Et c'est reparti pour le chapitre 15 ! Vous avez remarqué ? Je n'ai jamais posté un chapitre aussi rapidement. C'est un record absolu. Sans doute est-ce grâce à vos gentilles reviews… Bref, vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez le chapitre 16 avant Noël.
L'histoire commence à devenir un peu plus sombre, j'espère que ça ne vous ennuie pas… Mais rassurez vous, Harry et compagnie ne vont pas pour autant perdre leur bonne humeur. Voilà, bonne lecture à tous !
Chapitre 15
-Je suis désolé de t'avoir dérangé pour rien. Mais tu comprends, principe de précaution...
Harry afficha un sourire diplomatique.
-Voyons, pas la peine de s'excuser. Il est tout à fait normal, dans les circonstances actuelles, d'éprouver une certaine inquiétude. Mais les ongles incarnés ne font décidément pas partie des symptômes du virus HX223. D'ailleurs, ajouta-t-il en tendant une feuille de papier rose au garçon rondouillet qu'il avait en face de lui, voici la liste des symptômes en question. Je te conseille de l'étudier attentivement et de t'assurer autour de toi que tout le monde en a bien pris connaissance.
Comme tous les résidents de Poudlard, Ernestus Macmillan avait du recevoir au moins trois exemplaires de cette liste rédigée par le médicomage en chef et distribuée par les professeurs et les membres du Comité de Soutien (le groupe d'élèves dirigé par Harry). On en avait aussi tapissé les murs des toilettes et imprimé au dos des parchemins d'examens, ce qui n'empêchait pas une horde d'hypocondriaques d'harceler les membres du Comité en leur montrant ce qu'ils supposaient être les prémices de la dangereuse maladie -un ongle incarné, un point noir, un oeil un peu rouge... Hastus Lincoln avait même raconté à Harry que Lucius Malfoy avait exaspéré Rogue en insistant pour lui montrer un bouton situé à un endroit quelque peu indiscret...
Mais Harry ne pouvait pas reprocher à ses camardes d'éprouver de la peur. La situation commençait à devenir critique. En une semaine, le virus avait atteint près d'un élève sur quatre. Le couloir du deuxième étage (celui-là même où Dumbledore allait cacher la pierre philosophale une vingtaine d'années plus tard) avait été intégralement transformé en hôpital d'urgence. L'équipe de médicomages était débordée; le ministère refusait d'augmenter de façon significative ses effectifs, craignant que le corps médical, déjà insuffisant en Angleterre, ne soit décimé. Nick quasi-sans-tête avait confié à Harry qu'on avait même essayé de faire appel à des sorciers étrangers, mais peu d'entre eux étaient enclins à s'enfermer dans le château infecté -ce qu'Harry comprenait parfaitement.
Pour ne rien arranger, les parents d'élèves s'étaient organisés et menaient une véritable révolte contre le gouvernement. La plupart exigeaient simplement de pouvoir communiquer avec leurs enfants, mais d'autres, plus vindicatifs, tentaient de faire pression pour récupérer leur progéniture. Jour et nuit, de petits groupes se massaient devant les grilles du parc avec banderoles et mégaphones, devant les yeux embarrassés des agents chargés de les maintenir à distance.
Harry poussa un long soupir de lassitude et s'étira sur sa chaise. Il était seul dans la petite salle transformée en permanence du Comité de soutien, meublée en tout et pour tout d'un petit bureau et de trois chaises, tapissée de conseils pour savoir que faire en cas de maladie et de la fameuse liste des symptômes. C'était, pour le moment, son tour de garde.
La porte du bureau s'ouvrit brusquement. Rogue entra, l'air plus renfrogné que d'habitude.
-Ah, Sevy, s'exclama Harry qui, pour une fois, n'était pas mécontent de le voir. C'est gentil à toi de venir prendre la relève!
-C'est dans une heure, seulement, répliqua Rogue en lui jetant un regard mauvais.
Harry fit la moue.
-Oh... Alors, qu'est ce que tu fiches ici?
-Madame Pomfresh a convoqué le comité. Les autres sont à la traine, comme d'habitude...
-Ou bien c'est toi qui est en avance. Au fait, comment va le postérieur de Malfoy?
Rogue faillit s'étrangler.
-Que... Je ne l'ai pas regardé, qu'est-ce que tu crois! Répliqua-t-il en fusillant Harry du regard.
-Oh, vraiment? Tu dois te sentir frustré.
-Ah ah! Pas du tout!
-Dis donc, dit Harry sur le ton de la confidence, c'est vrai qu'il a un serpent tatoué sur la fesse droite?
-Bien sûr que non! Rugit Rogue en rougissant jusqu'au blanc des yeux.
-Ah! S'exclama Harry avec un air de triomphe. Donc, tu as vu son postérieur!
Le visage de Rogue épousa successivement toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
-J'te jure, Griffith, un jour je vais te...
La porte s'ouvrit de nouveau. Lily entra, suivie de Sally, d'Hastus Lincoln, et de Rupert Vodkanokouroff. Quelques minutes plus tard, le conseil était au complet. L'infirmière arriva à son tour, suivie de Goyle senior, qui tenait une grande caisse en bois dans ses bras.
-Pose ça là, mon garçon, commanda-t-elle d'une voix autoritaire. Attention, c'est fra...
Goyle laissa tomber lourdement la caisse sur le bureau.
-...gile, termina Harry en se balançant avec flegme sur sa chaise.
-Merci, vous pouvez disposer, dit madame Pomfresh à Goyle d'un ton agacé.
Le gorille s'exécuta mécaniquement.
-Bonjour à tous, dit-elle une fois que la porte se fut refermée.
Les élèves répondirent de concert.
-J'apporte des nouvelles, poursuivit-elle.
-Vous avez trouvé un remède? Demanda Hastus Lincoln, surexcité.
-Hélas, non, répondit madame Pomfresh (les élèves affichèrent des mines déçues). Cependant, je vous apporte quelque chose qui devrait vous faciliter la tâche.
Elle enleva le couvercle de la caisse, y plongea sa main et en tira une petite ampoule remplie d'un liquide bleuté. Elle le tint en hauteur afin que chacun puisse bien la voir.
-Ceci, expliqua-t-elle, est un révélateur. Grâce à cette substance, vous serez en mesure de déterminer avec certitude si la personne en face de vous a été contaminée par le virus.
-Comment cela fonctionne-t-il? Demanda Lily.
-Très simplement. Brisez le bout de l'ampoule et versez le contenu sur l'avant-bras du sujet. Une tâche bleue va se former sur sa peau. Patientez une trentaine de secondes. Si au bout de ce délai, la tâche n'a pas changé de couleur, le sujet est sain. En revanche, si la tâche vire au rose, vous avez affaire à une personne contaminée. Tenez, nous allons l'essayer sur Griffith, pour faire un exemple.
Elle agrippa le bras gauche d'Harry, brisa le bout de l'ampoule et versa le contenu sur sa peau. La tâche bleue se forma aussitôt. Pendant quelques instants, chacun retint son souffle, mais elle ne changea pas de couleur.
-Parfait, dit l'infirmière en souriant. En voilà au mons un en bonne santé.
-Dîtes, euh,... ça part, ce truc? Demanda Harry en frottant son bras pour essayer de faire partir la tâche.
-Bien sûr. Au bout de quelques jours.
-C'est pratique, se réjouit Hastus Lincoln. Ça veut dire qu'on n'aura plus à se farcir les champignons.
-Et les ongles incarnés, approuva Harry.
-Et les boutons, marmonna Rogue.
-Ne parlez pas trop vite, répliqua l'infirmière. Je n'ai pas terminé.
-Ah? Fit Harry, un peu inquiet.
-Comme vous le savez sûrement, nous traversons en ce moment une grave crise de personnel. Les médecins et infirmiers travaillent jour et nuit, et sont complètement débordés. Cette situation ne sera bientôt plus tenable. C'est pourquoi le professeur Dumbledore a proposé de déléguer une partie du travail aux membres du Comité de soutien.
-Hein? s'exclama Rogue avec horreur. Il va falloir qu'on joue aux infirmiers?
-Exactement. Vous serez des infirmiers d'appoint. Vous surveillerez les malades, vous administrerez des soins légers, vous apporterez un soutien psychologique à ceux qui en auront besoin... Vous commencerez demain. J'afficherai dés ce soir votre planning.
Harry s'imagina en train de consoler une armée d'Ernestus Macmillan sanglotants et eut soudain très envie de prendre la poudre d'escampette.
-Et si je refuse? Demanda Rogue.
-Eh bien, votre maison perdra cent points et vous serez condamnés à passer tous vos week-end avec Rusard jusqu'à la fin de l'année, répondit tranquillement l'infirmière.
-Alors, j'accepte, soupira Rogue.
-Sage décision. Allez, ne faîtes pas cette tête là! Dumbledore a promis une médaille pour services spéciaux rendus à l'école pour chacun d'entre vous si vous faîtes bien votre travail.
-Oh, chouette, j'en ai toujours rêvé, railla Rogue.
Harry souhaita de tout coeur que, s'il tombait malade, on ne lui enverrait pas Rogue pour le soigner.
-Je vous remercie donc pour votre soutien désintéressé, reprit madame Pomfresh sans répondre à la dernière remarque de Rogue. A très bientôt.
Râlant et murmurant, les élèves quittèrent un à un la permanence, en dehors d'Harry, qui n'avait pas fini son tour de garde, et de Lily, qui s'attarda.
-Eh bien, ça ne s'arrange pas, dit la jeune fille en fronçant les sourcils.
-Tu l'as dit. Est-ce que tout le monde va bien autour de toi?
-Ça va. Personne n'est encore tombé malade. Mais les parents de James et de Peter font un scandale pour récupérer leurs enfants. Ça perturbe beaucoup les élèves de ne pas pouvoir faire savoir à leurs parents qu'ils vont bien.
-Sans doute... Et tes parents? Ils sont au courant?
-Je suppose... Ils se sont abonnés à la gazette du sorcier. Ils font tout pour apprendre à connaître le monde où je vis. D'habitude, je trouve ça adorable, mais pour une fois j'aurais peut-être préféré qu'ils ne sachent rien. Enfin, ma soeur Pétunia sera là pour les consoler.
Harry répondit par un son qui n'engageait à rien.
-Bon, il faut que j'y aille, reprit Lily. Tu en as encore pour combien de temps?
Harry regarda l'horloge.
-Encore trois longs quarts d'heure, répondit-il en soupirant.
-Désolée. Amuse toi bien!
Harry la regarda partir avec envie. Il s'adossa contre sa chaise, posa ses pieds sur le bureau et bailla à s'en décrocher la mâchoire. Mais un instant plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau. Lily entra, soutenant un jeune élève prit d'une toux incontrôlable.
-Je l'ai croisé dans le couloir, expliqua-t-elle. Je crois qu'il essayait de venir ici.
-Ah. Je crois que c'est le moment d'utiliser le testeur magique, dit Harry en se redressant.
Il prit une des petites ampoules, saisit l'avant-bras du jeune garçon et versa la liquide dessus. En quelques secondes, la tâche vira au rose. Harry et Lily échangèrent un regard résigné.
-C'est bon, je vais l'emmener au premier étage, dit Harry.
Avec l'aide de Lily, il plaça le malade, qui ne tenait plus vraiment debout, sur une civière qu'il fit léviter devant lui à l'aide de sa baguette. « Et un de plus », songea-t-il avec amertume.
HPHPHPHPHPHPHPHHPHPH
Afin d'officialiser les nouvelles fonctions des membres du Comité, la direction de l'école les dota d'un signe distinctif, un brassard noir portant en lettres capitales l'inscription IA (infirmier d'appoint). Harry avait « arrangé le sien »; en dessous des deux lettres, il avait écrit, en plus petit et en rouge, « commandant», ce qui avait beaucoup amusé les maraudeurs. D'autre part, un véritable vocabulaire du virus était apparu. On parlait de « mangemortinite » pour désigner le virus, de « roses » pour dire les « malades », de « bleus » pour les gens en bonne santé et de « léopards » pour les hyperanxieux qui se faisaient tester plusieurs fois par jour (les tâches mettaient en réalité près d'une semaine pour disparaître complètement). On racontait que le professeur Lisbon en avait les quatre membres recouverts.
Les « IA » ne parvenaient presque plus à assister aux cours. Harry, qui se souciait des examens et des cours comme de la première chaussette de l'oncle Vernon, avait complètement renoncé aux siens et partageait ses journées entre le couloir-hopital et la permanence des IA. Outre les soins aux malades, il s'occupait également de l'organisation des tours de garde, de l'affectation de chaque membre et de la formation des nouveaux effectifs -on avait fait appel à des nouveaux membres pour assurer la diffusion de l'information et la détection de la maladie. Harry avait l'impression d'être à la tête d'une petite armée, qui pourtant avait de plus en plus de mal à répondre aux besoins, d'autant que certains de ses membres étaient eux-mêmes tombés malades. Hastus Lincoln s'était découvert « rose » en faisant accidentellement tomber un lot d'ampoules. Plus étonnant, on avait retrouvé Rogue en train de vomir ses entrailles dans les toilettes de Mimi geignarde à deux heures du matin. Harry estimait que le nombre des malades atteignait à peu de choses près la moitié des résidents de l'école. Et aucune nouvelle ne venait du ministère ou de Dumbledore.
Harry réprima un bâillement et épongea délicatement le front moite de Wendel MacCain, qui dormait à poings fermés. A quelques pas de lui, Sally Larson tentait de convaincre un Rogue peu coopératif et en proie à un délire paranoïaque de prendre sa potion contre la toux. Lily retapait l'oreiller d'une petite fille de première année.
-Je suis crevée, dit-elle en levant les yeux vers Harry. Je vais nous chercher à boire.
Harry et Sally trouvèrent l'idée excellente.
Quelques minutes plus tard, Lily revint avec trois verres remplis de jus de citrouille.
-C'est l'heure de la pause, annonça-t-elle.
Harry et Sally la rejoignirent dans le couloir, fermant la porte derrière eux. Tous trois savourèrent le rafraîchissement avec délectation. Harry jeta un coup d'oeil à une horloge. Il était près de vingt heures; cela faisait six heures qu'ils travaillaient sans prendre de pause.
-Mais que fait la relève? Demanda Sally avec un sourire ironique.
-Quelle relève? Demanda Harry.
-C'est vrai, maintenant que Rogue et Hastus sont tombés... Je me demande qui ils vont désigner pour les remplacer. J'ai entendu Bella Black affirmer qu'elle serait enchantée d'apporter son aide aux IA.
-Oui, c'est ça, répondit Harry d'un air sombre. Je préfèrerais me faire soigner par la salamandre d'Hagrid que par cette harpie. Qu'en penses-tu, Lil?
Lily ne répondit pas. Harry la regarda de plus près et la trouva très pâle... bien trop pâle...
-Lily? Répéta-t-il avec inquiétude.
-Tout va bien? Demanda Sally.
-Je... oui... répondit-elle avec difficulté. Enfin... Je me sens un peu...
Elle lâcha son verre et vacilla dangereusement. Harry et Sally se précipitèrent l'empêcher de tomber, la soutenant de part et d'autre.
-Hé! Mais qu'est-ce qui t'arrives? S'exclama-t-il.
-Ce n'est rien... La fatigue... Tous ces malades.
Harry et Sally échangèrent un regard inquiet.
-Oui, enfin, je pense qu'il vaut mieux vérifier, dit Harry d'un ton sceptique. Viens, tu vas t'asseoir un peu (il fit apparaître une chaise d'un simple geste de la main et l'aida à s'asseoir). Sally, est-ce que tu veux bien nous ramener un...
Sans attendre la fin de la phrase, Sally tourna les talons et se dirigea d'un pas vif vers la permanence des IA. Au bout de quelques instants, elle revint, une ampoule-test à la main.
-Je peux? Demanda-t-elle en regardant Lily droit dans les yeux.
Celle-ci acquiesça d'un signe de tête, releva sa manche gauche et tendit son bras. Sally versa le liquide. Harry ferma les yeux, priant pour que la tâche reste bleue. Mais quand il les rouvrit, elle avait viré au rose vif.
Les yeux de Lily s'embuèrent et elle se mit à trembler légèrement.
-Oh, Lily, je suis vraiment désolée, murmura Sally.
-Non, non, tout va bien se passer, d'un ton précipité. Je suis sûr que Dumbledore va trouver un remède très rapidement. Et puis, autant que je sache, personne n'en est mort.
-C'est vrai, approuva Sally.
-Oui, répondit Lily d'une voix faible. Ecoute...
-Sally, tu veux bien aller prévenir Pomfresh? L'interrompit Harry. Viens, Lil, on va te donner un lit (il l'aida à se lever et l'emmena à l'intérieur de l'infirmerie). D'accord, ici, ce n'est pas le grand luxe, mais je suis sûr que je peux arranger ça. Je vais m'occuper d'insonoriser la salle. Je connais aussi un sot qui te permettra de moduler la lumière autour de toi à volonté... Et bien sûr, si tu as besoin de quoi que ce soit, je...
-Will! L'interrompit Lily d'une voix plus assurée.
-Oui?
-Je vais bien. Tu pourrais juste... prévenir James? Demanda-t-elle.
-Ah... Bien sûr. Dés que j'en aurai fini ici.
-Avec tact, s'il te plaît. Au fond, il est si sensible...
Harry sourit avec une certaine maladresse.
-OK... Je ne suis pas Sirius, moi.
Lil parvint à sourire, puis se laissa tomber sur le lit. Elle semblait avoir beaucoup de fièvre. Harry l'aida à retirer ses chaussures et à placer ses couvertures.
-Tu as de la chance, dit-il. Tu aurais pu avoir Goyle comme voisin de lit. Le tien n'a pas l'air très drôle, mais au moins il ne sent pas le troll.
Lily eut un petit rire.
Madame Pomfresh entra dans la salle silencieuse, plongée dans la pénombre. L'air préoccupée, elle se rendit directement auprès de Lily, un lot de flacons dans les bras. Elle posa sa main sur le front de la jeune fille.
-Bon, vous avez de la fièvre, déclara-t-elle. Comment vous sentez-vous?
-Fiévreuse, répondit Lily d'un ton morne.
-Bon, mais à part ça? D'autres symptômes?
-Non, c'est tout.
Pomfresh sourit d'un air satisfait.
-Ne vous en faîtes pas trop, pour l'instant, vous n'allez pas trop mal. Je vais vous donner une potion de sommeil. Inutile que vous passiez la nuit à vous tourmenter toute seule.
-Je suis d'accord, marmonna Lily en prenant le flacon qu'elle lui tendit. Elle l'inspecta d'un air soupçonneux, puis avala d'une traite son contenu.
Pomfresh se tourna vers Harry.
-J'ai envoyé miss Larson se coucher, dit-elle, et vous feriez bien d'en faire autant. Vous trois, vous avez travaillé plus que de raison, aujourd'hui. C'est calme, ici, le moine gras pourra veiller les malades jusqu'à demain matin.
-D'accord, dit Harry, mais il va falloir revoir le planning des IA. Lily faisait le travail de deux personnes depuis que Rogue et Lincoln sont alités.
-Nous trouverons une solution. Vous tous, vous faîtes un travail formidable. Je peux toujours compter sur vous?
-Quelle question! S'il le faut, je peux encore rester quarante-huit heures sans me reposer. Je suis très fort, très doué et je suis tellement chanceux qu'il est hautement improbable que je sois contaminé par le virus. De plus, je suis un excellent leader.
-Dites donc, demanda l'infirmière avec une inquiétude feinte, êtes vous sûr que votre cerveau n'a reçu aucun dommage, dernièrement? On pourrait arranger ça.
-Bonne idée, marmonna Lily d'une voix endormie.
-Je suis un héros méconnu, constata Harry avec un soupir tragique. Enfin, tant pis. Bonne nuit, madame. Bonne nuit, Lil.
Mais la jeune fille était déjà plongée dans un profond sommeil.
-Oui oui, dit Harry à l'infirmière en plissant les yeux, vous vous y connaissez en somnifères.
-C'est sans danger pour la santé. Et bien plus efficace que tout les remèdes du monde.
-Si vous le dîtes.
Harry prit congé, et sortit de l'hôpital. Il ferma la porte et se tint debout, immobile dans le couloir obscur pendant quelques instants. Ses pensées se bousculaient dans sa tête, chassant de ses membres le souvenir des heures passées à courir de malade en malade. Il pensait à sa mère, qui était en danger; à son père, à qui il devait annoncer la nouvelle; à Voldemort, qui devait jubiler dans son trou à rat, et à Dumbledore, dont aucune nouvelle ne venait. Harry n'avait jamais été particulièrement doué pour les soins, et on ne l'avait pas laissé approcher les malades les plus gravement atteints, cependant, il sentait que le pire n'allait pas tarder à se produire. Si ce virus était bien, comme Harry le pensait, l'oeuvre de Voldemort en personne, il avait sûrement été conçu pour que l'on ait du mal à percer ses secrets. Face à ce genre de choses, les pouvoirs qu'Harry avait acquis lors de ses voyages n'avaient guère d'utilité.
Harry secoua la tête, comme s'il cherchait chasser ces pensées décourageantes. Puis il reprit sa route et retourna d'un pas traînant à la tour des Gryffondors. Tout au long du chemin, il se creusa la tête pour trouver le meilleur moyen d'annoncer à James que Lily était malade. « Il n'y a aucun bon moyen pour ce genre de choses », conclut-il tristement devant le portrait de la Grosse dame.
-Mot de passe? Demanda celle-ci d'une voix morose.
-Confiseries.
Le portrait pivota, Harry entra dans la salle commune. De nombreux élèves s'y trouvaient, discutant en petits groupes. Personne n'avait le coeur à travailler, la plupart des professeurs avaient fini par renoncer à sanctionner les élèves qui ne faisaient pas leur travail ou qui séchaient les cours. Certains se tournèrent vers lui et se mirent à chuchoter en le montrant du doigt. Depuis qu'il était devenu le chef des IA, Harry attirait encore plus l'attention que l'habitude, et il avait beaucoup de mal à convaincre certains de ses camarades qu'il n'était pas un agent secret de Dumbledore en liaison directe avec le ministère et le Magenmagot.
Il repéra les maraudeurs, assis en tailleur près du feu, lancés dans une partie de tarot massacreur (un jeu inventé par Sirius; le perdant subissait un sortilège de chacun des autres joueurs. Harry s'abstenait en général d'y participer). Il inspira à fond et se dirigea droit vers eux.
-Salut, dit-il d'un ton morne.
Les quatre garçons levèrent les yeux.
-Salutations, Ô commandant suprême, lumière de l'humanité, s'exclama Sirius. Quel est l'état des troupes?
-Terrible. Nous avons subi des pertes importantes. Et... J'ai de mauvaises nouvelles, ajouta-t-il d'un air gêné en se tournant vers James.
-Dis toujours, répondit celui-ci, qui sentit soudain très inquiet.
-Lily a fait un malaise, juste avant que je quitte l'infirmerie, et elle... Enfin, il s'est avérée qu'elle était « rose ».
Les quatre maraudeurs restèrent un instant figés de stupeur.
-Non! S'exclama soudain James en se levant d'un bond. C'est pas possible! Y a forcément erreur.
-Je suis désolé, répondit Harry d'un air malheureux.
James se prit la tête entre ses mains, en proie à l'inquiétude et au découragement. Sirius, Remus et Peter se levèrent à leur tour.
-Allons, dit Remus en posant une main sur l'épaule de James, je suis sûr que Lily va très bien s'en tirer. C'est une fille solide.
-C'est vrai, approuva Sirius, même que c'est une vraie teigne par moments.Tu te souviens de la fois où elle nous a traqué pendant toute une nuit, afin d'essayer de nous faire punir?
James esquissa un sourire à l'évocation de ce souvenir, mais celui-ci s'effaça aussitôt.
-Ecoute, dit Harry, elle ne va pas si mal.
-C'est vrai, elle a juste attrapé un virus fabriqué par Voldemort que personne ne parvient à guérir. A part ça, tout va bien, railla James.
-Ce que je voulais dire, c'est que pour le moment, elle a juste un peu de fièvre. Madame Pomfrssh lui a donné une potion de sommeil...
-Il faut que j'aille la voir, le coupa James, qui semblait ne pas l'avoir entendu. Je vais cherchr ma cape.
-Je ne sais pas si c'est une très bonne idée, intervint Remus d'un ton hésitant. Les visiteurs ne sont pas admis...
-Peu importe. Il y va bien, lui, répliqua James en désignant Harry de la tête.
-Mais... Puisqu'elle dort? Fit remarquer Peter d'une vox timide.
-Même. Il faut que j'y aille.
James grimpa les escaliers quatre à quatre, entra dans le dortoir et en ressortit sous sa cape d'invisibilité.
Quand il fut parti, Remus se tourna vers Harry.
-Alors... C'est si grave que ça? Demanda-t-il à voix basse.
Harry hocha la tête d'un air sombre.
-On a bien eu une vingtaine de nouveaux cas aujourd'hui, peut-être plus. Et j'ai l'impression que certains malades ne vont pas bien. Pas bien du tout.
-Tu veux dire qu'ils risquent de mourir? Demanda Peter en ouvrant de grands yeux horrifiés.
-Je ne sais pas, mais je redoute le pire. Et toujours pas denouvelles de Dumbledore.
Il y eut un silence.
-C'est frustrant de ne pouvoir rien faire, dit enfin Sirius. Si au moins il nous avait envoyé une armée de mangemorts, on aurait pu se battre...
-Pourquoi Vous-savez-qui fait-il cela? Demanda Peter. JE veux dire... on n'est que des élèves, on ne l'a pas menacé.
-La terreur, répondit Remus. Voldemort veut semer la panique dans la communauté sorcière.
-Une stratégie qui donne généralement de bons résultats, commenta Harry. On frise l'hystérie collective. D'après le Moine gras, les parents deviennent complètement dingues. Certains ont même essayé de forcer la grille du château avec un bélier.
Sirius esquissa un sourire.
-Je suis content que Maman m'ait chassé de son coeur, dit-il d'un ton léger. Aujourd'hui, elle a fait apparaître une inscription géante dans le ciel, qu'on pouvait voir de presque toutes les fenêtres du château. Il y avait écrit « Rendez-moi mon Régulus ». Whaaa! La honte! J'espère que les élèves ont oublié qe Réguigui et moi on était de la même famille.
Harry, Remus et Peter éclatèrent de rire.
-Rassure toi, dit Remus, personne ne pensera à faire un rapprochement entre cet idiot et toi. Il faut vraiment savoir que vous êtes frères. Parfois, moi-même, j'ai des doutes.
Harry hocha la tête d'un air songeur.
-C'est drôle, dit-il. Vous avez remarqué? Même les Serpentards tombent malades.
-Qu'est-ce que ça a d'étonnant? Demanda Sirius en haussant les épaules. Ces types-là sont de vraies larves.
-J'aurais pensé que Voldemort prendrait un peu plus soin des enfants de ses disciples. Après tout, ils représentent un véritable vivier de futurs mangemorts. Mais Narcissia Black est tombée malade. Et pourtant, elle est fiancée à Lucius Malfoy.
Les trois maraudeurs le regardèrent avec stupéfaction.
-Euh... Ah bon? Fit Remus. Je ne savais pas qu'ils sortaient ensemble.
Harry comprit qu'il venait de commettre une bourde.
-Enfin, c'est une rumeur que j'ai entendu, bafouilla-t-il. Je ne sais pas si c'est vrai...
-J'en doute, répondit Sirius. Elle n'a même pas quatorze ans. Même chez les Black, on ne se fiance pas aussi tôt. Et por l'instant, j'ai plutôt l'impression que Lucius en pince pour Bella (comme d'habitude, Sirius grimaça en prononçant ce nom).
-Ah... fit Harry, un peu gêné. Enfin, peu importe. Narcissia fait bien partie du groupe des supporters de Voldemort, non?
-Ouais, t'as raison. Je ne comprends pas que ces imbéciles s'agenouillent devant lui. Mes parents, les Malfoy et compagnie en parlent comme d'un maître bienveillant, presque un père. Et pendant ce temps là, il contamine leurs enfants avec un virus motel. Enfin, peut-être qu'ils changeront d'avis si Réguigui ou Lucius ou un de leur bande vient à mourir.
Personne ne répondit.
HPHPHPHPHPHHPHPHPPH
Cette nuit là, Harry ne parvint pas à trouver le sommeil. Se retournant pour la énième fois, il jeta un regard au réveil lumineux de Remus: trois heures et demi.
Sans bruit, il se leva, enfila ses vêtements, puis se transforma en oiseau et traversa la fenêtre. Aussitôt, il se sentit mieux. L'air glacial lui fit le même effet qu'un sortilège d'allégresse. Heureux, il libérait l'angoisse accumulée aux cours des derniers jours en se laissant glisser dans les rafales. Au bout d'un moment, il sentit ses ailes s'alourdir et se posa en douceur sur la berge du lac.
Il reprit sa forme humaine et s'assit sur une souche d'arbre. Ses yeux se tournèrent vers le château, et ses pensées retournèrent vers ses parents. Il aurait bien aimé croire que son existence prouvait que Lily avait survécu au virus, mais au fond de lui-même, il n'en était pas certain. Peut-être que...
-Harry!
Harry sursauta et se leva d'un bond. Avait-il bien entendu? Ou bien était-ce un effet de son imagination?
Mais non... Là, sur l'eau, se trouvaient les silhouettes qu'il avait déjà apperçu un mois auparavant. Cette fois, elles semblaient à la fois plus proches de lui et plus nettes. En y regardant de plus près, Harry crut reconnaître...
-Gi... Ginny? Bafouilla-t-il, incrédule.
En effet, c'était elle -ou son fantôme, ou Harry ne savait pas quoi -, qui brillait sur les eux du lac. Sa voix semblait venir de l'au-delà. Un peu en retrait, se trouvaient également Ron et Hermione, et une dizaine de silhouettes qu'Harry ne parvenait pas à distinguer.
-Ginny, c'est bien toi? Demanda-t-il, son coeur battant à tout rompre.
Seul le silence lui répondit.
-Gin...
-Viens, Harry. Viens nous retrouver. Nous t'attendons.
-J'arrive! S'écria-t-il, au bord de la folie, en se laissant glisser dans l'eau.
Il poussa un juron féroce. Ses pieds s'étaient enfoncés dans la vase, ralentissant ses mouvements, et l'eau glaciale lui arrivait jusqu'au cou.
-Harry... répéta Ginny.
-J'arrive, j'arrive!
-Viens..., dit Hermione.
-J'...
-Nous t'attendons, termina Ron.
-Hé! Ne partez pas!
Trop tard. Les silhouettes avaient déjà disparues.
Harry scruta les eaux noires du lac, essayant désespérément de les apercevoir une nouvelle fois. En vain.
Découragé, il retourna au bord du lac et se hissa sur la berge. L'eau dégoulinait de ses vêtements et de ses cheveux, et il tremblait de tous ses membres. Mais il ne s'en apercevait pas, trop bouleversé par ce qu'il venait de voir -ou pensait avoir vu.
Il resta longtemps ainsi, des minutes ou des heures peut-être. assis sur le berge, la tête entre ses mains. Enfin, il se leva et retourna au château en traînant des pieds, jetant de temps à autre un regard par-dessus son épaule, pour voir si ses fantômes n'étaient pas réapparus. Mais il était bien seul.
Il prit d'abord la direction de la tour des Gryffondors, mais se ravisa en chemin et retourna au couloir qui tenait lieu d'hôpital. Prenant garde à ne pas faire de bruit, il ouvrit la porte de la chambre où dormait Lily. Les malades, grâce aux bons soins de madame Pomfresh, ronflaient paisiblement, plongés dans un sommeil sans rêves. Harry entra sur la pointe des pieds et s'approcha du lit de Lily. Malgré la pénombre, et la sueur qui collait quelques mèches de cheveux sur son front, la jeune fille lui sembla plus belle que jamais. Un sentiment doux et mélancolique, qui semblait remonter de son passé le plus lointain et le plus heureux, s'empara de lui.
Soudain, il remarqua un coude humain appuyé sur le matelas, semblant flotter dans le vide. Il esquissa un sourire, devinant sans peine l'identité de son propriétaire.
-James? Murmura-t-il.
Il n'obtint aucune réponse. Il ferma les yeux, faisant appel à sa magie pour voir ce qui était invisible,et parvint à retirer doucement la cape d'invisibilité.
James, assis sur une chaise, s'était endormi, la tête posée sur le matelas. Harry fit un geste, avec l'intention de le réveiller, puis se ravisa. Au lieu de cela, il fit apparaître, d'un simple geste de la main, un oreiller sous sa tête et une couverture sur ses épaules. Il esquissa de nouveau un sourire, un peu plus triste, cette fois, et quitta la salle en silence.
Dix minutes plus tard, il plongeait à son tour dans un profond sommeil.
Voilà, j'espère que ça vous a plu. A bientôt et… reviews, please !
RAR (pour les anonymes)
Flo: merci pour ta review. Là, je pense que j'ai fait fort, pour les délais. Pas mal, hein? Allez, à bientôt!
Katia: mais non, c'est très bien! J'aime tous les genres de reviews. Décidément, Peter n'a pas la côte chez les lecteurs Bises!
Zynill: mon pool de publication? ouhlala! ça varie entre deux semaines et trois mois. Eh oui, les aléas de la vie... Merci et à bientôt!
Et bien sûr, un grand merci aussi à Ace, Nepheria, Mandragore, Elise, Harrypottermanga, Maxouuu, Elodie Black, Andy4001, Timnit et Rini pour leurs encouragements. Meci aussi aux éventuels oubliés (j'éspère qu'il n'y en a pas mais on ne sait jamais).
