Chers lecteurs,
Voici enfin le chapitre 18, qui est, euh… disons-le franchement, pas terrible. Bizarrement, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire, ce qui explique pourquoi je le publie si tard. Je compte sur votre indulgence.
Par contre, j'ai une bonne nouvelle. Cette fois, c'est sûr, Voldy deux fait son come back dans le prochain chapitre. Voldy un sera également bientôt sollicité pour un petit carnage entre amis (enfin, je pense qu'on verra surtout ses sous-fifres). Eh oui, les ennuis commencent à peine….
Bonne lecture et à bientôt !
Chapitre 18
-Je le savais ! J'étais sûr que cette garce cachait quelque chose d'important ! pesta Harry pour la centième fois.
Tout en jurant de la sorte, il arpentait avec frénésie le bureau de Dumbledore. Le directeur, assis derrière son bureau, regardait dans le vide, perdu dans une intense réflexion. Sirius, Peter et Remus se tenaient en retrait, l'air consterné, le regard allant de l'un à l'autre.
-J'y comprends rien, s'exclama soudain Sirius. Qu'est-ce qu'il se passe, à la fin ?
Au lieu de répondre, Harry lui tendit le livre de Bellatrix, ouvert vers la fin. Les maraudeurs se rapprochèrent et lurent en même temps.
-« Rituel de substitution », lut Sirius en fronçant les sourcils. C'est quoi, ce machin ?
-Oh, c'est très simple, déclara Harry. C'est un rituel qui sert à se protéger contre les malédictions les plus puissantes.
-Et… Comment ça marche ? demanda Remus.
-Eh bien, comme l'indique le nom, on procède à une substitution. C'est-à-dire qu'on fait mourir quelqu'un à notre place en suivant un rituel très précis.
-Quoi ? On sacrifie une victime… humaine ? s'écria Remus, horrifié.
-Exactement, répondit Harry d'un air lugubre.
Pendant un instant, les maraudeurs en restèrent cloués sur place d'horreur et de dégoût.
-Mais comment peux-tu savoir que c'est ce que Bellatrix cherche à faire ? demanda finalement Sirius.
Harry pointa du doigt un paragraphe du texte.
-Ça ne marche pas avec n'importe quelle victime, dit-il. Il faut qu'il s'agisse d'un parent proche. Un frère ou une sœur, par exemple…
Cette fois, les maraudeurs sentirent leurs cheveux se dresser sur leurs têtes.
-Tu veux dire… Tu veux dire… balbutia Peter, que Regulus voulait kidnapper Sirius pour le sacrifier ? Et Bellatrix voulait faire la même chose à Narcissia?
-C'est exactement ce que je pense, approuva Harry en hochant la tête d'un air sombre.
Les trois maraudeurs se tournèrent vers Dumbledore, comme s'ils espéraient que celui-ci démente cette sombre hypothèse. Mais le visage du directeur montrait davantage de consternation que de doute.
-J'ai toujours senti qu'il fallait se méfier de Bellatrix Black, dit-il d'un air songeur. La plupart des jeunes partisans de Voldemort hésitent à afficher leurs convictions. Mais elle, jamais. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de lui parler en tête à tête, et jamais, au cours de ces entretiens, elle n'a renié son maître. Elle n'a même pas baissé les yeux.
Sirius acquiesça d'un signe de tête.
-A la maison, c'était la pire de tous, dit-il. A quatorze ans, elle s'entraînait à lancer des sortilèges impardonnables sur les elfes de maisons et les animaux domestiques. Et depuis toujours, elle aime terroriser les moldus du quartier. Un jour, elle a carrément poussé un gamin de cinq dans la Tamise, avant de s'échapper en courant. Si ma cousine Andromeda ne l'avait pas tiré de l'eau, il se serait noyé.
-On est tous d'accord pour dire que Bellatrix est une cinglée, intervint Peter, mais qu'est-ce qu'on va faire, à propos de la malédiction ? Si le seul moyen de s'en protéger consiste à tuer des frères et des sœurs…
-Oh, non, ce n'est certainement pas le seul, le coupa Dumbledore. Ce n'est le seul que si vous voulez que la malédiction continue à agir sur d'autres personnes. Sinon, toute malédiction peut être levée.
-C'est vrai ? s'exclama Peter, fou de joie. Alors, qu'est-ce qu'on attend ?
Dumbledore et Harry échangèrent un regard ennuyé.
-Le problème, expliqua Dumbledore, c'est qu'il faudrait d'abord savoir de quelle malédiction il s'agit. En ce qui me concerne, je n'ai jamais entendu parler d'une malédiction qui avait le pouvoir d'abattre un fléau sur tout une population.
-Moi non plus, dit Harry. A vrai dire, j'ai du mal à croire que ce soit possible. Cela demanderait une puissance magique extraordinaire !
-C'est vrai, approuva Dumbledore. Je pense…
Mais à cet instant, on frappa violemment à la porte de son bureau.
-Entrez ! lança Dumbledore.
Aussitôt, la porte s'ouvrit, révélant, à la grande surprise de tous, James et madame Pomfresh.
-James ! s'écria Harry. Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu étais censé surveiller les malades.
James voulut répondre, mais l'infirmière le devança.
-Professeur, dit-elle, Potter se comporte de façon tout à fait scandaleuse. D'abord, je le surprends dans un couloir avec une patiente gravement atteinte, et ensuite, il raconte des histoires à dormir debout. Il prétend que Bellatrix Black…
-Elle a recommencé ? la coupa Harry en regardant James. Elle a enlevé Narcissia, c'est ça ?
-Elle a tenté de l'assassiner, répondit James. Mais ça va, je suis arrivé à temps.
-Où se trouve Bellatrix, à présent ? demanda Dumbledore d'un air vif.
James haussa les épaules.
-Je ne…
-Professeur ! l'interrompit Pomfresh d'un ton indigné. Vous ne croyez quand même pas ce qu'il raconte ?
-En fait, répondit Dumbledore, nous nous attendions à ce qu'elle tente quelque chose de ce genre.
Madame Pomfresh le regarda avec stupéfaction.
-Mais… Mais enfin, pourquoi ? balbutia-t-elle.
-Pour sauver sa propre vie, répondit Dumbledore. Mais ce n'est pas le plus important. Grâce à son imprudence, nous sommes sur le point de découvrir le secret du virus et peut-être y mettre fin.
Madame Pomfresh en resta interdite pendant quelques instants ; Enfin, quand elle eut la certitude que ses oreilles ne l'avaient pas trompé, elle joignit les mains avec allégresse.
-Vraiment ? Mais c'est merveilleux ! s'écria-t-elle. Oh, Albus, si vous saviez… j'étais tellement inquiète !
-Combien de temps encore ? demanda James d'une voix forte.
-Pardon ? demanda Dumbledore.
-Dans combien de temps pensez-vous pouvoir détruire le virus ?
-Impossible à dire, répondit Dumbledore. Des heures, des jours, des semaines…
-Des semaines, ce sera trop tard ! s'exclama James. Il y a des malades qui sont en train de mourir maintenant !
-James, dit Remus d'un ton apaisant, on va faire tout notre possible…
-James, l'interrompit Harry d'un air inquiet, est-ce que par hasard, il serait arrivé quelque chose à Lily ?
James acquiesça d'un signe de tête, la gorge nouée.
-Elle ne va pas bien…
-Miss Evans a fait une rechute, expliqua madame Pomfresh d'un air désolé. Nous avons du la transférer dans la salle des urgences.
Pendant un instant, personne ne parla.
-On a intérêt à faire vite, dit Harry dans un murmure. Sinon, c'est la fin du monde…
-Ne paniquons pas, dit Dumbledore en se levant. Pompom, vous pouvez retourner auprès des malades. Vous autres, suivez-moi. On va convoquer tous les professeurs et les chercheurs et les faire travailler sur cette question.
-Nous aussi, on peut participer ? demanda Sirius, surpris.
-Pourquoi pas ? Votre présence ne pourra pas faire de mal.
-Où va-t-on s'installer ?
-Dans la bibliothèque. C'est l'endroit le plus grand et le plus adapté pour ce genre de réunions.
-On y va ! s'exclama Sirius.
Ils sortirent à tour de rôle du bureau de Dumbledore, plus tendus que jamais. Harry fermait la marche, Rodrigue à ses côtés. Mais alors qu'il s'apprêtait à refermer la porte derrière lui, un phénomène étrange se produisit.
Cela ne dura qu'une fraction de seconde. Un instant si bref qu'il n'était pas sûr que cela soit vraiment arrivé. Seul le regard ahuri de Rodrigue parvint à le convaincre qu'il n'avait pas rêvé. Pendant un instant, son corps avait disparu. Comme un image sur une télévision mal réglée, ses contours étaient devenus flous, avant de s'estomper complètement. Puis, soudainement, tout était redevenu normal.
-William ? Tu viens? demanda Remus, qui semblait n'avoir rien remarqué d'anormal.
-Euh, oui, j'arrive, balbutia-t-il.
Il secoua la tête énergiquement et se remit en marche. « Un problème à la fois », se dit-il, luttant contre la panique qui montait en lui. « Je m'occuperai de ça plus tard. Enfin, si je suis encore en vie. ».
HPHPHPHPHPHHPHPHPHHHPH
Deux heures plus tard, tous les enseignants, le personnel et les spécialistes, ainsi que Harry et les maraudeurs, étaient en train de travailler dans la grande bibliothèque. Par petits groupes, ils passaient en revue leurs connaissances sur les malédictions, formulaient des théories et cherchaient des informations dans les livres que leur fournissait madame Balla. Si la situation n'avait pas été aussi périlleuse, Harry aurait pu trouver comique le fait de voir les professeurs se transformer en étudiants. A quelques pas de lui, le professeur Flitwick était absorbé dans la lecture d'un livre presque aussi grand que lui. Plus loin, Binns, McGonagall et Monty Revelidge se disputaient bruyamment afin de déterminer si, oui ou non, une malédiction avait été à l'origine de l'épidémie de la grippe espagnole. A l'opposé de la salle, le professeur Slughorn expliquait à Andrew Plume, le professeur de quidditch, la méthode de classification des documents. Rusard, posté à l'entrée, veillait à empêcher des élèves trop curieux de s'incruster. Bref, il régnait dans l'austère bibliothèque une joyeuse pagaille.
Harry feuilletait un livre sur les malédictions du quinzième siècle. Pour l'instant, il ne trouvait rien.
Soudain, il fut abordé par Nick quasi-sans-tête.
-Le professeur voudrait vous voir, lui dit le fantôme d'un air confidentiel. Vous aussi, James. C'est à propos de la jeune Black.
-Où ça ? demanda Harry en se levant.
-Dans la salle qui se trouve juste en face de la bibliothèque.
Harry et James ne se le firent pas répéter. Ils traversèrent la bibliothèque d'un pas vif et se rendirent à l'endroit indiqué. Harry frappa à la porte et entra le premier.
Dans cette salle de cours, il n'y avait que Dumbledore, qui les attendait, et Bellatrix, qui, assise sur une chaise les bras croisés, regardait le directeur avec un sourire méprisant. Celui-ci n'en semblait nullement affecté. Il lui souriait de manière faussement bienveillante, et accueillit les deux nouveaux visiteurs comme s'il s'agissait d'une simple réunion entre amis.
-Ah, très bien, très, bien, s'exclama-t-il. Entrez, et prenez un siège.
William et James, beaucoup plus nerveux, s'assirent à côté du directeur, face à Bellatrix.
-Miss Black et moi, reprit Dumbledore, étions en train de mettre certaines choses au clair au sujet des évènements récents. Il semblerait, James, que cette jeune fille ne soit pas tout à fait d'accord avec votre interprétation des faits.
-Je la réfute complètement, déclara Bellatrix d'une voix assurée et légèrement provocatrice. Ce ne sont que des affabulations scandaleuses. Ceci dit, de la part d'un Potter, cela ne m'étonne pas.
James, furieux, serra les poings.
-Espèce de… marmonna-t-il.
-Du calme, l'interrompit Dumbledore en levant une main en signe d'apaisement. Je suis sûr qu'il y a un malentendu. C'est pour cette raison que je vous ai demandé de venir. Voudriez-vous répéter votre version des faits, afin que miss Black puisse y répondre ?
James, faisant un énorme effort pour rester calme, prit une grande inspiration et répéta son récit d'un ton glacial, tout en foudroyant Bellatrix du regard. Harry regardait ailleurs, réfléchissant.
-Eh bien, miss Black, demanda Dumbledore d'une voix affable, nous vous écoutons. Qu'avez-vous à nous dire pour nous convaincre que Potter s'est trompé –ce que nous espérons tous ?
Le sourire de Bellatrix s'élargit.
-C'est une belle histoire, susurra-t-elle. Dommage qu'il n'y ait personne pour la confirmer, n'est-ce pas ?
-C'est assez normal, répliqua James d'un ton acerbe, puisque tous les malades étaient sous potion de sommeil.
-Et comment aurais-je fait pour transporter Narcissia dans tout le château sans éveiller les soupçons ?
-Tu es une fille intelligente, dit Harry d'un air sarcastique. Je suis sûr que tu as trouvé une solution. Ce n'est pas bien compliqué.
-Du reste, intervint Dumbledore, nous avons d'autres indices qui vont dans le sens de ce que James dit avoir vu. William, ici présent, a trouvé dans vos affaires un livre évoquant le rituel de Substitution. Vous savez ce que c'est ?
-Non, affirma Bellatrix d'un air buté.
-C'est un rituel qui sert à se protéger des grandes malédictions. Pour le réussir, il faut sacrifier quelqu'un du même sang que soi. Et, comme par hasard, votre cousin Regulus Black a attaqué son frère Sirius sans raison apparente. Voulez-vous que nous convoquions les frères Black pour en avoir la confirmation ?
-Non, dit Bellatrix d'un air indifférent. Je ne suis pas responsable des actes de cet idiot de Regulus.
-Sauf si c'est vous qui l'avez incité à tenter ce rituel, la contra Dumbledore. Et, je dois avouer qu'au vu de vos antécédents, et du caractère de Regulus Black, cette hypothèse me paraît assez plausible.
-Je ne comprends rien à ce que vous dîtes, déclara Bellatrix. Je n'ai jamais entendu parler de ce rituel.
-Dans ce cas, dit Dumbledore, peut-être pourriez-vous nous expliquer ce que faisait ce livre (il montra le livre que Harry avait découvert plusieurs heures auparavant) dans vos affaires ?
-Je ne l'ai jamais vu, répondit-elle. Il n'est pas à moi.
Dumbledore prit une grande inspiration et son expression se fit plus sévère.
-Je crois, dit-il, que vous ne réalisez pas la gravité de la situation –de votre situation. A présent que nous savons pourquoi le virus n'est pas guérissable, ce n'est plus qu'une question de temps avant que nous ne trouvions le moyen de lever la malédiction. Quand le château ne sera plus en quarantaine, vous serez coincée. D'un côté, les gens du ministère voudrons vous arrêter. De l'autre, eh bien, je suis persuadé que Voldemort sera très curieux de savoir comment nous avons fait pour comprendre aussi vite son plan. Et quand il saura que c'est grâce à vous, il ne sera pas très content, pas vrai ?
Cette fois, Bellatrix ne trouva rien à répondre. Elle se contenta de foudroyer le directeur du regard.
-Ceci dit, poursuivit Dumbledore d'un ton plus aimable, il existe peut-être une solution. Si vous nous dîtes ce que vous avez sur la malédiction de Voldemort, nous ne serons pas obligés de faire savoir à tout le monde que vous avez été prise en flagrant délit. Voldemort ne saurait rien de votre imprudence, et vous auriez la vie sauve. Bien sûr, vous seriez placée sous surveillance, mais nous vous épargnerions un séjour à Azkaban.
Le visage de Bellatrix se déforma de haine et de dégoût. Il était évident qu'elle hésitait.
-Vous êtes trop jeune pour mourir de la main de Voldemort, murmura Dumbledore d'un air compatissant.
A regret, Bellatrix finit par parler.
-Je ne sais rien, dit-elle. Absolument rien.
-Vraiment ? demanda Dumbledore en haussant les sourcils.
-Tout ce que je sais, c'est qu'un homme m'a contacté il y a près d'une semaine. Il m'a envoyé une lettre dans laquelle il me disait de me rendre à minuit devant le saule cogneur. Il disait qu'il voulait s'entretenir avec moi d'une affaire de famille de la plus haute importance.
-Cette lettre, elle était signée ?
-Non, mais elle portait le sceau des Black.
-Bien. Et donc, vous vous êtes rendue au point de rendez-vous ?
-Oui. Mon contact m'y attendait.
-Quelqu'un que vous connaissiez ?
-Non. Il n'a pas donné de nom.
-A quoi ressemblait-il ?
-Je n'en sais rien. Il portait une grande cape et un masque noir.
-Bon. Et de quoi avez-vous parlé ?
Bellatrix poussa un grand soupir.
-Il m'a dit qu'il connaissait un moyen de me protéger contre la maladie. Mais il ne voulait me le donner qu'à condition que je n'en parle à personne.
-Et bien sûr, vous avez accepté ?
-Avais-je le choix ?
-Continuez. Donc, ce moyen, quel était-il ?
-L'homme m'a donné un livre. Il m'a montré une page et m'a ordonné de suivre les instructions.
-Cette page, c'était celle du rituel de Substitution ?
Bellatrix ne répondit pas. Elle se raidit sur sa chaise et regarda le directeur avec une expression de défi.
-Très bien, fit Dumbledore en haussant les épaules, n'en dites pas plus, ce n'est pas nécessaire.
-Mais… intervint James, scandalisé. Professeur, cette dingue ne nous a pas dit quelle était la malédiction !
-Oui, mais je ne pense pas qu'elle le sache, répondit Dumbledore.
-Bien sûr que si, elle le sait ! s'indigna James. Elle joue la comédie. Pas vrai, William ?
Mais Harry, lui, n'écoutait plus depuis un certain temps. Car, à sa plus grande horreur, le phénomène de disparition spontanée avait recommencé, et en pire. Par l'Enfer, qu'est-ce que cela signifiait ? Etait-ce encore un tour diabolique de Voldemort ? Avec lui, il fallait s'attendre à tout !
-William ? l'appela Dumbledore, intrigué par son silence. Tout va bien ?
-Quoi ? Euh, oui, oui, tout va bien.
-Qu'est ce qui vous arrive ? Je vous trouve bien pâle soudainement.
-Ce… Ce n'est rien, bafouilla Harry. Juste un petit coup de fatigue.
-Vraiment ? demanda Dumbledore d'un air soucieux. Bon, revenons-en à notre affaire.
Il se leva.
-Miss Black, dit-il, compte tenu des circonstances, je ne peux plus vous permettre de circuler en liberté dans le château. A partir de maintenant, vous serez sous surveillance d'un auror.
-Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? demanda James.
-Retournez à la bibliothèque, et continuez à réfléchir. Je vous rejoindrais dés que j'aurai présenté miss Black à son nouveau… protecteur.
Les deux adolescents acquiescèrent d'un signe de tête. Tous quatre sortirent de la salle. Dumbledore et Bellatrix empruntèrent le couloir de droite, tandis que Harry et James rentraient dans la bibliothèque.
En entrant, Harry aperçu Rodrigue qui l'attendait près de la Réserve. Harry le rejoint et tous deux se retirèrent discrètement dans un endroit tranquille, afin de ne pas être surpris à parler fourchelangue.
-Mais qu'est-ce qui t'arrives ? demanda aussitôt Rodrigue.
-J'en sais rien, répondit Harry, les nerfs à vif. En plus, ça vient tout juste de recommencer. Et tiens…
Il disparut de nouveau pendant une ou deux secondes.
-Passablement inquiétant, commenta Rodrigue.
-Je ne te le fais pas dire, répondit Harry en plain désarroi. Je ne comprends pas du tout ce que…
Il s'arrêta au beau milieu de sa phrase, car une idée hautement déplaisante venait de lui traverser l'esprit.
-Et si… murmura-t-il, l'estomac noué.
-Et si quoi ? demanda Rodrigue, impatient.
-Et si c'était parce que Lily est en train de mourir ?
Les oreilles de Rodrigue s'aplatirent.
-Ouh là, si c'est ça, t'es vraiment mal barré.
-Mais ça se tient…
-Oui, c'est vrai. Logiquement, si Lily meurt, tu ne peux pas exister. Donc, tu risques de disparaître.
-Je n'avais pas réalisé qu'elle allait aussi mal, dit Harry en se prenant la tête entre les mains d'un air malheureux. Qu'est-ce que je peux faire ?
-Essaie déjà de te calmer, suggéra Rodrigue avec sagesse.
Harry inspira un grand coup, ferma les yeux et sentit la panique refluer légèrement.
-Bon, dit-il, un peu plus calme. Il faut se remettre au travail. A présent, le temps est compté.
Il rentra d'un pas vif dans la bibliothèque, luttant pour maîtriser ses émotions.
Soudain, son regard fut attiré par quelque chose. Seul à une table, le professeur Lisbon participait à sa façon aux recherches. Il avait sorti son plus beau jeu de tarot divinatoire et contemplait trois cartes posée devant lui avait un air d'intense concentration qui aurait fait rire n'importe qui dans d'autres circonstances. Harry, sans y penser, s'approcha de quelques pas pour regarder.
-Griffith ! s'exclama Lisbon d'un air ravi en le voyant approcher. Venez, venez donc !
-Que faîtes vous, professeur ? demanda Harry d'un ton qu'il essayait de rendre poli.
-J'interroge les cartes au sujet de la nature de la malédiction. Je pense que c'est notre meilleure chance de trouver la réponse.
« J'espère que non », songea Harry en grimaçant.
-Vous voyez, c'est bizarre, poursuivit Lisbon. A chaque fois que je tire les cartes, j'obtiens le même résultat. Pourtant, je n'arrive pas à dégager le sens !
Harry s'approcha, intrigué. Finalement, l'idée de son professeur n'était peut-être pas si stupide. Il mélangea les cartes et en tira trois au hasard. Il obtint le même résultat que son professeur :le fou, la mort, la justice.
-C'est très étrange, admit-il. Le fou, cela me paraît évident, c'est Voldemort. La mort, pas de souci non plus, c'est probablement le virus ou la malédiction. Mais que vient faire la justice dans cette histoire ?
-Eh bien, répondit Lisbon, d'après moi, cela signifie que le fou a commis une action injuste.
-Mais ce n'est pas la réponse à la question posée, répliqua Harry. D'ailleurs, les cartes se soucient peu des jugements moraux.
-Alors, ce serait une qualité qui caractérise la personne visée par la malédiction ?
-Ouais, ça me paraît déjà plus probable, commenta Harry. Mais ce que je ne comprends pas, c'est que dans notre cas, on a affaire a plusieurs victimes. Et franchement, je ne vois pas quel lien on peut faire entre les élèves et la justice.
-C'est vrai… Donc, la carte de la justice renvoie à une seule personne.
-A moins que… commença Harry, une pensée germant dans son esprit.
-A moins que ? répéta Lisbon d'un air interrogateur.
-Et si la cible de la malédiction n'était pas les élèves ? Et si la mort des élèves n'était que le moyen par lequel la malédiction devait se réaliser ?
-Alors là, je ne vous suis plus du tout du tout ! s'exclama Lisbon en secouant la tête.
-La justice… Dumbledore ! s'écria des mains en claquant des doigts.
-Quoi ?
-Vous ne voyez pas ? demanda Harry, surexcité. C'est pourtant évident ! En lançant le virus, ce n'est pas les élèves que Voldemort voulait toucher, mais Dumbledore.
-Mais le directeur a l'air en pleine forme ! s'étonna Lisbon.
-A mon avis, poursuivit Harry, Voldemort a du commettre une erreur, ou une imprécision, dans la formulation de la malédiction. Par exemple, il a pu dire quelque chose comme « toucher l'ennemi au cœur » ou « prendre à l'ennemi ce qu'il a de plus cher ». L'art des malédictions est un art nébuleux, presque autant que la divination. On ne peut utiliser que certains mots, et pourtant il faut se montrer aussi précis que possible… Vous comprenez ?
-Non, répondit Lisbon, ahuri (nda : moi non plus, mais on va faire comme si tout ça avait un sens, d'accord ?)
-Pas grave, répliqua Harry.
Il se leva d'un bond et s'enfonça dans les rayons de la bibliothèque à la recherche d'un certain livre.
HPHPHPHPHPHPHPHPHPPHPPH
-Ridicule !
C'était le jugement de Carla Cornhover à propos de la théorie exposée par Harry.
Celui-ci, après avoir parlé en privé avec Dumbledore, venait de l'expliquer devant toutes les personnes présentes dans la bibliothèque. Certains le fixaient d'un air ahuri, mais la majorité ne cachait pas son scepticisme. Dumbledore, quant à lui, le regardait d'un air songeur.
-Alors, tout d'abord, dit un auror d'un air plutôt méprisant, je pense parler au nom de tous en vous demandant de ne pas prononcer le nom de Vous-savez-qui. Ce n'est pas quelque chose dont on peut parler à la légère.
Il y eut de nombreux murmures d'approbation. Harry écarta une mèche de cheveux d'un air irrité.
-Je ne le prend pas à la légère, répliqua-t-il d'un air buté. Seulement, je trouve ridicule de se prêter à son petit jeu mégalomane. Qu'est-ce que vous croyez ? Qu'il va surgir d'un placard avec une horde d'inferi à chaque fois que vous prononcerez son nom ?
L'auror le foudroya du regard, mais passa outre.
-Ensuite, poursuivit-il, vous pensez vraiment que Vous-savez-qui (il insista lourdement sur cette formulation) aurait pu commettre une erreur aussi grossière ? C'est impossible ! Ses plans sont toujours extrêmement réfléchis.
-On voit que vous ne connaissez rien à l'art des malédictions, rétorqua Harry, énervé par le ton prétentieux de son interlocuteur. Leur formulation est un véritable casse-tête. Vous voyez, il est impossible d'utiliser des noms propres. Le lanceur est obligé d'utiliser une périphrase ou un symbole pour désigner sa cible. Ensuite, l'incantation doit obéir à des règles de scansion très rigoureuses , ce qui contraint parfois à utiliser des métaphores ou des formulations ambiguës.
-Vous semblez très bien vous y connaître, lança un autre auror d'un ton froid.
-De toute façon, poursuivit Harry comme s'il n'avait pas entendu, c'est l'autre hypothèse qui ne tient pas la route. A quoi ça rimerait, pour Voldemort (il ne prêta aucune attention aux réactions choquées de l'assemblée), d'exterminer les élèves de Poudlard ? A rien, sinon à éliminer tout une génération de sorciers et à s'aliéner les grandes familles de sang-pur qui ont des enfants à Poudlard. Pas une très bonne affaire, hein ? De plus, il n'est, d'après moi, techniquement pas possible de jeter une malédiction sur un nombre aussi élevé de personnes. Il faut un nombre de victimes précis et restreint, sinon cela ne fonctionne pas.
-Dumbledore, insista le premier auror d'un air scandalisé, dites-lui qu'il a tort !
-Je n'en suis pas certain, répliqua le directeur, aussi serein que d'habitude.
-Mais vous n'allez quand même pas croire que Vous-savez-qui se soit trompé aussi facilement ? s'exclama Carla Cornhover.
-Tout le monde a ses faiblesses, y compris Voldemort. Si sous-estimer un ennemi s'avère souvent fatal, il peut être tout aussi dangereux de le surestimer. En ce qui concerne Voldemort, sa plus grande faiblesse a toujours été de croire qu'il n'y avait rien de pire que la mort physique. Et donc, s'il a voulu lancer une malédiction sur une cible précise –probablement moi-, il se peut qu'il n'ait pas été suffisamment vigilant quant au sens de son incantation.
Il y eut un instant de silence choqué.
-Mais alors, demanda Slughorn, à supposer que William ait raison,de quelle malédiction s'agirait-il ?
-Facile, répondit Harry en désignant un livre posé sur une table derrière lui. La malédiction de l'Ennemi Juré. Un grand classique. Il s'agit de maudire un objet afin qu'il cherche à tout prix à nuire à la personne visée. Par contre, ce qui n'est pas classique, c'est que Voldemort l'a lancé sur un organisme vivant.
-Ce qui est vraiment ingénieux, approuva Dumbledore. Les objets maudits ont des pouvoirs restreints. Leur seule façon d'agir, c'est d'envoûter une personne innocente et de la pousser au crime. Mais le virus, quant à lui, n'a pas besoin d'en passer par là. Il a sa propre autonomie et trouve tout seul sa proie.
-Dans ce cas, pourquoi les grands mages noirs n'ont-ils pas pensé à cette technique plus tôt ? demanda McGonagall ?
-Tout simplement parce qu'ils ne pouvaient pas, répondit Dumbledore. Ce n'est que très récemment que les moldus ont appris à isoler les virus et les bactéries. Les sorciers du Moyen-Âge ne savaient absolument pas ce qui provoquait les maladies, et donc, ils ne pouvaient pas s'en servir.
Dumbledore marqua une pause et sortit de sa poche un article de journal moldu ;
-J'ai appris, par la presse moldue, qu'un échantillon d'un virus extrêmement dangereux avait été volé dans un laboratoire soviétique. Les symptômes correspondent à ceux que nous observons chez nos malades ;
-On n'arrête pas le progrès, commenta quelqu'un avec amertume.
-Bon, c'est bien beau tout ça, grogna Monty Revelidge, mais est-ce que vous savez comment lever la malédiction ?
-Oui, affirma Dumbledore.
Il y eut un concert d'exclamations de joie.
-Enfin, à peu près, nuança le directeur.
Aussitôt, l'atmosphère se refroidit.
-En fait, expliqua-t-il, le plus compliqué, c'est de trouver une contre-incantation. A partir de ce que nous savons, j'aimerais que vous cherchiez par petits groupes des formulations possibles. Nous les essayerons toutes.
-Et comment saurons-nous si l'une d'entre elles a fonctionné ? demanda Cornhover.
-Par chance, nous disposons du corps de l'une des victimes utilisées par Voldemort pour lancer la malédiction –je veux parler d'Imhotep Bachmann, l'homme qui a été enterré dans le parc du château. Tout en testant les différentes formulations, nous l'observerons de près. Si l'une s'avère être la bonne, quelque chose se manifestera.
-Et ensuite ? demanda le professeur Chourave.
-Ensuite, il faudra détruire le corps de toutes les victimes utilisées lors du rituel.
-« Toutes » ? Vous voulez dire qu'il y en a plusieurs ? demanda Flitwick, horrifié.
-Oh, oui, répondit Dumbledore d'un air sombre. Il s'agit d'une malédiction très puissante.
Il y eut un instant de silence.
-Et… Combien y en a-t-il ? demanda Cornhover.
Dumbledore hésita un instant ;
-Ce n'est pas facile à dire, dit-il. A priori, je dirais trois, ou sept.
-Plutôt sept, à mon avis, intervint Harry. Vu l'impact de la malédiction, je ne pense pas que trois auraient été suffisantes.
-Oui, mais ça implique qu'il y aurait eu sept équipes de mangemort dans le parc, cette nuit là. C'était un gros risque à courir.Si l'une d'elles avait échoué, tout le plan serait tombé à l'eau.
-La distance entre le château et les offrandes était trop grande pour que trois offrandes suffisent, insista Harry. A mon avis, il a couru le risque.
-Allons pour sept, concéda Dumbledore. Nous en avons déjà une. Il en reste six à trouver. En nous basant sur l'endroit où Imhotep Bachmann a été retrouvé, sachant que les offrandes doivent être disposées en cercle et à distance régulière les unes des autres, nous devrions pouvoir calculer l'endroit où se trouvent les autres.
-Excusez cette question, sûrement idiote, dit Andrew Plume. Mais pourquoi sept ? Pourquoi pas six, huit, douze…
-Dans ce genre de cas, il est fortement recommandé d'avoir recours à un chiffre magique, expliqua Revelidge. Cela multiplie la puissance du maléfice.
-Exactement, approuva Dumbledore. D'autres questions ?
Personne ne se manifesta. « Eh ben, ça passe beaucoup mieux quand c'est Dumbledore qui le dit », songea Harry.
-Très bien, alors, au travail, ordonna Dumbledore avec énergie.
Aussitôt, bien que tout le monde ne soit pas convaincu, des petits groupes se formèrent et s'installèrent aux tables dans un brouhaha frénétique. Seul Harry, perdu dans ses pensées, ne bougea pas.
-William ? l'appela Dumbledore. Venez-vous ?
Harry fit un effort sur lui-même.
-Oui… Dans quelques minutes, dit-il d'une voix enrouée. J'ai juste besoin de prendre l'air un instant.
-Très bien, dit le directeur en acquiesçant d'un signe de tête.
Harry sortit d'un pas précipité, ferma la porte derrière lui, et, quand il fut bien sûr que personne ne l'observait, s'adossa contre un mur et expira profondément. Car, pendant que le directeur défendait sa théorie, il avait pris une décision. Une décision qui pourrait bien lui valoir de terribles ennuis, si elle ne lui était pas fatale.
Il commença par se rendre invisible à l'aide d'un sortilège. Ensuite, il se rendit dans le couloir qui tenait lieu d'hopital. Mais au lieu d'aller voir les malades, comme d'habitude, il se rendit vers une petite pièce située en face de la salle des urgences. Sa porte était gardée par des sortilèges très puissants, mais Harry n'eut aucune difficulté à les briser. En silence, il entrouvrit la porte et se glissa à l'intérieur.
Il se trouvait dans la pharmacie provisoire. C'était là qu'on entreposait les différents produits servant aux expériences. Ici, on trouvait uniquement des médicaments rares et précieux.
Harry parcourut les étiquettes, examinant un à un les flacons mystérieux. Bile de licorne, venin d'accromentula, infusion d'ambroisie…
Enfin, il trouva ce qu'il cherchait. Le cœur battant, il s'empara du petit flacon contenant un épais liquide noir –du sang de dragon. Puis, sans s'attarder, il sortit de la pharmacie et referma la porte derrière lui, en prenant soin de remettre en place les sortilèges qu'il avait brisé.
Debout au milieu du couloir désert, il hésita de nouveau, regardant le flacon qu'il tenait religieusement entre ses mains. Un instant, il faillit renoncer à son projet. S'il allait jusqu'au bout de ce qu'il était en train d'entreprendre –donner du sang de dragon à Lily- il risquait de perdre la confiance qu'il avait gagné depuis le début de l'année, notamment auprès de Dumbledore et des maraudeurs. Certes, Lily irait mieux pendant deux heures. Mais ce délai lui suffirait-il pour lever la malédiction ? Il n'en était pas absolument certain. Et s'il échouait, il risquait d'accélérer la mort de Lily.
Mais tandis qu'il délibérait de la sorte, il se vit disparaître une nouvelle fois. Pire, il eut le sentiment, pendant quelques instants, que son âme disparaissait avec lui. Alors, il prit sa décision. Ce n'était pas pour lui qu'il prenait ce risque.
Sans faire de bruit, et toujours invisible aux yeux des autres, il pénétra dans la salle des urgences. Les médecins étaient tous réunis auprès d'un élève dont Harry ne pouvait voir le visage et tentaient de le réanimer. Avec une certaine tristesse, en songeant qu'il ne pouvait rien faire pour celui qui était en train de mourir, Harry passa outre et s'approcha de Lily.
L'état de la jeune fille avait nettement empiré. Inconsciente, elle respirait avec difficultés, aidée par une machine qui ressemblait fort à un respirateur moldu, et était sou perfusion. Son front dégoulinait de sueur. Sur ses bras et sur son cou, des marques noires, similaires à celles qu'Harry avait observé sur le corps d'Imhotep Bachmann, étaient apparues. En l'observant, Harry comprit qu'il avait pris la bonne décision.
La gorge serrée, le cœur battant la chamade, il s'approcha de son visage et essuya son front avec une serviette.
-Pardonne-moi, murmura-t-il, sachant qu'elle ne pouvait pas l'entendre. Je sais que c'est un très grand risque, pour toi et pour le monde. Mais je ne peux pas faire autrement.
Fou d'angoisse, mais résolu, il saisit le flacon de sang de dragon, retira le bouchon et, soulevant légèrement la tête de la jeune fille, lui fit boire son contenu.
-Doucement, dit-il en l'empêchant de recracher le liquide terriblement amer. Là, voilà, c'est bien.
Il essuya le sang qui coulait sur le menton de Lily et l'observa. Les effets ne tardèrent pas à se faire sentir : la jeune fille se mit à respirer plus librement.
-Je reviendrai, promit-il.
Et sans se retourner, il s'éclipsa avec qu'elle ne reprenne connaissance.
En quittant l'infirmerie, il se mit à courir vers la bibliothèque. Dans son esprit, les mêmes mots revenaient sans cesse : « deux heures, deux heures, plus que deux heures… ». En traversant le grand hall, il jeta un coup d'œil à l'horloge murale : il était quatre heures douze. A six heures douze, la malédiction serait levée, ou il serait mort.
HPHPHPHPHPHPHPHPHPH
Quelques minutes plus tard, il rentra dans la bibliothèque, légèrement haletant. La salle était en pleine activité. Harry la parcourut rapidement du regard, et alla s'asseoir à la table des maraudeurs.
-Où étais-tu passé ? demanda Remus, intrigué.
-Nulle part, répondit Harry en haussant les épaules. Alors, qu'est-ce que ça donne ?
-Heu… Ben… Tu sais, nous, on n'y comprend pas grand chose, dit Sirius.
-Je peux voir ? demanda Harry, en regardant la feuille où Remus avait griffoné quelques phrases.
Celui-ci hocha la tête et tendit le parchemin à Harry.
-On ne peux pas faire rimer « offrandes » avec « rendre », fit observer Harry. Le front plissé.
-Pourquoi pas ? protesta Sirius. Ça sonne plutot bien.
-Non, pas vraiment… alors, voyons…
Harry reprit en main l'ébauche de travail des maraudeurs. Rédiger ce genre de formule, ce n'était pas vraiment son fort. Heureusement, d'autres groupes s'y révélaient plus adroits. Le professeur Flitwick, notamment, se trouvait très à l'aise dans cet exercice. Au bout d'une demi-heure, le professeur Dumbledore avait récolté trois formulations susceptibles de fonctionner.
-Très bien, dit-il. Je suggère que nous les testions.
-Dumbledore, dit un chercheur du ministère, je suggère que nous faisions appel à des spécialistes avant de tester les formule. Après tout, personne n'est expert en magie noire, ici ; Et si nous avions manqué une étape cruciale ?
-Non, ce n'est pas le cas, affirma Harry en le foudroyant du regard.
-Ah non ? répliqua le chercheur d'un air dédaigneux. Sans vouloir vous offenser, ce n'est pas un gamin, si doué soit-il…
-Ecoutez, l'interrompit Harry, nous n'avons pas le temps de faire venir des spécialistes.
-Ecoutez, je sais que vous êtes très inquiet pour vos camarades, mais…
-Ils sont en train de mourir !
-Certains seulement !
-Et ce n'est pas assez ? Qu'est-ce qu'il vaut faut pour vous convaincre de vous bouger les…
-William, l'interrompit Dumbledore en le fixant avec intensité, que se passe-t-il ?
Harry se sentit brusquement pris au piège. Dumbledore avait perçu son anxiété et il ne le lâcherait pas tant qu'il n'en aurait pas compris la cause exacte.
-Une heure vingt-sept, lâcha-t-il finalement de mauvaise grâce.
-Pardon ? demanda Dumbledore, perplexe.
-Une heure vingt-sept. C'est le temps qu'il reste avant que le virus ne fasse une victime de plus.
Cette information mit un certain temps à être assimilée par le directeur. Les autres personnes, quant à elles, échangeaient des regards d'incompréhension.
Soudain, le regard du directeur se durcit.
-Qu'est-ce que vous avez fait ? demanda-t-il d'un ton froid.
-J'ai donné du sang de dragon à Lily Evans, avoua Harry sans baisser les yeux.
-Tu as fait QUOI ? s'écria James en sautant sur ses pieds, le regard accusateur.
-J'ai donné du sang de dragon à Lily, répéta Harry d'un ton de défi.
Il y eut un concert de murmures choqués et indignés.
-C'est de la folie ! s'écria McGonagall. Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?
-Mais pour quelle raison avez fait ça ? demanda Dumbledore, en le dévisageant comme s'il le voyait pour la première fois.
-Oh, pour une excellente raison, répliqua Harry avec une nuance de sarcasme. Elle était en train de mourir.
James, hors de lui, le saisit pas le col de sa chemise.
-ESPECE D'IDIOT ! TU N'EN SAIS R…
-Oh, si, je le sais, répliqua Harry avec assurance. Tu crois vraiment que j'aurais pris ce risque si je n'en avais pas été certain à cent pour cent ?
-Et on peut savoir d'où vous vient cette sagesse suprême ? demanda le chercheur d'un air méprisant.
-Non, rétorqua Harry, qui commençait à perdre patience.
Remus et Sirius s'étaient levés et empêchaient James de se jeter sur Harry. Celui-ci se tenait face à l'assistance d'un air rebelle et résolu.
-Ce n'est pas la peine de me regarder comme ça, grinça-t-il au bout d'un moment. Je l'ai fait, et je ne le regrette pas.
-Bon, soupira Dumbledore d'un air las, nous règlerons cette affaire plus tard. Pour l'instant, concentrons-nous sur la malédiction. Lionel, dit-il en s'adressant au chercheur qui avait demandé l'intervention de spécialistes, je comprend votre inquiétude, mais Griffith a tout de même raison sur un point. Nous n'avons pas le temps. Le virus se propage de plus en plus vite et si nous attendons davantage, il n'y aura plus grand monde à sauver.
Personne ne fit la moindre remarque. Dumbledore hocha la tête, satisfait.
-Je me rends auprès du corps de Bachmann, annonça Dumbledore. Ceux qui le souhaitent peuvent venir avec moi, mais je préférerais que vous restiez ici afin de continuer à chercher, au cas où ces formules ne conviendraient pas. Si l'une d'entre elles fonctionne, nous pourrons partir à la recherche des autres victimes et détruire leur corps. Dans ce cas, je vous enverrai un patronus, et vous vous rendrez tous dehors, devant les portes de la grande salle. Au passage, emmenez toutes les personnes que vous trouverez sur votre chemin. J'ai bien dit toutes.
Il y eut de nouveau un brouhaha tendu. McGonagall hésita un instant, puis suivit Dumbledore hors de la bibliothèque. Harry s'apprêtait à lui emboîter le pas, quand il sentit qu'on le retenait par sa robe. Il se retourna et se trouva face à James, dont le visage était crispé de colère.
-Je te préviens, dit celui-ci à voix basse, si jamais il arrive quelque chose de grave à Lily, tu me le paieras cher.
Harry ne répondit pas. « S'il arrive quelque chose à Lily, je n'aurais plus à m'inquiéter de quoi que ce soit », songea-t-il.
-J'en prends note, répondit-il d'une voix neutre, avant de suivre Dumbledore.
Il marcha d'un pas vif afin de rattraper le directeur, McGonagall et les quelques autres qui avaient choisi d'accompagner Dumbledore.
Ils descendirent dans les souterrains, et empruntèrent le couloir qui menait à l'antre des ronflaks cornus. Enfin, Dumbledore s'arrêta devant une porte en fer, et prononça un mot de passe. La porte s'ouvrit avec un horrible grincement et les laissa entrer. Mais Dumbledore les arrêta.
-Il n'est pas nécessaire que nous entrions tous, dit-il. J'ignore ce qui va se passer si une incantation fonctionne. Cela pourrait s'avérer dangereux.
Avec une certaine appréhension, ils reculèrent donc et le laissèrent entrer seul, la porte se refermant derrière lui.
Pendant quelques longues minutes, qui semblèrent durer des heures, ils attendirent en silence. McGonagall, le visage livide, se tordait les mains. Le professeur Chourave se rongeait les ongles. Andrew Plume essuyait la sueur qui coulait à grosses gouttes sur son front. Hagrid marmonnait des chose incompréhensibles. Harry faisait les cent pas, comme un lion en cage.
Soudain, un bruit assourdissant retentit derrière la porte, comme une plainte d'un homme agonisant, multipliée par dix. Les professeurs et Harry échangèrent un regard paniqué. Puis, n'y tenant plus, McGonagall bondit sur la porte et l'ouvrit brusquement.
-Albus, s'écria-t-elle. Tout va bien ?
Le directeur était affalé contre le mur, les lunettes de travers et les cheveux en pétard. Le souffle haletant, il se tenait le côté. Du corps d'Imhotep Bachmann s'élevait une légère fumée.
-Tout va bien, la rassura Dumbledore. Décidemment, je devrais augmenter Filius. Cet homme est une mine de talents cachés.
-Alors, c'était la bonne incantation ? demanda Harry avec empressement.
-Il semblerait bien, en effet, approuva Dumbledore.
Ils poussèrent tous un profond soupir de soulagement.
-Et maintenant ? demanda Chourave.
Dumbledore agita sa baguette et en fit sortir son patronus, un phénix, qui s'empressa d'aller prévenir les autres que la phase suivante pouvait commencer.
-Nous nous rendons au point de rendez-vous, dit Dumbledore. Mais avant, il faut détruire le corps.
-Comment ? balbutia Remus, livide.
-Par le feu, répondit Harry. C'est le seul moyen efficace.
Dumbledore hocha la tête sobrement et leva sa baguette.
-Venez, dit McGonagall, de nouveau très pâle, en éloignant James et Remus de la pièce. Il vaut mieux que vous n'assistiez pas à ça.
Pris de nausée, les adolescents s'écartèrent. Harry ferma la porte. Ils ne virent donc pas le corps se consumer, mais ils sentirent l'odeur de la chaire brûlée. Peter, le visage vert, s'enfuit en courant. Un instant plus tard, Sirius le suivit. Remus agrippa James par le bras et l'entraîna à sa suite, après avoir jeté un dernier regard à Harry. Celui-ci, immobile, fixait la porte close sans manifester la moindre émotion.
Quelques instants plus tard, Dumbledore sortit à son tour, l'air las.
-C'est fait, annonça-t-il. Allons rejoindre les autres.
Sans se retourner, ils s'éloignèrent aussi vite que possible de la porte en fer de laquelle s'élevait encore de la fumée.
PHPHHPHPHPHPHPHPHPHPHHP
La consigne de Dumbledore de réuni toutes les personnes disponibles avait été interprétée à la lettre. Devant les portes de Poudlard était rassemblée une foule d'une centaine de personnes. les professeurs étaient tous présents, ainsi que les membres du personnel, comme Rusard ou la bibliothécaire, madame Balla. Hagrid avait amené Brutus, son Saint-Bernard, aussi grand et affectueux que Crocdur. Il y avait aussi des aurors, des chercheurs, des soignants, une dizaine d'elfes de maison et même quelques élèves. En se rendant au point de rendez-vous, McGonagall avait croisé Crabbe et Goyle en train de se promener (probablement en quête de nourriture) et les avait recruté de force en guise de punition. Bien entendu, les maraudeurs étaient également présents. James se tenait volontairement à distance de Harry et lui jetait de temps à autre un regard assassin, mais Remus et Sirius l'empêchaient de s'en prendre à lui. Tout le monde, ou presque, tenait une lanterne à la main.
Soudain, Dumbledore appela tout le monde à l'ordre. Le silence se fit immédiatement.
-Très bien, dit le directeur. Maintenant que nous sommes tous présents, nous allons pouvoir commencer les recherches. Voilà comment nous allons proceder. Pour ceux qui viennent de nous rejoindre, je rappelle que nous sommes à la recherche de six corps, probablement enterrés dans l'enceinte du parc, et dont la destruction permettrait d'arrêter l'épidémie. Grâce à la découverte d'un septième corps il y a quelques semaines, nous avons pu calculer la position approximative de nos cibles, mais les trouver risque tout de même de prendre un certain temps. J'aimerais que vous formiez six équipes. Chacune se rendra à un endroit que je lui indiquerai et cherchera dans ce secteur. Si l'un de vous trouve un corps, qu'il le signale aussitôt au responsable de son équipe. Celui-ci devra aussitôt le détruire par le feu. Puis, il signalera que sa mission a été remplie en envoyant des étincelles rouges. Ensuite, son équipe se ralliera aussi vite que possible à l'équipe la plus proche, en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre. Minerva, Horace, Monty, Filius et Carla, vous prendrez chacun la tête d'une équipe, je prendrais la dernière. Des questions ?
-A quelle profondeur se trouvent les corps ? demanda le chercheur que Dumbledore avait appelé Lionel.
-Malheureusement, nous n'en savons rien, répondit Dumbledore. Le corps que nous avons trouvé se trouvait à trois mètres, mais cela ne veut rien dire. D'autres questions ? Non ? Dans ce cas, j'aimerais que les chefs d'équipe viennent me voir, afin que je leur indique l'emplacement de leur zone.
Aussitôt, les cinq personnes concernées s'approchèrent de Dumbledore et firent cercle autour de lui. Après un rapide conciliabule, le directeur confia à chacun d'eux un petit objet rond qui ressemblait à une boussole, et leur fit signe de se mettre en route.
-Griffith, appela le directeur, vous venez avec moi.
Comprenant que Dumbledore ne voulait plus le laisser sans surveillance, Harry obéit docilement. Il suivit donc le directeur. Après un instant d'hésitation, Sirius lui emboita le pas, suivi par les autres maraudeurs. Hagrid, Rusard, Crabbe, Goyle et quelques autres se joignirent à eux. Toute cette petite foule, armée de pelles, de baguettes et de lanternes, s'élança au pas de course vers la forêt interdite.
Dumbledore marchait en tête. Quand ils eurent franchi la lisière du bois, ils furent contraint de ralentir, car les ronces, les racines et le sol accidenté rendait leur progression plus difficile. Leur avancée dura une dizaine de minutes. Puis, arrivés dans une petite clairière, Dumbledore s'arrêta brusquement. Il sortit sa boussole magique, la consulta et hocha la tête.
-C'est ici, déclara-t-il. Venez, faites cercle autour de moi. Que chacun d'entre vous choisisse une direction, et creuse en ligne droite.
Aussitôt, tout le monde s'exécuta.
Harry avait l'impression de participer à une chasse au trésor… Sauf que le trophée était un cadavre décomposé.
Chacun, gagné par l'excitation de la chasse, se prêtait au jeu et creusait comme si son salut dépendait de sa vitesse. Hagrid utilisait une pelle de la taille d'une brouette et soulevait, sans le moindre effort, des pelletées que cinq hommes bien bâtis auraient du mal à soulever ensemble. Crabbe et Goyle, qui s'étaient retrouvés dans cette chasse par un pur hasard, et qui ne comprenaient rien de ce qui se passait, grattaient mollement la terre avec de grandes branches. Plus habiles, les maraudeurs se servaient de leur baguette pour soulever de petites quantités de terre. Rusard se fiait à l'instinct de sa chatte Xantippe. Dumbledore utilisait un sort de forage et sondait avec efficacité et méthode le sol de la clairière. Quant à Harry, personne ne pu deviner à quelle magie il avait recours : seulement, sur son passage, la terre disparaissait mystérieusement. Cette petite troupe hétérogène, occupée comme un seul homme à retourner la terre à la lumière de ses lanternes, constituait sans aucun doute le spectacle le plus insolite que Poudlard ait jamais vu.
Soudain, un éclair rouge jaillit de l'autre extrêmité du parc. Tous arrêtèrent un instant leur travail et levèrent les yeux au ciel.
-Ah ! s'exclama Dumbledore. On dirait que Carla nous a devancé. Parfait, parfait !
Galvanisés par ce premier succès, ils se remirent au travail avec une ardeur renforcée. Les minutes passaient, sans donner aucun résultat, quand soudain…
Peter avait toujours détesté faire des efforts, à plus forte raison des efforts physiques. Contrairement à ses camarades, il n'avait pas manifesté le moindre enthousiasme quand William, puis Dumbledore, les avaient associés aux recherches. Oh, bien sûr, il voulait que le virus soit arrêté. Mais il aimait mieux que quelqu'un d'autre s'en charge. Après tout, il n'était qu'un adolescent. C'est aux adultes de s'occuper des choses sérieuses. Malheureusement, Sirius, James et Remus étaient bien décidés à s'en mêler, et lui, Peter, ne pouvait faire autrement que de les suivre. Pire, il était obligé de faire des efforts, car si on remarquait qu'il était moins trempé de sueur que les autres, James pourrait lui reprocher de ne pas avoir fait tout son possible pour sauver Lily. Aussi, il s'était résigné à creuser.
En nage et secrètement furieux contre tout le monde, il s'avança de quelques pas pour commencer un nouveau trou en contournant celui qu'il venait de creuser. Mais à peine avait-il fait deux bas, que ses pieds butèrent contre une grosse racine masquée par l'obscurité. Peter trébucha, et tomba tête la première dans le trou en poussant un glapissement aiguë.
-Peter, ça va ? demanda Remus, qui était accouru pour voir si son ami n'était pas blessé.
-Oui, je crois, bougonna celui-ci en se massant le cou. Fichu ra…. Aaaaaaaaaaaaargh !
-Qu'est-ce qu'il y a ? s'écria Remus, alarmé, tandis que tout le monde interrompait son travail.
-Il y a… Il y a… Une jambe !
Cette fois, tout le monde abandonna son trou et accouru. Peter, adossé contre la paroi de son trou, désignait avec terreur quelque chose qui émergeait de la terre. Dumbledore avança sa lanterne, et cette fois, chacun pu reconnaître une jambe humaine.
-Ecartez vous, ordonna Dumbledore.
Tous, fascinés, reculèrent de plusieurs pas. Dumbledore commença par soulever la terre qui recouvrait le corps. Au bout de quelques instants, on pu apercevoir une silhouette. Dumbledore la fit léviter avec précaution hors de la fosse.
Aussitôt, une puanteur atroce atteint leur narines. Pris d'un mouvement convulsif, Remus agrippa Sirius et James par le poignet et les força à se détourner. Crabbe poussa un glapissement et tourna de l'œil, tandis que Goyle, tétanisé, regardait stupidement le cadavre, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Le visage de Rusard devint plus jaune que d'habitude, Xantippe poussa un miaulement effarouché. Hagrid marmonnait des jurons incompréhensibles. Seuls Harry et Dumbledore restèrent impassibles, quoique l'œil du directeur, pendant un instant, brilla plus que d'ordinaire.
Dumbledore reposa le corps sur le sol, juste devant lui. Cette fois, la victime était une femme. Des cheveux blonds encadraient un visage blafard, déjà bien altéré. Ses vêtements –qui, autrefois, avaient du être un joli tailleur beige- laissaient supposer que la victime était moldue.
-Hagrid, emmenez les autres rejoindre Minerva, dit Dumbledore. Je m'occupe du corps, et je vous rejoins dans un instant.
-Bien, m'sieur le directeur, marmonna Hagrid. Allez, venez, vous autres ! Ne traînons pas ici.
Remus et Sirius aidèrent Peter à se dégager du trou. Puis tous se dirigèrent, au pas de course, vers l'endroit où le professeur de métamorphose et son groupe menaient leurs recherches. Pas un d'entre eux ne se retourna, de peur de voir le terrible spectacle du corps se consumant dans la nuit noire. Seulement, ils entendirent de nouveau un terrible hurlement, preuve que le corps était libéré de sa malédiction. Un instant plus tard, une seconde étincelle rouge s'éleva dans le ciel. Et de deux, songea Harry.
Le groupe de McGonagall les accueillit avec des exclamations de joie. En quelques instants, ils s'organisèrent et poursuivirent les recherches.
L'une après l'autre, des étincelles rouges s'élevèrent des quatre coins du parc. Bientôt, il ne resta plus qu'un corps à détruire.
Le dernier groupe était celui de Slughorn. Contrairement aux autres, il se trouvait presque à l'orée du bois ; en journée, songea Harry, on aurait pu les voir des fenêtres du château. Ici, la forêt était moins dense que dans les autres sites explorés, et le sol, moins accidenté, opposait moins de résistance. Pourtant, les recherches, menées avec non moins d'ardeur que les autres, n'avaient donné aucun résultat.
-C'est étrange, dit Dumbledore, inquiet, au bout d'une dizaine de minutes de recherches infructueuses. Me serais-je trompé dans mes calculs ?
-Non, Albus, dit le professeur d'arithmancie. J'ai vérifié vos calculs, et tout me semble correct.
-Alors, nous n'avons pas creusé assez profond, dit un auror.
-Possible, dit Dumbledore, le front plissé, mais c'est étrange. Nous sommes très proches du château. Je ne vois pas vraiment les mangemorts s'attarder ici plus que nécessaire.
Tous se regardèrent, consternés. Alors qu'ils touchaient au but, voilà qu'un obstacle imprévu se mettait en travers de leur route. Une déception amère succéda à la fièvre des instants précédents.
Mais alors qu'ils sentaient le découragement germer dans leur esprit, une légère lueur apparut dans le ciel : c'étaient les premiers rayons du soleil qui se dessinaient à l'horizon. Chacun, dans un même mouvement, leva les yeux pour contempler ce spectacle.
-Regardez ! s'écria Remus en pointant le doigt vers la cime d'un grand hêtre.
A leur tour, les autres poussèrent des exclamations de surprise et d'horreur. En appui sur deux grandes branches, la silhouette d'un corps humain se détachait dans le paysage.
Dumbledore pointa sa baguette vers la cime et fit descendre le corps avec précaution.
-Tout s'explique, dit Slughorn, une fois le corps à terre. Pris pas les sortilèges de sécurité, les mangemorts auront manqué de temps pour mener à bien leur travail. Ils ont alors choisi un moyen de dissimulation plus sommaire.
-C'est bien ce que je pense, approuva Dumbledore. Et maintenant, éloignez vous. Si tout se passe correctement, nous serons libérés de notre malédiction d'ici quelques instants.
Chacun, retenant son souffle, s'éloigna de quelques pas. La plupart se détournèrent, mais certains, fascinés, ne parvinrent pas à détacher leur regard du corps.
-Incendio
Il n'y eut d'abord que le crépitement des flammes, l'odeur piquante de la fumée et le silence de la forêt. Mais, subitement, le sol se mit à trembler. Du corps s'élevait, non plus une lueur violette, mais des langues éblouissantes de lumière qui jaillissaient vers le ciel, et un grondement assourdissant se fit entendre. Bientôt, la violence de cette réaction fut telle que leurs corps ne purent la supporter. Ils tombèrent à genoux et plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles. La plainte émanent du cadavre couvrait les cris que certains poussaient sans s'en apercevoir.
Puis le calme revint.
Tremblants, en état de choc, ils restèrent quelques instants immobiles dans cette position. Puis, l'un après l'autre, ils retirèrent leurs mains de leurs oreilles et se relevèrent tant bien que mal.
-C'est… c'est fini ? demanda timidement Remus.
-Je suppose, répondit Dumbledore.
Subitement, James sauta sur ses pieds et s'élança vers la château.
-Eh ! s'écria Sirius, étonné. Où tu vas comme ça ?
-Idiot, le rabroua Remus. A ton avis, où est-ce qu'il peut bien aller ?
Aussitôt, comme si cette remarque avait été un signal de départ, tout le monde se précipita à la suite de James. En quelques instants, ils traversèrent le parc, franchirent les portes de la grande salle et escaladèrent les escaliers en bousculant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Bientôt, ils arrivèrent devant le couloir du deuxième étage. Sous le regard éberlué des IA et des infirmiers, ils se ruèrent à l'intérieur, James en tête. Celui-ci courut directement vers la salle des urgences, et entra en trombe.
Madame Pomfresh et quelques médecins étaient présents. Ils se retournèrent en sursaut et écarquillèrent les yeux en observant la foule, couverte de terre et de sueur, qui se tenait sur le seuil.
-Potter ! s'exclama madame Pomfresh. Au nom du ciel, qu'est-ce qui…
Mais James ne l'écoutait pas. Il n'avait d'yeux que pour un lit situé vers le fond de la salle, où Lily, l'air fatigué mais tranquille, buvait une tasse de tisane que lui avait apporté son amie Sally. Celle-ci le regarda à son tour en clignant les yeux de surprise.
-James ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
Mais James, au lieu de répondre, éclata de rire et se jeta à son cou. Alors, simultanément, tous explosèrent de joie. La tension qui s'était accumulée au cours des dernières semaines s'envolait d'un seul coup. Chacun se répandait en étreintes, poignées de main vigoureuses et hurlements euphoriques, de sorte que les infirmiers, qui ne comprenaient rien à ce qui se passait, pensèrent qu'une épidémie de folie furieuse s'était répandue dans le château. Madame Pomfresh en fut persuadée, lorsque McGonagall, dans un mouvement d'allégresse, se jeta dans les bras de Sirius et l'embrassa sur la joue. Hébétée, elle se tourna instinctivement vers Dumbledore, qui assistait à la scène avec un sourire radieux.
-Ne soyez pas si étonnée, Pompom, dit celui-ci, en surprenant son regard. Nous avons de grandes raisons de nous réjouir. Car nous venons de stopper notre virus.
L'infirmière poussa un glapissement de surprise.
-Ceci mérite un bon festin, déclara Slughorn en se frottant les mains. Je vais de ce pas avertir les elfes des maisons et réveiller tous les élèves.
-Faites donc, approuva Dumbledore. Et tant qu'à faire, essayez de nous dénicher un sapin de Noël. Avec toutes ces histoires, tout le monde a oublié que les fêtes étaient imminentes.
-Est-ce que les élèves vont pouvoir rentrer chez eux pour les vacances ?demanda McGonagall.
-Oh, oui, je pense que ce serait une bonne chose, répondit Dumbledore. Après tout ces évènements, ils ont besoin de se retrouver en famille. Nous ferons commencer les vacances d'ici trois ou quatre jours, le temps que les malades aient récupéré.
Au fond de la salle, les maraudeurs et Sally faisaient cercle autour de Lily.
-Alors, ça y est ? demanda celle-ci, les yeux écarquillés.Le virus est vraiment terrassé ?
-Oui, enfin c'est tout comme, répondit James. A présent que la malédiction est levée, ils vont pouvoir guérir les malades avec du sang de dragon ou des larmes de phénix.
-La malédiction ? répéta Lily en fronçant les sourcils. Quelle malédiction ?
-Ah, ça, c'est tout une histoire, répondit James en soupirant. Demande à William de t'expliquer, car moi, je suis largué.
-A propos de William, demanda Remus, où est-il passé ?
-Hein ? Il était là il y a un instant ! s'exclama Sirius.
-Regarde derrière toi, dit Sally avec un demi sourire.
Tous se retournèrent d'un même mouvement… et assistèrent à un spectacle des plus inattendus. Allongé sur un lit, les mains derrière la tête, Harry dormait profondément. Rodrigue, arrivé là on ne sait comment, était assis sur ses jambes, et les fixait de son éternel regard narquois en fouettant l'air de sa queue.
-Il est vraiment mieux quand il dort, déclara Sirius en rompant le silence.
Tous partirent d'un nouvel éclat de rire. Jamais ils ne s'étaient sentis aussi léger qu'en ce beau matin de décembre.
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Deux jours plus tard, Harry se promenait en compagnie de Rodrigue dans le parc du château. Emmitoufflé dans ses vêtements d'hiver, il observait avec un attendrissement teinté de nostalgie certains de ses camarades embrasser leurs parents. Dumbledore venait de déclarer la fin de la quarantaine et avait autorisé les parents qui le souhaitaient à voir leurs enfants deux jours avant le début des vacances.
Alors qu'une bourrasque de vent un peu plus glaciale que les autres venait fouetter son visage, Harry éternua violement.
-C'est bien ma veine, grommela-t-il. Maintenant qu'on est enfin débarrassé de cette saleté d'épidémie, il fallait que j'attrape un rhume.
-C'est ta faute, déclara Rodrigue Tu n'avais qu'à t'habiller plus chaudement en filant Bellatrix.
Harry haussa les épaules.
-J'étais tellement excité que j'ai oublié qu'on était en hiver.
Enivré par l'air pur, il ferma les yeux, rejeta la tête en arrière et inspira profondément.
-Whah, la vache ! s'écria-t-il. Ça fait un bien fou de prendre un peu l'air après toutes ces semaines d'enfermement. Même s'il fait un froid de canard, ajouta-t-il en frissonnant.
-WILLY ! Eh, les gars, je l'ai trouvé !
Harry se retourna, un léger sourire aux lèvres, et vit les maraudeurs et Lily qui venaient vers lui, Sirius en tête. Depuis que la malédiction avait été levée, deux jours plus tôt, il n'avait guère eu l'occasion de leur parler, d'abord parce qu'il avait dormi vingt-quatre heures d'affilée, ensuite parce qu'il avait été amené, pendant le reste du temps, à répondre à certaines questions quelque peu dérangeantes de la part de diverses personnes. Visiblement, tout le monde, en particulier parmi les agents du ministère, n'avait pas digéré les initiatives qu'il avait prise pendant la crise. Il aurait donc quelques problèmes à régler pendant ses vacances…
-'lut, lança-t-il d'un air cordial.
-Où t'étais passé ? demanda Sirius. Ça fait des heures qu'on essaye de te coincer.
-Un peu partout, répondit Harry d'un air vague.
Sirius reniffla, mi-agacé mi-amusé.
-C'est vrai qu'on t'a cherché, dit James. On a des tas de choses à te deman…
Mais avant qu'il ait achevé sa phrase, Harry s'était laissé tomber à genoux.
-Pitiiiiiié, dit-il d'un ton suppliant, demande-moi ce que tu veux, mais ne pose pas de question à propos du virus. Je n'en peux plus, j'ai déjà eu droit à des heures d'interrogatoire en règle. Je vais devenir hystérique si on me force à répéter encore une fois.
-Mais il y a des choses qu'on voudrait savoir, protesta Lily, contrariée.
Harry haussa les épaules.
-Bof… Pour l'essentiel, vous savez ce qu'il y a à savoir. A part Lily, vous étiez tous là, il me semble.
-C'est vrai, mais ce qu'on ne comprend pas, c'est comment tu as fait pour trouver aussi rapidement la solution. Tout le monde était bluffé, y compris Dumbledore.
-Qu'est-ce que tu veux… Je suis intelligent, c'est tout, répondit Harry en passant une main dans ses cheveux avec un sourire autosuffisant. Je dois admettre que sur ce coup, je suis assez content de moi. Je trouve d'ailleurs que ma valeur n'est pas assez reconnue.
-Toujours aussi modeste, dit James avec un sourire moqueur. Mais bon, pour une fois, il n'y a rien à y redire. Tu t'es vraiment surpassé. Je suppose que tu vas recevoir l'ordre du merlin ?
Harry se rembrunit.
-Oh, ça… grinça-t-il.
-Evidemment qu'il va le recevoir, intervint Sirius. Il a sauvé des centaines de personnes, non ? Il y en a qui l'ont reçu pour moins que ça. Récemment, ils l'ont accordé à Joffrey Gooddeal simplement pour avoir triplé son chiffre d'affaire en deux ans.
-Justement, répliqua Harry. Tu vois, il ne suffit pas d'être un génie ou un héros –comme moi- pour obtenir une distinction… C'est une affaire politique… Il faut avoir la bienveillance de gens influents et en ce qui me concerne… (il soupira profondément et hocha la tête). Je suis en disgrâce.
-En disgrâce ? répéta James, étonné.
-Ben oui. Certaines personnes n'ont pas vraiment apprécié mes… initiatives. Ils reprochent à Dumbledore de m'avoir trop impliqué. Et ils m'accusent aussi d'avoir des pratiques magiques illégales. Bref, j'ai des tas d'ennuis en ce moment.
-Mais enfin, c'est ridicule ! s'exclama James, scandalisé. Ils ne peuvent quand même pas te punir pour avoir sauvé des vies !
-Certains me suspectent d'être un agent de Voldemort… Ils pensent que j'ai résolu la crise pour m'infiltrer dans les réseaux du ministère.
Les cinq adolescents en restèrent un instant muets de stupeur.
-Ridicule, lâcha finalement Sirius.
-Voldemort n'a pas besoin de monter un plan aussi tordu pour infiltrer le ministère, approuva James. D'après mon père, il a déjà des alliés très haut placés.
-Je sais, répondit Harry en haussant les épaules en signe d'impuissance, mais tu comprends que je ne peux pas leur répondre ça… Ils me feraient arrêter sur le champ…
-Quand même pas ? s'inquiéta Remus.
-Ben tiens ! Si Dumbledore n'était pas intervenu en ma faveur, je crois que je serais sérieusement dans la mouise…
Harry poussa un nouveau soupir.
-Enfin, passons, dit-il. L'essentiel, c'est que tout le monde se porte bien. Tu as l'air en pleine forme, Lil.
-Oui, répondit Lily d'un ton enjoué. Le sang de dragon s'est avéré très efficace. Presque tous les malades ont quitté l'infirmerie. Maintenant, c'est toi qui a l'air malade.
-Moi ? Malade ? répliqua Harry d'un air hautain. Impensable. Mais j'ai peut-être besoin de vacances, admit-il en grimaçant.
-Justement, je voulais t'en parler, dit James. Qu'est-ce que tu vas faire, pendant les vacances ?
-Pendant les vacances ? répéta Harry, pris au dépourvu. Je ne sais pas… Je n'y ai pas vraiment réfléchi…
-Bien, répondit James, parce que je comptais t'inviter chez moi.
-Chez toi ?
-Ouais, au manoir. Sirius y sera aussi, et Lily, Remus et Peter viendront pour la fête du nouvel an. Ça risque d'être très animé.
-Heu… fit Harry, un peu embarrassé, c'est très aimable, mais je ne voudrais pas m'imposer…
-Tu plaisantes ? répliqua James en riant. Le manoir est assez grand pour loger une centaine de personnes. En plus, mes parents ont très envie de te rencontrer.
Harry s'imagina un instant passer Noël au milieu de la famille Potter et eut comme un pincement au cœur.
-Ecoute, répondit-il, c'est vraiment très aimable de ta part, mais, comment dire… J'ai, euh, enfin, quelques affaires à mettre en ordre…
-Des affaires ? répéta James, sceptique. Quel genre d'affaires ?
-Ben, par exemple, répondre aux agents du ministère…
-C'est drôle, dit Lily, j'avais plutôt l'impression que tu cherchais à les fuir.
-Et puis, poursuivit Harry, en éludant la question, Dumbledore m'a fait comprendre que Voldemort en avait après moi… Dans ces conditions, quitter Poudlard n'est peut-être pas très prudent.
James éclata de rire.
-Tout le monde sait que le manoir Potter est un repère d'ennemis de Voldemort. Par conséquent, mes parents ont mis en place toutes les protections magiques envisageables. De plus, pendant les fêtes, la maison est toujours pleine de monde et au pire, il reste toujours la possibilité de transplaner. Je vois mal les mangemorts lancer une attaque dans ces conditions.
-Oui, mais…
-Mais quoi ? s'impatienta Sirius. Tu ne comptes tout de même pas passer Noël à Poudlard ? Tu va te retrouver coincé entre Rusard et…
-Qu'est-que j'entends ? Griffith reste à Poudlard pour les fêtes ?
Tous se retournèrent en sursaut. Absorbés par leur conversation, ils n'avaient pas entendu le professeur McGonagall approcher dans leur dos. Le professeur de métamorphose affichait un sourire radieux que Harry trouva particulièrement suspect.
-Heu… eh bien… Probablement… répondit celui-ci d'un air circonspect.
-Quelle excellente nouvelle ! s'exclama McGonagall avec emphase. Je cherchais justement des volontaires pour remettre le château en ordre pendant les vacances, et j'ai tout de suite pensé à vous. Il y a aussi des montagnes de paperasse administrative à remplir et des dossiers à classer… Vraiment, c'est une très bonne chose que vous soyez disponible.
-Heu… mais… c'est que… bafouilla Harry, pris de court.
-Allons, en tant que chef des IA, c'est le moins que vous puissiez faire, n'est-ce pas ? Très bien, je compte sur vous !
Et sans lui donner le loisir d'émettre la moindre objection, elle s'éloigna d'un pas léger. Harry en resta cloué de stupeur.
Une fois que le professeur fut sortie de leur champ de vision, les maraudeurs éclatèrent de rire.
-Bon courage, Willy, s'exclama Sirius en lui donnant une claque dans le dos. Je sens que tu vas t'amuser.
-Tu trouves ça drôle ? grinça Harry en le foudroyant du regard.
-Très drôle, en effet. Alors, tu ne reviens pas sur ta décision ?
Harry hésita un instant.
-Non, répondit-il finalement. C'est très aimable, vraiment, mais je crois que je vais être très occupé pendant ces trois semaines.
-Tant pis, soupira James. Une prochaine fois, peut-être.
-Oui, peut-être, répondit Harry d'un air vague.
Il y eut un instant de silence. Harry laissa de nouveau dériver son regard vers les familles réunies. Une question lui traversa l'esprit.
-Que va-t-il se passer, à propos des élèves décédés ? Est-ce qu'il va y avoir un enterrement commun ?
-Oui, répondit Remus d'un ton mal assuré. Dumbledore l'a annoncé hier, juste avant le repas. La cérémonie aura lieu après la rentrée. C'est l'école qui prendra en charge le transport des élèves.
-Ah, très bien.
-Au fait, demanda Sirius, quelqu'un sait ce qui va se passer à propos de Bellatrix ?
-J'en ai parlé à Dumbledore, répondit Harry d'un air sombre.
-Ah ! et alors ? Elle va être renvoyée ? Elle va être transférée à Azkaban ?
-Pour l'instant, il n'en n'est pas question, hélas. Le ministère refuse d'admettre sa culpabilité.
-QUOI ? s'écrièrent en chœur les cinq adolescents.
-C'est comme je vous dis, répondit Harry en haussant les épaules. Ils ne croient pas à mon témoignage ni à celui de James. Du moins, c'est ce qu'ils disent… J'ai surtout l'impression qu'on les a incité à ne pas y croire.
-Alors, on va devoir passer le reste de l'année en compagnie de cette cinglée meurtrière ? s'insurgea James.
-Probablement.
-C'est de la folie, s'offusqua Lily. Un de ces jours, elle va assassiner quelqu'un dans son sommeil. (Peter eut un sursaut de terreur).
-Je suis d'accord, répondit Harry, mais je n'y peux rien du tout. Même Dumbledore n'a pas le pouvoir de faire enfermer les gens. Tout ce qu'on peut faire, c'est rester vigilant.
Pendant plusieurs minutes, ils déversèrent un flot de parole assassin contre leur dangereuse camarade. Mais soudain, ils furent interrompu par l'arrivée, inattendue, d'un oiseau qui volait dans leur direction.
-Eh ! s'étonna Sirius. On dirait le corbeau de la dernière fois.
En effet, à sa grande horreur, Harry reconnut à son tour le corbeau aux yeux verts qui lui avait apporté la lettre de Voldemort. Cette fois encore, la bête, qui n'inspirait pas confiance, tenait dans son bec une lettre noire, identique à la première, qu'elle laissa négligemment aux pieds de Harry avant de repartir dans la direction opposée, en poussant un croassement sinistre.
-Eh bien, qu'est-ce que t'attends ? demanda James à Harry, alors que celui-ci restait cloué sur place. Ouvre-là.
Très lentement, se préparant psychologiquement à recevoir de très mauvaises nouvelles, Harry se baissa et ramassa du bout des doigts la missive, comme s'il redoutait que celle-ci lui explose à la figure. Prenant son courage à deux mains, il l'ouvrit et commença sa lecture.
Ses yeux, qui sautaient de ligne en ligne à une allure folle, devinrent de plus en plus menaçants. Etonnés, les maraudeurs virent l'expression du jeune homme passer de l'appréhension à l'incrédulité, et de l'incrédulité à la fureur.
-AH, LE TRAITRE ! s' écria Harry en froissant la lettre.
Fulminant de rage, il entreprit de la déchirer en mille morceaux.
-Euh… tenta Remus d'un ton hésitant. Des mauvaises nouvelles ?
-Exécrables ! Ce salopard se moque de moi… Mais rira bien qui rira le dernier… Rodrigue ! RODRIGUE !
Le serpent-chat approcha d'un pas traînant.
-Changement de plan, annonça Harry. Nous partons dés ce soir. Prépare tes valises !
-QUOI ? s'écrièrent en chœur les cinq amis.
Mais Harry s'éloignait déjà à grands pas.
-Celui-là, alors, pesta Sirius. Qu'est-ce qui lui prends, tout à coup ?
-Vas savoir, répondit James. Avec lui, tout est possible.
-Je trouve ça un peu inquiétant… déclara Remus. Je sais que c'est un héros et qu'il nous a sauvé la vie, mais quand je le vois dans cet état, eh bien… il m'arrive de penser que le professeur Cartiguayne n'est pas la seule qui ait besoin d'une cure au service psychiatrique de Ste Mangouste.
-Tu n'as pas tort, approuva James.
Tous éclatèrent de rire.
-Au fait, demanda Peter, à propos du professeur Cartiguayne, vous savez si elle reviendra enseigner après son traitement ?
-Non, elle ne reviendra pas, répondit Lily. Dumbledore l'a renvoyée.
Remus leva les yeux au ciel avec une expression de gratitude infinie. Sirius, en revanche, eut l'air singulièrement déçu.
-Dommage, soupira-t-il. Enfin, je leur souhaite bonne chance pour trouver un remplaçant. Trois semaines pour dénicher un fou furieux à la hauteur des précédents, c'est peu.
-Cette fois, on aura peut-être quelqu'un de normal, suggéra Remus avec une note d'espoir.
-Normal ? Un professeur de défense contre les forces du mal de Poudlard ? Impossible ! déclara James.
-Tu n'as peut-être pas tort… reconnut Remus en soupirant.
Reviews, reviews, please ! La charité pour une auteur au bord de la crise de nerf !
RAR spécial anonymes
Ad : t'as bien raison, cette fic est extra ! Je suis très contente de moi !!!!lol Pourquoi tout le monde en veut à Voldemort ? D'accord, il est parfois un peu brutal, mais je suis sure qu'il a bon fond !!
Anonyme333halfwaytohell : le service psychiatrique de St Mangouste est débordé, ces derniers temps. J'ai déjà recensé cinq clients potentiels, et y risque d'y en avoir encore plus quand j'aurai publié le chapitre 19. Niak niak niark ! Merci beaucoup pour ta review et à bientôt !
Flo : Hello ! C'est sympa d'avoir des lecteurs fidèles. Merci beaucoup pour ta review. Voldy est content de savoir que tu le trouves sexy, mais il ne veut pas renoncer à écrire ses répliques à l'avance. En effet, sa plus grande peur n'est pas la peur de la mort, contrairement à ce que prétend ce nullard de Dumby, mais la peur de ne pas avoir le dernier mot. Et depuis qu'il a appris que le dernier mot de la saga Harry Potter serait « cicatrice », il est très nerveux. Il se demande même si JKR n'aurait pas prévu de le faire perdre à la fin. Bon, voilà, encore merci et à très bientôt j'espère !
Kapuis : merci ! Je suis contente de savoir que ça t'a plu. Une confrontation V1/V2 est au programme, mais va falloir attendre un peu parce que le planning ennuis est très chargé pour les prochains temps. A très bientôt j'espère !
Et un très très grand merci aussi à Katia et à un mystérieux lecteur qui n'a pas donné de pseudonyme pour leurs encouragements. A très bientôt !!!
