6éme chapitre :
Le soir, alors qu'une nuit froide commençait à tomber, Travers, Dolohov, Avery et Mulciber rejoignirent leur Maître chez les Malefoy.
Ils le trouvèrent là où ils l'avaient quitté quelques heures plus tôt, c'est à dire dans la salle de réception et, pour l'occasion, il avait revêtit une longue tunique noire sur laquelle étaient brodés des serpents de couleur dorée.
Une fois qu'ils furent prêts, ils sortirent du Manoir puis, après avoir franchit le portail, ils transplanèrent.
Quelques secondes plus tard, ils se trouvaient à la bordure d'une forêt, pas loin d'un petit village dont quelques cheminées continuait de cracher des petits nuages de fumée qui se dessinaient dans le ciel étoilé.
-Ou sommes-nous Maître ? Demanda Mulciber en regardant autour de lui.
-Nous n'avons pas pu atterrir directement dans la propriété de Carthus Polmooth car elle est protégée par des Sortilèges, mais nous ne sommes pas loin, répondit Voldemort.
Ils se dirigèrent alors sur un chemin de campagne, passèrent devant les ruines d'une vieille ferme abandonnée puis, lorsqu'ils arrivèrent à quelques centaines de mètres de ce qui ressemblait à une grande bâtisse, ils s'arrêtèrent.
-Il y a un Auror qui fait le guet juste devant la maison, déclara Voldemort, alors qu'il faisait nuit noire.
-Voulez-vous que nous nous occupions de lui ? Proposa Avery.
-Oui, allez-y, ça vous fera un peu d'exercice, répondit Voldemort.
Avery fit alors un signe à Dolohov puis, après qu'ils eurent enfilés leurs cagoules, les deux Mangemorts s'avancèrent vers la bâtisse et.
Au fur et à mesure qu'ils s'en rapprochaient, ils distinguaient les contours, et des lumières allumées au première étage puis, arrivés à quelques mètres de l'entrée qui était scellée par un grand portail en fer, ils virent une silhouette s'avancer vers eux à vive allure, tout en pointant une baguette dans leur direction.
-Ne faites pas un pas de plus et déclinez votre identité immédiatement, ordonna une voix masculine.
-Pourquoi on ferait ça ? On a pas le droit de rendre visite à un ami ? S'étonna ironiquement Dolohov.
-Vous vous adressez à un Auror, donc veuillez faire ce que je vous demande si vous ne voulez pas que j'ouvre le feu. Je répète : veuillez décliner votre identité, messieurs.
-Et si on refuse ? T'es sûr que tu ouvriras le feu ? À mon avis, t'es terrifié à l'idée de ne pas savoir à qui tu t'adresses...
-Vous ne me laissez pas le choix.
Et la, tout se passa très vite. Avant que l'Auror n'ai le temps de faire quoi que ce soit, Avery sorti sa baguette et la fendit en l'air.
Aussitôt, il y eut comme un courant d'air froid suivi d'une légère détonation, et l'Auror perdit l'équilibre. Il se releva quelques secondes après, une entaille sanguinolente dégoulinant sur sa joue puis, avant qu'il n'ai pu riposter, il reçut deux rayons de lumière rouge dans la poitrine et il tomba par terre, les bras le long du corps, et avec une expression apeuré figée sur son visage.
-Eh bin ! Encore un qui va passer du temps à Sainte Mangouste ! S'exclama Dolohov en rangeant sa baguette.
Ce dernier et Avery furent alors rejoint par leur Maître et par les deux autres Mangemort. Ensemble, ils s'approchèrent du portail et, pendant de longues secondes, Voldemort le fixa, conscient que seul l'Auror pouvait l'ouvrir sans avoir accès à la force puis, soudainement, il sorti sa baguette et la dirigea vers un gros cadenas qui servait de sécurité.
Aussitôt, les chaînes de celui-ci commencèrent à se tordre dans tous les sens puis, tout d'un coup, il y eut une petite explosion, et elles se transformèrent en un serpent métallique qui tomba au sol, avant de prendre la poudre d'escampette.
En un grincement sinistre, le portail s'ouvrit, et des torches s'allumèrent tout le long d'un chemin de graviers qui menait à la porte d'entrée de la maison.
Celle-ci était assez grande, entièrement faîte de pierres apparentes, et des tuiles rouges recouvraient le toit qui comportait deux grandes cheminées.
En arrivant devant la porte, chaque Mangemorts enfilèrent leurs cagoules et, alors que Mulciber en tendit une à Voldemort, ce dernier refusa.
-Maître, si vous voulez que nous restions anonymes, il faut...
-C'est vous qui devez rester anonymes, coupa Voldemort. Moi, je n'ai pas besoin de cette futilité.
Puis, sans ajouter un mot, il fit sauter la porte d'entrée d'un coup de baguette, créant ainsi un nuage de poussière puis, il pénétra dans la maison, suivi de ces acolytes.
Ils arrivèrent aussitôt dans un grand corridor décoré de tableaux en tous genres, face à un grand escalier en bois, et composé de plusieurs portes fermées.
Alertés par l'explosion de la porte, ils entendirent des bruits de pas au premier étage, suivis de voix et, au bout de quelques secondes d'agitations, ils virent apparaître en haut un homme qui était vêtu d'un pyjama à rayures.
Lorsqu'il vit Voldemort et les Mangemorts, il poussa un cri de surprise puis, il fit demi-tour et disparut dans l'obscurité.
-Allez le chercher, et ramenez aussi tout ceux que vous trouverez la haut. Je vous attends dans le salon, ordonna Voldemort.
Aussitôt, les cinq Mangemorts coururent dans les escaliers puis, après avoir grimpé les marches à toute vitesse, ils arrivent dans une sorte de mezzanine composée d'une seule porte.
Avery l'ouvrit alors d'un coup de baguette puis, ils arrivèrent dans un nouveau couloir et virent à quelques mètres devant eux l'homme rentrer dans une pièce, et refermer la porte, avant de la sceller de l'intérieur à l'aide d'un Sortilège.
Voyant ça, les Mangemorts eurent un petit rire puis, après avoir fouillé les autres pièces qui se trouvaient à côté, ils s'approchèrent de la fameuse porte et, d'un nouveau coup de baguette, ils firent sauter la serrure et défoncèrent le panneau de bois d'un coup de pied.
Ils arrivèrent alors dans une grande chambre au parquet en lattes de bois, aux mur couverts d'une tapisserie rouge, et dont l'espace était occupé par un grand lit dont les draps étaient défaits, d'un petit bureau qui faisait face à une fenêtre et d'une armoire sur laquelle étaient gravés ce qui ressemblaient à des écussons.
Debout devant celle-ci se trouvait l'homme qu'ils avaient aperçus quelques secondes plus tôt, et il les menaçait avec sa baguette. Il était âgé d'une quarantaine d'années, avait un petit visage replet et les cernes qui se dessinaient sous ses yeux ainsi que ces cheveux emmêlés montraient qu'il venait probablement de se lever en sursaut.
Derrière lui, recroquevillées à côté de l'armoire se trouvaient deux jeunes filles blondes qui pleuraient à chaudes larmes, tandis que leurs mère était juste devant elle, et tendait les bras dans un geste de protection.
-Qui êtes-vous ? Que faîtes vous chez nous ? Demanda l'homme d'un air apeuré.
-Range ta baguette, vermine, tu n'as aucune chance contre nous, ordonna Travers.
-Je ne vous laisserais pas de faire du mal à ma famille, il faudra d'abord me passer sur le corps ! Riposta l'homme, alors que sa main commençait à trembler légèrement.
-On ne vous veut aucun mal pour l'instant alors baisse d'un ton si tu ne veux pas qu'on change d'avis, conseilla Dolohov.
-Savez-vous à qui vous vous adressez mon garçon ?! Je suis...
-Carthus Polmooth, le Chef de la Brigade de la Police Magique, on sait tout ça, tu ne nous apprends rien, coupa Travers.
-Dans ce cas la, vous devriez savoir aussi que vous prenez énormément de risques en vous en prenant à moi de cette façon ! Je...
-C'est toi qui a prit des risques en t'en prenant à nous ! Coupa à nouveau Travers. Tu aurais du mesurer tes paroles dans la Gazette du Sorcier ! Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même ! Si il arrive quelque-chose à ta famille, le seul responsable, c'est toi ! Si nous sommes venus ici ce soir, c'est pour rétablir la vérité à notre sujet donc si tu ne veux pas avoir d'ennuis, toi et ta petite famille feriez mieux de nous suivre !
Voyant qu'il avait guère le choix étant donné la détermination des Mangemorts, Carthus sembla hésiter pendant quelques secondes puis, il lâcha sa baguette et s'avança vers eux.
-Vous aussi vous venez avec nous, ordonna Mulciber en s'adressant aux deux enfants et à la femme.
-Non, laissez les, elles n'ont rien à voir avec tout ça !
-Je crois qu'il y a un truc que t'as pas l'air d'avoir pigé, Polmooth, c'est que c'est pas toi qui commande aujourd'hui, donc si je dit qu'elles viennent avec nous, elles n'ont pas le choix, c'est clair ?!
Dolohov attrapa l'homme par le bras puis, il le poussa dans le couloir tout en le menaçant avec sa baguette pendant que, derrière lui, les trois autres Mangemorts saisirent sa femme et ses filles, et ils quittèrent la pièce.
Ainsi, ils franchirent le couloir à la file indienne puis, ils descendirent les marches et, voyant une porte ouverte avec de la lumière qui émanait de la pièce, ils s'y engouffrèrent.
Ils arrivèrent alors dans un petit salon, composé d'un grand canapé en tweed, de quelques meubles sur lesquels étaient exposés des vieux bibelots et d'une petite table autour de laquelle se trouvaient quelques vieilles chaises.
Dans un coin de la pièce, Voldemort était confortablement assis dans un fauteuil, à côté d'une cheminée en pierres et, lorsqu'il vit ces Mangemorts et leurs victimes arriver, il ne put s'empêcher de sourire intérieurement.
-Que faîtes-vous dans mon salon ?! S'étonna Carthus, alors que Dolohov le força à s'asseoir sur une chaise, juste face en face de son Maître et que les autres membres de la famille s'assirent sur le canapé.
-Je ne crois pas que nous nous soyons présentés, répondit poliment le Mage Noir. Je m'appelle Tom Elvis Jedusor mais maintenant, je suis plus connu sous celui de Lord Voldemort.
-Lord Voldemort ?! Quel drôle de nom ! Cela vous donne-t-il le droit de vous infiltrer chez des gens comme ça ?! Vous savez que d'ici quelques minutes, vous risquez de voir arriver une poignée d'Aurors si jamais...
-Nous n'avons que faire de tes Aurors, Polmooth. Ils ne nous font pas peur alors cesse d'essayer de nous effrayer avec tes menaces puériles et écoute moi, ordonna Voldemort d'une voix calme mais tranchante.
Ce dernier fit alors un signe de tête à Dolohov et aussitôt, ce dernier alla se poster devant la porte tandis que les trois autres Mangemorts restèrent autour de la table.
-Sais-tu qui sont ces gens avec moi ? Demanda Voldemort d'un ton placide.
-Bien sûr que je le sais ! Pour qui me prenez vous ?! Vous êtes les fameux Mages Noirs dont tout le monde parle en ce moment ! Répondit Carthus.
-Parfaitement. Et sais-tu pourquoi nous sommes-ici ce soir ? Tu dois bien en avoir une petite idée non ? Insista Voldemort en souriant d'un air machiavélique.
-Non pourquoi ? Je devrais ?!
Soudainement, Voldemort perdit son calme puis, il se leva à toute vitesse de son fauteuil avant de planter sa baguette sous le menton de Carthus et de lui serrer la gorge à l'aide de son autre main.
Aussitôt, la femme de ce dernier essaya de se lever de son canapé pour porter secours à son mari, mais Avery l'en empêcha en la repoussant brutalement, ce qui fit pleurer bruyamment les deux petites filles.
-Car il se trouve que ta participation à la Gazette du Sorcier ne m'a pas plut, voilà pourquoi ! Tu parles de choses que tu ne connais pas et tu as osé dire de mes hommes qu'ils ne représentaient aucun danger mais qu'en sais-tu finalement, hein ?! Pas grand chose à ce que je sache ! S'exclama Voldemort.
-Je ne suis pas le seul à penser ça, alors pourquoi s'en prendre à moi ?! Je n'ai fait que résumer ce que tout le Ministère pense vous savez ! Déclara Carthus, d'un air affolé, en sentant les longs doigts glacés du Mage Noir qui se resserrait autour de sa gorge.
-Tout le monde n'est pas forcément de ton avis, Polmooth, et déballer tous tes tissus de mensonges dans un journal comme la Gazette ne va sûrement pas arranger nos affaires ! A cause de ça, nous n'allons plus être pris au sérieux, et c'est extrêmement dérangeant pour notre réputation, tu peux me croire !
-Alors vous allez faire quoi ? Vous allez me tuer pour montrer l'exemple ? S'en prendre à quelqu'un de haut placé comme moi pourra peut-être prouver au Monde qui vous êtes vraiment, remarqua Carthus en essayant d'utiliser un ton calme.
Voldemort eut alors un petit sourire puis, il lâcha le cou du Sorcier et resta debout, face à lui.
-Tu as raison, te tuer nous permettrait de nous faire un vrai nom mais j'avoue trouver ça un peu trop...facile, déclara-t-il. Ceci dit...
Il s'arrêta alors au milieu de sa phrase puis, soudainement, il pointa sa baguette vers la femme qui ne put s'empêcher de pousser un cri.
Voyant ça, Carthus se leva de sa chaise mais, avant qu'il n'ai le temps de faire quoi que ce soit, il reçu un violent coup dans le ventre qui lui coupa le souffle, et le fit se rasseoir, alors que des larmes de rage coulaient le long de ses joues.
-Reste tranquille, conseilla Travers en se mettant juste derrière la chaise.
-Laissez ma femme, elle n'a... elle n'a rien à voir avec tout ça ! Prenez-vous en à moi mais pas à elle, par pitié...
-Ne t'en fais pas, je n'oserais jamais lever la main sur une aussi belle créature mais en revanche...
A nouveau, Voldemort laissa sa phrase en suspens puis, il plongea ses yeux injectés de sang dans ceux de Carthus et, brusquement, sans tourner la tête et en affichant un sourire diabolique, il dirigea sa baguette vers une des petites filles.
Aussitôt, il y eut une petite détonation suivi d'une lumière verte aveuglante et, lorsqu'elle se dissipa, Carhus poussa un cri d'horreur.
Sa petite fille qui, auparavant, avait de longues bouclettes blondes et un visage rond parsemé de tâches de rousseurs avait à présent les cheveux qui avaient été remplacés par de longs et fins serpents qui, la bouche grande ouverte, se tortillaient dans tous les sens tout en crachant.
Quant à son visage, il était devenu d'une pâleur cadavérique, et ces yeux vitreux, comme si plus aucun éclats ne pourrait désormais briller à l'intérieur.
Voyant cela, la mère de petite fille ainsi que cette dernière et sa sœur éclatèrent en sanglots puis, la mère essaya de se lever pour réconforter sa progéniture mais à nouveau, elle fut retenue par Avery qui se trouvait juste à côté d'elle.
-Que lui avez-vous fait ? QUE LUI AVEZ VOUS FAIT ESPÉCE DE MISÉRABLE VERMINE ?! Demanda Carthus, alors que Travers lui tenait les bras pour ne pas qu'il bouge.
-Voilà le dilemme, Polmooth. Si tu ne veux pas que je fasse subir la même chose à ton autre fille, t'as intérêt à rectifier tout ce que tu as dis sur nous, et à changer de jugement. Crois-moi, si tu ne fais rien, je n'hésiterais pas une seule seconde à revenir, et ce ne seront pas tes misérables Aurors qui m'arrêteront. C'est clair ? Et surtout, n'essaye pas de t'enfuir car dans ce cas la, je ne m'en prendrais pas seulement à ta fille, ta famille entière en subirais les conséquences...
-RENDEZ LUI SON APPARENCE NORMALE, ESPÉCE DE MONSTRE ! VOUS...
D'un coup de baguette, Avery stoppa la voix stridente de la mère qui se retrouva alors aphone, à articuler des phrases et des mots sans que personne ne la comprenne.
-Non, je ne le ferais pas, et c'est inutile que vous essayiez vous-même car vous n'y arriverez pas. Vous pourrez l'emmener à Sainte-Mangouste mais ça serait une perte de temps aussi car aucun Médicomage de ce monde pourra la soigner. Seul moi en ai les capacités donc vous avez intérêt à faire ce que je demande si vous voulez qu'elle redevienne normale un jour, dit Voldemort.
-Vous n'êtes que des pourritures ! Nous vous rechercherons et nous vous traquerons, je le jure sur ma vie ! Vous ne vous en sortirez pas comme ça bande de vermines ! Vous n'avez pas le droit d'agir comme vous le faîtes, vous méritez la prison et croyez-moi, vous n'y échapperez pas ! Jura Carthus alors des larmes de rage continuaient de couler sur ses joues.
-C'est cela oui ! En attendant nous, on va partir alors un conseil : évite de faire le héros en essayant de nous suivre car ça risquerais de nous énerver. J'espère avoir été assez clair et que vous ne ferez rien de stupide...
Voyant que Carthus était incapable de répondre en raison des larmes qui continuaient de couler, et que sa femme était dans le même état, Voldemort fit un signe de tête à Travers qui lâcha alors les bras de l'homme.
Aussitôt, ce dernier se leva de sa chaise, alla s'agenouiller devant le canapé puis, il prit la tête de sa fille métamorphosé dans les bras, y déposa un léger baiser et posa son menton dessus, tout en pleurant à chaudes larmes.
-Allons-y messieurs, laissons-les, ordonna Voldemort.
Le Mage Noir se dirigea alors vers la porte puis, en passant devant le canapé, il effleura de sa main glacé la joue de la deuxième petite fille qui se recroquevilla aussitôt dans les bras de sa mère puis, accompagné de ces Mangemorts, ils quittèrent la pièce.
