Chapitre 15 :

Dés le soir même, Grimma fut capturée et emmenée au Quartier Général des Aurors pour interrogatoire. Après avoir refusé de parler, elle fut condamnée à Azkaban pour complicité dans un homicide, et pour enfreinte à la justice dans cette affaire.

Grâce aux journaux qui ne parlaient que de cette affaire et surtout grâce à Avery qui avait été témoin de la scène, cette histoire arriva vite aux oreilles de Lord Voldemort. Ce dernier fut alors furieux de savoir que Ranhei, Fibroz et Mordhom se soient fait avoir aussi facilement, et il décida alors de convier tous ces hommes à une réunion chez les Malefoy dés le lendemain.

Comme d'habitude, la salle de réception était remplie de plusieurs rangées de bancs sur lesquels les Mangemorts étaient installés et, quant à Voldemort, il se trouvait debout sur l'estrade, le visage grave et les traits tirés par une colère qu'il avait du mal à dissimuler.

-Mes fidèles Mangemorts, l'heure est grave, commença ce dernier.

Ce semblant d'introduction fit frémir les Mangemorts, bien qu'ils savaient tous de quoi il s'agissait mais, sortant de la bouche de leur Maître, cela sonnait encore plus grave et inquiétant.

-Comme vous le savez, quatre de vos frères nous ont quittés dernièrement. Je ne dit pas ça pour soulager leur bravoure, ni pour leur rendre un quelconque hommage étant donné leur défaite cuisante, mais plutôt pour vous faire remarquer qu'à nouveau, nos effectifs ont baissés. J'aurais aimé pouvoir vous dire que Darius Mordhom, Andradius Fibroz, Grimma Spoggles et Morthis Ranhei étaient des Mangemorts exemplaires, mais cela serait vous mentir. Certes ils faisaient partis des nôtres, mais la simplicité avec laquelle ils ont été démasqués ne prouve qu'une chose : qu'ils étaient des incapables.

À entendre parler de leurs défunts collègues de la sorte, certains des Mangemorts ne purent s'empêcher de pester intérieurement car, certes il était vrai qu'ils n'avaient pas assurés comme ils le devaient, mais ce n'était pas une raison pour parler d'eux de la sorte.

-Ils seront facilement remplaçables, je n'en ai pas l'ombre d'un doute mais cependant, cela n'ai pas la priorité, poursuivit Voldemort. Malgré leurs pertes, ils ont tout de même fait au moins une chose de bien ce jour là...

Il marqua alors un temps d'arrêt pour fixer ses serviteurs.

-...ils nous ont donné un nom !

Les Mangemorts se regardèrent, incapables de comprendre clairement en quoi cela était si important.

-Que voulez-vous dire par la, Maître ? Osa demander Mulciber.

-Eh bien il se trouve que, durant leur combat, Mordhom a dévoilé votre nom et, je suis sûr qu'à l'heure actuelle, tout le monde vous connait désormais sous celui de Mangemorts, fit Voldemort.

-Et en quoi cela est-ce si important, Maître ? Nous le savons depuis longtemps déjà, je ne vois pas...

-Voyons Mulciber, cesse d'avoir l'air plus bête que tu ne l'es déjà ! Peut-être que vous vous le saviez, en effet, mais les autres non ! Aujourd'hui, grâce à Mordhom, votre nom est enfin connu et à partir de maintenant, dés qu'il sera entendu ou prononcé, il inspirera la puissance des Ténèbres ! Ceux qui oserons le prononcer aurons peur, car ils sauront maintenant ce que vous êtes vraiment, et ce dont vous êtes capables, vous comprenez ? Dans le Monde de la Magie, vous n'êtes plus les simples Mages Noirs, vous êtes désormais les Mangemorts, et c'est sous ce nom que vous sévirez ! Vous comprenez à quel point c'est important ?

-Oui Maître, je crois avoir saisit l'importance de cette révélation, déclara Mulciber. Mais dans ce cas la, si cela est si important, pourquoi ne pas l'avoir divulgué avant ?

-Car vous n'étiez pas encore prêts à agir officiellement sous ce nom. Désormais, avec votre parcours et, avec ce qui s'est passé au Ministère dernièrement, il est évident qu'il est temps pour vous de passer à l'étape suivante. Vous n'aurez plus besoin d'intimider vos adversaires pour vous faire entendre. Maintenant que les Aurors savent à quoi s'attendre en vous affrontant, il faudra directement les tuer. C'est pour ça que vous passez du rang de dangereux Mage Noir à celui de Mangemort, expliqua Voldemort d'une voix froide.

-Mais comment être sûrs qu'ils vont nous prendre au sérieux sous ce nom la, Maître ? Après tout, peut-être que nous avons tué un de leurs Aurors, certes, mais eux ont tué deux des nôtres et ont capturé un troisième, sans compter Jaxter, Raggis et Lowards, rappela un Mangemort aux cheveux auburn et au menton caché par un long bouc.

Voldemort fixa le Mangemort pendant quelques secondes sans rien dire. Il ne s'était pas attendu à une telle question, et il regretta d'ailleurs aussitôt de ne se l'être jamais posée.

-Peut-être que nous pourrions leur donner davantage de raisons pour nous prendre au sérieux, proposa un autre Mangemort à la mâchoire carrée, aux yeux vitreux et aux épaules larges.

-Que proposes-tu dans ce cas la, Donovan ? Demanda Mulciber en se tournant vers son acolyte.

-Eh bin... je ne sais pas. Peut-être qu'ont pourraient leur tendre un piège, fit Donovan.

-Leur tendre un piège ? Répéta Rosier.

-Ouais.

-Et comment tu comptes t'y prendre pour « tendre un piège » à des Aurors, hein ? S'étonna Rosier.

-Je sais pas moi ! Par exemple, on pourrait faire en sorte de faire circuler une rumeur au Ministère, comme quoi nous Mangemorts allons nous réagir à tel endroit, et à tel moment, proposa Donovan.

-Et après ?

-Bah si ils tombent dans le panneau, ils vont sûrement organiser une mission pour aller nous arrêter et là, on leur tendra une embuscade, voilà tout, fit Donovan.

-Et tu crois que les Aurors vont se faire avoir aussi facilement ? Ce sont des Sorciers intelligents tu sais, ils ne vont pas se fier à une simple rumeur, rappela Rosier.

-Si cela vient directement de leur Quartier Général, ça peut marcher, avoua Avery d'un ton neutre.

-Ah ouais ? Et comment tu comptes faire pour convaincre un Auror, hein ? Si tu lui dis en face, tu peux être sur qu'il t'interrogeras, et qu'il t'auras dans le collimateur ! S'exclama Mulciber.

-Si on s'y prend correctement, je suis sûr que cela sera plutôt simple de le convaincre, bien au contraire, nia Donovan.

-Ok, admettons donc que nous arrivons à convaincre l'un d'eux, on fait ça où après ? Il nous faut un endroit désert, assez grand pour pouvoir se battre, stratégique pour pouvoir organiser une embuscade enfin bref, ça ne sera pas forcément une partie de plaisir de trouver un endroit comme celui-là, poursuivit Avery qui n'avait pas l'air très confiant.

-Je m'occuperais de ça, Davis. Avec mon travail, j'ai souvent l'occasion de chercher des lieux comme celui-la, ça ne devrais pas poser de soucis, répondit une Mangemort aux longs cheveux noirs bouclés, et aux yeux verts.

-T'es sûr, Murdoc ? Demanda Avery.

-Ouais, t'en fais pas pour ça.

Avery se tourna alors vers Voldemort, et vit que celui-ci écoutait la conversation avec intérêt, tout en se grattant le menton avec ces longs doigts froids.

-Qu'en pensez-vous, Maître ?

-Faîtes ce que bon vous semble et tenez-moi informé. Si nous faisons ça, alors il faudra être extrêmement préparés, discrets et très prudents. Nous n'aurons pas le droit à l'erreur, est-ce bien clair ? Répondit Voldemort.

-Très clair, Maître. Ne vous en faîtes pas, nous ne prendrons pas cette mission à la légère, promit Avery.

-Dans ce cas, Avery, je te laisse le commandement pour les préparatifs. Je te contacterais en fin de semaine pour savoir où cela en est. Si vous avez du nouveau, cela sera à lui seul qu'il faudra s'adresser, est-ce clair ? Il sera inutile de prendre une décision sans l'en avoir informé, ordonna Voldemort.

Flatté, Avery le remercia d'un signe de tête.

-Il faut d'abord trouver le lieu ou aura lieu le prétendu rendez-vous et après ça, je m'occupe des Aurors, fit Donovan.

-Je m'occuperais des recherches dés demain quand je serais au bureau. Je te préviendrais quand j'aurais trouvé quelque-chose qui correspond à ce que nous recherchons, ajouta Murdoc.

Avery hocha la tête en guise d'acquiescement puis, les Mangemorts quittèrent la pièce, laissant Voldemort seul avec ses pensées.

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Deux jours après, Avery reçut un hibou de la part de Murdoc, et les deux Mangemorts se rejoignirent quelques heures après à la lisière d'une montagne, près d'un sentier de graviers qui serpentait jusqu'au sommet.

-Où sommes-nous ? Demanda aussitôt Avery en s'approchant de son acolyte.

-Pas loin de chez nous : dans les pays de Galles, répondit Murdoc en souriant.

-Et qu'est-ce qu'on vient faire ici ? Insista Avery en regardant autour de lui, à la recherche d'un quelconque bâtiment.

-J'ai trouvé un endroit qui pourrait peut-être nous correspondre mais pour ça...

Murdoc montra alors la montagne d'un geste de la main.

-...il va falloir grimper, finit-elle.

Avery fit une légère grimace puis, il suivit la Mangemort et s'engagea sur le chemin.

-Comment as-tu trouvé cet endroit ? Demanda-t-il.

-Grâce aux recherches que j'ai effectué au bureau. Comme tu dois le savoir, je suis chargé de rechercher des monuments qui pourraient être historiques, afin d'y rechercher des trésors ou des trucs du genre cachés par la magie. J'ai trouvé cet endroit en lisant un bouquin qui parle de l'histoire de cette région et le monument où je t'emmène y était cité plusieurs fois, expliqua Murdoc.

-Intéressant. Et qui d'autre que toi le connait ?

-Oh, plusieurs centaines de personnes mais, à l'heure actuelle, il a déjà été fouillé à plusieurs reprises, donc nous ne risquons pas d'être dérangés si nous décidons de l'utiliser, assura Murdoc.

-Intéressant...

Les deux Mangemorts continuèrent de marcher pendant plusieurs dizaines de minutes et, alors que le soleil tapait fort et que plusieurs oiseaux piaillaient dans le ciel, ils durent utiliser des Sortilèges de Rafraichissement pour pouvoir poursuivre sans encombres.

Lorsqu'ils arrivèrent au sommet, Avery fut surpris de voir ce qui ressemblait à une forêt aux arbres touffus et à la végétation dense, devant laquelle une petite pancarte était plantée. Il s'en approcha alors pour lire ce qui était écrit dessus.

Forêt de Greenfield :

C'est ici que fut construit le Fort Gallows,

à l'effigie du Duc de ce même nom.

-Le Fort Gallows ? Répéta Avery en se tournant vers Murdoc.

-Ouais, c'est là qu'on va.

La jeune femme passa alors devant le Mangemort puis, elle s'enfonça dans la forêt, évitant au passage des branches qui lui entaillaient les mollets puis, après quelques minutes de marche, ils arrivèrent dans une grande clairière déserte. Plusieurs bâtiments en ruine occupaient l'espace, et des morceaux de pierres fissurées de toutes tailles étaient disposés un peu partout autour d'eux.

-On est arrivés ! Lança Murdoc.

-Pardon ?! À part des vieilles ruines inutiles, je ne vois rien d'intéressant ici !

-T'es sûre ?

Murdoc s'avança encore de quelques mètres et, alors que Avery la suivit, ce dernier s'arrêta subitement pour regarder ce qui se trouvait face à lui.

Il avait franchit ce qui ressemblait sans aucun doutes à une barrière anti-Moldus et, à présent, il se trouvait face à un vieux bâtiment en pierres, sans doute vieux de plusieurs centaines d'années à en juger par le lierre qui grimpait le long des murs.

Le Fort en question était composé de plusieurs tours de garde qui surplombaient la forêt, et des murailles en pierres composées de créneaux et de meurtrières formaient un chemin de ronde entre chacune d'elles.

Une énorme porte en bois cernée de plusieurs morceaux de fer faisait guise de porte d'entrée et, lorsqu'il s'en approcha, Avery vit des armoiries gravés dessus.

-À première vue, remarqua ce dernier, l'endroit a l'air plutôt pas mal. C'est assez éloigné, grand, idéal pour se cacher enfin bref, ça a l'air de correspondre à ce que nous recherchons, à savoir quelque-chose qui pourrait ressembler à une fausse cachette pour nous.

-À l'époque où il était opérationnel, ce Fort servait de poste de garde pour surveiller et protéger les environs. Il n'y avait pas la forêt que nous venons de traverser, ce qui rendait l'endroit très pratique grâce à sa hauteur, fit Murdoc.

Les deux Mangemorts s'approchèrent des portes en bois puis, la femme sortit sa baguette et tapota la serrure.

Il y eut aussitôt des cliquetis métalliques puis, après quelques secondes, la porte s'ouvrit en un grincement sinistre.

Avery s'avança alors puis, après avoir traversé un petit hall aux murs recouverts de vieilles tapisseries et d'épaisses toiles d'araignées, il arriva dans une grande salle rectangulaire à ciel ouvert.

Celle-ci était composées de plusieurs fenêtres protégées par des barreaux en fer, de quelques bancs poussiéreux qui étaient posés contre les murs, sur lesquels étaient accrochées de vieilles épées et des boucliers rouillés par le temps.

Aux quatre côtés de la pièce, des petits escaliers en colimaçon permettait d'accéder au chemin de garde qui faisait le tour du Fort, et qui n'était pas visible de l'intérieur car il était caché par d'épais remparts.

-Vraiment bien, fit Avery en regardant autour de lui. Quand ils arriveront par en bas, nous pourrons facilement les surprendre en arrivant par le haut, et je suis sûr que nous pourrons également poster quelques hommes derrière le Fort pour essayer de les encercler.

-Mauvaise idée, je suis sûre que les Aurors vont d'abord sécuriser les alentours, donc ils seront facilement maitrisés. Il faudra protéger les lieux pour ne pas qu'ils nous surprennent avec des Sortilèges de Scannage, déclara Murdoc. De plus, autre avantage tactique : si ils décident de survoler la zone en balai, ils ne verront rien, car le bâtiment est protégé contre ça, pareil pour le Transplanage.

-Et ça, ça mène où ? Demanda Avery en montrant du doigt une porte en bois fermée par un cadenas rouillé.

-À la cave, c'est ici qu'ils cachaient leurs familles pour les protéger quand l'assaut était donné.

-L'endroit idéal pour y entreposer les corps, dit Avery en souriant avec machiavélisme.

Murdoc lui répondit par un signe de tête puis, après avoir rapidement inspecté la pièce et le chemin de ronde, ils quittèrent les lieux.

-Le Maître sera satisfait de tes recherches, Murdoc, tu peux en être certaine, déclara Avery alors qu'ils s'enfonçaient à nouveau dans la forêt de Greenfield.

-Heureusement, j'espère qu'il me donnera l'occasion de me battre, espéra la femme.

-Ne t'en fais pas pour ça, je lui en ferais moi-même la demande, et je pense qu'il m'écoutera. Maintenant, je préviens Donovan pour qu'il s'occupe des Aurors, et notre heure de gloire arrivera rapidement, très rapidement.

– – – – – – – – – –

Après cette dure et longue journée passée au Ministère, Terrence Gilbert fut content de se retrouver dans le métro Londonien pour rentrer chez lui.

Depuis qu'il était Auror, Terrence aimait utiliser ce moyen de locomotion peu fréquenté par les autres Sorciers car il profitait de ce moment pour se reposer, loin des tracas et de la tension que lui coûtait ce métier difficile.

Il avait passé aujourd'hui la majeure partie de la journée à chercher dans des vieux grimoires la signification du mot « Mangemort », mais il n'avait rien trouvé d'intéressant à ce sujet.

Il s'était ensuite déplacé à Azkaban pour essayer à nouveau d'interroger Ranhei, mais ce dernier refusait toujours de dire quoi que ce soit. Il avait donc abandonné en espérant que les Détraqueurs réussiraient un jour à lui faire cracher le morceau, même si il n'avait pas beaucoup d'espoir là-dessus.

Lorsqu'une sonnerie lui indiqua qu'il était arrivé à sa station, il attrapa sa sacoche en cuir puis, il sortit du wagon et se retrouva sur le quai, au milieu de Moldus qui avaient l'air eux-aussi soulagés de savoir que cette journée se soit terminée.

Il quitta alors rapidement la station en passant par un escalier qui le ramena à la surface puis, après avoir longé la Tamise pendant quelques minutes, il bifurqua sur une petite rue aux immeubles d'apparence ancienne et, soudainement, tout se passa très vite.

Sans qu'il n'ai le temps de réagir, Terrence sentit une main se coller sur sa bouche puis, deux autres lui arrachèrent son cartable avant de lui attraper les bras pour l'entraîner brutalement dans une ruelle abandonnée.

Il essaya alors de se débattre pour attraper sa baguette mais la solide poigne qui le maintenait paraissait musclée, et il se rendit rapidement compte qu'il ne pouvait rien faire.

Il sentit tout d'un coup sa tête s'écraser contre un mur et, alors qu'il commença à voir des étoiles danser devant ces yeux, la douleur le rendit étourdi.

Il sentit ensuite une main plonger dans sa poche pour attraper son seul moyen de défense qui aurait pu lui être utile en de telles circonstances et, lorsqu'il rouvrit difficilement les yeux, il tomba nez-à-nez avec deux silhouettes encagoulées qui pointaient leurs baguettes vers lui.

-Si tu cries, t'es un homme mort, pigé ?! Menaça une voix d'homme.

-Calmos, faut pas le tuer je te rappelle, on a besoin de lui, rappela l'autre.

-Vous...

-Silencio !

Terrence finit sa phrase mais, voyant qu'aucun sons ne semblait sortir de sa bouche, il n'insista pas. Il passa alors une main derrière sa tête endolorie et, lorsqu'il l'enleva, il vit du sang se glisser entre ces doigts.

-Merde, fallait pas l'amocher comme ça ! Si il est blessé, ces collègues vont pas le croire, fit une des hommes.

-Pas grave, on le soignera après. Bon, tu t'en occupes ?!

Terrence vit alors une des silhouettes s'agenouiller devant lui puis, il prononça une incantation.

-Impero !

Aussitôt, Terrence sentit son esprit se vider peu à peu puis, son regard se posa sur la silhouette, et il eut l'impression d'être hypnotisé par ce qu'il lui disait.

-Voilà ce que tu vas faire, Gilbert : dés demain, tu vas retourner à ton bureau, et tu vas dire à tes collègues que nous Mangemorts, nous nous réunissions ce vendredi soir prochain à la tombée de la nuit au Fort de Gallows, dans la Forêt de Greenfield, commença l'homme.

Incapable de pouvoir dire quoi que ce soit, l'Auror lui répondit d'un signe de tête.

-Tu leur diras que tu as détenu cette information d'une source sûre en trainant dans l'Allée des Embrumes. Par malchance, celui ou celle qui t'as parlé de tout ça t'as échappé, donc tu n'en sais pas plus mais tu es sûr de ses paroles, pigé ?

Terrence Gilbert hocha à nouveau la tête, conscient qu'il devait faire ce qu'on lui disait.

-Parfait. Si tes collègues ne te croient pas, tu devras trouver des arguments nécessaires et convaincants en disant, par exemple, que tu es prêt à mettre ta carrière en jeu dans cette histoire. Tu ne parleras pas de nous, tu ne diras pas que tu nous as vus, même si on t'y force, compris ? Continua l'homme.

Terrence eut soudainement l'impression que la rue tournait tout autour de lui, sans doute à cause du choc qu'il venait de subir, et les paroles que prononçait l'homme face à lui parurent tout d'un coup lointaines.

-COMPRIS ?! Répéta l'homme.

Terrence sursauta puis, son regard se porta à nouveau vers le Mangemort.

-Je... compris oui... balbutia-t-il.

-Très bien. Maintenant, tu vas laisser faire mon ami sans rien dire et après ça, tu vas nous laisser partir, sans oublier ta mission. Faut que je répète ou pas la peine ? Finit le Mangemort.

Terrence répondit d'un nouveau signe de tête et aussitôt, le deuxième Mangemort s'approcha de lui, et il sentit une douce chaleur lui caresser le crâne chevelu, effaçant ainsi la douleur.

Cependant, son regard était toujours posé sur les deux hommes et, lorsqu'ils les vit partir par là où il était arrivé, il resta statique pendant quelques secondes puis, il se leva, ramassa sa sacoche et se dirigea vers son domicile, sans cesser de se repasser dans sa tête ce qu'il devait faire le lendemain.

– – – – – – – – – –

Le vendredi qui suivit, en fin de soirée, Lord Voldemort marchait lentement sur le chemin qui menait à la Forêt de Greenfield, et derrière lui se trouvaient une vingtaine de Mangemorts qui le suivaient silencieusement.

Ils avaient décidé d'y aller si tôt car, en plus de devoir rapidement protéger les lieux avant l'arrivée des Aurors, ils devaient mettre au point une stratégie pour attaquer, et le faire sur place était la meilleure solution.

Lorsqu'ils traversèrent la Forêt, il n'y eut pas le moindre bruit dans celle-ci, comme si chaque animaux et insectes qui s'y trouvaient avaient désertés, conscients du danger qui était en train de se tramer dans leur habitation.

Arrivés dans la clairière, Murdoc passa devant pour leur indiquer la direction du Fort et quelques secondes après, ils se trouvaient tous réunis dans la grande salle.

-Je vois que tu ne m'avais pas menti, Avery, cet endroit est vraiment parfait pour une telle embuscade, fit Voldemort d'une voix glaciale en regardant autour de lui.

-Ce n'est pas à moi que reviens tout ce mérite, Maître, c'est à Murdoc, répondit Avery.

Voldemort ne sembla pas entendre cette remarque, et il marcha autour de la pièce, comme pour en inspecter chaque recoins.

-Voilà ce qu'on va faire maintenant : nous allons faire des équipes pour pouvoir travailler plus efficacement. Ces équipes seront dirigées par toi Avery, Dolohov, Rosier et Mulciber. Dolohov, tu prendras deux hommes et vous irez en Éclaireurs pour nous avertir quand l'ennemi arrivera. Rosier, Avery et Mulciber, vous en prendrez chacun quatre, et vous irez vous poster en haut des escaliers. Vous attendrez mon signal avant de vous montrer, est-ce bien clair ?

Chaque Mangemorts lui répondit d'un signe de tête puis, après avoir rapidement créé les équipes, chacun parti à l'étage tandis que trois autres quittèrent le Fort pour aller se poster dans la Forêt.

Quant à Voldemort, il resta dans la pièce principale, les yeux fixés vers la porte d'entrée, et il devint rapidement immobile comme une statue, attendant avec impatience l'arrivée de ces adversaires.

– – – – – – – – – –

-J'en ai marre d'attendre ! S'exclama un Mangemort aux longs cheveux bruns et à la mâchoire saillante.

Cela faisait déjà deux longues heures que l'équipe de Rosier était postée sur le chemin de garde, juste au dessus de la porte d'entrée, protégée par les épaisses murailles et, alors que la nuit commençait à tomber, ils scrutaient l'obscurité naissante à travers les meurtrières.

-La ferme Parkinson ! C'est pas en te plaignant que le temps va passer plus vite ! Répliqua Crabbe.

-Je sens qu'ils vont pas venir, on aurait pas du confier cette mission à Donovan et Selwyn, je suis sûr qu'ils ont tout fait foiré ! Les Aurors ne sont pas tombés dans le panneau !

-Parle moins fort imbécile ! Et si t'as un problème, va te plaindre auprès du Maître, c'est lui qui leur a confié cette mission après tout, il sera sûrement ravi de te recevoir, fit Crabbe.

-Si il m'avait choisi moi plutôt que ces deux imbéciles, je...

Mais soudainement, Parkinson fut interrompu par des bruits de craquements de brindilles, suivi par des bruits de course et, lorsqu'il regarda à nouveau à travers la meurtrière qui se trouvait devant lui, il vit trois ombres courir en direction de l'entrée, tout en agitant les bras.

-C'est l'équipe de Dolohov ! Allez, tout le monde à son poste, les Aurors arrivent ! Ordonna Rosier.

Les quatre Mangemorts qui l'entourait abaissèrent aussitôt leurs cagoules puis, ils se mirent en haut de l'escalier, à l'affut du moindre signe de la part de leur Maître.

D'un geste de baguette, Rosier envoya un signal aux deux autres équipes qui étaient elles aussi sur le chemin de garde puis, elles aussi se mirent à leurs postes pour attendre silencieusement.

Je profite de ce chapitre pour remercier tous mes revieweurs (Constancia Nott, Shinakun, Y-noy, Carla, Circee, Dark Viki) pour leur fidélité ;)

Prochain chapitre... bientôt !