Chapitre 12 :

Après avoir transplané à plusieurs endroits différents pour brouiller les pistes, les Mangemorts arrivèrent finalement au Manoir Malefoy.

Ils traversèrent alors la grande allée à toute vitesse et, après s'être présentés au portail, ils furent accueillis par l'Elfe Dobby qui les attendait à l'entrée, et qui les mena dans la Salle de Réception.

Comme convenu, Voldemort les attendait ici et, lorsqu'il les vit arriver avec le corps inconscient de Goyle sur les épaules, il fronça les sourcils.

-Que s'est-il passé ? Demanda-t-il aussitôt, alors que Ranhei et Crabbe posaient le corps sur la grande table ovale.

-Nous avons échoué, Maître, répondit Nott d'un tas las.

-Pardon ? Peux-tu répéter ? J'espère avoir mal compris.

-Non, Maître. Nous avons échoué à notre tâche. Les Prewett se sont défendus, et nous ne nous attendions pas à une telle résistance. Du coup, par mesure de sécurité et, étant donné que nous avions un homme à terre et deux autres de blessés, j'ai donné l'ordre de nous replier, expliqua rapidement Nott en baissant la tête.

Voldemort se leva alors de son fauteuil puis, il s'approcha doucement du Mangemort.

-Tu veux dire que vous vous êtes fait battre à cinq contre deux, c'est ça ?

-Oui, Maître. Vous aviez raison, les Prewett sont de redoutables Sorciers et...

-Endoloris !

Aussitôt, Nott tomba sur le sol, le corps entier prit de violents soubresauts qui le fit hurler de douleur.

-Je t'avais pourtant dis, Nott, que je n'accepterais pas d'échec sur cette mission et la, tu m'apprends quoi ? Que vous avez préféré fuir plutôt que de vous battre, c'est ça ?!

-Maître, croyez-moi, j'aurais voulu...

-SILENCE RANHEI, JE PARLE ! Coupa violemment Voldemort.

Sa voix résonna alors pendant quelques secondes dans la salle puis, Voldemort regarda Nott qui continuait à se tordre de douleur.

-Je n'ai pas perdu ses deux ans de ma vie à vous enseigner la Magie Noire pour que vous vous comportiez comme des lâches, Nott. Je l'ai fait car je voulais que vous soyez les meilleurs, voilà pourquoi. Tu n'aurais jamais du reculer face à eux, même si ce stupide Goyle était à terre, c'était pas une raison ! Rugit Voldemort en faisant durer le Sortilège. Lorsque le Ministère va savoir que vous vous êtes enfuis comme des... comme des lâches une fois de plus, notre réputation va sûrement en prendre un sacré coup, et j'ai bien peur que nous ne soyons désormais plus pris au sérieux après ça.

Alors qu'un liquide blanc commençait à sortir de la bouche de Nott, Voldemort fit durer le Sortilège encore quelques secondes puis, il s'arrêta et lui tourna le dos.

-Voulez-vous que nous y retournions, Maître ? Donnez-moi le commandement ainsi qu'une demi-douzaine de vos hommes et je vous jure qu'on ne vous décevra pas, proposa Crabbe.

-Hors de question, imbécile ! À l'heure qu'il est, le Ministère doit être au courant et la maison à sûrement été protégée. De plus, je suis certain que, désormais, le coin grouille d'Aurors donc ça serait du suicide d'y retourner, répondit Voldemort.

-Mais on ne peut pas les laisser s'en tirer comme ça, Maître ! S'exclama Ranhei.

Furieux, Voldemort se tourna soudainement vers le Mangemort et lui pointa sa baguette sous le menton.

-Ça, il fallait y penser avant de prendre la fuite comme des trouillards, espèce d'imbécile !

-Nous...nous n'avons fait qu'obéir aux ordres, Maître. Nott nous a dit qu'il assumait les risques que cela représentait et, comme il était notre chef pour cette mission, nous devions faire ce qu'il disait, comme vous nous l'avez apprit, Maître, marmonna Ranhei.

-Peut-être, oui, mais il me semble que je vous ai aussi apprit à vous battre jusqu'au bout, non ? Je pensais pourtant que vous connaissiez très bien mon opinion sur ceux qui agissaient ainsi !

-Oui, Maître. Nous...

-Alors c'est inutile d'essayer de chercher des excuses, coupa sèchement Voldemort.

Ce dernier se tourna alors à nouveau vers Nott qui s'était relevé, et qui s'essuyait la bouche et son front qui perlait de sueur avec un mouchoir en tissu.

-Quant à toi, dit Voldemort, tu m'as déjà désobéi, déçu et, comme tu dois t'en douter, cela va engendrer de sérieuses conséquences à ton sujet.

-Je suis prêt à payer le prix de mes erreurs, Maître, et à les assumer jusqu'au bout, répliqua Nott.

-Dans ce cas la, je ne te confierais plus jamais le commandement de mes hommes et, de plus, tu ne participeras plus aux missions pendant une durée encore indéterminée. Je t'aurais bien retiré ton titre de Mangemort mais votre nombre est trop limité pour me permettre une chose pareille, décida Voldemort.

-Bien, Maître, dit simplement Nott d'un ton las.

-Estime-toi heureux que je ne tue pas sur le champ, je crois que ma bonté me perdra. Et c'est pareil pour vous, poursuivit Voldemort en regardant les quatre autres Mangemort, vous avez de la chance d'être encore en vie à l'heure qu'il est.

Voldemort fixa encore Nott pendant quelques secondes puis, la voix nasale de Fibroz retentit, le tirant alors de ses envies de meurtre.

-Excusez-moi Maître, mais pourriez-vous réveiller Goyle ? Nous ne savons pas ce qu'il a, et nous avons besoin de votre œil d'expert pour juger de son état, demanda le Mangemort.

Voldemort s'approcha alors de la table et regarda le corps de Goyle qui semblait respirer avec difficulté.

-Ne vous ai-je pas apprit à être autonome face à ce genre de situation ?

-Bien sûr que si, Maître, mais nous ne connaissons pas assez bien les Prewett pour savoir quel genre de Sortilège ils auraient pu utiliser, expliqua Fibroz.

-À vue d'œil, je dirais que ça ressemble à un dérivé simple du Sortilège de Coma Artificiel étant donné le rythme de sa respiration et la Magie qui se dégage de son corps, déclara Voldemort après avoir agité sa baguette au dessus du Mangemort pendant quelques secondes.

-Et vous pouvez le réveiller ? Osa Crabbe.

-Évidemment, n'oublie pas à qui tu parles, imbécile.

Aussitôt, Voldemort posa un long doigt glacé sur le front du Mangemort et, après avoir prononcé d'inaudibles paroles, ce dernier ouvrit faiblement les yeux.

-Ou suis-je ? Que s'est-il passé ? Demanda Goyle en regardant autour de lui.

-Tu es tombé au combat, abruti, et tes camarades ont fuit comme des lâches, voilà ce qui s'est passé, répondit froidement Voldemort.

Goyle s'ébouriffa les cheveux d'un geste machinal puis, il s'assit sur le rebord de la table avant de se masser les tempes.

-Ma baguette...

-Tu l'as perdue chez les Prewett, raconta Crabbe.

-Ah, tiens donc, encore une bonne nouvelle ! Et quand comptiez-vous me l'annoncer, hein ? Cracha Voldemort.

-J'allais vous le dire, Maître, mais je n'ai pas estimé que c'était très grave. Une baguette, ça se remplace facilement, dit Crabbe en essayant d'adopter un ton conciliant.

-Ça se remplace ?! Mais voyons, espèce d'imbécile, tu te rends compte de ce que ça veut dire au moins ?! Si les Aurors récupèrent la baguette, ils pourront sûrement retrouver la trace de Goyle, et ils l'arrêteront lui aussi ! S'exclama Voldemort.

-Pardon si je vous offense, Maître, mais j'en doute. Certes, Ollivander saura certainement de quoi est constituée cette baguette mais de là à en retrouver son propriétaire, ça va peut-être s'avérer être un peu plus difficile. Je doute que Goyle soit le seul détenteur de ce type de baguette alors il leur faudra certainement du temps avant de remonter jusqu'à lui, expliqua Fibroz.

-En plus, reprit Goyle, je crois pas que je vais avoir des problèmes pour la retrouver...

Il se tourna alors vers Ranhei.

-...puisque c'est toi qui l'a, finit-il.

-Pardon ?

-Ta baguette que t'as dans la main, c'est la mienne, je la reconnaitrait entre mille, fit Goyle.

Ranhei l'examina alors de plus prêt et, aussitôt, il s'aperçut qu'elle n'avait, en effet, rien à voir avec la sienne.

Les souvenirs lui revinrent alors à l'esprit. Il revit alors sa propre baguette lui échapper des mains suite à un Sortilège lancé par Stuart puis, il se revit également ramassé celle de Goyle pour se défendre avec.

Il avait complétement oublié de la récupérer avant de s'enfuir, et il le regretta aussitôt.

-De quoi est faite ta baguette, Ranhei ? Demanda Fibroz, alors que Goyle récupérait sa baguette en lui arrachant des mains.

-De bois de cèdre et de crin de Licorne Rouge.

-Alors ça sera peut-être un peu plus facile de trouver à qui elle appartenait, étant donné la rareté de ce type de baguettes et d'utilisateurs sur le marché, déclara Fibroz.

-Qu'est-ce que t'en sais toi ?! S'étonna Ranhei.

-J'ai lu beaucoup de rapports rédigés par les Aurors au Ministère et, croit-moi, je sais précisément quelles baguettes sont plus dures ou plus faciles à retrouver. La tienne, je dirais que peu de Sorciers l'utilisent car la Licorne Rouge est extrêmement dure à chasser, et son crin est difficile à manier, expliqua Fibroz.

-Que proposes-tu dans ce cas ? Interrogea Voldemort.

-Il n'y a pas beaucoup d'échappatoires, Maître. Ou Ranhei disparaît de la circulation et il sera alors recherché par les Aurors, ou alors il change de baguette mais je doute qu'Ollivander lui en trouve une nouvelle aussi facilement, proposa Fibroz.

-Tu dis ça pour me rassurer ? Car si c'est le cas, tu perds ton temps, grogna Ranhei.

-L'avantage qu'on a, reprit Fibroz en ignorant les sarcasmes de son acolyte, c'est que les Aurors centrent toujours leurs recherches sur des anciens camarades à vous, Maître. Donc étant donné qu'ils vont se baser la dessus, ils vont sûrement commencer par vérifier si des anciens élèves de Poudlard possédaient une baguette de ce type et si oui, ils les interrogeront en premier.

-Une chance pour moi d'avoir été à Durmstrang alors, marmonna à nouveau Ranhei. Enfin bon, ça nous laisse du temps pour essayer de trouver une solution, n'est-ce pas ?

-En effet ouais, mais comme je l'ai déjà dit, nous n'avons que deux. Ou plutôt une, car je doute qu'Ollivander puisse ou veuille coopérer avec nous si nous lui demandons ses services, rappela Fibroz.

-Peut-être que nous pourrions le forcer, proposa Crabbe.

-Ollivander n'est pas le genre d'homme à se laisser influencer si facilement. En plus, je suis sûr que dans les jours à venir, sa boutique va être mise sous surveillance car les Aurors doivent s'attendre à nous voir rappliquer, répondit Nott.

-Moi j'ai peut-être une solution pour vous messieurs, déclara soudainement une voix derrière eux.

Les Mangemorts et Voldemort se retournèrent, et virent alors Abraxas, vêtu d'une robe de chambre verte émeraude et qui portait dans ces bras un enfant d'environs cinq ans aux longs cheveux blonds et aux yeux gris.

-Abraxas, tiens donc, je ne me rappelle pourtant pas t'avoir convié à cette réunion, remarqua Voldemort d'un ton glacial.

-Je sais bien oui, mais mon petit Lucius ne trouvait pas le sommeil donc je l'ai emmené se promener dans les couloirs du Manoirs, car je sais qu'il aime bien discuter avec les tableaux. Et en plus, Tom, je vous rappelle que vous êtes ici chez moi, donc je ne vois pas pourquoi j'aurais besoin de votre autorisation pour me déplacer comme bon me semble, rétorqua Abras, furieux.

-À ce que je sache, vous avez refusé de porter la Marque des Ténèbres, donc je trouve qu'il est normal que vous ne soyez pas autorisés à être ici, rappela Voldemort.

-Je m'en fiche, punissez-moi et, en plus de ne plus pouvoir avoir accès à ces lieux, j'irais me plaindre directement auprès du Ministre, c'est clair ? Menaça Abraxas.

-Très clair oui, répondit Voldemort, en souriant face aux chantage puéril de l'homme.

-Bon, vous m'écoutez maintenant ? Demanda Malefoy en s'approchant d'eux.

Voldemort lui répondit en lui faisant un signe de la main pour qu'il prenne la parole.

-J'ai entendu vos histoires de baguettes et d'Ollivander. Je suis tout autant sûr que vous sur le fait qu'il ne coopérera pas, mais j'ai une autre solution à vous proposer.

-Vas-y, crache le morceau.

-J'ai un cousin éloigné qui pourrait peut-être nous aider à nous en procurer une. Il s'appelle Caesar Palkov et il travaille en Europe de l'Est pour le compte de Grégorovitch, un autre fabricant de baguette. Caesar a souvent besoin de travailler dans l'usine où elles sont fabriquées et, je suis sûr que si je lui donne une honnête somme, il pourra se procurer celle que vous recherchez assez rapidement, et sans poser de questions, expliqua Abraxas.

-Vraiment ? Voilà qui est intéressant, avoua Voldemort.

-Oui, j'ai déjà eu recours à lui il y a quelques mois, après que Lucius ai donné ma baguette à manger à Hercule, notre chien à trois têtes, en pensant que c'était un os. Mon cousin m'en a renvoyé une dans la semaine qui a suivi, raconta Abraxas en berçant son enfant de gauche à droite.

-Ton cousin, c'est quelqu'un de sérieux ? On peut lui faire confiance ? Demanda Fibroz.

-Évidemment. Les Palkov sont une famille réputée en Europe, vous n'avez aucun soucis à vous faire la dessus, déclara Abraxas, fièrement.

-Et en combien de temps crois-tu qu'il peut nous trouver ce que nous cherchons ?

-Si je lui écrit assez rapidement, genre ce soir ou demain matin, vous l'aurez en fin de semaine prochaine, grand maximum.

-Y'a pas un risque que le courrier soit surveillé par les Aurors ? Interrogea Crabbe.

-Je doute qu'ils se soucient d'un paquet venant de si loin. Toutefois, je demanderais à Caesar de la dissimuler dans une boite de Chocogrenouilles destinée à Lucius, comme la dernière fois.

-Parfait, dans ce cas la, ne perd pas de temps et va lui écrire maintenant, ordonna Voldemort.

-Mais je...

-Exécution ! Ne me force pas à utiliser la manière forte, cela me ferait mal au cœur de voir Lucius tomber de si haut, coupa Voldemort.

Comme s'il avait compris, le jeune enfant éclata alors en sanglots et, aussitôt, lui et son père quittèrent la pièce.

-Quant à vous cinq, ne croyez-pas que je vous pardonne pour votre attitude de ce soir, vous avez été vraiment minables. Ranhei, en attendant que tu te retrouves une baguette, tu resteras ici au Manoir pour plus de sécurité, même si j'en ai pas grand chose à faire. Nous demanderons à Grimma de te rédiger un certificat de maladie et de l'envoyer à ton patron afin de justifier ton absence. Maintenant, disposez, je vous ai assez vu pour ce soir.

– – – – – – – – – –

Dés le lendemain matin, tous les journaux parlaient de l'accident qui s'était produit chez les Prewett, et la Gazette du Sorcier avait décidé d'en consacrer deux pages complètes. Sur la couverture, un titre écrit en de grosses lettres majuscules noires clignotait et disait « LES MAGES NOIRS FUIENT FACE AU DANGER »

Ceux qui furent interviewés furent les deux membres de la famille qui avaient participé à la bataille, ainsi que les Aurors qui étaient chargés d'enquêter sur cette affaire.

« Quand ils ont commencé à se battre contre nous, j'ai tout de suite su que rien n'était joué pour nous » racontait Stuart Prewett. « Ils étaient très doués pour se battre en duel mais ils n'ont pas fait le poids contre-nous. Ils ont juste réussi à me paralysé le bras mais les Médicomages m'ont dit que j'en retrouverais l'usage d'ici quelques jours. Quant à ma femme, elle a juste une grosse bosse à l'arrière de la tête et quelques contusions sur le visage, rien de bien méchant. On peut dire qu'on a eu de la chance sur ce coup là. ».

Ensuite, ce fut au tour de Rose Prewett d'être interrogée sur les motifs qui avaient amenés leurs agresseurs à s'en prendre à eux. « Ils en avaient après mon mari, suite à un décret qu'il a écrit pour le Ministère. J'avoue avoir eu peur sur le moment mais, après avoir estimé leur niveau de Magie, j'ai vite été rassurée. Certes ils se débrouillaient bien, mais je ne pense pas qu'ils ressentaient assez de haine envers nous pour nous tuer. Ils étaient justes la pour nous faire peur, pour essayer d'empêcher mon mari de recommencer à rédiger de tels décrets, voilà tout. »

En dessous de cet interview se trouvait une photo, sur laquelle les Prewett posaient dans leur salon dévasté par la bataille, et autour d'eux se trouvaient des Sorciers qui semblaient examiner les lieux.

Sur la page suivante, deux Aurors avaient interrogés, et faisaient le compte-rendu de ce qu'ils avaient découvert d'ici la, et de tout ce qu'ils savaient.

« Une fois de plus, les cinq personnes avaient les visages cachés par des cagoules, et aucun nom et aucunes indications susceptibles de pouvoir les démasquer n'ont été prononcés. » avait déclaré un Auror au nom de Jerry Steamboat. « D'après ce que nous avons pu constater étant donné les dégâts et les blessures subis par Mr et Mrs Prewett, ils s'agissait une fois de plus d'adeptes de la Magie Noire. A mon avis, ils n'était pas préparés au fait de se battre contre des Sorciers aussi puissants que les Prewett, voilà pourquoi ils ont fuit. Il s'agit la de la première fois depuis que nous connaissons leur existence qu'ils se sont retrouvés face à des adversaires comme eux, ce qui veut dire que nous pouvons les battre. »

« Après avoir fouillé le salon des Prewett à la recherche d'un indice » continua une autre Auror du nom de Emma Hammersmith, « nous avons trouvé une baguette perdue par l'un d'eux, ce qui en fait un indice très important pour essayer de les retrouver. La baguette a été examinée par plusieurs spécialistes ainsi qu'Ollivander en personne et, une fois que son identification sera confirmée, une équipe d'Aurors sera chargée de l'arrestation du malfaiteur, et nous l'interrogerons pour voir si il accepte de coopérer avec nous. Si toutefois il refuse, son avenir à Azkaban est déjà tracé. »

Puis, Thor Sheppard, l'actuel Chef des Aurors, avait lui aussi été interrogé quant à ce qu'il adviendrait des Prewett après une telle agression. « Leur maison ainsi que les alentours vont être protégés par de puissants Enchantements dés demain. Dés qu'ils sortirons de chez eux pour se rendre au travail ou même ailleurs, ils seront accompagnés de deux Aurors. Je crois qu'il ne faut pas plaisanter avec ces Mages Noirs et, si j'avais eu plus d'hommes sous la main pour garantir leur sécurité, je l'aurais fait mais nous ne pouvons pas nous le permettre actuellement. Ceci-dit, la trouvaille d'une de leur baguette est sans doute l'indice le plus important trouvé jusque la sur leur identité. » avait dit l'Auror.

Après avoir eu connaissance de ce numéro de la Gazette et avoir eu vent de toute cette humiliation, Lord Voldemort avait décidé de se faire oublier pendant quelques temps, afin que ces Mangemort payent le prix de leurs erreurs en se débrouillant seuls pour arranger les choses.

Ainsi, deux jours après l'attaque chez les Prewett, Fibroz, Goyle et Darius Mordhom se retrouvèrent chez Abraxas Malefoy afin de faire rapidement le point. Ranhei qui n'avait pas quitté le Manoir était également de la partie, et il écouta ces acolytes lui raconter ce qui se passait dans le Monde de la Magie.

-Le Bureau des Aurors vient d'avoir la confirmation pour le crin de Licorne Rouge, raconta Fibroz. Il y a déjà une équipe qui est en train de rechercher qui utilise ce type de baguette et Ollivander va être interrogé dés demain matin. À mon avis, ils commenceront à interroger les possesseurs demain après-midi.

-Il paraît même que Sheppard va envoyer deux de ces hommes à Poudlard, pour qu'ils interrogent les élèves qui possèdent également ce type de baguette, rajouta Mordhom.

-Ouais, je confirme, déclara Fibroz en hochant la tête. C'est Burt Snapple et Seraph Trenton qui sont chargés de s'occuper de ça mais je pense qu'ils vont vite s'apercevoir que ça ne sert à rien de les interroger, surtout maintenant que Dumbledore est le Directeur. Jamais il ne laissera ses élèves se faire interroger de la sorte par des hommes de Cassius.

-Il serait utile de savoir précisément qui utilise ses baguettes, afin d'estimer un peu le temps qui nous reste avant que les Aurors tombent sur Ranhei, fit Goyle.

-Je vais essayer de m'occuper de ça, t'en fais pas. Je pense que cette liste va arriver par Hibou donc si je m'y prend bien, je devrais pouvoir l'intercepter avant que Sheppard la reçoive, dit Fibroz.

-Ça serait parfait, oui. Du nouveau pour ta baguette, Ranhei ? Demanda Goyle en se tournant vers son collège qui écoutait sans rien dire.

-Abraxas et son cousin se sont parlés par cheminées interposées hier soir. Caesar lui a dit qu'il avait réussit à trouver ce qu'il désirait, et qu'il allait lui envoyer ça par hibou dés ce matin, donc ça devrait arriver ici dans quatre ou cinq jours, répondit le concerné.

-Je pense que ça va être un peu juste alors. Certes, ton absence est justifiée grâce à Grimma, mais cela n'empêchera pas les Aurors de te rendre visite à ton domicile pour te poser des questions et la, si ils remarquent ton absence, je pense qu'ils vont avoir de sérieux soupçons à ton sujet, déclara Fibroz.

-Je sais bien ouais, mais j'ai pas trop le choix figure toi. Le Maître m'a dit de rester ici donc je serais bien mal placé si je lui désobéissais, tu crois pas ?

-C'est sûr oui, mais si ils ne te voient pas non plus à Sainte-Mangouste, tu vas finir par être recherché, et par devenir le suspect numéro un dans cette histoire, tu peux me croire, répliqua Fibroz.

-Que veux-tu que j'fasse alors, hein ? Je retournerais sûrement pas chez moi sans avoir une baguette pour me défendre !

– – – – – – – – – –

Dans les jours qui suivirent, les Aurors eurent connaissance des personnes qui utilisaient cette baguette et ainsi, ils commencèrent leurs interrogatoires.

Plus les journées passaient, plus Ranhei commençait à s'impatienter car, en plus de trouver les journées extrêmement longues, il ne savait pas comment s'occuper au Manoir, et cela ne faisait qu'accentuer son impatience.

Il avait apprit par Fibroz que le nombre de personnes qui utilisait cette baguette était limité à une dizaine de Sorciers en plus de lui et, étant donné qu'ils n'habitaient pas tous en Angleterre, cela prit davantage de temps aux Aurors pour les trouver, et pour les interroger.

La visite à Poudlard pour interroger les élèves qui possédaient ce type de baguette s'étaient révélé être un fiasco total, car il s'agissait de deux sœurs jumelles qui étaient en première année, et elle n'avaient encore jamais quitté l'enceinte de l'École d'après les dires de leur Directrice de Maison.

Ses échecs ne faisait que rapprocher Ranhei des Aurors, et il ne lui restait sans doute plus que quelques heures avant qu'ils se rendent chez lui pour l'interroger. Ranhei craignait le pire en s'imaginant quel pourrait être leurs réactions en voyant qu'il n'était pas chez lui, et il s'imaginait déjà faire la une des journaux en passant pour le suspect numéro un, comme l'avait dit Fibroz.

Au bout du quatrième jour, le Mangemort fut soudainement réveillé par le bruit de quelque-chose qui frappait contre le carreau de sa chambre et, lorsqu'il se leva, il constata avec joie qu'un petit hibou au plumage gris cendré et aux yeux jaunes globuleux l'attendait.

L'animal tenait dans sa bouche un sac en toile dans lequel semblait se trouver une grande boite rectangulaire et, lorsque Ranhei lui ouvrit la fenêtre, l'oiseau rentra dans la pièce, lui déposa son butin sur le lit puis, il s'envola par la où il était arrivé.

Ranhei se jeta aussitôt sur le sac, le déchira d'un geste pressé et en sortit une grande boite de Chocogrenouilles qu'il contempla pendant quelques secondes avant de la vider sur le dessus de lit.

Au milieu des friandises et des cartes de Sorciers de tous genres, il vit alors un long étui en cuir marron qu'il s'empressa d'ouvrir, pour en sortir une baguette dont il s'empara.

Il sentit aussitôt des picotements lui traverser la main puis, son corps fut empli d'une chaleur qui lui mit du baume au cœur. Sentir sa peau vibrer sous les flux provoquées par sa baguette magique lui fit le plus grand bien, et il se sentit revivre grâce à ses sensations.

Tout en souriant, il agita alors sa baguette devant lui et, dans la seconde qui suivit, toutes ses affaires qui se trouvaient dans sa chambre se rassemblèrent puis, elles allèrent se ranger dans une grande malle qui se ferma en un bruit métallique.

Après s'être vêtu d'un léger blouson en tweed, le Mangemort fit léviter la malle devant lui et quitta la chambre. Il traversa alors un grand couloir, descendit un escalier en colimaçon puis, après avoir traversé quelques grandes pièces, il arriva dans le hall du Manoir.

Alors qu'il se dirigeait vers la porte, une voix derrière lui l'interrompit.

-Vous nous quittez déjà ?

Ranhei se retourna et vit alors Abraxas qui le regardait, tout en frottant son bouc d'un geste nerveux.

-Oui, j'ai reçu ma baguette donc plus rien ne me retient, répondit Ranhei.

-Vraiment ? Dans ce cas la, peut-être devriez-vous attendre l'autorisation de votre Maître avant de...

-Ça sera inutile, vieillard. Maintenant que j'ai ma baguette, je ne suis plus considéré comme étant un suspect, donc libre à moi de quitter ce Manoir, compris ? Répliqua Ranhei.

-Très bien, puisque vous insistez, je ne vois pourquoi je vous en empêcherais, n'est-ce pas ?

-C'est ça ouais...

Ranhei ouvrit alors la porte d'entrée puis, toujours muni de sa malle, il quitta l'enceinte du Manoir et transplana une fois qu'il eut franchit les grilles.

Il arriva alors au centre d'un petit village aux rues désertes et, après avoir vérifié que sa malle n'avait pas subis les aléas du transplanage, il s'empara de la poignée.

Il se dirigea alors dans une rue aux habitations défrichées par le temps et, après être passé devant quelques vieilles vitrines de magasins abandonnées, il tourna à gauche et arriva dans une ruelle qui se finissait en cul-de-sac.

Au bout de la ruelle se trouvaient deux hommes qui portaient des uniformes d'Aurors et, en les voyant, Ranhei sentit subitement sa respiration s'emballer pendant de longues secondes.

Tout en essayant de rester calme, Ranhei s'enfonça alors dans la ruelle et, en le voyant arriver, un des Aurors s'avança vers lui. Il s'agissait d'un homme au visage rond, et une couronne de cheveux grisonnants faisait le tour de son crâne. L'autre était du même gabarit et avait une longue crinière de cheveux bruns, ainsi que des petits yeux profondément enfouis dans leurs orbites.

-Déclinez votre identité s'il-vous-plait, ordonna le premier Auror.

-Morthis Ranhei, j'habite juste ici. Je peut faire quelque-chose pour vous, messieurs ? Répondit le Mangemort.

-Nous vous attendions, Mr Ranhei. Nous sommes des Aurors du Ministère et nous aurions quelques questions à vous poser, ça ne sera pas long.

-Je vous écoute, répondit Ranhei.

-Nous enquêtons sur une une attaque parvenue au domicile de la famille Prewett. Il se trouve que nous avons trouvé sur les lieux de l'accident une baguette oubliée par l'un des agresseurs et, après vérification, nous avons découvert que vous possédiez ce même type de baguette, expliqua l'Auror.

-Vraiment ? Et vous venez donc vérifier si j'ai toujours ma baguette, c'est bien ça ? Demanda Ranhei d'une voix innocente.

-C'est bien ça, ouais, grogna le deuxième Auror.

Le Mangemort sortit alors sa baguette de sa poche puis, il la montra aux deux Sorciers face à lui.

Le premier l'attrapa puis, il l'analysa sous tous les angles avant de la donner à son collègue. Ce dernier sortit de son sac une boite rectangulaire dans laquelle il posa la baguette. Quelques secondes après, un petit morceau de parchemin apparut sur le côté de la boite et l'Auror l'arracha pour le lire.

-Ça concorde, marmonna l'Auror.

-Parfait ! Dans ce cas la, pourriez-vous nous dire, Mr Ranhei, ou vous trouviez vous le soir du 15 juin dernier ? Interrogea le premier Auror en rendant la baguette à son propriétaire.

-J'étais malade. Vérifiez auprès de mon patron si vous voulez, mon absence a été justifiée par mon médecin, et il a du recevoir un certificat de Sainte-Mangouste.

-Dans ce cas, comment ça se fait qu'on ne vous ai pas vu directement la bas, hein ? Insista le second Auror.

-Car après que mon médecin m'ait rendu visite directement chez moi, je suis allé me reposer chez ma tante. Elle habite en pleine campagne et je dois dire que ce changement d'air m'a fait beaucoup de bien, déclara Ranhei qui s'était attendu à une telle question.

-Et vous ne vous êtes jamais séparé de votre baguette ?

-Jamais non, j'en avais besoin pour préparer mes potions.

-Vous auriez pu, par exemple, la prêter à quelqu'un et laisser votre tante vous préparer vos potions avec la sienne, proposa le deuxième Auror.

-En effet oui, mais on est jamais mieux servis que par soi-même, rétorqua Ranhei en souriant.

Les deux Aurors le fixèrent alors pendant quelques secondes puis, voyant qu'ils n'avaient plus rien à faire ici, le premier griffonna rapidement quelques mots sur un calepin avant de le ranger dans sa poche.

-Merci d'avoir répondu à nos questions, Mr Ranhei. Bon rétablissement et j'espère que nos chemins n'auront plus à se croiser dorénavant, fit l'Auror.

Ranhei lui répondit d'un signe de tête puis, alors que les deux hommes s'éloignaient de lui, il sortit de sa poche un trousseau de clés, et s'approcha d'une vieille porte qu'il ouvrit avant d'y pénétrer, soulagé.

Plus loin, les deux Aurors s'étaient arrêtés pour le regarder rentrer dans la maison.

-Il m'a pas l'air clair ce gars la, déclara l'un deux.

-T'as raison, il nous cache des choses, ça se voit, répondit l'autre.

-Je crois que, si le Ministre me le permet, je vais enquêter sur lui. J'en mettrais ma main à couper que ce type la, faut s'en méfier.

-Et je te fais confiance, Alastor. Je sais que tu te trompes rarement la dessus.