Petit papa Noël, quand tu descendras du cieeeeeel…

Je sais ce que vous allez dire. Ce qui était censé être une plaisanterie s'est transformé en réalité, puisque nous somme le 24 décembre… En plus, le chapitre n'est pas vraiment terminé. Il était censé d'être deux fois plus long, mais comme je ne sais pas combien de temps il va me falloir pour écrire le reste, je préfère déjà mettre en ligne ce qui est écrit, quitte à remplacer cette version plus tard par une version complète plus tard. Toutes mes excuses pour ma lenteur. Il se trouve qu'en ce moment, j'ai vraiment beaucoup de choses à faire.

J'aurais bien rédigé des réponses individuelles aux reviews, mais comme cela risque encore de prendre du temps, je vais m'en tenir à un remerciement collectif. Merci mille fois à tous ceux qui ont pris la peine de m'envoyer leur avis. Ça me motive vraiment pour continuer à écrire, malgré les manques d'inspiration passagers.

Bonne lecture à tous,

Charybde


Chapitre 22

A bout de force, Harry tomba à genoux sur le sol boueux et répugnant. Il regardait de ses yeux écarquillés la troupe de moldus faire cercle autour de lui. Certains brandissaient des armes terrifiantes dont seuls les moldus ont le secret : rasoirs à quatre lames, battes de baseball, sèche-cheveux… Le chef, un homme dans la cinquantaine, mal rasé et ventripotent, s'avança de quelques pas, un sourire triomphant sur son visage. Lentement, il leva sa main gauche. Harry ferma les yeux. Lorsqu'il entendit le vrombissement de l'arme, communément appelée « mixus moulinexicus » ou encore mixeur éclectique (il s'agit d'une arme barbare, qui sert à réduire les ennemis en une mixture homogène), il comprit que sa fin était proche. Incapable de bouger, il resta au sol, se résignant à son funeste sort. Le bruit était tout proche quand soudain…

-EXPELLIARMUS !

Ce cri résonna dans le cœur de Harry comme la voix de la salvation. En revanche, le chef poussa un hurlement bestial lorsque le rayon rougeoyant le heurta de plein fouet, l'envoyant voler à travers le mur de plâtre de la cabane moldue la plus proche. Terrifiés de voir leur chef si aisément défait, les moldus prirent la fuite dans un désordre complet, s'écrasant les uns les autres pour rejoindre le plus vite possible la sécurité de leurs cabanes.

Lentement, Harry leva les yeux vers son sauveur. Celui-ci s'approcha avec un air bienveillant.

-Tout va bien, Harry ? demanda-t-il de sa voix mélodieuse.

Harry sentit le rouge lui monter aux joues, intimidé en présence de celui qu'il admirait par dessus tous.

-Oh, Tom… dit-il d'une voix tremblante, les yeux embués de larmes. Tu m'as sauvé la vie… J'ai eu si peur…

Tom eut un petit rire et ébouriffa avec affection les cheveux de son admirateur.

-Ne pleure pas, Harry, dit-il. Les méchants sont partis. Ils ne reviendront pas tant que je serai là.

-Oh Tom… S'il te plaît… ne me quitte pas….

-GYYYYYYAAAAAAARRRRGGGGGHHHH !!!!

Un cri atroce résonna dans les cachots d'Azkaban, si poignant qu'il glaça jusqu'à la moelle inexistante des détraqueurs. Un flot d'injures inintelligibles le suivit de près et un livre, dont la couverture représentait deux jeunes garçons aux cheveux noirs, fut projeté contre le mur d'une cellule. Un jeune homme, momentanément transformé en bête féroce, prit d'assaut le malheureux objet et le couvrit de malédictions et de coups de pieds.

-Vengeance ! rugit-il en brandissant le point vers le livre. Je réclame vengeance ! Je veux être nommé ministre de la magie et recevoir les pouvoirs absolus. Comme ça je pourrai rétablir la censure et faire jeter en prison tous ceux qui osent écrire de telles obscenités ! Oui, et même que j'organiserai un autodafé, le plus grand que le monde ait jamais connu ! Je vais faire flamber toutes les productions de ce… argh… il n'y a pas de mot assez fort pour le définir. Et d'abord, pourquoi polluent-ils les cellules d'Azkaban avec de tels détritus ? Je vais me plaindre auprès du directeur. Gardien ! GAAAAAAARDIEN !

Personne ne répondit.

-Décidemment, le service laisse à désirer, grommela Harry. Ah, ils ne veulent pas répondre ? Je vais les faire sortir, moi. GAAAAAARDIEN ! GAAAAAAARDIEN !

Harry continua de crier à tue-tête. Bientôt, les autres cellules commencèrent à s'agiter. Après tout, la nuit était déjà bien avancée. Bien que la nuit soit un concept tout relatif lorsque l'on est enfermé dans un cachot sombre, personne n'aime être dérangé lorsque la lune est haute dans le ciel.

-La ferme, minus ! tonitrua une espèce de troll tapis dans un coin obscur.

-Ouais, c'est vrai, ça, fit une voix nasillarde. Y en a qui essaient de dormir.

Harry esquissa un sourire satisfait et continua d'appeler. Pour rajouter de l'effet, il agrippa les barreaux de sa cellule et commença à les secouer furieusement.

-ASSEZ ! BUTEZ-MOI CE CONNARD !

-OUAIS ! ON VEUT LA PAIX !

Quelque part au fin fond du couloir, quelqu'un se mit à chanter.

-La mère Ursuline a trois chaudrons

-YAAAHH ! ASSEZ !

-FERME-LA !

-FERME-LA TOI-MEME, LARVE DE VERACRASSE !

-L'un est en or, l'un en fonte et le dernier en plomb…

-COMMENT TU M'AS APPELE, BAVE DE BOTRUC ???

-Gaaaaardien !

-Dans le premier, elle fait cuire du chou-fleur…

-DE QUOI ? TU VEUX QUE J'TE REFASSE LE PORTRAIT OU QUOI ?

-Gaaaaaardien !

-ESSAIE UN PEU, ESPECE DE SALOPE !

-Dans le deuxième, du purin….

-Oooooooooh (sniff)… Il m'a traité de salope ! (sniff). Je vais le dire aux gardiens. GAAARDIENS !

-Gaaaaaaardiens !

-Et dans le troisième, des ongles humains. Arf, arf, arf !

-GAAAAAAAARDIENS !

A présent, toutes les cellules étaient en ébullition. Les prisonniers criaient, chantaient, s'insultaient, et plusieurs d'entre eux s'étaient joint à Harry pour appeler les gardiens, sans savoir exactement pourquoi. Harry, de son côté, jubilait : au bout de quelques heures à peine, il avait réussit à déclencher le chaos, et il adorait ça. Mais il ne perdait pas pour autant de vue son objectif principal : faire disparaître jusqu'au dernier exemplaire des livres de Voldemort de la prison d'Azkaban, avant de faire disparaître jusqu'au nom de l'auteur de la mémoire des gens.

Soudain, la température sembla baisser de quelques degrés. La lumière de la lune disparut derrière un halo sombre et le silence tomba dans les cellules. Les détraqueurs venaient rétablir l'ordre.

Les prisonniers se mirent à gémir, à marmonner, à se balancer d'avant en arrière. Harry, quant à lui, haussa un sourcil lorsque deux silhouettes encagoulées glissèrent devant les barreaux de sa cellule.

-Hep ! vous là-bas, appela-t-il.

Aussitôt, les deux détraqueurs tournèrent leur absence de visage vers lui.

-Oui, c'est à vous que je parle, poursuivit Harry. Venez par ici, j'ai une réclamation à faire.

Les deux détraqueurs échangèrent ce qui, en langage humain, correspond à un regard surpris. Puis, après un instant d'hésitation, l'un des deux glissa son corps non existant à travers les barreaux. Il roula des épaules (non existantes) et pris sa pose la plus effrayante.

-Voilà, commença Harry. Ce livre a été distribué par le directeur à tous les prisonniers. Il paraît que c'est censé nous aider à conduire un examen de conscience et par là, à nous insérer dans la société. Or, je n'en suis même pas à la moitié, et je suis déjà écoeuré par le manque de moralité de l'auteur. Cet ouvrage est bourré d'incitations à la violence, de propos racistes et d'allusions pédophiles !

-…

-Franchement, comment le ministère peut-il autoriser la vente d'une telle horreur ? Je sais, je sais, on est dans un pays libre, mais tout de même !

-……

-Oh, je sais ce que vous allez dire. On est en prison, pas dans un club de vacances. On est (théoriquement) des criminels, il faut bien qu'on en bave. Mais franchement, vous ne trouvez pas qu'on est déjà assez puni, entre les matelas moisis, la nourriture infecte et ce froid de canard ? Même les rats ne veulent pas vivre ici. Sans parler des odeurs...

-…………..

-Bon, venons-en au fait. Je demande – non, j'exige – que tous les livres de Lord Willmore que contient cette prison soient confisqués et détruits. Il est inadmissible que des gens aussi instables que mes voisins de cellules soient exposés à des écrits aussi nuisibles pour l'humanité. Est-ce bien clair ?

-…………………………………

-Parfait, vous pouvez disposer.

Mais le détraqueur ne bougea pas d'un pouce. Sa cervelle inexistante était toute retournée : jamais un humain ne lui avait parlé aussi longtemps. En plus, l'humain utilisait plein de mots qui n'avaient aucun sens pour lui. Conscience ? Moralité ? Club de vacances ? Par la cagoule sinistre de Frôa, déesse de tous les détraqueurs, qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Non qu'il tienne absolument à le savoir. Un détraqueur qui se respecte ne doit connaître qu'un minimum de mots humains strictement nécessaire à la survie, comme « humain », « casse-croûte » et « bisou ».

Ce qui était clair, c'est que l'humain devant lui ne réagissait pas normalement. Un humain n'est pas censé parler à un détraqueur : il est censé trembler de la tête aux pieds et supplier sa maman de venir à son secours. Or, s'il n'est pas terrifié, cela ne peut signifier qu'une seule chose : il se rebelle. Et si un prisonnier si rebelle, les détraqueurs sont autorisées à… hu hu hu… Cet humain dégoulinant de bonheur avait l'air bien appétissant…

Le détraqueur se lécha ses babines inexistantes par anticipation. De sa main visqueuse, il commença à baisser son capuchon. Comme sa maman lui avait appris lorsqu'il n'était encore pas plus visqueux qu'une anémone des mers, il se dressa de toute sa hauteur, prit son air le plus méchant et…

-Ah, ça suffit, hein !

-… !

-Pas de familiarités, voulez-vous ? Ou bien je vous préviens, vous allez passer un mauvais quart d'heure.

Le détraqueur en resta bouche-inexistante-bée. Par sainte Lapôasse et saint Drisde ?!!!

Mais bientôt, il reprit ses esprits (existants, bien qu'à l'état embryonnaire). Non, ce n'est pas lui, Deprimol, honorable détraqueur, 153 bisous à son actif, qui allait prendre peur devant un humain souffrant visiblement d'une anomalie génétique. Il allait lui montrer, nom d'une dépression nerveuse !

Il glissa vers l'humain, bien décidé à en découdre. Mais Harry ne s'en inquiéta pas outre mesure. Il leva la main et aussitôt, cinq petits patronus (nda : on dit des patroni au pluriel?) jaillirent du bout de ses doigts. Les mini cerfs se mirent à voltiger autour du détraqueur comme des mouches autour d'un pot de miel.

-….. !!!!..... …… !

Ce qui signifie, dans la langue des détraqueurs : « Hiiiii ! A l'aide ! ».

Et c'est ainsi que, pour la première fois dans l'histoire d'Azkaban, on vit un détraqueur s'enfuir en glissant comme une limace poursuivie par un, euh… quelque chose qui mange des limaces (nda : j'ai entendu dire que les grenouilles mangeaient les limaces, mais je trouve ça bizarre. Et un peu gore).

HPHPHPHPHPPHPHPHPHPHP

Un vent glacial battait le cimetière d'Everlasting Rest, où une foule nombreuse s'était réunie pour rendre un dernier hommage aux victimes de l'épidémie. Les élèves et le personnel de Poudard se tenaient aux premiers rangs. Tous les élèves portaient leur uniforme, lavé et repassé pour l'occasion, ainsi qu'un brassard noir en signe de deuil. Les familles des victimes et les membres du ministère venaient ensuite, suivis par une foule d'anonymes et de curieux.

Il y eut quelques discours, quelques morceaux de musique tristes et méditatifs, puis chacun, tour à tour, s'avança pour déposer une fleur devant le cercueil de leurs amis, enfants ou parent. Enfin, les cercueils furent recouverts de terre, l'officier prononça quelques mots d'adieu et la foule commença à se disperser.

Lily frissonna et rentra les mains plus profondément dans ses poches. Le vent était glacial et le ciel nuageux, parfaitement accordé avec l'ambiance sombre qui régnait.

-Sinistre journée, dit Peter afin de rompre le silence.

-Vu les circonstances, ça n'a rien d'étonnant, commenta James en haussant les épaules.

-Je n'arrive pas à croire qu'Antony Paulson soit mort, dit Remus, le regard perdu dans le vide. On était toujours assis ensemble en arithmancie.

Sirius posa sa main sur son épaule en geste de réconfort.

-Je sais… Le reste de l'année va être vraiment bizarre. Il va y avoir un grand vide. Et William qui est à Azkaban…

Tous frissonnèrent, mais pas de froid cette fois-ci.

-Je n'arrive pas à croire qu'il soit derrière les barreaux, alors que Bellatrix est en liberté…

-Tout est une question d'habileté, fit une voix railleuse derrière eux.

Les maraudeurs et Lily se retournèrent, pour se retrouver face à face avec la personne qu'ils avaient le moins envie de voir à ce moment Précis.

-Vous croyez qu'on peut écrire aux prisonniers ? poursuivit Bellatrix sans se départir de son air narquois. J'aimerais lui donner des nouvelles… Lui dire combien je suis désolée de ne pas voir sa face de fillette à la rentrée.

-Je suis sûr que le sentiment est mutuel, répliqua Lily avec son sourire le plus faux.

-Dis-moi, rouquine, tu as l'air plutôt en forme. Pour quelqu'un était sur le point de mourir, je veux dire.

-Je vais très bien, merci.

-Je suis heureuse de l'apprendre. Poudlard aurait été bien triste sans sa réserve de sang-de bourbes.

James ouvrit la bouche, prêt à massacrer la serpentarde, mais Lily le devança.

-Et je suis heureuse que tu n'aies pas été arrêtée. Qui va jouer le rôle de la p… de service si tu n'es plus là ?

-Rassure-toi, je serai toujours là pour vous gâcher la vie.

-On verra bien.

Bellatrix rejetta sa chevelure sombre en arrière avec dédain, puis tourna les talons, entraînant son escorte à sa suite. Lily marmonna quelque chose qui ressemblait suspicieusement à « crève, salope », mais ses compagnons avaient assez de bon sens pour ne pas chercher à s'en assurer.

HPHPHPHPHPHPHPHPHHPHHPHP

Stuart Benett, actuel directeur de la prison d'Azkaban et président de la Fondation des Amis de la Chasse à la Goulinette Cendrée, était au bord de la crise de nerf.

Non, ce n'est pas exact : Stuart Benett avait déjà craqué depuis une bonne heure, et guettait la première opportunité de donner sa démission et de filer dans sa résidence secondaire où il peut se consacrer à son passe-temps favori : contribuer à la destruction de la biodiversité.

La journée avait pourtant bien commencé : il avait appris, par la Gazette du Sorcier, l'arrestation d'une douzaine de cambrioleurs qui avaient été surpris en train de piller le manoir d'un membre haut placé du ministère. Or, chaque prisonnier rapportant un bonus de 100 galions par mois à l'honorable directeur, ce dernier avait donc de quoi se frotter les mains. Enfin, il allait peut-être s'offrir un nouvel équipement haut de gamme pour la chasse à la goulinette.

Pourtant, quelques heures plus tard, même la pensée de son nouvel équipement ne suffirent pas à faire revenir son sang froid.

Depuis qu'il occupait ce poste, il avait vécu bien des situations qui lui avaient donné des sueurs froides. Un jour, un prisonnier avait caché une tronçonneuse sous sa robe et failli écrire le scénario de Massacre à la tronçonneuse à Azkaban. Une autre fois,la toiture de la tour Est s'était éffondrée à deux pas de lui alors qu'il traversait la cour en compagnie du ministre de la Magie. A l'occasion de la Sainte Frôa, les détraqueurs avaient organisé un rassemblement mondial dans la cour de la prison. Mais jamais, au grand jamais, il n'avait ressenti une angoisse aussi forte que celle qu'il ressentait lorsque ce jeune homme à l'air faussement amical sirotait un thé qu'il était allé lui-même se chercher dans les cuisines.

-Aaaaah, ça fait du bien, s'exclama Harry en posant sa tasse sur la table. Bon, où en étions nous ?

-Je… C'est-à-dire… En fait…

-Ah, je me souviens. Nous en étions à cette salle de détente que vous avez généreusement accepté de faire construire pour les prisonniers. Bien entendu, il faut qu'elle soit équipée de canapés, télévision et d'un bar. Ce serait bien aussi s'il y avait moyen de s'y restaurer. Voyez-vous, je trouve vos repas un peu frugaux.

-Hum…

-Et puis, il nous faut une salle de gym. Les pensionnaires passent la journée enfermés dans leur cellule. Pas étonnant qu'ils deviennent agressifs ! Je suis persuadé que cette prison rend les gens plus dangereux qu'ils ne l'étaient en y entrant. A quoi bon enfermer les gens, si c'est pour les laisser sortir pires qu'avant ? Vous êtes de cet avis, n'est-ce pas ?

-Heu… Le directeur croisa brièvement le regard de son prisonnier, et acquiesça promptement.

Le visage de Harry se fendit d'un grand sourire.

-Parfait, dit-il en se levant. Je vais maintenant regagner ma chambre. Je compte sur vous pour mettre en œuvre les réformes dont nous sommes convenus dans les plus brefs délais. De mon côté, je vais de ce pas annoncer cette bonne nouvelle à mes honorables voisins. Passez une bonne journée. Que la volonté de réformer soit avec vous !

Quand la porte se fut refermée derrière lui, le directeur s'effondra sur sa chaise avec un long soupir, comme s'il n'avait pas respiré pendant tout m'entretien.

Lorsque, peu à peu, ses esprits revinrent à lui, la colère l'emporta à la stupéfaction. Par le tapis volant d'Aladin, où va le monde ?! Si les prisonniers n'ont plus peur des détraqueurs, alors on ne peut plus compter sur rien ! Décidemment, les conditions d'exercices de cette profession ne cessent de se détériorer. D'ailleurs, c'est décidé : hors de question de continuer à exercer ce métier jusqu'à la retraite. Il faut sans plus tarder rédiger sa demande de mutation.

Stuart Benett prit un parchemin vierge et une plume de Goulinette cendrée, et commença à écrire.

Monsieur le ministre,

Voilà aujourd'hui vingt-cinq ans que j'occupe le poste de directeur de la prison d'Azkaban. Malgré la dureté de cette profession et une rémunération pour le moins modeste, j'ai toujours considéré cette fonction comme un honneur, fier de servir l'intérêt général de la communauté des sorciers. Mais aujourd'hui, ma santé tant physique que mentale ne me permet plus de continuer à remplir ce rôle.

Stuart Benett posa sa plume et s'arrêta un instant pour réfléchir. Les demandes de mutations ne se font pas accorder si facilement. Il faut qu'elles soient motivées. Et pour être motivée, la sienne était motivée !

Ce matin même, j'ai été victime d'un incident mettant en péril mon intégrité physique. Un jeune prisonnier, incarcéré il y a peu sur vos consignes, s'est rebellé et a réussi à se frayer un chemin jusqu'à mon bureau. Pris d'une rage meurtrière –je le crois schizophrène- il m'a saisi par le col de ma robe et a menacé de me défenestrer. Il a fallu attendre un quart d'heure pour que les détraqueurs se décident à venir à mon aide et ne parviennent à maîtriser ce forcené. Le refus d'un surveillant de le servir avant les autres aurait été à l'origine de cet incident dont mon corps porte encore les marques. C'est pourquoi, monsieur le ministre, je vous présente officiellement ma…

Quelqu'un frappa à la porte.

-Entrez ! grogna le directeur, irrité d'être interrompu dans une écriture de si haute importance.

Un jeune gardien apparut sur le seuil.

-Veuillez excuser cette interruption, monsieur le directeur, dit-il d'un ton embarrassé. Nous avons un problème avec les détraqueurs.

Le directeur poussa un profond soupir. Jusqu'où cette journée continuerait-elle à empirer ?

-Qu'est-ce qu'ils ont, ceux-là ? grogna-t-il.

-Eh bien, ils refusent de continuer à surveiller William Griffith, ce jeune détenu qui est arrivé il y a peu.

-Comment ça, ils refusent ?! s'écria le directeur avec un mélange de colère et de panique. Ils n'ont pas à refuser ! C'est leur boulot, enfin ! Et d'ailleurs, c'est quoi leur problème avec Griffith ?

-Je n'en sais rien, répondit le surveillant. Ils ne veulent pas donner d'explication. Ils nous ont juste fait savoir qu'à partir de ce jour, ils ne s'occuperaient pas de sa surveillance. Leur chef, Zpleen, a même menacé de l'aider à s'enfuir si on les forçait à avoir des contacts avec lui.

-J'en ai rien à faire, de leurs menaces ! Un détraqueur, c'est fait pour détraquer, euh… pour surveiller des prisonniers. Alors, dites-leur bien que s'ils n'obéissent pas aux ordres, je ferai pression sur leur ministère pour que les célébrations de la Sainte Frôa soient interdites pour l'éternité !

-Mais…

-Allez hop ! Exécution !

Le jeune surveillant s'inclina et ferma la porte derrière lui. Stuart Bennett poussa un profond soupir de soulagement et reprit sa plume. Vraiment, il était temps de partir…

HPHPHPHPHPHPHPHPHP

Le lendemain, les cours reprenaient à Poudlard. Le voyage s'était déroulé dans une ambiance tendue : après le virus et l'attaque du festival, la sécurité avait été doublée. Dans le train, des patrouilles d'agents de la brigade sorcière faisaient des allées et venues. A l'arrivée, tous les bagages avaient été minutieusement fouillés.

C'était l'heure du dîner. Tous les élèves étaient réunis autour d'un grand festin, mais l'ambiance n'était pas au rendez-vous. Certains élèves continuaient à porter des brassards noirs en signe de deuil. Et l'absence de l'élève prodige de l'année n'était pas passée inaperçue.

-Eh, fit soudain Sirius. Vous avez vu ? Il y a un nouveau à la table des professeurs.

Les Gryffondors tournèrent leurs regards dans la direction indiquée. En effet, entre Dumbledore et le professeur Flitwick, siégeait un homme de petite taille (mais tout de même plus grand que flitwick), aux cheveux bruns coupés courts et au nez pointu. Il parlait avec animation avec le directeur qui hochait la tête d'un air poli.

-ça alors ! s'exclama James. Vous avez vu ? C'est Albert Dupré, le célèbre duelliste français.

-Vous pensez que c'est notre nouveau prof de défense contre les forces du mal ? demanda Peter.

-Probablement, répondit Lily. Cartiguayne est la seule à être partie.

-Dommage, d'ailleurs, fit Sirius d'un ton nostalgique.

-Mais c'est super, dit James, enthousiaste. Au moins, celui-là, on est sûr qu'il sait se battre. Même s'il est moins bon que Rutherford. On va enfin avoir un prof de Défense contre les forces du mal décent !

Les Gryffondors semblaient tous être ce cet avis et commentaient cette nouvelle avec excitation. Comme s'il avait perçu la curiosité de ses élèves, Dumbledore se leva et prit la parole.

-Chers amis, dit-il, c'est un grand plaisir de vous retrouver en ce château. Comme certains d'entre vous l'ont sans doute remarqué, notre glorieuse équipe d'enseignants compte un nouveau membre. Le professeur Albert Dupré nous fait l'honneur de remplacer le professeur Cartiguayne au poste de défense contre les forces du mal. Je pense que son enseignement vous sera très profitable. Albert, voulez-vous dire quelques mots ?

Le Français se leva, et adressa un grand sourire à l'assemblée.

-Hello, dit-il. It's a veri big plizure tou mite iou. Aïe ope oui ouil go alongue well. It's a veri grand honnor tou bi a professor in zis nice schoul. Zank iou.

Un silence stupéfait tomba dans la salle.

-Euh… Okayyyy, fit James.

-Il parle en quelle langue, d'après vous ? demanda Peter.

-On dirait de l'italien, non ?

-Plutôt du japonais, à mon avis, dit un autre élève.

-Vous n'y êtes pas, c'est du fourchelangue !

-Quelqu'un peut faire la traduction ?

-« C'est un grand plaisir de vous rencontrer. J'espère que nous nous entendrons bien. C'est un grand honneur d'enseigner dans cette belle école », répondit Remus.

Tous se tournèrent vers lui avec admiration.

-Whaou… Je ne savais pas que tu parlais arabe, Remus, fit Sirius.

Remus haussa les épaules.

-Je ne parle pas arabe… Mais j'ai eu un voisin français pendant plusieurs années. J'ai eu le temps de m'habituer à leur accent bizarre.

-Attends… fit James. Tu veux dire que le chinois qu'on vient d'entendre, c'était censé être de l'anglais ?

-Eh oui.

James poussa un long soupir.

-Ok, dit-il. Je retire ce que j'ai dit tout à l'heure. Tous les profs de défense contre les forces du mal sont pourris.


Je sais, c'est pas terrible de finir comme ça. J'essaierai de faire la version complète d'ici la fin du mois de janvier. Bises et Joyeux Noël à tous