mais aucun être humain ne supporte une telle quantité d'informations. Pourtant elle a lutté. Mais elle n'a rien put faire contre la nature. J'ai dû lui effacer la mémoire pour qu'elle survive. Elle n'a pas le droit de se souvenir de moi ou de ce que je lui ai fait découvrir. Elle en mourrait.
Rose s'assit sur la banquette. Elle avait du mal à digérer le flot d'informations qui venait de s'abattre sur elle. Le Docteur l'observait discrètement. Cependant, elle le remarqua au bout de quelques minutes.
-Quoi ?
-Vous me rappelez une amie. Quel âge avez- vous ?
-19 ans.
-L'âge qu'elle avait quand je l'ai rencontrée.
-Et où est-elle maintenant ?
-À l'abri, avec sa famille. Et votre père ? Où est-il ?
-Il a abandonné maman peu de temps après ma naissance. Il pensait être prêt à fonder une famille, mais ce n'était pas le cas. Elle m'a élevé toute seule avec l'aide de grand-père.
-Savez-vous pourquoi elle vous a donné ce nom ?
Rose parut surprise, mais elle répondit tout de même.
-Euh oui. Elle m'a dit que lorsqu'elle m'a regardé pour la première fois, je lui ai rappelé une vieille amie.
-Rose. C'est l'amie dont je vous ai parlé.
-Mais comment peut-elle se souvenir de Rose si elle ne peut se souvenir de ce qu'elle a vu avec vous ?
-Des réminiscences. Mais pas vraiment des souvenirs. Juste une impression de déjà-vu. Si je ne me trompe pas, elle n'a jamais été capable de se souvenir où, quand, ou comment elles se sont rencontrées, n'est-ce pas ?
-En effet ! Elle ne se souvenait que vaguement de son visage. Mais attendez ! Le Tardis, il est au milieu de la rue ! Tout le monde va le voir !
-Oh non, il est équipé d'un filtre de perception. Vous le voyez sans le voir. Et vous passez à côté sans avoir conscience de sa présence.
-Et ça marche aussi sur ceux qui ne doivent pas se souvenir du vaisseau ?
-Non pourquoi ?
Rose consulta sa montre avant de répondre.
-Parce qu'il est bientôt neuf heures et que maman va sortir faire des courses.
-Oh !
Le Docteur se mit à tourner autour de la console en appuyant sur quelques boutons et la colonne centrale s'activa. Rose, un peu inquiète, s'accrocha à la rambarde. Quelques instants plus tard, le Docteur lui sourit.
-On s'est déplacé ?
-Ouaip.
-Où ?
-Allez voir.
Le Gallyfréen lui désigna la porte. Rose s'exécuta. Elle passa timidement la tête par la porte en bois qu'elle ne fut pas sa surprise de se retrouver dans la ruelle qui longeait l'arrière de sa maison. Donna n'y mettait jamais les pieds. L'endroit idéal. Elle y venait souvent avec Cathy lorsque, enfants, elles avaient des secrets à partager. Elles étaient toujours sûres d'être à l'abri des oreilles indiscrètes. Soudain Rose se retourna pour rejoindre le Docteur. Elle n'eut pas besoin d'aller bien loin puisque celui-ci était juste derrière elle.
-Ça vous arrive souvent d'arriver derrière les gens, comme ça, sans prévenir ?
-Et vous ça vous arrive souvent de vous retourner aussi violemment ?
Rose était piquée au vif. Mais elle ravala tout de même sa colère. Si elle devait collaborer avec cet homme, mieux valait ne pas cultiver de mauvais rapports.
-Les disparitions.
-Quoi ?
-On a déjà perdu assez de temps. Il faut s'en occuper.
-Oh oui. Que savez-vous de ces disparitions ?
-Pas grand-chose. Des gens sans points communs apparents ont tout simplement disparus. Ils sont tous d'âges différents. La première victime avait dix ans, la seconde en avait cinquante, la troisième, quarante-trois, la quatrième, trente-cinq et la dernière...
La voix de Rose se brisa, mais elle continua tout de même.
-La dernière en avait tout juste vingt.
-Vous la connaissiez ? La dernière victime.
-C'était ma meilleure amie.
-Venez.
Le Docteur ouvrit la porte et laissa la jeune femme sortir avant de la suivre.
-On va commencer par votre amie. Où l'avez-vous vu pour la dernière fois ?
-Chez elle.
Et Rose partit en direction de l'habitation de son amie. Le Docteur la suivait. Une fois devant la porte, le Gallyfréen sonna. Une femme d'une quarantaine d'années ouvrit. Visiblement, elle venait de pleurer.
-Madame Pierce. Cathy n'est toujours pas rentrée ?
-Non Rose.
-Je vous présente...
-John Smith. Je suis de la police. Pouvons-nous entrer ?
La mère de Cathy s'effaça alors que Rose dévisageait le Docteur qui rentrait dans la maison en rangeant quelque chose dans sa poche. Elle le rejoignit dans le salon après avoir assuré Nina qu'ils feraient tout leur possible pour retrouver sa fille. Le Gallyfréen regardait tout autour de lui comme si il cherchait quelque chose en particulier.
-Vous avez des indices ou des suspects ?
-Pas encore madame. Vous savez si Cathy avait des problèmes ? Avait-elle une attitude différente ?
-Non pas à ma connaissance.
Le Docteur sortit de son manteau un étrange tube qui se mit à clignoter d'une étrange lumière bleue. Il se déplaça dans la pièce pendant quelques minutes, puis il se tourna de nouveau vers Nina Pierce.
-La chambre de votre fille est à l'étage ?
-En effet.
-Je peux ?
-Allez-y.
Le Docteur jeta un coup d'œil à Rose et celle-ci le suivit. Il semblait suivre les indications de sa torche qui clignotait toujours. Ils entrèrent dans la chambre de la disparue. Tout était comme Rose l'avait toujours connu : parfaitement rangé. Seul un pull-over trainait sur le lit. Le Docteur se dirigeait vers l'ordinateur et se mit à le parcourir avec son tube qui, maintenant, ne clignotait plus. Rose s'avança et regarda par dessus son épaule.
-John Smith, hein ? Vous ne croyez pas que vous auriez pu me dire votre nom tout de suite ?
-Je vous l'ai dit, je suis le Docteur. John Smith n'est qu'un nom d'emprunt.
-Et comment se fait-il que la mère de Cathy vous ait cru ?
-Papier psychique. Il vous fait voir ce que je veux que vous croyez. Raaaah mais qu'est-ce qu'il a cet ordinateur ?
L'extraterrestre venait de taper l'écran de colère. Il le saisit et le retourna avant de recommencer son manège avec son tube.
-Et qu'est-ce que vous faites ?
-J'essaye d'accéder aux données du disque dur mais c'est comme ci il était protéger par un mot de passe inviolable. C'est la première fois que je vois ça.
-Je peux ?
Le Docteur lui jeta un regard étonné, mais la laissa tout de même faire. Rose cliqua sur la session de Cathy. Une nouvelle fenêtre l'invita à entrer le mot de passe. La jeune femme s'exécuta et une sonnerie retentit, aussitôt suivie par le bureau de l'ordinateur.
Rose se tourna vers le Docteur un sourire de triomphe aux lèvres. Le Gallyfréen n'en revenait pas.
-Comment avez-vous fait ?
-19 ans de complicité avec Cathy. Chacune connait le mot de passe de l'autre. On les a mis au point ensemble. Votre machin ne peut pas rivaliser avec ça.
-Eh, un peu de respect. Le jour où vous en aurez besoin, vous serez très heureuse que j'ai mon tournevis sonique.
Rose rit de voir le Docteur bougon. Voyant qu'il se renfrognait encore, elle se tourna vers l'ordinateur de son amie.
-Au fait, pourquoi voulez-vous voir son ordinateur.
-Le signal vient de là.
Tout deux se penchèrent un peu plus sur l'écran, quand soudain une fenêtre s'ouvrit sans qu'aucun d'eux n'ait cliqué sur aucune icône.
-Qu'est-ce que c'est que ça ?
-On dirait un jeu vidéo. Vous croyez que...
Rose avança la main pour prendre la souris, quand le Docteur l'arrêta.
-Rose, non !
Il la tira, et la jeune femme sortit de la transe qui s'était emparée d'elle.
-Docteur ? Qu'est-ce... Qu'est-ce qui s'est passé ?
-On dirait que le jeu vidéo vous a hypnotisé, pour que vous jouiez. Venez, on va voir si les autres disparus jouaient aussi à ce jeu.
Rose acquiesça, éteignit l'ordinateur et sortit.
Le Gallyfréen sortit aussi, remercia Nina Pierce et retourna au Tardis. Il trouva Rose près de la porte. Elle se retourna quand il arriva derrière elle.
-On y va ?
-Comment allez-vous Rose ?
-Ça va. Alors on y va ?
-Rose, vous êtes sûre que vous allez bien ?
-Oui je vais très bien.
Elle avait réagit plus violemment qu'elle ne l'avait voulu et éclata en sanglot. Le Docteur s'approcha et la serra dans ses bras. Il attendit patiemment qu'elle se calme.
-Ça va mieux ?
-Oui. Merci.
-Si vous voulez, je peux y aller seul.
-Non, j'ai besoin de comprendre. Ce n'était pas dans les habitudes de Cathy de jouer à des jeux vidéo. Encore moins de disparaître.
Les deux compères se dirigèrent vers les maisons suivantes. Et dans chacune d'elle, ils trouvèrent le jeu vidéo sur l'ordinateur. Ils retournèrent au Tardis afin de tenter de comprendre ce qui attirait tant les gens dans le jeu.
-Lors de ma... transe. Qu'est-ce qui s'est passé ? Exactement.
-Et bien vous aviez les yeux fixés sur l'écran et vous alliez prendre la souris quand je vous en ai empêché.
-Il faudrait peut-être essayer de trouver l'éditeur du jeu, non ?
-Oh mais bien sûr. Rose, vous êtes brillante.
Il lui sourit joyeux, mit ses lunettes et se jeta sur l'écran de contrôle du Tardis. Puis, le Docteur inséra son tournevis dans une encoche et pianota sur le clavier. Rose le regarda faire un peu étourdi.
-Qu'est-ce que vous faites ?
-Lorsqu'on a étudié l'ordinateur de votre amie, mon tournevis a enregistré la signature numérique du jeu vidéo. Si j'arrive à suivre cette signature, on trouvera l'éditeur. Et peut-être même le concepteur.
Rose s'assit sur la banquette pour regarder l'extraterrestre faire. Elle avait l'impression de se rapprocher un peu plus de Cathy à chaque touche que le Docteur touchait. Mais au bout d'une heure, cette impression s'était transformée en désespoir. Le signal ne cessait de disparaître et à chaque fois, le Gallyfréen mettait de plus en plus de temps à le retrouver.
-Raaah mais ce n'est pas vrai ! Pas encore. Mais d'où viens-tu ? Tu es tellement complexe. Tu es magnifique. Seul un génie pourrait créer un code aussi compliqué, aussi aléatoire. Mais malheureusement pour toi, je suis un génie. Je vais te percer à jour et je le promets, Rose, je vais retrouver votre amie.
Le Docteur se tourna et découvrit une Rose endormie. Le plus doucement du monde, il la prit dans ses bras et s'engouffra dans le dédale du Tardis. Il se dirigea vers une des nombreuses chambres du vaisseau, juste à côté de celle précédemment occupée par Rose Tyler. Le Tardis lui avait ouvert la porte.
Le Gallyfréen déposa doucement la jeune femme sur le lit. Puis il fouilla dans l'armoire et en sorti une couette dont il couvrit Rose. Puis il sortit un oreiller qu'il plaça sous la tête de la jeune femme. Enfin, il sorti de la pièce.
Mais avant de sortir, il se retourna une dernière fois. Il la regarda dormir. Elle ressemblait tellement à Rose, sa Rose, et pourtant elle était tellement différente. Le caractère de Donna dans le corps de Rose. À croire que Rose et lui avaient marqué la vie de Donna plus qu'il ne l'avait cru.
Leur relation risquait d'être compliquée. Mais il n'était pas sûr de lui offrir un autre voyage que celui-ci. Il avait trop souffert. Ses compagnons avaient trop souffert. À chaque fois, il avait détruit une partie de leur vie. À chaque fois, ils avaient dû partir. Il avait trop fait souffrir la famille de Donna. Il ne voulait pas détruire sa fille. Wilfried ne s'en remettrait pas. Et pourtant...
Le Docteur continuait de regarder Rose dormir. Elle semblait si fragile, si frêle. Mais elle avait la même détermination que sa mère.
Il se passa la main dans les cheveux. Il devait continuer à chercher d'où venait le signal.
Voilà, voilà. A la semaine prochaine.
