Bonjour à tous ! Me revoilà !

Je constate avec un certain plaisir que mes menaces n'ont pas été vaines, hé hé…Vous avez bien fait de les prendre au sérieux, car je vous assure que je les aurais mises à exécution. Surtout que l'idée d'une romance entre James et Bellatrix me plaisait bien… Enfin bon, j'y renonce… Pour l'instant, en tout cas, parce que si j'ai pas assez de reviews, alors…hé hé…Allez, bonne lecture à tous, et un grand merci à tous ceux qui m'ont envoyé des reviews.

Réponses aux reviews :

Flo : à tout seigneur, tout honneur… Je commence par toi parce que c'est toi qui m'as envoyé le plus de reviews jusqu'ici. Bien entendu, je t'encourage à continuer. Par contre, laisse moi te dire que tes menaces ne m'impressionnent pas du tout, c'est du vent ; même Voldy ne sait pas ressusciter les morts, alors si tu me tues, t'auras jamais la suite, et toc, et en plus tu te feras assassiner par tous les autres lecteurs que tu auras frustré, et même que t'auras la police à tes trousses ! Bon, pour répondre à tes questions, eh bien oui, c'est bien Voldy le petit farceur qui a failli tuer Harry. Explication partielle dans ce chapitre. Ensuite, Harry a fait jurer à Dumby qu'il n'abuserait pas du véritasérum, et Dumby, c'est un homme de parole, enfin quoi ! Et pour finir, si Dumby dit que Harry ferait un bon Serpentard, c'est… ben, c'est avant tout pour l'embêter, ou plutôt parce que je voulais l'embêter, hé hé hé… Allez, ciao et bonne lecture ! Et si tu m'envoies pas de review, c'est toi qui vas passer aux doloris !

L'Eclat de la Lune : Oh que si, j'oserais ! Crois moi, je suis une auteur sadique et sans scrupules. Bon, je suis contente que ça t'ait plu. J'ai quelques petites idées pour la suite qui risquent de te plaire… Des idées diaboliques, hé hé hé… En tout cas, Harry n'est pas près de se sortir de ce bourbier, j'ai de quoi le tourmenter pour un bon bout de temps (sourire sadique).

Alpo : Merci, ça fait plaisir ! J'adooooore ce genre de review. Allez, bonne lecture !

Lapis Lazuli : Aaaaargh ! Il y a donc vraiment des gens qui vont lire les profils ! Quelle découverte stupéfiante. Quand j'ai appris ça, je me suis empressée d'aller le modifier et le remplacer par quelque chose de plus sérieux… quoique… en fait, je croie que c'est pire encore, mais ça fait rien. Moi, j'aime beaucoup les reviews où on m'encense ; ça flatte mon ego, tu peux pas savoir… Eh oui, je suis hyper vaniteuse ! En ce qui concerne tes questions, ce chapitre devrait y répondre en partie. Je tiens à préciser que le Voldy de l'époque de Harry ne se trouve actuellement pas à l'époque des maraudeurs. Bien sûr, il ne va pas tarder à arriver, y a pas de raison qu'on laisse Harry s'ennuyer, mais pour l'instant, il profite de ses dernières semaines de vacances avant de reprendre son dur travail de psychopathe professionnel. Et, cela va de soi, il sera assez idiot pour essayer de changer le passé… Merci infiniment pour tes reviews, y compris celle de mon autre fic, ou plutôt de mon délire post-examens… Je dois dire que j'étais bien frappée, quand je l'ai écrite. Mais pour la suite, je sais pas trop quand je vais pouvoir la faire, y en a qui vont me lyncher si je prend du retard sur les grands vagabonds. Enfin, on verra… Allez, à plus !

Nepharia : Merci, merci, merci ! J'espère que ce chapitre te plaira aussi. Bye !

Camping317 : heurf heurf… Voilà voilà, ça marche ! Je t'assure, j'ai fait aussi vite que j'ai pu, cette fois. C'est pas ma faute si on m'enferme pendant presque toute la semaine et si on m'oblige à me livrer à toutes sortes d'exercices sado-masos comme des dissertes de philo. Merci pour ta review, et bonne lecture !

Ewilan Potter : excellentes questions, à vrai dire… Je pense que ce bon vieux Dumby va finir par découvrir le pot aux roses, j'en suis même presque certaine, mais ce n'est pas encore écrit (au sens propre et figuré). Et pour ce qui est de savoir quand Voldy va apparaître, heu… D'abord, quel Voldy ? Si tu veux parler de celui qui a un âge raisonnable, son entrée en scène est prévue pour –en principe- avant les vacances de Noël, c'est-à-dire, dans, heu… six ou sept chapitres, environ… Quant à l'autre, c'est-à-dire le vagabond, ça, c'est la question… Normalement, il débarque dans l'époque des maraudeurs au chapitre 10, mais pour l'apparition en live, va falloir attendre un peu. Allez, quoi, un peu de patience ! hé hé hé..

Dawn456 : merci beaucoup ! Voilà la suite. Bises !

Petites sorcières : une hypothèse intéressante… Mais qui est ce Joey ? Mystère… Oui, je suis d'accord, une vengeance s'impose ! D'ailleurs, elle ne tardera pas à venir, les serpenteaux vont s'en prendre plein leurs faces reptiliennes dans le chapitre 8, hé hé… Bon, O.K, sur le coup du balai, ils n'y sont pour rien, mais c'est pas une raison… Allez, ciao !

Melody Evans : Aaaah ! Enfin un peu d'humanité… Figure toi que tu es la seule personne à t'être inquiétée du sort de ce pauvre journaliste. Pourtant, c'est un brave gars Bon, j'te rassure tout de suite, il est pas mort,il est juste en train de piquer un p'tit somme avec les six milliards de personnes de l'époque de Harry. D'ailleurs, je le ferai peut-être réapparaître à la fin, on verra. Merci pour ta review et bonne lecture !

Anne-laure0617 : t'inquiète, je vais laisser ce pauvre James en paix… pour l'instant, du moins (niark niark niark). Ravie que ça t'ai plu, et voilà la suite. A plus !

Sanka : Oooooh… Que de compliments ! Merci beaucoup pour ta review. Bonne lecture !


Chapitre 7

Harry regagna la salle commune des Gryffondor. Quand il franchit le portrait de la grosse dame, toutes les têtes se tournèrent vers lui.

-Willy ! s'exclama Sirius en se levant d'un bond du fauteuil dans lequel il était avachi. Déjà sorti ? Comment te sens tu ?

-« Willy » ?répéta Harry en haussant un sourcil. Depuis quand tu m'appelles Willy ?

-Depuis que j'ai vu mon camarade et compagnon d'infortune brûler vif à quinze mètres du sol, répliqua Sirius.

-Eh bien, pour répondre à ta question, je vais très bien, merci.

-Toute l'école ne parle que de ça, dit Remus. Tu nous as fichu une sacrée trouille.

-Ça, c'est vrai, renchérit Sirius. T'étais complètement recouvert par les flammes. On a tous cru que t'étais mort, c'était flippant. Depuis, on te surnomme la torche humaine.

-C'est pas drôle, Sirius, rétorqua Remus en fronçant les sourcils. William a failli se faire tuer. Nous avons eu beaucoup de chance qu'il ait joué à la place de James.

-A ce propos, dit Sirius, on se demandait… Tu ne vois pas quelqu'un qui aurait pu te faire cette petite farce ?

-Tu veux dire de m'assassiner ? Non, vraiment, je ne vois pas. J'ai toujours été quelqu'un de conciliant.

-Alors, reprit Remus en le regardant avec intensité, c'est James qui était visé. C'était son balai.

-Possible, répondit Harry, perplexe. Mais pourquoi voudrait on assassiner James ?

Sirius, Remus et Peter échangèrent un regard.

-Tu ne peux pas savoir, répondit Sirius, mais les parents de James sont assez connus, ici. Son père est un auror, et sa mère est conseillère du ministre préposée à la défense. Tous deux font de l'opposition ouverte à Voldemort.

Peter eut un hoquet, mais les trois autres ne réagirent pas. Il y eut un instant de silence.

-je vois, dit Harry avec lenteur. Oui, ça se tient ; les mages noirs s'en prennent toujours aux familles de leurs ennemis. Ou a leurs amis.

A ces propos, les trois maraudeurs frissonnèrent. Harry poussa un soupir et se laissa tomber sur un canapé.

-Ça craint, dit-il avec philosophie.

-Heu… oui, plutôt, approuva Sirius.

-Le mot est faible, dit Remus d'air air sinistre.

-Ça veut dire… ça veut dire… que nous sommes en danger ? Moi aussi ?

-Certes, répondit Harry avec désinvolture.

Peter s'étrangla.

-Si tu veux, poursuivit Harry avec indifférence, je connais quelqu'un qui vend des assurances vie, un homme très honnête.

Peter sembla sur le point de s'évanouir. Sirius se détendit et émit une sorte de ricanement, mais Remus lança à Harry un regard réprobateur.

-Allons, inutile d'en rajouter…

-Mais… Qu'est ce qu'on va faire ?gémit Peter d'une voix suraiguë.

-Bah… Dumbledore n'a qu'à s'en occuper, répondit Harry en haussant les épaules.

-Mais… protesta Peter, ahuri par tant de désinvolture.

-A votre avis, l'interrompit Sirius, est ce que le coupable est à Poudlard ?

« Excellente question », songea Harry. « Y a-t-il un faux Maugrey parmi nous ? ».

-Je ne sais pas, répondit Remus, mal à l'aise. Est-ce que quelqu'un aurait pu faire ça de l'extérieur ?

-Peut-être, répondit Harry. Je ne crois pas que ce soit tellement difficile de s'introduire à Poudlard. En plus, la personne qui a fait ça ignorait que James était à l'infirmerie, donc il ne fréquentait pas Poudlard, du moins si James était vraiment la cible.

-A moins que le coupable ne soit lui-même à l'infirmerie, dit lentement Sirius avec un regard éloquent.

Ses paroles furent accueillies par un silence perplexe.

-Si tu penses à Rogue,… commença Remus d'un air sceptique.

-C'est plausible, non ? Il déteste James, et en plus il s'y connaît en magie noire.

Mais Harry secoua la tête.

-Je ne pense pas qu'un élève ait pu faire ça, même s'il est très fort. En fait, il ne s'agissait pas d'un seul sortilège mais d'une habile combinaison entre au moins trois différents, et ça, c'est très dur à faire, parce que les sortilèges interfèrent entre eux. A mon avis, c'est plutôt l'œuvre d'un sorcier expérimenté.

On entendit une mouche voler.

-Eh ben, c'est joyeux tout ça, dit finalement Sirius. Soudain, son visage s'éclaira. Hé, dit-il à Harry, moi j'ai une bonne nouvelle. En raison de ces… circonstances, McGonagall a suspendu notre punition.

-Formidable ! J'ai toujours su qu'il y avait un peu d'humanité dans ce dragon humain. Au fait, on a quoi comme cours demain ?

-Métamorphose, DCFM et divination, répondit Remus.

-Ah, très bien !

-En parlant de ça, dit Remus, il faut que Sirius et toi vous rattrapiez les cours. J'ai tout préparé, dit-il en montrant une pile de parchemins sur la table. Sirius a déjà commencé, mais il a encore beaucoup à faire.

-Oh… Merci, dit Harry sans enthousiasme. « Je vais être obligé de faire semblant de travailler. Pas de chance », songea-t-il. Je vais m'installer à la bibliothèque, ce sera plus studieux.

Il passa donc le reste de la soirée assis à une table solitaire. Il avait complètement renoncé à lire la montagne de cours préparés avec une application digne d'Hermione par Remus –rien de plus déprimant que de travailler des choses qu'il savait depuis des centaines d'années. Aussi, il n'est pas exagéré de dire qu'il s'ennuyait à mourir. Pour passer le temps, il dessinait vaguement quelques croquis représentant ses nombreuses victoires contre des ennemis redoutables et variés (le troll de sa première année à Poudlard, l'accromentula qui avait suspendu Ron par les pieds au-dessus d'un précipice quand ils chassaient ensemble les horcruxes, le zombie qui lui avait fait « bouh » dans une pyramide inca…). Affalé sur sa table, il avait complètement perdu la notion du temps, plongé dans un état d'apathie presque pathologique. La bibliothécaire, madame Balla, le regardait bizarrement, ce qui finit par lui faire prendre conscience du fait qu'il était près de vingt-deux heures et qu'il avait oublié d'aller dîner. Il grommela et commença à ranger ses affaires, quand un reflet attira son attention : un éclair furtif. Harry regarda tout autour de lui mais ne vit rien, quand soudain…

-SSSSUUUURRPRISSSE !hurla une voix sifflante à son oreille.

-Aaaaaaaaaargh !cria Harry.

Son cri perçant attira immédiatement l'ignoble bibliothécaire aux accents mécaniques et au lyrisme antarctique. Madame Balla, avec sa longue natte grise, son dos voûté et ses vêtements ternes de vieille fille aigrie faisait passer par comparaison Madame Pince pour un modèle de douceur et de sensibilité. (Nda : une petite pensée pour l'original, hein Alex ?).

-On-ne-crie-pas-à-la-bi-bli-o-thèque, dit-elle de sa voix la plus mauvaise et monocorde.

-Je… Je sais…Sincèrement désolé, bredouilla Harry, qui n'en revenait pas encore. Je… j'ai fait un mauvais rêve.

Ces excuses ne semblèrent pas convenir à l'implacable cerbère du temple de Poudlard.

-On-ne-dort-pas-à-la-bi-bli-o-thèque, répliqua-t-elle.

-Ah… Oui, bien sûr, heu… Je sors tout juste de l'infirmerie et…

-La-bi-bli-o-thèque-fer-me-ses-portes.

-Ah, heu… et bien dans ce cas, je m'en vais, dit Harry en essayant vaillamment de sourire devant ce monstre de froideur. Monstre qui l'ignora superbement et se retira dans la réserve, laissant Harry seul. En apparence, du moins… Car dés que la porte se fut refermée derrière elle, un grand serpent jaune apparu, comme surgi de nulle part.

-Rodrigue !s'exclama Harry, stupéfait.

-Lui-même, cher ami, répondit le serpent. Ravi que tu ne m'aies pas oublié.

Rodrigue n'était pas un serpent ordinaire. Harry avait découvert eu cours de ses nombreuses pérégrinations que certains serpents étaient dotés de pouvoirs assez spectaculaires, comme celui de se rendre invisible et de vivre plusieurs millénaires, ou encore de discuter à propos de la théorie platonicienne de l'image et du simulacre (Nda : oui, Alex, je sais, sans accent circonflexe !). Rodrigue était de cette espèce ; il ne parlait que le Fourchelangue, mais comprenait parfaitement l'espagnol et l'anglais, entre autres. Harry l'avait rencontré au seizième siècle, dans son exploration de la jungle amazonienne. Le serpent, avec lequel il s'était découvert certaines affinités (des quelles il faut exclure cependant la théorie platonicienne de l'image, à la quelle notre brave héros n'entendait pas grand-chose), lui avait servi de guide et de compagnon, et grâce à sa faculté de parler la langue reptilienne si chère à l'auguste Serpentard, faculté pour la quelle Harry remerciait -bien à contrecoeur- son éternel ennemi, ils étaient devenus excellents amis, malgré le caractère un peu excentrique de l'animal.

-Mais par quelle damnée providence te retrouves-tu ici, à Poudlard ?demanda Harry.

-Un vieil oiseau, puissant oracle de ma jungle, m'a prévenu que tu étais de retour dans ton pays natal. Je m'ennuyais de toi… répondit le serpent en lui lançant un regard larmoyant assez peu convaincant.

-Tu parles, répliqua Harry en riant. Tu n'es qu'un fripon vénal ! En fait, tu voulais seulement profiter de mes dons exceptionnels pour redonner du lustre à tes écailles. Le jaune ne te convient plus ? J'aurais pensé que ce serait assez tape à l'œil pour ton ego.

-Couci-couci, répondit le reptile. J'aimerais bien avoir des rayures mauves.

Harry eut un reniflement de dédain.

-Rodrigue, tes goûts sont bien ceux de quelqu'un qui n'a jamais vu le monde civilisé. Un barbare inculte et plus ignorant que la vielle Lucie elle-même, un dévot du kitsch et du mauvais goût, voilà ce que tu es !

-Oooooh… Que de méchantes paroles… Prends garde, tu vas réveiller mon instinct primaire. Alors, tu ne veux rien faire pour moi ?

-Mm… On verra. En tout cas, tu ne peux pas rester à Poudlard sous cette forme, tu vas me compromettre.

-Et qu'est-ce que tu suggères qu'on y fasse ?

-Oh, je vais bien trouver quelque chose… Ah, j'y suis !

Il pointa sa baguette droit sur Rodrigue, se concentra un peu, et un instant plus tard, un gros chat jaune aux yeux violets se tenait en lieu et place du serpent.

-Mais qu'est-ce que tu m'as fait ?cracha l'animal, qui apparemment n'était pas satisfait.

-Tu préfères être un crapaud ?demanda Harry en haussant un sourcil. Non, vraiment ? Bien, c'est ce que je pensais. Allons, viens, je vais te présenter à mes amis. Evite de parler en leur présence, un chat qui siffle, ce n'est jamais bien vu. Un sorcier non plus, d'ailleurs.

-Comme tu veux, dit Rodrigue. Mais je te préviens, ça risque d'être difficile. Je n'ai jamais appris à miauler.

-Contente toi de te taire, répondit Harry. Allez, on y va

Il prit la direction de la salle commune, suivi par son compagnon. Il ne prêta aucune attention à l'intérêt que suscitait l'étrange animal : suivant son habitude, il sifflotait.

-Mot de passe, grommela la grosse dame.

-Insomnia, claironna Harry.

-Gagné, grogna-t-elle en pivotant pour le laisser passer.

-Salut Willy !lança Sirius sans lever les yeux du livre dans lequel il était plongé.

-Salut Siri ! Tu viens de recevoir un sixième sens ?

-Non, mais tu es le seul à siffloter en donnant la chaire de poule. Hééé ! C'est quoi, cet animal ?

-Permets moi de te présenter Rodrigue, mon familier, répondit Harry. Rodrigue, depuis mon départ, logeait chez une amie, mais l'heure est venue pour lui de reprendre du service auprès de son maître.

-Ça veut dire… bafouilla Peter, ça veut dire qu'il va… dormir avec nous ?

-Oui, bien sûr, répondit Harry d'un ton innocent. Mais ne t'inquiètes pas, il ne va pas te manger. Rodrigue n'aime que les rats.

Peter blêmit, mais Harry feint de ne pas s'en apercevoir.

-Oui, reprit-il, on peut dire que Rodrigue est un fameux chasseur de rats. Rien que l'an dernier, il en a ramené au moins sept cent. On le surnomme souvent le Tueur.

-Merci, intervint Remus. On se passera des détails. Pourquoi tu n'es pas venu dîner, ce soir ?

-Oublié, répondit Harry comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

-Oublié !répéta Remus, sceptique. Peter laissa échapper une exclamation d'incrédulité.

-Eh oui, tes cours étaient tellement passionnants que je n'ai pas vu le temps passer, expliqua Harry.

-Vraiment ?fit Remus, perplexe. Tu en es où ?

-J'ai fini, merci, répondit Harry.

-Quoi, déjà ! s'exclama Sirius.

-Ben oui, dit Harry en haussant les épaules. Tiens, on dirait que Rodrigue a faim. Va chasser quelques souris, Rodrigue, je vais me coucher. Bonne nuit tout le monde !

Sur ce, il entra dans le dortoir, laissant seuls ses compagnons intrigués.

-Drôle de type, dit Remus, songeur.

-Bah, il est marrant, répondit Sirius.

-Je n'aime pas son chat, dit Peter d'une petite voix.

Remus et Sirius éclatèrent de rire.

-C'est pas drôle, les gars !protesta Peter, indigné.

-Bah, dit Remus en haussant les épaules, que veux tu qu'il te fasse ? Tant que tu ne te transformes pas, tu ne risques rien.

-Quand même, il me fiche la trouille.

-Tout te fiche la trouille, Queudver, répliqua Sirius en baillant.

Aujourd'hui, dit le professeur McGonagall à son public de septième année, nous allons pratiquer la métamorphose d'un liquide en solide. Vous avez devant vous un baquet d'eau, et je souhaite que vous transformiez le contenu sans le contenant en une statuette semblable à celle-ci, dit-elle en désignant un objet décoratif posé sur son bureau qui représentait un athlète grec pratiquant le lancer de disque. Allez-y, voyons comment vous vous débrouillez.

Au fond de la classe, Harry était en grande conversation avec Sirius, sous l'œil réprobateur du préfet et du professeur.

-Vois-tu, disait-il, les matières liquides présentent comme difficulté pour la métamorphose de ne pas disposer d'une structure préalable. Leur fluidité fait que…

-Griffith !l'interpella McGonagall, irritée.

-Toutes mes excuses, professeur.

-Au lieu de faire la leçon à vos camarades, montrez nous ce que vous savez faire.

-Bien sûr, professeur, répondit-il avec empressement.

Il remonta ses manches, commença à faire un mouvement de la main, mais il s'arrêta en plein milieu.

-Heu… fit-il avec confusion.

-Oui ? dit McGonagall en haussant les sourcils.

-Vous ne m'avez pas rendu ma baguette, expliqua-t-il en rougissant.

Toute la classe éclata de rire. McGonagall, en revanche, semblait exaspérée.

-Et c'est maintenant que vous vous en apercevez ?aboya-t-elle.

-Heu…

-Vous commencez à me passer par-dessus la tête ! Votre insolente négligence coûtera cinq points à Gryffondor. Je ne sais pas ce que vous êtes venu faire à Poudlard, mais si vous croyez que… Aaaaaaaargh !

McGonagall ne finit jamais sa phrase. Harry vit passer un éclair jaune devant ses yeux, quelque chose de lourd qui tomba dans le baquet d'eau vaseuse posé devant lui en l'éclaboussant, ainsi que son professeur. Pour son grand malheur, Rodrigue avait décidé que le cours de métamorphose était le moment idéal pour se faire connaître du grand public.

-Par Merlin, fulmina le professeur, qu'est ce que c'est que cette bestiole ?

-C'est… C'est Rodrigue, professeur, c'est mon chat, expliqua Harry d'une toute petite voix.

-Miaou, commenta Rodrigue dans une imitation de miaulement très peu convaincante.

Les rires reprirent de plus belle. McGonagall semblait sur le point d'exploser.

-Les animaux n'ont rien à faire en cours !rugit-elle. Vingt points en moins pour Gryffondor !

-Mais madame, protesta Harry, je n'y suis pour rien, je ne lui ai pas dit de venir !

-Je ne veux rien savoir. Maintenant, fichez le dehors, sinon c'est vous qui serez expulsé.

Harry saisit Rodrigue et l'emmena dans le couloir.

-Toi…lui dit-il à voix basse en lui jetant un regard noir, tu ne perds rien pour attendre.

Le serpent lui répondit par un regard narquois. Puis Harry retourna dans la salle en traînant des pieds.

-Votre baguette, dit sèchement McGonagall en la lui tendant. Au travail, maintenant.

Harry était tellement de mauvaise humeur qu'il ne songea même pas à faire semblant d'avoir des difficultés. Il pointa rageusement sa baguette sur le baquet et aussitôt, l'eau vaseuse prit une forme parfaite… ou presque.

-Oups, fit Harry, horrifié en voyant le résultat.

De nouveau, des rires fusèrent dans toute la classe. Sirius se tenait les côtes. En effet, le bel Apollon représenté par la statuette, au lieu d'afficher l'air concentré de l'athlète en plein effort, tirait la langue au professeur en horrible grimace. Harry s'empressa en catastrophe de rectifier sa faute, mais le résultat ne fut pas tout à fait satisfaisant ; cette fois, l'Apollon souriait de toues ses dents en une caricature de Gilderoy Lockhart, donnant l'impression qu'il se moquait du professeur. Celle-ci fronça le nez en une expression réprobatrice.

-Mpff… fit-elle. Apprenez à contrôler vos émotions, monsieur Griffith. Cinq points tout de même à Gryffondor pour avoir…presque…réussi l'exercice.

Quand la cloche sonna, Harry prit ses affaires et sortit à grands pas de la salle de classe. Rodrigue l'attendait, affichant toujours un regard narquois.

-Toi…grinça Harry avec un geste menaçant. Mais il fut interrompu par Sirius qui lui donna une violente bourrade dans le dos.

-Bravo, fit-il en riant. Tu as fait très fort, cette fois.

-J'ai pas fait exprès !protesta Harry, indigné.

-Je sais, c'est ce qui est drôle avec toi, répondit joyeusement Sirius.

-Un vrai gaffeur, ajouta Remus en hochant la tête, partagé entre l'amusement et la réprobation.

Le cours de DCFM se déroula sans anicroches. Cette fois, Harry n'oublia pas de rater quelques exercices, ce qui ne l'empêcha pas de pulvériser le bouclier de Sirius avec un sort de confusion parfaitement réalisé. Le professeur Cartiguayne, une vieille femme indienne, le gratifia d'un sourire appréciateur.

Harry ne se rendit pas en divination. En sortant du cours de défense contre les forces du mal, il avait quitté les trois maraudeurs en leur annonçant qu'il se rendait à la bibliothèque. Ceux-ci réagirent par une commune stupéfaction : sécher le repas pour étudier constituait à leurs yeux un crime contre le bon sens. Mais Harry était un être capricieux, qui n'avait plus coutume de se plier à un rythme de vie ordinaire. Parfois, il pouvait passer des journées sans fournir le moindre effort. Mais quand la fantaisie lui en prenait, il étai capable de s'immerger pendant douze heures dans les bouquins. Question d'humeur…

Il n'avait donc pas menti en disant qu'il se rendait à la bibliothèque, mais il va de soi que ses intentions avaient peu de rapport, sous quelque angle qu'on les considérât, avec le travail scolaire. En fait, l'idée lui était venue qu'au lieu de perdre son temps à établir un horoscope digne de la presse féminine moldue pour ce qui est de la fiabilité, il emploierait bien mieux ces heures de l'après-midi à commencer ses investigations concernant la magie noire. Il avait réussi à s'introduire dans la réserve en se transformant en mouche et s'y était enfermé à l'aide d'un sortilège repousse-sorcier (une variante de sa propre invention du sortilège repousse-moldu). Ce qu'il découvrit dans les manuels poussiéreux qu'elle contenait dépassait l'imagination : des rituels qui nécessitaient des sacrifices sanglants, des sortilèges assez puissants pour dévaster un village entier, des épidémies foudroyantes… Harry en eut très vite la nausée (d'autant plus que les images étaient souvent assez explicites), mais ne pouvait s'extraire de sa lecture. Dans ces traités, c'est l'univers de Voldemort qui s'ouvrait à lui.

Le cours de divination était fini. Sirius, Remus et Peter étaient assis au bord du lac, profitant des derniers rayons de l'été indien.

-La pleine lune, c'est dans deux jours, non ?demanda Sirius.

-Oui, répondit Lupin en fronçant les sourcils. Mais je te l'ai déjà dit, hors de question d'aller se promener sans James. C'est beaucoup trop dangereux.

-James !s'exclama soudain Peter d'un ton surexcité.

En effet, James et Lily venaient de sortir du château et marchaient vers eux d'un pas décidé. A en juger par leurs expressions, ils n'avaient pas l'air contents du tout. Mais Sirius feint de ne pas s'en apercevoir.

-Hey !s'écria-t-il. C'est ce bon vieux Cornedrue ! Et avec notre préfète adorée, en plus ! Comment allez vous ?

-Toi !gronda Lily en pointant un doigt accusateur sur sa poitrine. Tu es content de ce que tu as fait ?

-Sirius, Sirius, soupira James avec un regard lourd de reproches, je croyais que tu étais mon ami.

Sirius prit aussitôt son air de chien battu, si efficace pour amadouer son entourage (seule sa mère y résistait).

-Désolé, dit-il. Tu m'en veux ?

A quoi James répondit par un regard éloquent.

-Ah, mais tu sais, reprit Sirius, c'était complètement involontaire. Si si, je t'assure, et d'ailleurs le vrai coupable c'est Willy, c'est lui qui m'a donné l'idée.

-Willy ?répéta James. Ah, Griffith. Eh bien, dés que je le trouve, je te jure que je lui jette un sort dont il se remettra pas.

-Ce serait très mal venu, dit Remus, étant donné qu'il vient de te sauver la vie. Involontairement, bien sur, mais en manquant de peu d'y rester.

-Hein ? Comment ça ? demanda James en fronçant les sourcils.

Remus raconta à James et Lily l'épisode du match de quidditch. Quand il eut terminé son récit, James semblait avoir reçu un coup de Goyle sur le crâne, Lily avait plaqué une main sur sa bouche et semblait terrifiée.

-Tu comprends, dit Sirius d'un ton léger, Willy vient de sortir de l'infirmerie, ce serait mal de l'y renvoyer.

-Mais qui a bien pu faire un truc pareil ?demanda James, abasourdi.

-Aucune idée, répondit Remus, mais nous pensons tous que c'était toi qui était visé. A cause de tes parents.

James baissa les yeux.

-Possible, marmonna-t-il.

-Il faut les mettre au courant, dit Lily d'un ton grave.

-Hors de question !répliqua James avec vivacité. Je n'ai aucune envie de me faire retirer de Poudlard.

-Mais…

-T'inquiètes, Lil', dit Sirius d'un ton rassurant. Dumby va arranger ça. Et puis, comme l'a dit Willy, on fera attention.

-Depuis quand tu l'appelles « Willy » ?demanda James. Vous vous êtes rapprochés, on dirait.

-Ils en ont eu l'occasion, faut dire, dit Peter joyeusement.

-Oh, ça va, toi, grogna Sirius avec un regard noir.

Visiblement, Sirius n'avait pas encore digéré sa longue retenue (quoique écourtée) passée avec ses bourreaux elfiques. Remus et Peter éclatèrent de rire.

-« Encore des toast, Siri !», claironna Peter d'une voix haut perché.

-J'ai manqué quelque chose ?demanda James, intrigué.

-Ça va, ça va, grommela Sirius.

Ignorant leur ami, Remus et Peter racontèrent l'épisode de la retenue, tout en retournant vers la salle commune. James et Lily, qui n'avaient pas encore pardonné à Sirius, trouvèrent la plaisanterie excellente.

-J'aurais aimé voir ça !jubila James. Sirius en elfe de maison…

-C'est vrai, ça valait le détour, dit Remus en souriant.

-Lunaaaard… gronda Sirius en levant le poing.

-Attention, Patmol, Spiky et Hulky ne sont jamais loin…

Les quatre amis éclatèrent de rire.

-Bon, un peu de sérieux, dit Lily en retrouvant son calme. Donc, Sirius, tu as passé pas mal de temps avec William. Comment tu le trouves ?

-Plutôt mignon, dit Sirius avec un sourire ironique.

-Mais non, imbécile !s'emporta Lily, agacée. Pas physiquement. Je voulais parler de son attitude.

-Bah…répondit Sirius, en haussant les épaules. Pourquoi cette question ?

-Je ne sais pas, dit Lily en fronçant les sourcils. Je le trouve un peu étrange…

-Ça, je ne te le fais pas dire, intervint Remus. Hier soir, il a « oublié » d'aller dîner. Et aujourd'hui, personne ne l'a vu depuis le cours de ce matin. Il n'est pas venu déjeuner et il a séché son premier cours de divination.

-Il pense peut-être que la divination est inutile, dit James en haussant les épaules.

-Il n'a pas tort, dit Lily. Mais pourquoi l'avoir choisie comme option, dans ce cas ?

-En plus, c'est un sorcier très puissant, dit Peter. Il fait de la magie sans baguette.

-Et plutôt bien, renchérit Remus. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui auraient réussi à survivre au coup du balai. Et ce matin, il a réussi tous les exercices sans la moindre difficulté, même en métamorphose.

-D'accord, intervint Sirius, j'admets que ce n'est pas commun. Mais qu'est-ce que ça peut faire ?

-Je ne sais pas, dit Lily, mais je trouve que c'est un peu étrange de s'inscrire dans une école quand, de toute évidence, on n'a rien à y apprendre.

-Il a peut-être ses raisons, dit James en haussant les épaules.

-Mouais… répondit-elle. Enfin bon… Je disais juste qu'il était un peu étrange. Mais je ne le soupçonne de rien en particulier. De toute évidence, ce n'est pas lui qui a ensorcelé la balai de James.

-Oui, je suis de ton avis, dit Sirius avec une pointe d'ironie.

-Qu'est-ce qui t'arrive, Queudver ?demanda soudain James.

Depuis qu'ils étaient arrivés dans la tour des Gryffondors, Peter ne cessait de jeter des regards inquiets à droite et à gauche.

-Je vérifie juste que Rodrigue n'est pas là, marmonna l'adolescent en rougissant.

-Rodrigue ?demanda Lily sans comprendre.

-Le chat de William, expliqua Remus. Il a fait forte impression sur Peter.

-Il est flippant, ce monstre !s'exclama celui-ci avec colère.

Remus et Sirius éclatèrent de rire.

-Il faut admettre que c'est un drôle de numéro, dit Sirius. Il fait bien la paire avec son maître.

Sirius raconta la mésaventure de Harry en cours de métamorphose. Après en avoir bien ri, les cinq amis, enfin réunis, passèrent la fin de l'après-midi à échanger des histoires, à plaisanter et à rire sans que le mystérieux étranger et son féroce compagnon ne se montrent.

-Harry ! Youhou, Harry !

-Mmm ?fit celui-ci, émergeant enfin de sa lecture.

-Ah, c'est pas trop tôt, siffla Rodrigue. Dis, tu comptes te laisser mourir de faim ?

-Hein ?fit Harry en clignant les yeux de surprise. Heu… Quelle heure est il ?

-Bientôt l'heure de dîner, répondit Rodrigue. Le couvert est mis et les élèves commencent à s'installer.

-Ah ! fit Harry en baillant. Bon, je suppose que je vais devoir y aller, aller.

-Ce serait judicieux, approuva Rodrigue. Sinon, tes camarades vont te prendre pour un anorexique. En plus, tu n'as rien avalé depuis huit heures du matin ; ce n'est pas sain.

-Bah ! répliqua Harry. En Inde, j'ai passé trois semaines sans manger, et je ne m'en suis pas trop mal porté.

-Tu es en Angleterre, pas au pays des fakirs. Les gens de ce pays ont l'air de manger, eux.

-C'est bon, j'y vais, grommela Harry en se levant péniblement.

Il avait des courbatures partout : rester assis par terre pendant sept heures d'affilée n'était en fin de compte sans doute pas une très bonne idée. Afin de sortir tranquillement de la bibliothèque, il se transforma en abeille. Une fois certain que la voie était libre, il reprit sa forme normale, et se dirigea vers la grande salle. Rodrigue marchait à ses côtés, ondulant avec une grâce féline.

-Ce Peter, demanda-t-il finalement, c'est bien celui qui a trahi tes parents ?

-Ouais, grinça Harry, dont le regard s'était voilé. Tu as peut-être aussi remarqué Rogue, le type sombre qui a l'air d'un vampire.

-J'ai vu, j'ai vu… Un sorcier bien puissant. Mais rien à voir avec toi, bien sûr…

Harry eut un sourire triste.

-Si j'avais été aussi doué à son âge, peut-être n'en serions nous pas là.

-J'en doute, répliqua Rodrigue. Face à « l'autre », la connaissance ne sert pas à grand-chose.

-Peut-être, admit Harry en soupirant. Maintenant, tiens-toi tranquille, on arrive dans la grande salle.

Arrivé au seuil de la grande salle, Harry s'arrêta et embrassa du regard le hall où la plupart des élèves étaient déjà attablés. A la table des Gryffondors, une chevelure rousse attira son attention ; c'était celle de Lily, qui était en train de parler avec Remus. Soudain, Sirius l'aperçut et commença à lui faire de grands signes.

-Willy ! Youhou ! Par ici ! cria-t-il assez fort pour que toute la salle se retourne.

Harry leva les yeux au ciel, mi-amusé mi-exaspéré. Il commençait à trouver son parrain vraiment épuisant. En fait, Rodrigue et Patmol avaient des caractères assez similaires. Résigné, Harry le rejoint avec un demi-sourire.

-Bravo pour la discrétion, lui dit-il. Tu aurais du crier un peu plus fort, je crois que McGonagall ne t'a pas entendu.

Sirius sourit de toutes ses dents. L'ignorant, Harry se tourna vers ses futurs parents, et, s'inclinant profondément, leur adressa ces paroles empreintes de remords et d'humilité :

-C'est avec douleur et le cœur plein de l'effroi du souvenir de mon crime que je viens, ô nobles sorciers, solliciter votre pardon. En vérité, depuis que ma main s'est portée –bien involontairement, sur mon âme !- contre vous, pas un jour, pas une nuit ne s'est passé sans qu'un regret cruel n'ait pris d'assaut mon esprit criminel ! Heu ! Ignosce me, qui invitus miserusque peccabam !

-Hein !Fit James, abasourdi.

Lily éclata de rire.

-Je crois qu'il veut dire qu'il s'excuse, dit-elle.

-Exactement, répondit Harry. Je vous assure que si j'avais imaginé ne serait-ce qu'un instant ce que Sirius allait faire, jamais je…

-Hééé !protesta celui-ci, ne rejette pas la faute sur moi !

-Mais c'est ta faute.

-Mais non !

-Mais si !

-Non !

-Si !

-Aaaaaaaaaargh !

Ce cri de terreur avait été poussé par James. La cause en était que Rodrigue, contrarié du peu d'attention qu'on accordait à sa personne dans cet entretien stérile, avait décidé qu'il serait amusant de bondir brusquement sur la table, et d'atterrir dans le plat de sauce tomate, éclaboussant la compagnie. Pris par surprise, James était tombé à la renverse.

-Désolééééééé ! gémit Harry, dont la harangue d'excuses venait de tomber à plat du fait de cette intervention inopportune. Rodrigue est très farceur.

-C'est… C'est vraiment un chat ?demanda James qui se relevait avec peine et regardait l'animal avec suspicion.

-Je ne sais pas, répondit Harry d'un air innocent. En tout cas, c'est ce que m'a dit le vendeur.

-Mpfff… fit Lily en essuyant la sauce qui avait éclaboussé son charmant visage. T'as intérêt à le surveiller…

-Vraiment désolé, répéta Harry. Mon repentir ne saurait être plus sincère.

James grommela pour la forme, mais avait de la peine à dissimuler son amusement.

-Pour toi, c'est bon, finit-il par dire. Il parait que t'as déjà racheté tes fautes. Je te dois même des remerciements.

-Sûrement pas, répondit Harry. Le fait que je me sois trouvé à ta place sur ce balai n'est rien d'autre que le fruit d'un heureux hasard. Bien sûr, si j'avais eu connaissance des maléfices qu'il portait avec lui, j'eût été ravi de me rendre utile en vous évitant un sort funeste ; cependant, je te prie de croire qu'en la circonstance, mon instinct m'eût dicté de te mettre en garde plutôt que de me substituer à ta personne ; conduite moins héroïque, sans doute, mais combien plus sensée…

-Dis donc, pouffa Lily, ça t'arrives souvent de parler aux gens dans la langue d'il y trois siècles ?

-De temps à autre, répondit Harry avec un sourire d'excuse. Mais pour désuet qu'il puisse paraître, mon langage n'en est pas moins sincère.

-Où t'étais passé ?demanda Sirius avec curiosité. Tu fais la grève de la faim ?

-Eh oui, c'est exactement ça, répondit gaiement Harry.

-Tu ne devrais pas prendre les cours à la légère, dit sa mère sur un ton réprobateur. C'est pas sérieux de sécher les cours comme ça.

-Moi, prendre les cours à la légère ?répliqua Harry, feignant l'indignation. Quelle accusation péremptoire.

-Alors, t'étais où ?insista Sirius en mordant à pleine dent dans une pomme de terre.

-Bibliothèque, répondit Harry en haussant les épaules.

-Quoi !s'exclamèrent les cinq autres à l'unisson.

-Eh bien, j'étais plongé dans un livre absolument passionnant, La Ronde de sabbat de Belastre Syllâhab. C'est l'histoire d'une sorcière turque, qui rencontre…

-Je connais !s'écria Lily d'un ton surexcité. C'est un des joyaux de la littérature sorcière du seizième siècle. Un roman fascinant !

-Ça, c'est bien vrai, approuva Harry avec vigueur. Tu te souviens du passage où Irma Larid utilise les runes gaëliques dans le dialecte des Sylmoréens pour accéder à la signification du grimoire de Raja Mader ?

-Oh oui ! C'est un de mes moments préférés. Grâce à ça, j'ai fait de gros progrès en grammaire des runes.

-Je n'ai jamais été très bon en runes, dit Harry en fronçant les sourcils. J'ai du m'aider du manuel de Hebra Skaliz pour comprendre le chapitre quinze.

-Ce manuel est dépassé, dit Lily avec un mouvement de dédain. Si tu veux quelque chose de plus récent, je te conseille le Précis de grammaire des runes anciennes, de Morissot et Thevenet, qui vient d'être traduit du français. C'est…

-Hum hum, fit James.

Les quatre maraudeurs regardaient d'un air éberlué les deux phénomènes qui discutaient de choses dépassant de très loin leur entendement.

-Désolé d'interrompre votre colloque, ô grands esprits, mais vous seriez très aimable si vous consentiez à reprendre un langage accessible à nous autres, esprits étroits, dit James.

-Bien dit ! approuva Peter.

-De plus, nous nous écartons du sujet, dit Sirius.

-Qui était ?demanda Lily en haussant un sourcil ?

-Heu… répondit Sirius, déconcerté.

Comme il n'avait aucune autre réponse à apporter, Lily se détourna de lui et s'adressa de nouveau à Harry.

-Donc, dans le Précis de grammaire,…

Et pour leur plus grand désespoir, les infortunés maraudeurs durent supporter une longue conversation sur la grammaire des runes, qui au contraire enchanta Harry et Lily. Harry était surpris de voir combien sa mère avait absorbé de connaissance durant ses six années dans le monde des sorciers (par rapport à lui, qui avait plus de neuf siècles en âge réel…). Sans aucun doute, elle aurait pu rivaliser avec Hermione, avec laquelle elle avait par ailleurs un certain nombre de points communs. Harry sourit en pensant à la tête qu'aurait fait Ron s'il avait été présent en cet instant…


Voilà voilà! Je vais enfin pouvoir aller promener mon chien qui n'en peut plus d'attendre. Allez, ciao, et surtout n'oubliez pas; chapitre contre review!