Chapitre 18 :
Six mois s'étaient écoulés depuis la dernière réunion chez les Malefoy, et aussi depuis la dernière attaque ratée au Fort Gallows.
Comme l'avait annoncé Voldemort, ce dernier avait disparu de la circulation et, de temps en temps, il envoyait des messages à ces Mangemorts pour leur dire que tout allait bien de son côté mais jamais il ne s'était montré depuis.
Quant aux Mangemorts, ils faisaient eux aussi profil bas et, lorsqu'ils se contactaient entre eux pour parler de leurs avancées dans leurs recherches de partisans, ils utilisaient un système de lettres qu'ils avaient cryptées, de façon à ce que seuls les porteurs de la Marque des Ténèbres puissent en déchiffrer le contenu exact.
Lorsque les lettres en question tombaient entre les mains du Ministère, plus particulièrement de ceux qui étaient chargés de surveiller le courrier, ils tombaient sur de simples cartes postales adressés à des familles lointaines, et jamais ils ne s'étaient doutés de leurs vrais contenus.
Lorsqu'ils devaient se réunir entre eux, les Mangemorts se retrouvaient dans une vieille cabane abandonnée au fond d'une forêt qui, jadis, avait appartenu à l'un des ancêtres de Crabbe, et qu'ils avaient réaménagée en un modeste repaire avec quelques chaises et une table usée par le temps. Au moins, dans cet endroit, ils étaient à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, et ils pouvaient parler de tout ce qu'ils voulaient sans se censurer les uns des autres.
Comme l'avait prédit leur Maître quelques mois plus tôt, on entendait moins parlé d'eux dans les journaux, même si ils savaient que quelques Aurors continuaient de les rechercher discrètement, mais il était clair que leur nom était beaucoup moins cité qu'auparavant, et ils en étaient ravis.
À présent, ils étaient pressés que leur Maître décide de réapparaître, afin de montrer enfin au Ministère de quoi ils étaient réellement capables...
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En cette matinée de janvier, alors qu'un mince filet de neige tombait sans discontinuité dans les allées sombres de l'Allée des Embrumes, Luke Gontramp était occupé à laver un verre crasseux à l'aide d'un torchon troué, tout en surveillant du coin de l'œil ce qui se passait dans son bar.
Il s'agissait d'un petit homme à la bedaine impressionnante, au crâne dégarni, au regard vitreux, et aux joues aussi gonflées que celles d'un hamster.
Vêtu de son tablier blanc sali par le temps qu'il avait passé par dessus une chemise grise aux manches retroussées, il était le gérant de ce bar qui se nommait « La Salamandre » depuis quelques années déjà, et il connaissait la plupart des habitués qui venait ici régulièrement.
Et pourtant, aujourd'hui, alors qu'il était occupé à nettoyer ce verre souillé par les quelques doses de Bourbon qu'il venait de contenir, il fut tiré de ses pensées par le carillon de la porte qui se mit à retentir, comme à chaque fois que quelqu'un rentrait dans le bar.
Il tourna alors machinalement la tête et, lorsqu'il vit arriver le nouvel arrivant, il ne put s'empêcher d'avoir l'air étonné.
Il s'agissait d'un homme assez grand, aux épaules trapues et aux longs cheveux bruns qui lui arrivaient jusqu'au milieu du dos. Il avait un visage anguleux, des joues recouvertes d'une barbe de quelques jours et des yeux perçants et inquiétants qui balayèrent rapidement la salle avant de s'avancer vers le bar.
Il portait une longue veste en cuir noire qui lui arrivait aux mollets, lui donnant ainsi un air de cow-boy moderne, et un sac noir qu'il portait en bandoulière.
-Salut, dit-il en s'asseyant sur l'un des tabourets grinçants, et en ôtant la paire de mitaines en cuir qui lui protégeaient les mains.
Il avait une voix suave et grave, et parlait d'un ton qui donnait l'impression qu'il s'adressait à un ami de longue date.
-Bonjour monsieur, je vous sers quoi ? Demanda Luke en posant son verre dans l'évier.
-Mettez moi une dose de votre meilleur whisky s'il-vous-plait mon brave, répondit l'homme en époussetant la neige qui se trouvait sur ses épaules avant d'enlever les mitaines en cuir qu'il portait aux mains.
Étonné d'une telle demande à cette heure ci, Luke se contenta d'acquiescer d'un signe de tête puis, il ouvrit un placard qui se trouvait sous le comptoir, en sorti une bouteille poussiéreuse et la posa face à l'homme.
-Nouveau dans le coin ? Demanda Luke en prenant un verre propre dans l'évier.
-On dirait que vous avez l'œil, répondit l'homme en souriant.
-Oh vous savez, ça va faire dix ans que je bosse ici, donc je sais reconnaître les nouvelles têtes, expliqua Luke en remplissant la moitié du verre.
-Dans ce cas la, peut-être allez vous pouvoir me renseigner car je cherche quelqu'un...
-Comment s'appelle t-elle ?
- « Elle » ?
-Généralement, quand quelqu'un comme vous se présente dans mon bar et me dit qu'il cherche quelqu'un, il s'agit d'une fille à qui il aimerait bien déballer tout son attirail de séducteur, si vous voyez ce que je veut dire, déclara Luke en déposant quelques glaçons dans le verre.
L'homme éclata de rire puis, il bu une grande gorgée de whisky.
-J'ai peur de devoir vous décevoir en vous disant qu'avec moi, ce n'est pas le cas, fit-il.
-Ah ? Dans ce cas, qui recherchez-vous ? Demanda Luke en lui tournant le dos pour laver un autre verre.
-Les Mangemorts, répondit l'homme.
Luke s'arrêta alors quelques secondes, le regard perdu dans le vide puis, il continua de frotter son verre, tout en essayant de rester impassible.
-N'est-ce pas au Ministère d'effectuer ses recherches ? S'étonna Luke.
-Le Ministère fait son boulot, moi je fait le mien, c'est comme ça que je vois les choses, bonhomme. Alors, tu peux me dire si tu sais où ils sont, oui ou non ? Insista l'homme.
Surpris par ce tutoiement soudain, Luke se tourna vers l'homme.
-Qu'est ce qui vous fait dire que je peut vous renseigner et surtout, vous êtes qui pour me demander ça ? Je ne vois pas de badge d'Auror sur vous.
-Je m'appelle Ronan Nichols et je ne suis ni un Auror, ni un employé du Ministère. Je ne travaille pour personne. Je veut juste que vous me disiez ce que vous savez sur les Mangemorts, car je suis sûr qu'ils se sont déjà rendus ici, répéta l'homme.
-Et qu'est ce qui vous fait dire ça, hein ?
Ronan Nichols eut un petit sourire puis, il s'approcha du visage de Luke et se mit à lui parler à voix basse.
-J'ai inspecté tous les bars de l'Allée des Embrumes, et c'est le seul qui soit encore surveillé par deux Aurors en civils alors soit gentil mon vieux, me la fait pas à moi, compris ?
-Par des Aurors ? Mais n'importe quoi ! Vous délirez complètement ! Répliqua Luke.
Nichols lui sourit à nouveau puis, il se décala légèrement sur la droite pour permettre à Luke de regarder derrière lui, et ce dernier s'exécuta pour regarder les clients qui se trouvaient dans son bar.
Il en vit d'abord trois autour qui discutaient bruyamment du championnat de Quidditch autour de cafés et, comme Luke leur avait déjà parlé à plusieurs reprises, il savait très bien qu'il ne s'agissait pas d'Aurors, mais de petits escrocs qui se baladaient régulièrement dans le coin.
Ensuite, un peu plus loin, un Sorcier coiffé d'un haut-de-forme rapiécé fumait une la pipe devant la devanture du bar et, en voyant de la fumée jaune émaner de son nez, il le reconnu comme étant le gérant d'un magasin qui se tenait plus loin, dans une rue adjacente.
Et enfin, dans deux coins opposés de la pièce, un homme et une femme emmitouflés dans d'épais manteaux étaient assis à une table, seuls, et ils lisaient un journal, tout en jetant de temps en temps un regard en direction du bar.
Luke les avaient déjà vu auparavant mais en y repensant, il ne savait pas grand chose sur eux, car il n'avait jamais tenu une vraie discussion avec eux. Ils auraient très bien pu être des Aurors que Luke ne s'en serait jamais aperçu. Il continua alors de les fixer pendant quelques secondes puis, se rendant compte qu'ils étaient observés, ils disparurent derrière leurs journaux.
-Qu'est ce qui vous fait dire que ce sont des Aurors, hein ? Il pourrait très bien s'agir de gens normaux, fit Luke.
-Oh ça non, j'ai l'œil pour ça mon pote, crois-moi...
-Et qu'est ce qui me dit que vous n'êtes pas en train d'inventer tout ça pour essayer de me faire peur ?
Ronan Nichols eut un nouveau petit rire puis, il recula légèrement, déboutonna les boutons de sa veste en cuir, et il l'ouvrit en grand pour en montrer le contenu à Luke qui ne pu s'empêcher de pousser un petit cri de surprise en voyant ça.
L'intérieur de la veste avait été doublée d'une sorte de tissu en velours, dans lequel plusieurs petites encoches avaient été aménagées. Chacune d'elles étaient remplies de petites fioles dans lesquelles se trouvaient des liquides de différentes couleurs, et une étiquette collée sur chacune d'elles en indiquait le contenu.
L'autre côté de la veste était rempli de plusieurs couteaux de tous genre, allant de la dague jusqu'au poignard, en passant par des couteaux plus ou moins discrets, ainsi que d'une baguette qui était enfoncée dans une sorte de fourreau en tissu.
-Je crois que, si je voulais vraiment te faire peur l'ami, je n'aurais pas à inventer tout ces bobards, tu ne crois pas ? Demanda Nichols en refermant sa veste.
-Pourquoi me montrez tout ça alors que vous venez de me dire qu'il y avait des Aurors ici ? Vous êtes malade ou quoi ? S'étonna Luke.
-Je t'ai montré tout ça car je sais que tu ne leur diras rien, mon pote. Tu as aucune envie qu'ils viennent te poser des questions car tu as des tas de trucs à leur cacher, déclara Nichols avant de boire une gorgée de whisky.
Luke resta sans voix pendant quelques secondes puis, voyant l'air décontracté que prenait Nichols, il s'appuya sur le bar et avança son visage vers le sien.
-Sortez tout de suite de mon bar, je ne veut plus jamais vous revoir ici. J'ai votre nom à présent alors si vous décidez de revenir ici pour me porter de fausses accusations, j'irais prévenir directement les Aurors, me suis-je bien fait comprendre ? Ordonna t-il.
Nichols le fixa pendant quelques secondes d'un air amusé puis, sans rien dire, il fini son verre d'un trait, déposa quelques pièces sur le comptoir et quitta le bar.
Luke regarda alors les soi-disant Aurors et, voyant qu'ils ne semblaient avoir rien loupé de la petite altercation, il leur tourna le dos pour poursuivre la vaisselle qu'il avait commencé.
Quelques minutes après, alors qu'il vida la bouteille de whisky dans le verre d'un autre client, il s'absenta en cuisine pour en chercher une nouvelle.
Lorsqu'il arriva dans celle-ci, il s'approcha rapidement de la cheminée, saisit un pot qui se trouvait dessus puis, après avoir fait apparaître des flammes d'un geste de baguette, il y déversa une poignée de poudre.
Aussitôt, les flammes se mirent à crépiter puis, elles devinrent vertes pendant quelques instants avant de redevenir normales.
-Espérons qu'ils comprendrons le message, pensa Luke avant de saisir une bouteille et de retourner dans la salle.
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Le reste de la journée passa à toute vitesse pour Luke.
Régulièrement, à peu prés toutes les deux heures, les deux Aurors quittaient le bar à quelques minutes d'intervalle et aussitôt, ils étaient remplacés par d'autres de leurs collègues, aussi silencieux et solitaires que les précédents.
Lorsque les derniers clients quittèrent le bar, Luke remarqua que les deux chasseurs de Mages Noirs restèrent quelques minutes de plus avant de décider de partir, conscient qu'il s'agissait de la fin du service et qu'il n'y avait plus rien à faire ici.
Luke ferma alors la porte à clé, baissa les stores d'un coup de baguette puis, avoir passé un dernier coup d'éponge sur le comptoir, il se dirigea vers la cuisine.
À peine arrivé dans celle-ci, deux puissantes mains lui agrippèrent le col puis, alors qu'il senti ces pieds décoller du sol, il fut collé au mur le plus proche tandis qu'une baguette s'enfonça sous son menton.
-T'es malade ou quoi, Gontramp ? On t'avait dit qu'on voulait pas être dérangés ! S'exclama une voix.
-Je sais mais c'était important, je vous assure ! Répondit Luke alors que ces pieds se balançaient dans le vide.
-Lâche le Zabini, et écoutons ce qu'il a à nous dire, ordonna une autre voix.
Aussitôt, Luke sentit ses pieds retoucher le sol puis, les deux mains le lâchèrent et, après qu'il eut reprit ces esprits, il regarda face à lui.
Il se trouvait nez à nez avec deux Mangemorts : un colosse à la peau noire et au crâne rasé luisant, et un autre plus petit au visage renfrogné et à la calvitie naissante.
-Qu'est ce que tu veux, Gontramp ? Tu sais bien que nous avons reçu l'ordre de ne pas nous faire remarquer, nan ? Rappela le plus petit.
-Je sais, mais j'ai des nouvelles pour vous, Montague, je ne vous aurait pas dérangé si ce n'était pas important, déclara Gontramp.
-On t'écoute grogna le Mangemort.
-Je suis surveillé par les Aurors, fit Gontramp.
-Pardon ?
Luke tira alors une chaise qui se trouvait pas loin puis, il s'assit dessus pour reprendre ses esprits.
-Mon bar est sous surveillance rapprochée, voilà. J'ai remarqué ça aujourd'hui, mais je pense que ça dure depuis quelques jours déjà, expliqua Gontramp en s'épongeant le front avec un torchon.
Le dénommé Montague fixa alors ce dernier puis, il se tourna vers Zabini.
-Va voir si on est bien seuls, ordonna-t-il.
Zabini lui répondit d'un signe de tête puis, il sortit de la cuisine, la baguette pointée droit devant lui.
-T'en fais pas pour ça, ils ont rien contre toi. Ils ne peuvent pas savoir que tu as un lien avec nous donc tu ne risques rien...
-J'aimerais bien vous croire, avoua Gontramp.
-Ils doivent faire ça dans chaque bars malfamés du coin, c'est sûrement dans leurs procédures d'infiltration vu qu'on leur donne pas beaucoup de boulot en ce moment, dit Montague en souriant.
-Justement non...
Gontramp s'arrêta quelques secondes puis, il reprit la parole.
-Un type bizarre est venu me voir aujourd'hui, déclara-t-il.
-Quel genre de type ?
-Le genre à se balader avec des couteaux sur lui et à me poser des questions sur vous, tout en étant sûr que j'en savais beaucoup plus que ce que je lui disait. Il avait vraiment pas l'air commode et en plus, il avait l'air d'en savoir pas mal sur les Aurors, car c'est lui qui m'a dit qu'ils étaient dans mon bar.
-Sûrement un type qui veut se rendre intéressant, grommela Montague.
-J'crois pas non. Celui la avait vraiment l'air inquiétant, et il était pas comme les autres, vous pouvez me croire.
-Il t'as dis son nom ?
-Ouais, il s'appelle Ronan Nichols.
-Hum... ça ne me dit rien, faudrait que je me renseigne, répondit Montague en se grattant le menton avec sa baguette.
-Je lui ai interdit de revenir mais ça ne m'étonnerais pas de le voir débarquer à nouveau dans peu de temps, vous devriez vous méfier de lui je pense, conseilla Gontramp.
-T'en fais pas pour nous. Si il revient, préviens-nous mais attend d'être seul pour le faire, pigé ?
Luke acquiesça d'un signe de tête puis, il se mit à regarder ses chaussures sans rien dire.
-Autre chose ? Demanda le Mangemort.
-Ouais, j'en ai marre de devoir risquer ma peau chaque jours à cause de vous, déclara Gontramp.
-Hé ho mon vieux, tu connais l'arrangement non ? Tu nous aides à repérer des partisans et nous, en échange, on ne parle pas aux Aurors de tout ce que tu caches d'illégal dans ta cave, on étaient pourtant d'accord non ? Rappela le Mangemort en montrant d'un signe de tête une porte quelques mètres plus loin qui était fermée avec un gros cadenas rouillé.
-Je sais ouais, mais j'ai pas signé pour avoir des Aurors qui me collent aux basques sans arrêt, et pour me faire menacer par le premier venu ! Ce bar, c'est toute ma vie. Si je le perd, j'ai plus rien, vous pouvez comprendre ça ?
-Hélas pour toi, Gontramp, t'en sais trop sur nous pour pouvoir abandonner. La seule solution pour que tu puisses t'en sortir, ça serait que je te tue maintenant, mais je suis sûr que ce n'est pas ce que tu veux, hein ?
Voyant que Gontramp ne savait pas quoi répondre, Montague poursuivit.
-Et de plus, je te ferais remarquer que tu risques beaucoup moins en étant accusé de complicité par rapport à ce que tu risquerais si jamais les Aurors tombaient sur le contenu de ta cave alors soit gentil, Gontramp, évite de tout nous mettre sur le dos, rajouta Montague.
Luke lui répondit par un grognement puis, il vit le Mangemort s'approcher de la porte qui rejoignait le bar.
-Allez Zabini, dépêche toi de revenir, on se tire d'ici ! S'exclama-t-il.
Montague attendit pendant quelques secondes puis, il répéta.
-Allez, ramène-toi et vite, tu sais que j'aime pas quand tu me fais patienter !
Le Mangemort attendit à nouveau pendant quelques secondes puis, voyant que son collègue ne lui répondait pas et ne se montrait toujours pas, il sortit sa baguette et la brandit devant lui.
-Viens avec moi, Gontramp, ordonna-t-il d'un ton sans réplique.
Luke hésita pendant quelques secondes puis, il se leva de sa chaise et se mit derrière le Mangemort.
Les deux hommes sortirent alors de la cuisine et tendirent l'oreille, tout en s'avançant silencieusement dans le bar obscur.
Après avoir dépassé le comptoir, Luke claque des doigts. Aussitôt, les torches fixées aux murs s'embrasèrent et, lorsque la lumière se répandit dans la pièce, ils le virent.
Zabini était étendu par terre près de la porte, à plat ventre, et une marre de sang s'écoulait de son imposante silhouette.
Voyant ça, Montague accourut vers lui puis, il s'agenouilla à ces côtés, et s'aperçut aussitôt que Zabini avait une petite dague en argent profondément plantée dans la poitrine. Sur son visage se lisait une expression de surprise, et un léger filet de sang coulait de sa bouche.
-Zabini...
Montague posa ses mains sur son cou pour prendre son pouls puis, voyant qu'il était mort, il poussa un soupir et lui ferma les yeux d'un geste de la main.
Gontramp s'avança vers le cadavre puis, il se mit à hauteur de Montague et examina la dague de plus près, sans oser la toucher, de peur qu'elle soit piégée.
-Je la reconnais, déclara-t-il. Ce type, Ronan Nichols, il l'avait sur lui ce matin.
-T'es es sûr ? Demanda Montague qui avait du mal à ne pas exploser de rage.
-Ouais, totalement, il en avait plusieurs dans ce genre la.
-Donc c'est ce type qui a tué Zabini, c'est ça ?
-J'en ai bien peur ouais...
Montague se leva aussitôt et balaya la salle du regard, avant de se tourner à nouveau vers Luke.
-Et qui me dit que c'est pas à cause de toi tout ça, hein ? Tu nous a p't-être demandé de venir ici pour nous tendre un piège après tout, fit le Mangemort en pointant sa baguette sur le torse de Luke.
-Vous me croyez vraiment assez stupide pour faire une chose pareille ? Je ne vois pas pourquoi je me serais risqué à faire ça, étant donné que vous savez tout sur moi, donc j'aurais beaucoup à y perdre dans l'histoire, non ?
Montague le fixa intensément pendant quelques secondes puis, voyant qu'il avait l'air sincère, il rabaissa sa baguette.
-Si c'est vraiment Nichols qui est responsable de tout ça, tu peux me dire comment il est rentré ici et surtout, pourquoi on ne l'a pas entendu ? Demanda le Mage Noir.
Gontramp s'approcha de la porte d'entrée, inspecta rapidement la serrure puis, il hocha la tête de droite à gauche.
-Elle n'a pas été forcée donc il n'est pas rentré, ni sorti par la. Ma porte est protégée contre les Sortilèges d'Intrusion donc il n'aurait pas pu avoir recours à la Magie pour pour l'ouvrir, et les transplanages sont également impossibles entre ces murs.
-Et pourtant, il a bien fallu qu'il arrive de quelque-part non ? Le seul endroit par lequel il aurait pu arriver, c'est le Réseau des Cheminées mais nous étions justes devant et nous avons rien vu.
Les deux hommes regardèrent autour d'eux à la recherche d'un éventuel indice, mais ils ne virent rien d'intéressant. Ils se mirent alors à regarder sous chaque tables, vérifièrent discrètement les vitres puis, après quelques minutes de recherches, ils abandonnèrent.
-Et dire qu'on étaient à quelques mètres et qu'on a ni vu, ni entendu le coup se faire ! S'exclama Montague en donnant un coup de pied dans une chaise.
-Je vous l'ai dit, ce Nichols a vraiment l'air coriace, et je suis sûr qu'il va vous donner pas mal de fil à retordre, croyez-moi ! Si il a été capable de savoir que j'avais un rapport avec vous, alors il réussira sûrement à vous retrouver donc vous devriez vraiment vous méfier...
-T'as raison ouais, je vais aller prévenir les autres de ce qui s'est passé aujourd'hui, et leur dire de rester sur leurs gardes. On va attraper cette ordure et crois-moi, il va payer pour ce qu'il a fait à Zabini.
Montague contempla une dernière fois le cadavre de son défunt collègue puis, il lui tourna le dos et se dirigea vers la cuisine.
-On en fait quoi de lui ? Vous allez pas le laisser là quand même ? Demanda Gontramp en montrant d'un signe de tête le cadavre.
-Cache le dans ta cave. J'enverrais des hommes le chercher demain ou après-demain, répondit Montague.
-Mais je...
Gontramp n'eut pas le temps de finir sa phrase car, d'un coup, il vit le Mangemort disparaître dans les flammes de la Cheminée.
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Lorsque Alastor Maugrey se leva de sa nuit de garde ce matin la, il sut aussitôt que la journée qui venait de débuter allait être très intéressante pour lui.
Il se leva alors de son lit de camp, s'étira les bruits puis, après avoir fait une rapide toilette dans l'un des appartements privés qui était réservés à lui et à ces collègues, il avala rapidement un jus de citrouille et quitta la pièce.
À cette heure-ci, les couloirs étaient peu fréquentés, et les quelques Sorciers qu'il croisa sur son chemin le saluèrent d'un signe de tête avant de se diriger dans leurs Départements.
Lorsqu'il arriva dans son Bureau, quelques Aurors étaient déjà la, occupés dans leurs propres boxes respectifs à remplir divers dossiers, et des notes de service virevoltaient au dessus de leurs têtes.
Après que Maugrey les aient salués, il écouta les quelques nouvelles qu'ils avaient chacun à lui apprendre puis, il nota le tout sur un calepin qu'il avait dans sa poche avant de se diriger dans son Bureau.
Une fois arrivé dans celui-ci, il se laissa tomber lourdement sur son fauteuil et, voyant la pile de paperasses qui était en train de s'accumuler devant lui, il prit quelques minutes pour tout ranger avec soin.
Lorsqu'il vit la grande enveloppe en kraft qui se trouvait sur le dessus, il vit que son nom était marqué dessus, et que le mot « important » avait été noté dans un coin du haut.
Il l'ouvrit d'un coup de baguette et, lorsqu'il vida le contenu sur la table, il mit quelques secondes à réaliser ce qui se trouvait devant lui.
Il se trouvait face à un cliché en grand format et en noir et blanc, représentant le cadavre d'un homme étendu par terre, et baignant dans une mare de liquide sombre qui était probablement du sang.
Étonné, il regarda alors de plus près et, en plus du poignard qui était planté dans sa poitrine, il vit que la manche de l'homme était retroussée, et qu'un tatouage de Mangemort était dessiné sur son bras gauche.
Il mit alors quelques secondes avant de comprendre l'importance de cette photo et, après l'avoir regardée pendant de longues secondes, il la retourna, et vit qu'il était écrit :
PROSPER ZABINI, 1924-1961
Il regarda à nouveau la photo puis, il la reposa délicatement sur la table et sortit de son bureau à toute vitesse.
-Snapple, qui a posé cette enveloppe dans mon Bureau ? Demanda Maugrey en s'adressant a un Auror qui faisait facilement deux têtes de plus que lui.
-J'sais pas, Chef ! Le courrier est pas encore passé donc je peut pas vous répondre, répondit l'Auror.
Voyant la mine ahurie de son supérieur, Snapple se leva puis, il s'approcha de lui.
-Ça va, Chef ? On dirait que vous avez vu un fantôme !
-Réunis tout le monde, Snapple, on a du nouveau !
