Salut à tous ! Comment se portent mes chers lecteurs ? Mieux que les gens du châteaux, j'espère. Ça va mal à Poudlard City, je vous le dis !

Tout d'abord, je m'excuse pour les petits problèmes de chapitres disparus… En fait, ce qui s'est passé, c'est que j'ai intégralement réécrit le chapitre 2, qui me déplaisait profondément. Et du coup, ça a tout désorganisé. Mais rassurez-vous, le problème est réglé !

Voici un chapitre spécialement dédié à tous les fans de Bellatrix. Notre chère héroïne est assez présente dans ce chapitre (non, c'est pas pour séduire James !). A ce propos, je dois faire une annonce de la plus HAUTE importance. Dans le dernier chapitre, j'ai écrit « filtre » au lieu de « philtre ». C'est une faute que les gens font souvent, parce que filtre, ça existe aussi, mais ça veut pas dire la même chose, et donc je tenais à rectifier le tir. Un philtre, c'est une sorte de potion, et un filtre, c'est un truc dont on se sert pour séparer les composantes de quelque chose (une sorte de passoire, quoi). C'est compris ? Parfait !

Ce chapitre est assez long (et même très long), il a failli l'être encore plus parce qu'au début, je pensais faire un chapitre au lieu de deux. J'espère que ça vous plaira.

Voilà, bonne lecture !

PS : Voldy deux fait savoir à ses nombreux fans qu'il s'excuse de ne pas être très présent pour l'instant, mais qu'il est en train de préparer un complot super maléfique et des sorties époustouflantes (il prépare même ses répliques à l'avance !). Il promet qu'il sera tellement beau, méchant et comique que même Dumbledore voudra se rallier à lui (mais là je crois qu'il délire un peu). Bref, préparez-vous au pire !


Chapitre 17

-Efficience de la glande thyroïdienne du Vert Galois… En interaction avec la bave du limaçon des mers baltiques… Il y a une réaction de rejet. Vous voyez, Monty, ça ne marche pas, dit Harry en s'éloignant du tableau noir qu'il venait de couvrir de formules et de schémas complexes.

Monty Revelidge poussa un grognement de mauvaise humeur. McGonagall laissa échapper un juron qu'elle n'aurait pas répété devant un élève, même sous menace de mort. Dumbledore, quant à lui, arpentait le bureau de long en large. Les portraits suivaient la scène avec passion et chuchotaient à voix basses des commentaires.

-Eh bien, dit Slughorn d'une voix lasse en plongeant sa main dans un plat rempli d'ananas confits, je crois qu'on peut rayer cette hypothèse de la liste. Pas vrai, Albus ?

-Oui, je pense, répondit Dumbledore. C'est dommage, cette idée semblait prometteuse. Mais la démonstration de William me semble correcte.

Harry poussa un soupir de frustration et se laissa tomber sur une chaise.

-Tout ça ne nous mène nulle part, dit-il. On va d'impasse en impasse.

-C'est normal, dit Dumbledore d'un ton apaisant. Il faut bien en passer par là.

-Mais nous manquons de temps, répliqua Harry en haussant la voix. On en est déjà à huit morts, en tout. On va tous y passer si on n'avance pas plus vite !

Il était très inquiet. Il avait passé toute la matinée auprès des malades. Il avait vu les infirmiers évacuer les corps des élèves décédés. Il avait vu aussi l'état des malades s'aggraver dangereusement –y compris celui de Lily. Sa fièvre avait beaucoup monté, et elle alternait entre un profond sommeil et le délire.

Dumbledore l'étudia attentivement.

-Je crois que vous feriez mieux d'aller prendre un peu de repos. Vous en avez assez fait pour l'instant.

Harry acquiesça d'un signe de tête, le regard vide. Il avait besoin de prendre un peu l'air. Il sortit du bureau et se mit à errer au hasard dans les couloirs.

Peu à peu, ses idées se firent plus claires. Il décida d'analyser une nouvelle fois la situation.

Les recherches avançaient, mais pas assez vite. Au rythme où se propageait la maladie, Harry estimait qu'elle aurait décimé l'ensemble des habitants du château avant trois semaines. De plus, il ne pensait pas que les personnes adultes soient immunisées, ce qui signifiait que les médecins et les infirmiers risquaient de tomber malades à leur tour. Et si cela arrivait, l'école serait plongée dans le chaos et les malades seraient livrés à eux-mêmes. Par chance, il tenait peut-être une autre piste : Bellatrix.

Harry ne croyait pas la jeune fille assez stupide pour chercher un antidote par elle-même. Bien sûr, elle n'était pas non plus du genre à attendre les bras croisés que le virus ne la tue. Mais si elle avait dû vraiment tenter quelque chose, elle aurait plutôt essayé de quitter Poudlard et de rejoindre Voldemort pour qu'il la soigne. Oui, songeait-il, c'est ce qu'elle aurait fait… À moins qu'elle n'ait reçu une aide extérieure. Un mangemort, ou peut-être Voldemort lui-même, aurait très bien pu lui communiquer la recette d'un remède.

Simples suppositions, bien sûr… Mais cela méritait d'être vérifié. Il fallait qu'il parle à Rodrigue le plus tôt possible. Il entreprit donc de retrouver son compagnon. Mais, pour son plus grand désarroi, celui-ci n'était nulle part en vue. Il arpenta le château en long et en large, évitant autant que possible les importuns qui semblaient lui tendre des embuscades à chaque couloir pour le harceler de questions. Sous sa forme d'abeille, il s'introduisit dans la tour des Serpentards, persuadé qu'il y trouverait Rodrigue en train de suivre Bellatrix. Mais il ne les trouva ni l'un ni l'autre.

Bientôt, trois heures sonnèrent. Harry ne pouvait plus s'attarder, il fallait qu'il retourne à l'infirmerie. Dépité, il revint sur ses pas dans le couloir désert du septième étage.

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP

Harry allait entrer dans l'infirmerie, quand des bruits de voix s'élevèrent de la salle. Intrigué, il colla son oreille contre la porte et écouta avec attention.

-S'il te plaît, gémissait une voix de fille. Laisse-moi tranquille. Je ne veux pas y aller.

-Ne fait pas l'idiote, Cissy, répondait une seconde, dure et autoritaire. Il faut que tu viennes. Cela concerne l'honneur de la famille.

-Je suis trop fatiguée !

-Marcher te fera du bien. Allez, viens !

-Non ! Lâche-moi ! Aïe !

Harry ouvrit la porte et entra en trombe. Narcissia et Bellatrix sursautèrent.

-Qu'est-ce que tu fiches ici ? cracha Bellatrix d'un ton hargneux.

-C'est plutôt à moi de te poser cette question, répliqua Harry avec froideur.

-J'ai été intégrée aux IA, répondit-elle.

-Ah, vraiment ? J'en doute. Tu vois, c'est moi qui suis chargé du recrutement, et je t'assure que nous n'acceptons pas les harpies.

La jeune fille lui lança un regard furieux. Mais, voyant que son interlocuteur n'était pas du genre à se laisser impressionner, elle opta pour une autre approche.

-D'accord, d'accord, admit Bellatrix en soupirant. Je rendais visite à ma sœur.

-Les visites sont interdites, comme tu le sais parfaitement, à moins que tu ne saches pas lire une pancarte.

-Allons, dit Bellatrix en prenant un air affligé très peu convaincant, tu ne vas quand même pas empêcher une jeune fille sensible de remonter le moral à sa petite sœur malade ? Elle va peut-être mourir.

-Remonter le moral ? répéta Harry en éclatant de rire. On peut dire que c'est réussi.

-Je fais de mon mieux, protesta Bellatrix en le foudroyant du regard.

-Franchement, tu ne vois pas que tu la terrifies ?

-C'est la fièvre. Elle ne sait plus ce qu'elle dit.

-Ah, vraiment ?

Harry et Bellatrix s'affrontèrent du regard. Pour la première fois depuis son retour à Poudlard, Harry l'étudia attentivement.

La jeune fille était campée devant lui, les bras croisés, dans une attitude de défi. Tout, de son sourire à sa façon de porter l'uniforme, exprimait un orgueil qui avoisinait l'arrogance. Sa robe, largement ouverte en haut, était nouée à la taille par une ceinture en cuir de dragon noir et pourpre. Les sages chaussures de l'école avaient cédé la place à des bottes pointues du même cuir. Elle affichait un rictus de dédain et ses yeux noirs lançaient des éclairs. Mais ce qu'elle avait de plus impressionnant, c'était sa longue chevelure. Lisse et soyeuse, elle tombait sur son dos comme un rideau sombre reflétant la lumière du jour. En somme, elle était belle, et consciente de sa beauté. À ce moment précis, Harry comprit qui était le véritable meneur de la horde des Serpentards.

Bellatrix ne sembla nullement dérangée par cet examen détaillé. Au contraire, elle semblait prendre plaisir à être regardée de la sorte. Son sourire s'élargit.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle d'un ton mielleux. Tu veux mon portrait, peut-être ?

-Non, en fait, j'admirais ton nouveau look.

-Surprenant, n'est-ce pas ?

-En effet. Je n'aurais jamais imaginé qu'on pouvait avoir l'air aussi indécent dans un uniforme de l'école.

Bellatrix ne sembla nullement offensée par ce sarcasme.

-Je prends ça pour un compliment, dit-elle. Dis-moi, comment avancent les recherches ?

Harry plissa les yeux.

-Et comment pourrais-je le savoir ?

-Allons, tout le monde sait que tu es très lié à Dumbledore.

-Vraiment ? demanda Harry avec un sourire moqueur. Tu me l'apprends.

-Certains pensent que tu es une sorte… D'espion.

-Les gens croient vraiment n'importe quoi. Mais toi, tu n'es pas assez bête pour gober ces racontars, pas vrai ?

-Il y a des faits troublants… Il t'a confié la tête du Comité de soutien…

-Je donne un coup de main à Pomfresh, c'est tout.

-… Mais surtout, il paraît que tu passes beaucoup de temps dans le bureau du directeur.

-À cause de mes nombreuses retenues, sans doute.

L'expression de Bellatrix se durcit.

-Ne me prends pas pour une idiote, cracha-t-elle.

-Et toi, ne dépasse pas les bornes, répliqua Harry en haussant le ton. Fiche le camp, ou bien j'appelle Pomfresh.

Bellatrix hésita un instant, puis, sentant qu'elle ne gagnerait pas cette bataille, quitta la pièce. Sur le seuil de la porte, elle se retourna et lança à sa sœur :

-À plus tard ! Ne t'en fais pas, je reviendrai !

Puis, se tournant vers Harry, elle ajouta à voix basse, d'un ton menaçant :

-Cette conversation n'est pas terminée.

Elle sortit en claquant la porte derrière elle.

« Intéressant », songea Harry. Un instant, il songea à la suivre, mais il renonça, préférant se tourner vers Narcissia. « Bellatrix est une véritable teigne… Il faudra bien un chaudron de véritaserum pour la faire parler. L'autre en revanche… ».

Harry prit une chaise, la plaça près de Narcissia et s'assit. La jeune fille le regarda faire en tremblant et en tirant les couvertures autant qu'elle pouvait. Harry prit un air bienveillant et lui parla avec douceur :

-Alors, Cissy, comment ça va ? demanda-t-il.

Elle ne répondit rien, tremblant de plus belle.

-Tu sais, poursuivit-il, tu n'as pas à avoir peur de moi. Contrairement à ce que ta sœur a pu te raconter, je ne suis pas un détraqué évadé de Saint Mangouste.

Elle ne répondit toujours pas, mais sembla se détendre un peu.

-Dis-moi, reprit-il d'un air plus sérieux, qu'est-ce qu'elle te voulait, ta sœur ?

-Je… Je ne sais pas, bafouilla-t-elle.

-Allons, tu n'as pas avoir peur, tu sais. Je ferai en sorte qu'elle ne remette plus les pieds ici.

-Je n'ai pas peur, protesta-t-elle d'une voix mal assurée.

-Mais elle voulait que tu l'accompagnes quelque part, et toi, tu ne voulais pas. Où est-ce qu'elle voulait t'emmener ?

Narcissia se détourna de lui et tira les couvertures sur son visage. Harry soupira. Pour l'instant, il n'en tirerait rien. Il se leva et s'apprêta à chercher les potions quand soudain…

-Quelle garce, celle-là.

Harry sursauta.

-Lily ! Je n'avais pas vu que tu étais réveillée.

-C'est vous qui m'avez réveillé, dit-elle d'un air accusateur. Je vous ai entendu vous disputer.

-Ah, oui… J'ai l'impression qu'elle a une idée derrière la tête, et je n'aime pas ça…

Harry s'assit près de la jeune fille.

-Mais peu importe, pour l'instant, dit-il d'un air enjoué. Comment te sens-tu ?

Lily fit la moue.

-Comme si j'avais fait la bringue pendant un mois entier, maugréa-t-elle.

Harry eut un petit rire.

-Mais ça a quand même l'air d'aller mieux, dit-il.

-Oui… répondit Lily, le regard dans le vague. Dis… J'ai cru entendre la voix de James, hier soir. Il est encore venu ?

-Je ne sais pas, répondit Harry. C'est possible. Hier soir, j'étais occupé ailleurs…

-Ah oui ? Où ça ? demanda Lily avec curiosité.

-Désolé… Ultrasecret, lui souffla-t-il sur un ton confidentiel.

-Oh… répondit Lily, décontenancée.

-Ne fais pas cette tête, je te raconterai plus tard. Mais pas ici.

-J'ai aussi cru voir Rogue danser un tango avec Madame Pomfresh. Ça aussi, c'était possible ?

Harry jeta un rapide coup d'œil au lit de Rogue.

-Heu, non, là, je pense que ton esprit devait dériver un peu…

-Je m'en doutais. Dommage.

Les deux adolescents échangèrent un sourire complice.

-Tu as faim ? demanda soudain Harry.

-Bof, répondit Lily d'un air peu enthousiaste.

-Tu as besoin de reprendre des forces, déclara Harry sans l'écouter. Attends, tu vas voir.

Il sortit sa baguette, et, d'un geste, fit apparaître un plateau recouvert de victuailles : œufs brouillés, saucisses, bacon, fromage blanc, toast, croissants et haricots blancs en abondance.

-Café ? Thé ? proposa Harry.

-William ! protesta Lily, partagée entre le rire et le dégoût. Je vais vomir si tu ne fais pas disparaître ça immédiatement !

-Ah ? fit Harry d'un air faussement innocent. Bon, d'accord, j'en ai peut-être fait un peu trop.

Les œufs brouillés disparurent.

-William… Fit Lily d'un air menaçant.

-D'accord, d'accord, soupira Harry. Compote de pommes, ça te va ?

Aussitôt, le plateau disparut et laissa la place à un petit bol de compote.

-C'est beaucoup mieux, répondit Lily en souriant. Merci.

La jeune fille prit la cuillère posée sur le plateau et commença à manger.

-Comment va James ? demanda-t-elle au bout d'un moment.

-Il s'inquiète beaucoup pour toi, répondit Harry.

Lily eut l'air contrariée.

-Ça m'embête, grommela-t-elle, l'air morose.

-Hé ! s'exclama soudain Harry, qui venait d'avoir une idée. Ça te dirait que j'aille le chercher ?

-Hein ? fit Lily, surprise. Mais… Le règlement…

-Bah, ne t'en fais pas pour ça. Il n'y a que nous ici. Je ne pense pas que les autres malades soient en état de le dénoncer.

-Au fait, dit-elle en fronçant les sourcils, comment ça se fait que tu sois tout seul ici ?

-Excellente question. Normalement, Vodkanokouroff aurait dû prendre le tour de garde juste avant moi, mais tu le connais, il est plutôt négligent. Betty Campbell devait venir aussi, mais elle est tombée malade ce matin. Sally aide Pomfresh à préparer des potions de sommeil. Les autres sont occupés ailleurs. En fait, nous avons quelques problèmes d'effectifs.

-Je vois… Laisse tomber, pour James. Tu as assez de travail comme ça.

-Du travail ? dit Harry en éclatant de rire. Attends, tu vas voir…

Il ferma les yeux. Un instant après, une légère brise souffla dans la pièce, faisant voleter les cheveux de Lily. Aussitôt, les lits se firent tout seul, les oreillers se recentrèrent et la sueur sur le front des malades disparut. On aurait dit qu'ils venaient juste de se coucher.

-Bon, il faudra encore les faire boire et évaluer leur état de santé, mais je pense qu'ils peuvent bien dormir une demi-heure de plus, déclara-t-il.

-Je ne comprends vraiment pas comment tu as pu apprendre à faire tout ça en dix-sept ans, dit Lily, émerveillée.

Harry eut un sourire mystérieux.

-Secret, répondit-il en se levant. Bon, je vais le chercher… Je n'en ai pas pour longtemps.

-Mais… Attends ! s'exclama Lily en regardant l'horloge murale. Il a cours, en ce moment.

Harry éclata de rire.

-Oh, je ne crois pas que ça pose problème, dit-il. Les cours sont devenus une véritable cour de récréation, depuis quelques jours. On a quoi, au fait ?

-Défense contre les forces du mal, répondit-elle d'un air réprobateur. Tu pourrais le savoir, depuis le temps.

-Ah… oui, euh… Hé hé, j'ai mauvaise mémoire, tu sais, bafouilla-t-il pitoyablement. Bon, je te le ramène.

Il sortit d'un pas précipité, avant que Lily n'ait trouvé une autre objection, et se rendit en salle de Défense contre les forces du mal.

Arrivé devant la porte, il frappa. Comme aucune réponse ne venait, il tourna la poignée et entra. Un spectacle singulier s'offrit alors à ces yeux.

De toute évidence, le professeur Cartiguayne avait définitivement rompu avec les méthodes pédagogiques conventionnelles et avait imposé sa propre philosophie de l'éducation. De livres, parchemins ou baguettes magiques, il n'était plus question. Les tables avaient été reléguées au fond de la classe. Une trentaine d'élèves étaient assis par terre, en tailleur, entourant leur professeur qui semblait perdue dans une intense méditation. L'air fasciné, ils se passaient une sorte de long calumet en bois sculpté. Une odeur d'herbes brûlées (parmi lesquelles Harry était presque sûr de reconnaître du haschich) emplissait les narines. Les fenêtres étaient obstruées par des planches et d'épais rideaux, ne laissant passer aucune lumière naturelle. Le seul éclairage venait des multiples bougies odorantes disposées un peu partout dans la pièce.

-Hé ! Salut Willy ! s'exclama Sirius, assis au premier rang. Viens donc, la prof est en train de nous apprendre à « combattre les forces négatives par la plongée dans le moi consubstantiel ». J'te jure, c'est trop fort!

-Ouvrez vos esprits, ordonna Cartiguayne d'une voix d'outre-tombe, en levant les bras, les yeux fermés dans une intense concentration. Combattez les apparences ! Vous n'êtes rien. Le monde n'est rien. La douleur n'existe pas. Le mal ne peut vous atteindre, car vous n'avez aucune matérialité.

-Ok, je vois le genre, marmonna Harry, atterré.

Il parcouru la salle du regard et aperçut James et Remus qui se tenaient en retrait, visiblement peu enclins à participer. À son grand soulagement, les deux adolescents avaient l'air sobres. Remus contemplait la scène avec une appréhension manifeste. James avait un air renfrogné qui indiquait clairement qu'il se serait bien passé d'être ici. Harry se hâta de les rejoindre.

-Par l'Enfer, qu'est-ce qu'il se passe ici ? demanda-t-il à Remus.

-Comme tu le vois, nous expérimentons le haut savoir médicinal de notre grand chaman, railla le loup-garou. Cette cinglée prétend qu'elle peut nous guérir du virus par une « remise en cause radicale des illusions sensorielles » et par une plongée dans « l'intériorité profonde ».

-Ça m'a l'air plutôt dangereux, commenta Harry en haussant les sourcils. Et tous ces élèves, ils sortent d'où ?

-C'est son fan-club, répondit Remus, affligé. Ils gobent tout ce qu'elle raconte.

-Sirius a l'air de bien s'amuser, constata Harry.

-Tu le connais… dit Remus en lui lançant un regard désespéré.

Harry hocha la tête.

-Bon, peu importe pour l'instant, dit-il en se tournant vers James. Je suis venu te dire que Lily s'est réveillée. Elle semble aller mieux.

-C'est vrai ? s'exclama James, soudain beaucoup plus joyeux. Je peux aller la voir ?

-Oui, je crois qu'elle aimerait beaucoup.

-Et moi ? demanda Remus. Je peux venir ?

Harry réfléchit un instant.

-Oui, dit-il. En fait, j'aurais besoin d'un coup de main pour… Une tâche un peu particulière.

-Ah ? fit Remus, intrigué.

-Je te raconterai en chemin. Tu veux bien m'aider ?

-Bien sûr. Dis, tu crois qu'on pourrait emmener Sirius et Peter, tant qu'à faire ? J'aimerais autant les éloigner de cette…

-Imitez mes mouvements ! ordonna soudain Cartiguayne d'une voix puissante, en se mettant à faire d'amples mouvements de bras et à se balancer de droite à gauche. Répétez après moi : vous êtes des papillons, vous êtes des papillons…

-Nous sommes des papillons, nous sommes des papillons… scanda l'assemblée en chœur.

-C'est bien ! Encore !

-Nous sommes des papillons, nous sommes des papillons…

-Vous ne craignez aucun obstacle…

-Nous ne craignons aucun obstacle, nous ne craignons aucun obstacle…

-Vous terrasserez les forces de la nuit ! cria-t-elle en levant les bras au ciel dans un mouvement d'extase.

-Nous terrasserons les forces de la nuit !

-… cinglée, acheva Remus, épouvanté.

-J'approuve à cent pour cent, dit Harry, sans parvenir à détacher son regard de son professeur en transe, qui s'était mise à imiter des battements d'ailes avec ses bras, aussitôt suivie par ses élèves.

Remus se glissa entre les élèves et secoua Sirius et Peter par l'épaule. Ils échangèrent quelques mots. Sirius éclata de rire, puis ils se levèrent et vinrent les rejoindre. Sans un mot, ils sortirent discrètement de la salle de classe.

-Enfin, de l'air ! s'exclama James avec extase quand la porte fut refermée.

-Franchement, tu aurais dû voir ça, dit Sirius d'un ton enthousiaste à Harry. Au début de l'heure, nous avons exécuté une « représentation chorégraphique de l'ordre du cosmos ». C'était grandiose ! Une révélation ! Je t'assure, ça m'a transformé. Je me sens… en harmonie avec l'univers !

-Ah ouais ? répliqua Harry d'un ton railleur. Et la loi ? Tu te sens en harmonie avec la loi ?

-Aaah, fit Sirius en haussant les épaules. Je n'y peux rien si la loi n'est pas en harmonie avec l'ordre universel.

-C'est ça. En attendant, j'ai des choses plus concrètes à vous raconter…

-Remus a dit que tu as besoin d'aide ? demanda Sirius.

-Oui…

En quelques phrases, Harry leur raconta comment il avait surpris Bellatrix, la veille, à chercher des étoiles de sang.

-Alors, tu penses qu'elle essaye de préparer un remède ? demanda Remus, les sourcils froncés.

-Oui, je pense…

-C'est bizarre, dit Sirius qui semblait perplexe. Ma cousine n'est pas très intelligente, mais elle doit quand même se douter qu'elle n'est pas de taille à rivaliser avec Voldemort.

-En effet, dit Harry en hochant la tête. Et c'est là que ça devient intéressant.

-Tu veux dire… Tu veux dire qu'elle aurait reçu de l'aide de l'extérieur ? demanda Sirius, interdit.

-C'est une possibilité. En tout cas, ça expliquerait pourquoi Voldemort manifeste si peu d'intérêt pour la santé des enfants de ses partisans. Il leur a concocté un plan de sortie, pour certains en tout cas. Je me demande combien d'élèves il a prévu d'épargner.

-Mais pourquoi passer par Bellatrix ? demanda Peter. Autant que je sache, elle est loin d'être un as en potions.

-Je ne sais pas, répondit Harry en haussant les épaules, mais il avait besoin de quelqu'un dont la loyauté ne fait aucun doute et qui soit prêt à laisser mourir la plupart de ses camarades. De mon point de vue, ça fait de Bellatrix une excellente candidate.

-C'est une piste sérieuse, déclara Remus d'un air grave. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Qu'on la suive discrètement ?

-Non, pas pour le moment, répondit Harry. Rodrigue s'en occupe. Une fois qu'il aura trouvé où elle cache son fichu livre, je m'arrangerai pour le lui confisquer. En attendant, je voudrais que vous fassiez des recherches sur les propriétés magiques de l'étoile de sang. Il faudrait que vous dressiez une liste des différentes potions qui en contiennent. Vous voulez bien ?

-Bien sûr, répondit aussitôt Remus.

-Je pense que c'est une bonne idée, dit Peter, soulagé qu'on ne lui demande pas quelque chose de plus dangereux.

-Bon… Ce n'est pas aussi drôle que de kidnapper Bellatrix et de la forcer à avouer, mais au moins, on fera quelque chose, concéda Sirius.

-Peut-être plus tard, répondit Harry avec un sourire mauvais (les yeux de Sirius se mirent à briller d'espoir).

-Eh, intervint James, l'air mécontent. Pourquoi tu ne m'as pas proposé de participer ? Je ne suis pas assez intelligent ?

-James… Il s'agit de livres, pas de bandes dessinées, le taquina Sirius (James lui jeta un regard assassin).

-En fait, dit Harry en ignorant Sirius, j'avais pensé que tu pourrais me remplacer à l'infirmerie. Comme ça, tu pourrais rester auprès de Lily en toute légalité.

-C'est vrai ? s'exclama James, qui ne pouvait croire à sa chance. Tu veux bien m'intégrer aux IA ?

-Pourquoi pas ? demanda Harry en haussant les épaules. A vrai dire, ça m'arrangerait bien… Tu es d'accord ?

-Et comment !

-Eh ! s'exclama Sirius, feignant l'indignation. Si James peut être intégré aux IA, pourquoi pas moi ?

-Sirius, dit Remus en lui jetant un regard sévère, la dernière fois que j'ai compté, James n'a eu que douze retenues depuis la rentrée. Certes, c'est un chiffre non négligeable, mais ce n'est rien comparé à tes cent vingt-cinq.

-Voilà précisément la raison, approuva Harry.

-Toi, tu peux parler, rétorqua Sirius. Nos retenues, on les a faites ensemble, tu te souviens ?

-En fait, intervint Peter, William en a sept de plus que Sirius. J'ai compté. Il est devenu le deuxième élève le plus sanctionné de toute l'histoire de Poudlard. Sirius vient juste après.

-Ah, tu vois ? fit Sirius d'un air triomphal.

-Le deuxième, seulement ? demanda Harry avec intérêt. Qui est le premier ?

-Albus Dumbledore, répondit Peter avec un grand sourire.

-QUOI ? s'écrièrent les quatre garçons en chœur.

-Tu te fiches de nous, hein ? demanda James, sceptique.

-Pas du tout, répliqua Peter. Vous pourrez vérifier vous-même. C'est écrit dans l'Histoire de Poudlard et dans les Mille records farfelus des sorciers d'Angleterre.

-Je n'en reviens pas, dit Remus, effaré.

-Idem, ajouta Sirius. Le vieux fou remonte dans mon estime.

-Moi, ça ne m'étonne pas tant que ça, dit Harry. Si vous saviez ce qu'il fait quand il est seul dans son bureau…

-Il a pris combien d'heures ? demanda Sirius.

-Cent quarante-trois par an, répondit Peter. C'est une moyenne calculée sur les sept ans d'études. Actuellement, ta moyenne n'est que de quatre-vingt-seize. Celle de James est à quatre-vingt-neuf.

-ça alors, dit James en se tournant vers Sirius avec un sourire malicieux, c'est à se demander ce qu'on a fait pendant les six dernières années, tu ne trouves pas ?

-Oui, mais l'année n'est pas terminée, dit Sirius. On peut encore se rattraper.

Remus eut soudain l'air épouvanté.

-N'y penses même pas, protesta-t-il avec véhémence. Je te préviens, si tu refais la moindre bêtise…

-C'est bon, je plaisantais, soupira Sirius.

-Bon, dit Harry, une fois arrivé devant la porte du couloir du deuxième étage, c'est ici qu'on se sépare. Je viendrai vous rejoindre dés que possible.

-D'accord, mais par quoi veux tu que nous commencions les recherches ? demanda Remus.

Harry réfléchit un instant.

-Cherchez dans les potions de soin de haut niveau, dit-il, en particulier celles qui impliquent la magie noire. Bien sûr, il faudra sans doute faire un petit tour dans la réserve, mais je vous fais confiance…

Les maraudeurs eurent un sourire entendu.

-Oh, ça ne devrait pas poser de problèmes, répondit Remus d'un air détaché.

-C'est bien ce que je pensais. A plus tard !

Remus, Peter et Sirius partirent dans la direction opposée. Harry poussa la porte, jeta un coup d'œil dans le couloir et fit signe à James de le suivre. Un peu nerveux, celui-ci se passa une main dans les cheveux pour éviter qu'ils ne paraissent trop bien coiffés –un tic dont il n'avait jamais réussi à se débarrasser complètement, malgré les remarques cinglantes de Lily, les railleries de Sirius et les soupirs exaspérés de Remus. Harry réprima un ricanement, et entra dans la pièce où était soignée Lily.

Celle-ci les attendait, assise dans son lit, l'air pâle et fatiguée mais alerte.

-Salut, dit Harry en s'arrêtant sur le seuil, je suis de retour. J'ai ramené de la compagnie…

-Pousse-toi, grogna James en l'écartant et en entrant à son tour dans la salle.

Il marcha directement jusqu'à Lily, prit une chaise et s'assit à côté d'elle.

-Salut, dit-il en souriant avec une certaine maladresse. Comment… Comment ça va ?

-Mieux, répondit-elle. Merci d'être venu me voir. Ça m'a fait très plaisir.

Il y eut un moment de silence gêné. Visiblement, les deux jeunes gens avaient beaucoup de choses à se dire… En privé. Harry se racla la gorge.

-Hum… Bien, je crois que je vais vous laisser…

-Hein ? s'étonna Lily. Mais qui va surveiller les malades ?

-C'est moi qui vais m'en occuper, déclara James avec un clin d'oeil. Je viens d'être accepté au club très select des IA. Pas mal, hein ?

-Heu… dit Lily d'un air méfiant, en se tournant vers Harry. Est-ce bien raisonnable ?

-A vrai dire, répondit celui-ci, je comptais sur toi pour le surveiller.

Lily éclata de rire et James feint de se vexer.

-Quoi ? protesta-t-il. Tu ne me fais pas confiance ?

-Du calme, je plaisantais, dit Harry d'un air conciliant. En fait, expliqua-t-il à James, ton travail n'est pas très compliqué. Il faut leur donner trois potions : celle-là, dit-il en prenant un flacon violet sur une table, c'est la potion de sommeil. Il faut leur en donner deux cuillères après chaque repas, c'est-à-dire vers neuf heures, treize heures et vingt-et-une heures. La rouge, c'est celle contre la toux. Une cuillère le matin et le soir. La verte, c'est seulement pour ceux qui ont des douleurs d'estomac. Sinon… Il faut rafraîchir les lits de temps en temps et changer leurs sacs de glaçons. Si un des malades se met à vomir, à convulser ou s'il est pris d'une toux très violente, utilise la cloche suspendue près de la fenêtre, un infirmier ou un médecin viendra aussitôt. Voilà… Je crois que c'est à peu près tout. Des questions ?

-Non, c'est bon. Je crois que j'ai compris.

-Bien. Ah, une dernière chose. Si le professeur Lisbon se pointe, dis-lui bien que nous n'accepterons de lui faire un nouveau test que si sa vie est menacée de manière évidente.

-OK…

-Et, en aucun cas, ne laisse entrer Bellatrix. Si elle revient, appelle madame Pomfresh.

-Compris.

-Et… un dernier détail…

Harry sortit sa baguette, la pointa sur James et fit apparaître autour de son bras gauche le brassard des IA.

-Voilà qui officialisera les choses, dit-il avec un hochement de tête satisfait. A plus tard.

Il ouvrit la porte, et, un instant après, se retrouva dans le couloir. A sa grande surprise, Rodrigue l'y attendait.

HPHPHPHPHPHPHPHPHPH

-Qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna Harry. Tu étais censé suivre Bellatrix.

-Je l'ai fait, répondit Rodrigue. Mais j'ai découvert quelque chose qui devrait t'intéresser.

-Ah ?

-Je sais où cette petite idiote cache son livre.

-C'est vrai ? s'exclama Harry. Merveilleux ! Où est-ce ?

-Allons-y.

Sans plus tarder, ils se mirent en chemin.

-Dis-moi, demanda Harry, est-ce qu'elle a fait quelque chose de particulier, aujourd'hui ?

-Elle est restée toute la matinée enfermée dans ce placard. Vers une heure, elle est sortie –mais sans son livre. J'ai profité de son absence pour faire une petite inspection, et je pense avoir trouvé sa cachette. Mais il faut un briseur de sortilèges pour s'en emparer.

-ça ne devrait pas poser de problème.

Rodrigue le fit traverser le grand hall, le conduisit dans un petit passage étroit qui longeait le donjon des Serpentards, descendit un escalier tortueux et entra dans un petit réduit qui semblait servir de dépotoir. Au fonde ce réduit, il y avait une armoire, rongée par les mites, dont la porte était cassée.

-Nous y voilà, annonça Rodrigue.

Harry s'avança vers l'armoire et l'ouvrit. Les objets qu'elle contenait semblaient bons pour la poubelle : une pile d'assiettes ébréchées, un miroir fendu, une horloge qui ne fonctionnait plus, une boîte remplie de chiffons sales, des encriers vides…

-Le miroir, dit Rodrigue, répondant à la question muette de Harry.

Celui-ci ramassa le miroir, le posa sur une petite table poussiéreuse et l'étudia attentivement.

-Tu penses qu'elle l'a caché là-dedans ? demanda-t-il, perplexe.

-Essaie de poser ta main dessus, tu vas voir.

Harry posa sa main sur la surface lisse du miroir. Aussitôt, celle-ci prit une couleur violette. Un cri s'éleva, semblable à la plainte d'un homme agonisant, et Harry fut violement rejeté en arrière. Le miroir tomba au sol, se fendant davantage.

-Ouah, la vache, pesta Harry en se massant le poignet, ce truc est bourré de magie noire ! J'ai du mal à croire que Bella l'ait fait toute seule. Enfin, passons…

Prudemment, il se pencha de nouveau sur la glace et l'examina de plus près.

-Mm… dit-il en sortant sa baguette, a priori, je dirais qu'il s'agit de magie romane… Ce genre de magie était très à la mode en Europe occidentale au treizième siècle… Un style très classique, sans beaucoup d'imagination, mais efficace.

Avec sa baguette, Harry se mit à sonder le miroir. Des incantations, murmurées à voix basses, provoquaient de temps à autre des gerbes d'étincelles, des vibrations ou de nouvelles plaintes. Absorbé dans son travail, il ne prêtait aucune attention au tic-tac de l'horloge ni aux commentaires sarcastiques de Rodrigue.

-Bien, dit-il au bout d'une heure, je crois que cette fois, on y est.

-Tu as trouvé le contresort ? demanda Rodrigue en baillant.

-Non, je crois seulement que j'ai trouvé le sort dont il s'agit. Maintenant, il va encore falloir inventer une contre-formule… Ce n'est pas simple.

-Quoi ? protesta Rodrigue, mécontent. Ça fait déjà une heure que t'es là-dessus. Tu ne pourrais pas aller plus vite ?

-Tu n'as qu'à le faire, si tu es si malin, répliqua Harry en le foudroyant du regard.

-On a qu'à balancer ce machin par terre, proposa Rodrigue.

-En voilà, une bonne idée ! railla Harry. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? C'est si simple… Maintenant tais-toi et laisse-moi travailler.

Harry fit apparaître une chaise, des parchemins et une plume et s'installa sur la table poussiéreuse. Il se mit à griffonner des formules dans toutes les langues, grattant, raturant et froissant les feuilles noircies. Comme il l'avait dit, c'était un travail complexe, qui exigeait de solides connaissances en arithmancie, en langues et en sortilogogie, et qui pouvait s'apparenter à la résolution d'une équation mathématique particulièrement difficile. Bientôt, des perles de transpiration apparurent sur son front et ses doigts se noircirent d'encre.

Enfin, au bout d'un temps qui sembla durer des heures à Rodrigue, Harry leva les yeux et contempla son travail d'un air satisfait.

-Bon, dit-il, on va essayer ça.

Il se leva, prit sa baguette, la pointa sur le miroir et prononça une incantation en latin. Mais le résultat ne fut guère probant : aussitôt,le miroir se mit à vibrer comme le réacteur d'un avion et émit un bruit sinistre, semblable au crissement d'une craie sur un tableau noir multiplié par dix. Rodrigue bondit sur ses pattes et courut ventre à terre se réfugier sous l'armoire, tandis que Harry se bouchait les oreilles du mieux qu'il pouvait.

-Fi… Finite incantatem ! parvint-il à articuler, devant crier pour que son incantation ne soit pas entièrement couverte par l'insupportable crissement.

Le bruit s'arrêta et le miroir cessa de vibrer.

-Ah, bravo, persifla Rodrigue, furieux, en sortant de sa cachette. Très beau travail. Avec ça, si la moitié de l'école ne t'a pas entendu, c'est qu'ils sont tous devenus sourds.

-C'est bon, ça va, soupira Harry (il jeta un sortilège pour rendre la porte invisible pour d'éventuels curieux). Ça ne marche pas toujours du premier coup.

Il se rassit à la table et reprit tout son travail à zéro pour essayer de comprendre son erreur. Encore une fois, cela dura très longtemps et Rodrigue, agacé, se mit à tourner en rond comme un lion en cage, proférant des sarcasmes et des commentaires en fourchelangue. Il ne s'arrêta que lorsque Harry, perdant patience, se leva de sa chaise et menaça de le changer de façon irréversible en paillasson.

Enfin, au bout d'un long moment…

-Cette fois, j'ai trouvé, s'exclama Harry d'un air triomphal.

-Attend une minute,avant de lancer ton sort, dit Rodrigue d'un air méfiant (il se leva et se cacha rapidement sous l'armoire). C'est bon, tu peux y aller.

Harry se racla la gorge, leva sa baguette et fit quelques moulinets en prononçant son incantation.

Cette fois, à son grand soulagement, il n'y eut pas de bruit assourdissant. Le miroir s'éleva d'une dizaine de centimètres, se dressa à la verticale et… se mit à changer de forme. De rectangle, il devint d'abord disque, puis losange, carré, pique, trapèze, trèfle, cœur, triangle, puis, quand il eut essayé toutes les formes et les symboles imaginables, reprit son aspect original et retomba lourdement sur la table.

-Bon, dit Harry en toussotant, c'était, heu…, pas très concluant.

-Nullissime, tu veux dire, rétorqua Rodrigue.

-T'exagères, protesta Harry. Cette fois, au moins, il est resté silencieux. C'est un progrès indéniable !

-Pour nos oreilles, peut-être. Mais on ne peut vraiment pas dire qu'on se soit approché du but.

-Bon, ça va… maugréa Harry en se rasseyant. J'admets qu'il y a encore quelques petits détails à mettre au point…

-Ce que j'aime bien, chez toi, dit Rodrigue d'un ton railleur, c'est ton optimisme.

HPHPHPHPHPHPHPHPPHPHPHHP

Pendant sa première heure à l'infirmerie, James ne quitta pas le chevet de Lily. Heureux de la voir retrouver des couleurs, il l'entretenait de tout et de rien, lui contait les dernières aventures du château et l'informait des rumeurs qui circulaient. Elle s'amusa beaucoup des tentatives acharnées de Lucrécia Black pour récupérer son fils cadet, mais parut passablement inquiète à propos des délires du professeur Cartiguayne.

-Quand même, donner des drogues douces à ses élèves… Pendant les cours, en plus… Elle devrait être renvoyée…

-Ouais, dit James en riant, elle le serait déjà s'il n'y avait pas cette histoire de virus… Tu comprends, ils ne peuvent pas la mettre à la porte. Et pour l'instant, je crois qu'ils ont des chats plus important à fouetter.

-Mmm, fit Lily, à propos, tu ne devrais pas t'occuper un peu de tes malades ?

-Pour quoi faire ? demanda James en haussant les épaules. Ils ont l'air d'aller bien.

-Vraiment ? Il y en a un, là-bas, qui s'agite depuis un certain temps.

-Bon, d'accord, je vais voir…

James se retourna et s'approcha du lit du malade agité. Mais quand il reconnut son occupant, il se figea de stupeur.

-Hé, mais, c'est Rogue ! s'écria-t-il avec un mélange de surprise et de dégoût.

-Et alors ? demanda Lily d'un air réprobateur.

-Mais… mais… Mais enfin, bafouilla James en le désignant d'un air incrédule, je ne vais quand même pas m'occuper de… ça !

Lily lui jeta un regard encore plus sévère.

-« ça », répliqua-t-elle, c'est un de tes malades ! Tu es censé veiller à son état de santé.

-Maaiiiiiiiiis… tenta James en se tassant sur lui-même.

-James… dit Lily d'un air menaçant.

-D'accord, d'accord, soupira celui-ci, vaincu. Qu'est-ce que je suis censé faire, maintenant ?

-Essaye de lui parler, dit Lily.

-Oh, génial, bougonna-t-il.

James, méfiant, s'approcha lentement du lit de Rogue, comme s'il craignait qu'un serpent venimeux ne soit caché dans ses couvertures.

-Servilus ? appela-t-il de mauvaise grâce.

-NE L'APPELLE PAS COMME CA ! protesta Lily, qui, en plus de ses couleurs, avait visiblement retrouvé sa voix.

-Ok, Ok… Rogue ? Ohé, Rogue, tu m'entends ? C'est Potter, le vilain Gryffondor.

Rogue ne semblait pas l'entendre. Les yeux fermés, il ne cessait de se retourner en murmurant des paroles inaudibles.

-Hein ? Qu'est-ce que tu dis ? demanda James, intrigué.

-Potter… tué… poison…

-Ouais, c'est moi, dit James avec un demi-sourire. Tu te réveille, maintenant ?

Cette fois, Rogue cessa de marmonner et ouvrit les yeux. Pendant un instant, il considéra le visage qui l'interpellait de la sorte, faisant un effort pour le reconnaître. Puis, ses yeux s'agrandirent d'effroi, et il se redressa d'un bond en hurlant comme un dément.

-AAAAAAAAAAARRRRRRRGGGGHHHHH ! NOOOOOOOONNNNNNNN

-Silencio ! cria James en pointant sa baguette sur le cou de Rogue.

Aussitôt, le cri s'éteint, mais Rogue continua à se débattre dans son lit, s'emmêlant dans ses couvertures.

-Eh ben, dit James en se tournant vers Lily avec un grand sourire, il n'a pas l'air d'aller trop mal, tu ne trouves pas ?

Lily eut du mal à retenir un fou rire.

-Au moins, il reconnaît son pire cauchemar, dit-elle.

-Dis, demanda James d'un air faussement sérieux, à ton avis, qui est-ce qu'il déteste le plus : Sirius ou moi?

-Mmm, bonne question, répondit Lily d'un air amusé. Tu es doué en quidditch et l'un des élèves les plus populaires de l'école… D'un autre côté, Sirius est également très populaire et en plus, il a failli le tuer…

Rogue se mit à désigner James du doigt et s'efforça de crier, malgré les sortilèges, l'air hagard et les yeux exorbités.

-Réflexion faite, dit Lily, je pense que c'est toi.

-Je le savais ! s'exclama James en levant le poing en l'air en signe de victoire.

-Bon, et, euh, maintenant, qu'est-ce que je suis censé faire ? demanda James d'un air hésitant.

-Donne lui une demi-cuillère de potion de sommeil, dit Lily. Son état est stable, il est juste en train de délirer.

La tâche n'était pas aisée ; Rogue, qui semblait voir en James un monstre terrifiant, se débattait comme si ses jours en dépendaient. James dû recourir à un sortilège de ligotage pour le faire tenir en place. Retenu par des sangles à son lit, Rogue ne pouvait plus se défendre à coups de poings et de pieds, mais s'obstinaient à garder la bouche close, afin de ne pas avaler la potion que James tentait de lui administrer. Etrangement, les tentatives de James pour le rassurer semblaient produire l'inverse de l'effet souhaité.

Lily observait la scène sans chercher à dissimuler son amusement. Riant aux larmes, alors que Rogue venait de recracher sa potion à la figure de James, elle ne vit pas la porte s'entrouvrir et une silhouette dissimulée dans une grande cape se glisser dans la pièce, juste derrière elle. Et elle fut aussi surprise que James, lorsqu'un rayon rouge vint frapper celui-ci dans le dos. Avant d'avoir réalisé qu'on l'attaquait, il s'effondra au sol et sombra dans l'inconscience.

Réagissant aussitôt, Lily se redressa et chercha sa baguette à tâtons. Mais Bellatrix avait un temps d'avance sur elle. Avec un sourire mauvais, la jeune femme pointa sa baguette vers elle et lui envoya un éclair de stupefixion, qui la frappa de plein fouet. Lily retomba lourdement en arrière.

Bellatrix, fière de sa victoire, rangea sa baguette et rejeta sa longue chevelure en arrière.

-Serpentard, deux, imbéciles, zéro, dit-elle. Et maintenant, ma chère Cissy, on va aller faire une petite promenade…

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPH

-Sérum pousse-cerveau, lu Sirius d'un air intéressé. Effet : augmente la matière grise, stimule l'activité cérébrale. Hé, si j'avais su qu'il existait un truc aussi pratique, j'aurais bossé un peu plus les cours de Slughorn !

-Tu penses que Bellatrix essaye d'augmenter ses facultés intellectuelles afin de trouver l'antidote ? demanda Peter, très sérieusement.

Sirius éclata de rire, de ce fameux rire qui ressemblait à un aboiement.

-Dans ce cas, c'est un tonneau entier qu'il lui faudrait ! dit-il.

-De toute façon, expliqua Remus d'un air agacé, sans lever les yeux de sa lecture, cette potion double la taille de la tête de la personne qui en boit. On le saura si jamais Bellatrix en prend.

-Tiens, comment tu le sais ? demanda Sirius avec un sourire malicieux. T'as déjà essayé ?

-Bien sûr que non, andouille ! rétorqua Remus d'un ton exaspéré. En tant que préfet, je suis supposé connaître tous les stratagèmes stupides que certains élèves mettent en œuvre pour tricher aux examens.

Les trois amis s'étaient installés à une table dans un coin reculé de la bibliothèque, où ils pouvaient bavarder sans être entendu. Des piles de livres, que Peter et Sirius avaient volés dans la réserve pendant que Remus faisait diversion en demandant à la bibliothécaire de l'aider à chercher un ouvrage sur l'élevage des goules aquatiques, étaient posées devant eux. Sirius était plongé dans Les potions de grand pouvoir ; Remus s'était attaqué à Guérisons miraculeuses : le pouvoir des plantes ; Peter, quant à lui, avait opté pour Les grandes avancées des thérapies magiques. A chaque fois qu'ils tombaient sur un remède contenant des étoiles de sang, permettant de soigner un virus proche de celui qui frappait Poudlard, ils l'ajoutaient à leur liste en notant soigneusement les références.

-J'ai une potion qui permet de soigner le cancer de la prostate, annonça Peter d'un air soucieux. Je ne sais pas vraiment ce que c'est, la prostate. Vous croyez que ça pourrait correspondre ?

Sirius et Remus échangèrent un regard, et, malgré leurs efforts pour rester calme, éclatèrent de rire.

-Ben quoi ? demanda Peter sans comprendre. Qu'est-ce que j'ai dit ?

Remus et Sirius s'efforcèrent de reprendre leur sérieux.

-T'inquiète pas, Peter, dit Sirius en posant une main sur son épaule, je crois que t'as pas besoin de la mettre sur la liste…

Remus donna un coup de coude à Sirius ; leurs éclats de rire avaient attiré l'attention de l'effroyable madame Balla, qui venait vers eux avec son expression la plus sinistre. Aussitôt, les trois amis replongèrent dans leur lecture.

Ils continuèrent leur travail en silence pendant près de deux heures. Mais soudain, Remus, levant les yeux, s'aperçut de la présence d'un intrus.

-Sirius, dit-il à voix basse en lui donnant un coup de coude.

-Quoi ? grogna celui-ci.

Remus désigna un endroit derrière lui. Sirius se retourna, et eut la surprise de voir son petit frère, Regulus, qui le regardait avec crainte à quelques mètres de lui. Visiblement, le jeune garçon hésitait entre lui parler et s'enfuir à toutes jambes.

-Ah, c'est toi, dit Sirius d'un air indifférent. Qu'est-ce que tu veux ?

-Je voudrais… Je voudrais te parler, répondit Regulus d'une voix chevrotante.

-Eh ben, vas-y, répondit Sirius en haussant les épaules.

-Euh… Tu… Tu ne voudrais pas sortir une minute ? demanda Regulus en jetant un regard craintif vers Remus et Peter.

-Quoi, maintenant ? demanda Sirius d'un ton râleur. Tu ne vois pas que je suis occupé ?

-S'il te plait… C'est important.

Sirius échangea un regard intrigué avec Remus et Peter. D'ordinaire, Regulus faisait tout pour éviter de se retrouver face à lui. Qu'est-ce qui lui prenait, soudainement ?

-D'accord, j'arrive, dit-il en haussant une seconde fois les épaules. Mais j'espère pour toi que c'est très, très important.

Il se leva et suivit Regulus hors de la bibliothèque. Le couloir était désert. Sirius s'adossa contre le mur, croisa les bras et regarda son frère avec un sourire ironique. Malgré son air décontracté, il ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Et si Regulus venait lui annoncer qu'il était malade ? Certes, Regulus était un idiot, mais il restait tout de même son petit frère.

-Alors, qu'est-ce que tu as de si important à me dire ? demanda-t-il.

Regulus ouvrit la bouche plusieurs fois et la referma. Visiblement, ce qu'il avait à dire était particulièrement difficile.

-Allez, vas-y, dit Sirius avec une note d'impatience. Je vais pas te mordre, tu sais ?

-Sirius… commença Regulus. Je… enfin voilà, je voulais te dire que je suis « rose ».

La première réponse qui vint à l'esprit de Sirius, fut « je vois pas en quoi ça me regarde ». Mais alors qu'il ouvrait la bouche, il songea à ce qu'aurait pensé Remus d'une telle réaction et il eut honte de lui. Il s'apprêtait à prononcer une parole rassurante, mais Reglus le devança.

-Je sais que nous n'avons jamais été très proches, poursuivit Regulus. Mais enfin… Je voulais te dire… que je suis désolé…

Regulus se détourna, tremblant plus que jamais. Sirius, quant à lui, cligna plusieurs fois des yeux, croyant à une hallucination auditive; Regulus venait-il vraiment de s'excuser ?

-Heu… demanda-t-il enfin, en réprimant un commentaire sarcastique. De quoi t'excuses-tu, au juste ?

-J'ai peur de mourir… poursuivit Regulus sans répondre.

-Tu ne vas pas mourir, répondit Sirius d'un ton qu'il voulait assuré. Dumbledore va…

-Je ne peux pas faire ça, le coupa Regulus en murmurant, se parlant à lui-même.

Sirius était complètement perdu. Qu'arrivait-il à son petit frère ?

-De quoi parles…

Mais soudain, Regulus se retourna vers lui, baguette au poing, le visage déformé par un mélange de terreur et de haine.

-Stupé…

-Expelliarmus, cria Sirius, en sortant sa baguette d'un geste rapide et précis.

Regulus fut frappé de plein fouet par son sort de désarmement. Sa baguette lui échappa des mains et il heurta violement le mur.

Furieux, Sirius donna un coup de pied rageur à sa baguette, l'envoyant hors de portée du jeune garçon, qui à présent était recroquevillé au sol. Il se planta devant lui et le regarda avec une expression pleine de mépris.

-J'aurais du me méfier, dit-il entre ses dents. Alors comme ça, tu voulais me prendre par surprise ? Espèce d'idiot, tu as toujours été nul en duel. Mais qu'est-ce qui t'as pris, au juste ?

Regulus, le regard vitreux et le souffle haletant, semblait ne pas l'avoir entendu.

-Oh, et puis après tout, ça m'est égal, dit Sirius en haussant les épaules. Mais ne tente plus jamais un coup pareil, ou je te jure que tu le regretteras.

Laissant son frère seul dans le couloir, Sirius retourna dans la bibliothèque, où Remus et Peter l'attendaient, avides de savoir ce que voulait Regulus. Sirius leur raconta, à voix basse,ce qui c'était passé.

-C'est très bizarre, commenta Remus en fronçant les sourcils.

-Il t'a attaqué ? demanda Peter, stupéfait. Il t'a vraiment attaqué ?

-Puisque je te le dis, répondit Sirius, agacé.

-Il est devenu complètement fou ! s'exclama Peter.

-De toute façon, il a toujours été stupide, alors… Si ça se trouve, la fièvre l'a rendu maboul.

-Sirius, dit Remus d'un air sérieux, je pense que tu devrais en parler à William.

-Pourquoi ? demanda Sirius, un peu étonné. Ce n'est qu'une affaire de famille sans importance.

-Je n'en suis pas si sûr… Regulus a toujours eu peur de toi. Il n'ose pas t'approcher, sauf quand Bellatrix se trouve à proximité. Et si c'était elle qui l'avait envoyé ?

-Tu crois ? demanda Sirius, perplexe. Mais dans quel but ?

-Je ne sais pas, mais avec elle, il faut s'attendre à tout… Sirius, il faut en parler à William !

-Je veux bien, répondit Sirius en haussant les épaules, mais encore faudrait-il savoir où il se trouve. Comme il n'apparaît pas sur la carte, on pourrait le chercher longtemps.

-Tu as raison, répondit Remus. Attendons-le ici, alors.

Essayant de chasser les pensées déplaisantes qui leur venaient à l'esprit, les trois amis se remirent au travail.

HPHPHPHPHPHPHPHHPHPHPH

Lily reprit conscience la première. Retrouvant progressivement ses esprits, elle bondit de son lit et saisit sa baguette. Luttant contre la nausée, elle s'agenouilla auprès de James et le réanima.

-Lily ? demanda celui-ci en ouvrant les yeux.

-Je suis là, répondit-elle anxieuse.

-Qu'est ce qui s'est passé ? demanda James en se redressant.

En tombant, sa tête avait lourdement heurté le sol, et à présent son crâne lui faisait un mal de chien.

-Bellatrix t'a attaqué par surprise, expliqua-t-elle.

-Ah, mince ! s'écria James d'un ton rageur. Combien de temps je suis resté évanoui ?

-Je n'en sais rien, elle m'a eu aussi, répondit Lily d'un air piteux. Je viens juste de me réveiller.

James se releva et se massa le crâne. Peu à peu, ses pensées se firent plus claires.

-Hé, dit-il d'un ton réprobateur, tu ne devrais pas rester debout.

-Ça va, je retourne me coucher, répondit Lily, un peu agacée.

Elle retourna dans son lit, l'air préoccupée. James l'aida à placer ses couvertures.

-Qu'est-ce qu'elle voulait, au fait ? reprit James.

-Je ne…

Lily ne termina pas sa phrase, car son regard venait d'être attiré par quelque chose. Horrifiée, elle plaqua sa main contre sa bouche.

-Quoi ? demanda vivement James. Qu'est-ce qu'il y a ?

-James, elle a disparu ! Narcissia Black a disparu !

-Hein ?

James, perplexe, se retourna,et constata à son tour que l'un des lits était vide.

-Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

Lily, très inquiète, lui agrippa le poignet.

-James, il faut la retrouver ! dit-elle d'un ton pressant. Je crois que Bellatrix l'a enlevée ! Elle a déjà essayé, tout à l'heure, mais William l'en a empêché.

-Mais pourquoi Bellatrix voudrait-elle enlever sa sœur ? demanda James, troublé.

-Je n'en sais rien. C'est justement ça qui m'inquiète. James…

-D'accord, d'accord, l'arrêta-t-il. Je vais la retrouver. Avec la carte, ça ne devrait pas être trop compliqué.

Il allait sortir, quand une pensée lui traversa l'esprit.

-Je ne peux pas laisser les malades sans surveillance, dit-il, ennuyé.

-Je les surveillerai à ta place, proposa Lily.

-Non, ce ne serait pas raisonnable. Et s'il t'arrivait quelque chose ?

Pendant quelques instants, ils se dévisagèrent en silence, sans savoir quoi faire. Heureusement, à ce moment précis, la porte s'ouvrit. Sally Larson entra.

-Salut ! lança-t-elle. Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle à James. Je suis censée remplacer William.

-Il y a eu quelques changements de programme, expliqua James sans donner plus de précisions. Mais tu tombes à pic. Il faut justement que je m'absente un moment.

-Qu'est-ce qu'il se passe, ici ? demanda Sally en fronçant les sourcils, remarquant l'air préoccupé de James et Lily.

-Je t'expliquerai plus tard, promit celle-ci. James…

-J'y vais, dit-il en hochant la tête.

Il l'embrassa furtivement, traversa la salle et se mit à courir en direction de la tour des Gryffondors pour récupérer la carte du maraudeur.

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPH

-Cette fois, c'est sûr, ça va marcher ! dit Harry en remontant ses manches d'un air déterminé.

-C'est drôle, j'ai comme l'impression d'avoir déjà entendu ça quelque part, railla Rodrigue.

Après plusieurs tentatives infructueuses, le réduit s'était transformé en un véritable champ de bataille. Les meubles étaient renversés, les objets avaient volé en tous sens et le sol était jonché de feuilles de brouillon noircies.

-Tais-toi et admire l'artiste, répliqua sèchement Harry.

Il se racla la gorge, leva sa baguette et prononça à haute et intelligible voix une incantation latine :

-Tesaurum rejectes !

Pendant un instant, il ne se passa rien. Puis, le miroir s'illumina et se remit à vibrer. Un grondement sourd se fit entendre. Et soudain, une substance verdâtre se mit à jaillir abondamment de la glace, aspergeant Harry et Rodrigue de la tête aux pieds.

-Beurk, dit Harry en recrachant la boue qui lui était rentrée dans la bouche, une fois que le flot se fut apaisé. De la bouse de dragon !

-Un jour, tu me le paieras, grinça Rodrigue, dont les yeux améthystes lançaient des éclairs. Je te jure que tu me le paieras.

Le chat était entièrement couvert de bouse : seuls ses yeux étaient encore visibles.

-Bon, ben, c'est pas dramatique, dit Harry en essayant de dédramatiser. On va nettoyer ça tout de suite.

Il claqua des doigts et aussitôt, la bouse disparut.

Soudain, quelque chose attira son attention sur le sol carrelé. Harry le ramassa : c'était un livre, épais et usé, avec une couverture en cuir noir.

-Bien, bien, bien, dit-il lentement, on dirait que nos efforts ont fini par payer.

-De quoi s'agit-il ? demanda Rodrigue avec avidité.

Harry ouvrit la couverture et lut le titre sur la page de garde.

-Art et pouvoirs des grandes malédictions, dit-il en fronçant les sourcils.

Il échangea avec Rodrigue un regard surpris.

-Ce n'est pas vraiment ce à quoi tu t'attendais, commenta Rodrigue entre ses dents.

-Non, en effet, confirma Harry, profondément troublé.

-Que sais-tu à propos des malédictions ?

Harry réfléchit un instant.

-C'est l'un des arts les plus obscurs de la magie, répondit-il finalement. Ceux qui les pratiquent sont sévèrement punis par la loi. Le principe d'une malédiction est de lancer un sort complexe et durable sur un objet ou une personne. Pour y parvenir, le lanceur doit pratiquer un rituel très précis, au cours du quel des offrandes seront offertes.

-Des offrandes ? Quels genres d'offrandes ?

-Tout dépend de la nature de la malédiction. Plus le sortilège est puissant, plus les offrandes doivent avoir de valeur. Il peut même s'agir de vies humaines.

Harry s'assit, prit son visage entre ses mains et se mit à réfléchir.

-Ce que je ne comprends pas, dit-il au bout d'un moment, c'est ce que cherche à faire Bellatrix. Les malédictions servent uniquement à nuire à quelqu'un ou à quelque chose. En aucun cas elles ne peuvent guérir les blessures et les maladies.

-Alors… Est-ce que tu penses qu'elle cherche à blesser quelqu'un ? demanda Rodrigue.

-Peut-être… Mais j'ai du mal à croire qu'elle ne s'occupe pas du virus.

-Et si elle avait passé un marché avec Voldemort ? Du genre, commettre un meurtre en échange d'un remède ?

-Possible… répondit Harry d'un air sceptique. Mais quel serait l'intérêt de Voldemort, puisque de toute façon, tout le monde risque de mourir à cause du virus ?

-Je ne sais pas…

Harry se leva en poussant un soupir de lassitude.

-Bon, dit-il, je vais réfléchir à tout ça. En attendant, allons rejoindre les autres à la bibliothèque.

Grâce à quelques métamorphoses, quelques traversées de murs et sorts d'accélération, il ne leur fallut pas plus de cinq minutes pour rejoindre la bibliothèque. Sirius, Remus et Peter levèrent les yeux. La tension qui les habitait était visible sur leurs visages.

-Ah, enfin ! dit Sirius d'un ton impatient. Du nouveau ?

Harry prit une chaise et montra le livre.

-J'ai confisqué son manuel, anonça-t-il.

Sirius le lui arracha des mains et l'ouvrit à son tour à la page de garde. Remus et Peter se penchèrent pour lire sur son épaule.

-« Les grandes malédictions » ? lut Remus à voix haute en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que ça signifie ?

-ça, c'est la question à mille galions, répondit Harry en haussant les épaules en signe d'ignorance.

Il leur expliqua de manière succincte ce qu'il savait des malédictions. Les trois maraudeurs semblèrent déçus et frustrés : ils avaient espéré des réponses, et au lieu de cela on leur offrait des nouvelles énigmes.

-Bref, on n'est pas plus avancés, constata Sirius d'un air dépité.

-Laisse-moi un peu de temps, répondit Harry en haussant les épaules. Et de votre côté, qu'est-ce que ça donne ?

-Nous avons déjà répertorié une vingtaine de possibilités, dit Remus en montrant la liste. Apparemment, les étoiles de sang sont très utilisées.

-Je me demande si tout ça sert vraiment à quelque chose, se plaignit Peter en regardant tristement les piles de livres non étudiés.

-Et puis, dit Sirius, il s'est passé quelque chose de bizarre en ton absence. Regulus m'a attaqué.

Harry fronça les sourcils.

-Attaqué ? répéta-t-il, perplexe.

-Ouais, dit Sirius avec un sourire méprisant. Il est vraiment stupide, pas vrai ?

Sirius raconta les détails de son altercation avec Regulus. A sa grande surprise, son ami sembla fasciné par ce récit. Immobile sur sa chaise, il ne quitta pas Sirius des yeux, semblant boire littéralement ses paroles. Quand celui-ci eut terminé son récit, il ne dit rien. Le regard dans le vide, il semblait plongé dans une intense réflexion. Troublés par la réaction de leur ami, les trois maraudeurs échangèrent des regards perplexes. Peter ouvrit la bouche pour poser une question, mais Remus lui fit signe de se taire.

-Narcissia, dit soudain Harry.

-Hein ? fit Sirius.

Brusquement, Harry s'empara du livre sur les malédictions et se mit à le parcourir avec frénésie, sous les regards de plus en plus intrigués des maraudeurs.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Sirius d'un ton pressant.

Harry ne répondit pas, mais continua à feuilleter le livre. Soudain, il s'arrêta et se mit à lire, ses yeux sautant de ligne en ligne à une vitesse effrénée. Sirius, Peter et Remus se penchèrent pour essayer de lire à leur tour, mais avant qu'ils n'aient eu le temps de voir ce dont il s'agissait, Harry s'était levé d'un bond, refermant le livre d'un geste sec.

-Venez, dit-il en se dirigeant d'un pas énergique vers la sortie, suivi de Rodrigue.

Les trois maraudeurs échangèrent de nouveau un regard perplexe, puis lui emboîtèrent le pas.

-Heu… Où est-ce qu'on va ? demanda Peter d'un ton hésitant.

-Chez Dumbledore, répondit Harry.

-Hein ? s'exclamèrent les trois autres à l'unisson.

-Je crois que je sais ce que prépare Bellatrix, expliqua Harry. Et croyez-moi, c'est tout sauf réjouissant.

HPHPHPHPHPHPHPPHPHPHPHPHPHP

James atteignit la tour des Gryffondors en un temps record. Le souffle court, il du mettre son dortoir à sac avant de mettre la main sur la précieuse carte (avec lui et Sirius, le dortoir était généralement un véritable capharnaüm). Quand enfin il la trouva, il la déplia et parcourut des yeux ses traits finement dessinés par Remus.

Il mit un certain temps avant de retrouver les sœurs Black. Celles-ci se trouvaient dans une petite pièce du premier étage, au Sud du château. James poussa un juron. Ils s'aventuraient peu dans cette zone, car le seul moyen d'y accéder, à leur connaissance en tout cas, était de traverser la salle commune des Serpentards. Non qu'ils aient peur des élèves de cette maison (à part Rogue et Bellatrix, la plupart semblaient avoir du mal à faire la différence entre une baguette magique et une aiguille à tricoter), mais l'endroit était truffé de pièges désagréables. Quand ils s'y rendaient, ils avaient la curieuse impression que murs, objets et animaux ressentaient leur présence et essayaient de les faire fuir. En général, il leur arrivait quelque chose de désagréable. Il n'était pas près d'oublier la fois où un cactus en pot s'était soudainement animé et avait mordu Sirius jusqu'au sang. Il avait dû mettre le feu à la plante pour que celle-ci consente à le lâcher. Mais le cri de douleur avait tiré la moitié des Serpentards de leurs lits, et ils les avaient pris en chasse. Les maraudeurs s'étaient échappés de justesse, mais ils avaient écopé de deux semaines de retenues pour s'être promené la nuit dans les couloirs et pour être entré dans une maison qui n'était pas la leur.

James se morigéna ; ce n'était quand même pas lui, James Potter, qui allait hésiter à se jeter dans la gueule du loup. Et puis, Bellatrix, en l'attaquant par derrière (devant Lily en plus !), l'avait cruellement blessé dans son amour-propre. Il ne pouvait quand même pas laisser passer une injure pareille.

Il prit donc la direction de la maison des Serpentards. Une fois arrivé, il s'enveloppa dans la cape d'invisibilité et attendit qu'un élève de Serpentards arrive afin de se glisser discrètement derrière lui.

Par chance, il n'eut pas à attendre trop longtemps. Au bout de quelques minutes, Rosier et Wilkes arrivèrent, l'air morose. James s'approcha d'eux à pas de loup et se faufila rapidement dans l'ouverture.

Les lumières vertes et les murs froids étaient aussi laids que d'habitude, mais à part ça, songea James, l'ambiance parmi les élèves ne différait pas beaucoup de celle de sa propre maison. La majeure partie des élèves erraient sans but, déprimés. Les autres s'étaient subitement redécouverts une passion pou l'étude, et en particulier pour les potions ; dans tous les coins, des chaudrons exhalaient des vapeurs malodorantes. Chacun cherchait de son côté un remède efficace, mais le succès ne semblait pas au rendez-vous. L'un des élèves avait pris une horrible couleur jaune et crachait des bulles de savon par la bouche et les oreilles, un autre n'arrêtait pas de se gratter… En tout cas, songea James, aucune chance que ceux-ci soient impliqués dans un complot maléfique impliquant de terribles mages noirs. Ce qui, en soi, constituait une bonne nouvelle.

Alors que Rosier et Wilkes expulsaient avec violence des premières années, accusés d'avoir volé « leur » canapé, James jeta un coup d'œil sur la carte, et grimaça. Bellatrix et Narcissia se trouvaient dans une salle secrète, à laquelle on accédait en s'écorchant la main sur l'épée d'une armure. Celle-ci s'écartait alors de quelques pas et le mur devenait traversable pendant quelques secondes. Le problème, c'était de faire bouger l'armure sans attirer l'attention. L'entrée se trouvait à gauche de la cheminée, de sorte que tous les élèves installés dans les fauteuils et les canapés pourraient la voir.

Par chance, l'un des chaudrons explosa subitement, projetant une mixture rougêatre et brûlante dans toute la pièce. James sauta sur la diversion qu'un sorcier peu doué venait de lui offrir malgré lui. Il longea le mur jusqu'au bout de la salle, s'approcha de l'armure, souleva un petit peu sa cape et appuya sa main contre le côté tranchant de l'épée. Aussitôt, l'armure s'écarta et James pu traverser le mur.

Il se retrouva alors dans un corridor étroit et dépourvu de tout éclairage.

-Lumos, murmura-t-il.

A pas de loup, il s'avança dans le corridor. Même avec sa baguette pour l'éclairer, il ne voyait pas à deux mètres devant lui. Apparemment, il n'y avait personne. Mais au fur et à mesure qu'il avançait, il entendit des bruits provenant du bout du couloir. Soudain, un gros monstre vert, gluant, pourvu de multiples tentacules, surgit de l'obscurité. James n'eut pas le temps de réagir. Il fut happé par la langue gigantesque de la bête et, en l'espace de quelques secondes, fut broyé par ses dents immenses. Ses membres se disloquèrent, ses entrailles jaillirent et du sang dégoulina sur la gueule du monstre. Sa mort fut brève mais violente.

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Poisson d'avril ! Niak niark niark ! Je vous ai bien eu, hein ? Désolé, c'était juste un petit délire sur un coup de tête. J'étais en train d'écrire, et puis tout à coup, je me suis demandée quelle tête vous feriez si je faisais un truc comme ça… Allez, un peu de sérieux. James n'est pas mort et l'histoire continue !

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP

A pas de loup, il s'avança dans le corridor. Même avec sa baguette pour l'éclairer, il ne voyait pas à deux mètres devant lui. Apparemment, il n'y avait personne. Mais au fur et à mesure qu'il avançait, il entendit des bruits provenant du bout du couloir. Quelque part devant lui, quelqu'un s'affairait. Bientôt, la faible leur d'une lanterne apparut devant lui. Il éteignit sa baguette et avança jusqu'à l'endroit où la couloir débouchait sur une petite pièce lugubre et dénudée.

Une silhouette sombre gisait au sol. Narcissia. La jeune fille poussait de faibles gémissements mais Bellatrix ne semblait pas s'en émouvoir. Au contraire, elle s'affairait en fredonnant joyeusement un petit air, parcourait la salle d'un bout à l'autre, piochait des objets dans un grand sac en toile et les disposait sur le sol. Parfois, elle s'éloignait de quelques pas et contemplait son œuvre d'un air critique, jetait un coup d'œil sur un bout de parchemin froissé qu'elle tenait en main et changeait la place d'un des objets. James se demandait à quoi tout ce petit manège pouvait bien rimer. Puis, Bellatrix sortit un briquet et s'agenouilla. James s'aperçut alors que les objets qu'elle avait posé au sol étaient des bougies, protégées par des bougeoirs en cristal de formes différentes. Quand elle les alluma, il devint évident que ces bougies n'avaient pas été placées au hasard ; les unes formaient un cercle, entourant Narcissia, les autres un triangle isocèle encastré dans le cercle dont l'un des sommets se trouvait juste au-dessus de la tête de la jeune fille. « Un rituel ! », comprit soudain James.

Une fois que les bougies furent allumées, Bellatrix plongea de nouveau sa main dans le sac et en tira une petite boîte noire. Elle l'ouvrit et sortit une petite fiole en verre. Le liquide qu'elle contenait était d'une intense couleur noire, mais les reflets qu'elle envoyait étaient rouges bordeaux. Voilà peut-être,songea James, où étaient passées les étoiles de sang. Elle retira le bouchon avec précaution et, religieusement, versa la potion sur le visage et les membres de sa sœur, formant des tâches brunâtres sur sa peau blanche. Du bout des doigts, elle étala le liquide pour être sûre qu'il s'imprègne bien.

Enfin, quand elle fut satisfaite, elle se leva et retourna chercher quelque chose dans le sac. Au début, James ne pu voir de quoi il s'agissait. Pourtant, quelque chose, dans l'attitude de Bellatrix, le mettait mal à l'aise. Elle avait perdu son arrogance habituelle qui faisait trembler la plupart des mâles de l'école, ses gestes étaient de plus en plus lents et, malgré la pénombre, James aurait juré que son teint avait blêmit. Pourtant, elle n'en paraissait pas plus humaine, bien au contraire. Son visage était déformé par un étrange mélange de peur, de résolution et… d'excitation ? Ce regard flamboyant… Cet étrange rictus… Ces mains qui tremblaient… Sans vraiment savoir pourquoi, James serra sa baguette un peu plus fort.

Bellatrix s'agenouilla à côté de Narcissia. L'air presque attendri, elle écarta une mèche blonde qui s'était collée sur le front humide de sa jeune sœur et la plaça délicatement derrière ses oreilles.

-Désolé, petite sœur, murmura-t-elle avec un sourire d'excuse.

Puis, son visage se fit de nouveau dur et cruel. D'un geste rapide, elle sortit de sa poche l'objet qu'elle avait tiré de son sac. Quand il comprit enfin ce que c'était, James sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Un poignard ! Bellatrix le saisit à deux mains, le leva juste au-dessus du cœur de Narcissia et s'apprêta à frapper.

-Stupéfix ! hurla James.

Un rayon rouge jaillit de sa baguette.Mais au lieu de frapper Bellatrix, qui se trouvait juste devant lui, le rayon sembla heurter un mur invisible et rebondit vers lui. James, frappé de plein fouet, tomba à la renverse sur le sol dur. En tombant, sa cape d'invisibilité glissa, révélant le bas de ses jambes.

Bellatrix se leva d'un bond et, en un éclair, tira sa baguette et la pointa sur James.

-Endoloris ! s'écria-t-elle, le visage exprimant une véritable fureur.

James, touché par le sortilège, ne pu s'empêcher de hurler. Pendant quelques secondes qui semblèrent durer des heures, il eut la sensation que son corps flambait de l'intérieur.

Enfin Bellatrix baissa sa baguette et la douleur s'arrêta. Bellatrix s'approcha, retira complètement la cape d'invisibilité et écarta d'un coup de pied sa baguette, qui valsa à plusieurs mètres de lui.

-Alors, Potter, dit-elle avec un sourire dédaigneux tandis qu'il récupérait, tu m'espionnais ?

James, le souffle court, ne répondit pas mais lui lança un regard haineux.

-Comme tu le vois, reprit Bellatrix d'un ton badin, j'ai installé une barrière magique, histoire de ne pas être dérangée pendant cette petite fête entre sœurs. Ton sortilège s'est retourné contre toi. Ingénieux, pas vrai ? Oh, excuse-moi, ce n'était sans doute pas très agréable, mais au moins, tu sauras désormais ce qui arrive à ceux qui mettent leur nez dans mes affaires sans y avoir été invité.

-Est-ce que… Tu es devenue complètement dingue ? Demanda James. Qu'est-ce qui te prends soudainement de vouloir assassiner ta propre sœur ?

-Assassiner ? répéta Bellatrix. Au contraire ! J'essaye de la sauver.

-En lui enfonçant un poignard tranchant dans le cœur ? À d'autres ! C'est un sacrifice que tu as organisé.

-Admettons, répondit Bellatrix en rejetant sa chevelure en arrière. Et alors ? De toute façon, elle est en train de mourir. Autant que sa mort serve à quelque chose.

-En train de mourir ? cria James, la voix tremblant de fureur. Qu'est-ce que tu en sais, d'abord ?

-Oh, arrête, répliqua Bellatrix d'un ton exaspéré. Ne te rends pas plus bête que tu en as l'air. Le Seigneur des ténèbres ne fait jamais les choses à moitié. Ce virus est destiné à purifier le monde sorcier de la racaille qui le pervertit. Il n'y aura pas de survivants, hormis une petite élite soigneusement triée.

-Et tant pis si ta sœur n'en fait pas partie, c'est ça ?

Bellatrix haussa les épaules.

-Sa mort est regrettable, répondit-elle, mais il n'y avait pas moyen de faire autrement. De plus, elle n'était ni courageuse, ni particulièrement douée. Mais, ajouta-elle avec un air mauvais, pourquoi t'inquiètes-tu tellement du sort de ma petite sœur ? Aaaah, je comprends. C'est à cause de ta sang-de-bourbe de petite amie.

-N'utilise pas ce terme ! rugit James.

-En effet, elle n'avait pas l'air en forme, tout à l'heure. Elle pourrait bien être une des prochaines à mourir, tu sais ?

-Tais-toi !

-Ce ne serait pas mal, poursuivit Bellatrix avec un sourire sadique. J'espère qu'elle souffrir…

N'y tenant plus, James décocha un violent coup de pied dans le genoux de Bellatrix. Surprise, celle-ci glapit de douleur et essaya de jeter un sort. Mais avant qu'elle ait pu prononcer le moindre mot, James s'était relevé d'un bond et se ruait sur elle. Une bataille féroce s'engagea pour s'emparer de la baguette de Bellatrix. James avait l'avantage de la force, mais Bellatrix, grande et athlétique, et surtout particulièrement tenace, ne lui rendait pas la partie facile. Elle jouait avec acharnement des pieds et des mains pour tenter de lui faire lâcher prise, lui lacérant l'avant-bras de ses ongles. A bout de nerfs, James osa un acte que très peu de mâles auraient eu le courage de faire : il attrapa une de ses longues mèches noires et tira de toutes ses forces.

-Aaaaaaaaaaargh ! hurla-t-elle.

D'un geste leste, James s'empara de sa baguette et la pointa vers elle.

-Stupéfix ! hurla-t-il.

Cette fois, la jeune fille, qui, là où elle se trouvait, n'était plus protégée par son bouclier magique, s'effondra sur le sol.

Le souffle court, James prit appui sur un mur afin de ne pas tomber. Pendant quelques instants, il laissa la tension retomber et son cœur retrouver un rythme normal.

Quand il eut retrouvé ses esprits, il réfléchit à ce qu'il devait faire. Le plus tentant aurait été d'emmener directement Bellatrix chez Dumbledore, et de laisser le directeur s'en occuper. Mais il ne pouvait se résoudre à laisser Narcissia seule dans cette pièce obscure et sinistre. La jeune fille semblait aller vraiment très mal. Son visage était trempé de sueur et elle délirait. De plus, il ne se voyait pas trop transporter une Bellatrix inconsciente sous le nez de ses admirateurs. Bellatrix était grande et lourde, mais peut-être pourrait-il porter Narcissia sous la cape d'invisibilité.

Il ramassa sa baguette et la mit avec celle de Bellatrix dans sa poche. Puis il s'approcha de Narcissia, se couvrit de la cape d'invisibilité, s'agenouilla à côté de la jeune fille et la prit dans ses bras avec précaution. Par chance, la cape était juste assez grande pour les couvrir touts les deux. Après avoir jeté un dernier regard haineux à Bellatrix, il revint sur ses pas dans l'étroit corridor et retourna dans la salle commune des Serpentards.

Traverser la salle au milieu des élèves, en portant Narcissia et en esquivant les pièges fut une véritable épreuve. Enfin, quand il eut franchi la pierre qui gardait l'entrée, il retira sa cape, sortit sa baguette et fit léviter Narcissia. Il se mit à courir aussi vite que ses jambes le permettaient en direction de l'infirmerie, sans prêter attention aux regards curieux qui se tournaient vers lui à son passage. En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, il se retrouva devant la porte de l'infirmerie.

En entrant dans le couloir, il rencontra madame Pomfresh. Quand elle le vit entrer en trombe avec Narcissia, elle écarquilla les yeux, stupéfaite.

-Potter ! s'écria-t-elle. Qu'est-ce que vous…

-Madame, l'interrompit-il d'un ton pressant, Black est très malade. Il faut s'occuper d'elle tout de suite.

L'infirmière se pencha sur la jeune fille et l'examina, l'air préoccupé.

-Venez, dit-elle. Aidez-moi à l'emmener dans la salle d'urgence.

James obtempéra et suivit l'infirmière dans la salle qui se trouvait tout au bout d couloir. A l'intérieur, les malades étaient cachés derrière des sas d'isolement. Madame Pomfresh en ouvrit un, vide, et fit signe à James d'installer Narcissia sur le lit. Ensuite, elle appela un médecin, qui prit aussitôt en charge sa nouvelle patiente. Quand elle fut certaine qu'on n'avait plus besoin d'elle ici, elle fit signe à James de la suivre à l'extérieur.

-Qu'est-ce que cela signifie ? explosa-t-elle une fois que la porte se fut refermée. Narcissia Black a été déclarée malade il y a près d'une semaine. Que faisait-elle à l'extérieur.

-C'est à Bellatrix qu'il faut demander ça, protesta James. Elle a essayé d'assassiner sa sœur !

La fureur laissa place à la surprise et au scepticisme sur le visage de l'infirmière.

-Ne dites pas n'importe quoi, dit-elle d'un ton menaçant.

-Mais c'est vrai !

-Allons ! Pourquoi aurait-elle essayé de tuer sa sœur, surtout connaissant son état ?

-Qu'est-ce que vous voulez que j'en sache ? demanda James, exaspéré. Tout ce que je sais, c'est qu'elle nous a attaqué, Lily et moi, et qu'elle a enlevé sa sœur pendant que nous étions inconscient. Tenez, vous n'avez qu'à demander à Lily, si vous ne me croyez pas !

Soudain, les traits de madame Pomfresh se radoucirent, et elle sembla embarrassée.

-Miss Evans n'est pas en état de témoigner, dit-elle.

James se figea.

-Comment ça, « pas en état » ? demanda-t-il d'une voix blanche.

-Elle a fait une rechute, il y a une dizaine de minutes, dit-elle. Elle a une très forte poussée de fièvre. Il a fallu l'emmener dans la section des urgences.

-QUOI ?

-Je vous en prie, calmez vous ! Nous faisons tout notre possible pour l'aider.

-Est-ce que… Est-ce que sa vie est en danger ? demanda James d'un ton fébrile.

L'infirmière hésita un instant, ce qui confirma les craintes de James.

-Eh bien, je ne vous cacherai pas que son état est un peu préoccupant, dit-elle d'une voix qu'elle voulait rassurante. Mais ne vous en faites pas, je suis sûre que tout ira bien.

-Il faut que j'aille la voir, déclara James en faisant un pas vers la porte.

-Non, vous ne pouvez pas, répliqua Pomfresh d'une voix autoritaire en le retenant par le poignet. Les patients de la section des urgences sont soumis à un régime d'isolement très stricte.

-J'EN AI RIEN A F…

-Potter, soyez raisonnable ! Vous ne pouvez rien faire pour elle. En revanche, je vous emmène chez Dumbledore. Vous lui expliquerez ce que vous faisiez avec une patiente gravement malade hors de l'infirmerie.

À ces mots, James retrouva son sang-froid. Dumbledore. Si quelqu'un pouvait agir, c'était bien lui ! Il allait lui parler de la tentative de Bellatrix et des soupçons de William. C'était pour l'instant la seule chose qu'il pouvait faire afin d'aider Lily.

-Très bien, dit-il d'une voix plus calme, allons-y.

Bien que surprise par ce soudain revirement, madame Pomfresh ne discuta pas et accompagna James au bureau du directeur.


Voilà, c'est la fin (des haricots). Les heures de Lily sont comptées et Harry aura intérêt à faire vite s'il veut sauver sa mère et par conséquent se sauver lui-même. Bref, un chapitre tendu en perspective. Il va sans dire que j'attends vos reviews avec impatience. Bises et à très bientôt !


RAR (for my anonymous friends)

Anonyme333halfwaytohell : alors comme ça ma fic est de mieux en mieux ? (se regarde dans la galce avec un air plein d'autosatisfaction). Le coup de la potion vieillissante, c'est pas bête. Ce serait drôle de voir une école dont la moyenne d'âge des élèves serait de soixante-dix ans (lol). Merci et à très bientôt !

Cheshirecat : merci beaucoup pour tes deux revews, et encore désolée pour le petit problème d'agencement des chapitres. Voilà, à bientôt j'espère ! Bises

Chocolatine : Whaouh, même le sinistros lit ma fic ! C'est super, mais j'espère qu'il va pas organiser une rencontre pour me féliciter… J'aimerais vivre encore quelques décennies… lol. Sinon, ça aurait été cool de faire voyager Vovol dans le futur, mais comme tu l'as dit toi-même, ça colle pas avec le début de l'histoire, puisque le temps s'est arrêté. Dommage. J'imagine bien Voldy faire une entrée spectaculaire à Poudlard en soucoupe volante (lol). En tout cas, merci beaucoup et à très bientôt !

Enaira : ouais, Bellatrix cherche un antidote… Mais comme tu le vois, il risque de ne pas être au goût de tout le monde ! Merci beaucoup, bises et à très bientôt !

Flo : Pourquoi tout le monde déteste-t-il à ce point Bellatrix ? Elle est si belle, si douce, si bienveillante… Surtout dans ce chapitre (lol) ! Et ouais, recruter Harry dans le club des mages très très noirs, ça va pas être de la tarte ! Heureusement que Voldy deux est là pour compliquer un peu les choses. Sinon, merci beaucoup de continuer à lire ma fic et à très bientôt pour le chap 18 !

Kapuis : oh, Voldy Deux n'est jamais très loin.Si c'est pas au prochain chap, ce sera dans le suivant. Bises et merci !

Katia : merci beaucoup pour ta review. Alors, la potion de Bella, on en a eu un petit aperçu dans ce chapitre. Evidemment, tu dois te demander à quoi elle sert. La réponse, c'est pour le prochain chap, (niark niark niark), en même temps que l'explication de la tentative de meurtre. Alors, à bientôt !

Lapis Lazuli : c'est dingue, ce que Vovol peut être mégalo ! Et je crois pas qu'il ait corrigé ce défaut avec l'âge… (lol). Merci pour cette review délirante et à très bientôt ! (si ton ordi est d'accord)

Mephitis : ouais, Rogue rencontre souvent un franc succès ! (lol). Merci pour ta review et pour ta danse du ventre. Bises !

Mymy : si tu veux m'empoisonner, va falloir t'inscrire sur une liste parce que si tu savais le nombre de menaces que je reçois… (lol). Bon, ce que fais Bellatrix, je crois que t'en as eu un petit aperçu dans ce cap, même si je me doute que ça reste un peu obscur pour l'instant (lol). La réponse dans le prochain chapitre ! Merci de lire ma fic régulièrement et d'avoir posté une review. Bises et à bientôt !

Pottypotter : une théorie intéressante… Va-t-elle se révéler exacte ? La réponse dans le prochain chapitre ! lol. Merci pour ta review, et à très bientôt !

Et un très très grand merci aussi à Elise, missterre, Tytoune, Nyth, baby killer, the dark lord, Rini, Alixelle, tous ceux à qui j'ai répondu directement et tous les éventuels oubliés. Merci cent fois pour vos précieux encouragements. A très bientôt !