_ Je ne trouve pas de Susan à la rubrique voyante. dit Cuddy en lâchant un soupir.
_ Essayez à la rubrique échangeuse de corps. proposa House.
Elle leva les yeux vers lui mais ne dit rien.
_ Cette femme avait tout sauf l'allure d'une diseuse de bonne aventure. Normal qu'on ne trouve rien dans les pages jaunes. reprit-il.
_ Vous avez une meilleure idée ?
_ Non...
_ Ben alors !
_ La Vicodin prend du temps à faire de l'effet... Prenez deux autres comprimés.
_ Fermez la ! Vous me donnez mal au crâne.
_ Ah non, ça c'est le bourbon d'hier soir.
_ J'ai la gueule de bois?
_ Un peu oui.
Cuddy mima un geste d'étranglement en marmonnant des paroles inaudibles.
House recula d'un pas.
_ Oh non ! s'exclama-t-elle.
_ Quoi encore? Mon corps est en pleine érection ?
_ Je devrais... Vous devriez déjà être à l'hôpital !
_ Euh... Ouais... On a changé de corps mais vous voulez aller travailler... Vous vous doutez bien qu'on va nous interner si on raconte qu'on a échangé notre enveloppe corporelle...
Cuddy haussa un sourcil.
_ J'ai toujours rêvé de dire ça : enveloppe corporelle.
_ Mon cerveau ne va pas tenir le coup...
_ En parlant de ça... il s'assit à ses côtés. Vous croyez qu'on a changé de cerveau ? J'veux dire, vous avez le mien et moi le vôtre donc vous êtes brillante et moi coincé.
_ J'ai une canne. menaça-t-elle.
_ J'aimerais savoir !
_ On verra ça sur le terrain.
_ Je risque de tuer mes patients avec votre cerveau, si c'est le vôtre que j'ai.
_ Vous êtes moi donc vous êtes la doyenne de l'hôpital donc...
_ J'ai les pleins pouvoirs ?
_ Non !
_ Ça veut dire ce que ça veut dire.
Cuddy le regarda d'un air désespéré.
_ Je sens que je vais aimer être vous !
_ Qu'on soit clair House ! Directrice d'hôpital ce n'est pas être assis à son bureau toute la journée à ne rien faire et vous irez aussi en consultations !
_ Je refuse de coucher avec les comptables. Je suis une femme avec des pensées d'hommes.
_ Alors interdiction de draguer d'autres femmes ! Et je ne couche pas avec les comptables ! Même si je devrais à cause de vous...
_ On s'en fout, tout le monde croit déjà que vous êtes bi. Et avec vos avantages. il jeta un coup d'œil à sa poitrine. Je n'aurai aucun problème.
_ Quoi? s'étrangla-t-elle. Qui croit que je suis bi?
_ Oh... Une rumeur...
_ Vous avez déjà pensé au suicide House?
_ Non... pourquoi?
_ Parce que j'y pense sérieusement là...
_ J'essaie de dédramatiser les choses.
_ Vous êtes heureux à l'idée d'être au pouvoir !
_ Aussi...
_ Oh non...
_ Quoi encore!
_ J'ai une réunion avec les principaux donateurs... Je vais finir à la rue, l'hôpital sera transformé en dispensaire...
_ Rho! C'est bon! Je ne suis pas si... Ok je le suis... Vous êtes dans la merde.
_ Si vous foirez cette réunion, je vous tue !
_ Vous VOUS tuez !
_ Je m'en moque ! Du moment que vous crèverez, je serai comblée !
_ Bon déjà, on sait que nos cerveaux n'ont pas changé et que la Vicodin ne vous réussit pas.
Il sauta sur les pieds et s'étira.
_ Bon alors? On n'y va.
_ Je ne suis pas prête.
_ Enfilez un haut, un bas, une belle veste, les chaussures qui vont avec et vous serez impec.
_ Je veux me raser.
_ PAS QUESTION ! Vous voulez être un minimum crédible ?
_ Mais ça gratte ! se défendit Cuddy.
_ Vous trouvez ?
Elle le jaugea un instant.
_ Vous ne pensez tout de même pas y aller comme ça ?
_ C'était le seul truc correct et confortable que vous...
_ C'est ma tenue de jogging ! Quand je serais prête on passera chez moi.
Elle se leva en s'appuyant sur la canne.
_ Vous voulez que je mette une jupe serrée et un haut éloquent? s'alarma House.
_ Comme ça vous pourrez mieux mater ma poitrine de plus près.
_ Jamais. trancha-t-il.
_ Et pas de baskets !
_ Vous connaissez le sens du mot jamais ?
_ Vous mettrez des talons aiguilles. continua-t-elle.
_ Je tiens à ma vie !
_ Normalement, ça ne devrait pas vous poser de problème, l'équilibre est naturel.
_ Jamais. Adverbe invariable...
_ C'est soit ça, soit je me rase, me parfume, me coiffe et...
_ Qu'est-ce qui pourrait être pire ?
_ Je serais le diagnosticien le plus gentil, sociable et généreux du monde.
House ouvrit grand la bouche en un "oh" outré.
_ Si vous faites ça, je serai la doyenne la plus asociale, vicieuse... Ah non vous l'êtes déjà... Je dégraderai votre image en faisant ressortir mon côté le plus housien possible ! En plus de mal me fringuer... Et... Je couperai vos cheveux ! Ou mieux ! Je rase tout !
_ Ça suffit ! Je vais chercher le rasoir !
_ Moi aussi ! Mais pas pour la même chose !
Le téléphone sonna, mettant fin à l'altercation.
_ Laissez sonner. dit House. C'est Wilson.
Le répondeur s'enclencha.
_ House, c'est Wilson. Je t'appelle parce que c'est l'heure et qu'il serait temps que tu te bouges un peu. Je ne sais pas ce que tu as fait à Cuddy, mais elle était plutôt sur les nerfs hier...
_ Pourtant ce n'est pas moi qui l'ai allumé dans son bureau. répliqua House en fixant Cuddy.
_ Elle est surmenée la pauvre, alors essaie d'être... compréhensible.
_ Un homme charmant ce Wilson. fit remarquer Cuddy en soutenant le regard de House.
_ Il baise mal.
_ Et elle n'est pas encore là, donc tu as une chance d'arriver avant elle.
_ Ce sera quoi votre excuse ? demanda la doyenne.
_ J'ai baisé avec House. Je l'ai allumé parce que j'avais envie de lui. Je suis donc allé prendre ma dose le soir.
_ Pas besoin d'excuse.
Le diagnosticien sourit et lui montra la salle de bain.
_ Wilson va rappeler trois fois. Autant se dépêcher.
TBC...
