Aïe aïe aïe… Je sens que je vais me faire allumer. J'avais annoncé le chapitre 21 pour Noël, et il arrive à Pâques. Glurp. Mais vous savez, j'ai de très, très bonnes excuses. Si si, je vous assure ! D'abord, j'ai été renversée par un camion en allant à la fac. Je me suis retrouvée dans le coma et j'y suis restée pendant deux mois. Ensuite, quand je suis sortie de l'hôpital, j'ai attrapé la pneumonie. Mais ce n'était rien, j'aurais tout de même continué à écrire, mais des voleurs sont entré chez moi et m'ont piqué mon ordinateur. J'en ai racheté un, mais des extraterrestres ont débarqué et…
Quoi ? Vous ne me croyez pas ? Je vous jure que c'est vrai ! Bon, enfin presque
En tout cas, voici le chapitre 21. Un peu court peut-être, mais il a au moins le mérite d'exister. Merci aux très nombreuses personnes qui m'ont envoyé une review et qui ont ainsi permis que ce chapitre ne soit pas publié à Noël… 2008 ou pire, à la Saint Glin-glin.
Je ne vous répondrai pas personnellement à ce chapitre, parce que je ne veux pas vous faire attendre davantage et que de toute façon je pense que vous avez tous oublié ce que vous m'avez écrit, mais sachez que les reviews me font très, très plaisir et qu'elles sont souvent source d'inspiration.
Voilà, bonne lecture !
Chapitre 21
Ténèbres. Douleur. Fatigue.
L'homme qui se tenait en face de lui s'approcha de quelques pas et se pencha en avant, de sorte que son visage se trouvait à une dizaine de centimètres du visage de Harry. Celui-ci ne chercha pas à dissimuler sa grimace de dégoût lorsque l'odeur de tabac soviétique vint irriter ses narines. Exaspéré, il leva les yeux et planta son regard le plus glacial dans les yeux bleu délavé du Haut commandant des aurors.
-Quoi ? demanda-t-il d'un ton mauvais.
Les heures passées enchaîné sur une chaise spécialement conçue pour donner des courbatures, dans une pièce sombre et mal chauffée, à répondre aux questions posées sans relâches par des aurors hostiles sans avoir la moindre idée de l'évolution de la situation à l'extérieur avaient rendu Harry passablement agressif. Et le fait qu'il ignorait de quoi, précisément, on l'accusait n'arrangeait pas la situation.
Les chaînes qui le maintenaient attaché à son siège se mirent à cliqueter furieusement.
-Poli, Griffith, rétorqua le commandant d'un ton rauque. Ici, c'est moi qui pose les questions. Tu ne voudrais pas que ces petites (il désigna les chaînes d'un mouvement de la tête) se mettent en colère, pas vrai ?
-Ouh, j'ai peur, railla Harry.
Aussitôt, les chaînes se resserèrent autour de son torse, manquant de l'étrangler.
-Dites, demanda Harry, euh, je suis pas très au courant, mais y aurait pas par hasard quelque part une petite loi concernant les traitements aux prisonniers ?
-Si, bien sûr, répliqua le commandant d'un air sardonique. Le hic, tu vois, c'est qu'elle ne s'applique pas aux mangemorts pris en en flagrant délit ;
Harry, surpris, cligna les yeux plusieurs fois.
-Euh… Quel rapport avec moi ?
L'auror adopta une expression menaçante.
-Inutile de jouer à l'imbécile, grogna-t-il. Tu as été vu en train d'attaquer la foule à l'aide de sortilèges classés mortels par le ministère. Il y a des dizaines de témoins.
Cette réponse laissa Harry sans voix pendant quelques instants.
-C'est… c'est… bafouilla-t-il.
-Eh oui, tu es grillé, le coupa l'auror. Maintenant, tu ferais mieux de tout avouer, si tu ne veux pas aggraver ton cas.
-Eh, une minute,protesta Harry. J'ai dit la vérité, je ne suis pour rien dans cette attaque. Je suis allé au festival, comme tous les autres, puis au concert…
L'auror haussa un sourcil.
-Quelqu'un peut-il témoigner de votre présence ? Une connaissance, ou un commerçant, ou quelqu'un d'autre ?
Harry jura intérieurement. A part Rodrigue, il n'était rentré en contact avec personne avant de rejoindre les maraudeurs, Lily et Sally dans la cave de l'animalerie. Et un chat parlant le fourchelangue ne correspondait définitivement pas à l'idée que le ministère devait se faire d'un témoin convaincant.
-C'est que… vous voyez… j'aime bien la solitude, tenta-t-il avec un sourire nerveux.
L'auror ne parut pas satisfait par cette explication.
-Oh, vraiment ? demanda-t-il avec un sourire de prédateur. Donc, pas d'alibi. Quel dommage…
Harry poussa un profond soupir. La situation n'était pas près de s'arranger.
-Ecoutez, dit-il en s'efforçant de parler d'un ton calme, je sais que vous ne me croyez pas, mais je suis totalement innocent. Je n'ai rien à voir avec les mangemorts. Je hais les mangemorts. Mon rêve le plus cher est de savoir leur organisation réduite à néant et leur chef six pieds sous terre. Et, tenez ! ajouta-t-il d'un air triomphant. C'est moi qui ai trouvé comment se débarrasser du virus maudit de Poudlard. Vous pouvez demander à Dumbledore si vous ne me croyez pas.
« Et toc », pensa Harry, très content de sa réponse. Malheureusement pour lui, le commandant ne sembla guère impressionné.
-Inutile, je sais déjà tout. J'ai lu le rapport de Dumbledore après les évènements de Poudlard. Mais ça ne te sauvera pas. Aux yeux du ministère, tu es toujours une personne suspecte, ayant des origines suspectes, arrivée en Angleterre dans des conditions suspectes, accompagnée d'un animal suspect, pratiquant des magies suspectes et ayant un caractère suspect. Bref, tu es suspect ! Quelque chose à rajouter ?
-En fait, oui, répondit Harry d'un ton railleur.
-Je t'écoute, répondit l'auror avec un sourire moqueur.
-J'ai droit à un avocat ?
Le commandant le dévisagea pendant quelques instants, puis un sourire appréciatif se dessina sur son visage.
-Je dois reconnaître que tu as un certain cran, dit-il en se levant. Normalement, les accusés craquent au bout d'une heure, surtout les plus jeunes. Très bien, tu auras ton avocat. Demain. Bon courage. Winch ! Sampson ! appela-t-il.
Deux hommes en uniforme pourpre, les yeux tirés par la fatigue, entrèrent dans la salle d'interrogatoire.
-Mettez-moi cet enquiquinneur en cellule. Puis postez –vous derrière la porte et montez la garde. Surtout, ne vous éloignez sous aucun prétexte. Et interdiction formelle de roupiller. C'est compris ?
-A vos ordres, monsieur, répondirent-ils d'un ton monocorde.
Un moment plus tard, la porte de fer d'une petite cellule grise et sale se referma violemment derrière Harry. Une petite couchette miteuse et un lavabo constituaient le seul ameublement. Harry, déprimé, se laissa tomber sur le lit, qui émit un grincement sinistre.
Et, laissant son esprit vagabonder dans des considération philosophiques sur le bien, le mal et le destin, il sombra dans un sommeil profond.
HPHPHPPHPHPPPPPPPP
Il était presque quatre heures du matin lorsque Janus Potter parvint à s'échapper du ministère et à fuir son supérieur acariâtre (le terrifiant Alastor Maugrey). Soucieux de ne pas réveiller les autres habitants du manoir, il ouvrit la porte avec douceur et entra sur le seuil à pas de loup. Mais à peine avait-il franchi le seuil, qu'il fut assailli par une horde d'adolescents survoltés et une elfe de maison hyperactive.
-Papa, tu es rentré ! Alors, quelles nouvelles ?
-Ont-ils libéré William ?
-Maître Janus, Smiley a préparé un bon thé !
-Y a-t-il eu des morts ?
-Et les coupables ?
Janus soupira intérieurement. Non, la soirée n'était pas encore terminée…
-Pas tous en même temps, dit-il d'un ton apaisant. Smiley, tu veux bien nous amener le thé au salon ? On ferait tout aussi bien de s'asseoir, je sens que ça va prendre du temps. Ah, et ajoute des gâteaux, s'il te plaît. Je crève de faim.
-Tout de suite, sir ! s'exclama l'elfe avec enthousiasme, avant de disparaître en coup de vent.
Janus retira sa cape pourpre et se dirigea vers le salon, suivi de trois adolescents.
Lily, James, Peter et Sirius avaient été liberés au bout d'une heure. Janus et Andora avaient réussi à convaincre leurs supérieurs respectifs qu'il s'agissait d'un malentendu. Maugrey était également disposé à libérer William. Mais Fabricius Hallward, le commandant en chef des aurors, s'y était opposé, prétextant que des informations récentes l'obligeait à prolonger l'interrogatoire du prévenu. Tout d'abord, James, Lily et Sirius avaient voulu rester et attendre leur ami, mais Janus avait objecté que leur présence ne ferait que compliquer la situation. Après lui avoir fait promettre qu'il les contacterait au cas ou il y aurait du nouveau, les trois adolescents s'étaient résignés à partir avec Andora. La mère de Peter était venu le chercher au ministère. Remus et Sally avaaient envoyé un message au manoir, inquiets de savoir s'ils étaient sortis de l'attaque et leur demandant de les contacter au plus vite. Quant à eux, ils attendaient à Pré-au-lard que les parents de Nymphadora, à qui ils avaient également envoyé un hibou, vienne chercher leur fille.
-Alors ? demanda Lily dés qu'ils furent tous assis sur les canapés autour de la cheminée.
-Ils l'ont liberé ? demanda Sirius.
-Eh bien… euh… en fait, non, répondit Janus, embarrassé. Ils vont sans doute le garder un peu plus longtemps que prévu.
-Quoi ? mais pourquoi ? demanda James avec un mélange de colère et d'inquiétude.
-Eh bien, c'est compliqué, fit Janus d'un ton diplomatique.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Sirius, aussi nerveux que James. En quoi c'est plus compliqué que pour nous ?
-Je sais que c'est difficile à croire, répondit Janus d'un air sombre, mais plusieurs témoins affirment avoir vu votre ami attaquer la foule avec des sortilèges mortels pendant l'attaque.
Il y eut un instant de silence incrédule. James fut le premier à le rompre.
-C'est ridicule ! explosa-t-il. William nous a aidé à nous quitter le chemin de traverse. Enfin, il a essayé en tout cas. Et puis, il a déjà prouvé qu'il était contre Voldemort. C'est lui qui nous a sauvé du virus, tu te souviens ?
-Je sais, je sais, mais…
-Quelqu'un a très bien pu boire du polynectar et se faire passer pour lui pendant l'attaque. C'est facile, non ?
-C'est sûr…
-Dumbledore l'a associé aux recherches et l'a nommé chef des « IA », poursuivit James. Il ne l'aurait pas fait s'il n'avait pas une totale confiance en lui, non ?
-Je suis d'accord avec toi, mais…
-Et puis, c'est aussi lui qui a découvert la bombe, non ?
-Oui, et c'est la principale raison pour laquelle vous êtes ici et lui en prison, dit une voix derrière eux.
Andora Potter, en pantoufles et robe de chambre, vint s'asseoir à côté de Janus.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda James, perplexe.
-L'un de vous s'est-il demandé comment William avait découvert la bombe ? demanda sa mère.
-Bien sûr qu'on se l'est demandé, répliqua Sirius. Mais on n'a pas vraiment eu le temps de lui demander des explications. Et puis, William fait tout le temps des trucs incroyables. Je suis sûr qu'il a une bonne explication.
-Eh bien non, justement, répliqua Andora d'un air sombre. Il prétend qu'il a juste entendu un drôle de bruit venant de la peluche. C'est un peu gros, vous ne trouvez pas ?
Les trois adolescents échangèrent un regard confus.
-C'est vrai que c'est un peu étrange… admit Lily à contrecoeur. Mais il y a sûrement une autre explication.
-En tout cas, certaines personnes, au ministère, en on une autre à proposer, dit Andora. Et je dois admettre qu'elle me paraît beaucoup plus séduisante que le tic-tac.
-Et c'est ? demanda James d'un ton nerveux.
-Que William Griffith est la personne qui a envoyé la lettre d'avertissement au ministère. Et donc, qu'il est d'une manière ou d'une autre en contact avec Voldemort.
Il y eut un moment de silence.
-Mais si c'est bien lui qui a écrit la lettre, dit Sirius, cela signifie qu'il est de notre côté, non ?
-ça, c'est ce que nous cherchons à savoir, répondit Andora. Ecoutez, je comprends que vous soyez attachés à lui. C'est normal. Je ne dis pas qu'il soit coupable, mais vous devez comprendre que le ministère, en ce moment, est obligé d'être très prudent. Il y a beaucoup de mystères autour de ce jeune homme. Qui est-il vraiment ? Pourquoi cache-t-il sa véritable identité ? Et pourquoi s'est-il inscrit à Poudlard ? Tant qu'on n'aura pas de réponses à ces questions, nous serons obligés de garder un œil sur William Griffith.
-D'accord, admit James avec réticence, mais de là à le garder prisonnier…
-Ne t 'en fais pas trop pour lui, intervint Janus en haussant les épaules. J'ai entendu Maugrey discuter de son cas avec Dumbledore. Apparemment, le vieux fou ne se fait pas beaucoup de soucis pour son protegé. A vrai dire, il semblait même amusé d'apprendre qu'il avait arrêté. Quand Maugrey lui a demandé ce qu'il comptait faire, il a simplement répondu qu'il s'en occuperait plus tard.
-Cest pas vrai, grogna James. Ce type est d'une négligence… Il se fiche complètement de ce qui pourrait arriver à William.
-C'est faux, répliqua calmement Andora en buvant une gorgée de thé. En fait, si William est resté en liberté aussi longtemps, c'est uniquement grâce à lui. Pendant des semaines, il a utilisé toute son influence pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de poursuites judiciaires contre William. Seulement, pendant l'épidémie, il était cloisonné au château et l'enquête a repris. Depuis la fin de la quarantaine, ce n'était qu'une question de temps avant que ce garçon ne soit placé aux arrêts.
Les adolescents en colère ne trouvèrent rien à répondre. Au bout d'une minute de silence pesant, Janus Potter se leva d'un air résolu.
-C'est l'heure d'aller au lit, dit-il d'un ton ferme. De toute façon, il n'y a rien que vous puissiez faire pour l'instant. Prenez quelques heures de sommeil et demain, on y verra un peu plus clair.
A contrecoeur, James, Lily et Sirius se levèrent à leur tour et montèrent dans leur chambres respectives. Mais aucun d'eux ne s'endormit avant que les rayons de l'aube ne pointent à l'horizon.
HPHPHPHHPHPHPHPHPHHHPH
Deux jours passèrent sans apporter le moindre changement. Harry commençait à se demander si ses gardiens comptaient l'avoir par l'ennui. Après l'interrogatoire du commandant en chef des aurors, on l'avait enfermé dans une cellule étroite et austère, aux murs parfaitement gris et sans fenêtre. Depuis, il n'avait reçu d'autres visites que celles du gardien chargé de lui apporter ses repas.
Soudain, la lourde porte en fer s'ouvrit en grinçant. Un auror grincheux et mal coiffé apparut sur le seuil et fit signe à Harry de le suivre.
-Allez, debout, le mioche, dit-il. Y a quelqu'un qui t'attends.
Le jeune homme se sentit soudain prêt à verser des larmes de joie. Finalement, quelqu'un s'était souvenu de son existence !
-Merci, Merlin ! s'exclama-t-il en bondissant sur ses pieds. Dîtes-moi, Ô bourreau infâme, qui donc est le héros qui vient à mon secours en ces temps de détresse ?
L'auror lui jeta un regard de travers.
-Pfff . Qui voudrait bien venir au secours d'un mioche comme toi ? grogna-t-il d'un ton ennuyé.
-Et pour quelle autre raison viendrait-on me tirer de mon repos éternel ? rétorqua Harry en le foudroyant du regard. Si c'est pour un autre interrogatoire, vous n'avez qu'à me ramener dans ma cellule. J'ai déjà dit tout ce que je sais sur moi-même. Je sais que c'est un sujet diablement fascinant et que mon histoire mériterait de faire l'objet d'un roman, voire d'une trilogie, mais tout de même…
L'auror fit un reniflement de dédain.
-Rassures-toi, je crois que tout le monde ici en a plus qu'assez de tes salades. On frise l'intoxication alimentaire. De toute façon, c'est pas pour ça qu'on m'a forcé à aller te chercher. Ton avocat a finalement été choisi, et il demande à te voir.
-Un avocat ? Youpi ! s'écria Harry avec l'expression d'un enfant qui vient d'extorquer à ses parents un second tour de manège.
-Si j'étais toi, je ne réjouirais pas trop vite, rétorqua l'auror avec un sourire sinistre.
-Ben quoi ? fit Harry d'un ton piqué. Quelqu'un va enfin remuer ses fesses pour essayer de me faire sortir de cet horrible trou. J'ai bien le droit de me réjouir un peu, non ?
Mais, pour la plus grande confusion et le désarroi du jeune sorcier, l'auror éclata de rire. Un rire qui ne présageait rien de bon et glaça Harry jusqu'aux entrailles.
-Quoi, répéta-t-il d'un ton pressant.
-Pauvre gamin, fit l'auror avec un air de fausse compassion. Si tu savais…
-Si je savais quoi ? répliqua Harry d'un ton sec.
-Les avocats… Ah ah ah ! Cinquante pour cent d'imbéciles et cinquante pour cent de crapules. Crois-moi, vu ta situation, ne compte pas sur eux pour te tirer d'affaire. Au mieux, tout se passera comme s'ils n'existaient pas. Au pire, ils te feront couper la tête.
Harry sentit sa bonne humeur retomber aussi sec qu'elle était apparue.
-Merci, railla-t-il. C'est très encourageant.
-Désolé, continua l'auror d'un ton guilleret, mais tu sais, il faut pas se voiler la face. La plupart des gens qu'on garde au frais plus de vingt-quatre heure finissent à Azkaban. Sois réaliste, gamin. Tu as des amis haut placés ? non. Tu as un trésor à dépenser ? Pas que je sache. Tu as des ennemis ? Et comment !
l'auror pointa sa baguette sur une grosse porte en acier qui s'ouvrit dans un grincement métallique et fit entrer Harry dans une pièce mal éclairée.
-Mais alors, demanda Harry, qu'est ce que je suis censé faire ?
-Rien, répondit l'auror en haussant les épaules.
-Quoi ?
-Qu'est-ce que tu veux ? Pas d'amis, pas d'argent, pas de chance… Les carottes sont cuites. Dommage pour toi.
Sur ce, il se retira en claquant la porte, laissant derrière lui un Harry plus désemparé que jamais. Après avoir fixé d'un air tétanisé la porte pendant plusieurs minutes, Harry sortit de son apathie, se laissa glisser au sol et fondit en larmes.
-Pouquoi ? pourquoi moi ? parvint-il à articuler entre deux sanglots. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour mériter ce traitement inhumain ? Ai-je été Hitler dans une vie antérieure ? Si c'est le cas, je t'en supplie, Dieu, Bouddha, Merlin ou qui que tu sois, épargne-moi. Je regrette tout ce que j'ai fait, même si je ne m'en souviens pas. Tout ce que je veux, c'est de pouvoir vivre dans une époque normale, où les gens n'essayent pas de s'entretuer avec des petits bouts de bois et sans psychopathes déments qui cherchent à me pourrir la vie. Je voudrais acheter une petite maison dans la montagne, avoir une femme et trois mouflets et peut-être un chien –une minute, pas de chien, je hais les chiens, ils me font penser à la tante Marge- et vivre enfin tranquille. Est-ce vraiment trop demander ?
-Allons, allons, fit soudain une voix derrière lui. Inutile de ce mettre dans des états pareils.
Harry, qui ne s'était pas aperçu qu'il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce, fit un bond au plafond. Il se retourna pour voir qui avait parlé, et reconnut…
-DUMBLEDORE !
Harry était si content de revoir son ancien et de nouveau présent directeur qu'il faillit se jeter à son cou, mais il s'arrêta net quand il vit comment celui-ci était habillé.
-Professeur… Pourquoi êtes vous déguisé en Père Noël ?
-Comment ? fit Dumbledore d'un air surpris. Oh, vous voulez parler de ma tenue ? Eh bien, je l'ai trouvé en solde dans un magasin moldu. Elégant, n'est-ce pas ?
Harry marmonna des paroles inintelligibles.
-Pardon ? fit Dumbledore d'un ton poli. Je ne vous entends pas bien. Il y a un problème ?
-Oui, professeur… répondit Harry d'une voix étouffée. Il y a un problème… Un gros problème.
-Oh, vraiment ? et de quoi s'agit-il ?
-JE REFUSE D'ETRE DEFENDU PAR LE PERE NOEL ! VOILA MON PROBLEME ! explosa Harry dont la figure s'était empourprée.
Il y eut un moment de silence.
-Mais pourquoi ? demanda Dumbledore d'un air naïf.
-Vous avez l'air ridicule habillé comme ça.
-Moi, je trouve ce costume très saillant, répliqua Dumbledore. La fourrure est de très bonne qualité.
Pendant un instant, Harry eut une très forte envie d'assommer son directeur et avocat autoproclamé avec la chaise qui se trouvait devant lui, mais à la pensée que cet homme tenait peut-être la clé de sa libération entre ses mains, il parvint à contenir ses pulsions meurtrières. Au lieu de cela, il poussa un soupir résigné et s'assit en face de Dumbledore.
-Donc, commença-t-il, comment allez-vous me sortir de ce pétrin ?
Dumbledore caressa sa barbe d'un air songeur.
-Mmm… J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, annonça-t-il.
-Ah.. fit Harry d'un ton un peu inquiet.
-La bonne nouvelle, poursuivit le directeur, c'est que nous detenons la preuve que certains témoins ont été soumis à l'imperium afin de vous discrediter. Ken Malkin, un homme sans liens connus avec les mangemorts, a été surpris en train de jeter l'imperium a un homme présent lors du festival. La femme de ce dernier, qui se trouvait dans la pièce voisine, a tout entendu et a contacté les aurors dés que le malfaiteur était parti. Quelques minutes après leur arrivée, le « témoin », qui était dans un état de grande confusion, les a immédiatement pris à parti pour vous accuser, malgré le fait qu'il n'ai jamais été en contact avec vous. Comme, après un entretien, il s'est révélé incapable d'expliquer d'où il vous connaissait comment il vous avait reconnu, les aurors ont bien été forcés d'admettre que son témoignage avait visiblement été forcé –ce qui signifie qu'il y a de bonnes chances pour que les autres l'aient été également.
-C'est magnifique ! exulta Harry. Alors, quand est-ce que je peux sortir?
-Heu… C'est là que nous avons un petit problème, dit Dumbledore en se raclant la gorge.
Cette réponse fit au jeune homme l'effet d'une douche glacée. Quand Dumbledore avait un « petit problème », il valait mieux s'attendre au pire.
-Quel genre de problème ? demanda-t-il en croisant les doigts.
-Eh bien, vous voyez… D'après la loi, un prévenu ne peut-être relâché avant d'avoir passé une première audience.
-Et ? poursuivit Harry.
-En attendant l'audience, le prévenu est généralement laissé en détention dans les cellules du département de la Sécurité… Autrement dit, ici. Mais si l'attente doit excéder un mois…
Harry sentit son estomac se serrer.
-… le détenu doit être transféré à la prison d'Azkaban, acheva le directeur.
Un long silence suivit cette information.
-Vous êtes en train de me dire, murmura Harry d'une voix vide de toute émotion, que je vais devoir passer un mois dans un cachot pourri et humide, gardé par des chose gluantes qui mangent des âmes humaines au petit-déjeuner ? Un mois ?
-Une minute, le corrigea le directeur d'un ton serein. Je n'ai jamais dit un mois.
-Ouf, dit Harry avec un soupir de soulagement. Ça me rassure. Parce que…
-J'ai dit : au moins un mois.
-QUOI ?!
Harry se leva brusquement, prêt à étrangler le vieil homme qui prenait un plaisir sadique à jouer avec ses nerfs.
-Espèce de vieillard sénile… fulmina-t-il. Avocat, mon œil ! vous êtes censé me sortir d'ici, non ? Alors faîtes quelque chose, nom d'un détraqueur !
-Du calme, répondit Dumbledore d'un ton apaisant. Je comprends votre colère, mais assassiner votre avocat ne risque pas d'améliorer votre situation.
-Peut-être, mais cela ne peut pas non plus beaucoup l'empirer, au point où en sont les choses, répliqua Harry d'un ton mordant.
-Ah ah, ça, c'est ce que vous croyez ! s'exclama Dumledore en riant de bon cœur.
Harry soupira, vaincu.
-Bon, j'ai compris. Je vais prendre des vacances forcées sur l'île de la Déprime. Combien de temps ?
-Eh, eh, fit Dumbledore en se grattant le nez, à vrai dire, je n'en sais rien. Mais rassurez-vous, ajouta-t-il précipitamment en croisant le regard furieux de son élève, pas plus de cinq ans.
Dumbledore se mit à faire le décompte intérieurement. Trois… Deux… Un…
-CINQ ANS ?!
-La loi dit que la première audience –et le procès, si procès il y a- doit être tenue dans un délai de deux ans. Si ce délai est dépassé, le ministère est tenu de verser des dommages et intérêts à l'accusé. Mais il faut attendre cinq ans pour que le détenu soit libéré par défaut de procédure.
Harry se laissa tomber sur sa chaise, abattu.
-Je comprends, fit-il d'une voix caverneuse. Ils ne m'aiment pas, mais ils n'ont rien contre moi. Donc, ils font traîner les procédures au maximum, quitte à payer une amende s'il le faut. Et même s'ils restent dans le cadre de la loi, ils peuvent tout de même me garder au frais deux ans, malgré mon innocence. Merlin… Quel est l'imbécile qui a écrit nos lois ?
-Je sais, je sais, fit Dumbledore d'un ton compatissant. Croyez-moi, je hais l'idée qu'un innocent soit puni à cause de la bêtise de quelques uns. Mais je vous promets de tout faire pour rendre ce séjour en prison le plus court que possible. Après tout, je vous dois bien ça.
Harry accepta cette promesse avec un hochement de tête résigné.
-Alors, reprit-il après un moment, quand le transfert va-t-il avoir lieu ?
Dumbledore s'agita nerveusement sur son siège.
-Eh bien, à vrai dire…
Soudain, comme pour venir en aide au directeur embarrassé, des pas lourds se firent entendre à l'extérieur. La porte s'ouvrit, révélant deux aurors et deux silhouettes encapuchonnées, que Harry identifia immédiatement.
-… Maintenant, acheva le directeur.
-Génial, grommela Harry.
-William Griffith, annonça un des aurors d'une voix grave et solennelle, le Haut Commandement des Aurors a pris la décision de vous transférer dés aujourd'hui à la prison d'Azkaban, où vous serez incarcéré jusqu'à la tenue d'une audience préliminaire. Vous êtes tenu d'obéir à vos gardiens sans opposer de résistance. Toute rébellion ou tentative d'évasion ne pourra que vous nuir lors de votre procès. Est-ce bien clair ?
-Ouais, ouais, on a compris, répondit Harry d'un ton las.
L'autre auror lui fit signe de se lever et lui passa une paire de menottes sans ménagement. Un instant, Harry fut tenté d'utiliser ses pouvoirs de futur maître du temps pour se débarrasser de ses gardiens, mais il se retint. S'il se pliait sans résister et que Dumbledore tenait sa promesse, il avait de bonnes chances d'être libéré rapidement et de pouvoir retourner à Poudlard. Mais s'il se rebellait, il serait contraint de passer le reste de son séjour dans cette époque dans la clandestinité.
Dumbledore s'approcha de lui et posa une main sur son épaule.
-Courage, lui dit-il. Je sais que ça va être dur, mais vous connaissant, je suis certain que vous tiendrez le coup. Et puis, on ne vous laissera pas tomber.
-Merci, répondit Harry. En fait, je ne suis pas inquiet. C'est juste que… J'imagine que Voldemort doit bien se moquer de moi à l'heure qu'il est, et ça me donne envie réduire en cendres le ministère et les idiots qui s'y trouvent.
-Voyez le bon côté des choses, répondit Dumbledore avec un petit sourire, cela vous permettra de prendre quelques vacances. Et au bord de la mer, en plus !
-Oh, joie, ironisa Harry.
-Il est temps d'y aller, annonça l'un des aurors.
-Eh bien, allons-y, répondit Harry d'un ton résigné. Au revoir, Dumbledore. Et n'oubliez pas votre promesse.
-Ne vous inquiétez pas, j'ai encore toute ma mémoire, répondit le directeur d'un ton amusé. A très bientôt !
Harry, les aurors et les détraqueurs quittèrent la salle, les détraqueurs fermant la marche. Dumbledore les suivit du regard jusqu'à ce que la porte se fut refermée derrière eux.
-Pauvres détraqueurs, murmura-t-il pour lui même, d'un air qui laissait douter de sa sincérité.
HPHPHPHHPHPHPHPHPHPHP
-QUOI ! s'exclamèrent en chœur les quatre maraudeurs et Lily.
Janus Potter grimaça, sentant qu'une migraine n'allait pas tarder à se faire sentir.
-Ils ne peuvent pas faire ça ! s'indigna James. Tu nous a dit qu'ils n'avaient aucune preuve contre lui. Dans ce cas, comment se fait-il qu'ils le transfèrent à Azkaban ?
-C'est provisoire, répondit Janus Potter. Ils ne le relâcheront pas avant l'audience préliminaire.
-Qui aura lieu quand ?demanda Lily d'une voix inquiète.
-Je ne sais pas, répondit Janus d'un air incertain. Bientôt, j'espère. Dumbledore est en train de faire pression pour accélérer les choses.
-N'y a-t-il pas un moyen d'éviter Azkaban? demanda Lily. William est encore très jeune, donc peut-être…
Janus hocha la tête négativement.
-William a déclaré lui-même aux aurors qu'il était majeur, donc il n'y a rien à espérer de ce côté là.
Lily poussa un soupir.
-J'espère qu'il va bien… dit-elle, le regard perdu dans le lointain.
HPHPHPHPHPHPHPHPPHPHP
Comme il fallait s'y attendre, le voyage pour Azkaban fut très désagréable. Harry avait été enchaîné de façon inconfortable au balai biplace de l'un des deux aurors. La pluie hivernale traversait sa cape et il n'osait utiliser de sort d'imperméabilité, de peur que les aurors interprètent cela comme une tentative d'évasion (avec eux, il fallait s'atendre à tout). Mais quand les murs de la fortersse furent en vue, Harry se mit soudai à souhaiter que le voyage dure quelques heures de plus.
-C'est très laid, chez vous, dit-il sur le ton de la conversation à l'un des détraqueurs qui volait à côté de lui.
Heureusement pour lui, il était maintenant en mesure de résister à l'influence néfaste des détraqueurs. Ceux-ci semblaient s'en être aperçus, car ils n'arrêtaient pas de tourner autour de lui d'un air frustré et inquisiteur (du moins, c'était l'impression qu'ils donnaient).
Le détraqueur ignora Harry. Le groupe ammorça sa descente. Quelques minutes plus tard, ils mettaient pied à terre devant les portes en fer. l'un des aurors sortit un badge de sa poche et le passa à travers une fente. Après quelques instants, les portes se mirent à trembler et s'ouvrirent lentement.
Les aurors firent enter Harry dans un grand hall, dont les murs sentaient la pourriture. Là, trois détraqueurs et un homme rondouiller au crâne dégarni et à l'air débonnaire les attendaient.
-Ah, ah ! fit l'homme d'un ton guilleret. Voilà donc le nouveau. Plutôt jeune, celui-là. Il aurait mieux fait de rester au chaud chez Maman, plutôt que de faire des bêtises. Maintenant, il va apprendre la vraie vie, à la manière forte. Bienvenue à Azkaban, mon grand. Je suis Stuart Benett, le directeur de la prison.
Aussitôt, Harry ressentit une irrésistible antipathie pour le personnage. S'il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était de se faire appeler «mon grand » par quelqu'un qui avait environ neuf cent ans de moins que lui.
-Bon, poursuivit l'homme en essuyant ses lunettes, faîtes le à la fouille, puis emmenez le directement dans sa cellule. Numéro 327. Tu as de la chance, gamin. Elle a été nettoyée il y a un mois.
Il partit d'un gros rire gras et fit signe aux détraqueurs de disposer. Ceux-ci firent cercle autour de Harry, et le forcèrent à avancer dans la forteresse.
La seule consolation que Harry trouva dans sa situation, c'est que la cellule 327 avait une fenêtre avec vue sur la mer. C'était une bonne chose, non parce que Harry trouvait du plaisir dans la contemplation du paysage (à vrai dire,la vue était surtout déprimante), mais parce qu'il avait la possibilité d'ouvrir la vitre et de faire entrer un peu d'air pur, ce qui était un net soulagement au vu de l'odeur qui régnait dans les cellules. En dehors de cela cependant, Azkaban était tout ce que Harry avait imaginé et même pire. Les murs gris laissaient passer l'humidité. Des barreaux rouillés étaient posés à la fenêtre et en lieu et place de porte, ne laissant aucune intimité aux détenus. Il n'y avait ni table, ni chaise. Quant au lit, il s'agissait d'un matelas moisi jeté à même le sol. Harry se surprit à regretter l'époque où il vivait dans les grottes, au temps des dynnosaures. Au moins, dans la jungle, il faisait chaud, et on n'entendait pas en permanence les murmures et les cris désespérés de détenus à moitié fous.
Harry se laissa tomber su son matelas, décidé à oublier ses malheurs grâce au sommeil. Cependant, ce plan fut contrarié peu de temps après, quand un homme d'une trentaine d'année vint frapper contre la grille de la cellule. Harry se leva de mauvaise grâce.
-Keskiya ? grommela-t-il.
-Bonjour ! dit le jeune homme. Je suis Luke Duckins, gardien humain de l'aile ouest de la prison d'Azkaban. Je suis venu apporter un petit cadeau de bienvenue. Le directeur a décidé d'encourager la promotion de la lecture afin de… lutter contre la violence en aidant les prisonniers à mieux se connaître eux-mêmes. Donc, ceci est un petit ouvrage que nous vous recommandons vivement de lire. L'auteur est un homme très doué avec les mots et il a un regard très personnel sur la violence et le pouvoir. Vous tirerez certainement des enseignements moraux qui vous aideront dans votre chemin vers la rédemption.
-Merci, fit Harry en haussant les épaules, reconnaissant d'avoir quelque chose pour s'occuper.
Au point où il en était, il aurait accepté de regarder en boucle la collection complète de La Petite Maison dans la Prairie.
Cependant, sa reconnaissance s'évanouit dés que ses yeux se posèrent sur la couverture.
-Les aventures de Tom et Harry, par Lord Alexandre Wilmore, lut-il à voix haute.
Lentement, Harry posa le livre sur le sol. Un sourire dangereux se dessina sur son visage, et ses yeux se mirent à briller d'un air anormal.
-Ceci, dit-il sans quitter le livre des yeux, est une déclaration de guerre.
Encore une fois, un grand merci à tous et à Noël prochain ! (non, non, je plaisante).
