Me revoilà après avoir remanié entièrement la fic! Je l'ai corrigé, aéré... J'ai ajouté deux trois répliques et phrases ici et là pour arriver à un résultat je dirai convenable. Je peux donc la poursuivre en toute quiétude. L'inspiration revient lentement mais sûrement (il ne manque plus qu'au temps de ralentir).

Je tiens tout particulièrement à vous remercier pour vos com's et surtout, pour votre patience.

Bonne lecture.

vvv

L'oncologue s'installa à son bureau en se massant les tempes sous les regards circonspects de House et Cuddy.
_ Assis. ordonna-t-il d'un ton étrangement calme.

La doyenne hésita un instant entre l'un des fauteuils et le canapé puis opta pour le meuble qui s'apparentait le plus à un lit d'hôpital. Elle s'y allongea non sans gémir de douleur puis poussa un profond soupir de satisfaction quand son corps endolori se décontracta sur la surface moelleuse.
House, qui n'avait pas perdu une miette de son action et prêt à bondir au moindre manque d'équilibre de sa part, poussa à son tour un inaudible soupir puis s'assit sur l'un des sièges qui trônaient devant le bureau de son ami.
_ J'aimerais que quelqu'un m'explique. reprit Wilson dont le léger tremblement des mains trahissait une ébullition intérieure.
House jeta un coup d'œil à sa supérieure dont les traits du visage marqué par la souffrance juraient avec l'immobilité de son corps. Il s'apprêtait à la traiter d'idiote et à lui ordonner de se gaver de Vicodin quand sa voix, à présent puissante et masculine, claqua dans l'air :
_ Non, je n'en prendrai pas. Éclaircissez les choses avec Wilson.
Il émit un mouvement de recul, impressionné.
_ Votre nouvelle condition vous permet de lire dans les pensées ? s'inquiéta-t-il.
Avec ce qui leur arrivait, plus rien ne pouvait l'étonner…

Un fin sourire étira les lèvres de la doyenne. Elle ouvrit les yeux et les planta dans les siens.
_ Non, je ne lis pas dans les pensées. répondit-elle. Même si, à cet instant précis, j'aurais voulu pouvoir lire dans les vôtres.
Elle lança un regard éloquent à l'oncologue qui perdit un peu de ses couleurs puis referma les yeux.
_ Je vous connais par cœur. Tout simplement. conclut-elle à l'attention du diagnosticien.

Wilson acquiesça d'un subtil hochement de tête, se reconcentra sur House et se figea d'horreur en constatant que celui-ci s'appliquait à le fusiller du regard. De tout son « nouveau » corps émanait un message très clair : « Je vais te tuer ».
L'oncologue déglutit en essayant de lui répliquer par message télépathique : « J'étais pas censé savoir que vous aviez échangé vos corps ! »
_ J'aimerais qu'on m'explique ! continua-t-il à haute voix.

_ Susan… grognèrent les deux autres médecins à l'unisson.
L'oncologue cligna plusieurs fois des yeux en signe de totale incompréhension. Réaction qui exaspéra un peu plus House.
_ Hier, en consultations, je suis tombé sur une allumée qui… commença-t-il.
_ Ne nous aurait pas jeté de sort si vous n'aviez pas fait l'idiot ! finit Cuddy d'un ton sec.
_ Ce n'est pas moi qui ai débarqué dans la salle et qui l'ai menacé de la monter à l'étage psychiatrique. rétorqua-t-il.
_ Si vous faisiez correctement votre boulot, je n'aurais pas à vous courir après !

Hébété, Wilson passa d'un visage à l'autre ; témoin malgré lui d'un curieux match de tennis. Apparemment, les deux énergumènes qui siégeaient dans son bureau n'étaient pas plus avancés que lui quant à leur étrange condition et campaient au stade du renvoi de balle dans le camp adverse.

_ Ex-cu-sez moi de faire fi d'une autorité totalement arbitraire !
_ Qui parle de comportement arbitraire ? s'offusqua la doyenne en se redressant.
_ Ma carrière ne repose pas sur le balai qui maintient mon cul à distance des autres ! asséna le diagnosticien qui s'était totalement tourné vers elle.
Outrée, Cuddy serra les poings et grinça un :
_ Espèce de sale…
_ STOP ! cria subitement l'oncologue.
Les deux autres médecins de figèrent puis lui prêtèrent enfin une timide attention.
_ Je vois que même dans le corps de l'autre, vous ne perdez pas vos vielles habitudes. gronda-t-il.
House baissa les yeux tandis que Cuddy ruminait dans sa barbe.
_ Donc, si j'ai bien compris, une femme qui se prénomme Susan vous a… Elle vous a quoi au juste ? reprit Wilson.
Des haussements d'épaules lui répondirent.
_ Ok… On est vachement bien avancé avec tout ça. marmonna-t-il.
_ C'est pas toi qui te promènes avec un vagin. bougonna House.
La doyenne s'appliqua à le fusiller d'un regard qu'il soutint avec une pointe de défi.
_ C'est pas vrai… souffla l'oncologue en se passant une main lasse sur le visage.

_ Écoutez Wilson. Nous sommes légèrement dépassés, c'est vrai… Nous sommes loin d'avoir retrouvé cette sorcière qui, je peux vous l'assurer, mourra de mes mains. Et depuis ce matin tout le monde nous prend pour des fous…
_ Ce qui est surtout fâcheux pour vous. précisa House en s'installant plus confortablement –c'est-à-dire sur les reins- dans son fauteuil.
Deux soupirs bien distincts le réprimandèrent puis la doyenne poursuivit :
_ Mais je suis sûre d'une chose, nous ne resterons pas indéfiniment dans cette situation et nous mettrons tout en œuvre pour récupérer nos corps respectifs.
_ J'imagine. chuchota l'oncologue en observant son ami se curer les dents.
_ House ! Enlevez MES mains de MA bouche ! s'énerva Cuddy.
Le diagnosticien s'exécuta en grommelant.
_ Et redressez-vous bon sang !
Il lui lança un regard noir puis obtempéra en soufflant bruyamment son mécontentement.
_ Ça promet. constata Wilson en un chuchotement à peine audible.

Les jours qui allaient suivre promettaient d'être folkloriques.

TBC…