4éme chapitre :
Le lendemain, alors que le temps était froid et glacial, l'agitation qui régnait sur le Chemin de Traverse était à son comble.
Les magasins étaient animés, les gens allaient et venaient dans toutes les boutiques, les passants parlaient à tue-tête tandis que des marchands de rues testaient de nouveaux gadgets devant les yeux ébahis de ceux qui s'arrêtaient sur leur passage pour les regarder enfin bref, c'était une journée tout à fait normale pour un mois de février.
Cependant, alors que la foule dense et variée marchait dans tous les sens, personne ne semblait faire attention aux quatre hommes qui, tapis contre le mur d'une sombre ruelle déserte, attendaient silencieusement avant de passer à l'action.
Les quatre hommes fixaient le même point : la librairie Fleury et Bott qui se trouvait à une vingtaine de mètres, et dans laquelle des enfants et des adultes en ressortaient, les bras plein de vieux livres poussiéreux, sans se soucier le moins du monde de ce qui était en train de se tramer dans les environs.
Au bout de quelques minutes, un autre garçon vint rejoindre les quatre autres et, en le voyant, ils s'enfoncèrent légèrement dans la ruelle pour pouvoir discuter tranquillement.
-Il y a toujours du monde à l'intérieur, ça va être dur d'agir autrement, déclara Nott. Le gérant est tout seul et il est toujours derrière son comptoir. Il n'y a pas d'entrée par l'arrière, donc il faudra passer par la grande porte, voilà tout ce que je peut dire.
-C'est amplement suffisant, voilà ce que nous allons faire : Mulciber et toi, vous resterez dehors et vous empêcherez quiconque d'entrer. Dolohov, Rosier et moi-même, nous nous occupons de récupérer ce livre et après, on disparaît aussi vite qu'on est arrivés, est-ce clair pour tout le monde ? Ordonna Avery.
-Pourquoi c'est nous qui resterions dehors ?! On a pas fait ses deux ans de formation juste pour faire le guet, s'insurgea Mulciber, furieux.
-Vous resterez dehors car je l'ai décidé ainsi, Bellick. Si tu as quelque-chose contre ça, alors va en parler à notre Maître. Je suis sûr qu'il appréciera le fait que tu refuses d'exécuter ces ordres, et que tu ne sois pas d'accord à l'idée que ça soit moi qui commande aujourd'hui, fit Avery d'un ton sec en regardant son équipier.
-Tu sais que c'est temporaire, n'est-ce pas ? Il ne va pas falloir que tu t'habitues à prendre les décisions pour nous car, quand ça sera à notre tour de diriger une mission, alors ça sera toi qui sera mit à l'écart, rappela Nott.
-J'en doute pas et, à ce moment la, je me plierais à vos ordres car, tout comme vous, je préfère obéir sans rien dire plutôt que de m'attirer les foudres de notre Maître, déclara Avery.
Il y eut un petit silence chargé de tension puis, Avery sorti de son sac qu'il tenait en bandoulière cinq morceaux de tissus noirs, et il en remit un à chacun de ces équipiers.
-C'est quoi ça ? Demanda Rosier.
-Ce sont des cagoules. Pour ne pas se faire prendre, il va falloir agir masqué, donc enfilez chacun la votre. Pour notre sécurité à tous, je les ai ensorcelées et protégées contre les Sortilèges les plus basiques, expliqua Avery.
Après que chacun eut enfilé sa propre cagoule et qu'ils ressemblaient à présent à cinq malfaiteurs, ils se munirent de leurs baguettes et se dirigèrent vers le magasin.
Dans la rue, les gens qu'ils croisaient sur leurs passages avaient l'air étonnés de leur accoutrement et certains semblaient même avoir peur, car ils s'écartaient en de grandes enjambées en poussant de petits cris.
Lorsqu'ils arrivèrent devant Fleury et Bott, Nott et Mulciber se postèrent à l'entrée puis, les trois autres rentrèrent dans la boutique.
L'intérieur avait guère changé depuis qu'ils y étaient venus pour la première fois quelques années auparavant afin d'acheter leurs livres destinés à Poudlard.
Les étagères qui étaient installées à gauche et à droite étaient toujours surchargées de livres de toutes tailles, et plusieurs personnes debout juste devant elles les feuilletait, tandis que d'autres semblaient y chercher activement leur bonheur.
Mr Gurpples, un vieil homme aux cheveux gras, au visage rondelet et qui portait un monocle sur son œil droit était, quant à lui, assis derrière son comptoir, affairé à noter ses ventes du jour dans un vieux calepin et, lorsqu'il vit rentrer les quatre silhouettes encagoulées, il lâcha son crayon et se leva à son tour.
-Dehors, ordonna Avery d'un ton sec, à l'attention des personnes qui se trouvaient dans le magasin.
Aussitôt, les concernés lâchèrent leurs livres puis, ils sortirent du magasin à toute vitesse et Rosier en profita pour fermer la porte.
-Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Demanda Gurpples d'une voix gutturale.
-Si tu nous donnes ce que nous sommes venus chercher, nous ne te ferons aucun mal mais je... Expelliarmus ! S'exclama Dolohov, en voyant Gurpples qui venait d'attraper sa baguette.
Aussitôt, la baguette de ce dernier lui échappa des mains, et retomba quelques mètres derrière lui, à quelques centimètres d'une porte qui devait sans doute mener à l'arrière-boutique.
-Ne joue pas au héros avec nous, vieillard, nous ne sommes pas venus ici pour plaisanter donc tu ferais mieux de faire ce qu'on te dit si tu ne veux pas avoir d'ennuis, conseilla Dolohov.
-Vous savez, vous n'êtes pas les premiers à venir ici pour y jouer les méchants donc vous ne me faîtes pas peur, déclara Gurpples en prenant une voix pleine d'assurance.
-Vraiment ? Tu crois que nous sommes comme tout le monde ? Comment peux-tu dire ça, vermine, tu ne sais même pas de quoi nous sommes capables alors si tu tiens à ta langue, économise ta salive, c'est clair ? Répliqua Rosier en s'approchant du gérant.
-Vous voulez savoir ce que je vois ? Je vois cinq Sorciers qui en ont marre de leurs vies minables et qui se sont lancés le défi d'apporter un peu de piment à leur quotidien en cambriolant mon magasin, voilà ce que je vois ! Vous n'êtes ni dangereux, ni menaçant !
En entendant cela, Avery ne put s'empêcher de sourire puis, il se tourna vers Dolohov et lui fit un signe de tête.
Aussitôt, ce dernier dirigea sa baguette vers une des étagères près de lui et quelques secondes après, des flammes violettes apparurent, et commencèrent à embraser les quelques livres qui se trouvaient dessus.
Voyant cela, Gurpples voulut intervenir mais il fut vite stoppé par Rosier qui le menaçait avec sa baguette.
-Arrêtez ça ! Arrêtez ça ! Vous ne savez pas ce que vous faîtes ! Vous allez le regretter !
-Le regretter ? Vraiment ? C'est toi qui va le regretter si tu continues à nous parler comme tu le fais, et si tu continues de nous prendre pour des débutants ! Rétorqua Avery alors que de la fumée commençait à emplir le magasin.
-Vous voulez quoi ? Si c'est de l'argent, sachez que...
-On en a rien à faire de ton argent, misérable vermine ! Nous, ce qui nous intéresse, c'est ce livre que nous savons que tu as en ta possession et que tu refuses de vendre. Tu vois duquel je parle n'est-ce-pas ? Coupa Rosier.
Le visage de Gurpples se métamorphosa aussitôt, et une expression de tristesse se dessina sur ses traits.
-Non, pas ce livre ! Prenez ce que vous voulez mais surtout pas celui-là ! Il vaut très cher, et j'en ai besoin pour le vendre afin de nourrir ma famille !
-Donc si je comprends bien, tu refuses de nous le donner, c'est ça ? S'étonna Avery.
Le gérant lui répondit alors d'un signe de tête et, voyant ça, Avery éteignit les flammes d'un coup de baguette.
-Très bien, dans ce cas la, je crois qu'il va falloir que nous utilisions les grands moyens, dit le Mage Noir.
Il pointa alors sa baguette vers Gurpples et, aussitôt, ce dernier tomba au sol, tout en se tordant le ventre de douleur, tandis que des gouttes de sueur perlaient sur son front.
-Voilà les choix que t'as, vermine, où tu nous donnes ce livre sans broncher et on te laisse tranquille, où alors tu continues de nous tenir tête et alors là, je crois que mes deux amis derrière moi s'en donneront à cœur joie, proposa Avery en arrêtant le Sort de Convulsion.
-Vous qui vous croyez si malins, vous avez qu'à aller le chercher vous même ce livre ! S'exclama Gurpples d'une voix fébrile.
-Tu nous prends vraiment pour des débutants ! Tu crois qu'on ne sait pas que tu as ensorceler la porte de ta réserve pour que toi seul puisse l'ouvrir ?! CONVULSO ! Rugit Rosier.
À nouveau, Gurpples se tint le ventre, tout en gémissant de douleur face au puissant Sortilège qu'il subissait.
Dehors, ils entendirent des Sorciers se présenter devant le magasin mais, lorsqu'ils voulaient y rentrer, les voix de Mulciber et de Nott les en empêchaient.
-Allez, lève toi maintenant et arrête de jouer au plus malin avec nous ! On a assez perdu de temps comme ça ! Ordonna Avery.
-Je ne vous donnerais rien ! Il va falloir me tuer ! Rétorqua Gurpples.
Avery le fixa alors pendant quelques secondes.
-J'admire ton obsession à nous tenir tête, vieillard, mais tu commences sérieusement à me taper sur les nerfs, fit le Mage Noir.
Puis, avant que Gurpples n'eut le temps de répondre, Avery sauta par dessus le comptoir puis, il saisit le gérant par les épaules et le plaqua contre le mur le plus proche, tout en lui pointant sa baguette sous le menton.
-Maintenant j'en ai assez donc donne nous ce fichu livre une bonne fois pour toute ! Ne m'oblige pas à te le redemander une nouvelle fois car je risquerais de perdre patience, tonna-t-il.
-Je vous le répète, vous n'auriez rien ! Inutile d'insister, vous ne me faîtes pas peur !
En entendant cela, Rosier dirigea agita sa baguette et, dans la seconde qui suivit, toutes les étagères qui étaient fixées aux murs s'effondrèrent, et les livres qui étaient empilés dessus dégringolèrent.
-Dernière chance pour toi : donne nous ce livre ou sinon, on réduit tout ça en un tas de cendres, c'est clair ? Répéta Dolohov.
-Je ne...
Avant que Gurpples eut le temps de finir sa phrase, Dolohov fit apparaître deux grandes flammes qu'il dirigea sur le tas de livres et aussitôt, ils commencèrent à s'enflammer.
-Tu as trente secondes avant qu'ils soient réduits en fumée, donc t'as intérêt de faire vite, fit Dolohov.
-Je m'en contrefiche ! Vous pouvez bien faire ce que vous voulez, je ne vous donnerais rien !
-Et si on s'en prend à ta famille plutôt hein ?! Il n'y doit pas y en avoir beaucoup de Gurpples à vivre dans la région ! Je suis sûr qu'en cherchant bien, on les trouvera facilement ! Proposa Avery en lui enfonçant la baguette sous le menton d'un air menaçant.
-Laissez les tranquille, ils n'ont rien à voir avec tout ça...
-Dans ce cas, si c'est vraiment ce que tu veux, tu ferais mieux de nous obéir, ou tu risquerais d'avoir leur mort sur ta conscience, conseilla Avery qui, content d'avoir touché un point sensible, esquiva un sourire sadique.
Affolé, Gurpples regarda alors ses livres qui étaient en train de brûler devant son comptoir puis, voyant que ses malfaiteurs n'avaient finalement pas l'air de plaisanter, il décida d'abandonner toute résistance.
-Ok ok, je vais vous le donner, mais promettez-moi que vous me laisserez tranquille après, implora-t-il.
-Ça ne dépendra que de toi. Allez, va chercher ce livre et plus vite que ça, ordonna Avery en abaissant sa baguette et en le poussant sur le côté.
Gurpples se dirigea alors vers la porte puis, il ramassa sa baguette, la regarda pendant quelques secondes puis, il se tourna vers Avery.
-N'y pense même pas, fit ce dernier en comprenant le fond de ses pensées.
Gurpples tapota alors sa baguette sur la serrure de la porte et, aussitôt, il y eut un déclic et elle s'ouvrit en un grincement.
-Maintenant, donne moi ta baguette sans faire de gestes brusques et va me chercher ce livre.
Gurpples lança alors sa baguette à Avery qui la rattrapa d'une main et, ensemble, ils franchirent la porte et arrivèrent dans la réserve qui était remplie de gros cartons débordant de livres, et de quelques étagères sur lesquelles étaient entreposés de vieilles encyclopédies qui, par leur aspect, paraissaient très abîmées par le temps.
Le gérant se dirigea vers un carton qui se trouvait dans le coin de la pièce puis, après avoir fouillé dedans pendant quelques secondes, il en sorti un vieux grimoire à la couverture un peu usée, sur laquelle était affichée la photo d'un Sorcier âgé d'une trentaine d'années, et qui semblait en torturer un autre qui était accroché sur une table juste derrière lui.
-Tu es sûr que c'est bien de celui-là qu'il s'agit ? Demanda Avery en lui arrachant des mains. Tu n'essayerais pas de nous arnaquer par hasard ?
-Non ! Je ne ferai pas ça ! Je vous assure que c'est le bon, écrit par Gellert Grindelwald en personne !
-Je te jure sur mes ancêtres que si jamais tu oses nous mentir vieillard, nous reviendrons et ce coup-ci, c'est à ta famille que nous nous en prendrons, tu as bien compris le message ?!
-Oui oui j'ai compris ! Allez vous en maintenant, par pitié !
Avery retourna alors dans le magasin puis, après avoir rejoint Rosier et Dolohov qui regardaient les livres brûler, il redonna la baguette à Gurpples.
-Une fois que nous serons partis, tu ne feras rien de stupide n'est-ce pas ? Tu ne vas pas essayer de nous retrouver, rassure-moi, ça serait une tellement mauvaise idée de ta part, prévint Rosier.
-Non, je ne ferai rien, laissez-moi tranquille et éteignez moi ce feu, je vous en conjure !
-Désolé mon vieux, mais on est pressés donc on va devoir y aller, répondit Dolohov.
Sur ses dernières paroles, les trois Serpentard sortirent du magasin et rejoignirent Nott et Mulciber qui les attendaient, impatiemment, tandis qu'un groupe d'enfants qui voulaient rentrer chez Fleury et Bott avaient commencé à se former juste devant eux.
-Vous en avez mit du temps, grogna Mulciber en les voyant arriver.
-On sait ouais, il a pas voulu lâcher le morceau tout de suite, il était plutôt coriace, répondit Rosier.
-Allez, on y va ! Ordonna Avery
-Attends ! J'ai oublié de faire quelque-chose ! Déclara Nott.
Ce dernier se retourna puis, sous les yeux impatients de ses quatre camarades, il fendit sa baguette en l'air en direction du magasin et aussitôt, les vitrines en verre volèrent en éclats, coupant au passage les visages des quelques enfants qui étaient devant puis, l'enseigne qui se trouvait au dessus de la porte d'entrée s'arracha et retomba quelques mètres plus loin.
Content de lui, Nott rangea sa baguette dans la poche de sa robe puis, lorsqu'il regarda à nouveau ces quatre acolytes, il vit qu'ils le regardait d'un air mélangé de surprise et de colère.
-Désolé, ça me démangeait, grommela Nott.
Puis, voyant que la foule commençait à s'entasser devant Fleury et Bott à cause de cet événement, les cinq anciens camarades coururent dans une petite ruelle qui se trouvait juste en face puis, après avoir enlevé leurs cagoules, ils transplanèrent.
Quelques secondes après, ils marchaient sur le chemin de gravats qui menait au Manoir des Malefoy et, après avoir passé la grille et avoir été accueillis par Dobby, ils retrouvèrent Lord Voldemort qui les attendait dans la salle de réception, et qui caressait la grosse tête de son serpent.
-Ah, je vois que vous avez mené à bien votre mission, remarqua ce dernier en voyant Avery poser le grimoire sur la grande table.
Il regarda alors l'image qui se trouvait sur la couverture puis, tout en souriant, il l'ouvrit et se mit à le feuilleter pendant quelques secondes, tout en ayant l'air d'un enfant qui découvrait un nouveau jouet.
-C'est parfait. Cela me conforte dans mon idée que vous n'avez plus besoin d'entraînement de ma part. Vous apprendrez beaucoup plus sur le terrain et pour ça, croyez-moi, je suis sûr que je vous trouverais beaucoup de travail à accomplir. À présent, vous pouvez disposer, je ferais appel à vous lorsque j'en aurais besoin.
Fier d'eux, les cinq Mages Noirs sortirent de la pièce puis, lorsqu'ils se quittèrent à la sortie du Manoir, ils furent soulagés de savoir que cette première mission avait été un grand succès.
