Bonjour à tous ! Pour ne pas changer, je commence par mon petit mea culpa ; oui, je suis trèèès en retard, encore pire que la dernière fois, c'est mal, je vais marcher pendant une semaine à cloche-pied pour expier mes fautes et si c'est pas suffisant, je mangerais des œufs brouillés tous les matins pendant un an. Bon, peut-être pas, en fait… Vous comprenez, ça me mettrait encore plus en retard pour mon prochain chapitre.

Vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir torturer Peter et à le faire mourir dans les pires souffrances, et je vous en félicite. Selon moi, ces sentiments témoignent d'une vision lucide du personnage. Pas de pitié, c'est un traître et un lâche ! Je lance le concours du surnom le plus insultant. Celui qui trouvera le meilleur aura droit à une mention spéciale dans la note du prochain chapitre.

Voilà, c'est tout pour l'instant. Bonne lecture à tous !

Chapitre 13

Le lendemain matin fut particulièrement froid et brumeux. Aussi, comme on était samedi, les élèves profitèrent de leur liberté pour se cacher au fond de leurs couvertures, en attendant que le soleil se montre ou que la faim les tire de leurs lits.

Cependant, vers huit heures du matin, trois élèves faisaient exception. L'un d'entre eux –faut-il le préciser ?- n'était autre que Harry. Fidèle à ses habitudes, il s'était couché deux heurs après les plus tardifs et s'était levé une heure avant les plus matinaux. Ensuite, il s'était rendu directement à la bibliothèque, où madame Balla l'avait surveillé d'un œil mauvais et suspicieux. A titre exceptionnel, il décida de rester dans la partie légale. Il avait décidé, une fois n'est pas coutume, de faire ses devoirs, et, tant qu'à faire, de les faire pour les trois semaines à venir.

Ce n'est donc pas à lui que nous nous intéresserons pour le moment, mais aux deux autres originaux. En effet, deux jeunes filles bravaient le froid, emmitouflées dans leurs vêtements d'hivers, et causaient en se promenant au bord du lac. Le parc était désert, pourtant elles jetaient de temps en temps des regards inquiets aux alentours, comme pour s'assurer que personne ne les entendait.

-Mais… Tu es sûre de ce que tu as entendu ? demanda Lily à son amie, visiblement préoccupée. Je veux dire… Tu n'en as jamais entendu avant, pas vrai ?

-Tu te trompes, répondit Sally d'une voix calme. Ma grand-mère en était une, je l'ai souvent entendu le parler. Je te dis donc que j'en suis sûre.

-Mais alors… C'est assez grave, tu sais ?

-N'éxagérons rien. Il est fourchelangue, et après ?

-Est-ce que ta grand-mère était… commença Lily d'un ton hésitant.

-Ma grand-mère était une personne tout comme il faut, la coupa Sally d'un ton sec.

-Oh, dit Lily en rougissant un peu, je ne dis pas qu'ils soient tous mauvais. Mais enfin, c'est un peu étrange, non ?

-Je ne dis pas le contraire, répondit Sally en haussant les épaules.

-Et puis, continua Lily, il y a ses pouvoirs excentriques…

-C'est vrai…

-Et tout ce mystère qui plane autour de lui…

-C'est une circonstance aggravante.

-Oui, et puis il y a aussi…

Mais là, Lily s'arrêta, hésitant à poursuivre.

-Lily, dit Sally avec humeur, je t'ai raconté ce que je savais, tu peux bien me rendre la pareille.

-C'est vrai, admit Lily. Eh bien, figure-toi que l'autre soir…

Lily raconta à son amie comment James, Sirius, Remus, Peter et elle avaient surpris Harry endormi sur un livre de magie noire.

-Et qu'en ont dit les autres ? demanda Sally d'une voix pensive.

-Ils ont réagi au quart de tour, répondit Lily. James et Sirius sont littéralement allergiques à la magie noire. J'ai été obligée de les tempérer, ils ont tendance à juger un peu vite.

Sally ne répondit rien, perdue dans ses pensées.

-Et toi, qu'est-ce que tu es penses ? demanda finalement Lily.

-A quel propos ?

-A propos de William, bien sûr ! A ton avis, c'est un espion ?

Sally eut un petit rire.

-Si c'est le cas, on peut dire que c'est un très mauvais espion, dit-elle.

-C'est vrai, admit Lily, il n'arrête pas de se faire remarquer. Mais enfin, ce n'est pas une preuve.

-Je n'ai jamais dit que c'en était une. D'ailleurs, même s'il n'est pas un espion, ça ne l'empêche pas d'être un mage noir. Peut-être espère-t-il rentrer plus tard à son service, ou même, en secret, supplanter Voldemort.

-Tu crois ? demanda Lily, surprise.

-Pourquoi pas ? Je ne pense pas qu'il soit moins doué que le seigneur noir à son âge. Si Voldemort ne le tue pas, il pourrait bien prendre sa place un jour.

Lily dévisagea sa meilleure amie. D'elle-même, elle n'aurait jamais pu voir en son camarade excentrique un successeur potentiel de Voldemort. Pourtant, à bien y réfléchir, ce n'était pas si invraisemblable que ça… Mais comment Sally pouvait-elle en parler avec tant de sang-froid ?

-Bon, dit-elle finalement. Alors, j'en parle à Dumbledore ?

-Et pour quelle raison ? demanda Sally en haussant les épaules. Ce n'est pas sa faute s'il est un fourchelangue. Et pour le livre, d'accord, c'est suspect, mais bon, entre nous, tu pourrais en faire autant, pas vrai ?

-Et toi aussi, répondit Lily.

Les deux jeunes filles échangèrent un sourire complice.

-En tout cas, continua Sally, ne dit pas à James que William est un fourchelangue. Cet idiot serait capable de faire venir un bataillon d'aurors.

-Hé ! fit Lily, feignant l'indignation. Je t'interdis d'insulter mon petit-ami !

-D'accord, d'accord, dit Sally en riant. N'empêche que c'est un idiot, ajouta-t-elle à voix basse.

Les deux jeunes filles rentrèrent au château en se chamaillant joyeusement.

HPHPHPHPHPHPHHPPH

L'après-midi venue, la brume du matin laissa place à une pluie torrentielle et glaciale qui emplit le château d'une prégnante morosité. Le ciel était sombre et sinistre ; à quatre heures, on avait l'impression que la nuit était déjà tombée.

James, en conséquence, avait dispensé son équipe d'une séance d'entraînement qui aurait été un peu spartiate pour ces jeunes tempéraments. Tous s'étaient réunis dans la salle commune pour partager leur mauvaise humeur. Lily et Sally travaillaient ensemble sur un problème d'arithmancie, Remus expliquait à Peter un exercice de métamorphose, Sirius rédigeait avec un air de profond dégoût son devoir de potions, et James regardait tristement le parc à travers les carreaux battus par la pluie.

-Quelle poisse, maugréa-t-il. Ça fait trois fois qu'il pleut le soir de la pleine lune.

-Je sens déjà l'eau qui traverse ma fourrure, renchérit Sirius.

-Peut-être que nous pourrions rester dans la cabane hurlante, suggéra Remus.

Comme tous les jours précédant la pleine lune, il était très pâle et maladif. Pourtant, aujourd'hui, il semblait encore de meilleure humeur que ses compagnons.

-Tu veux rire ? grogna Sirius. On n'y voit rien, là-dedans. Et puis, on ne va pas rester dans cette baraque pourrie à se tourner les pouces.

-Vous savez, dit Remus, vous n'êtes pas obligés de venir à chaque fois. Je ne veux pas que vous tombiez malade à cause d e moi.

-Justement, dit Peter, je crois que je commence un petit rhume…

James et Sirius lui lancèrent un regard courroucé.

-…mais ça ne m'empêchera pas de venir, acheva-t-il précipitamment.

Remus répondit par un sourire indulgent.

-Merci, Peter, j'apprécie ton dévouement, dit-il sans sarcasme.

Tous retournèrent à leurs occupations.

James poussa un soupir, et laissa son regard errer dans la salle. Soudain, il aperçut Harry, et aussitôt tous ses soupçons lui revinrent en mémoire. Le jeune homme, installé dans un canapé, lisait ou semblait lire avec le plus grand intérêt son manuel de métamorphose, ce que James trouva particulièrement suspect.

-Sirius, dit-il sans quitter Harry du regard. J'ai besoin de toi.

-Occupé, grogna son ami.

James l'ignora.

-Il faut que tu distraies William pendant quelques minutes, et que tu le forces à lâcher son livre.

Remus et Peter levèrent la tête.

-Autant essayer d'inviter McGonagall à une soirée samba, protesta Sirius.

-Laisse tomber, James, dit Remus, le front plissé. Ce qu'il lit ne te regarde pas.

-Je veux juste jeter un coup d'œil, répliqua James. Allez, bouge-toi, ajouta-t-il en saisissant Sirius par la manche de sa robe. Fais travailler tes neurones, pour une fois.

Sirius poussa un soupir résigné et se traîna jusqu'au canapé où lisait Harry.

-Salut Willy ! lança-t-il d'une voix enjouée. Comment ça va ?

Harry lui lança un regard suspicieux.

-Beaucoup moins bien qu'il y a quelques secondes, dit-il. Qu'est-ce que tu me veux ?

-Je cherche quelqu'un pour m'aider à inonder le couloir du troisième étage, et j'ai tout de suite pensé à toi.

Harry sursauta.

-Tu te fous de moi, là ? demanda-t-il avec un peu d'angoisse.

-Pas du tout, répondit Sirius. J'ai passé toute la matinée à me demander s'il valait mieux faire déborder les toilettes des filles ou la salle de bain des préfets. Finalement, je me suis dit que l'idéal, ce serait les deux, et c'est pour ça que j'ai besoin de toi. Tiens, je connais un sort super pour augmenter le débit des robinets, il faut que je te montre.

Il sortit sa baguette et la pointa sur une canalisation.

-Arrête, imbécile ! s'écria Harry en se jetant sur lui pour lui arracher sa baguette, sans pour autant lâcher son livre.

-Hééé ! protesta Sirius. Rends-moi ça !

Sirius tira de toutes ses forces sur l'autre extrémité de sa baguette, mais Harry tint bon. Il essaya alors une autre approche.

-Lâche un peu ton livre, intello à deux noises ! lança-t-il.

Puis il essaya de s'emparer du livre, et parvint à l'arracher aux mains d'Harry.

-Rends-moi ça tout de suite ! s'exclama celui-ci, paniqué.

Mais Sirius ne l'écouta pas et fit mine d'ouvrir le livre.

-Oh, et puis zut, dit Harry. Petrificus totalus !

Sirius s'effondra sur le sol, les bras plaqués contre le corps.

-Haha, fit Harry d'un air triomphant en regardant son ami se débattre, bien fait pour toi !

-Peter, souffla James à son ami, lance-lui une insulte.

-Hein ? fit Peter en écarquillant les yeux, épouvanté.

-Tout de suite !

-D'accord, d'accord…

Peter se racla la gorge.

-Ta mère est, euh, une grosse vache cracmole, dit-il d'une voix tremblante.

Harry se retourna.

-Hein ? T'as dit quelque chose ?

-Plus fort, il n'a pas entendu, insista James avec impatience.

-Mais…

-Allez !

-D'accord, d'accord… Ta mère est… TA MERE ETAIT UNE GROSSE VACHE CRACMOLE !

Harry le regarda avec un mélange de fureur et d'incrédulité.

-Alors là, dit-il en sortant sa baguette, je sais pas si t'es cinglé ou suicidaire, mais tu vas le regretter…

Avant que quiconque n'ait pu s'interposer, il lança des éclairs bleus dans la direction de Peter. Les cheveux de l'adolescent se dressèrent sur sa tête, l'air se mit à crépiter autour de lui, l'accablant de petites décharges électriques qui le faisaient bondir de façon ridicule.

James grogna. Harry n'avait toujours pas lâché son livre.

-Ça suffit ! intervint Remus, les sourcils froncés. William, arrête ça tout de suite , ou je fais un rapport à McGonagall.

Harry haussa les épaules et s'exécuta.

-Bien, et maintenant, Peter, excuse-toi.

Peter bafouilla de vagues excuses, qu'Harry reçut avec une parfaite indifférence. D'humeur massacrante, et un peu décontenancé par l'attitude de ses camarades, il sortit de la salle commune avec l'intention de se rendre à la bibliothèque.

-Bravo, James, fulmina Remus.

-Ecoute, répliqua James avec humeur, j'en ai assez de ses petits secrets. S'il n'a rien à se reprocher, il pourrait très bien se confier à nous.

-En tout cas, vu la façon dont vous l'avez traité, c'est sûr qu'il va nous faire confiance, maintenant, railla Remus.

HPHPHPHPHPHPHPHPPHP

Comme ils l'avaient prédit, la sortie du soir ne fut pas des plus joyeuses qu'aient connues les maraudeurs. La pluie avait cessé, mais la végétation retenait l'humidité et leurs pattes s'embourbaient dans les flaques de boue.

Depuis qu'ils étaient devenus des animagus, ils avaient largement eu le temps d'explorer le parc en long et en large. Depuis la fin de l'année dernière, ils s'étaient donc attaqués à la conquête de la forêt interdite. Ils avaient déjà constaté que certaines zones étaient à éviter à tout prix, par exemple, celle où vivaient des araignées de près d'un mètre de haut. Cette rencontre fortuite avait singulièrement marqué leurs esprits, il avait fallu à James et Sirius employer tous leurs talents de persuasion pour convaincre Peter de continuer leurs expéditions mensuelles.

Le chien, le cerf, le loup et le rat glissaient comme des ombres entre les ronces et les fougères humides. Remus ouvrait la marche avec sa circonspection habituelle. James le suivait d'un pas tranquille, portant sur sa tête Peter, qui s'était agrippé à un de ses bois. Sirius, qui commençait à s'impatienter, gambadait dans tous les sens. Les quatre amis cherchaient une espèce de mausolée en ruine qu'ils avaient découvert par hasard lors de la dernière pleine lune, sans avoir pu l'explorer à fond. S'ils le trouvaient assez tôt, ils auraient même le temps d'aller plus avant dans la forêt.

Arrivé à un carrefour où deux chemins boueux se croisaient, Remus s'arrêta, perplexe. Les autres l'interrogèrent du regard. La communication n'était pas facile quand ils étaient sous leur forme animale; le seul moyen de se faire comprendre par les autres étaient d'utiliser un langage de signe assez rudimentaire qu'ils avaient mis au point ensemble.

« Alors? Qu'est-ce qu'on attend? » demanda Sirius en battant de la queue avec frénésie. Remus regarda une fois à droite, une fois à gauche et hocha la tête pour faire comprendre à ses amis qu'il hésitait sur la direction.

Sirius s'avança et renifla à son tour le chemin boueux, sans succès. Peter lâcha un petit couinement qui pouvait vouloir dire « on rentre? ». Mais James frappa trois fois le sol de son sabot, ce qui voulait dire, dans leur langue, « allons-y, on verra toujours ». Joignant l'action à la parole, il se remit en marche, suivi par ses trois compagnons. Il opta pour le chemin de gauche, parce qu'il était gaucher.

Le hasard fit bien les choses; le chemin s'avéra être le bon. Une heure plus tard, ils se trouvèrent devant la ruine qu'ils avaient découvert le mois dernier.

C'était un petit bâtiment de marbre, haut d'une vingtaine de mètres, de forme circulaire. La voûte était soutenue par huit colonnes sculptées à la base et au sommet. Deux d'entre elles étaient brisées à la moitié. Quatre escaliers, qu'on distinguait à peine sous les ronces, permettaient d'accéder à la dalle centrale, au cœur de laquelle trônait l'objet le plus intéressant du bâtiment: la statue grandeur nature d'une femme debout, enveloppée dans un long voile. L'expression de son visage était illisible dans la noirceur de la nuit, mais ses bras étaient tendus en avant, comme pour accueillir un visiteur.

Lorsqu'ils avaient parlé de cette découverte pour la première fois, le lendemain de la dernière pleine lune, James et Sirius n'avaient manifesté qu'un intérêt modéré. Certes, ils reconnaissaient que le lieu avait un petit côté étrange, voire mystique, mais de là à le trouver intéressant... James avait fait la moue; Sirius avait demandé pourquoi il faudrait retourner voir ce « tas de pierres déglingué »; Peter, quant à lui, avait déclaré que ces choses étaient mystérieuses et que mieux valait ne pas chercher à les approfondir. Mais Remus était d'un avis contraire; les loup-garous disposent d'un instinct infaillible pour détecter la magie, même lorsqu'elle est ténue et presque effacée par le temps. Cette ruine avait fait une certaine impression sur lui; la magie qui l'habitait lui était complètement étrangère, à tel point qu'il ne l'avait d'abord pas distinguée. Elle ne frappait pas l'esprit comme la magie qui habite les murs de Poudlard, mais elle s'y imprégnait peu à peu, légère et enivrante comme la fumée de l'encens.

C'était donc Remus qui avait persuadé ses amis de consacrer une partie de la nuit à l'examen de ce lieu. Les sens aux aguets, il flairait pierre après pierre pour tenter de découvrir l'origine de la magie. Sans baguette, James, Sirius et Peter étaient à peu près inutiles. Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était de chercher sur les murs d'éventuels signes ou inscriptions, tâche que l'obscurité de la nuit et les amas de ronces rendaient particulièrement difficile. Plusieurs fois, Sirius regretta de ne pas pouvoir, comme Harry, faire surgir par la seule force de la pensée une torche pour suppléer à la lumière de la lune, qui se cachait derrière une épaisse couche de nuage.

Il devait être près de minuit quand ils s'avouèrent vaincus. Ils n'avaient trouvé ni magie, ni inscription, Sirius rongeait son frein et Peter commençait à trembler de froid. Il fallait qu'ils bougent un peu. Après s'être concertés en quelques mouvements de tête, ils décidèrent de poursuivre plus en avant dans les régions inexplorées de la forêt.

Au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient dans l'obscurité de la forêt, les quatre amis sentaient un malaise étrange grandir dans leurs esprits, sans pouvoir en discerner clairement l'origine. James pensa que le temps nuageux y était pour quelque chose Sirius trouvait la forêt beaucoup trop calme à son goût; Remus attribuait son malaise à l'influence de la ruine; Peter, quant à lui, accusait tout ce qu'il voyait.

Soudain, Peter poussa un couinement long et strident. James, Remus et Sirius levèrent les yeux pour voir ce qui avait effrayé leur ami, et se figèrent avec effroi; non loin d'eux, au-dessus de la cime des arbres, flottait dans le ciel une tête de mort de lumière verte, masquant l'endroit où se trouvait la pleine lune.

HPHPHPHPHHPHPHHP

-Vois-tu, disait Harry à un jeune cinquième année concentré devant un jeu d'échec, la meilleure façon de remporter la victoire est de le prendre par surprise en l'attaquant par surprise sur sa gauche avec ta tour. Encore trois ou quatre coups comme celui-là, et tu as gagné.

Le cinquième année, un peu intimidé, obtempéra.

-Dame en D6, annonça son adversaire. Echec et mat.

Un petit groupe d'élèves, qui assistait à la partie, applaudit avec enthousiasme. Le troisième année qui jouait contre l'élève qu'aidait Harry semblait ravi et gonflé d'orgueil.

-Oui, bon, ça ne marche pas à tous les coups, bougonna Harry, un peu vexé. Disons que, en général, c'est ce qui marche le mieux.

« Les échecs... Encore une discipline à éviter », songea Harry en s'éloignant sous les ricanements du petit groupe. « De toute façon, c'est un jeu sournois... Parfait pour les mages noirs, pas pour les gens honnêtes... Suis sûr que Voldemort adore. ». Un peu déprimé, il se laissa tomber sur une chaise dans un coin reculé de la salle, avec la ferme intention de noyer son humiliation dans la lecture.

-Franchement, tu n'es pas doué, ricana Rodrigue dans son dos.

-Bon, ça va, grogna Harry.

-Un vrai perdant! Et contre un troisième année, en plus!

-JE T'AI DIT DE TE TAIRE! Cria-t-il en anglais.

Ce qui attira une foule de regards curieux dans sa direction.

-Euh... marmonna-t-il en rougissant.

Heureusement, un événement imprévu le tira de son embarras. Un sifflement assourdissant retentit dans la salle commune. Effrayés, les élèves plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles et Rodrigue bondit sous un canapé.

-ATTENTION, A TOUS LES ELEVES, dit soudain la voix de McGonaggall dans le mégaphone magique, qui semblait défectueux et propageait le son à un volume irrégulier, CECI n'est PAS un exerCIce. Des inDIvidus non Idendifiés ont FRANCHI les DEfenses du château et circulent en TOUTE illégalité dans le PARC. LA SITUATION PRESENTANT un risque, nous demandons à TOUS les élèves SANS EXCEPTION de rejoindre IMMédiatement leur salle commune. Les préfets sont priés de veiller à ce que l'ordre REGNE dans leur SALLE COMMUNE.

Pendant un instant, on entendit une mouche voler, les élèves restant prostrés dans leur attitude de défense. Puis, une fois assurés que l'ouragan sonore était passé, ils commencèrent à échanger des murmures perplexes et inquiets.

-Quand même, cracha Rodrigue en sortant du canapé sous lequel il s'était réfugié, ils pourraient entretenir un peu mieux leur matériel.

Mais Harry ne l'écoutait pas.

-Des individus non identifiés, murmura-t-il, songeur. Est-ce que ce serait... Lui?

-Oui, c'est ça, le railla Rodrigue. Voldemort est tout à fait le genre de personne qui s'introduisent par la grande porte et se font prendre par un stupide système de sécurité.

Harry haussa les épaules.

-Il s'en fiche peut-être de se faire repérer. Ou alors, il cherche à attirer les professeurs dehors.

-Mais si le vieux était là, tu le sentirais, non? Avec ton espèce de cicatrice bizarre...

-A moins qu'il n'utilise l'occlumancie.

-Ça, tu peux le vérifier.

-Comment? Demanda Harry en fronçant les sourcils.

-Utilise la légilimancie. Avec le lien qui existe entre vous, tu devrais pouvoir le trouver, s'il n'essaye pas de se dissimuler.

-Euh... Tu crois? Demanda Harry, réticent.

-Fais un petit effort. Ça vaut le coup d'essayer.

-Bon...

Harry poussa un soupir et ferma les yeux. Ignorant son anxiété, il chercha dans ses souvenirs l'image et l'aura de Voldemort, lançant son esprit dans les vastes régions environnantes, à la recherche de son ennemi de toujours. Et soudain, il le trouva. Sans crier gare, un monde de pensées obscures et maléfiques s'ouvrit à lui, le submergeant presque. A travers les yeux de Voldemort, Harry contemplait une ville moldue, du haut d'un toit. Poudlard n'était nulle part en vue.

Lentement, Harry se dégagea de l'esprit de Voldemort et rouvrit les yeux.

-Tu avais raison, dit-il, soulagé et étourdi par l'expérience incroyable qu'il venait de faire. Il n'est pas ici.

-Super.

-Je n'arrive pas à croire que j'ai réussi! S'exclama Harry.

-Bof... ça n'a rien d'extraordinaire.

-Essaye un peu, pour voir, répliqua Harry avec un regard furieux.

Rodrigue lança une réponse sarcastique, mais Harry n'écouta pas. Quelque chose venait d'attirer son attention. Dans un coin reculé de la salle, Lily, seule, regardait par la fenêtre avec une expression de profonde angoisse. Harry remarqua que ses main tremblaient légèrement.

-Lily... tout va bien? Demanda-t-il en s'approchant de la jeune fille.

Lily se tourna vers lui, désemparée. Elle semblait vouloir dire quelque chose d'important, mais les mots ne venaient pas.

-Qu'est-ce qu'il y a? Demanda Harry, qui commençait à se sentir vraiment inquiet.

De nouveau, Lily ne répondit rien, mais elle se retourna vers la fenêtre et regarda fixement un objet à l'extérieur. Intrigué, Harry suivit son regard, et eut l'impression que la masse d'un troll s'écrasait sur sa tête; Lily regardait la pleine lune.

-Ne me dit pas que... Ils sont dehors, n'est-ce pas? Bredouilla-t-il.

Lily hocha la tête, tremblant de plus en plus.

-Dans la forêt? Insista Harry.

Nouveau hochement de tête.

-Avec Remus... En loup-garou?

Lily ouvrit de grands yeux, et regarda autour d'elle avec anxiété. Mais personne ne leur prêtait attention.

-Oui, avoua-t-elle dans un souffle.

Harry laissa échapper un gémissement d'horreur et cacha son visage derrière ses mains.

-Qu'est-ce qu'on va faire? Demanda Lily.

Harry ne répondit rien, réfléchissant à toute vitesse.

-Je vais prévenir McGonaggall, dit Lily d'une voix hésitante.

-Surtout pas! Répliqua Harry en l'attrapant par son poignet.

-Mais... On ne peut pas les laisser... commença Lily, les larmes aux yeux.

-Ecoute, dit Harry d'un ton résolu, je vais aller les chercher.

-Quoi? Tu délires!

-S'ils se font prendre, ils vont avoir de sérieux ennuis! Le ministère ne rigole pas avec les animagi non déclarés, encore moins avec les loup-garous qui se promènent en liberté les soirs de pleine lune!

-Mais... Comment vas-tu sortir d'ici? Les issues sont sans doutes surveillées. Tu connais un moyen?

-J'en connais quarante, répondit Harry d'un ton léger. Au moins.

Lily hésita un instant.

-D'accord, dit-elle finalement, mais je viens avec toi.

-Pas question! Protesta Harry. C'est beaucoup trop...

-Je viens, ou je raconte à McGonaggall que tu as volé un livre de magie noire dans la réserve, le coupa-t-elle d'un ton sans réplique.

Harry sursauta, et l'étudia attentivement. Elle semblait sérieuse, et très décidée.

-D'accord, dit-il en poussant un soupir. On y va.

-Attend, dit-elle. Passons d'abord à ton dortoir, James a une carte qui pourra nous aider.

-Ça me va, on peut sortir par là, approuva Harry.

Lily ne voyait pas trop comment, mais elle ne fit aucune objection. Les deux amis grimpèrent quatre à quatre les escaliers qui menaient au dortoir et s'y enfermèrent, verrouillant la porte derrière eux. Lily se rua vers l'armoire de James, jeta quelques affaires sans ménagement et sortit une feuille parchemin que Harry reconnut au premier coup d'œil; la carte du maraudeur.

-Je jure que mes intentions sont mauvaises, dit Lily en pointant sa baguette sur la carte.

Harry se pencha sur son épaule, avec une certaine angoisse. Car il venait de réaliser qu'il n'avait même pas pensé à modifier son étiquette sur la carte... Et si Lily s'en apercevait? Harry chercha avec fébrilité son nom, espérant pouvoir le modifier par la pensée avant que la jeune fille ne le remarque. Mais à sa grande surprise, il ne trouva rien; dans le dortoir, la carte indiquait la présence de Lily, mais il n'y avait aucune trace de son propre nom. C'était tout simplement comme s'il n'existait pas.

Heureusement pour lui, Lily était trop occupée à chercher les maraudeurs pour s'en apercevoir. Harry reprit ses esprits. Pour l'heure, il avait plus urgent à faire que d'éclaircir ce mystère.

-Ils sont là! S'exclama Lily, en pointant du doigt un point au nord-ouest de la carte.

-On est partis, dit Harry.

Il se leva d'un bond et courut ouvrir la fenêtre.

-Euh... dit Lily d'une voix inquiète, tu n'as quand même pas l'intention de sortir par là?

-Si, c'est bien ça.

-Non mais ça va pas? On est à au moins cent mètres de haut.

-Tant mieux, comme ça personne ne nous cherchera ici, répondit Harry d'un ton léger.

-Willy! Protesta Lily, partagée entre la terreur et la colère.

-Fais moi confiance. Je suis le plus grand sorcier de l'univers, après tout!

Il pointa sa baguette vers le sol et prononça une formule dans une langue qui sonnait complètement étrangère aux oreilles de Lily. Aussitôt, une échelle de cordes commença à jaillir de l'extrémité de sa baguette. Harry poursuivit ainsi jusqu'à ce qu'elle touche le sol.

-Semper inamovibile, dit-il alors.

Aussitôt, l'échelle se détacha de sa baguette et se plaqua contre le rebord de la fenêtre.

Lily fixait Harry, effarée.

-Oh, non, gémit-elle.

-Tout ira bien, dit Harry d'un ton rassurant. Elle est enchantée, aucune chance qu'elle se détache. Je passe en premier.

Et sans hésiter, il enjamba le rebord de la fenêtre et posa ses pieds sur l'un des premiers échelons.

-Tu sais, dit-il à Lily, tu peux encore changer d'avis.

-Pas question! Répliqua-t-elle d'un air farouche.

-D'accord. Alors, ne t'en fais pas; si tu tombes, je suis là pour te rattraper.

-Crétin, murmura-t-elle entre ses dents.

Harry commença sa descente d'un pas ferme, mais assuré. En quelques minutes, il fut à terre et fit signe à Lily que tout allait pour le mieux. Alors, celle-ci, prenant son courage à deux mains, enjamba à son tour le rebord de la fenêtre et descendit à son tour avec précautions. Sa descente pris un peu plus de temps, mais elle s'en tira bien. Quelques minutes plus tard, elle était au sol, tremblante mais saine et sauve.

-Tu vois, c'était facile, dit Harry d'un ton guilleret en faisant disparaître l'échelle.

Lily lui jeta un regard noir.

-Allez, on n'a pas de temps à perdre, grogna-t-elle en agrippant le poignet de Harry et en marchant à grands pas vers la forêt.

Mais elle ajouta quand même:

-Quand j'aurais retrouvé James, je lui jetterai un maléfice crache-limace dont il ne se remettra pas.

-Le pauvre, dit Harry.

Les deux amis traversèrent la forêt pendant n bon moment, tantôt courant, tantôt marchant à grands pas, s'éclairant à l'aide de leurs baguettes et ne parlant guère, sauf quand Lily jetait de terribles imprécations contre James et Sirius. Soudain, elle s'arrêta et s'adressa à Harry, le front plissé.

-Dis, si on tombe sur Remus, qu'est-ce qu'on fait? Il va se jeter sur nous.

-C'est simple. S'il se jette sur nous, je l'assomme avec un bon sortilège. J'en ai quelques uns d'assez efficaces dans mon répertoire.

-T'es sûr de toi?

-Absolument.

-Bon, regarde sur la carte si on est toujours dans la bonne direction.

Ravi de s'en occuper lui-même, Harry obéit aussitôt.

-Oui, c'est bon, ils n'ont pas beaucoup bougé, on dirait.

-Tant mieux.

-Oh oh, fit soudain Harry, dont le visage s'était figé.

-Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? Demanda Lily avec empressement.

-On dirait que nos individus suspects sont dans les parages, regarde.

En effet, non loin de l'endroit où se trouvaient les maraudeurs, quatre étiquettes se déplaçaient à vive allure.

-Deller, lut Lily, Grasnost, Grinsfeld, Dzerjinski... Je connais ces noms... Ce sont des mangemorts!

La mère et le fils échangèrent un regard plein d'effroi.

-On fonce, dirent-ils à l'unisson, avant de détaler aussi vite sue leurs jambes le permettaient, baguettes à la main.

Tout en courant, Harry se demandait si les mangemorts savaient que quatre élèves se promenaient dans les bois, si Voldemort deux avait pu, directement ou par l'intermédiaire de Voldy Un les envoyer. Mais non...

-Regarde! Cria soudain Lily en pointant un doigt vers le ciel.

Harry regarda à son tour. Dans le ciel sombre et nuageux, la marque des ténèbres masquait de son éclat infâme la lumière de la lune.

Harry poussa un soupir et secoua la te.

-C'est pas bon, ça...

Les deux amis reprirent leur course de plus belle. Ils n'étaient plus très loin, à présent. Encore un peu... Juste un peu... Absorbé par ses pensées, Harry se prit les pieds dans une racine et s'effondra sur le sol en poussant un juron chinois. Lily l'aida à se relever. Mais un instant après, un cri retentit dans la forêt.

-James! S'écria Lily, gagnée par la panique.

-Ça venait de là-bas, dit Harry, essoufflé.

Harry et Lily reprirent leur course et débouchèrent dans une petite clairière. Ils eurent à peine une seconde pour apprécier la situation. Elle n'était pas bonne: James gisait à terre, sous sa forme humaine, du sang sur le visage. Deux hommes tenaient Sirius, qui était toujours en chien, en joue, deux autres, qui tournaient le dos à Harry et Lily, lançaient vainement des sorts sur un loup-garou particulièrement nerveux... Qui fonça sur les nouveaux arrivants dés qu'il perçut leur présence.

HPHPHPHPHPHPHPHP

« Vous avez vu ça? », semblait demander le visage du cerf à ses trois compagnons. Ceux-ci semblaient tout aussi désemparés que lui.

Soudain, Remus se mit à grogner d'une façon qui n'avait rien de rassurant. Ses pupilles se dilatèrent, il montra ses crocs et commença à avancer.

Ce fut Sirius qui réalisa le premier ce qui se passait: Remus devenait ainsi lorsqu'il sentait la présence d'un être humain. Rapide comme l'éclair, le molosse bondit sur ses pattes et planta ses crocs dans la queue du loup-garou, qui glapit de douleur. Furieux, il se tourna vers le chien pour le mordre à son tour, mais James vint à la rescousse de Sirius et chargea Remus. A ce moment, la situation aurait pu être maîtrisée, si quatre silhouettes n'étaient pas apparues à la lisière, pointant leurs baguettes droit sur eux.

Le sang de James ne fit qu'un tour. Le signe dans le ciel, il le savait, était l'emblème de Voldemort, ces hommes masqués ne pouvaient donc être que ses serviteurs. Quant à leurs intentions, elles étaient hélas plutôt évidentes.

L'un des hommes masqués jeta un sort dans sa direction. Il parvint à l'éviter en faisant un bond sur le côté, tout en réfléchissant. S'ils restaient sous leur forme animale, lui, Sirius et Peter auraient une chance de s'enfuir. Mais Remus ne les suivrait pas, et James ne pouvait se résoudre à le laisser en arrière. Alors, il prit sa décision; Sirius pouvait se charger de maîtriser Remus. Pendant ce temps, il reprendrai sa forme humaine et affronterait les mangemorts. A un contre quatre, ses chances étaient minces, mais il espérait que Peter ait la bonne idée de se faufiler derrière les mangemorts et de les prendre à revers.

Il se transforma, et en un éclair, sortit sa baguette. Sans prendre la peine de réfléchir davantage, il se jeta sur le côté et visa un mangemort au hasard. Mais les mangemorts l'avaient devancé; James esquiva le premier sort, mais le second, un rayon de lumière violette, l'atteignit en plein visage. Blessé, il hurla de douleur et sentit le sang jaillir de son front et de sa poitrine. Il entendit vaguement un aboiement désespéré: Sirius venait de lâcher Remus.

Tout était perdu. James savait pertinemment qu'il était en train de mourir. Curieusement, il n'éprouvait aucune peur. Il espérait juste que Sirius et Peter aient le bon sens de prendre la fuite. Ils avaient peut-être encore une chance. James voulut leur crier de s'enfuir, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Et soudain...

-James!

Cette fois, James crut qu'il était en plein délire. C'était la voix de Lily!

-Lil, fait gaffe! Cria une autre voix. Bouge-toi, je vais l'avoir!

En effet, Harry et Lily venaient d'arriver, Lily en tête. Après un bref calcul, Harry avait estimé que le loup-garou, qui s'était mis à courir vers Lily, constituait la menace prioritaire et avait, en conséquence, crié à Lily de libérer sa ligne de mire.

Assommer un loup-garou, rien de plus facile, Harry était à son affaire. Remus n'eut pas le temps de faire plus d'un pas avant qu'un rayon bleu jaillissant de la baguette d'Harry ne le frappe en pleine poitrine. Le loup-garou s'effondra et resta à terre, inanimé.

Restaient les quatre mangemorts. Surpris par cette intervention inattendue, ils avaient hésité un instant, mais à présent ils dirigeaient leurs baguettes sur Harry et Lily et les accablaient de sortilèges mortels. Heureusement, là aussi, Harry connaissait son métier. Sans même utiliser sa baguette, il dressa un mur invisible qui les protégeait des sortilèges. Même les avadas kedavras les plus féroces s'y heurtaient sans parvenir à l'ébranler.

Pendant ce temps, Sirius avait repris sa forme humaine. Profitant de ce que l'attention des assaillants s'était reportée sur Harry et Lily, il sortit sa baguette et stupéfixa le mangemort le plus proche. Aussitôt, les trois autres mangemorts le prirent pour cible, mais il parvint à éviter leur attaques en se jetant derrière un arbre. Harry put alors disperser sa protection. Lily et lui prirent les mangemorts à revers. Quelques secondes plus tard, le combat était fini.

-James, souffla Lily en courant rejoindre son petit ami, talonnée par Harry et Sirius.

Les blessures de James semblaient sérieuses. Il était inconscient et son visage et sa poitrine, entaillés en plusieurs endroits, saignaient abondamment.

- Laisse-moi faire, dit Harry en écartant doucement Lily.

Il posa l'extrémité de sa baguette sur l'une des entailles de la poitrine de James et prononça des paroles sibyllines. Une lumière dorée jaillit de sa baguette, illuminant momentanément la sombre clairière. Puis elle s'estompa; la blessure était refermée. Harry réalisa le même tour sur les autres entailles, sous les yeux ébahis de ses camarades.

-Waouh, dit Sirius, quand il eut fini.

-Voilà, je pense que ça devrait faire l'affaire, dit Harry en se relevant.

-James! James, tu m'entends? Demanda Lily en le secouant doucement.

James remua et ouvrit les yeux. Lily poussa un petit cri de joie et Sirius laissa échapper un soupir de soulagement.

-Tu nous as fait une sacré peur, dit-il avec un rire nerveux.

-Comment te sens-tu? Demanda Lily avec anxiété.

-Ça peut aller, marmonna James en se redressant douloureusement.

-Faut pas traîner ici, coupa Harry d'une voix tendue. La marque des ténèbres va attirer des gens du château, dans quelques minutes ils seront là. S'ils trouvent Remus...

-On y va, approuva Sirius, qui aidait James à se relever. Tu crois que tu pourras marcher?

-Je pense, répondit James en grimaçant. Eh, c'est quoi, ce truc? Demanda-t-il en sentant quelque chose bouger dans sa poche.

La chose qui gigotait dans sa poche était en réalité Peter. Le rat s'y était dissimulé pour échapper à la tuerie qui semblait s'annoncer. Peter reprit sa forme humaine, encore tout tremblant.

-Ah, c'est toi, dit James en soupirant. Bon, il faut y aller, à présent.

-Ouiii, il faut, insista Harry. Vous, vous rentrez au château. Tâchez de ne pas vous faire prendre. Empruntez un des passages secrets qui évitent les couloirs principaux, c'est ce qu'il y a de mieux. Moi, je ramène Remus au sol cogneur.

-Pas tout seul! Protesta Sirius. Il peut y en avoir d'autres. Je viens avec toi.

-Non, ça va, j'y arriverai tout seul, répliqua Harry d'un ton sec. Retournez au château...

-Sirius a raison, pour une fois, intervint Lily. Ne t'inquiètes pas pour nous, on est trois. Pas vrai, James?

James acquiesça d'un signe de tête.

-Bon, très bien, dit Harry en soupirant, mais maintenant on y va.

-Et eux? Demanda Sirius en pointant les mangemorts du doigt.

-Pour le moment, on a d'autres chats à fouetter, dit Harry. Ah, j'oubliais, ajouta-t-il en donnant la carte du maraudeur à Lily, ça vous sera plus utile qu'à nous.

-Pourquoi? Demanda James.

-Parce que nous, nous rentrerons par où je suis sorti, répondit Harry en échangeant un regard complice avec Lily. Bon, à toute à l'heure.

Grâce à sa baguette, il fit léviter le corps de Remus à un mètre du sol et s'enfonça dans les bois, suivi de près par Sirius. De leur côté, Lily et Peter passèrent un bras autour de la taille de James et l'aidèrent à marcher vers le château.

Ils marchaient aussi vite que l'état de James le permettait. Ses blessures étaient refermées, mais elles le faisaient encore souffrir et il se sentait très faible. A plusieurs reprises, Peter et Lily durent le retenir pour l'empêcher de tomber. La route fut terrible. Ils craignaient à tout moment de voir surgir des fourrés un mangemort sanguinaire -ou pire, un professeur.

Ce fut avec un soulagement indescriptible qu'ils atteignirent la petite pierre pivotante qui ouvrait le passage secret menant au miroir du quatrième étage, celui qu'ils avaient décidé d'emprunter. Par chance, les couloirs qu'ils traversèrent étaient déserts. Quand ils entrèrent dans la salle commune, les gryffondors, qui n'en savaient pas plus sur les évènements de la soiréeque lorsque Lily les avait quitté, les assaillirent de questions. Alors Peter, faisant preuve d'une présence d'esprit qu'on ne lui aurait guère soupçonné, affirma avec aplomb que des serpentards l'avaient enfermé dans un placard de la cuisine ; que James et Lily, n'ayant pas voulu l'abandonner alors que le château était peut-être attaqué, étaient restés pour tenter de le délivrer ; et enfin, qu'ils n'avaient vu ni Sirius ni William de la soirée, mais qu'il supposait que ceux-ci étaient à la recherche d'une nouvelle farce désopilante dont l'objectif était de semer la panique dans toute l'école. Ces explications étaient si vraisemblables que personne ne les mit en doute. Alors, les élèves reprirent leur occupation initiale, à savoir se ronger les sangs en imaginant les scenarios les plus cauchemardesques.

PHPHPHPHPHPHPHPHP

-A droite, maintenant, murmura Sirius. Ça y est, on est arrivés.

-Allah est grand, dit Harry avec un soupir de soulagement.

Sirius ramassa une longue branche, appuya sur le nœud de la racine du sol cogneur qui permettait l'entrée dans le souterrain et se glissa dans l'ouverture. Harry le suivit, faisant avancer Remus devant lui à l'aide de sa baguette. Quand ils arrivèrent au bout du tunnel, Harry le posa au sol en douceur.

-Euh … dit Sirius en regardant le corps du loup-garou. T'as fait du bon travail. Il est complètement KO.

-Ouais. J'aime faire les choses proprement.

-T'es sûr que t'as pas eu la main un peu forte ?

-Mais non, voyons… Bon, il sera peut-être un peu sonné demain, mais ça n'a rien de dramatique.

-Si tu le dis…

-Allez, viens, il vaut mieux ne pas traîner ici.

Les deux amis reprirent le chemin du château, évitant les terrains nus et les zones éclairées, courant de taillis en taillis comme de vrais cambrioleurs. A présent, le parc grouillait de sorciers qui couraient en tous sens en s'éclairant de leurs baguettes.

-Quel dommage qu'on ait laissé les mangemorts dans la forêt, grommela Sirius.

-Je sais, répondit Harry d'un air navré. Mais on est vivants, c'est toujours ça…

Soudain, Sirius s'arrêta brutalement.

-Qu'est-ce qu'il ya ? demanda Harry.

-Tu ne trouves pas qu'il fait un peu… sombre, soudain ?

Surpris par la remarque de son ami, qui semblait incongrue à cette heure de la nuit, Harry regarda autour de lui, et constata que Sirius avait raison. Il pouvait toujours voir la lune et les lumières du château, mais celles-ci semblaient s'être estompées, alors qu'ils s'en étaient rapprochés. L'air semblait étrangement lourd et le silence pesant. Une sorte de brume noire épaisse semblait les envelopper.

-C'est pas normal, dit Sirius d'une voix lente.

-Dépêchons nous, dit Harry en repartant d'un pas plus rapide.

Sirius ne se fit pas prier. Mais ils n'allèrent pas loin.

-Attention ! cria soudain Harry en entrainant Sirius au sol.

Une boule de lumière bleue venait d'exploser à leurs pieds, provoquant une onde de choc assourdissante.

Harry et Sirius atterrirent dans la boue. Avant qu'ils aient eu le temps de reprendre leurs esprits, une seconde boule de lumière fusa sur eux. Harry, par instinct de survie, réussit à créer un bouclier mental qui absorba la plus grande partie du choc ; Il y eut un grondement terrible, un flot de lumière agressa leurs yeux, mais la barrière tint bon.

Sirius laissa échapper un petit soupir de soulagement. Mais le répit fut de courte durée ; car soudain, Harry plaqua ses mains sur son front, en proie à une douleur atroce, et se mit à hurler.

C'est à ce moment que l'assaillant mystérieux lança sa troisième charge. Cette fois, Harry ne fut plus en mesure de la repousser entièrement. Les deux amis sentirent les rayons brûler leur peau et les éclats de pierre écorcher leurs membres.

Cependant, la situation pouvait encore être maîtrisée. Sirius, qui était le moins sonné des deux, empoigna Harry et l'entraîna sur le côté, évitant à son ami un sort mortel. Puis, dans un effort désespéré, Harry fit appel à l'occlumancie et parvint à fermer son esprit. Aussitôt, la douleur disparut.

Mais à présent, Voldemort (Harry l'avait enfin reconnu) s'en prenait à Sirius. Il lui lança un sort qui eut été fatal si Harry n'était pas parvenu, in extremis, à l'intercepter en partie grâce à un sort improvisé. Cependant, Sirius s'effondre inconscient. Harry se releva et se précipita entre son ami et Voldemort.

Pendant un instant, les deux ennemis se dévisagèrent en silence, conscients de la solennité du moment. Puis Voldemort prit la parole.

-C'est bien, Harry. Je suis satisfait de tes progrès.

-Tu n'as encore rien vu, grinça Harry ;

-Toi non plus.

-C'est toi qui as fait venir ces mangemorts ? demanda Harry.

-Moi ? Jamais de la vie, répondit Voldemort en riant. C'est une idée de mon jeune collègue. Je me suis souvenu qu'il avait prévu une petite fête, ce soir, et je me suis invité. J'ai bonne mémoire, n'est-ce pas ? Mille ans plus tard, je me souviens encore de la date exacte d'un coup raté. Enfin, presque… En fait, je me suis trompé d'un jour. Je suis venu hier, mais il n'y avait personne. J'étais très déçu.

-A quoi tu pensais ? Hier, c'était pas la pleine lune.

-Oui, mais j'avais oublié cette histoire de loup-garous… l'âge, sans doute.

-Ouais, l'âge de la retraite.

-Ouh, ce n'est pas très gentil, ça. D'ailleurs, c'est très injuste. Je suis plutôt bien conservé, tu ne trouves pas ? Les années me rajeunissent.

-Peuh… disons que tu es un peu moins moche qu'autrefois. A la rigueur, ça pourrait aller s'il n'y avait pas cette horrible odeur de… perversité. Et puis, tes yeux sont vraiment trop pâles.

Voldemort poussa un soupir et s'alluma un cigare.

-Bla, bla, bla, encore un sermon de curé. On croirait entendre Dumby dans ses jours gâteux. Bon, ajouta-t-il en montrant du doigt la petite foule qui s'agitait près du château, c'est râpé pour ce soir. Je reviendrais un autre jour. A bientôt !

Et avant qu'Harry n'ait pu répondre, Voldemort se volatilisa subitement.

-Ça, c'est pas bon, murmura Harry. S'il peut transplaner à Poudlard, et sans faire de bruit, en plus…

Mais il secoua la tête. « Pas d'affolement », songea-t-il. « Il a peut-être tout simplement bluffé en se transformant en moustique ou Merlin-sait-quoi. Il fait nuit, on n'y voit rien… ». D'ailleurs, le moment était mal choisi pour s'en inquiéter. La brume noire qui masquait les lumières du château s'était dissipée, ce qui signifiait qu'il n'était plus à l'abri des regards.

Harry s'agenouilla à côté de Sirius et l'examina rapidement. Par chance, il n'avait pas de blessures sérieuses, il était simplement évanoui. Harry, qui ne voulait pas se faire remarquer en transportant un blessé, posa sa main sur la tempe gauche de Sirius et lui envoya une petite décharge pour le réanimer. L'effet fut immédiat ; Sirius ouvrit les yeux et se mit à gémir doucement.

-Du calme, Patmol, dit Harry en l'aidant à se redresser. Comment tu te sens ?

-Mal, grogna Sirius en se massant le crâne. Le type en noir… qu'est-ce qui s'est passé ?

-Il a pris la fuite, répondit Harry d'un ton affligé.

-T'as pu voir son visage ?

-Oui, mais… Plus tard. Pour l'instant, ma priorité est de rentrer au sec avant de tomber sur un autre psychopathe.

-J'approuve, dit Sirius avec un petit rire nerveux qui s'acheva en claquement de dents.

Les deux amis se remirent en marche, tant bien que mal. Tous deux étaient couverts de boue, avaient de nombreuses écorchures et tremblaient de froid (ou peut-être d'angoisse). Ils étaient sonnés et trébuchaient sur toutes les racines, mais ne s'arrêtèrent pas pour autant. Enfin, ils arrivèrent sous la fenêtre de leur dortoir, que Lily avait eu la présence d'esprit de laisser ouverte. Harry pointa sa baguette vers le haut et en fit de nouveau jaillir une échelle de codes, qui alla se fixer magiquement au rebord. Sirius, encore hébété, ne posa même pas de question et escalada le mur. Quelques minutes plus tard, ils étaient tous deux à l'intérieur.

HPHPHPHHPHPHPHPPHP

-Pourquoi ne rentrent-ils pas ? demanda Lily, inquiète.

Lily avait raison, songea James. William et Sirius auraient du être rentrés depuis un bon moment.

-Ils sont peut-être tombés sur un professeur, suggéra Peter.

-J'espère bien que non ! s'exclama James. S'ils se font prendre, c'est le renvoi assuré.

-Mieux vaut tomber sur un professeur que sur un mangemort, répliqua raisonnablement Peter.

-Le mieux, c'est de ne se pas faire prendre du tout, grinça James.

Peter haussa les épaules. Au fond, il n'aurait pas été désolé d'être débarrassé de l'étranger. Pas du tout, même. En fait, cela l'aura même rendu extrêmement heureux.

Soudain, son visage joufflu, s'éclaira.

-J'ai une idée, s'exclama-t-il. Regardons sur la carte !

James ouvrit de grands yeux et se frappa le front.

-Bien sûr ! dit-il en ricanant. Quelle andouille je fais !

Il s'empara fébrilement de la carte et l'activa. Les trois amis se penchèrent dessus et se mirent à chercher William et Sirius.

-Là ! s'exclama soudain Lily en pointant un doigt sur un endroit de la carte. Sirius est là… Mais pourquoi est-il seul ?

De plus en plus inquiets, ils cherchèrent William sur toute la carte, en vain.

-C'est bizarre, dit Peter. Griffith a disparu. Vous croyez qu'il est…

Il n'osa pas terminer sa phrase, mais James et Lily avaient très bien compris le fond de sa pensée. On voyait bien, à l'expression de leurs visages, qu'ils partageaient la crainte de leur ami.

-Sirius ne bouge pas, constata Lily. Il est peut-être blessé.

-Alors, il faut aller voir, dit James en se levant.

-Comment ? s'écria Peter.

-Ben oui, Sirius est peut-être à l'agonie…

-Attends ! s'exclama soudain Lily. Sirius bouge. Il vient dans notre direction.

James et Peter poussèrent un soupir de soulagement et reportèrent leur regard sur la carte.

Pendant quelques minutes, qui semblèrent des heures, les trois amis ne la quittèrent pas des yeux, suivant la progression de Sirius. Jusqu'à ce que…

-Ça y est, il est au château, dit Lily.

-Mais pourquoi se dirige-t-il vers la tour de Gryffondor ? demanda Peter, intrigué. Il n'y a pas d'entrée, de ce côté-là.

A ces mots, le visage e Lily s'éclaira subitement. Elle se leva d'un bond et courut ouvrir la fenêtre, que Peter avait fermée en entrant.

-Qu'est ce que tu fais ? demanda James, perplexe

-Ils vont entrer par là, dit Lily.

-Hein !

-William a dit qu'il rentrerait par où nous sommes sortis. Donc, c'est par là.

Mais Sirius est seul, objecta James.

-Pas si sûr. Sinon, pourquoi viendrait-il de ce côté-là ?

-Mais la carte… commença James.

Il s'interrompit brutalement. Un bruit étrange, comme un claquement de fouet se fit entendre près de la fenêtre. James regarda de plus près, et s'aperçut que quelque chose s'était accroché au rebord de la fenêtre.

-Ce sont eux, s'exclama Lily, folle de joie.

James se pencha au rebord de la fenêtre et vit que la chose était une échelle de cordes.

-Ben, ça… dit-il dans un souffle.

-Y en a un qui grimpe, dit Lily. Je crois que c'est Sirius.

En effet, quelques instants plus tard, Sirius apparut à la fenêtre. James, qui se sentit soudain plus léger qu'il ne l'avait jamais été, lui sauta au cou et l'aida avec Lily à passer l'ouverture.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Lily après l'avoir serré dans ses bras (ce qui, en d'autres circonstances, aurait paru inconcevable). Willy est avec toi ?

-Il me suit.

Lily et James poussèrent une exclamation de joie et de soulagement, que Peter imita dans un effort louable avec une seconde de retard.

-Ben quoi, qu'est-ce que ça a d'étonnant ? demanda Sirius en remarquant l'expression de soulagement sur le visage de ses amis.

-C'est que… Ma carte… Mais non, ce n'est pas le moment, répondit James.

Quelques instants plus tard, Harry passa lui aussi l'ouverture. Ses amis l'accueillirent avec enthousiasme.

James observa Harry et Sirius de plus près, et remarqua tout de suite que quelque chose n'allait pas. Ils étaient couverts de boue et de sang, leurs vêtements étaient en lambeaux et tous deux semblaient sous le coup d'une forte émotion.

-Qu'est-ce qui vous est arrivé ? demanda-t-il avec anxiété. Vous n'êtes pas blessés, au moins ?

-Non, mais c'est pas passé loin, répondit Sirius en se laissant glisser sur son lit, visiblement à bout de forces.

-Vous avez été attaqués, demanda Lily en nettoyant avec une serviette une coupure sur le front d'Harry qui saignait abondamment.

-On peut le dire, grogna celui-ci d'un air lugubre.

-Par qui ? Combien ?

-Ils étaient un, n tout, répondit Harry avec une grimace.

-Oui, mais quel « un » ! s'exclama Sirius. Un type comme ça, ça vaut une armée.

-C'était quand même pas Voldemort, hein ? demanda James.

-Sais pas, j'ai pas vu son visage, dit Sirius.

Mais Harry secoua négativement la tête.

-Pour ce que j'en sais, Voldemort a les yeux rouges et il est chauve. Le type qui nous a attaqués avait les yeux bleu pâle et une belle tignasse argentée.

-Tu as raison, ça ne lui correspond pas, dit James.

-Et… qu'est-il devenu ? demanda Lily.

-Il s'est enfui, répondit Harry.

-A cause de toi ?

-Pas vraiment… On était en train de se battre, puis il a vu du monde s'agiter près du château etil a pris la fuite.

-Comment ?

-Ça, j'en sais rien, dit Harry en haussant les épaules. Il s'est tout simplement volatilisé.

-Quoi ? s'écrièrent les autres en chœur.

-C'est comme je vous dis… pourtant, je croyais qu'il était impossible de transplaner à Poudlard.

-C'est le cas, protesta Lily, indignée. C'est pas possible, il a du se rendre invisible ou un truc comme ça…

-Possible, répondit Harry en haussant les épaules.

-En tout cas, c'est pas rassurant, dit Peter. Ça veut dire qu'il ya un mangemort superpuissant en liberté.

-Bah ! fit James en donnant une claque amicale dans le dos d'Harry (qui grimaça douloureusement). Nous, on a Griffith. Le gaffeur le plus puissant de l'univers ! Puis il ajouta, en se tournant vers son ami : merci de nous avoir sauvé la mise. Sans toi –et Lily-, on était cuits.

-Carrément grillés, approuva Sirius.

-Pulvérisés, ajouta Peter pour ne pas être en reste.

Harry eut un sourire un peu gêné.

-Bah, c'est rien, dit-il. Mais promettez-moi une chose.

-Tout ce que tu veux, s'exclama Sirius avec enthousiasme.

-Ne sortez plus jamais les soirs de pleine lune.

Il y eut un silence.

-Euh… on pourrait pas plutôt promettre autre chose ? demanda Sirius avec une grimace.

-Remus… commença James avec un regard d'excuse.

Mais Lily l'interrompit d'un ton sévère.

-Remus serait d'accord avec William, dit-elle. Et moi aussi. Ce soir, vous nous avez tous mis en danger avec vos stupidités.

James et Sirius eurent aussitôt un air coupable.

-D'accord, très bien, dit James avec un long soupir.

-Je le jure, dit Peter en essayant de ne pas montrer son bonheur.

-Et toi, Sirius ?

-Ouais, ouais, promis, grogna celui-ci à contrecœur. Mais dis, ajouta-t-il en se tournant vers Harry, comment t'as deviné pour… Remus, et nos petites sorties ?

-Ah, facile… Je vous ai surpris lors de la dernière pleine lune. Comme je connaissais ton apparence animale, j'ai tout de suite compris que c'était vous.

A ces mots, un léger nuage passa sur le front de Lily, mais nul ne s'en aperçut.

Harry et Sirius se lavèrent et soignèrent leurs écorchures, mais aucun des six amis ne parla de se coucher. Ils restèrent éveillés toute la nuit et ne cessèrent de se raconter leur aventure, au grand dam de Harry qui aurait volontiers fermé l'œil. Mais tout la magie de la terre n'aurait pas suffit à persuader les maraudeurs et Lily Evans de dormir après une attaque de mangemorts…

A suivre… J'espère que ça vous a plu. A bientôt !

RAR (special anonymes)

Pour commencer, un grand merci à Rini, Lana51, Neverland, Eloïn, King Kong (à qui je regrette de ne pas pouvoir répondre en sénégalais), Dyonisos, Amande et Gégé pour leurs encouragements. J'apprécie beaucoup et je vous aime tous (même si le correcteur d'orthographe de mon ordi s'étouffe à chaque fois que j'écris vos noms).

Chère Flo, excuse moi, je pense pas pouvoir écrire autant de fois désolée que t'as écris stp… Mais je le pense. Je ferais mieux la prochaine fois. Si si, promis !

J'espère que ton internet est réparé, Lapis Lapzuli, car j'attends avec impatience tes reviews pleines d'éloges qui ont toujours enchanté mon ego insatiable.

Katia, si tu veux toujours assassiner Peter, préviens moi. Je connais pas mal de gens prêts à te donner un coup de main.

Pour répondre à ta question Arkane, je ne sais pas encore si Harry va rencontrer Voldy Un. C'est de l'ordre du possible, mais c'est pas sûr… A suivre !

L'âne-Oh-nyme sans nom peut toujous supposer, j'arriverai bien à la surprendre ! pour ta question, ben, ça dépend pas mal de la taile de mes chapitres, de ma disponibilité… et de mon degré d'inspiration. Bref, c'est tout sauf régulier, quoi. Sorry…

Encore une fois, un grand merci à tous et à bientôt !