Chapitre 8 :
En cette fin de matinée, dans le village de Pré-au-Lard, alors que les rues enneigées étaient bondées de Sorciers et de Sorcières en tous genres, et que les magasins débordaient de clients aux bras remplis de sacs, cinq silhouettes arrivèrent en transplanant, à la sortie du village.
Parmi eux se trouvaient Lord Voldemort, vêtu pour l'occasion d'une élégante cape noire, et dont le visage blafard semblait être aussi blanc que la neige qui les entouraient.
À ces côtés se trouvaient les quatre Mangemorts qu'il avait décidé d'emmener avec lui pour cette excursion : Nott, Rosier, Mulciber et Dolohov.
Afin d'essayer de passer inaperçus, ils avaient troqués leurs vêtements sombres qu'ils utilisaient en mission contre d'épaisses vestes et manteaux qu'ils avaient choisis en fonction de la température glaciale de ce mois de décembre.
Une fois qu'ils furent arrivés, ils se protégèrent le cou à l'aide d'une écharpe aux couleurs de Serpentard puis, emmitouflés dans leurs habits chauds, ils s'avancèrent dans le village.
Une fois arrivés dedans, ils ne purent s'empêcher de ressentir de l'émotion en repensant à tous les souvenirs qu'ils y avaient vécus lorsqu'ils y allaient à l'époque de Poudlard, et ils furent contents de voir que rien n'avait changé.
Toutes les vitrines de magasins étaient agrémentées de décorations de Noël, et de grandes guirlandes accrochées entre les bâtiments clignotaient de toutes les couleurs, répandant ainsi leurs reflets sur la neige qui recouvrait les toits.
Après être passés devant Derviche et Bang et Scribenpenne, Voldemort leur fit signe de s'arrêter, et se tourna vers ces Mangemorts.
-Allez m'attendre à la Tête de Sanglier et ne vous faîtes pas remarquer, je vous y rejoindrait dés que j'aurais fini avec Dumbledore, ordonna Voldemort.
-Maître ! Ne devrions-nous pas...
-Ne m'appelle pas comme ça ici, Rosier, il ne faut pas qu'on t'entende, coupa Voldemort d'un ton sec. Et ne vous en faîtes pas pour moi, c'est clair ?! Maintenant, allez m'attendre, je ne devrais pas en avoir pour très longtemps.
Avant que les Mangemorts eurent le temps de répondre, Voldemort se revêtit le visage avec sa capuche puis, il s'éloigna sans rien dire, sous les yeux inquiets de ces acolytes.
Aussitôt, ces derniers le regardèrent s'éloigner puis, une fois qu'il fut hors de portée de vue, ils se dirigèrent dans une rue à gauche, passèrent devant quelques vieilles bicoques puis, une fois arrivés devant une petite auberge au dessus de laquelle était suspendue une enseigne qui représentait la tête tranchée d'un Sanglier, ils poussèrent la porte et y entrèrent.
Lorsqu'ils étaient encore à Poudlard, cela leur était arrivés quelques fois de se rendre ici pour y déguster une Biéraubeurre, car ils savaient que ce n'était pas l'endroit dans lequel ils risquaient de croiser des Gryffondor, chose qu'ils appréciaient beaucoup.
C'est pour ça qu'ils s'aperçurent aujourd'hui que l'intérieur n'avait pas changé, que les murs étaient toujours aussi crasseux, le mobilier mal entretenu et la même odeur de chèvre flottait dans les airs.
Derrière le petit comptoir couverts de traces de salissure, ils aperçurent le même barman qu'autrefois, avec lequel ils avaient eu l'habitude de commander leurs boissons respectives et, lorsque ce dernier les aperçu, il leur adressa un signe de tête, tout en essuyant un verre à l'aide d'un torchon qui paraissait usé et sali par le temps.
Les quatre Mangemorts choisirent alors de s'installer à une table qui se trouvait à côté d'une fenêtre dont la vitre mal lavée donnait vue sur la rue qu'ils venaient de traverser puis, après s'être dévêtis de leurs manteaux et avoir épousseté la neige qui se trouvait dessus, ils s'assirent, et regardèrent du coin de l'œil les quelques personnes qui se trouvaient autour d'eux.
En incluant le barman, ils purent compter au total quatre personnes : un homme au visage caché dans une grande barbe était accoudé au comptoir, et discutait avec un autre homme à côté de lui qui portait un vieux chapeau, et la pipe qu'il tenait dans la bouche faisait flotter un nuage de fumée au dessus de lui.
Plus loin, assise face à un feu de cheminée aux flammes crépitantes se trouvait une femme entièrement vêtue d'une robe de couleur fuchsia, et qui sirotait une tasse thé fumante, tout en lisant le dernier numéro de la Gazette.
Durant leur formation avec leur Maître, ce dernier avait apprit à ces Mangemorts à se méfier des gens qui les entouraient lorsqu'ils se retrouvaient dans la même situation qu'actuellement. Il leur avait également apprit à faire rapidement, d'un simple coup d'oeil, la différence entre un Sorcier normal et un autre qui pourrait être susceptible de les espionner, comme par exemple un Auror en civil qui essayerai de les prendre en filature, ou encore un employé du Ministère chargé de les surveiller.
Ainsi, ils firent preuve d'une minutieuse analyse en regardant de haut en bas les personnes qui se trouvaient autour d'eux et, après avoir déduit qu'ils n'avaient strictement rien à craindre d'eux, ils se firent un signe de tête pour montrer qu'ils avaient eut tous les quatre la même déduction.
Le barman lâcha les verres qu'il était en train de nettoyer puis, il attrapa un calepin, fit le tour de son comptoir et se dirigea vers les quatre Mangemorts.
-Messieurs, ça faisait un bail ! Que puis-je faire pour vous ? Grommela t'il.
Les quatre anciens Serpentard le fixèrent alors d'un air ahuri, surpris de voir qu'après toutes ses années, il se rappelait encore d'eux et, voyant ça, le barman eut un petit sourire, dévoilant deux rangées de dents grises et mal entretenues.
-Je n'oublie jamais une tête, expliqua le barman. Surtout quand il s'agit d'élèves comme vous, c'est tellement rare d'en voir ici.
-Nous ne sommes plus des élèves, rétorqua Nott d'un ton acerbe.
-Et vu vos têtes, ça me rassure car sinon, vous auriez vraiment du retard dans votre scolarité ! S'exclama le barman avant d'éclater de rire.
Voyant que les Mangemorts, eux, n'avaient pas l'air d'apprécier la plaisanterie, il se racla la gorge.
-Alors jeunes gens, qu'est ce que j'vous sers pour vous réchauffer ? Demanda t'il.
-Deux Whisky-Pur-Feu et deux verres de vin de sureau, répondit Rosier.
-Je vous apporte ça tout de suite.
Le barman retourna alors derrière son comptoir puis, il sorti deux bouteilles poussièreuses d'un vieux frigo, les ouvrit, rempli quatre verres qu'il posa sur un plateau puis, il apporta les collations aux quatre Mangemorts, avant de disparaître par une porte qui se trouvait derrière le bar.
-Je voudrais porter un toast, déclara Nott en levant son verre.
Ces trois camarades firent alors comme lui, sans savoir à quoi.
-Je voudrais porter un toast à la réussite de notre Maître, et à tout ce qu'il a fait pour nous depuis que nous avons quitté Poudlard.
-À notre Maître, répétèrent en même temps les quatre Mangemorts, tout en trinquant leurs verres.
Ils burent alors une grande gorgée puis, tout en sentant le liquide chaud couler le long de leurs gorges, Mulciber se mit à tapoter la table d'un air nerveux.
-Qu'est ce que t'as ? Demanda Dolohov.
-Rien, t'occupes...
-Si, t'as quelque chose, Mulciber. Je te connais suffisamment pour savoir que, quand tu fais ça, y'a quelque chose qui te tracasse, fit Dolohov.
-Si tu veux vraiment savoir, je m'inquiète pour lui, c'est tout, avoua Mulciber d'un air renfrogné.
-Nous aussi on s'inquiète, mais tu le sais très bien qu'on ne devraient pas. Le Maître peut très bien se débrouiller tout seul sans qu'on s'en fasse à son sujet, rappela Nott.
-C'est pas ça qui m'inquiète. C'est le fait qu'il aille parler au vieux Dumbledore, alors que c'est peut-être bien le seul Sorcier à être de taille à l'affronter, surtout depuis que nous sommes recherchés.
-Mais il ne le fera pas, Mulciber, pas à Poudlard, pas avec tous ses gosses qu'il a sous sa responsabilité. Il ne prendrait pas le risque de les mettre en danger en affrontant le Maître dans le parc, ou même dans son Bureau.
-Je sais bien.
Il y eut alors un petit silence puis, alors qu'une vieille Sorcière aux cheveux gris, vêtue d'un long manteau noir fit irruption dans le bar, les quatre Mangemorts la fixèrent pendant quelques secondes et, lorsqu'ils la virent aller s'asseoir face au comptoir, ils constatèrent qu'elle ne représentait aucune menace.
-Si j'ai pas de nouvelles de lui dans une heure, je vais à Poudlard, je vous le dit tout de suite, annonça Mulciber d'un ton catégorique.
-Tu te fais vraiment du soucis pour rien, Mulciber, c'est bizarre que tu n'arrives pas à l'admettre, remarqua Rosier.
-C'est plutôt vous qui êtes bizarres à ne pas admettre qu'il peut lui arriver quelque-chose ! Rétorqua furieusement Mulciber.
En entendant ce haussement de ton, le barman interrompit sa discussion avec la Sorcière qui venait d'arriver puis, il fixa la table des Mangemorts avec étonnement avant de reprendre là où il s'était arrêté avec son interlocutrice.
-T'as intérêt à baissé d'un ton si tu veux pas avoir d'ennuis, prévint à voix basse Dolohov en regardant Mulciber. Et si jamais tu doutes à nouveau de notre Maître, tu vas avoir à faire à nous, c'est clair ?
Le concerné lui répondit alors d'un signe de tête puis, tout en plongeant son regard dans son verre de Whisky, il passa une main dans ces cheveux.
-Désolé les gars, c'est juste que j'aime pas être assis là à rien faire, alors que notre Maître est peut-être en danger. C'est comme ça j'y peut rien, ça me rend fou...
-Ça va, Mulciber, arrête de pleurnicher un peu ! Fit Nott d'un ton compatissant.
-Dîtes, vous vous rappelez de la fois où on avait enfermé ce pleurnichard de Snivells dans un passage secret de Poudlard, et qu'il avait loupé la sortie au Pré-au-Lard à cause de nous ? Demanda Dolohov, en essayant de changer de sujet.
-Oh que oui, répondit Rosier. Mais moi, je me rappelle surtout de la semaine de retenue que ça nous a coûté, et avec ce Sang-de-Bourbe de Ogg en plus ! Répondit Nott.
-Si ce crétin de Prewett ne nous avait pas balancés, je suis sûr qu'ont auraient pas eu de problèmes ! Enfin bon, lui aussi il a eu ce qu'il méritait, quand Travers a métamorphosé ses oreilles en celles d'un âne, rappela Mulciber qui ne put s'empêcher de sourire en repensant à tout ça.
Ils passèrent ensuite l'heure suivante à se rappeler de divers souvenirs qu'ils avaient vécus à Poudlard, et ils rythmaient leurs conversations animées avec des grandes rasades de Biéraubeurre.
Ainsi, ils se remémorèrent les sévices qu'ils avaient fait subir à divers élèves qu'ils avaient considérés comme étant leurs souffres-douleurs, les brèves histoires de romance qu'ils y avaient vécus ou encore des anecdotes qui concernaient les professeurs qu'ils avaient fréquentés pendant leurs sept années de scolarité.
Enfin bref, alors qu'ils attendaient des nouvelles de leur Maître, ils passèrent tout de même un agréable moment, ce qui fit passer les minutes plus rapidement et, lorsque de nouveaux arrivants faisaient leur entrée dans le bar, ils ne s'occupaient pas de les reluquer de haut en bas, car c'était les Mangemorts qui étaient désormais la cible de tous les regards, étant donné leurs éclats de voix.
Puis, soudainement, les portes se rouvrirent à nouveau et, alors qu'une bourrasque de vent fit vaciller les flammes de la cheminée, Lord Voldemort en personne fit irruption dans le bar, le visage toujours recouvert avec sa capuche et une expression stoïque sur le visage.
Lorsque le barman le vit, il arrêta pendant quelques secondes la vaisselle qu'il était en train d'entreprendre puis, alors que le puissant Mage Noir lui décocha un regard noir injecté de sang, ce dernier se dirigea sans rien dire vers la table à laquelle étaient installés ces hommes.
-Maître ! S'exclama Rosier en se levant pour lui laisser la place. Nous ne vous attendions pas de si tôt !
-Désolé d'interrompre vos souvenirs sordides mais, ça c'est passé beaucoup plus vite que je ne m'y attendais, déclara Voldemort d'une voix calme, tout en s'asseyant à côté de Mulciber.
-Que s'est-il passé, Maître ? Demanda Nott en poussant vers lui sa pinte de Biéraubeurre qu'il avait déjà légèrement entamé.
-Disons que Dumbledore a tout simplement refusé mon offre, répondit Voldemort.
Cette annonce laissa de glace les Mangemorts mais, d'un côté, ils se sentirent soulagés de savoir que leur Maître ne les abandonneraient pas dans l'immédiat.
-Vraiment ? Et pourquoi ça ?
-Car il a l'air d'en savoir beaucoup sur moi, et sur vous aussi.
-Comment ça sur nous ? S'étonna Dolohov.
-Il connait votre surnom de Mangemort, dit simplement Voldemort. Ne me demandez pas comment, j'en ai pas la moindre idée. Je pense avoir l'sous-estimer donc désormais, il faudra vraiment se méfier de lui.
Il y eut un petit silence durant lequel les Mangemorts analysèrent rapidement ce qu'ils venaient d'entendre puis, alors que Voldemort but une gorgée de Biéraubeurre, son regard se tourna à nouveau vers le barman, et une expression de haine se lut sur son visage.
-Qu'allons nous faire, Maître ? On va pas se laisser abattre juste pour ça, non ? Demanda Mulciber.
-Il n'en est pas question, non. Je craint qu'il n'y ai rien à faire pour y remédier. Je pourrais me débarrasser de Dumbledore, certes, mais je n'en ai pas encore envie pour le moment et, temps qu'il reste à Poudlard, il est totalement inaccessible.
-Donc ? Insista Mulciber.
-Donc c'est tout pour le moment. La seule chose à faire pour vous, c'est de continuer à vivre notre vie, comme d'habitude et, dés que l'occasion se présentera, je m'occuperais personnellement de ce vieillard, fit Voldemort.
-Et qu'allez-vous faire en attendant que ce moment arrive ?
-Dumbledore m'a fait comprendre que j'étais loin de connaître toutes les sortes de Magie qui existent, donc je vais me pencher davantage sur la question afin de les étudier toutes, une par une. Quand je serai enfin prêt, croyez-moi, il verra l'étendue de mes pouvoirs et la, il saura vraiment, mais alors vraiment à qui il a à faire...
