Note de l'auteur : voici enfin le moment que vous attendiez tous, l'arrivée de Harry à Poudlard. Merci pour les reviews et bonne lecture !

Reviews :

Amiel : Merci, ça fait plaisir. Voilà la suite !

Funnygirl et Flo : Vous inquiétez pas, Voldy n'est jamais très loin. Mais va falloir patienter un peu, pour l'instant il prend des vacances. Un come back en force est prévu, mais dans quelques chapitres. Il est possible certaines personnes de l'époque des maraudeurs découvrent la véritable identité de Harry, mais c'est pas encore déterminé.

Whitangel : tu as parfaitement raison, honte sur moi et ma famille… Mais faut pas m'en vouloir, j'avais pas pigé cette histoire d'anonymes… C'est l'ordinateur qui a décidé arbitrairement que je ne voudrais pas de reviews anonymes. Enfin, cette erreur est corrigée, tout est rentré dans l'ordre. Contente de savoir que ça t'a plu. A plus !


Chapitre 4 : bienvenue à Poudlard

Comme il l'avait prévu, tout le monde était attablé, élèves comme professeurs. Le moment était donc idéal pour faire une entrée remarquée. Dumbledore était assis sur son trône directorial. A sa droite se trouvaient Mcgonagall et Hagrid, à sa gauche Slughorn et Flitwick. Les élèves étaient déjà bruyants et commençaient avec enthousiasme cette belle journée de repos. Mais à la vue de cet étranger, tout le monde se figea et le regarda avec des yeux ronds. « Ben quoi », se dit Harry, « elle est si ratée que ça ma métamorphose ? ». Pendant un moment, tout le monde resta sans voix. Puis Dumbledore reprit ses esprits.

- Qui que vous soyez, bienvenue à Poudlard, s'exclama-t-il avec sa bonne humeur coutumière (« j'aime mieux ça », se dit Harry), en lui faisant signe d'approcher. Pourrais-je savoir à qui ai-je l'honneur de parler, et quel est le motif de votre visite ?

- William Griffith, pour vous servir, répondit Harry d'un ton affable en s'inclinant légèrement, une main sur le cœur. Ex élève de l'école Jerusalem's lot et bienheureux détenteur d'un diplôme de fin de premier cycle. Je suis venu solliciter l'autorisation de poursuivre mes études dans votre prestigieuse école.

Dumbledore le regarda avec intérêt, les autres professeurs avec surprise et un peu de méfiance. « Mm… Tout compte fait, j'aurais peut-être du annoncer ma venue par hibou, au lieu de débarquer comme ça à l'improviste », songea Harry à regret.

- Ha ha, dit Dumbledore. Un nouvel élève ? Très bien nous allons voir ça. Voulez vous m'attendre dans mon bureau ? Je vois que le professeur McGonagall a fini son petit-déjeuner, elle va vous y conduire.

Harry hocha la tête en signe d'assentiment. Le professeur de métamorphose se leva avec sa dignité habituelle. Harry la suivit. Mais soudain, un groupe d'élèves attira son attention à la table des Gryffondor. A cinq mètres de lui environ, une jeune fille rousse le fixait de ses yeux émeraudes. Elle était assise à côté d'un jeune homme aux cheveux noirs de jais en bataille qui parlait avec un autre aux cheveux bruns ondulés, visiblement mal réveillé. Harry crut que son cœur allait le lâcher. « Par Zeus ! », s'exclama-t-il intérieurement, « mes géniteurs et leurs amis ! ».

- Alors, vous venez ? demanda le professeur McGonagall avec agacement.

Harry du faire de gros efforts pour reprendre contenance et adressa à son professeur un sourire forcé. McGonagall marcha d'un pas rapide et s'arrêta devant la gargouille que Harry connaissait si bien.

- Forêt-Noire, dit-elle.

« Tiens, on dirait que Dumby a une passion pour les gâteaux, en ce moment. Mais les Forêts-noires, c'est pas vraiment mon truc. Beaucoup trop lourd. ».

- Montez, dit sèchement McGonagall. Le professeur vous rejoindra dans quelques minutes.

- Mille mercis, madame, répondit Harry avec un sourire charmeur qui troubla son professeur. D'ordinaire, les élèves étaient intimidés par elle, mais cet énergumène ne semblait pas être sensible à son « charme » particulier. Problèmes en perspective…

-Mpffff…, fit elle en lui tournant le dos.

Harry monta dans le bureau de son ancien mentor. Rien n'avait changé. Les portraits étaient en train de somnoler ou de parler à voix basse, sauf le dénommé Fortescue qui s'était lancé dans un long discours sur l'immoralité de la nouvelle génération. Le fait qu'il n'avait aucun auditeur ne semblait pas le déranger le moins du monde. Derrière le bureau directorial, Fumseck le phénix était perché sur une étagère et prenait son petit-déjeuner (café au lait et toasts grillés).

- Salut, Fumseck, dit Harry en souriant.

Intrigué par cet étranger qui connaissait son nom, l'oiseau au plumage flamboyant abandonna sa gamelle et vint se poser près de lui en le regardant avec curiosité. Harry lui caressa les plumes.

Quelques minutes plus tard, Dumbledore le rejoint, suivit d'un panel de professeurs visiblement intrigués. Il y avait là Slughorn, McGonagall, Flitwick, Chourave et une vieille femme indienne que Harry ne connaissait pas.

- Eh bien, monsieur Griffith, prenez place je vous prie, dit Dumbledore en désignant un fauteuil en face de lui. Et maintenant, voyons voir. Vous êtes de Jerusalem's Lot, je crois ? Quel bon vent vous amène dans notre modeste établissement britannique, si loin de chez vous ?

- C'est évident, voyons, répondit Harry sur un ton enjoué. Je suis venu pour vous avoir comme directeur !

Il y eut un mouvement d'agacement chez les professeurs, mais Dumbledore eut un sourire amusé. Il aimait bien cet adolescent jovial et bon vivant.

- Excellente raison, je n'en disconviens pas, répondit-il, mais je vous prie de ménager la modestie d'un vieillard un peu gâteux. Vous avez sûrement une autre raison ?

- Sérieusement, professeur, j'ai toujours voulu étudier à Poudlard. Ma mère y était opposée, parce qu'elle n'aimait pas me savoir si loin de la maison, mais elle est morte il y a un mois, alors… me voilà.

- Je suis navré, dit Dumbledore d'une voix douce. Avez-vous encore de la famille ?

Harry secoua la tête avec tristesse.

- Les miens sont morts depuis longtemps.

- Mm… Quel âge avez-vous ? demanda Dumbledore.

- J'ai eu dix-sept ans en juillet. Je me débrouillais pas trop mal, dans mon ancienne école. Je pense pouvoir entrer en septième année.

- Très bien, dans ce cas nous allons vous faire passer un test, rien de bien méchant, rassurez vous. Je n'ai pas le temps ce matin, vous viendrez cet après-midi ici même à quatorze heures. Cela vous convient-il ?

- A merveille, répondit joyeusement Harry.

- A tout à l'heure, alors.

Harry salua la compagnie et prit congé. Il se rendit d'abord dans la salle commune, mais comme il n'avait rien à y faire, il décida de prendre l'air dans le parc, voire dans la Forêt interdite s'il s'ennuyait trop. Au passage, il tomba sur une petite foule d'élèves déboussolés qui observaient sans savoir quoi faire un garçon de Poufsouffle scotché au plafond par les pieds qui agitait les bras en vociférant des appels à l'aide. Harry s'avança, fit un petit geste négligent de sa baguette, et aussitôt l'élève se détacha et tomba doucement sur le sol. Harry lui tendit la main et l'aida à se relever.

- Merci, dit le jeune garçon d'un air gêné.

- Pas de quoi, répondit Harry sur un ton distrait.

Et il reprit sa route en sifflotant. La petite troupe le regarda s'éloigner avec des yeux ronds.

De nombreux élèves étaient assis au bord du lac. Harry s'installa contre un grand cerisier, plein de nostalgie. Il était si souvent venu ici avec Ron et Hermione, il y avait passé de si bons moments avec Ginny…

Soudain, il s'aperçut que non loin de lui, sa mère était assise en compagnie des maraudeurs. Les quatre garçons semblaient en pleine discussion, mais bizarrement, elle ne le quittait pas du regard. Harry détourna les yeux, mal à l'aise. Il n'avait pas encore décidé s'il devait se réjouir ou non de rencontrer enfin ses parents. Sa tristesse n'en serait que plus grande quand il devrait partir, et en plus, il savait qu'il ne pourrait pas les sauver en changeant le futur. Au cours de ses voyages, il avait appris à craindre la magie ; elle permet de combattre n'importe quoi, même la mort, comme l'avait prouvé ce pervers de Voldy, mais ses conséquences étaient imprévisibles et d'autant plus redoutables qu'on violait les lois de la nature. Alors ce n'était sûrement pas lui qui allait toucher à une chose aussi bizarre que le temps ; c'était déjà bien assez grave qu'il soit ici, quelques années avant sa naissance. Cependant, il avait toujours eu envie de connaître ses parents…

Mais pendant qu'il cogitait de la sorte, Lily s'était levée et marchait d'un pas résolu dans sa direction.

- Salut, dit-elle gentiment.

- Bonjour, répondit-il d'un ton affable.

- Je suis Lily Evans, préfète de Gryffondor. Je suis en septième année.

- William Griffith, futur élève potentiel de la plus prestigieuse école de magie du monde.

Lily lui fit un grand sourire.

- Si tu veux, viens te joindre à nous, dit-elle en désignant les maraudeurs. Tout le monde veut te connaître, tu es au top 1 des ragots aujourd'hui !

- Chouette, j'adore qu'on parle de moi ! dit-il avec une note imperceptible d'ironie.

Et il accompagna Lily pour rejoindre ses amis.

- Bonjour à tous, dit-il d'un ton enjoué. William Griffith, comme vous le savez sûrement déjà.

- Salut, dit James. James Potter. Lui, c'est Remus Lupin, le préfet, le petit gros c'est Peter Pettigrow, le fantôme des cuisines, et l'autre, là, c'est Sirius Black, l'enragé.

- Nous formons une redoutable association connue sous le nom de maraudeurs, ajouta Sirius. Si tu entres à Poudlard, tu entendras souvent parler de nous.

- Nous sommes les maîtres incontestés du désordre et de la lutte contre l'autorité, dit Peter Nos spécialités sont les métamorphoses incongrues et l'organisation de fêtes illégales.

- N'écoute pas ces idiots, dit Lily, ils sont juste bons pour attraper des retenues et faire perdre des points à notre maison.

- T'exagères, protesta James.

- Tu as été reçu ? demanda Lupin à Harry.

- Ils vont me faire passer des tests cet après-midi, répondit celui-ci en haussant les épaules.

- Ne t'inquiète pas, dit Lily d'un ton rassurant, Dumbledore est très gentil, il ne te demandera pas l'impossible.

Harry hocha la tête, amusé. « En fait, j'ai surtout peur de trop bien réussir. S'il voit que je maîtrise tous ses exercices, il va trouver ça bizarre… A moins qu'il me nomme professeur de Défense contre les forces du mal », songea-t-il.

- Tu joues au quidditch ? demanda James.

- Ah, les garçons ! Soupira Lily, exaspérée.

- Je me demandais combien de temps tu tiendrais sans parler quidditch, dit Remus. James est capitaine de l'équipe de Gryffondor, ajouta-t-il pour Harry.

- Je vois, dit celui-ci en souriant. Eh bien, je jouais, autrefois (« il y a environ trois cent ans »), mais je ne crois pas que je vais reprendre. (« Pour me faire jeter un sort dans le dos par une cinglée comme à Paris en 1713 ou me faire catapulter de mon balai comme à Bruxelles en 1920, merci bien… »).

- Et pourquoi ça ? demanda Sirius.

-Mm… J'ai eu diverses expériences plutôt déplaisantes, répondit vaguement Harry.

- Ah oui ? demanda James avec un sourire.

- Raconte ! demanda Peter avec avidité.

Rien ne pouvait lui faire plus plaisir que d'entendre les accidents des autres. « Sale rat », songea Harry avec haine. Mais il se força à répondre poliment pour ne pas éveiller les soupçons.

-Eh bien… En vérité, c'est un peu confus… Je jouais contre une sorcière belge à Paris, une fille très jolie… J'me suis pas méfié… J'allais attraper le vif d'or, quand soudain elle arrive dans mon dos et elle me jette un sort…

James, Sirius et Peter éclatèrent de rire, Lily et Remus affichaient des sourires amusés.

- D'un coup, poursuivit Harry, je me suis mis à tournoyer dans les airs et en plus je voyais des vifs d'or partout. J'ai fini par m'écraser contre la tribune et j'ai passé trois semaines à l'hôpital en continuant de voir des vifs d'or et plein d'autres trucs bizarres. Depuis, je me méfie des balais… et des sorcières belges.

- Alors, dit Lily quand les autres eurent repris leur calme, tu étais à Paris ?

- Ouais. Mes parents voyageaient pas mal.

-Ils font quoi, comme boulot ? demanda James.

- Heu… « Bonne question », songea Harry. Ils vendaient des objets magiques assez rares. Ils sont morts le mois dernier.

-Oh… Désolé, fit James d'un air contrit.

-C'est rien, dit Harry, tout aussi gêné.

Après un moment, Remus rompit le silence.

-Alors, c'est pour ça que tu es venu en Angleterre ? demanda-t-il.

-Ouais, répondit Harry. J'ai toujours eu envie de visiter Poudlard. J'ai entendu parler de sa forêt. Qu'est-ce qu'il y a comme créatures ?

-C'est interdit d'y aller, dit Lily en fronçant les sourcils, pressentant le danger.

-Ça, c'est la théorie, dit Sirius en souriant, mais si ça t'intéresse, on te montrera… Crois moi, y a des endroits qui valent le détour.

Ils discutèrent ainsi jusqu'à l'heure du déjeuner, parlant de tout et de rien, de la Forêt interdite, des profs, des règlements qu'il fallait briser, des cours, des Etats-Unis… Harry se sentait maintenant tout à fait à l'aise au milieu de ses nouveaux compagnons. A midi, il se joint à eux à la table des Gryffondor, où il fit la connaissance des autres élèves. Au milieu du repas, une jeune fille blonde de Poufsouffle vint lui parler.

-Salut, dit-elle en rougissant. Je m'appelle Isabelle Jones. C'est mon frère que tu as décroché du plafond tout à l'heure, je voulais te remercier de l'avoir tiré de ce mauvais pas.

-C'est rien, dit Harry en souriant. Ravi d'avoir pu être utile.

-Tu sais, dit-elle un peu hésitante, c'est ces élèves de Serpentard qui lui ont fait ça… Parce que nous sommes des enfants de moldus.

-Dans ce cas, je suis doublement ravi, répondit Harry sur un ton aimable.

Du coin de l'œil, Harry vit James et Lily échanger un sourire.

-Tu es gentil, dit Isabelle en rougissant de plus belle. Puis elle retourna à sa table.

-Je crois que tu as fait une touche, Griffith, commenta Sirius.

-Félicitations, elle est jolie, dit James.

-Oui, j'ai toujours eu beaucoup de succès, dit Harry d'un ton badin.

-Mon Dieu, fit Lily en levant les yeux au ciel. On a hérité d'un double de Sirius !

-Impossible, répliqua l'intéressé, je suis inimitable !

-Encore heureux, dit Remus.

Sirius lui envoya sa serviette en pleine figure. Mais soudain, le visage de Peter se figea.

-Oh oh, fit-il.

Harry se retourna pour voir arriver, pour son grand déplaisir, le groupe presque complet des futurs mangemorts. Il y avait là Lucius Malfoy, qui menait le groupe, Severus Rogue, Bellatrix Black, Rodolphus Lestrange et deux grosses brutes que Harry ne connaissait pas mais qui devaient être Rosier et Wilkes.

-Désolé pour ma négligence, Griffith, dit James d'un ton glacial. J'ai oublié de te présenter le club de magie noire de Poudlard, plus connu sous le nom de fan club de Voldemort.

Harry, malgré la colère qui l'agitait, se contenta de les examiner d'un air indifférent, puis leur lança un « enchanté » avec une ironie nettement perceptible. Puis il retourna à son assiette. Malfoy semblait scandalisé.

-Tu es nouveau, dit-il, tu ne sais pas encore comment ça fonctionne, ici. Alors, un conseil ; ne traîne pas avec n'importe qui, reste avec des gens fréquentables.

-Ce qui, Dieu merci, t'exclut, répliqua Harry. Salut !

Malfoy plissa les yeux.

-Très bien, je vois que tu as choisi ton camp, dit-il. Tant pis pour toi, je t'aurais prévenu.

-C'est ça, marmonna Harry.

Sur ce, les serpentards retournèrent à leur table.

-Eh bien, dit James après un moment de silence, au cas où tu aurais le moindre doute, je te garantis que tu as fait le bon choix.

-J'ai beaucoup hésité, cependant, dit Harry sur un ton léger. Presque un millième de secondes. Non, attends… Moins que ça, tout compte fait.

Les maraudeurs éclatèrent de rire et Lily lui accorda un sourire ému. Harry réalisa que la vie ne devait pas être facile tous les jours pour elle, en ce moment, avec ces actions contre les enfants de moldu. Puis il consulta sa montre, pour s'apercevoir qu'il était presque quatorze heures.

-Je dois y aller, dit-il en se levant.

-Bonne chance, dit Lily.

Harry lui sourit et les quitta avec un geste de la main. Les maraudeurs le regardèrent s'éloigner.

-Drôle de type, dit Sirius.

-Il est gentil, dit Lily.

-Je parie qu'il ira à Gryffondor, dit James.

-S'il est reçu, objecta Peter.

-Oh, je suis sûr qu'il le sera, dit Remus d'un ton mystérieux. Vous n'avez pas senti ?

Les quatre autres le regardèrent avec des airs perplexes, et hochèrent la tête en signe de dénégation.

-'Suis pas un loup-garou, moi, dit Sirius. Qu'est-ce que tu as senti ?

-Son aura…

-Eh bien quoi ?

-Elle brille comme le soleil en juillet.

Harry monta les escaliers qui montaient au bureau de Dumbledore, donna le mot de passe à la gargouille puis frappa à la porte.

-Entrez, dit Dumbledore d'un ton enjoué.

Harry poussa la porte et entra dans le bureau.

-Bienvenue, monsieur Griffith. Etes vous prêt à passer le test ?

-Oh, je suis plus prêt que jamais, répondit Harry avec entrain.

-Merveilleux, dit Dumbledore. Alors voyons… Commençons par la pratique. Pouvez vous me transformer cette tasse en quelque chose… d'intéressant ?

-En quelque chose d'intéressant ? répéta Harry. Mm… Ah, j'y suis !

Il sortit sa baguette, fit un petit mouvement et en un clin d'œil, la tasse se transforma en une énorme Forêt-Noire débordant de chantilly. Dumbledore éclata de rire.

-Impressionnant ! Va pour la métamorphose, je vais vous mettre un optimal, c'est la note la plus élevée. Quoique je ne raffole pas de la chantilly… C'est un peu trop « germain » à mon goût.

-Je croyais que c'était l'idée générale, dit Harry faussement vexé.

-C'est vrai, admit Dumbledore en riant toujours. Bon, Défense contre les forces du mal, à présent. Tiens une mouche. Pouvez vous me la stupefixer ?

-C'est le problème des plats sucrés, d'attirer les mouches, commenta Harry philosophiquement. Stupéfix !

Le sort frappa la mouche en plein vol, et la bestiole tomba raide.

-Ennemi neutralisé, dit Harry.

-Bravo, vraiment très bien. En fait, je plaisantais, je ne pensais pas que vous pourriez stupefixer quelque chose d'aussi petit. Alors, Défense contre les forces du mal, c'est bon. Sortilèges, à présent…

Harry passa avec succès toutes les épreuves pratiques. Mais quand on en vint à l'Histoire de la magie, les choses se compliquèrent. Il peinait en effet à décrire la révolte des gobelins de 1870. « Et pourtant j'y étais ! », se dit-il, furieux contre lui-même. « Je suis tellement nul en histoire que je pourrais même pas écrire ma propre biographie.».

-Assez médiocre, je dois dire, commenta Dumbledore avec un sourire amusé. Mais bon… Qui se soucie de l'histoire de la magie, hein ? Une matière fascinante, pourtant. Cependant, vos excellentes notes dans les autres matières rattrapent cette défaillance mineure. Toutes mes félicitations, monsieur Griffith, vous êtes officiellement élève de Poudlard !

-Ah, monsieur le directeur ! s'exclama Harry avec emphase. Comment pourrais-je vous remercier de votre générosité ?

-En payant vos frais de scolarité, par exemple ? suggéra-t-il avec un regard malicieux.

-Oh, ça, fit Harry, renfrogné. J'aurais du m'en douter.

-Allons, dit Dumbledore, toujours aussi gai, si vous n'avez pas les moyens, on peut vous accorder une bourse. Avec votre talent, ça ne devrait pas poser de difficultés.

-Non, ça va, dit Harry. Je faisais semblant. « Pas les moyens, ha ! Il me reste encore assez de sang pour provoquer une inflation ! ».

Harry paya ce qu'il devait.

-Au fait, est ce que vous avez une liste du matériel et des livres, s'il vous plaît ? Je pensais aller demain matin à Pré-au-lard pour faire mes courses.

-Bien sûr…

Il fit apparaître un papier de sa baguette et le tendit à Harry.

- Pour le reste, vous vous renseignerez auprès du préfet de votre maison. Vous serez réparti ce soir, avant le dîner. Je dois dire que je suis assez curieux de connaître le verdict du choipeaux.

-Oui, moi aussi, dit Harry avec ironie.

-Entre nous, dit Dumbledore avec un air songeur, je suis prêt à parier que vous irez à Serpentard.

-Je ne suis pas d'accord, répliqua Harry sur un ton aussi glacial que l'Alaska.

-Nous verrons, nous verrons, répondit Dumbledore avec un sourire rusé.

-Mpffff… Bon, c'est tout ?

-Absolument, dit Dumbledore d'un ton affable.

-Dans ce cas, à bientôt.

-Avec plaisir, monsieur Griffith.

« Comment ça, je suis un Serpentard ? Et puis quoi encore ? Tant qu'à faire, il a qu'à dire que je suis l'âme sœur de Bellatrix. Bon, OK, je parle avec les serpents, mais on ne va pas en faire tout un plat… ».

Harry retourna dans la grande salle. Les maraudeurs n'y étaient pas, mais il repéra Isabelle qui était en pleine discussion avec un groupe d'amies. Lorsqu'elle le vit, elle lui fit signe de s'approcher, et il vint se joindre au groupe.

-Tiens, qui voilà ! dit-elle avec un sourire.

-Mademoiselle, dit Harry en s'inclinant, vous parlez désormais à un condisciple.

-Alors, tu as réussi le test ! s'écria-elle en battant des mains. Bravo !

-C'était dur ? demanda une petite brune.

-Je me suis planté en histoire, mais pour le reste, je crois que je me suis plutôt bien débrouillé.

-William, dit Isabelle en montrant la fille qui venait de lui parler, je te présente Louise Waller. La rousse, à côté, c'est Frieda Taylor, et elle c'est Candie Charvey. Louise est à Serdaigle, précisa-t-elle.

-J'espère que tu seras dans ma maison, dit celle-ci avec un sourire charmeur.

-Oh, pourquoi pas ? Mais je dois dire que j'hésite entre Poufsouffle et Serdaigle ; comment départager deux maisons comprenant de si sympathiques visages ?

-Tu ferais un très mignon Poufsouffle, en tout cas, dit Candie en gloussant. Mais j'ai vu tout à l'heure que tu t'entendais bien avec Lily Evans, pas vrai ?

-C'est aussi une charmante personne, admit Harry.

-Attention, elle sort déjà avec James Potter, alors oublie ! fit Louise en riant.

-Vraiment ?répondit Harry. Joli couple.

-Oh, je ne pense pas qu'ils resteront ensemble très longtemps, dit Isabelle. Ils ont des caractères très différents.

-« L'amour réserve bien des surprises… », chantonna Harry. Les trois filles éclatèrent de rire.

-Quoi qu'il en soit, reprit Harry, je n'ai pas du tout l'intention de jouer les briseurs de couple (« 'suis pas Oedipe, moi »).

-On dit ça, on dit ça…

Le soir venu, les maraudeurs et Lily regagnèrent la grande salle pour participer eu repas. Ils repérèrent sans peine Harry, qui était entouré d'un nombre croissant de jeunes filles de tous âges et de toutes maisons (eh oui, même de serpentardes !). Il semblait tout à fait à l'aise et charmait son auditoire à force de sourires.

-Si vous voulez mon avis, dit Remus, il a été reçu.

-Oui, on dirait, dit Lily en riant.

-Regardez ça ! dit Sirius, un peu agacé. Il débarque à peine, et il est déjà la coqueluche de toutes les filles.

-On est jaloux ? murmura Remus sur un ton provocateur. On craint de perdre la première place ?

-Pas du tout ! répliqua Sirius, pas du tout convaincant.

-Il faut dire qu'il présente bien, dit Lily avec nonchalance.

-Héééé ! protesta James, mi-outré mi-amusé.

-Si tu veux mon avis, James, fais attention ! dit Sirius.

Lily éclata de rire.

-Venez, allons nous asseoir, dit-elle.

Ils prirent place à la table des Gryffondor. Bientôt, tous les élèves en firent autant, sauf Harry qui attendait, les bras croisés, sa répartition. Quand le silence fut établi, Dumbledore prit la parole.

-Bonsoir à tous, dit-il. Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant (s'il y en a), nous avons le plaisir d'accueillir ce soir un nouvel élève, monsieur William Griffith. Il va être placé dans l'une des quatre maisons. Je vous conseille de bien le recevoir ; il fait d'excellentes Forêts-Noires.

Il y eut quelques rires dans la salle. Harry toussa pour se donner contenance, réprimant un sourire.

-Il a l'air de bien s'entendre avec Dumbledore, remarqua Remus.

-Normal, ils ont un peu le même caractère, non ? dit James.

-Tu crois que William est aussi cinglé que ça ? répliqua Sirius avec un sourire.

-Tu peux parler, Patmol, fit Remus.

-Si vous voulez ben vous asseoir et mettre le choixpeau sur votre tête… dit Dumbledore à l'adresse de Harry.

Harry fit un sourire un peu nerveux et coiffa le choixpeau. Aussitôt, la petite voix qu'il avait entendue à deux reprises dans sa vie lui parla pour la troisième fois.

« Par les fondateurs ! » s'exclama-t-elle. « Voilà un magnifique cas problématique. Tes qualités se sont déjà révélées, tu as fait tes preuves et cependant je ne sais quelle maison choisir ; tu es fin et habile comme un Serpentard, aussi loyal qu'Argos, le chien d'Ulysse, tu sais tant de choses que Serdaigle elle-même en rougirait. Mais après tout, c'est ton courage qui t'a amené ici… Je vais donc te placer à… GRYFFONFOR ! ».

Des applaudissements s'élevèrent de la table des gryffondors, particulièrement enthousiastes dans la gente féminine. Harry affichait un sourire satisfait – pas trop pour ne pas vexer les élèves de Poufsouffle et de Serdaigle – et vint s'asseoir sur la chaise libre à côté de James.

-C'était quoi, cette histoire de Forêt-Noire ? demanda Sirius. Dumbledore t'a fait passer un test de cuisine ?

-Ça n'aurait pas été une mauvaise idée, dit Harry en riant. Je connais plus de deux cent recettes, sorcières et moldues. J'aurais sans doute obtenu un optimal. Non, en fait, c'était pour la métamorphose.

-Métamorphoser quelque chose en nourriture correcte, c'est d'un haut niveau, dit Remus. Tu te débrouilles bien.

-Arrête, tu vas me faire rougir ! J'ai travaillé dur, c'est tout.

-J'ai du mal à le croire, fit Lily d'un air sceptique.

-Et pourtant, c'est la vérité pure, assura Harry. Je suis toujours à l'affût de nouvelles connaissances (« sauf que je prends mon temps pour ça », songea-t-il, amusé). D'ailleurs, je suis surpris de ne pas avoir été envoyé à Serdaigle.

-Que veux tu, dit James, ça doit être ton côté bon vivant. C'est un caractère mal vu, là-bas, un peu comme d'être honnête à Serpentard.

Toute la compagnie éclata de rire. Après le dîner, ils allèrent digérer tranquillement dans la salle commune, où Harry fut de nouveau assaillit par des curieux. James et Lily en profitèrent pour se permettre une petite promenade romantique parfaitement illégale. Sirius et Peter s'amusaient à ensorceler les mouches pour qu'elles s'obstinent à tourner autour d'une victime désignée (en l'occurrence un certain Howard qui avait eu l'audace de prétendre que James avait obtenu le titre de capitaine de l'équipe de quidditch en lançant un sortilège de confusion à son rival). Et Remus ? Il faisait semblant de lire, mais en réalité il observait Harry et ne perdait pas une de ses réponses aux questions qu'on lui posait. En effet, il avait un drôle de pressentiment à propos de cet étranger ; il attirait les gens de façon irrésistible, mais en même temps il y avait quelque chose d'inquiétant en lui, quelque chose que Remus était incapable de définir. Remus se dit qu'il garderait un œil sur lui.

Vers minuit, tout le monde finit par se coucher et dormit d'un sommeil sans rêves – il y a longtemps que Harry ne rêvait plus, même de cauchemars.


Voilà, j'espère que ça vous a plu. Je suis désolée pou ceux qui voulaient faire de notre Harry un disciple de Salazar ; il est vrai que j'ai très sérieusement envisagé de l'envoyer à Serpentard, mais ça collait pas avec la suite de mon histoire. Allez, à suivre !

Charybde