Salut à
tous ! Voici enfin le chapitre cinq, qui parle de…Vous verrez
vous-même. Merci pour vos reviews, et surtout n'hésitez
pas à m'en envoyer à profusion, ça fait
toujours plaisir. Bonne lecture !
Reviews
Whitangel : Merci pour tes encouragements. J'aime bien les lecteurs qui travaillent !
Flo : Merci beaucoup. Pour répondre à tes questions, et bien, c'est vrai que Dumby a quelques soupçons, et même qu'il va faire sa petite enquête, mais ça ce sera pour plus tard. Une rencontre Harry/Voldy est bien prévue, mais pas pour tout de suite. A plus !
Lilyana : merci beaucoup, voila la suite !
Chapitre 5
Le lendemain, Harry se réveilla de bonne heure. Les premiers rayons de soleil perçaient à travers les rideaux et laissaient entrevoir le visage paisible de son père qui dormait à poings fermés dans le lit voisin. Harry ferma les yeux, gagné une fis de plus par ce mélange amer de bonheur et de tristesse qu'est la mélancolie. Etre ici, à cette époque, entouré de ses parents et de ses amis disparus, c'était un peu comme passer des vacances dans un paradis déjà perdu. Alors, comme il ne pouvait se permettre de se laisser aller à son chagrin, il s'arracha à la tiédeur de son lit et partit prendre son petit-déjeuner.
Hélas ! Croyant échapper à son père, il tombait droit dans les bras de sa mère. Elle était assise à la table des Gryffondors et lui fit signe de venir la rejoindre. « Oh non », songea-t-il, « je tombe de Charybde en Scylla ! ». Mais la tentation était trop forte, et de toute façon il ne pouvait l'ignorer sans paraître impoli, voire suspect. Il lui fit donc un sourire chaleureux et s'assit en face d'elle.
-Salut, lui dit-elle. Bien dormi ?
-Comme un loir, répondit-il.
-Moi aussi. James n'est pas encore levé ?
-Eh non, je crois qu'il est bien parti pour une grasse matinée.
Lily fronça les sourcils, agacée.
-Ah non, il ne va pas me faire ce coup là ! C'est toujours pareil, quand on a Histoire de la magie, James et Sirius dorment !
-Tiens, on a Histoire de la magie, ce matin ? demanda Harry en étalant de la confiture sur son toast. Tant mieux.
-Tu aimes cette matière ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.
-Non, je disais ça parce que ce matin, je dois aller à Pré-au-lard pour acheter mes affaires et manuels.
-Je vois, dit-elle en riant.
-Ha, mais je crains d'avoir médit injustement de mon camarade, s'exclama-t-il. Le voilà qui arrive, ce me semble.
En effet, James, suivi de Sirius et Remus, venait d'entrer dans la grande salle, les cheveux décoiffés avec soin et traînant des pieds.
-Déjà debout ? demanda Lily avec malice.
-C'est à cause de toi, fit James. Tu m'as rendu raisonnable…
-Tu parles, dit Remus, sans moi on ne l'aurait pas vu avant le déjeuner.
-Oh, le petit préfet est méchant, ce matin ! s'exclama Sirius d'une voix fluette. Le « petit préfet répondit en lui assénant un coup sur le crâne.
-Alors, dit James à Harry, tu vas attaquer ton premier cours à Poudlard, ce matin ? Histoire de la magie, belle entrée en matière ! Tu n'aurais pas pu mieux tomber.
-Désolé de te décevoir, répliqua Harry en souriant, mais ce matin, je suis dispensé. J'ai des courses à faire.
-Veinard, grogna Sirius. Tu ne sais pas à quoi tu échappes.
-Et on a quoi, cet après-midi ? demanda Harry.
-Botanique et potion, répondit Remus.
-Ah, très bien, dit Harry en haussant les épaules. « Dans le temps, je n'aurais pas haussé les épaules en songeant à un cours de potions imminent », songea-t-il avec amusement.
-C'est quoi, ta matière préférée ? demanda Lily.
-Heu, voyons… Divination ! répondit-il comme si rien n'était plus naturel.
Lily et Remus le regardèrent avec des yeux ronds et James et Sirius manquèrent de s'étrangler.
-Sérieux, fit Sirius. Remarque, nous aussi, mais c'est parce qu'on peut s'amuser tranquillement.
-Tu ne devrais pas considérer les voix de l'invisible avec tant de légèreté, répliqua Harry avec un sérieux inimitable.
Puis il se mit à parodier les manières mystiques de son ancien « professeur » de divination.
-J'ai tendance à penser, murmura-t-il, que certains d'entre nous se montreraient moins frivoles s'ils savaient ce que j'ai vu hier soir dans ma boule de cristal …
-De quoi s'agit-il ? demanda James, amusé.
-La mort, mes amis, dit-il avec un admirable effet dramatique.
Il y eut un concert de rire, accompagné d'un bruit de verre brisé.
-Ce n'est rien, dit Peter en rougissant. J'ai juste laissé tomber mon verre.
-Reparo, dit Remus en pointant sa baguette sur le verre brisé.
-Eh bien William, dit Sirius, tu ne devrais pas faire des prédictions de mort dés le matin. Tu vois, ça fait un effet terrible sur les âmes sensibles.
-Hum… répliqua Harry. Je vois surtout qu'ici comme ailleurs, les médiums ne sont guère reconnus. C'est malheureusement notre destinée. Je vous laisse donc ; je vais de ce pas me retirer en compagnie des forces transcendantes.
-Dis leur bonjour de ma part, fit Sirius.
Harry resta toute la matinée à Pré-au-lard. La question de ses affaires et manuels fut expédiée en moins d'une heure, mais il passa le reste du temps à flâner, à redécouvrir l'un des lieux favoris de son adolescence. Puis il rendit visite à madame Rosemerta aux Trois balais. La patronne semblait s'être prise d'affection pour lui ; ils discutèrent pendant près de deux heures et elle lui offrit un repas gratuit. Enfin, il reprit le chemin de Poudlard pour assister à son premier cours.
En rentrant dans le parc, son regard se porta soudain sur la cabane de Hagrid. Juste devant elle, un enclos avait été installé. Harry sourit en se demandant ce que le demi-géant avait encore rapporté comme bestiole dangereuse. Il s'approcha et regarda par-dessus la barrière.
Dans l'enclos se trouvait une créature qui devait mesurer environ trois mètres de long et qui ressemblait un peu à une salamandre. La bête –Harry ne savait comment la définir autrement- portait un solide collier autour du cou.
-Salut, toi, fit Harry.
La bête lui jeta un regard féroce et cracha un jet de flamme. « Ouh là, pas très naturel, tout ça », songea Harry un peu inquiet.
-Elle est jolie, hein ? fit une voix derrière lui.
Harry tressaillit en reconnaissant celle de son vieil ami.
-Magnifique, répondit-il en souriant. « Elle » a un nom ?
-C'est Julie. Elle a un an.
-Et… C'est sa taille définitive ?
-Oui, je crois bien, répondit Hagrid, avec un soupçon de déception dans sa voix.
Harry, quant à lui, respira plus légèrement.
-Au fait, me suis pas présenté, reprit le géant. Moi, c'est Hagrid, le gardien des clefs de Poudlard.
-Enchanté, répondit Harry. Je suis William Griffith.
-Ah, le nouveau, commenta Hagrid en hochant la tête d'un air entendu. Dumbledore m'a parlé de toi. Il a été très impressionné par ton talent.
-Vraiment ? fit Harry en rougissant un peu. Bien je dois aller en cours. A un de ces jours, j'espère.
-Reviens quand tu veux.
-Je n'y manquerais pas. Je dois dire que cette… « Julie » m'intrigue beaucoup.
Puis il quitta son ami avec un signe de la main et s'éloigna à grands pas.
Le cours allait bientôt commencer, Harry vit qu'il perdrait trop de temps à repasser par la tour de Gryffondor pour déposer ses affaires. Alors, d'un coup de baguette, il les expédia à l'endroit voulu et prit directement le chemin des serres.
Les Gryffondors avaient cours de botanique en commun avec les poufsouffles. Quand Harry arriva, tus les élèves étaient déjà en place. Il y avait une place libre à côté de James, mais avec un mélange de soulagement et de déception, Harry aperçut Isabelle qui lui faisait signe de la main. Harry lui sourit et vint s'asseoir à côté d'elle.
-Merci de m'avoir gardé une place, lui dit-il.
-Pas de quoi, répondit-elle. Ah, tu as pensé à prendre tes gants en peau de dragon ?
-Mes gants ? Heu… Bien sûr, affirma Harry avec assurance. En fait, non, avoua-t-il un peu gêné, mais je vais arranger ça tout de suite. Accio gants !
Un instant plus tard, les gants firent une entrée fracassante dans la serre, brisant un carreau et frappant Peter à la tête. Toute la classe poussa un petit cri de surprise puis éclata de rire.
-Désolé, dit Harry qui n'avait pas l'air désolé du tout. D'un mouvement de baguette, il répara le carreau.
-Waouh ! fit Isabelle, impressionnée. C'était un super sortilège d'attraction. Tu les as fait venir du château ?
-Bah, dit Harry en haussant les épaules.
-La prochaine fois, monsieur Griffith, dit le professeur Chourave qui se massait la joue, l'air passablement irritée, en entrant dans la serre, vous penserez à apporter vos gant plutôt que de mettre le château à sac.
-Désolé professeur, dit Harry d'un air contrit.
-Aujourd'hui, reprit le professeur Chourave en désignant les boîtes qui se trouvaient disposées devant chacun des élèves, nous allons étudier l'eukaliptère carnivore. Ces plantes sont très utiles pour se débarrasser des rongeurs et des petits animaux (« Ha ha », songea Harry avec un sourire mauvais, « tu as entendu ça, Peter ? »). Elles émettent des spores qui font tomber leurs proies dans une sorte de somnolence, ce qui leur permet de les attraper très facilement. Quand la plante a atteint sa maturité, elle peut dévorer sa proie sans que celle-ci réalise ce qui lui arrive. Malheureusement, elle est dotée de nombreuses têtes qui ont tendance à s'entretuer. C'est pourquoi votre travail aujourd'hui consiste à les tailler. Coupez les plus petites branches, laissez-en seulement deux ou trois. Attention, elles mordent ! Saisissez la branche juste sous la tête et coupez au-dessus de la racine.
Harry ouvrit sa boîte. Aussitôt, une horrible plante bleuâtre qui ressemblait à une hydre à multiples têtes se dressa devant lui. Les plus hautes branches devaient bien mesurer un mètre cinquante de haut.
-Ça promet, dit Harry à voix haute.
Il connaissait vaguement cette plante, il l'avait vu dans la forêt amazonienne. Mais les indigènes avaient, à son avis, une politique beaucoup plus raisonnable vis-à-vis de ce genre d'espèces, qui pouvait se résumer par « laissons-les vivre en paix ». Jamais il ne leur serait venu à l'esprit de les tailler. « Mm… », songea Harry, « je pourrais les immobiliser par télékinésie, mais ce serait pas très discret, la prof pourrait se poser des questions ». Harry soupira et se résigna à faire l'exercice normalement.
C'était une tâche particulièrement pénible ; les branches bougeaient comme des serpents et il était impossible de tenir une branche sans se faire mordre par les dix autres. Mais soudain, en voyant Peter se faire mordre à l'oreille par la plante de Sirius, il eut une idée géniale.
-J'ai une idée, dit-il à Isabelle. Regarde, on va voir si ça marche.
A l'aide de sa baguette, il fit apparaître une douzaine de souris blanches et les obligea à gambader autour de son eukaliptère. Aussitôt, la plante se désintéressèrent de lui pour émettre des spores. Harry pouvait alors les attraper sans aucune difficulté.
-Cool, souffla Isabelle, impressionnée.
Toutes les têtes se tournèrent pour admirer le travail de Harry.
-Très ingénieux, monsieur Griffith, dit le professeur Chourave en riant. Dix points pour Gryffondor.
Tous les élèves de la classe se mirent à imiter Harry. Mais la plupart d'entre eux avaient des difficultés avec le sortilège d'apparition. Harry fit apparaître quelques souris pour sa voisine.
Bientôt, la cloche sonna. Harry ramassa ses affaires et sortit de la serre, assez content de lui. Les maraudeurs et quelques élèves de Gryffondor le rattrapèrent.
-Bravo pour l'idée des souris, dit Sirius en lui donnant une grande claque dans le dos.
-Un coup de génie, ajouta James. Cette fiche plante verte a failli me bouffer le bras droit.
-Ton sortilège d'apparition était très réussi, commenta Lily.
-Merci, répondit Harry avec un sourire absent. On a quoi, maintenant ?
-Potion avec les serpentards, dit Lily.
-Ah, très bien.
James et Sirius firent la moue. Mais soudain, le visage de Sirius s'éclaira.
-Dis, est-ce que t'es fort en potion ? demanda-t-il à Harry.
-Heu… je me débrouille, répondit celui-ci.
-C'est-à-dire que tu sais faire la différence entre un œil de bœuf et un bézoard ?
-Je crois, répondit Harry, faussement sérieux.
-Parfait ! s'exclama Sirius. Tu te mettras à côté de moi .
-Ah bon ? fit Harry en haussant les sourcils. Je ne savais pas.
-Eh oui, j'ai besoin de quelqu'un pour me traduire le charabia de Sluggie. Autrefois, je me serais mis avec James, mais il m'a laissé tombé pour sa copine, alors…
-James est bon en potion ? demanda Harry surpris.
-Pas du tout, répondit Sirius en s'esclaffant, il est encore pire que moi. On provoquait catastrophe sur catastrophe, tous les deux, mais au moins j'étais pas l'idiot de la classe.
-Je vois, dit Harry en souriant. Et Remus ?
-Lui, c'est le spécialiste des potions cramées. Mais il a arrêté après les BUSE, comme Peter d'ailleurs.
-Ah d'accord. Mais dis moi, tu ne comptes tout de même pas plagier mon travail ?
-Heu, si, c'est l'idée générale, répliqua Sirius sans la moindre gêne.
-Ooooooh, fit Harry d'une voix suraiguë, je suis choqué. Et qu'en pense la préfète ?
-La préfète a renoncé à inculquer toute notion de bien et de mal dans ce cerveau primitif, répondit Lily avec un sourire amusé. Harry et James éclatèrent de rire.
Ils arrivèrent bientôt aux cachots. Harry constata que les goûts du jeune Slughorn n'étaient guère différents de ceux de celui de son époque. Le cachot était décoré presque à l'identique, tapissé de vert et de violet.
-Bonjour à tous ! dit Slughorn en entrant. Pour vous qui constituez en quelque sorte l'élite des préparateurs de potion de cette école, j'ai prévu pour aujourd'hui un exercice certes délicat mais à la hauteur de vos talents (il fit un clin d'œil à Lily et à Rogue, ses élèves favoris. Sirius grogna). Vous allez me préparer un philtre d'euphorie. Prenez vos livres page 513 et au travail !
Harry ouvrit son manuel et jeta un coup d'œil à la recette. Elle lui paraissait d'une facilité incroyable et en même temps terriblement ennuyeuse. « Je crois que je vais mettre un peu d'animation dans ce cours », songea Harry en regardant la face désespérément sérieuse de Rogue. « Je parie que le « bon vieux Sluggie » ne sait pas ce qui arrive si on met du venin de vipère des montagnes à la place de la poudre de murex ». Harry se pencha vers l'oreille de son voisin.
-Ça te dirait de rendre les choses un peu plus… intéressantes ?lui souffla-t-il avec un sourire malin.
-Toujours, répondit Sirius avec un regard rusé. A condition que ce soit vraiment… distrayant.
-Alors, on y va. Essaye de me suivre.
Négligeant complètement le manuel, Harry prépara ce qui semblait être une parfaite potion d'euphorie. Quand elle fut sur le point d'être achevée, il sortit discrètement de l'armoire un flacon de venin de vipère et en versa trois gouttes dans son chaudron. Puis il passa le flacon à Sirius, qui calquait tous ses mouvements sur les siens.
-Attention, murmura Harry. Trois gouttes, pas plus.
Mais il aurait du se méfier ; Sirius n'avait jamais vraiment eu le sens des limites. Son futur parrain lui fit un sourire machiavélique avant de verser la totalité du flacon dans sa potion, sous l'œil horrifié de son camarade.
-Oups, dit-il avec un air d'innocence peu convaincant.
-Crétin, laissa échapper Harry.
Aussitôt, une épaisse fumée rose envahit la salle. Harry s'empressa de sortir sa baguette et de lancer une barrière magique autour de Sirius et de lui, mais les autres se trouvaient trop loin pour qu'il puisse les aider et ils ne réagirent pas à temps.
La fumée se dissipa très vite. Pendant un instant, tout le monde, sauf Harry et Sirius, sembla paralysé. Puis les victimes se mirent à brailler des hurlements de joie.
-Allez Potter, tu vas marquer !hurlait James.
-Promotion de vingt galions sur tous les articles !criait Slughorn.
-Optimal en métamorphose !claironnait Lily, hystérique.
Chacun hurlait à pleins poumons, grimpait sur les tables, renversait les chaudrons… Soudain, James, dans un élan d'ivresse, entreprit de lancer un chaudron dans la direction de Harry.
-Stupéfix !cria celui-ci.
Le sort fit mouche et James tomba à la renverse. Mais à ce moment-là, Rogue piétina le corps de James et se mit à sauter dessus à pieds joints en criant à tue- tête « Potter est mort ! Potter est mort ! ». Sirius voulu lui lancer un sortilège d'entrave, mais sous le coup de la colère il manqua sa cible ; le sortilège vint frapper une étagère pleine de potions qui se brisèrent et répandirent une odeur nauséabonde. Finalement, Harry parvint à stupéfixer Rogue, mais le chaos se poursuivait.
Mais tout à coup, la scène sembla se figer en pleine action. En quelques secondes, les cris diminuèrent pour disparaître complètement. Et, comme si elles avaient été foudroyées par un sortilège de sommeil, les victimes s'évanouirent au même moment.
-Oh là là !gémit Harry, catastrophé.
-Bah, dit Sirius en haussant les épaules, au moins ils ne détruisent plus la salle de classe.
-Triple crétin !gronda Harry en le foudroyant du regard. On va avoir des ennuis pas possibles. Avec la dose de venin que t'as mis, ils vont rester endormis pendant au moins une semaine !
-Ah, fit Sirius, un peu embarrassé.
Son regard se posa sur James et Lily.
-Ah, répéta-t-il.
Harry se laissa tomber sur une chaise en soupirant.
-Bon, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Sirius d'une toute petite voix.
-Faut aller voir l'infirmière, dit Harry sur un ton abattu. Va la chercher, je vais essayer d'arranger ce foutoir.
Sirius s'exécuta sans protester.
« Bravo, Harry », se dit-il pour lui-même, « très beau travail, vraiment. Hermione aurait été fière de toi ; première journée de cours, et déjà une catastrophe ». D'un coup de baguette, il nettoya la salle, répara les chaises, remit les tables à leur place. Ses camarades, étendus à même le sol ou affalés sur leur bureau, ronflaient paisiblement.
Une minute plus tard, il entendit la voix de madame Pomfresh qui résonnait dans le couloir.
-Un « petit accident » ! hurlait-elle. Un petit accident ? Si vous croyez que je vais gober ça, vous vous mettez la baguette dans l'œil. Voyons ce que vous avez encore fait. Oh mon Dieu ! s'exclama-t-elle en voyant le triste spectacle. Mon Dieu, mon Dieu !
Elle courut d'une victime à l'autre et parut soulagée de constater que tout le monde était vivant.
-Par Merlin, mais qu'est-ce que vous avez fait ? gronda-t-elle en jetant un regard meurtrier à Sirius.
-Sirius a, euh, accidentellement renversé un flacon de venin de vipère des montagnes dans son philtre d'euphorie, répondit timidement Harry.
-Bon Dieu ! Et que faisiez vous avec ce venin ?
-C'est lui qui me l'a donné, en pointant un doigt accusateur vers Harry.
-C'est vrai, mais…
-Dumbledore éclaircira tout ça, le coupa madame Pomfresh. En attendant, aidez moi à transporter vos pauvres camarades à l'infirmerie.
Une demi-heure plus tard, Harry et Sirius étaient assis en face d'un Dumbledore à l'air las et d'une McGonagall sur le point d'exploser. « C'est étrange », songea Harry, « on croirait revivre la fois où je me suis fait coller à cause de la voiture volante. Sauf que c'était Ron qui était avec moi et qu'aujourd'hui, Rogue est à l'infirmerie. Ça, c'est tout de même un progrès ».
-Etes vous conscients de la stupidité de ce que vous avez fait ? demanda Dumbledore d'une voix grave.
« Tiens, c'est la stupidité, cette fois, et non plus la gravité ».
-Monsieur le directeur, dit Harry à voix haute, je suis sincèrement désolé. Mon camarade et moi avons eu un problème de communication…
-Monsieur Griffith, le coupa Dumbledore, j'attendais mieux de votre part. Un élève aussi brillant que vous devrait savoir utiliser son savoir à de meilleures fins. Quant à vous, monsieur Black, j'avais espéré que l'incident qui a eu lieu l'an dernier vous aurait incité à réfléchir…
Sirius eut soudain l'air très mal à l'aise. Harry comprit pourquoi ; Dumbledore devait faire référence à la blague douteuse qui avait failli entraîner la mort de Rogue et l'expulsion de Lupin. « Sirius est quand même cinglé », se dit-il. « Il continue à agir sans réfléchir alors qu'il est à deux doigts d'être renvoyé. Va falloir que je garde un œil sur lui… ». McGonagall prit la parole :
-Vous avez mis dix-sept élèves hors d'état pour une quinzaine de jours (« Ouh là !pire que ce que je croyais »), sans oublier un professeur et directeur d'une des quatre maisons (« Oups !je l'avais oublié celui-là »). Je vais donc retirer deux cent points à Gryffondor et vous interdire d'aller en cours pendant deux semaines.
Harry et Sirius la regardèrent avec des yeux ronds ; depuis quand interdisait-on aux élèves d'aller en cours pour les punir ?
-Eh oui, cela doit être, reprit McGonagall en voyant leurs expressions, puisque vous consacrerez ce temps à servir les elfes de maison.
-Qu… Quoi ?bredouilla Sirius.
-Vous vous mettrez à leurs ordres, et croyez-moi, je leur donnerai pour consigne d'être tyranniques. De plus, vous serez privés de baguettes pendant toute la durée de votre punition.
-Punaiiiiise… laissa échapper Sirius.
-A crime exceptionnel, châtiment exceptionnel, dit McGonagall d'un ton sec. Vos baguettes, s'il vous plaît.
Harry et Sirius lui tendirent leurs baguettes, non sans regrets. Sirius en était le plus affecté, ne connaissant rien à l'art difficile de la magie sans baguettes. Mais Harry était à peine moins désolé ; il détestait se séparer de l'objet qui lui avait sauvé la vie à deux reprises.
Harry et Sirius sortirent mortifiés du bureau de McGonagall.
-Ça craint, dit Sirius.
-Tu peux le dire, approuva Harry. Mais qu'est-ce qui t'as pris, hein ?
-C'était ton idée !se défendit Sirius.
-Je t'ai dit de pas en mettre trop !
-OK, mais j'pouvais pas deviner ce qui se passerait. Suis pas devin, moi.
-Non, t'es juste un crétin.
-Oh, toi… fit Sirius en lui jetant un regard noir.
Pour rendre leur calvaire plus insupportable encore, McGonagall –qui était dans une de ses plus grandes fureurs, ce qui n'était pas peu dire- avait décidé que leur service commencerait à cinq heures du matin et finirait à dix heures du soir. « Rien de tel que l'épuisement pour venir à bout des fortes têtes », avait-elle dit.
Le lendemain, Harry et Sirius se levèrent donc avec difficulté et descendirent d'un pas traînant aux cuisines. Quand ils y furent entrés, deux elfes vinrent à leur rencontre.
-Ah voilà enfin les deux petits maîtres vicieux, dit le plus petit des deux, qui affichait une expression de joie mauvaise (« un cousin de Kreattur, peut-être ? », songèrent en même temps Harry et Sirius), voilà les petits délinquants. Mais Spiky ne va pas les laisse faire, oh non, Spiky et Hulky ont été désignés pour donner des ordres et surveiller les petits délinquants, et ils vont le faire !
-J'espère au moins que tu as conscience que c'est un très grand honneur, dit Sirius avec un sourire narquois.
-Au boulot, sales fainéants, grogna Hulky, qui ressemblait à un troll miniature. Allez, voici des seaux et des serpillières ! Vous devez nettoyer la grande –salle avant le petit-déjeuner.
A huit heures, Harry et Sirius n'en pouvaient déjà plus. Hulky et Spiky les obligeaient à accomplir toutes sortes de tâches ridicules et harassantes : frotter le sol à quatre pattes, cirer les plaintes avec des brosses à dents, frotter le dessous des tables… Même Rusard n'avait jamais fait preuve d'autant d'imagination perverse. Mais l pire épreuve fut incontestablement celle du petit-déjeuner. A leur grande horreur, Harry et Sirius furent chargés d'assurer le service des élèves, y compris bien sur des détestables serpentards. Quand les élèves apprirent de quoi il retournait, Harry et Sirius furent l'objet de la risée générale.
-Hé, cousin ! Je veux encore des toast !hurla une Narcissia réjouie.
-Le service est beaucoup trop lent, dit Lucius Malfoy d'une voix forte. Quels escargots, franchement !
-Ouais, ces idiots de Gryffondors sont de vrais ramollos !brailla un autre.
-Ne me dis surtout pas que je l'ai bien mérité, grogna Sirius en croisant le regard condescendant de Remus.
-Ok, je ne te le dirai pas, dit Remus en haussant les épaules, ce qui signifiait qu'il n'en pensait pas moins.
Sirius lui jeta un regard noir.
-Quand même, dit Peter, je me demande ce qui a pris à McGonagall. Quinze jours de travaux forcés, c'est un peu exagéré.
-Sirius est un cas particulier, répondit Remus d'un ton un peu froid.
Cette remarque lui valut un nouveau regard noir de l'intéressé. L'humeur de Sirius ne s'arrangea quand Bellatrix, qui semblait rayonner de joie, hurla à travers la grande salle « Sirius ! Encore du pudding ! ».
La journée se poursuivit ainsi. A vingt heure, au lieu de traîner dans la salle commune comme leurs camarades (enfin, ceux qui n'étaient pas à l'infirmerie), Sirius et Harry récuraient au cure-dent les cadres des fenêtres de la tour d'astronomie, sous l'œil de moins en moins vigilant d'Hulky et de Spiky. Les deux elfes étaient plongés dans une partie de dés et enchaînaient bière-au-beurre sur bière-au-beurre.
-Ce n'est pas du tout comme ça que j'imaginais ma première semaine à Poudlard, grommela-t-il.
Sirius se laissa glisser contre un mur en soupirant, épuisé. Harry en fit de même.
-Je vais les tuer, dit Sirius en montrant les deux elfes, ou bien c'est eux qui vont me faire crever.
Ces mots rappelèrent aux deux gardiens qu'ils étaient censés les tyranniser.
-Au boulot, feignasses !brailla Spiky, et de l'index il leur envoya une décharge électrique qui leur fit dresser leur cheveux sur la tête. « Cette fois, c'en est trop », se dit Harry qui sentait la moutarde lui monter au nez. Une idée lui traversa l'esprit.
-Distraie-les un moment, glissa-t-il à l'oreille de Sirius, je vais nous débarrasser de ces deux idiots.
Sirius, qui était toujours preneur quand il s'agissait de provoquer du grabuge, hocha la tête avec un sourire machiavélique, puis donna un coup de pied dans la vitre la plus proche, qui se brisa. Ensuite, il entreprit de balancer une poubelle sur Spiky. Hulky vint à la rescousse de son confrère, mais Sirius évita leurs éclairs, se réfugia derrière une table renversée et leur lança divers objets.
Pendant ce temps, Harry subtilisa discrètement quelques bouteilles de bière-au-beurre. Il se concentra un moment, et démultiplia la quantité d'alcool qu'elles contenaient. C'était un sort assez difficile à lancer, même avec une baguette, et Harry n'était pas peu fier de le maîtriser. Sirius allait avoir des soupçons, mais il se dit qu'il pourrait bien s'ouvrir un peu à lui. Après tout, Sirius avait lui aussi ses petits secrets (il était un animagus), il comprendrait.
-Aïe !hurla Sirius, qui venait de se prendre une décharge de Hulky. Harry décida qu'il était temps d'intervenir.
-C'est bon, Sirius, rends toi !
Aussitôt, les elfes se calmèrent.
-Les maîtres plus casser des choses !brailla Spiky en titubant. Les maîtres tout ranger, maintenant !
Sirius et Harry commencèrent à remettre les tables en ordre, tout en jetant des regards en coin aux deux elfes. Ceux-ci avaient repris leur jeu. Enfin, ils ouvrirent chacun une bouteille, portèrent un toast (à une certaine Chita), burent une longue gorgée… et tombèrent, comme Harry l'avait prévu, dans un profond sommeil.
-Ça, c'est cool !commenta Sirius, émerveillé. Qu'est-ce que tu as fait ?
-Ha ha… tu aimerais le savoir ? fit Harry avec un sourire de satisfaction.
Sirius le regardait étrangement, un peu comme un chien flairant une piste.
-Tu n'as pas mis de somnifère, hein ? Alors, comment tu t'y es pris sans baguette ?
Harry hésita un moment.
-Ok, reprit Sirius. Je te propose un marché : ton secret contre mon secret.
-Ah bon, tu as un secret ?dit Harry, dont le visage s'était éclairé. Bon, dans ce cas, ça marche.
-Seulement ne dis pas aux autres que je te l'ai dis, ils me tueraient.
-Bien sûr.
-Eh bien…voilà, fit Sirius avec un geste théâtral, et il se transforma en chien.
Harry fit de son mieux pour paraître stupéfait (il n'avait jamais été très bon comédien, mais en l'occurrence ses médiocres dons firent l'affaire). Puis il émit un sifflement admiratif.
-Tu es un animagus ! Impressionnant, il parait que c'est très difficile de le devenir. Au fait, tu mords ?
Sirius reprit sa forme humaine.
-Seulement quand on m'embête, répondit-il. Sinon, je joue surtout les gentils toutous pour faire craquer les filles. Bon, et ton secret, alors ?
Harry se concentra sur une chaise renversée, la souleva par l'esprit, l'éleva à deux mètres du sol, puis la reposa exactement à sa place. Sirius le regarda avec émerveillement.
-Ça, c'est le pied !dit-il dans un murmure plein d'admiration. Tu fais de la magie sans baguette ?
-Exactement, répondit Harry.
-Mais où t'as appris ça ? Pas à l'école, tout de même ?
-Ah ça non. J'aime bien apprendre par moi-même.
-Oui, je comprends, dit Sirius, et ils échangèrent un sourire entendu.
-Et tu sais faire beaucoup de choses ?reprit-il.
-Pas mal, répondit Harry. Mais je ne le fais pas trop ; ça demande beaucoup d'énergie.
Sirius sembla méditer un peu.
-En tout cas, reprit Harry, tu dois être prudent.
-Toi aussi, répliqua Sirius.
-Pas tant que toi. Moi, je ne fais rien d'illégal ; toi, si. En plus, tu es déjà à deux doigts d'être renvoyé. En fait, tu n'aurais pas du me révéler ton secret. Et si jamais je n'étais qu'un petit délateur, hein ?
-Tu n'en as pas l'air, répondit Sirius en haussant les épaules.
-Ne te fies pas aux apparences, répliqua Harry, agacé.
-Tu es un délateur ?demanda Sirius en haussant les sourcils.
-Bien sûr que non!protesta Harry avec véhémence.
-Alors, tout est pour le mieux, dit Sirius.
-Oui, mais fais attention, s'il te plaît.
-Ok, Ok, je serais très prudent.
Harry n'était pas du tout convaincu, mais il savait qu'il était inutile d'insister.
-Je crois que ces idiots ne sont pas près de se réveiller, dit Sirius au bout d'un moment. On va se coucher ?
-Excellente idée, approuva Harry. Je n'en peux plus.
Les deux adolescents regagnèrent donc leur dortoir, où Remus et Peter dormaient déjà paisiblement.
Voilà, j'éspère que ça vous a plu. J'attends vos reviews avec impatience. Bye!
