Chapitre 20 :
Dés que les Mangemorts apprirent qu'un des leurs avaient été abattu par un inconnu, une réunion fut organisée dans la cabane de Crabbe, et une bonne moitié des Mages Noirs s'y retrouvèrent.
La veille au soir, Donovan et Murdoc étaient retournés au bar de Luke Gontramp afin d'aller y chercher le cadavre de Zabini puis, une fois la nuit tombée, ils étaient allés l'enterrer au fin fond d'une Forêt Moldue, à l'abri des regards indiscrets.
Aujourd'hui, réunis dans cette petite cabane aux murs confinés, ils arboraient tous un visage affecté par ce qui venait de se passer et, étant donné qu'ils n'avait pas pu contacter leur Maître car ils étaient sans nouvelles de lui depuis quelques jours, c'est Avery et Dolohov qui furent choisis pour diriger cette réunion. Ainsi, ils se trouvaient tous les deux debout devant un grand drap noir sur lequel était représenté la Marque des Ténèbres tandis que leurs semblables se trouvaient assis devant eux.
-Ce qui est arrivé à Zabini est horrible, et nous sommes ici pour trouver une solution à ce problème, commença Avery. Je sais que vous voulez tous la tête de cette pourriture de Nichols afin de votre notre ami mais je pense que c'est ce qu'il veut lui aussi. Il veut nous pousser à bout pour pouvoir ensuite nous surprendre au moment le plus opportun.
-D'après ce que nous savons grâce aux dires de Gontramp, poursuivit Dolohov, ce Nichols a l'air d'être un coriace, et il nous l'a rapidement prouvé en tuant ce pauvre Zabini quasiment sous le nez de Montague. C'est un nouvel ennemi qu'il ne faut pas prendre à la légère car il a l'air rusé, dangereux et sacrément tête brûlée pour oser s'en prendre à l'un des nôtres.
-Sait-on à quoi il ressemble ? Demanda la voix de Goyle.
-Vaguement oui, Gontramp nous l'a décrit mais je pense qu'il est assez malin pour ne pas qu'on puisse le reconnaître, même avec ce que l'on sait sur lui, répondit Avery.
-Dans ce cas la, on est pas plus avancés pour coincer cette vermine, grogna Goyle.
Derrière lui, un autre Mangemort leva la main.
-Oui, Donovan ?
-Le Maître est-il au courant de ce qui est arrivé ? Demanda le Mangemort.
-Étant donné que nous n'avons aucun moyens de le contacter, nous supposons que oui.
-Dans ce cas la, pourquoi c'est vous qui dirigez cette réunion, hein ? Pourquoi ne pas avoir attendu que le Maître vous y autorise ? S'étonna le Mangemort.
-Euh... laisse moi réfléchir deux secondes Donovan tu veux ? Ah oui, voilà, car l'un des nôtres s'est fait tué et car il est urgent que nous retrouvions son assassin pour lui faire la peau, voilà pourquoi. Et aussi car Dolohov et moi faisons parti des plus anciens partisans du Maître, donc il est normal que ce droit nous soit revenu. Si tu es pas d'accord avec ça, Hector, on peut aller dehors pour en discuter, tu crois pas ? Répliqua Avery d'un ton légèrement menaçant.
Donovan resta quelques secondes sans rien dire puis, il se rassit.
-Et tant qu'on y est, continua Avery sur le même ton, il y en a t-il d'autres parmi vous qui pensent que Dolohov et moi n'avons pas le droit de diriger cette réunion ? Si c'est le cas, qu'ils se dénoncent car ils n'ont strictement rien à faire ici, et il est encore temps pour eux de quitter les lieux si notre présence les dérange.
Un nouveau silence glacial parcourut l'assemblée de Mages Noirs, et Donovan sentit la plupart des regards se tourner dans sa direction, comme si ils s'attendaient à le voir se lever pour quitter la pièce.
-Me voilà rassuré, grogna Avery en se craquant les os de ses mains.
-Que va-t-il se passer maintenant, hein ? En plus de devoir éviter les Aurors, on va devoir un fou furieux qui en a apparemment après nous, et qu'à l'air drôlement malin, c'est ça ? Comme si on avait besoin de ça ! S'exclama Montague.
-Je sais, Montague, il faudra juste être un peu plus prudent que d'habitude, comme nous l'a apprit notre Maître, répondit Dolohov.
-Allons-nous prévenir ceux qui n'ont pas pu être la aujourd'hui qu'un nouvel ennemi en a après nous ?
S'étant attendu à cette question, Dolohov passa une main dans ces cheveux avant de répondre.
-Étant donné que je ne pense pas que les Aurors soient au courant de cet incident, ça ne sera pas la peine non, inutile de les affoler et de leur faire peur.
-Au contraire, contredit Donovan, leur cacher une telle attaque ferait d'eux des proies faciles. Si on ne leur dit rien, ils auront beaucoup plus de chance de se faire tuer par le premier venu. Hors, si on les met au courant maintenant, ils se méfierons et peut-être même qu'ils se cacherons pour essayer de rester vivants.
-Peut-être oui, mais rappelle toi Donovan que ceux qui ne sont pas la, ce sont des Mangemorts en phases de formation et, si nous les avertissons, ils risqueraient de se faire remarquer à force de vouloir rester trop discrets. Ce ne sont encore que des débutants, et ils ne sont pas prêts à subir une telle pression. Je ne veut pas les sacrifier en les mettant aussi rapidement dans le secret, dit Dolohov.
-Qu'est ce qui te fait dire que les Aurors ne sont pas au courant ? Demanda la voix suave d'un Mangemort qui se trouvait dans le fond de la pièce.
-Car ce Nichols a l'air d'être le genre de type à vouloir mener sa petite guérilla tout seul, voilà pourquoi. Prévenir les Aurors risquerait de le troubler dans ses démarches de recherche, et il nous veut que pour lui, du moins j'en ai l'impression. Je doute qu'il veuille marcher sur les plates-bandes de Maugrey et son équipe.
-Et si tu te trompais, Avery ? Et si, au contraire, ce type travaillait avec les Aurors, hein ? Peut-être qu'il essaye de nous faire croire qu'il est seul afin de tenter de nous faire peur, fit Murdoc.
-Ça expliquerait comment il a sur que le bar de Gontramp était surveillé, rajouta Donovan en approuvant d'un signe de tête.
-C'est une possibilité, oui, mais j'en doute fortement. Ceci-dit, l'avenir nous le dira alors inutile de nous jeter dans des déductions à deux mornilles pour le moment, trancha Avery.
-Et cela ne répond pas à notre question : on prévient les autres, oui ou merde ? Redemanda Montague.
Il y eut un silence dans la salle puis, une voix féminine retentit.
-On pourrait voter...
Avery se tourna alors vers une femme aux longs cheveux noirs bouclés, au visage blafard et aux fines lèvres.
-Pardon, Parkinson ?
-Ouais, on pourrait voter, répéta la femme. Même si j'ai strictement rien à redire contre le fait que ça soit vous qui dirigiez cette réunion, je ne vois pas pourquoi ça serait à vous de décider ça, déclara la femme d'une voix froide.
-Peut-être car...
-Je sais que ce tu vas dire, Davis, et je le répète : j'ai suffisamment de respect envers vous et votre travail pour vous faire totalement confiance quand à la direction de cette réunion. Seulement voilà le truc, on parle de l'avenir d'une partie des nôtres la et, même si il s'agit de jeunes débutants, je pense que c'est notre devoir de choisir tous ensemble ce qui peut-être juste pour eux ou pas, et surtout pour leur sécurité.
Avery la toisa du regard pendant quelques secondes d'un air furieux puis, il se tourna vers Dolohov.
-Je crois qu'elle a plutôt raison mon vieux, avoua ce dernier.
-Très bien, dans ce cas la, si tout le monde est d'accord avec mademoiselle Parkinson, alors on a qu'à voter. Ceux qui pensent qu'il n'est pas nécessaire d'avertir les autres, levez la main, ordonna Avery en levant aussitôt la sienne.
Trois Mangemorts dans l'assemblée l'imitèrent et, même si il savait déjà à quoi s'attendre pour le résultat, Avery poursuivit d'un air blasé.
-OK, maintenant, ceux qui pensent qu'il faut les avertir et ça, à leurs risques et périls ?
Toutes les autres mains se levèrent et, voyant ça, Avery ne put s'empêcher de poussé un soupir.
-Bien, puisque c'est ce que vous avez décidé, alors soit. Donovan et Parkinson, puisque c'est votre idée, je vous laisse vous en charger, d'accord ? Ce sera aussi à vous d'assumer cette erreur si jamais il leur arrivait quelque-chose.
Les deux Mangemorts hochèrent la tête en guise d'approbation.
-Bon maintenant, étape suivante : comment retrouver ce Nichols et lui faire la peau ? Si vous avez des propositions à nous faire, on vous écoute, fit Dolohov.
-On pourrait se renseigner auprès de nos espions sur l'Allée des Embrumes pour voir si ils ont déjà eut affaire à lui, proposa Goyle.
-Pas de problèmes ouais, tu auras qu'à t'en charger avec Crabbe, si le cœur vous en dit.
-On s'en occupera ouais, avec plaisir. Faut coincer ce pourri avant qu'il ne blesse quelqu'un d'autre, répondit Goyle en se tapant la paume de la main avec son poing.
-On pourrait aussi demander à Abraxas Malefoy de nous trouver des informations sur ce type. Avec ses relations au Ministère et tout le pognon qui coule dans ses veines, ça ne devrait pas être trop difficile, poursuivit Rosier.
-Je doute qu'il acceptera de collaborer. Il a trop peur de se mettre en danger pour ça, fit Dolohov.
-Et si on lui kidnappait sa saloperie de mioche, peut-être qu'il y réfléchira à deux fois non ? Proposa Montague.
-Personne ne touche à Lucius, il est trop précieux aux yeux du Maître pour ça, trancha Avery.
-Pourquoi ?
-Car le Maître est persuadé que d'ici quelques années, Lucius fera un Mangemort exemplaire alors t'es gentil mon vieux mais si tu veux pas avoir d'ennuis avec lui, tu le laisses tranquille, pigé ? Menaça Avery.
Voyant qu'il n'avait apparemment pas son mot à dire, Montague poussa un grognement et se rassit.
-En revanche, étant donné que nous ne pouvons pas compter sur Malefoy, il faut que l'un d'entre vous aille au Service des Archives pour essayer de trouver un maximum d'informations sur ce type, décida Avery.
-Devons-nous te rappeler que ce Service est disponible uniquement aux employés du Ministère, sans compter le fait que pour s'y rendre, une autorisation des Aurors est la plupart du temps demandée ? Demanda Murdoc ?
-Et alors, Pasha ? Le Maître ne t'as t-il pas apprit à surmonter ce genre de problème ? Répliqua Avery.
-Bien sûr que si, mais je...
-Dans ce cas la, je te confie cette mission à toi et à Rosier. Débrouillez-vous pour la mener à bien car nous comptons sur vous pour nous apporter un maximum d'informations sur ce Nichols. On se donne rendez-vous ici demain à la même heure pour faire le point. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Tous les Mangemorts se levèrent aussitôt et, après avoir salué Avery et Dolohov d'un signe de tête, ils quittèrent la cabane silencieusement.
Une fois qu'ils furent seuls, Avery se laissa choir sur une chaise puis, il poussa un grand soupir avant de se frotter le visage d'un geste nerveux.
-Vivement que le Maître revienne, je n'ai ni les épaules, ni le tempérament nécessaire pour diriger ce genre de réunion, grogna-t-il.
-Je trouve pourtant qu'on s'en est plutôt pas mal tirés si tu veux mon avis, avoua Dolohov.
-Peut-être ouais, mais je n'aime pas me faire marcher sur les pieds par Murdoc ou encore Montague. On est la depuis plus longtemps qu'eux et ils osent se permettre de nous dire quoi faire et ça, ça me rend dingue !
-Heureusement que tu as du répondant, lança Dolohov en souriant.
Avery lui répondit par un nouveau grognement puis, après avoir éteint les lampes d'un geste de baguette, la pénombre envahit la petite pièce et ils sortirent dehors après avoir lancé des Sortilèges de Protection sur la porte.
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Dés le lendemain, les Mangemorts se retrouvèrent à nouveau au même endroit et, une fois qu'ils furent tous installés, Dolohov prit la parole.
-Crabbe et Goyle : on vous écoute, c'est à vous de commencer. Que vous-ont dit nos espions sur l'Allée des Embrumes ?
-Pas grand chose, répondit un des deux concernés en se levant. On leur a décrit rapidement à quoi ressemble ce Nichols et ils ont affirmé l'avoir déjà vu dans le coin mais ils n'ont jamais eu affaire à lui directement.
-D'accord, donc pas grand chose d'intéressant de ce côté là, c'est bien ça ?
-C'est ça ouais, mais ils nous ont dit qu'ils nous préviendraient immédiatement si jamais il réapparaissait dans les jours à venir.
-Très bien, merci les gars. Et vous, Murdoc et Rosier ? Étant donné le peu de choses rapportées par Crabbe et Goyle, on compte sur vous pour nous surprendre maintenant.
Les deux Mangemorts se levèrent puis, ils s'avancèrent d'un pas en direction de l'estrade.
-On a réussi à s'infiltrer au Service des Archives mais ça n'a pas été une simple affaire. Enfin bref, on a pas grand chose non plus à vous dévoiler sur ce type, raconta Murdoc.
-Et pourquoi ça ? Vous voulez dire que vous avez faillit à votre mission ? S'insurgea Avery.
-Non mon vieux, loin de là. Le dossier de Nichols a disparut du Service, comme si quelqu'un l'avait enlevé et ne l'avait jamais remit à sa place.
-Ou plutôt comme si quelqu'un l'avait tout simplement... volé, rectifia Murdoc.
-Donc si je comprends bien, vous revenez les mains vides, c'est bien ça ? Interrogea Avery d'un ton menaçant.
-Oh que non, bien au contraire.
Rosier sortit alors une feuille de parchemin de sa poche puis, après avoir l'avoir déplié, il la tendit à Avery qui lui arracha des mains.
-C'est quoi ? Demanda ce dernier avant de prendre la peine de lire ce qui se trouvait dessus.
-Ça, c'est une partie du registre du Service. C'est dessus qu'est noté toutes les demandes de dossiers d'archivage. Par exemple si un Auror a besoin du dossier d'un dangereux criminel, il le note sur cette feuille et le responsable du Service en prend connaissance avant de lui fournir le document en question, expliqua Rosier.
-Et à quoi ça nous sert d'avoir ça ?
-Lis jusqu'au bout, tu vas vite comprendre.
Avery lut alors la feuille de haut en bas en commençant par la colonne « matricule » et, après avoir lu plusieurs noms de Sorciers qu'il ne connaissait pas, un autre lui sauta aux yeux : celui de Prosper Zabini.
-Zabini ? Mais pourquoi quelqu'un voudrait-il en savoir plus sur lui, hein ? S'étonna le Mangemort.
Rosier lui fit signe de poursuivre la lecture et, lorsque Avery vit le nom qui se trouvait juste en face, dans la colonne « destinataire », il fronça les sourcils.
-Tirebois ? Mais c'est...
-Un Auror oui, effectivement. Et la date de demande de renseignements correspond à hier, c'est à dire le lendemain de la mort de Zabini, ce qui veut dire...
-...que les Aurors sont au courant de sa mort, finit Dolohov.
Cette déclaration marqua un nouveau silence dans l'assemblée puis, après avoir lu et relu le nom de leur défunt camarade, Avery roula la feuille en boule et la balança dans un coin de la cabane.
-Comment est-ce possible ? Comment auraient-ils pu être mis au courant ? S'exclama-t-il.
-Je pense que Nichols les a prévenu, tout simplement, répondit Rosier. Il doit vouloir les narguer en leur montrant qu'il a une longueur d'avance sur eux.
-Du coup, les Aurors sont certainement eux aussi à sa recherche, donc il faut que nous l'attrapions avant eux pour pouvoir lui faire la peau, fit Murdoc.
-Du calme, Pasha, il faut mesurer les risques que cela peut nous coûter d'empiéter sur une enquête des Aurors. C'est le meilleur moyen de s'attirer leurs foudres alors nous devrions mieux nous méfier d'eux, répliqua Avery.
-Je refuse de laisser l'assassin de Zabini en liberté. La seule chose qu'il mérite c'est la mort, et je refuse que ça soit les Aurors qui s'en chargent à notre place, cracha Murdoc d'un air dégouté.
-Je sais bien oui, mais je...
Brusquement, Avery fut interrompu par la porte de la cabane qui s'ouvrit à la volée, et dans l'encadrement se tenait Lord Voldemort, vêtu d'une robe noire qui épousait la forme du vent, et d'une capuche qui lui recouvrait la tête, lui donnant un air encore plus inquiétant.
Lorsqu'ils le virent, les Mangemorts se levèrent aussitôt et se tinrent droits, comme des militaires attendant que leur supérieur leur dicte des ordres.
Le puissant Mage Noir passa alors à côté d'eux puis, après s'être arrêté quelques secondes pour les regarder, il monta sur la petite estrade, prenant ainsi la place de Avery et Dolohov qui restèrent debout à ces côtés.
-Fidèles Mangemorts, je suis heureux de vous retrouver.
Il leur fit alors signe de s'asseoir et, une fois que ce fut fait, les deux Mangemorts qui se trouvaient toujours près de lui firent de même.
-Je n'irais pas par quatre chemins : je vous ai entendu, et je sais déjà tout à propos de cette histoire. Ce Ronan Nichols représente une menace à vos yeux, certes, mais pas aux miens. Je sais qu'il vous fait peur car il a abattu froidement Zabini sans donner de raisons mais je crois que c'est ce qu'il recherche avant tout : vous faire peur afin de vous déstabiliser. Il pense que, maintenant qu'il a réussi à abattre un des nôtres, vous n'oserez plus vous montrer au grand jour, de peur de le rencontrer au coin d'une rue.
Voldemort s'arrêta puis, il descendit de l'estrade et se mit à faire les cents pas devant ces fidèles.
-Mais il se trompe, fidèles Mangemorts, et vous allez lui montrer. Et pour ça, il va falloir frapper très fort là où ça fait mal, vous voyez où je veut en venir ?
-Non, Maître, mais nous ferons ce que vous nous dîtes de faire, répondit Avery.
-Très bien. Dans ce cas la, écoutez-moi, voilà ce que vous allez faire.
