Je marche, perplexe, je ne cesse de penser à cette fille, a ses yeux surtout, ses yeux reflétait tellement de choses, mais pas une once de bonheur, de bien être... Est il possible de ne ressentir aucun sentiment heureux? Est il possible de ne remplir son cœur et son regard qu'avec de l'animosité, de la résignation et du dégoût? Car c'est là tout ce que j'y ai lu avec certitude... Bon sang mon dos, que m'as t-il pris de dormir dans la rue, j'ai mal, j'ai faim, j'ai froid et je suis sale... J'avais pourtant les moyen de me payer l'hôtel, alors quelle est cette idée saugrenue de m'endormir sur le premier banc venu? J'aurais pu me faire agressée, violée ou tout simplement mourir de froid... Suis-je a ce point obnubilée par un but dont je ne saisi pas le nature pour en oublier ma propre vie? Mes membres sont raides, comme si mes os eux même avaient gelés et cassés, et qu'il fallait bouger avec précaution pour ne pas que l'un d'eux ne me transperce la chair de mes cuisses... Ce dos me fait atrocement souffrir, et bien sûr, pas une seule pharmacie d'ouverte, il faut dire qu'il fait encore nuit... Mon but, je reviens sur cette pensée qui est sensé être ma raison pour avoir atterrie dans cette ville que je n'aime pas... Je n'aime pas Tokyo... Simple opinion personnelle, sans justifications ni arguments mais assumée...

Pas le temps de comprendre que j'embrasse le sol avec force, face la première... Aaaah, bon sang, je crois que je me suis fait mal, ma joue me brûle, résultat du contact avec un béton geler et rêche... Je me redresse avec cette même raideur qui habitait mes jambes, lassée et endolorie dans chaque recoin de mon être... J'observe ma main qui massait la dite joue, ensanglantée, et bien, je ne me suis pas ratée, mais...

Le sang coule abondamment de ma main, en telle quantité, non, ce n'est pas...

Je regarde autour de moi, et sans me soucier du liquide poisseux encore présent dessus, porte ma main à ma bouche...

" Oh, Kami-sama..."

Je ne suis pas fervente croyante, mais je pense que ce sont là les premières paroles qui peuvent vous venir à la bouche lorsque vous vous apercevez que vous pataugez dans une marre de sang... Oubliée la douleur de mon corps, comme si elle avait elle-même fuit devant pareille horreur... Mes jambes me portes loin de tout ceci mais je bute sur quelque chose, me retrouvant a nouveau a rencontrer le sol...

Un hurlement, un cri d'horreur, pur et simple... Celui qui résonne à travers la nuit, celui qui viens de quitter ma gorge endoloris par le froid lorsque je reconnais une forme humaine a travers ce morceau de chair lacéré qui viens de se prendre dans mes pieds... Je ne bouge pas, le cadavre de ce malheureux est méconnaissable, les joues sont arrachés, découvrant les dents et une parti de l'os de la mâchoire qui est lui même fracassé... Les muscles sont à découvert, les entrailles sur le sol, et le sang...

...

Frotter, frotter, frotter, ça doit partir, aller! La tête qu'a fait la femme à l'accueil... Frotter, frotter, ça ne veut pas partir! Oh, non...

Le sang s'évide a travers l'orifice d'évacuation de la douche... Mon sang, à trop frotter, je me suis mise la chair du bras a vif...

Mes dents grincent, je les serre, j'ai mal, vider une bouteille d'alcool n'était pas une bonne idée, mais la plaie saigne toujours, le sang, il coule flot, et le parquet ne se voit plus, il est rouge, comme les murs et le plafond, rouge sang... Sang qui s'échappe de la gorge de cette femme, qui est cette femme? Ah oui, c'est ma mère... Le sang de ma mère se répand sur le sol, sur mon visage, sa chair vole en lambeau, ses os, je peut apercevoir ses os transpercés sa chair, et cet homme, enfin, ce qu'il reste de cet homme, je crois que c'était mon père... Puis elle... Elle est là, devant moi, son haleine sur ma figure, ses dents souillées de sang, ses griffes dégoulinantes, et ses yeux, ses yeux verts, si triste, au plus profond d'eux, je la vois déchirée, je la vois, je la vois... Humaine?

" Natuski!"

...

Je suis affalée sur ma table, l'odeur du croissant me dégoûte, seul le café noir, sans sucre comme je l'aime me paraît appétissant et à même de me rassasiée...

Le serveur dépose le journal.

" Encore une! C'est encore une malheureuse victime découverte ce matin a l'entrée d'un parc non loin du commissariat central... Provocation ou simple coïncidence? Toujours est-il que la police prend désormais l'affaire très au sérieux, mais en l'absences de pistes, ce crime monstrueux pourrait bien ne pas être le dernier..."

"Natsuki, Natsuki Kuga..." Un nom, un nom dont j'ignore tout jusqu'à même sa présence en mon esprit...

Le café me brûle la gorge.