J'ai lu le journal, et relu, et une dernière fois pour être bien sûre... Mon sang tourne dans mon corps, deux fois, deux fois, trois fois... Mon coeur martèle ma poitrine... je l'aie retrouvée, je l'aie retrouvée! Je savais que je n'étais pas folle, je leur avait dit, il n'avait pas voulu me croire, ils disait que j'étais folle, et je les ait haït, je les ait haït si fort de renier son existence, de faire comme si rien n'avait eut lieu, de reprendre le court de leur misérable vie en laissant derrière eux celle de ceux qui les avaient aimé... et ils m'ont haït, ils m'ont haït si fort de le rechercher, de chercher des réponses, de chercher un coupable, de me souvenir, et de l'avoir trouvée... Je l'aie trouvée, la bête, elle est a Tokyo, c'est elle, j'en suis sûre, c'est la même... Je me souviens, je me souviens de ses griffes, de ses dents, de ses yeux, ils étaient verts, verts comme deux émeraudes, ils étaient beau, mais c'était les yeux d'un monstre... Un monstre qui à tué, froidement, impitoyablement, qui à déchiqueter les chairs, volés les vies, dévorer les âmes et marqués du sceau de la peur les esprits jusqu'à leur faire renier son existence et toutes les horreurs qui l'accompagnait...
Mais aujourd'hui moi je l'ai trouvée! Parce que moi je ne l'aie pas oubliée! Elle m'as marqué, non de ses griffes mais de ses crimes, comme si c'était mon esprit qu'elle avait lacéré... C'est monstrueux, je suis fascinée par elle, je devrais ne ressentir que vengeance et amertume... Mais je suis fascinée de ce qu'elle a fait, non, de la manière dont elle l'a fait... Suis-je morbide? Lugubre? Folle? Qui a part moi a bien pus lire ce que j'ai lu dans ces corps déchiquetés? Qui a part moi a vue cette dualité? ce déchirement? Cette douleur?
Oui, décidément je dois être folle... Je poursuis une bête mythique et considère ses crime comme le témoignage de sa profonde détresse... Qui plus ait la même bête qui a... Oui, folle a lier...
Me voilà a Tokyo, il neige...
Blanche, fraîche, elle apaise le tumulte de mes théories hasardeuses, touche ma peau, ma chair, mon esprit...
BOM
Un type vient de me rentrer dedans...
" Hey, tu peux pas avancer au lieu de rêvasser?"
" Je suis désolée, je..."
Ma voix se bloque et mes yeux s'écarquille, j'entr'aperçois cette fille aux cheveux noirs, mais surtout, surtout ses yeux... Des yeux verts, éclatant comme deux émeraudes... Je bouscule le type sans ménagement, elle viens de tourner a l'angle de la rue...
La sonnette de la boutique sonne, le boucher me salue et me demande de patienter... Elle est devant moi...
" Et pour la d'moiselle?"
" De la viande fraîche, n'importe quoi, pour ceci..."
Elle sort plusieurs billets, je ne peut m'empêcher de m'étonner... Le boucher non plus...
" Eh ben, vous avez de la marmaille a nourrir vous!"
Elle ne relève pas, prend sa commande et sort...
" Et pour vous d'moiselle?"
Je ne répond pas, restant immobile au milieu des pièces de viande, probablement dépassés vu l'odeur...
" Mam'zelle?"
" Euh, rien, je suis désolée..."
Je fais un sourire et une révérence d'excuse et sort, évidemment, elle n'est plus là... Au fond pourquoi l'ai-je suivi? Et au fond, que suis-je venue chercher ici? Pourtant, j'ai la conviction d'être à ma place... Je soupir, la buée dût au froid s'échappe de ma bouche...
Je m'assoie, le tumulte des paroles joyeuses, des discussions politiques et sportives de ce café m'exaspère, mais je n'avais pas envie de marcher davantage... A la table ou je suis, un journal abandonné dont un article attire toute mon attention...
" La rumeur de la bête. C'est un mythe du fond des âge qui agite aujourd'hui la ville après la découverte de ces crimes sanglant, hier matin tout près d'un immeuble résident... Après une autopsie détaillée, il apparaît que ces blessures hors normes ne pourraient pas avoir été causés par un humain, elles seraient l'œuvre d'un animal semblable a un énorme loup, possédant des griffes acérées et une puissantes mâchoire. Cette théorie à aussitôt été réfuté par le chef de la police qui la qualifie de "balivernes et superstitions urbaines" et assurent que l'auteur de ces crimes ne restera pas plus d'une semaine en liberté. Dernier fait troublant, l'inquiétante similitude entre cette affaire et celle de ce qu'on avait surnommé "les nuits sanglantes" dans la région de Kyoto. Souvenons nous que parmi les victimes, se trouvaient d'éminent savants ayant eut un rapport étroit avec des entreprise pharmaceutique spécialisés dans la génétique, parmi eux le tristement célèbre professeur Fujino..."
Je commande un café.
