BONUS N°2 – Décision et conséquences
Point de vue d'Edward
Cela faisait déjà plus d'une semaine que Bella m'avait appelé. J'avais repris le boulot le jour même de son appel, ce qui me permettait de penser à autre chose qu'à la décision que je devais prendre. Je n'avais ni nouvelle d'elle, ni d'Emmett, ni d'Alice, ni de Jasper. Si la situation avait été avec une autre femme, j'aurais certainement appelé ce dernier afin d'avoir des conseils, mais j'avais bien trop peur que dans une conversation tout à fait anodine, le sujet de la conversation n'en ressorte et qu'Emmett devine de quoi il s'agissait… Enfin surtout de qui ! À ce moment-là, je ne donnerais pas cher de ma peau… Donc, il valait mieux que je me taise et que je garde tout pour moi quitte à avoir des insomnies.
Ma décision n'arrêtait pas de changer selon mon humeur et le jour. Un coup j'avais envie d'accepter, un autre jour non… Ces derniers temps, ma décision restait plus sur le oui pour la simple et bonne raison que Bella m'obsédait et que je n'arriverais jamais à m'investir dans une relation avec une autre femme, si je pensais à quelqu'un d'autre ! C'était malsain et dégueulasse pour cette femme…
Parfois c'était également non parce que je perdrais du temps dans ma vie… Je voulais me marier et avoir des enfants rapidement et si je sortais (et encore ! sortir serait déjà génial à ce stade) avec une femme réticente à s'engager, ça allait dans le sens contraire de mes espérances. Ça allait prendre davantage de temps qu'avec une femme désirant la même chose que moi et ce n'était même pas sûr que cela aboutisse à quelque chose de sérieux par la suite. Mais dans un certain sens, si je sortais avec Bella, ça me permettrait de la connaître tout en douceur et à ne pas précipiter les choses. Peut-être même éviterais-je certaines erreurs si ce n'était pas celle qu'il me fallait. Mais si au contraire, c'était la bonne et qu'elle ne faisait pas d'efforts, je n'en serais que beaucoup plus attristé…
Un coup fut porté à la porte de mon bureau.
« Entrez ! » Dis-je tout en reprenant un masque impassible.
« Salut… » Dit Mike en passant la tête par la porte. « Je peux te parler deux minutes ? »
Je lui fis signe de s'asseoir en face de mon bureau.
« Tu prends une semaine de vacances et tu es encore plus soucieux et ailleurs qu'avant. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Je soufflai et mis ma tête entre mes mains avant de le regarder de nouveau.
« Ce n'est rien… Enfin… C'est important pour moi mais ce n'est pas vraiment un problème fondamental… »
« Tu vas me dire ce qu'il se passe au lieu de tourner autour du pot ? Je sais que je ne m'appelle Emmett ni Jasper mais tout comme eux, j'ai deux oreilles qui me permettent d'écouter. Et j'ai un cerveau pour réfléchir à ton problème et une bouche pour formuler mon avis et des conseils si tu veux les entendre… »
Je souris de façon amusée.
« D'accord mais n'en parle à personne d'accord ? » Il hocha la tête. « J'ai fait la rencontre d'une femme ces derniers temps. Nous avons… enfin… Je ne te fais pas un dessin. » Sous-entendis-je que nous avions couchés elle et moi ensemble.
Je vis ses yeux briller d'intérêt. C'était du Mike tout craché, c'était une vraie femme quand il s'agissait d'entendre les derniers ragots pour être au courant de tout (et être barman, ça aide beaucoup !) et son côté pervers et obsédé, ne s'intéressait qu'à la vie sexuelle d'autrui.
« Je ne suis pas là pour te décrire ce que nous avons fait ! » Le réprimandai-je afin qu'il redevienne sérieux. « Je savais que cette… aventure ne mènerait à rien. Elle a vécu une rupture douloureuse après de nombreuses années en couple… »
« Alors c'est une femme plutôt mature ? » S'exclama Mike en me coupant la parole. Je lui lançai un regard peu amène. « Désolé, j'écoute et je ne te coupe plus… »
« Donc, sa dernière relation ne s'étant pas très bien finie, elle refuse de s'engager à nouveau… »
« C'est quand même dingue que tu ne veuilles pas du cul pour cul ! N'importe quel homme rêverait de ça ! Aucune complication… Juste du plaisir… De la détente… » Il y eu un petit silence et il comprit qu'il m'avait une nouvelle fois coupé la parole. « Et donc sa dernière relation ne s'étant pas très bien finie, elle refuse de s'engager à nouveau… » Reprit-il ma dernière phrase pour m'inciter à continuer. Au moins, ça prouvait qu'il avait été attentif et qu'il avait bonne mémoire, tentai-je de me calmer.
« Durant cette nuit-là, elle m'a quelque peu laissé croire qu'il y avait une possibilité de se revoir et pas uniquement pour le sexe. Une relation de couple mais pas non plus le mariage tu vois ? Juste… un couple. Enfin maintenant que j'y repense, peut-être est-ce simplement moi qui ai mal interprété ce qu'elle a dit. On s'est échangé nos numéros. J'avoue ne pas l'avoir appelée parce qu'elle était réticente à autre chose qu'une simple nuit. Alors j'ai préféré que ce soit elle qui m'appelle en premier. J'ai attendu, attendu et attendu encore. Presque un mois et demi après, j'ai reçu un coup de fil de sa part. Pas exactement celui que j'espérais même si c'était déjà mieux que rien. Elle me propose d'être un plan cul fixe. Uniquement ça. Dans le cas où je refuserais, elle préfère me dire adieu, selon elle dans mon intérêt. C'est vrai que dans un certain sens c'est mieux que je ne la croise pas parce que ça me permettrait de l'oublier ou au mieux, de moins penser à elle… » Je soufflai. « Je ne sais pas quoi faire… »
« Accepte. » Me dit-il tout simplement.
Je savais que me confier à Mike ne me serait pas d'une grande aide, mis-à-part me sentir plus léger pour m'être confié à quelqu'un.
« Après tout, tu finiras peut-être par te lasser ou rencontrer une autre femme. Quand je sortais avec une fille nommée Lauren, elle m'a présenté à ses amies et c'est là que j'ai rencontré Jessica. Le fait que tu sois en couple les attire parce que ça te donne une impression d'inaccessibilité qui les poussent à se surpasser pour ne serait-ce qu'avoir ton attention. Elles redoublent d'efforts lorsqu'elles réussissent à te parler et pour que tu t'intéresses davantage à elles… Et lorsque tu casses avec ta copine… Bam ! Elles sont toutes à tes pieds et sautent sur l'occasion pour venir te parler. »
« Ça, c'était valable au lycée ! »
« Ou alors, pour les femmes vraiment très attirées ou amoureuses… » À ce moment-là, son téléphone sonna et il s'empressa de finir de me parler avant de décrocher et de sortir de la pièce avec un regard d'excuses. « Crois-moi ! Accepte. Au pire, tu finiras par te lasser comme son ancien copain. »
Seul, je repensais à ses paroles. Ça ne m'avançait pas vraiment dans ma décision mais ça me donnait le courage nécessaire afin me saisir de mon téléphone et de chercher dans mon répertoire le numéro de Bella… J'étais prêt à appuyer sur le fameux bouton vert et à lui parler. Seulement, je me rétractai rapidement. Ce n'était pas encore aujourd'hui qu'elle allait savoir ce que j'allais faire de 'nous'. Je n'étais pas encore prêt ni sûr de ma réponse…
Un choix d'une telle importance me pesait vraiment sur les épaules. Néanmoins, je ne savais pas dans quelle situation j'aurais préféré me retrouver… La sienne, en attente d'une réponse pendant plus d'une semaine ? Ou la mienne, où il fallait prendre une décision…
Dans un élan de détermination, je repris mon téléphone et composai son numéro avant d'appuyer sur le bouton d'appel. Mon cœur battait tellement fort dans ma poitrine que ça me donnait des nausées… Au fur et à mesure des tonalités, mon rythme cardiaque augmentait. Il eut un raté lorsqu'enfin j'entendis sa voix à travers le combiné.
« Vous êtes bien sur la messagerie de Bella Swan. Je suis indisponible pour le moment. Laissez-moi un message après le bip sonore et je vous rappellerais. »
Je raccrochai énervé. Pour une fois que je trouvais le courage de l'appeler après tout ce temps, il fallait qu'elle soit injoignable ! J'avais juste envie de claquer mon portable contre le mur. À la place, je l'éteignis et le rangeai sagement dans mon tiroir avant de partir dans la salle principale de mon club.
Quand je finis mon travail, il était environ cinq heures du matin. J'allumai mon portable. Trois appels manqués. Un message vocal. Je consultai mon répondeur.
« Edward ? C'est Bella… J'ai vu que tu avais essayé de m'appeler alors je suppose que c'était pour me donner ta réponse… Je… (Il y eut un petit moment de silence avant qu'elle ne reprenne.) Je suis idiote de t'avoir appelé tu avais certainement prévu de le faire plus tard… Désolée d'avoir laissé un message inutile sur ta messagerie. »
Je souris au son de sa voix. J'éteignis de nouveau mon portable et rentrai chez moi pour me reposer. Je l'appellerai demain midi lorsque je me réveillerai.
Le lendemain, aux environs de treize heures, je composai son numéro. Je n'eus pas à attendre longtemps puisqu'au bout de la première sonnerie elle décrocha. L'image de Bella assise à une table qui fixe avec obsession son téléphone posé juste devant elle, me vint à l'esprit.
« J'accepte. » Dis-je avant même qu'elle ne parle. « Dis-moi quand et où tu veux que l'on se retrouve. »
La souffrance mélangée au plaisir charnel ne faisait que commencer…
Point de vue de Bella
« J'accepte. Dis-moi quand et où tu veux que l'on se retrouve. »
Je soupirai de soulagement. Une semaine et cinq jours exactement que j'attendais sa réponse. Après plus de d'un mois et demi passés en Angleterre, j'avais fait le point sur ma vie. Jacob m'avait fait souffrir. Énormément même. Et je ne voulais plus m'attacher à quiconque sentimentalement. Cette nuit dans cette chambre froide avec Edward m'avait permis d'oublier cette douleur. Le lendemain, lorsque nous étions tous deux à l'hôpital, je devais être encore sous l'euphorie d'avoir eu des rapports la vieille. D'autant plus qu'Edward m'avait procuré un bon nombre d'orgasmes… Et puis les jours suivants, la douleur était revenue… Je n'avais que Jacob en tête même si l'on s'était parlé à l'hôpital. Je déprimais en quelque sorte…
Découvrir l'Angleterre me divertissait l'esprit. Du moins, le jour avec Alice. Elle avait remplacé la plupart de mes habits. La sage Bella Swan avait désormais laissé place à la sensuelle Bella Swan. Alice m'avait également appris à me maquiller plus correctement qu'avant. Désormais je parvenais aux mêmes résultats qu'elle, mais seule !
Lors d'une sortie dans un pub, je rencontrai un homme.
Robert. (N/A : Petit clin d'œil à Marie-Loving-Edward entre autre ! XD)
Il ressemblait beaucoup à Edward mis à part que sa chevelure (tout aussi rebelle) tirait plus dans les bruns que dans les cuivre. Nous avions passé une superbe nuit toute aussi acrobatique que celle en compagnie d'Edward. Épuisés par nos batifolages, nous nous étions endormis l'un sur l'autre dans le lit de ma chambre d'hôtel. Ce fut là que je pris conscience que le sexe m'apportait beaucoup plus de plaisir que lorsque j'étais en couple. Peut-être tombais-je uniquement sur des bons coups, mais les adieux du lendemain avec un simple petit baiser sur la commissure des lèvres me plaisaient davantage que les longs baisers langoureux que j'avais avec Jacob chaque matin en me séparant de lui pour la journée. Cela faisait moins mal également au niveau de la séparation. Aimer un être et être loin de lui, c'était comme être amputé d'une partie de soi. Et comme on n'est jamais vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec son conjoint, on souffre à longueur de temps.
L'amour n'était définitivement plus une bonne chose pour moi. J'avais passé trop de temps avec le même homme, de ce fait j'avais l'impression d'avoir gâché une partie de ma vie. J'avais fermé les portes à d'autres expériences nouvelles et à découvrir. Si certaines personnes aimaient changer de partenaires durant leur jeunesse avant d'entamer une relation sérieuse avec plus de stabilité, moi, je faisais l'inverse. Quant aux enfants, je n'aimais cette idée qu'avec Jacob. C'était surtout lui qui me poussait chaque jour à les aimer. Je trouve ça attendrissant oui, mais ce sont pour les personnes qui ont beaucoup d'amour et de temps à donner. Si j'avais donné naissance à son enfant, ça aurait été principalement pour lui parce que je sais qu'il fera un bon père. Quant à moi, je ne crois pas que j'ai les gênes de ce genre de personne. Je dois tenir ça de mon père…
Pour en revenir au sexe, chose mille fois plus intéressante que des machines à merde, Robert est très bon au lit, voire excellent. (N/A : Moi en train de dire du mal des bébés et du bien de Robert dans la même phrase ? *prend sa température*) Peut-être même meilleur qu'Edward. Néanmoins, c'était ce dernier que je préférais alors que Rob avait tous les avantages. Il cherchait la même chose que moi c'est-à-dire du sexe, du plaisir, de l'amusement sans contrainte. Un accent anglais à faire tomber toutes les filles, même les plus prudes ! Un sourire en coin qui faisait des ravages… De la distance afin d'être certain qu'aucun de nous ne s'attache sentimentalement à l'autre… Nos petits jeux avaient duré trois semaines (extrêmement intensives au point d'avoir des courbatures) et puis je m'étais lassée. Ses performances restaient olympiques et pourtant mes orgasmes se faisaient moins fulgurants, plus longs à venir jusqu'à ce que je ne ressente plus rien… J'avais même simulé les cinq derniers jours…
Le plaisir ne faisait pas tout. J'avais besoin de quelque chose en plus qu'Edward était capable de m'apporter. Il avait cette attirance plus qu'importante et… cette attraction indescriptible. Si comme si un lien fort nous unissait sans même que nous nous connaissions. Un peu comme ces amis avec qui on accroche directement et qu'on a l'impression d'avoir toujours connu même au bout de quelques jours ou quelques semaines…
Voilà pourquoi sans être en couple avec Edward, je voulais l'avoir auprès de moi comme j'avais eu Robert…
« Hôtel Hyatt à quatorze heures, ça te va ? » Lui répondis-je.
« C'est parfait. »
« Alors à tout à l'heure. »
Il ne répondit rien mais n'avait pas raccroché pour autant.
« Edward ? »
« Oui ? »
« J'ai hâte d'y être. » Souris-je à l'idée de le retrouver avant de raccrocher et de partir vers le lieu de notre rendez-vous.
