Chapitre 21 :
Aujourd'hui, alors que quelques nuages emplissait le ciel gris de Londres, la partie Moldus de cette ville était remplie de touristes et de riverains qui marchaient gaiement dans les rues, tout en discutant de tout et de rien, s'arrêtant de temps en temps pour rentrer dans des magasins ou même pour aller discuter autour d'une tasse de thé dans un des nombreux cafés de la ville.
Dans cette foule de gens, trois silhouettes habillées tout en noir marchaient silencieusement, attirant souvent le regard des gens qui se demandaient pourquoi ils portaient tous les trois les mêmes habits, et surtout pourquoi ils avait l'air si dégoûtés de se trouver ici, comme si la présence de toutes ses personnes autour d'eux les écœurait.
Ces trois personnes en question étaient en réalité Avery, Mulciber et Donovan, et il s'agissait de la première fois pour eux qu'ils se rendaient ainsi dans ce quartier de Moldus à visage découvert, bien qu'il était évident qu'ils ne risquaient rien ici étant donné que personne ne les connaissait.
Après avoir traversé quelques petites rues peu fréquentées, ils débouchèrent dans une grande rue commerciale remplie d'enseignes en tous genres et, après avoir marché pendant quelques minutes, ils s'arrêtèrent face à une grande brasserie avec une véranda qui donnait sur l'extérieur et une grande salle éclairée par quelques lampes fixées aux murs.
A cette heure de la journée, quelques personnes étaient assis à des tables et sirotaient de grandes tasses fumantes tandis que d'autres, accoudées au grand comptoir en bois, lisaient le journal, tout en s'échangeant de temps en temps des nouvelles croustillantes.
Lorsque les trois Mangemorts firent irruption dans le bar, ils dévisagèrent rapidement les occupants puis, sans adresser la parole au barman, ils passèrent devant le comptoir et allèrent s'installer à une table dans le fond de la salle.
-Je déteste être ici, grogna Donovan en s'asseyant.
-T'es pas le seul. Heureusement qu'on en a pas pour longtemps : on boit un coup, on fait ce qu'on a à faire et on se tire d'ici, comme nous l'a ordonné le Maître, rappela Avery.
Un serveur muni d'un bloc-notes et vêtu d'une chemise noire ainsi que d'un tablier blanc apparut soudainement.
-Messieurs bonjour, qu'est-ce que je vous sers ? Demanda-t-il en souriant.
-Ça dépend, tu nous proposes quoi l'ami ? Renchérit Mulciber.
Surpris par cette question et surtout par le ton employé par le Mangemort, le serveur perdit ses moyens pendant quelques secondes avant de pouvoir répondre.
-Eh bien, ça peut être des boissons chaudes comme un café, un thé ou même un chocolat, ou alors de quoi se rafraîchir comme une bonne pinte de bière brassée par le gérant du bar en personne.
-T'as qu'à nous en mettre trois comme ça, décida Mulciber en esquivant une grimace de dégoût lorsque son regard croisa celui du serveur.
Ce dernier acquiesça d'un signe de tête puis, après avoir noté ça sur son calepin, il disparut vers le comptoir.
Il revint quelques minutes plus tard, tenant d'une main un plateau sur lequel reposaient trois verres débordant de mousse et, après les avoir remit aux trois Mangemorts, il retourna à nouveau derrière son comptoir.
-Qu'est ce que je donnerais pas pour un Whisky Pur Feu à la place de ce truc, ronchonna Mulciber en humant le contenu.
-Rien ne te force à la boire, fit Avery.
-Je sais bien oui, mais rien de tel qu'un petit remontant avant de passer à l'action non ?
Avery lui répondit en levant son verre et, après avoir fait un geste en sa direction, il en but une grande gorgée et fut aussitôt imité par ces autres camarades.
Deux minutes après, leurs verres étaient déjà vides et, voyant ça, Avery héla le serveur qui vint leur en apporter une nouvelle tournée.
Au bout d'une demi-heure, ils avaient bu chacun plusieurs grandes pintes et, alors que leurs réflexes commençaient à être limités et que leurs sens étaient légèrement diminués, ils décidèrent d'en boire une dernière avant de demander l'addition.
-Allez, c'est pas le tout mais on a du boulot qui nous attend ! S'exclama Mulciber dont le timbre de voix avait légèrement changé après ses grandes lampées de bière.
-Ouais, on ferait mieux de s'y mettre, rajouta Donovan.
Sur ses paroles, les trois Mangemorts se levèrent de table puis, sans même s'arrêter au comptoir pour y payer leurs consommations, ils quittèrent le bar, la démarche légèrement mal assurée.
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Lorsque la brigade d'Aurors composée de Barrett, les Steinius, Steamboat et Snapple arrivèrent sur les lieux de l'accident, ils furent aussitôt surpris par ce qu'ils y trouvèrent.
Ils avaient été appelés ici en fin de matinée car, d'après les dires des autorités locales, il s'agissait officiellement d'une fuite de gaz qui avait explosé en pleine rue commerciale de Londres, mais il s'agissait en réalité d'une couverture mise en place par le Ministère afin de ne pas inquiéter les habitants du quartier.
Toute la rue qui ressemblait désormais à un champ de bataille était balisée par de grands rubans jaunes. À gauche, quelques devantures de magasins avaient volé en éclat, répandant des morceaux de verre un peu partout sur la route et certaines des habitations et des immeubles avaient leurs façades fumantes et noires de calcination. De plus, des tas de gravats avaient volé sur les trottoirs qui semblaient avoir subi eux aussi des dégâts d'explosions et d'attaques en tous genres.
Lorsqu'ils furent proches du ruban de délimitation, deux policiers armés de mitraillettes se mirent devant eux pour les empêcher d'avancer plus loin et, voyant ça, Snapple sortit de sa poche une carte qu'il leur montra.
Aussitôt, les yeux des deux policiers s'illuminèrent pendant un bref instant puis, sans rien dire, ils se décalèrent sur la droite et soulevèrent le ruban pour les laisser passer.
Snapple les remercia d'un signe de tête puis, suivit de ces quatre autres collègues, ils franchirent le barrage et s'avancèrent dans la rue.
À peine eurent-ils franchit quelques mètres qu'un homme au visage dégarni et aux sourcils broussailleux vêtu d'un long imperméable beige vint à leur rencontre.
-Salut les gars, on dirait que la police ne vous a pas trop posé de problèmes ! Lança t-il.
-On s'attendait surtout à voir davantage de policiers, répliqua Barrett.
-Oh, il y en avait beaucoup plus au début mais, étant donné qu'ils ne pourront nous être d'aucune utilités, nous les avons forcés à réduire les effectifs, expliqua Fallins. Nous avons également fait évacuer tous les Moldus sur un périmètre de trois pâtés de maisons.
-Alors, qu'est-ce qu'on a ici, demanda Snapple. Ça ressemble à tout sauf à une explosion au gaz.
-Tu crois pas si bien dire mon vieux. Je crois que c'est la première fois que je vois quelque-chose comme ça, grogna Fallins dont la voix était devenue soudainement plus chevrotante.
Ils continuèrent alors leur chemin sur cette rue qui ressemblait maintenant à des ruines et, après avoir tourné à droite, ils virent plusieurs corps allongés sur le sol et recouverts de draps blancs maculés le sang tandis qu'autour d'eux, plusieurs personnes coiffés de hauts-de-forme s'affairaient à prendre des photos des cadavres.
-Combien de victimes ? Demanda Steamboat en s'essuyant le front avec un mouchoir.
-Six, répondit Fallins. Deux femmes, trois hommes et un gamin de quinze ans.
-Comment ont-ils été tués ? Interrogea Snapple qui n'osait pas regarder les cadavres car il avait peur de ce qu'il pourrait y découvrir.
-Deux ont été tués par un Sortilège de la Mort et pour les autres, nous ne l'avons pas encore déterminé. Sans doute des Maléfices d'Incision et d'Explosions mais nous ne pouvons rien garantir. Mais ce n'est pas tout...
Avant qu'ils aient le temps de dire quoi que ce soit, Fallins poursuivit son chemin et, après être passé à côté des cadavres, ils arrivèrent devant un bar aux vitres explosées et à la devanture qui ne tenait plus que par une vis.
-C'est ici qu'a commencé l'attaque, raconta Fallins.
-Comment tu le sais ? S'étonna Barrett.
En guise de réponse, Fallins leva sa baguette vers le ciel et, lorsque les Aurors levèrent la tête, ils ne purent s'empêcher de pousser un cri de surprise.
Dans le ciel gris, un énorme crâne fait de fumée verte luisait étrangement, et dans la bouche de ce dernier se trouvait un serpent qui, la bouche grande ouverte, crachait d'un air menaçant dans leur direction.
-Qu'est ce que c'est que ce machin la ? S'exclama Snapple d'un air dégoûté.
-La dernière invention de ces foutus Mangemorts. Je ne peut hélas pas encore vous dire à quoi cela sert exactement mais c'était déjà la quand nous sommes arrivés.
Sans lâcher le crâne des yeux, comme s'ils avaient peur que le serpent se mette soudainement à les attaquer, les Aurors et Fallins rentrèrent dans le bar et ils furent à nouveau choqués par le spectacle qu'ils y trouvèrent.
Alors que plusieurs tables étaient renversées et que le comptoir était, quand à lui, complètement retourné, les quelques chaises qui étaient encore en place était occupées par d'autres cadavres qui avaient leurs têtes plaquées contre la table, comme si ils dormaient profondément.
-Dix victimes supplémentaires, toutes tuées par le même Sortilège, déclara Fallins alors que les deux jumeaux Steinius faisaient le tour du bar pour examiner rapidement les corps, tout en marchant dans des débris de bouteilles en verres explosées sur le sol.
-Et vous êtes sûrs qu'il s'agit bien la de l'œuvre de Mangemorts ? Demanda Snapple en découvrant le cadavre du barman derrière le comptoir.
-Oh que oui. Suivez-moi, vous allez vite comprendre.
Les Aurors suivirent alors Fallins dans une petite allée qui longeait le bar et, après être passés devant un vieil escalier de service désaffecté et des containers débordant de sacs poubelles et d'ordures en tous genres, ils arrivèrent devant l'entrée d'un vieil immeuble à la façade décrépie et dont quelques fenêtres étaient bloquées par des planches en bois.
Fallins frappa alors deux coups à la porte et, quelques secondes après, un homme au visage caché par une épaisse moustache leur ouvrit.
-Salut, Dave, elle est encore là ?
L'homme lui répondit par un signe de tête puis, il se décala pour laisser passer les six hommes qui se dirigèrent aussitôt dans un petit appartement aux tapisseries arrachées, au mobilier usé par le temps et éclairé par de vieilles lampes à pétrole qui faisaient répandre une odeur âcre dans la pièce.
-Tu nous emmènes ou, Fallins ? Demanda Snapple.
-Ce matin, lorsque l'attaque a eu lieu, nous avons réussi à trouver un témoin qui a assisté à toute la scène et, lorsque mon équipe et moi sommes arrivés sur les lieux, nous l'avons trouvée assise dans la ruelle. Elle était en état de choc donc nous l'avons emmené ici en attendant d'en savoir plus, raconta Fallins.
-Elle a tout vu ?
-Absolument tout oui.
-D'accord mon vieux, montre la nous.
Fallins ouvrit alors une porte qui les mena à un petit salon rempli de meubles sur lesquels des photos étaient exposées, et des fleurs commençaient à faner dans de grands vases en cristal.
Dans le fond de la pièce, à côté d'une fenêtre fermée par un vieux rideau, deux fauteuils en tweed se faisaient face, et sur l'un d'eux se trouvait une petite fille d'environs six ou sept ans aux longs cheveux blonds coiffés en deux grandes couettes et qui tenait dans ses mains un ours en peluche.
Snapple la regarda alors d'un air surpris puis, il se tourna vers Fallins qui confirma ses pensées d'un signe de tête.
-Je sais pas vraiment y faire avec les gosses, grogna-t-il.
-Je m'en occupe, fit Steamboat.
Ce dernier s'avança alors vers la petite fille qui, lorsqu'elle le vit arriver, s'enfonça plus profondément dans son fauteuil, intimidé par cet inconnu.
-Bonjour, fit Steamboat en s'agenouillant devant le fauteuil pour être à sa hauteur. C'est une très belle peluche que tu as la, comment il s'appelle ?
La jeune fille fixa Steamboat de ces yeux d'un bleu profond puis, timidement elle répondit.
-Cookie, nounours s'appelle Cookie.
-En voilà un beau nom. Et toi, quel est le tien mon enfant ?
Voyant que les autres Aurors s'approchaient silencieusement, la petite fille resta sans voix.
-Tu n'as rien à craindre. Mes amis et moi sommes là pour te protéger, nous ne te voulons aucun mal, déclara Steamboat d'un ton apaisant.
La petite fille resta à nouveau aphone puis, au bout de quelques secondes, elle se décida enfin à répondre.
-Je m'appelle Carmen, monsieur.
-Enchanté, Carmen. Moi c'est Steamboat, mais tu peux m'appeler Jerry si tu veux.
Carmen lui répondit d'un signe de tête puis, elle se laissa faire lorsque Steamboat lui enleva délicatement sa peluche des mains pour la poser à ces pieds.
-Nous avons besoin de toi, Carmen. Il paraît que tu as assisté à l'attaque de ce matin. Peux-tu nous raconter ce que tu as vu ? Cela nous rendrait un grand service, tu sais.
La petite fille regarda alors intensément l'Auror puis, après avoir balayé du regard les autres hommes derrière lui, elle se décida à répondre.
-Ce matin, je suis allé en ville avec ma maman. J'aime bien y aller tôt le matin car comme ça, ça sent bon, et ma maman m'achète toujours un pain au chocolat car j'adore ça. Seulement ce matin, des gens sont sortis d'un café, et ils étaient pas gentils ! Ils faisaient apparaître du feu avec des bâtons qu'ils tenaient dans les mains, et les gens couraient dans tous les sens pour essayer de leur échapper. J'ai eu peur. Ma maman m'a dit d'aller me cacher dans un coin, et elle a disparut.
Carmen s'arrêta dans son histoire et, voyant que ces yeux commençaient à s'embuer de larmes, Steamboat lui prit doucement la main.
-J'ai besoin que tu continues, Carmen, s'il-te-plait.
-Quand je suis sorti de ma cachette, reprit la petite fille en étouffant un gros sanglot, j'ai appelé ma maman mais elle n'est pas venue. Je suis allé voir dans la rue pour voir si je la trouvais mais à la place, il y avait plein de gens étendus par terre, et du feu qui sortait des maisons. Vous savez où est ma maman ? C'est pour ça que vous êtes la ?
Ayant peur de connaître la réponse, Steamboat décida de ne pas répondre tout de suite.
-Les gens qui faisaient apparaître du feu, tu peux me les décrire ? Demanda-t-il.
-Oui, ils faisaient peur car ils étaient tous habillés avec de grandes robes noires, et ils avaient aussi le visage caché par des cagoules qui faisaient qu'on ne pouvaient voir que leurs yeux.
-Tu as vu combien ils étaient ? Poursuivit Steamboat.
-Oui, ils étaient trois, Monsieur.
-Parfait, Carmen, merci beaucoup pour toutes ses informations.
Steamboat voulut lui lâcher la main mais, voyant que la petite fille s'agrippait à ces longs doigts et qu'elle tremblait, il lui caressa ses longs cheveux blonds en guise de réconfort.
-Vous allez me ramener ma maman, hein ? Demanda-t-elle d'une petite voix timide.
Steamboat la fixa alors sans rien dire pendant quelques secondes puis, ne voulant pas lui mentir, il se dégagea doucement de l'étreinte de sa petite main, lui rendit son nounours Cookie et se leva avant de s'éloigner, accompagné de ces collègues.
-On est dans la merde, lâcha Steamboat.
-Tu l'as dis mon vieux. Si les Mangemorts s'en prennent maintenant aux Moldus, on va bientôt plus savoir où donner de la tête ! Comme si on avait besoin de ça, répondit Snapple.
-On est pas assez nombreux pour poster des équipes dans les grandes villes. Le boss va encore râler si on lui redit qu'il faudrait regonfler nos effectifs, fit l'un des Steinius.
-En tout cas, il faut agir vite et, si vous voulez mon avis, ce n'est pas pour rien si nous avons reçu la photo de Zabini quelques jours avant cette attaque, avoua Barrett.
-Tu penses qu'ils ont fait ça pour essayer de garder la tête haute face à la mort de l'un des leurs ? Demanda Fallins.
-Peut-être oui.
-Mais même si vraiment c'était le cas, ils ne sont pas censés savoir que nous avons reçus cette photo, car à part nous, personne n'est encore au courant vu que le boss n'a pas prévenu la presse, rappela Snapple.
-Crois moi, Burt, vu ce qu'ils ont fait aujourd'hui, je suis sûr qu'ils doivent avoir d'autres moyens pour se tenir informés de tels agissements. Ils sont suffisamment malins, organisés et rusés pour ça, déclara Barrett.
Ce dernier se tourna alors vers Carmen qui, tout en se cachant derrière son nounours, continuait de les regarder sans rien dire.
-On fait quoi d'elle ? Demanda l'Auror.
-Il faut tout de suite la mettre en sécurité. Si les Mangemorts apprennent qu'elle les a vu à l'œuvre, ils vont sûrement vouloir essayer de la supprimer, répondit Steamboat.
-Dans ce cas la, les Steinius et toi, amenez là au Quartier Général et essayez de lui trouver un foyer. Je veut que vous restiez avec elle jusqu'à nouvel ordre, c'est compris ? Ordonna Barrett.
-Pas de problèmes, ouais, mais si elle demande encore à voir sa mère, on fait comment ? Demanda un des deux Steinius.
-Débrouillez-vous. De toutes façons, une fois que nous aurons trouvé un logement pour elle, vous devrez en profiter pour lui modifier un peu la mémoire.
-En gros, tu veux qu'on lui efface les souvenirs de sa mère, c'est ça ?
-Les effacer, pas forcément. Vous pouvez, par exemple, lui faire croire que sa mère est morte quand elle était petite et qu'elle n'a aucun souvenirs d'elle, rectifia Barrett.
-Tu sais que j'aime pas trop faire ça, Arnold. Enlever des souvenirs à une gamine de son âge, c'est pas trop dans mes principes...
-T'as qu'à te dire que c'est pour son bien, mon vieux. Et en plus, tu sais bien qu'en tant que Moldue, peut importe son âge, nous devons le faire, compris ?
Voyant qu'il n'avait pas le choix, Steamboat acquiesça d'un signe de tête.
-Quant à nous deux, Snapple, on va aller surveiller les environs pour voir si les Mangemorts sont encore dans le coin même si je suis sûr qu'ils ont déjà fuit depuis longtemps et, après ça, on ira enlever cette tête de mort qui flotte dans le ciel. Fallins, tes gars et toi vous pouvez nous accompagner si vous voulez. On va laisser la Brigade magique et les autres faire leur boulot pendant ce temps la.
Steamboat se dirigea alors à nouveau vers Carmen puis, avec précaution, il la souleva et la prit dans les bras.
-On va où ? Demanda la petite fille en passant son petit bras autour du cou de l'Auror.
-Quelque-part où tu seras en sécurité, je te le promets, répondit Steamboat alors que les deux Steinius se mirent à ces côtés.
Les trois Aurors et la petite fille sortirent alors de l'appartement puis, après avoir de nouveau traversé l'allée, ils arrivèrent une nouvelle fois devant le bar, passèrent devant sans s'arrêter et, lorsqu'ils arrivèrent dans la rue dans laquelle les cadavres étaient recouverts de draps, ils s'arrêtèrent.
-Tiens là deux minutes s'il-te-plait, Gore, je reviens, fit Steamboat en tendant Carmen à un de ces collègues.
L'Auror se dirigea ensuite vers un homme au crâne dégarni et aux oreilles décollées qui, un peu plus loin, était en train de prendre des photos de la rue.
-Vous pouvez m'en dire plus sur les deux femmes qui ont été tuées ? Demanda Steamboat après avoir montré son badge d'Auror.
-Ouais, on les a pas encore identifiées. L'une d'elle semble avoir la vingtaine et l'autre est un peu plus vieille. La quarantaine, peut-être même un peu plus, répondit l'homme.
-C'est possible de la voir ?
-Si vous y tenez, répondit l'homme en grognant.
Ce dernier se dirigea alors vers un des cadavres puis, après avoir soulevé une partie du drap, Steamboat se pencha pour regarder.
Il reconnut aussitôt les mêmes joues, les même pommettes et le même regard de Carmen dans les yeux de la femme, sauf que ceux la semblaient éteints, et que son visage était figé en une expression mélangé de douleur, d'horreur et de surprise.
-Vous la connaissez ? Demanda l'homme en voyant la tête que faisait Steamboat.
-Pas moi, non...
L'Auror continua de la regarder pendant quelques secondes puis, il rabattit le drap sur le visage de la victime et se releva.
-Veillez à ce que ses personnes aient un enterrement digne de ce nom, exigea Steamboat.
-Pas de problèmes, on connait notre boulot, répondit l'homme.
Steamboat le remercia d'un signe de tête puis, il retourna auprès des Steinius et de Carmen qui l'attendait quelques mètres plus loin.
-Alors ? Demanda aussitôt Handog.
-C'est bien ce que je craignais, répondit Steamboat en essayant de rester normal pour ne pas affoler la jeune fille.
