Vous voulez savoir comment Harry s'est débarrassé du dinosaure ? Eh bien, il lui a lancé un levicorpus, la bestiole est restée suspendue par les pieds pendant des heures… Que voulez-vous, Harry fait ce qu'il peut, il avait beaucoup de soucis à ce moment là.

Bon, je ne vais pas vous raconter les déboires de notre héros dans l'âge sombre, ce n'est pas le propos. Je fais une petite ellipse temporelle de… environ 900 siècles. Ben oui, dans les romans tout est permis. Mais rassurez vous, Harry n'a pas pris une ride (au sens propre comme au sens figuré). Revieweurs à vos claviers ! Qu'est ce que vous attendez, bande de feignasses ? Ouais, bon, je sais, un écrivain est censé ménager ses lecteurs… On reprend : Très chers lecteurs adorés, auriez vous l'obligeance de m'envoyer des reviews ? Parce que ça me ferait trèèèès plaisir. Bye !


Chapitre 3 : Le passé proche

Depuis ce jour sinistre, Harry erra à travers les siècles, en quête de pouvoirs et de connaissances. Parfois, il restait pendant quelques jours dans une époque, parfois pendant des années : le voyage échappait complètement à son contrôle, il le ballottait sans cesse d'un endroit à l'autre dans l'espace et dans le temps. Il avait vécu parmi de nombreux peuples et acquit plus de science qu'aucun sorcier n'en eut jamais, hormis un seul (je parle bien sûr de Voldemort, qui a subi le même destin qu'Harry). Il avait appris chez les druides celtes le mystérieux pouvoir des runes, en Afrique des vaudous lui enseignèrent à maîtriser les éléments, chez les indiens d'Amazonie il parvint à maîtriser la transformation en n'importe quel animal, des voyantes romanichelles lui montrèrent comment lire la réalité au-delà des apparences, il préparait désormais les potions mieux que quiconque et possédait au plus haut degré le savoir des botanistes… Et j'en passe.

Si Harry avait été soumis à la loi normale du temps, il serait aujourd'hui plus vieux que Nicolas Flamel lui-même. Mais, comme Rogue l'avait dit un jour à juste titre – bien qu'il ignorait alors combien il y avait de vérité dans ses propos- les lois normales ne semblaient pas s'appliquer à lui. Harry avait gardé la même apparence que ce jour où il aurait du mourir de la main de Voldemort, à cela près qu'il avait magiquement corrigé sa vue après avoir perdu ses lunettes lord d'un exercice de lévitation au-dessus d'un précipice. Et de toute façon de quoi aurait-il eu l'air s'il s'était promené dans l'antique Athènes avec des lunettes, hein ? Cratyle se serait moqué de lui.

Sa solitude l'avait rendu mélancolique et presque indifférent. Au cours de ses voyages, il n'avait pu s'attacher à personne, car il savait qu'il ne resterait pas longtemps. Son seul espoir était que le temps se soit arrêté avant la mort de Ginny, Ron et hermione. L'espoir était mince, mais il persistait. Harry avait interrogé les cartes (il le faisait bien mieux que Trewlawney) et elles lui avaient révélé que Dumbledore était bien mort, tout comme Sirius et ses parents, mais que le destin de ses trois amis restait incertain. Peut-être alors reverrait-il Poudlard telle qu'elle était avant la guerre. Au fond de son cœur, Harry était persuadé que ce jour viendrait. Aussi, il mettait son cœur en sommeil, attendant que prenne fin cet éternel hivers.

Mais pour l'instant, Harry était allongé sur le sol, face contre terre, et reprenait conscience après l'un de ses multiples et pénibles voyages temporels. Une sensation désagréable d'humidité l'envahit aussitôt (oui, il tombait souvent dans des endroits humides ; à croire que ça amusait les dieux ou les on-ne-sait-quoi qui l'avaient foutu dans ce pétrin de le voir patauger dans la boue).

« Merde », se dit-il, « où suis-je encore tombé ? »

Harry avait toujours été nul en Histoire. Son ignorance crasse lui avait d'ailleurs joué quelques tours. Ses « voyages » ne tenaient absolument pas compte de la chronologie, et il lui fallait parfois des mois pour comprendre où et quand il était tombé. Parfois, il ne le su jamais. Il se débrouillait plus ou moins avec les civilisations européennes, mais vis-à-vis des peuplades primitives, il était complètement largué - et il s'en fichait royalement. Après tout, tomber en Afrique du Sud ou aux Bahamas, qu'importe ? Le tout, c'est de s'adapter, selon lui en tout cas.

« Chouette décor », songea-il avec ironie en regardant autour de lui. De toute évidence, il était tombé dans une grotte. Tout était noir et silencieux, on entendait juste un bruit d'eau qui s'infiltrait entre les rochers (juste assez pour former une petite marre dans la quelle il puisse tomber… Décidément, ça devait faire partie de sa malédiction). Harry se leva péniblement et s'étira pour tenter de chasser la raideur de ses membres.

Soudain, Harry se rendit compte qu'il y avait quelque chose de bizarre en cet endroit. En fait, il avait un curieux sentiment de déjà-vu. Il se dirigea prudemment vers l'ouverture de la grotte, qui laissait passer une faible lumière. Il sortit à l'air libre, et regarda tout autour de lui. Son cœur manqua de faire un arrêt.

« Pas possible », se dit-il. « Je suis… Je suis chez moi ! ».

Il se trouvait en effet dans cette même grotte où il avait apporté du poulet à Sirius il y a si longtemps de cela. A la lumière rose de l'aube, il pouvait voir Pré-au-lard en contrebas. Les lumières des maisons n'étaient pas encore allumées, le village dormait encore paisiblement. Au loin se détachaient les tours de Poudlard, son premier véritable foyer, le lieu qu'il avait le plus aimé de sa vie. Cette vision le bouleversa. Il était de retour !

Mais était-il vraiment chez lui ? Il savait où il se trouvait, mais pas quand. Peut-être retourné quelques temps avant sa naissance, qui sait peut-être même au temps des fondateurs (« si c'est le cas, je vais flanquer une raclée à ce cinglé de Serpentard », songea-t-il).

« Procédons dans l'ordre », dit-il à voix haute. « Voyons… D'abord, mon apparence. Je débarque tout droit d'Afrique, je me suis déguisé en Africain et je suis aussi black que Nelson Mandela. Pas très discret au pays des british, surtout si je suis tombé au dix-septième siècle ou Dieu-sait-quand… Alors… Mon apparence d'européen… ».

Il se concentra un instant, et son corps se métamorphosa. Au lieu du jeune homme à la peau ébène apparut un jeune homme aussi pâle que les vampires qu'il avait rencontré à Prague en 1853 et aux cheveux châtains lui tombaient gracieusement juste au-dessus des épaules en ondulant. Ses yeux jadis émeraudes passèrent d'un noir profond au bleu océan. Il aurait pu prendre son apparence normale, mais il avait décidé il y a longtemps de ne pas laisser de traces de sa véritable identité dans des époques qui n'étaient pas les siennes. Alors, il changeait son nom et son apparence, même quand ce n'était pas nécessaire. En Angleterre, il s'appelait William Griffith.

Restait la question de sa tenue. Il opta pour une robe de sorcier noir et une cape noire, passe-partout mais bien coupés et d'une matière agréable. Satisfait du résultat –il étai vraiment un grand sorcier-, il mit sa baguette dans sa poche. Sa baguette et la carte du maraudeur étaient les seules possessions qu'il conservait de son époque. La cape d'invisibilité devait traîner quelque part dans les environs de Poudlard, attendant que le temps reprenne son cours.

« Bon, maintenant, direction Pré-au-lard », songea-t-il. « J'ai envie d'un bon p'tit dej'. Pourvu qu'ils aient de bons p'tit dej, dans cette époque. Au fait, j'ai besoin d'argent ». D'un geste négligent de la main, il fit apparaître un couteau et s'entailla la main gauche. Il se concentra un moment, et transforma le sang qui coulait de sa blessure en galions d'or. Il avait appris cette technique auprès d'un sorcier brésilien, qui l'avait inventé pour satisfaire les exigences des colons portugais sans s'épuiser dans les mines. Grâce à cette découverte, les habitants de son village avaient été à peu près épargnés. « L'or est une matière difficile à obtenir », lui avait dit ce sorcier. « Si tu veux que les dieux t'en donnent, il faut leur offrir en échange quelque chose qui a autant de valeur à leurs yeux ; ton sang. Les dieux ne donnent rien pour rien ». Harry souffla sur sa blessure, qui se referma aussitôt. A présent, il pouvait partir.

L'air du matin était frais mais non glacial ; on était sans doute en septembre. Les classes avaient probablement commencé, Poudlard devait être remplie d'étudiants joyeux et insouciants. Harry poussa un soupir. Il aurait tant aimé faire sa septième année… Au lieu de cela, il était parti avec Ron et Hermione à la chasse aux horcruxes (qu'ils avaient d'ailleurs réussi à détruire). Au fait, qu'était-il supposé apprendre dans cette époque ? La réponse le frappa comme une évidence ; la réserve de la bibliothèque de Poudlard ! C'est là que Voldemort avait appris la magie noire, au début en tout cas ; Harry devait posséder lui aussi ces connaissances pour anticiper ses mauvais coups. Et pour accéder à la réserve, quoi de mieux que d'entrer en tant qu'élève ? En plus, il pourrait finir ses études, et avoir son diplôme. Juste pour le fun…

La perspective de revoir Poudlard, et, si tout allait bien, d'y rentrer, le mit d'excellente humeur, à tel point qu'il se mit à siffloter un air que chantaient les bardes d'un certain village de Germanie pour faire parvenir fruits et légumes à maturité en cinq minutes chrono. Derrière ses pas, les herbes se mettaient à pousser à vue d'œil, les fleurs s'épanouissaient et les animaux dressaient l'oreille, fascinés. Mais Harry n'y prêtait pas attention, perdu dans ses pensées. Il sifflotait toujours quand il entra dans Pré-au-lard. Sur son passage, les habitants matinaux regardaient avec intérêt cet énergumène au physique agréable mais un peu bizarre, et son chant les atteignaient jusqu'au fond du cœur sans qu'ils comprennent pourquoi. Certains semblaient un peu méfiants, mais Harry ne s'en aperçut pas.

« Rien n'a changé, ou presque », se dit-il, émerveillé. « La poste, Zonko…Je ne dois pas être tombé trop loin de mon époque, les vêtements ne sont pas très différents non plus… c'est vrai que chez les sorciers, les modes passent moins vite que chez les moldus, mais tout de même… » .

Il poussa la porte des Trois Balais avec émotion. Cet endroit lui rappelait tant de souvenirs… Ron, Hermione, les Bièreaubeurres, Rita Skeeter… Une femme était en train de nettoyer le comptoir. Quand il la reconnu, Harry fut stupéfait : c'était madame Rosemerta ! Mais elle était plus jeune qu'à son époque. « Vingt à trente ans de moins, je dirais », songea-t-il, « si Ron la voyait… ». La jeune femme leva les yeux, surprise d'avoir un client- un inconnu, qui plus est- de si bonne heure.

Je peux vous aider ? demanda-t-elle aimablement.

Heu, oui, je voudrais prendre un petit-déjeuner, s'il vous plait.

Prenez place, alors, répondit-elle. Britannique, végétarien ou continental ?

Britannique, s'il vous plait.

La saveur du bacon et des haricots blancs lui manquait cruellement. Il n'en raffolait pas, autrefois, mais après s'être nourri de python grillé pendant six mois… Il avait besoin de revenir à sa cuisine nationale.

Je ne vous ai jamais vu dans les parages, dit madame Rosemerta. Vous êtes étranger ?

Hum, oui, le viens des Etats-Unis… De Chicago, pour être plus précis.

Il choisit cette ville parce qu'il y était resté pendant un certain temps et qu'elle lui avait plu.

Pourquoi êtes vous en Angleterre, si c'est pas indiscret ? demanda madame Rosemerta sur le ton de la conversation.

J'ai envie d'aller finir mes études à Poudlard, répondit-il. On dit que c'est la meilleure école de sorcellerie au monde.

Pour ce faire des amis en pays étranger, il n'y a rien de tel que de flatter l'ego national. Et en effet, madame Rosemerta devint soudainement très chaleureuse.

- Ça c'est sur, répondit-elle avec orgueil. Avec Dumbledore comme directeur…

A ces mots, le cœur de Harry tressaillit de joie. Il allait revoir ce bon vieux Dumby, son directeur préféré !

Mais ce n'est pas prudent de venir en Angleterre en ce moment, reprit Rosemerta. Avec Vous-savez-qui dans les parages…

Harry ce figea. Il l'avait oublié, celui-là ! Mais il se rassura. Ce Voldemort ne pouvait pas être aussi puissant que celui qu'il avait connu. En plus, il n'avait jamais entendu parler de Harry Potter et ne reconnaîtrait jamais Harry sous son déguisement. D'ailleurs, s'il voulait l'attaquer, tant pis pour lui. Harry n'était plus tout à fait un débutant.

Harry haussa les épaules.

Oh, vous, savez, dit-il, je crois qu'il n'y a pas d'endroit plus sur que Poudlard, en ce moment. Dumbledore fait peur à Voldemort, pas vrai ?

Au nom de Voldemort, Rosemerta sursauta et laissa tomber le verre qu'elle essuyait.

Désolé, dit Harry précipitamment (mais il n'était pas si désolé que ça ; il avait toujours aimé faire son petit effet, hé hé hé…). J'ai oublié qu'il ne fallait pas prononcer son nom.

Oublié ?! fit madame Rosemerta en le regardant avec des yeux ronds. Mm… Au fait, quel est ton nom ?

William Griffith, pour vous servir, répondit Harry d'un ton affable.

Bienvenue en Angleterre, monsieur Griffith. Je suis madame Rosemerta. Si tu es admis à Poudlard, nous nous reverrons sûrement. Les élèves viennent souvent ici quand ils ont un week-end de sortie.

J'y compte bien, dit Harry.

Il la remercia, paya son petit-déjeuner et prit congé. Il allait foncer tout droit à Poudlard, quand son cerveau lui rappela qu'il serait bon de se renseigner un minimum sur la date et la situation politique, histoire de ne pas avoir l'air d'une parfaite andouille. Et aussi sur les écoles de sorcellerie existant actuellement aux Etats-Unis. S'il devait affronter un interrogatoire de Dumbledore, il valait mieux avoir un alibi solide ; malgré ses airs de vieux fou excentrique, Dumby était malin comme un vieux singe. Il entra donc dans une librairie et acheta la Gazette (cette feuille de chou était hélas la seule source d'information non pas fiable mais cohérente), un magazine mensuel présentant les accessoires sorciers dernier cri et un livre sur les écoles de magie du monde. Il apprit que l'école de magie du Minnesota qu'il avait fréquenté vers 1810, Jerusalem's Lot, existait toujours, bien qu'elle ait perdu un peu de son caractère puritain (« tant mieux pour les élèves », songea Harry.). Il décida qu'elle ferait un très bon alibi.

Harry découvrit qu'il était tombé en 1971, le 21 septembre très précisément. Voldemort frappait de façon ponctuelle, des assassinats politiques plutôt que les massacres qu'il avait connu à son époque. Les favoris du tordu suprême étaient Antonin Dolohov et un certain David Kreiner. Le ministre de la magie s'appelait Alphonse Beria, mais il était critiqué pour son manque de fermeté (mais Harry n'accordait pas beaucoup de crédit au jugement de la gazette).

« Bon, et maintenant, direction Poudlard », se dit-il avec entrain. Il se remit à siffloter, mais un air beaucoup moins magique cette fois. Son cerveau s'était remis à fonctionner, et il lui avait fait remarquer qu'il serait très peu discret de montrer au grand jour ses petits talents originaux. Il opta donc pour un air moldu des troubadours français du Moyen-âge. Il aimait bien cette époque, on y rigolait bien. Un soir, il avait bu un verre (traduire : il s'était bourré la gueule) en compagnie de deux exorcistes et d'un bouffon qui s'amusait à effrayer les passants en faisant parler les arbres. Après quelques bons verres, Harry et les moines s'étaient donnés une couleur phosphorescente et avaient poursuivi une malheureuse vieille dame en lui criant « bouh !». « Inoubliable soirée », songea Harry. « Le début, en tout cas… Pour le reste, c'est un peu confus… Je me souviens juste qu'après ça j'ai déliré pendant une semaine et que me cheveux sont restés bleus pendant un mois ».

Au bout d'une heure, il atteint les portes de Poudlard. « Pou du lard de Poudlard… apprends moi ce que tu sais… Pour l'instant c'est du jus d'âne… C'était quoi, la chanson stupide de Dumby ? Sais plus… Par contre, je me souviens parfaitement de la tête des profs ». Le parc était vide. Il était presque neuf heures du matin et on était dimanche, les élèves devaient être en train de prendre leur petit-déjeuner. Avec un sourire, Harry poussa la porte et débarqua dans la grande salle.

Note de l'auteur : oui, je sais, j'avais annoncé l'apparition des maraudeurs dans ce chapitre, je m'suis trompée, honte à moi. Enfin bon, ce n'est que partie remise, ils arrivent. A suivre !