Quoi ? Qu'est-ce que cela ? Un chapitre ?! Incroyable ! Et pourtant c'est vrai. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer.

J'ai appris par un lecteur que le nom de William Griffith est devenu populaire. Ça m'amuse parce que je l'ai choisi complètement par hasard, je suis tombé dessus en lisant un livre d'Histoire sur l'entre-deux-guerres.

Un grand merci à tous les lecteurs, en particulier pour les reviews qui sont comme mon carburant pour écrire. Bonne lecture à tous !


Chapitre 24

-Histoire de la magie, à huit heures du matin… C'est pas humain, maugréa Sirius en remuant ses céréales d'un air maussade.

-Au moins, on pourra continuer à dormir, dit James en baillant.

-Hnn… He, Jamesie, c'est pas le hibou de tes parents ? demanda Sirius en montrant un des hiboux d'un signe de tête.

-Oui, tu as raison, dit James.

Il tendit la main et Minos, le hibou grand-duc de son père, déposa une lettre dans sa paume avant de se poser devant lui. James ouvrit la lettre et commença à la lire.

-Eh, c'est génial ! s'exclama-t-il soudain.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Sirius.

-William a été libéré de prison, dit James d'un ton excité.

Cette nouvelle réveilla instantanément la table des gryffondors.

-C'est vrai ? s'exclama Lily. C'est fantastique !

-Qu'est-ce que dit ton père, exactement ? demanda Remus.

James lut la lettre à voix haute.

Cher Jamesie,

Je pense que tu seras content d'apprendre que ton ami Griffith a été libéré ce matin même. Toutes les charges ont été abandonnées. D'après ce que j'ai cru comprendre, il ne devrait pas tarder à rentrer à Poudlard.

J'espère que tout va bien de ton côté. Ici, le travail est très éprouvant, mais je tiens le coup.

A bientôt,

Ton père adoré.

Toute la table des Gryffondors explosa de joie.

-C'est formidable !

-J'ai toujours su qu'il était innocent.

-Vous croyez qu'il a ramené des souvenirs d'Azkaban ?

Lily avait l'air inquiète.

-Qu'est-ce qui se passe, Lily ? demanda James. Tu n'as pas l'air enthousiaste.

-Si, bien sûr, c'est un immense soulagement… Mais je me fait du souci pour William. Qui sait dans quel état il va revenir ?

Remus semblait partager cette inquiétude.

-En effet, le choc psychologique a dû être terrible. Je ne comprends pas comment notre justice peut envoyer quelqu'un de si jeune aux détraqueurs. Il n'a même pas terminé ses études !

James approuva d'un signe de tête.

-Maman fait de son mieux pour changer le système, mais ceux qui sont au pouvoir sont trop réac pour le remettre en cause.

-Pauvre William, soupira Lily.

Soudain, la porte du grand hall s'ouvrit à grand fracas. Le vent s'engouffra violemment dans l'ouverture, faisant tomber les chapeaux et valser les chevelures. Puis, le silence retomba.

-Bonjour à tous ! dit Harry en faisant un salut décontracté.

Pendant un moment, un silence stupéfait régna dans la salle. Puis la table des Gryffondors érupta de joie, suivie de près par celles des Poufsouffles et des Serdaigles.

Les Gryffondors se mirent à scander le nom de leur compagnon et l'acclamèrent comme s'il venait de remporter la coupe du monde de quidditch.

Harry se dirigeatranquillement vers la table de ses amis, affichant un petit sourire d'autosatisfaction. Au passage, son regard se posa sur la table des Serpentards. Inutile de préciser que ceux-ci ne partageaient pas la joie des autres maisons, encore que ceux qui avaient échappé au virus lui semblaient moins hostiles. Rogue mangeait ses céréales en silence, sans lever les yeux, et Narcissia se dandinait nerveusement sur son siège. Lucius Malfoy, en revanche, semblait avoir avalé un œuf avarié.

Mais quelqu'un, à la table des Serpentards, ne partageait pas cette morosité. Loin de paraître nerveuse ou indisposée, Bellatrix Black fixait Harry avec un sourire provocateur et triomphant. Visiblement, la jeune fille avait certains projets en tête.

Harry s'arrêta juste le temps de lui adresse un sourire aussi provocant, puis alla s'asseoir à côté de James.

HPHPHPHPHPHPHPHPHHPHHP

-Alors, Azkaban, c'était comment ? demanda Sirius alors que celui-ci se servait abondement de bacon et d'omelette.

-Ho-rrible, répondit Harry d'un ton catégorique.

Lily le regarda avec compassion.

-J'imagine, avec les détraqueurs…

-Oh, les détraqueurs sont ok. Pas très bavards, mais ok. Non, ce sont surtout les voisins de cellule le problème. Vous n'imaginez pas le tapage !

-Oui, il paraît que la plupart des prisonniers deviennent fous… dit Remus en hochant la tête.

-Mes voisins étaient à peu près normaux, le contredit Harry. Le problème, c'est qu'ils n'arrêtaient pas de crier au favoritisme. Comme si c'était de ma faute ! S'ils veulent avoir leur propre canapé, ils n'ont qu'à le réclamer !

Les Gryffondors le regardèrent comme s'il venait d'une autre planète.

-Ah… Ok, fit Remus d'un air bizarre.

Sirius pouffa.

-He he… C'est bien notre William, ça, dit-il.

James regarda Harry comme si celui-ci l'avait offensé.

-Tu sors d'une des pires prisons du monde, et tout ce que tu en as retenu, c'est que les voisins sont bruyants ?!

-Et depuis quand ils ont des canapés, à Azkaban ? demanda un autre élève.

-Je croyais que les prisonniers étaient mal nourris. Mais tu n'as pas maigri. Au contraire, on dirait que tu as pris quelques kilos !

-Et tu as bonne mine, remarqua Lily d'un ton suspicieux. Comme si tu avais passé quinze jours à la mer. Tu es sûr que tu étais vraiment à Azkaban ?

-Comment, vous doutez de ma parole ? fit Harry d'un air faussement offensé. C'est la meilleure, ça. Si vous ne me croyez pas, demandez au directeur de la prison. Je suis certain qu'il se souvient de moi.

-Alors, d'où vient la chemise hawaïenne ? demanda Sirius en pointant d'un doigt accusateur la chemise rose à fleur jaunes que Harry portait avec nonchalance.

-Oh, ça ? Je l'ai achetée par correspondance. Franchement, je n'allais pas rester dans les mêmes vêtements pendant tout mon séjour, qu'est-ce que vous croyez ? Et j'avais envie de couleurs. Vous n'imaginez pas, c'est triste à en mourir comme endroit. D'ailleurs, j'ai décidé de ne plus jamais porter de noir de ma vie.

-L'uniforme de l'école est noir, fit remarquer James.

-Oui, et c'est bien pour ça que j'ai décidé de garder ma chemise, répondit Harry comme si c'était la chose la plus évidente du monde.

Les maraudeurs échangèrent un regard, puis haussèrent les épaules. Ils étaient habitués désormais à l'excentricité de leur ami, même si revenir d'Azkaban en chemise hawaïenne et le teint halé leur semblait dépasser les limites de l'entendement.

Soudain, Lily se leva et donna un grand coup de poing sur le crâne de Harry.

-Idiot ! grogna-t-elle. Dire que je me suis fait un sang d'encre pour toi. C'est bien la dernière fois !

-Mais Lily, fit Harry avec un regard de chien battu, j'ai été très maltraité ! Regarde comme je suis malheureux.

Sirius eut un renifflement sarcastique.

-Garde tes larmes, tu ne convaincs personne, dit-il.

Harry regarda à la ronde, à la recherche d'un allié, mais il ne rencontra que des regards incrédules ou amusés.

-C'est bon, pensez ce que vous voulez, dit-il en haussant les épaules et en retournant à son assiette.

HPHPHPHPPHPHPHPHPHPHP

Pendant ce temps, à la table des Serpentards, l'ambiance était nettement moins joyeuse. Non plus à cause du retour de leur ennemi juré, mais à cause du comportement inquiétant d'une certaine jeune fille de leur maison.

Lucius Malfoy était persuadé d'être courageux. D'accord, ce n'était pas la première vertu des Serpentards, mais cela ne signifiait pas que tous les Serpentards étaient des mauviettes. Simplement que leur intelligence primait sur leur courage. Bref, Lucius Malfoy était courageux. Un vrai roublard.

Mais à cet instant, devant le sourire de Bellatrix, même son ego démesuré ne pouvait occulter le fait qu'il était terrifié.

La jeune fille, assise avec décontraction les pieds sur la table, se limait les ongles en regardant un certain gryffondor. Son expression était semblable à celle d'une hyène affamée prête à bondir sur sa proie.

-Hu hu hu, fit-elle entre ses dents, donnant des frissons à tous les Serpentards et quelques Poufsouffle assis non loin d'eux.

-On peut savoir ce qui te passe par la tête ? demanda Lucius.

Le sourire de Bellatrix s'élargit.

-Rassure-toi, plein de bonnes choses pour nous, dit-elle en rejetant sa chevelure soyeuse en arrière.

-C'est-à-dire ? demanda Rogue d'un ton méfiant.

Bellatrix se tourna vers lui d'un air radieux.

-J'ai un nouveau plan, dit-elle. Et notre cher ami à la chemise ridicule va y jouer un rôle essentiel. C'est une bonne chose qu'il soit revenu. Une très bonne chose.

HPHPPHPHPHPHPHHPHPHPHH

Quelques jours plus tard, un Harry mort d'ennui errait dans les couloirs de Poudlard. Franchement, pourquoi était-il rentré si tôt ? C'est vrai qu'il voulait passer du temps avec Lily et les Maraudeurs tant qu'il en avait l'occasion, mais ceux-ci n'arrêtaient pas de lui jeter des regards bizarres, ce qui avait fini par l'irriter. Du coup, il se retrouvait coincé dans le château sans rien pour se distraire. Même Rodrigue était absent.

Finalement, il se résigna à aller à la bibliothèque. Peut-être pourrait-il trouver un sort ou quelque chose qu'il ne connaissait pas encore et qui pourrait lui être utile.

Après avoir parcouru quelques rayons, il allait s'asseoir au fond de la salle avec un manuel d'initiation à l'arithmancie chinoise, quand il aperçut Remus, dont la tête émergeait à peine de la pile de livres qu'il avait emprunté. Sa visage exprimait de la contrariété. Harry décida de lui proposer son aide.

-Les statues de Poudlard, dit-il en prenant le premier livre sur la pile. Original, comme choix de lecture. Tu t'intéresses à la sculpture ?

Remus sursauta.

-Ah, c'est toi, dit-il, soulagé. En fait, pas vraiment. C'est juste qu'il y a quelque chose qui me turlupine, depuis un bon moment.

-Ah ? fit Harry avec curiosité. Peut-être que je pourrais t'aider.

Remus hésita un instant, puis lui adressa un sourire timide.

-Ce serait bien, répondit-il. Alors voilà… Au début de l'année, quand nous faisions encore nos ballades de pleine lune avec James, Sirius et Peter, nous sommes tombés sur quelques chose d'étrange. Une statue, pour être plus précis.

-Une statue ? et qu'est-ce qu'elle avait d'étrange ?

-Rien, à première vue, répondit Remus. Elle représente une femme, les bras tendus, entourée de piliers et surmonté d'un petit dôme. Jolie, mais ordinaire, du moins pour un lieu comme Poudlard. D'ailleurs, les autres n'y voient aucun intérêt.

-Alors, qu'est-ce qui te dérange ?

-Ce sont mes sens de loup-garou, expliqua Remus. A chaque fois que je m'approche de cette statue, surtout quand je suis transformé, je ressens quelque chose de très étrange. Comme une… pulsation d'énergie, qui viendrait de sous la statue. Je n'arrive pas à me l'expliquer.

-Intéressant, dit Harry d'un air sérieux.

Harry connaissait bien les pouvoirs des loups-garous, et savait que quand leurs instincts parlaient, ce n'était jamais sans raison.

-As-tu trouvé quelque chose ? demanda-t-il en désignant les livres d'un signe de tête.

-Non, rien, dit Remus, frustré. En fait, je ne sais même pas où chercher. J'ai regardé dans l'Histoire de Poudlard, mais je n'ai rien trouvé.

-Dans ce cas, la seule chose à faire, c'est d'aller enquêter sur place, dit Harry d'un ton résolu.

-Oui, mais… dit Remus en se dandinant nerveusement. La statue se trouve loin dans la forêt interdite.

-Et alors ? répondit Harry en haussant les épaules. Le tout, c'est de ne pas se faire prendre.

Remus ouvrit la bouche pour protester, mais la referma aussitôt. Après tout, il avait vraiment envie d'éclaircir ce mystère.

HPHPHPHPHPHPPHPHPHP

La nuit tombée, Harry et Remus se glissèrent hors du château, passant inaperçus grâce à un sortilège de camouflage de Harry. Remus guida son ami à travers les bois sombres de la forêt interdite. Enfin, après une bonne heure de marche, ils arrivèrent à destination.

-Nous y sommes, dit Remus à voix basse.

Cette annonce était inutile. Dés qu'il avait mis le pied dans la clairière, Harry avait sentit le pouvoir immense qui émanait de la statue. Non, pas de la statue même, songea-t-il. De dessous la statue. C'était…

-Renversant, murmura-t-il, fasciné.

-N'est-ce pas ? dit Remus, soulagé de savoir que son intuition était juste.

Harry ne répondit rien, encore subjugué par sa découverte. Le pouvoir caché était violent, noir et brûlant comme la lave d'un volcan. Cela cherchait à jaillir à l'extérieur, mais quelque chose l'en empêchait.

-William ? demanda Remus, qui commençait à s'inquiéter du silence de son ami.

Harry cligna des yeux et reprit ses esprits.

-Désolé, dit-il. La puissance qui émane de ce lieu m'a surpris. Je n'ai jamais rien ressenti de tel.

-Oh, fit Remus. Tu dois être très sensible à la magie. James et Sirius n'ont rien ressenti. Et moi, sans mes sens de loup-garou, j'aurais sans doute été pareil.

Harry haussa les épaules.

-Je me demande de quand date cette statue, dit-il en tournant autour du monument.

-Qu'est-ce que tu en penses ?

-Hum… D'après moi, elle doit être à peu près contemporaine de la fondation de Poudlard. Mais difficile d'en être sûr.

-Mais enfin, qu'est-ce que cela peut bien être ? demanda Remus. Et pourquoi l'avoir construite dans un endroit pareil ?

Harry ne répondit pas, mais colla son oreille au sol afin de mieux percevoir les ondes de pouvoir.

Au bout de quelques minutes, son visage s'éclaira.

-J'ai compris, dit-il. En fait, il y a deux sources de pouvoir ici.

Remus le regarda avec surprise.

-Hein ? Deux ? Je n'en sens qu'une seule. Tu es sûr ?

Harry hocha la tête.

-Ce n'est pas étonnant, dit-il. La seconde est beaucoup plus faible que la première. Ce que tu ressens, c'est ce qui provient de dessous la statue. Mais la statue possède son propre pouvoir. A mon avis, il s'agit en fait d'une barrière.

-Une barrière ? Une barrière pour quoi ? demanda Remus.

-Aucune idée. Mais s'il y a une chose dont je suis certain, c'est que ce qui est caché sous la statue est puissant et dangereux. La statue doit faire office de protection.

Remus le regarda, les yeux écarquillés. Décidemment, Poudlard était truffée de mystères…

-Rentrons, dit Harry en se levant. Nous n'apprendrons rien de plus en restant ici. Il faut faire des recherches.

Remus hocha la tête et les deux jeunes prirent le chemin du retour.


Merci à tous et à bientôt !